[Tribune] François Fillon: “offrir un nouveau sens à l’humanisme”?

Le 27 août 2010

Pour cette première tribune sur OWNI nous laissons la parole à François Fillon, Premier Ministre, sur l'épineux sujet de la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et les dérives communautaristes.

Alors que se termine un été où les mots “étrangers” et “sécuritaire” ont plus brillé dans l’agenda politique que le soleil dans le ciel estival, ces mots de l’actuel Premier Ministre, François Fillon, sont emplis d’espoirs et sa plume est courageuse.

Si ce n’est que ce texte date de 2004, époque où François F. était Ministre de l’Éducation Nationale et a servi de préface au guide “L’idée Républicaine aujourd’hui”.

Cet ouvrage s’adressait à l’époque “aux enseignants, en particulier aux professeurs d’histoire, de français et de philosophie, aux chefs d’établissement et aux personnels d’éducation” mais les mots du Premier Ministre actuel s’adressent surtout à nos coeurs, n’est-ce pas ?

Assez discuté et que la tribune s’ouvre…

(ps : n’oubliez pas la capture d’écran, qui sait si cette tribune sera pérenne…)

Depuis plus de deux siècles, les Français entretiennent une relation particulière avec la République.

Plus qu’un simple système juridique, la République est pour la France un projet politique et social ordonné autour de fondamentaux que l’on appelle les valeurs républicaines. Ces valeurs portent une dimension morale et universelle et inspirent nombre de peuples qui cherchent, encore aujourd’hui, les instruments de leur liberté.

C’est dire notre devoir de cultiver et de garder toujours à jour notre idéal républicain.

Initié par Luc Ferry, cet ouvrage « L’idée républicaine aujourd’hui » s’inscrit dans une démarche pédagogique. Avec talent et conviction, ses auteurs ont cherché à mettre en perspective nos valeurs communes pour mieux en restituer la pertinence et les faire connaître à tous. Qu’ils en soient remerciés. Leur expérience personnelle et intellectuelle, la diversité de leurs fonctions et de leurs origines, font la force de ce document.

Celui-ci se situe au centre du débat démocratique ; il nous renvoie vers une question essentielle qui se pose à nous : comment concevons-nous notre « vivre ensemble » ?

Cette interrogation est d’autant plus importante que nous vivons une période où se nouent et se décident des choix qui dessineront le visage de notre avenir. Or, le combat pour la République n’est jamais fini. Preuve en est, alors même que nous sortons d’un siècle de fer et de sang, voici que ressurgissent certains des démons qui ont fait le malheur du passé : la violence, l’antisémitisme, le racisme ou encore l’égoïsme identitaire… Autant de phénomènes d’intolérance auxquels nous devons opposer avec conviction la rigueur et la générosité des valeurs républicaines.

La République reste le meilleur atout de notre cohésion nationale. Gage de toutes les déclinaisons des libertés, c’est elle qui crée les conditions de l’égalité des chances indépendamment des caractéristiques sociales, spirituelles et culturelles. Elle fonde cette communauté de destin au sein de laquelle chacun d’entre-nous, ensemble, écrivons l’histoire de notre pays. Quelles que soient l’origine ou la couleur de peau ; nos appartenances philosophiques ou religieuses ; que l’on s’appelle Pierre, Djamila ou Deng : il n’y a que des citoyens égaux en droits et en devoirs, tous dépositaires de la France républicaine.

C’est à l’école qu’il revient de préparer à la citoyenneté. C’est dès le plus jeune âge que s’acquiert le sens de la fraternité, de l’égalité et du partage.

L’idéal républicain est toujours une idée moderne. Il doit sans cesse être enrichi et actualisé, tout en conservant de son sens et de sa force culturelle. Dans cette perspective, le Président de la République a donné, lors de son discours du 17 décembre 2003, une définition de la laïcité, ferme dans son principe et pragmatique dans son usage. Il nous a invités à ancrer la République dans la modernité.

C’est à ce devoir que se propose de contribuer ce guide. Il permettra aux enseignants et aux élèves d’accéder aisément à la connaissance de notions clés qui fondent l’idée républicaine. Il permettra de les enrichir de concepts nouveaux comme la mixité, la lutte contre les discriminations ou encore celui si essentiel de la place de la femme dans notre société…

À l’aube du XXIe siècle, il nous faut plus que jamais offrir un nouveau sens à l’humanisme. Au coeur de cette ambition française, il y a la République.

Et pour paraphraser David Abiker qui a su porter ce texte sur la place publique :

Vive la République, vive internet et vive la crossfertilisation.

Copyright photo cc FlickR World Economic Forum

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  • gaganausaure le 28 août 2010 - 0:14 Signaler un abus - Permalink

    C’est bien connu, l’enfer est pavé de bonnes intentions !
    Pragmatisme oblige, l’observation des faits récents contredit ce beau discours. La république en renvoyant manu militari des gens qui, chez eux, meurent de faim donne en effet un nouveau sens à l’humanisme. Faut-il comprendre de surcroît que c’est pour elle une manière de “s’ancrer dans la modernité” ?

    L’immigration est une catastrophe pour tous ceux qui la subissent parce que l’on ne raye pas d’un trait de plume son identité, pragmatisme oblige les responsables politiques ont une lourde responsabilité dans l’installation d’un système économique qui la favorisait. Au lieu de conduire une politique qui aurait fait de cette situation (le fait d’être un immigré) une parenthèse dans la vie de ces gens qui auraient été très content de rentrer chez-eux parce qu’ils auraient pu y trouver des conditions de vie normales, d’approximations en laxisme électoral, ils fermèrent les yeux sur une exploitation dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle n’était pas vraiment fraternelle, égalitaire pas du tout.
    Seulement voilà, il aurait fallu tenir tête aux nouveaux gouvernants de nos ex-colonies, il aurait fallu montrer plus de détermination pour accompagner leur développement économique, il aurait fallu une plus grande liberté de penser l’avenir afin d’avoir les moyens d’être “dans la modernité” c’est à dire débarrassé de toutes les arrières pensées qui consistaient à reprendre de la main gauche ce qui avait été donné de la main droite.
    A force de duperies aussi bien économiques que politique, nous sommes devant une évidence : Il est de plus en plus difficile de croire en cette maxime :

    “La République reste le meilleur atout de notre cohésion nationale.”

    Il faudra plus que des vÅ“ux pieux pour lever cette hypothèque, l’élite de ce pays, si elle existe encore, devrait se réveiller !

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