Internet ça change la vie

Le 7 novembre 2012

"Révolution numérique". C'est l'expression consacrée des verbiages politiciens, mais concrètement ça veut dire quoi ? Laurent Chemla raconte en une allégorie le chamboulement Internet.

Un des problèmes majeurs qu’on rencontre, quand on essaie de comprendre l’impact d’Internet dans nos sociétés, c’est de prendre le recul nécessaire : il est si difficile d’imaginer notre vie sans lui qu’on n’arrive pas à voir ce qu’il change. Il nous manque la possibilité de comparer notre monde à un monde sans réseau informatique global pour appréhender vraiment tout ce qu’il a changé et tout ce qu’il changera.

Il est plus facile – du coup – de tenter l’exercice de l’allégorie.

Il était une fois

Imaginons quelque chose de vraiment très improbable : les Mayas se sont plantés et la fin du monde n’est pas pour dans un mois.

Imaginons que, du coup, notre technologie continue d’évoluer et que d’ici une dizaine d’années un groupe de hackers invente dans son coin une imprimante 3D capable de reproduire à peu près n’importe quoi, au niveau moléculaire. Tant qu’à faire d’imaginer l’improbable, pourquoi pas ça ?

Son coût initial est très élevé, mais – dès sa conception – il tend vers zéro du simple fait de son existence : elle peut se reproduire elle-même à l’infini à partir de matériaux de base à très faible coût.

Au tout début, les fichiers sont rares. Le réplicateur ne sait reproduire que quelques rares objets : des yoyos, des chaussures de sport (sans les lacets) et des claviers d’ordinateur. Les informaticiens qui s’amusent avec les premiers modèles produisent des claviers de toutes sortes et des chaussures qui donnent l’heure. Et ils jouent au yoyo. Mais très vite sur Internet apparaissent des projets d’écriture de fichiers permettant la reproduction d’objets de plus en plus complexes et on voit bientôt arriver des stylos-plume, un succédané de viande, des batteries et des télécommandes de télé. Un type affirme pouvoir reproduire des chatons vivants. Personne ne le croit vraiment, mais le buzz “création de la vie” pousse le grand public à s’équiper.

Une nouvelle économie

Dix ans plus tard, le réplicateur est devenu un équipement standard présent chez tout-un-chacun. La qualité des objets produits n’est pas toujours au rendez-vous, mais leur coût est si bas que leur durée de vie importe peu et, quand un objet se casse, le réplicateur peut réutiliser ses matériaux pour en fabriquer un neuf en quelques minutes.

Quelques grandes entreprises vendent encore des fichiers chiffrés qui ne fonctionnent que sur les appareils de leur marque et permettent de créer des pièces de très bonne qualité, mais quelles que soient les protections mises en place, des copies apparaissent toujours en quelques mois sur les réseaux pirates.

Peu à peu, une nouvelle économie se met en place.

Plutôt que des produits finis, le public n’achète plus que les matériaux bruts les plus rares (ceux que leur machine ne peut extraire en assez grande quantité des déchets dont on la nourrit). Presque toutes les industries du passé souffrent et déclinent, en dehors de celles qui ont su assez tôt se reconvertir en apportant de réels services (livraison à domicile dans l’heure, nouveaux designs innovants, prix tenant compte de la quasi-disparition des coûts de production…).

Face au changement inéluctable, la réaction a tardé à se mettre en place. Les puissants, n’ayant eu aucun besoin d’utiliser la nouvelle technologie pour se payer ce qu’ils voulaient, n’ont pas compris très vite ses implications et ont du mal à accepter de voir partout autour d’eux des romanichels équipés de montres plus chères – théoriquement – que les leurs. Ils se rebellent face à ce manque de savoir-vivre évident. Ayant l’écoute des pouvoirs en place, ils demandent (et obtiennent) le vote d’une loi interdisant de se nourrir de reproduction numérique de caviar, mais Le peuple n’en tient pas compte et – après avoir beaucoup ri – continue de manger ce qu’il peut fabriquer gratuitement.

Un monde nouveau

Arrêtons là notre petite science-fiction, je vous laisse imaginer la suite de la longue liste des changements économiques et sociaux qu’une telle invention impliquerait.

Un nouveau monde est né. Un réplicateur ne serait – dans le monde analogique – rien de moins que ce qu’est Internet dans monde numérique : une machine à copier n’importe quoi pour un coût qui tend vers zéro.

