OWNI http://owni.fr News, Augmented Tue, 17 Sep 2013 12:04:49 +0000 http://wordpress.org/?v=2.9.2 fr hourly 1 Les 10 péchés capitaux des entrepreneurs web français http://owni.fr/2010/11/11/les-10-peches-capitaux-des-entrepreneurs-web-francais/ http://owni.fr/2010/11/11/les-10-peches-capitaux-des-entrepreneurs-web-francais/#comments Thu, 11 Nov 2010 12:08:01 +0000 Robert Scoble (trad. Martin Untersinger) http://owni.fr/?p=35315 Robert Scoble est un blogueur et “évangéliste technologique” américain réputé. Ce billet a été publié en décembre 2009 sur son blog.

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Mardi dernier, j’ai rejoint les Travelling Geeks (une bande de journalistes/blogueurs/influenceurs qui visite des startups partout dans le monde, cf. la photo ci-dessous dans une station de métro parisienne) à Paris et nous avons vu un tas de startups. Certaines, comme Stribe, étaient très bien. Mais dans l’ensemble, elles n’étaient pas à la hauteur. Du coup, j’en ai presque été brutal et malpoli, ce qui a pris tout le monde de court. Depuis, je n’ai cessé de me demander ce qui m’avait tant énervé, et c’est le sujet de cet article.

Premièrement, si vous rencontrez des journalistes, des influenceurs et des blogueurs qui ne viennent pas de votre pays, je suppose que c’est parce que vous voulez construire une marque mondiale. Après tout, si vous voulez faire quelque chose de grand seulement en France, pourquoi perdre votre temps avec des journalistes américains ?

De fait, puisque vous nous rencontriez et qu’il nous en a beaucoup couté de venir jusqu’à vous et que nous avons eu de très grands coûts d’opportunités, je pense que les entrepreneurs devraient être bien mieux préparés. Dans ce cas, vous allez pouvoir apprendre de leurs erreurs.

1 – Vous n’êtes pas sur Twitter

C’est une ÉNORME erreur que beaucoup de PDG français ont commis. Quatre d’entre eux m’ont dit que leurs boites n’étaient pas sur Twitter parce qu’il n’avait pas assez de temps pour ça. Ça m’a mis en colère.

Pourquoi ? Parce que dans la pièce, il y avait des gens avec des centaines de milliers de followers (pas seulement moi). Si vous n’êtes pas sur Twitter, je ne peux pas vous suivre, je ne peux pas vous relancer après notre rencontre, je ne peux pas revenir vers vous avec des questions. C’est complètement rédhibitoire. Mais il y a pire. Toute la presse technologique mondiale est sur Twitter, donc si vous dites que vous n’avez pas de temps à y consacrer, vous dites tout simplement à 500 journalistes spécialisés dans les nouvelles technologiques qui SONT sur Twitter que vous n’avez pas de temps à leur consacrer. Ensuite, ils vous répondront qu’eux non plus n’ont pas de temps pour vous.

Mais il y a encore pire. J’ai une liste de 500 startups techno, et une liste séparée de 400 entreprises un peu plus vieilles (je vais bientôt devoir faire une nouvelle liste, Twitter nous limite à 500 comptes par liste, et je connais déjà un paquet d’autres startups). Ce sont les entreprises que vous devriez surveiller, et pourquoi pas vous y associer. Si vous les observez, vous aurez pas mal d’indices sur la manière dont les autres entreprises travaillent avec les influenceurs, créent du buzz (et vous serez le premier à voir quand les autres boites ont une info, ça vous aidera à discuter avec les journalistes).

Heureusement, j’ai trouvé 500 fondateurs de startups qui considèrent que Twitter est important. D’ailleurs, pourquoi c’est si important ? Et bien cela doit avoir quelque chose à voir avec les 422 capital risqueurs et business angels qui sont sur Twitter, ou les centaines de cadres d’entreprises techno (ce sont vos possibilités de sortie !) qui y sont aussi. Au fait, quand j’ai rembarré les entrepreneurs assis à côté de moi, un PDG m’a soufflé dans l’oreille “je suis d’accord”. Qui était ce PDG ? Kamel Zeroual, PDG de Stribe ? Qu’est-ce que c’est que Stribe ? L’entreprise français qui a triomphé à la conférence LeWeb, la plus importante conférence indépendante sur le web. Lui et son entreprise faisaient partie de la minorité qui était sur Twitter.

