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Ou l’économie des propulseurs… Le fleuve coule. Les gens qui vivent au bord du fleuve puisent de l’eau. L’eau restante finit à la mer. Elle s’évapore, puis pleut sur la montagne où le fleuve prend sa source. Imaginez un autre scénario. Un
Ou l’économie des propulseurs…
Le fleuve coule. Les gens qui vivent au bord du fleuve puisent de l’eau. L’eau restante finit à la mer. Elle s’évapore, puis pleut sur la montagne où le fleuve prend sa source.
Imaginez un autre scénario. Un immense barrage à la source. Quand quelqu’un veut boire, il paye et on lui envoie une bouteille ou on ouvre le barrage, laisse couler assez d’eau pour qu’elle arrive à l’assoiffé. Sur le cours d’eau, des riverains de plus en plus déshydratés se transforment en pillards (je pense aux Somaliens qui arraisonnent les navires). Il faut donc toujours lâcher de plus en plus d’eau pour satisfaire les consommateurs. Gaspillage, guerres, rareté de l’offre et engraissement au passage des maîtres du barrage. Leur business : maintenir la rareté.
Cette seconde fable est une métaphore du monde capitaliste, plus particulièrement du monde de l’édition numérique qui se cherche un modèle. Dans la logique des flux, ne vaudrait-il pas mieux s’inspirer des fleuves naturels ?
Je reste persuadé que remplacer « Payer puis voir » par « Voir puis payer si j’aime » est la véritable révolution en cours, initiée par le mouvement open source.
Quand un ami me présente un autre ami, je commence par discuter avec lui avant de l’inviter à passer les vacances avec lui1. Notre monde marchand a nié cette logique de la vie, mettant au même niveau les produits que nous avons déjà vus avec ceux que nous ne pouvons déjà avoir vus parce qu’ils sont nouveaux (ne peuvant que l’être dans le cas des biens culturels).
Pour être en accord avec ce que je pense, j’ai décidé de ne plus laisser mes livres publiés sur le papier. Comme beaucoup d’autres l’ont déjà fait, je les diffuserai sans doute au format ePub et PDF. Me reste à trouver le temps et le courage d’effectuer la conversion.
1 En juillet 1999, je suis parti au Mexique avec une inconnue dans le seul but d’écrire le journal de ce qui se passerait. Résultat : un livre appelé Turista qui dort dans mon disque dur.
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Article initialement publié sur le Peuple des connecteurs
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Comment ne pas rapprocher ceci du concept de licence globale ou de rémunération globale des auteurs (http://209.85.229.132/search?q=cache:JQNXDwpUvGAJ:owni.fr/2009/08/21/sard-la-remuneration-des-auteurs-par-le-don-obligatoire/+richard+stallman+taxe+obligatoire&cd=3&hl=en&ct=clnk)?
Quelle place auront la relation étroite entre auteur et lecteur et les dons directs dans la société de demain?
Ce qui est intéressant du point de vue de la rémunération dans un système de diffusion ouvert, c’est de pouvoir collecter des indicateurs permettant de répartir l’attribution des rémunérations (nombre de pages lues, mais aussi intérêt et qualité de ces pages).
Une fois le réseau culturel ouvert, on peut imaginer le nombre de lecteur de certains extraits de livres exploser, et peut-être du même coup les livres recoupant d’autres livres afin de construire une analyse de plus en plus nombreux. Il n’est alors plus possible de rémunérer manuellement et directement les auteurs.
Par contre, il sera simple d’ajouter des commentaires et évaluations sur les pages, voir des modifications ou corrections (si les licences sont ouvertes, voir si le contenu est libre de droits), de lier les contenus entre eux, et de lier les différents types de contenus entre eux.
Par exemple, il serait assez simple de créer une oeuvre vidéo-musicale dynamique associant :
- la lecture automatique de textes (livres, articles, e-mail persos…)
- des contenus musicaux et vidéos (webcam en live, films, …)
… en fonction des tags associés à ces médias, et des options souhaitées par l’utilisateur (thème, mots clés, sources d’accès à des contenus privés ou publics…).
Bien sûr, la vente de biens matériels (un livre imprimé) permettra toujours de reverser directement une part à l’auteur, tant qu’elle existera.
Thierry, vous avez le don de bousculer sans agacer. C’est une authentique qualité que j’admire.
Je suis tenté de céder à l’utopie de la gratuité et des contours assez flous de ce que regroupe le concept de Open Source. Hélas, je ne crois pas un seul instant que les lecteurs paieront ce qu’ils aiment s’ils peuvent l’obtenir gratuitement. Je concède que je n’ai aucune donnée et qu’il s’agit seulement d’une pure conviction personnelle, une intuition que rien de tangible ne peut étayer.
Je vous concède aussi que des auteurs comme Cory Doctorow prouvent que la sortie gratuite de leurs bouquins booste réellement et très tangiblement leurs contreparties papier au grand dam de leurs éditeurs et de nombre de suppôts de l’empire du copyright. Mais cela n’infirme en rien ma conviction. A chaque fois, je peux démontrer qu’il y a un profit commercial indirect ou parallèle.
Le gratuit, comme le démontre parfois maladroitement Chris Anderson dans son dernier missile, a un prix, un coût, une économie. Il est donc logique pour le monde de l’informatique de considérer et de soutenir l’open source comme un front pluraliste et collectif de R&D et de veille. C’est quelque chose que les géants du secteur oublient régulièrement avant de se le faire rappeler de manière cuisante. L’Open Source est donc peu compatible avec la production littéraire.
Cela tient essentiellement à plusieurs facteurs :
— l’intention de l’auteur
— la recherche du lecteur
— la vision de l’éditeur
— la complexité de la fonction protéiforme du livre
Comme je n’ai pas la place de développer ici, je le ferais dans l’heure qui vient sur le blog de Temps Futurs (OWNI ou Blogger). Ce qui m’amène à dire pour conclure sur votre billet que la piste que vous proposez est entièrement orientée par une culture du Work in progress et du dialogue en temps réel (ou légèrement différé) propre à la culture web qui trouve en ce moment son moment de triomphe dans le web 2.0.
Venant d’un monde de production cinématographique traditionnelle et du monde de l’édition de livres, le réflexe de la bibliothèque (médiathèque) est pour moi évident. D’autre part, je n’ai jamais adhéré au système du portage et de l’abonnement que pratique des centrales comme France Loisirs (et d’autres) qui appliquent à la lettre les 7 premiers points (en remplaçant les readers par une lourde stratégie de marketing direct).
C’est le dernier point qui me semble être la véritable valeur nouvelle que la technologie nous apporte : la possibilité de chercher des pépites. Et là , je suis au regret de dire : vive Google Books !
[new post] Nouveau business model de l’édition: Ou l’économie des propulseurs…
Le fleuve coule. Les g.. http://bit.ly/8f9Rm
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