Les nouvelles puissances de ce monde ne sont pas celles qui héritent du pouvoir de leur parents, mais celles qui ont assez d’imagination pour deviner les usages et les besoins de demain. Le savoir n’est plus réservé aux élites capables de se payer les écoles les plus chères : il est accessible à tous, partout, en permanence. Il suffit de savoir utiliser un moteur de recherche et d’avoir un peu de temps pour apprendre presque n’importe quoi (j’ai réparé moi-même ma chaudière la semaine dernière : un acte qui ne me serait même pas venu à l’esprit il y a 10 ans à peine).

Petit à petit, ce savoir va inonder nos sociétés, en commençant – quoi qu’on pense d’eux – par ceux qui sont nés dans ce nouveau monde et qui ne pourront jamais imaginer qu’on ait pu un jour vivre dans un monde sans Wikipedia. Tout va changer (oui lecteur de mon âge : beaucoup plus encore que ce que tu crois pouvoir imaginer). Le savoir est le moteur de notre espèce, et nous venons de passer directement de la rame au réacteur.

Déclencheur

“L’Internet arabe était perçu comme l’Internet de Ben Laden”

“L’Internet arabe était perçu comme l’Internet de Ben Laden”

Les révoltes arabes ont consacré le rôle des réseaux sociaux, admis par certains, contestés par d'autres. Dans son ...

On parle beaucoup, par exemple, de l’utilisation des réseaux sociaux dans les révolutions arabes. Mais, même si je n’ai aucune preuve de ce que j’avance, je prétends qu’Internet a eu non seulement un rôle d’accompagnateur de la colère des peuples, mais aussi et surtout de déclencheur de cette colère (je ne dis pas que ce fut le seul, bien sûr). Comment imaginer que toute une génération, qui a eu toute sa vie sous les yeux – via Internet – l’opulence des pays occidentaux, puisse accepter la misère comme seul horizon en arrivant à l’âge adulte ? Surtout si elle a – en plus – les moyens de s’organiser en dehors du contrôle du pouvoir…

Qu’ils continuent donc, nos chers politiciens formés dans les grandes écoles du passé, à n’écouter que leurs amis arc-boutés sur des modèles dépassés. Qu’ils continuent donc à vouloir limiter l’accès libre à la culture, à tenter de préserver des industries moribondes, à limiter les libertés pour garantir encore et toujours des revenus indécents aux élites qui ont leur oreille. Qu’ils continuent donc, et ils verront que les jeunes arabes ne sont pas les seuls à être révoltés par les méthodes des puissants pour conserver le pouvoir. Ni à savoir s’organiser.

Aujourd’hui déjà, tous les jours, on peut voir des géants industriels plier devant la colère de leurs clients, quand les réseaux sociaux s’emparent de tel ou tel scandale avéré. Nos gouvernants, pendant ce temps, préfèrent plier devant quelques centaines de “pigeons” riches et puissants.

Aujourd’hui déjà, chacun peut anticiper la fin des industries culturelles dont les modèles étaient basés sur l’économie de la rareté (de l’offre, des ondes hertziennes, de l’espace physique des rayons de la FNAC…). Nos gouvernants, pendant ce temps, préfèrent imaginer comment financer les jouets éditoriaux de leurs amis médiatiques, comment garantir les rentes de quelques-uns au prix des libertés de tous les autres.

Oublions-les.

On achève bien les dinosaures

On achève bien les dinosaures

Copinage, incompréhension, contre-sens. Nos représentants politiques sont les seuls à croire encore que le Web est ...

Qu’ils persistent encore et on verra alors – la crise aidant – que l’exemple tunisien peut très bien s’exporter aussi en Occident.

Oublions-les. Ils ne vivent pas dans le même monde que nous.

Qu’ils se retranchent donc derrière leurs miradors, qu’ils persistent à ne pas voir la façon dont le monde a été transformé par le seul fait qu’Internet existe, tout comme il sera transformé quand apparaîtra le réplicateur.

Ce n’est pas leur monde, c’est le nôtre. Nos Ben Ali locaux, enfermés dans leurs villas luxueuses et traversant le vrai monde dans leurs berlines aux vitres fumées, ne veulent pas, ne peuvent pas voir la réalité qui les entoure.

