« Hackez la ville ! » – Les conseils d’un pirate en colère

Le 29 novembre 2010

Le projet "Dead Drops" propose de partager des fichiers de pair à pair via des clés USB disséminées dans les murs de la ville. L’artiste berlinois Aram Bathollen critique ainsi les opposants à la culture du partage en pleine expansion grâce au numérique.

Ne parlez plus de Génération Y, mais de “Génération G” comme Généreuse.  C’est ce que nous explique trendwatching.com, relayé par l’excellente newsletter de Curiouser qui y voit “l’émergence d’une culture digitale du partage, où les individus échangent, donnent, s’engagent, créent, collaborent. Selon une récente étude “The new sharing economy“, les médias sociaux seraient le catalyseur d’une économie de partage offline“, annonçant le passage “d’une économie de la propriété vers une économie de l’accès.

C’est joli, peut-être un peu trop pour être totalement entendu par certains, mais qu’importe : il s’agit d’ores et déjà d’une réalité pour de nombreux territoires, qui les encadrent voire les promeuvent (on pense au vélo en libre service). Tous les secteurs sont en passe d’être touchés : de l’automobile (covoiturage, autopartage, stationnement) aux espaces de travail (tiers-lieux ouverts, espaces de co-working), en passant par les vêtements, les appareils électroménagers et bien entendu les contenus média, qu’ils soient physiques (exemple avec le “bookcrossing“)… ou numériques.

Tous ? Non ! Quelques irréductibles se refusent à abandonner leur droit de propriété (malheureusement pour eux) ; suivez mon regard, vous voyez de qui je veux parler. Les lobbys fourbissent donc leurs armes, obsolètes avant même de voir le jour (cf. Hadopi). C’était sans compter sur la résistance du camp d’en face ; car côté « pirates » aussi, on s’active. Certains développent de nouveaux outils de téléchargement plus discrets, d’autres diffusent des manuels permettant de contourner les mouchards… et d’autres enfin envisagent de redonner du sens à l’expression “pair à pair“.

Afin de contourner les restrictions croissantes au partage de fichiers en ligne, l’artiste berlinois Aram Batholl a décidé de sévir en concevant le projet “Dead Drops” : puisqu’il est illégal de partager sur la Toile, partageons dans la rue ! Le projet n’est finalement qu’une version “extended” du bon vieux partage de K7/VHS/CD gravé – biffez les mentions inutiles -, et c’est aussi simple que génial :

“Dead Drops” is an anonymous, offline, peer to peer file-sharing network in public space. USB flash drives are embedded into walls, buildings and curbs accessable to anybody in public space. Everyone is invited to drop or find files on a dead drop. Plug your laptop to a wall, house or pole to share your favorite files and data. Each dead drop is installed empty except a readme.txt file explaining the project. “Dead Drops” is open to participation. If you want to install a dead drop in your city/neighborhood follow the ‘how to’ instructions and submit the location and pictures.

Traduction approximative :

“Dead Drops” est un réseau de partage de fichiers de pair à pair (P2P), anonyme et offline, prenant place dans l’espace public. Des clés USB sont intégrées dans les murs de la ville, et accessibles à n’importe qui. Chacun est invité à déposer ou à récupérer des fichiers en connectant son ordinateur portable à un “mur”. Chaque clé USB est installée sans données, à l’exception d’un fichier-texte expliquant le projet. “Dead Drops” est un projet ouvert. Si vous souhaitez installer une clé dans votre ville, suivez le guide, puis partagez la localisation et des images de l’installation.

La première clé USB a été installée à New York en octobre dernier. On compte aujourd’hui cinquante-trois clés dispersées à travers le monde, principalement en Europe et aux États-Unis, pour environ 137 Go de mémoire prête-à-partager.

Soyons chauvin : on en compte trois sur le fier territoire parisien ! La première a été installée dans le jardin du Carrousel, une autre trône dans le 14ème sur un mur coloré ; last but not least, une clé s’est camouflée sur le Pont des Arts, au milieu des centaines de cadenas accrochés là par les touristes amoureux. Ou quand la poésie se greffe à l’acte militant.

Et maintenant, à nous/vous de jouer ! Laissez parler votre cœur de pirate énervé… :-)

Merci à T-Raf, chez qui j’ai pioché l’idée :-)

Billet initialement publié sur pop-up urbain

Image Dead Drops

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  • obrowny le 30 novembre 2010 - 10:01 Signaler un abus - Permalink

    Idéal pour partager les virus !!
    Il s’agit donc d’un réseau pair à pair pour linux et mac.
    Y brancher un windows serait une pure folie !

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  • harry wanders le 30 novembre 2010 - 13:27 Signaler un abus - Permalink

    “… puisqu’il est illégal de partager sur la Toile,…”

    Non ! il n’est pas illégal de partager sur la Toile ;
    mais il est illégal de partager ce qui ne vous appartient pas !!!

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  • prisme le 30 novembre 2010 - 15:01 Signaler un abus - Permalink

    ça me fait penser à un autre projet sympa :
    une appli web mobile à Paris avec des QR codes en céramique http://cosmografik.fr/?p=2059

    via http://uzful.fr

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  • Swâmi Petaramesh le 21 janvier 2011 - 16:35 Signaler un abus - Permalink

    On pourrait imaginer des “RadioDeadDrops”: machine basique(1) + distro Linux montée en point d’accès Wi-Fi public ouvert, SANS connexion Internet mais seulement un serveur FTP ouvert où chacun peut déposer/prendre ce qu’il veut ; et installer partout ce type de machine.
    Pour protéger le proprio de la machine contre les contenus éventuels du disque, on stocke le serveur FTP sur partition chiffée à clé aléatoire jetable, aussi “il oublie tout dès qu’on le débranche”, et son propriétaire peut avoir un “plausible denial” quant à son contenu.
    Pour l’utiliser, suffit de se poser tranquillement à portée de Wi-Fi, pas besoin de rester physiquement collé à un mur.
    Bon, maintenant, plus qu’à savoir : Qui développe une distro sur mesure ? ;-)

    (1) EeePC etc…

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  • armelle70 le 4 mars 2011 - 2:11 Signaler un abus - Permalink

    j ecris ici car je ne connais pas le monde des hackeurs et me suis faite rouler dans la farine par un “pretendu” hackeur ou hackeur escroc qui se pretendait en colere comme moi contre les jeux en ligne qui ne font ni plus ni moins que du racket tu peux jouer c est gratos mais si tu payes pas t evolues pas ce qui au final apres t etre fait des connaissances tu dois tout lacher
    je lance un appel a un vrai hakeur pret a relever un defis qui en meme temps et plombera ce systeme de racket et me permettra de continuer sans rien leur donner a ces escrocs voila mon coup de gueulle merci de me contacter

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  • Chikimiki le 9 mai 2011 - 17:00 Signaler un abus - Permalink

    @SWÂMI PETARAMESH: Ca existe désormais, et ca s’appelle la Pirate Box! Dans la version la plus basique, routeur + clé usb + batterie + lunchbox, ca coûte à peine 100€.

    Voir ici: http://wiki.daviddarts.com/PirateBox

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