MusiqueInédit

OWNImusic presents:
“Burns Like Fire”
by Edwin Starr

Pour annoncer son décollage, OWNImusic exhume un remix inédit du dernier titre d'une légende de la Motown, Edwin Starr. L'histoire de ce titre et de l'album sur lequel il apparaît, méritait d'être racontée...

par Virginie Berger le 03/07/2010

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À propos de l'auteur

Ancienne directrice marketing de MySpace en France, Virginie est aujourd'hui consultante en stratégie musicale digitale, accompagne artistes, labels et entreprises. Sa devise sonne mieux en anglais: "Save the music, not the industry".

Don't Believe The Hype

Twitter: @virberg

 

En 2002, deux producteurs un peu fous, Richard Minier et Christian Brun, ont décidé de réunir Edwin Starr, les Toots, Jody, Jehro… sur un même album. En toute simplicité. Le projet, baptisé The Marathonians, est un mélange de reggae, d’électro, de folk, de funk… Le genre de disque inclassable: un OWNI, en somme.

Ce premier disque des Marathonians, signé par Warner Music France, aurait eu une excellente raison d’exploser. Quel autre album propose la dernière apparition du génial Edwin Starr, la fabuleuse voix de « War », une des plus puissantes de la Motown, reconnu également pour sa prise de position anti guerre du Vietnam? Le vétéran est survolté sur le titre « Burns Like Fire », enregistré 6 mois avant sa mort dans l’appartement parisien de Richard Minier. On imagine très bien Tom Jones onduler des hanches sur le dance floor.

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On peut aussi découvrir sur l’album un titre de Toots, enregistré à Kingston. Pour la petite histoire, le contact entre Richard Minier et la légende vivante du reggae s’est fait par fax. Deux heures plus tard, Toots appelait Richard pour lui proposer d’enregistrer à Kingston dans la semaine. En sort un titre de reggae festif. Complètement inédit. C’est aussi sur cet album que l’on retrouve les 1ers enregistrements de Jehro que les Marathonians décident ensuite de signer avec le succès que l’on connait.

On y découvre aussi l’un des titres les plus sexy du monde (après Tribulations de LCD Soundsytem (NDLR)), « My room », très sensuellement interprétée par Jody.

Pas facile donc de classer ce disque, surprenant. Génial. On est dans de la folk fêtarde sous LSD, matinée de reggae house latinisé. Rivalisant sans problème avec un FatBoy Slim ou Gnarls Barkleys.

Ecoutez  Burns Like Fire sur OWNImusic

The Marathonians ou l’histoire d’un gâchis

Alors me direz vous, si ce disque est aussi efficace, où est-il ?

Nulle part ne pourrais-je que vous répondre… L’album a été rendu par les producteurs à Warner Music France en 2002. Et a peu été travaillé. Très peu. Retiré des ventes après seulement deux mois de commercialisation. Pourquoi ?

Richard Minier finalise dès 2002 la synchronisation de deux titres de l’album. Peugeot a lancé une campagne publicitaire mondiale avec le « Come on boy, Come on girl », chanté par l’artiste américaine Margeaux Lampley et le Club Med a choisi « Waiting »,  interprété par l’artiste australo-thailandaise Jody Sternber pour illustrer une campagne européenne. Et pourtant Warner ne décide pas de commercialiser cet album en 2002 et il faut attendre l’arrivée de Yann Philippe Blanc en 2003 pour qu’une décision soit prise. L’album sort en catimini en juillet 2003.

« My room » reste plus d’un an sur Nova, et est compilé sur Nova Tunes 9. « Waiting » rentre assez facilement sur Europe 2, Nova, France Inter, Europe 1… Mais l’album n’est toujours pas une priorité pour Warner Music France. En septembre 2003, ce disque n’est même plus commercialisé. Seulement deux mois après sa mise en bac.

L’avocat des Marathonians rentre alors en action. Il négocie la rupture et l’album redevient donc la propriété des Marathonians et de Superfruit.

L’histoire de cet album est un parfait exemple du gâchis réalisé à l’échelle industrielle par les maisons de disques.

Deux OWNI ne pouvaient donc que se rencontrer…

Richard Minier veut faire entendre cet album. Et tout OWNI est tombé amoureux de cet album. Et comme chez OWNImusic, on ne fera pas que parler de la musique, on va la diffuser aussi. Partout. Et en Creative Commons (gratuitement remixable et libre d’usage hors exploitation commerciale). Ecoutez, partagez, dansez, et si vous aimez, et souhaitez soutenir cette démarche, achetez au prix que vous le souhaitez. La totalité des transactions sera reversée aux artistes.

OWNImusic ouvrira ses portes cet été. On traitera de culture, de business, et du marketing de la musique. En mettant en avant artistes et entrepreneurs qui construisent cette nouvelle économie. En vous proposant articles, vision, conseils juridiques, techniques et stratégiques.

Et puis, la musique, on la diffusera. Suivant nos convictions. Vous pouvez considérer OWNImusic comme un label, un média, un service… et ce ne sont pas les moindres de nos ambitions!

Parce que chaque musique a sa propre valeur. Et que la musique n’a pas toujours besoin de l’industrie.

A suivre, une diffusion exclusive de Toots and “My rooms”.

For our English-speaking readers, an English version of the article is available here.

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