Tant pis pour eux. Ignorons-les. Il n’est même pas besoin de les renverser : il suffit de les laisser vivre entre eux dans leur loft videosurveillé pendant que nous inventerons l’avenir ailleurs. Qu’ils votent leurs HADOPI : nous créerons d’autres cultures que celles qu’ils protègent, et d’autres moyens de la partager. Qu’ils fassent disparaître les journaux de leurs amis des moteurs de recherche : nous irons nous informer dans les blogs, les timelines, les reportages diffusés par nos semblables. Qu’ils imposent donc des limites à Internet tel qu’il est : nous saurons le transformer en réseau full-mesh1 résolument incontrôlable.

Leurs analyses, leur savoir-faire ? On voit ce qu’ils valent quand le rapport tant attendu pour redresser notre économie ignore superbement tout ce qui touche aux nouvelles technologies et n’utilise sur 11 pages qu’une seule fois le mot “Internet”.

Ils ne servent à rien. Laissons-les manger leur caviar entre eux et passons à la suite de l’histoire sans eux.

Les nouvelles structures se mettent en place, tranquillement, en dehors des modèles anciens. AMAPs, SELs, logiciels et cultures libres, jardins partagés… l’économie solidaire est en plein développement, hors des sentiers battus du capitalisme centralisateur.

Et s’il manque encore, pour bien faire, un moyen d’assurer le gite et le couvert, pour tous en dehors de l’ancien monde, je ne peux qu’espérer, vite, la création du réplicateur.


Les plus anciens (j’ai failli écrire “vieux”) d’entre vous trouveront sans doute quelques similitudes entre ce billet et un précédent tout aussi vieux qu’eux (houlala, 13 ans déjà). C’est normal : considérez ceci comme une mise à jour.


Illustrations de l’internet par Ssoosay (CC)

  1. réseau où tous les points sont connectés entre eux, sans devoir passer par un centre, ndlr []

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  • Lulu le 7 novembre 2012 - 17:47 Signaler un abus - Permalink

    J’adore ce texte.

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  • Cyp Luraghi le 7 novembre 2012 - 17:58 Signaler un abus - Permalink

    Idem : laissons les modérateurs psychorigides agiter leurs machettes rwandaises en vain : commentons les articles sur des sites parallèles et anonymisés. Ils ne sont pas de notre monde, ces minables community managers no life.

    Je pense particulièrement à Ubu89 (ex Rue89) où c’est le massacre depuis quelques jours.

    À part ça : super article… comme d’hab’…

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    • chris le 9 novembre 2012 - 20:50 Signaler un abus - Permalink

      ah bon massacre pourquoi sur UBU 89 ?

      j’ai pas suivi j’étais en stage réplicateur nano (ben oui le scénar SF de Laurent a un peu été décrit par drexler un des papes des nanotechs. Ou par Feynman Richard de son petit nom qui imaginait mettre l’encyclopedia Britannica sur une tête d’épingle.

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      • Cyp Luraghi le 9 novembre 2012 - 21:11 Signaler un abus - Permalink

        Ah ouais : ils sont devenus fous, c’est à croire… en cinq ans on n’avait jamais assisté à un tel massacre dans les commentaires… Ah : il est beau, leur super canard participatif… au moindre écart langagier et à la moindre critique de leurs articles, ils censurent à outrance : des dizaines de comptes de vieux habitués, autrefois leurs plus ardents soutiens, ont été supprimés ces derniers jours pour de simples remarques jugée déplacées par une rédaction et une modération ne supportant manifestement pas d’être critiquée sur le contenu d’un nombre croissant d’articles très mauvais : tribunes à jérémiades et compagnie.

        Alors évidemment, plus ils censurent, plus les commentateurs se rebellent : le ton monte et la rupture définitive est consommée entre eux et la majorité de leurs vieux commentateurs… y compris une partie des plus timorés et modérés.

        OK : c’est un micro-phénomène dans un microcosme… mais tout de même : en 17 ans d’internet je n’avais jamais assisté à un tel jeu de massacre nulle part.

        J’ignore à quoi ils veulent en venir, mais bon : je n’y suis plus et ça ne m’intéresse plus que parce que quelques amis y sont encore… mais plus pour longtemps,vu la sinistre ambiance.

        Savoir que l’acharnement des censeurs aux manettes se focalise non pas sur des extrémistes de tel ou tel bord, mais sur des rigolos et des joyeux drilles quasi exclusivement.

        Il me semble évident que le modèle des forums classiques touche à son terme : qui a encore envie de se ramasser des heures de colle dans ces ersatz de salles de classes sous la surveillance de community managers qui ne sont que les remplaçants de ces pions frustes et bas du front qu’on se farcissait quand on était minots, hein ?

        Les patrons de presse, en déboulant sur l’internet, ont sans doute cru que les commentaires, c’était le courrier des lecteurs qu’on peut fiche à la benne à loisir. Ils comprendront très vite que ce n’est pas du tout ça : on n’arrête pas un fleuve en agitant les bras.

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  • darklinux le 7 novembre 2012 - 19:56 Signaler un abus - Permalink

    Bravo , les gouvernement me font pensé au Romains qui luttaient , peine perdu contre le christianisme , arrivera un moment ou ils seront de grée ou de force assimilé

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  • stanlog le 7 novembre 2012 - 21:46 Signaler un abus - Permalink

    Merci M. Chemla pour vos articles. Vous êtes, sans doute comme d’autres que moi, l’un de nos “plus purs évangélistes” de cette révolution majeure qu’est “l’interconnexion de réseaux IP”.

    Je me délecte de chacune de vos analyses, sur ce media en devenir (depuis sa scission avec 22 Mars, j’aime encore plus Owni, mais j’attends, peut-être comme d’autres, de savoir comment les aider pour participer à leur indépendance…)

    Bref, merci pour ce message d’espoir, qui fait que chaque jour je me dis que, rien n’est perdu, que nous pouvons encore raisonner nos censeurs, avant qu’il ne soit trop tard, et que nous ne soyons obligés, bien malgré nous, de répliquer de façon “sauvage” à leurs attaques.

    Peace, mais pas trop si tu touches à ma neutralité…

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  • Vincent le 8 novembre 2012 - 7:31 Signaler un abus - Permalink

    A propos d’impression 3D, une vieille nouvelle de SF qui m’est revenue en mémoire :

    Damon Knight, Tout avoir…, (A for Anything) trad. de l’anglais (USA) par P.-J. Izabelle, initialement paru dans The Magazine of Fantasy & Science Fiction n°78, novembre 1957

    comment, après l’invention d’un duplicateur de matière, notre société sombre dans le chaos.

    http://en.wikipedia.org/wiki/A_for_Anything

    http://fantasticreviews.com/a_for_anything.htm

    http://www.rosettabooks.com/book/anything

    We call it a gismo.That’s right, a gismo.A bit difficult to describe. Like a cross, I suppose, without the top part. Sort of two arms on a stand.What happens is this. You hang something on one arm. Anything at all. A watch, a bracelet, money, anything. I supposed you could hang a locomotive on, only it’s a bit heavy.But anyway you hang something on and there on the opposite arm appears an exact replica. And I mean exact.You can’t tell the difference.So nobody need make anything any more. What you need you hang on the gismo. No work. No want. No starvation. No nothing.When you’ve got a gismo, you’ve got everything.

    http://books.google.fr/books/about/A_for_Anything.html?id=9Js4Cw0S4sQC

    (tout ça piqué sur opentruc.fr)

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  • MULK le 8 novembre 2012 - 8:55 Signaler un abus - Permalink

    Magnifique article…
    Il me fait penser à une définition/comparaison que j’ai lu dans un livre, désolé mais je ne me souvient ni du titre ni de l’auteur, mais celui-ci expliquait que beaucoup de personne comparait l’invention de l’Internet avec l’invention de l’imprimerie… selon lui (et je suis d’accord avec) il fallait plutôt la comparer avec l’invention de l’écriture, car l’imprimerie n’a pas généré de grands bouleversements sociaux comme est encore en train de le faire Internet.

    pour finir: m’en fiche des managers et autre nantis dans leur nuages illusoires, de toute façon j’aime pas trop le caviar..

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  • Vorphalax le 8 novembre 2012 - 9:53 Signaler un abus - Permalink

    J’aime beaucoup aussi, mais texte trop optimiste. A mon avis les elites et autres lobbies sentent bien la pression et la montée dont vous parlez.Et justement il met a sa disposition la loi pour se protéger et son appendice qu’est la répression.
    Si un temps soit peu tu es un anarchiste , un partisan du DIY etc, la réthorique de terroriste, de fauteur de trouble, de terrible gauchiste-pedo-nazi vient a se mettre en place. Ce qui induit immédiatement répression.

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  • josette marion le 8 novembre 2012 - 11:45 Signaler un abus - Permalink

    je vais paraître iconoclaste car pour moi la vraie révolution internet est de faire ses courses à domicile et de pouvoir acheter des produits qui demandent des heures de recherche : j’ai 80 ans et ne peux plus me déplacer donc internet me permet aussi de lire mes journaux préférés, de visiter des expositions dans tous les musées en ligne et de recevoir des newsletters qui m’intéressent
    j’ai l’impression que les politiques tellement occupés ne voient que le bout de leur nez et ont peur que leurs messages ne soient pas entendus : mais c’est la démocratie……….

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  • Sebastien le 8 novembre 2012 - 14:29 Signaler un abus - Permalink

    Merci ça fait du bien :D

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  • MeursaultF le 8 novembre 2012 - 21:15 Signaler un abus - Permalink

    Je ne sais pas si le coup des imprimantes 3D était un clin d’oeuil à l’actualité récente, mais certaines entreprises tentent déjà de protèger leur modèle économique de la même manière que pour les autres produits culturels, à grands coups de brevets, patents trolls, et lobby intensif.

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  • Fifidou le 9 novembre 2012 - 10:04 Signaler un abus - Permalink

    J’aime beaucoup vos articles, mais en y réfléchissant, j’y vois presque comme deux angles morts. Le premier c’est que vous supposez que l’on peut faire confiance à ceux qui sont vos différents liens sociaux numériques.
    Il me semble qu’un nombre suffisant, de blogs, de commentaires et de production de nos semblables (sur la toile) soient au mieux des trolls, au pire des marionnettes pour espérer ne pas sombrer dans un régime qui soit d’une certaine façon totalitaire. Je ne dis pas que le régime actuel ne le soit pas, et que l’on puisse faire confiance aux informations et autres choses qui passent par les “vieux” canaux de communication. Mais il me semble qu’on serait plus exposé à cette dérive. Quelque part, le fait que cette architecture du monde numérique, relativement horizontale, soit un contre pouvoir à une société centralisée est vital, et presque même dans leur nature. Que des réseaux uniquement horizontaux et courts soient LE pouvoir, et je ne donne pas cher de nos libertés. Nous aurions sans aucun doute de belles illusions de liberté, mais en dehors du bon cercle une liberté réelle amoindrie.

    Le second est lié à la fin de la nouveauté.
    La machine à dupliquer est une idée intéressante pour répliquer des objets. Actuellement nous payons pour obtenir un exemplaire d’un objet cher à dupliquer. Une petite partie de ce pognon sert à chercher à produire des inédits, des nouveaux objets qui pourront être dupliquées. Et j’ai bien peur que cette petite partie de pognon, à l’échelle de ce que nous payons actuellement collectivement pour acquérir ces objets, ne soit une quantité monstrueuse de pognon, à ‘échelle d’un groupe qui voudrait créer des nouveaux objets. Et donc pour cela, il faudrait créer des impôts, et des régulations, pour permettre ces objets inédits. Cela ne revient-il pas à dire que financer la rente de certains est un mal nécessaire ?

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  • Vivien le 9 novembre 2012 - 16:21 Signaler un abus - Permalink

    Je suis totalement d’accord avec cette article et je considère tout autant que vous que le système est (pour prendre un terme industriel) obsolète.
    Mais je pense qu’un vecteur indispensable du changement qui n’est pas exprimé dans cette article est l’EDUCATION. Par exemple, vous dites que tout un chacun peut apprendre et réaliser beaucoup de chose avec l’outil informatique, encore faut-il qu’ils savent correctement s’en servir. Ce serait tomber dans les même inégalités actuelles que de laisser ces personnes en marges de ce progret.
    De plus certains savoir tel que l’histoire, la biologie, la médecine, les mathématiques etc ne peuvent pas s’acquérir avec une simple connexion internet. Ils sont pourtant indispensable à la compréhension du monde et aux innovations d’aujourd’hui et de demain ( votre imprimante 3D par exemple).

    Donc je pense que l’outil informatique ne suffit absolument pas et que les études classiques actuelles (qui peuvent bien sur être réformées vu les inégalités qu’elles génères) sont intrinsèques au changement dont vous parlez si bien.

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  • horizon2050.fr le 9 novembre 2012 - 20:44 Signaler un abus - Permalink

    Article intéressant, l’auteur connaît-il Peter Diamandis (ses théories)?
    J’en ai fait un commentaire ici:
    Le futur de l’Internet selon le magazine ‘Owni’: réplicateur universel et économie basée sur les ressources ::: http://horizon2050.fr/2012/11/09/le-futur-de-linternet-selon-le-magazine-owni-replicateur-universel-et-economie-basee-sur-les-ressources/
    Extrait:
    “Bon, (parenthèse!) ici à Horizon2050, nous pensons plutôt que les « riches » se tourneront vers le seasteading ou la conquête de Mars ainsi que les vaisseaux spatiaux et orbitaux, comme aujourd’hui ils se tournent vers les paradis fiscaux ou les voitures de luxe. Et si interdiction de certaines impressions 3D il y a, cela sera sur le continent (et pas dans les eaux internationales ni en orbite) et ça concernera le « breveté » ou le « criminogène » (comme des armes), et non pas des interdictions d’imprimer de la nourriture.”

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  • chris le 10 novembre 2012 - 18:00 Signaler un abus - Permalink

    très intéressant ce lien.

    J’aime particulièrement l’appel “Get the crowd to innovate for you!”. Ca dit tout sur les objectifs de ce think tank.

    Et qui on trouve comme soutien-ami de ce prophète de l’avenir radieux … Kurzweil évidemment, dont on parle beaucoup en France ces temps ci.

    Comme par exemple dans cet article de Reflets.info, pointant sur un docu Arte/RTBF très critique sur Kurzweil , ses apôtres singularistes et les small gurus des nano-biotechs
    Transhumanisme, NBIC : un monde sans humains ?
    http://reflets.info/transhumanisme-nbic-un-monde-sans-humains/

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  • Zikouf le 11 novembre 2012 - 13:57 Signaler un abus - Permalink

    Pour moi le gouvernement est mort il y a un bon moment déjà. Pour qu’un gouvernement soit reconnu, il faut qu’il soit à l’image du peuple, qu’il soit son porte parole et non à celle de multi nationale …

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  • Edeon le 12 novembre 2012 - 13:31 Signaler un abus - Permalink

    Tribune intéressante à mettre en lien avec l’interview de Diouldé Chartier (http://www.rue89.com/rue89-eco/2012/11/12/la-crise-et-le-web-ont-genere-une-tres-large-economie-de-la-debrouille-236822).

    Complètement d’accord sur le fait que l’accès au savoir que permet Internet, a et va continuer à faire bouger les choses. Un peu plus mitigé sur ce qu’apportera réellement l’imprimante 3D mais bon, wait and see.

    « Comment imaginer que toute une génération, qui a eu toute sa vie sous les yeux – via Internet – l’opulence des pays occidentaux, puisse accepter la misère comme seul horizon en arrivant à l’âge adulte ? “
    Cependant je ne pense pas que l’on pourra tous vivre au rythme de ‘l’opulence des pays occidentaux’. Il ne faut donc pas perdre de vu qu’ Internet est un puissant médium, mais que ce n’est qu’un médium et qu’il est important (en partie à travers Internet cela dit) de continuer à faire évoluer les mentalités et idées reçues sur le rythme de vie occidental.

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  • lobelya le 13 novembre 2012 - 15:09 Signaler un abus - Permalink

    J’aime bien la métaphore du réplicateur :) Et c’est vrai que nos élites s’accrochent désespérément à des modèles passés qui ne peuvent plus fonctionner.
    En revanche, je pense que considérer Internet uniquement comme un outil de libération est vraiment utopiste. C’est certes un fabuleux outil de communication, mais à ce titre il peut devenir un outil d’éducation et de libération, mais aussi le pire instrument de manipulation et de surveillance. Et à ce titre, l’on verra ce que les historiens diront des soi-disant “révolutions arabes” et du “rôle libérateur” d’Internet dans 50 ans ! Et quid d’Internet et des libertés publiques ?

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  • Aurélien le 15 novembre 2012 - 9:15 Signaler un abus - Permalink

    Le texte d’intro rappelle le contexte économique dans star trek : En transformant l’énergie en matière, le réplicateur a cassé le vieux modèle capitaliste.

    En s’affranchissant de la Rat Race, les hommes ont pu s’orienter vers des problèmes bien plus importants, tels que la santé, l’éducation ou la mise en valeur des compétences.

    Mais rappelons le, ce n’est que de la SF : “et si chaque humain avait son imprimante 3D à la maison”.

    Encore faudrait-il que chaque humain ait un toit au dessus de sa tête…. Pardon, ça aussi c’est de la SF ;-)

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