2a – Vous avez des éléments de marketing ridicules et anémiques

Avant tout, si vous voulez vraiment avoir l’air ridicule devant le gotha des journalistes technos, merci d’utiliser Powerpoint. Ça nous a littéralement endormi. C’était incroyable de voir à quel point certains entrepreneurs étaient mauvais dans ce domaine. Si vous avez besoin de partager des informations avec nous, utilisez Google Doc. NE NOUS ENVOYEZ PAS de documents Word ou des Powerpoints. Pourquoi ? Certains d’entre nous n’ont même plus Word sur leur ordinateur, ou ont une boîte au lettre pleine à craquer (je connais des journalistes qui ont réussi à remplir totalement leur compte Gmail, par exemple).

Nous sommes également de plus en plus nombreux à ne plus travailler que depuis nos smartphones, et c’est bien mieux d’avoir de la documentation “dans le nuage”. Enfin, les documents doivent comprendre un lien vers votre site, un lien vers votre compte Twitter (vous ÊTES sur Twitter, pas vrai ?), un lien vers vos pages Facebook (vous vous coupez de 500 millions personnes ? Vous êtes complétement taré ?), des copies d’écrans de vos meilleures fonctionnalités, le logo de votre boîte dans plusieurs tailles différentes (pour nous permettre de les copier/coller dans nos articles), et le contact de TOUS vos cadres principaux.

2b – Vous ne mettez pas de vidéo de votre produit sur YouTube

Regardez la vidéo de Sketch Nation, le gagnant du concours Appsfire. ÇA L’A AIDÉ À GAGNER (j’étais un des juré, voici la liste de tous les gagnants, et voici la vidéo de l’annonce des prix). Si je n’avais pas vu cette vidéo, je ne me serais jamais rendu compte à quel point cette application est cool. (Notez que Sketch Nation est à la fois sur Twitter et sur YouTube).

3 Vous ne faites pas de démo

Une entreprise nous a parlé de ses robots, mais n’en a amené aucun pour sa présentation. Se farcir des présentations Powerpoint n’est pas acceptable aujourd’hui. Faites une démonstrtation. Regardez ce qu’a fait le PDG de Pearltrees (une startup française). Oh, et Pearltrees est sur Twitter. Ainsi que son PDG. Vous vous demandez encore pourquoi Pearltrees est passé sur CNN aujourd’hui ?

4a – Vous ne vous souciez pas des champs de bataille industriels

Si vous lisez des sites sur les nouvelles technologiques ou leurs actualités, ou même mieux, si vous suivez Techmeme, vous verrez qu’un certain nombre de thèmes reviennent souvent. Je les appelle des champs de bataille. Si vous débarquez avec un super produit sur un champ de bataille, vous allez être remarqué. Quelques uns des champs de batailles actuels ? Mobile. Temps réel. Vidéo HD. Nouveaux systèmes de paiement. Etc. Si votre produit ne correspond à aucun champ de bataille, vous feriez mieux de vous en expliquer, et de nous dire pourquoi toute la presse technologique devrait considérer votre entreprise comme un nouveau champ de bataille.

4b – Vous ne vous souciez pas de vos concurrents, ou mieux, vous n’en avez pas du tout

Ecoutez comment le PDG de Deezer, Jonathan Benassayas a considéré Spotify (son concurrent) sur scène à la conférence LeWeb. Deezer connait bien la concurrence, et s’est très bien positionné : vous demandez pourquoi il a 18 millions de visiteurs uniques mensuels et n’est pas encore très connu aux États-Unis ? Celui qui dit qu’il n’a pas de concurrence passe automatiquement pour un loser selon moi (voir mon point 4a).

5 – Vous ne savez rien de la dernière app ou actu de la journée

Si je vous demande ce que vous pensez de Foursquare, Red Laser (l’app iPhone n° 1) ou Gowalla (ils viennent de lever 8 millions de dollars) et que vous me répondez “je ne sais pas”, vous êtes automatiquement rangé dans la case de ceux qui ne se soucient pas de l’industrie et qui ne recherchent pas de nouvelles idées bonnes à prendre. Je n’arrête pas d’entendre ça de la part d’entrepreneurs français, et ça m’a rendu furieux. Désolé, nous sommes en 2009. Si vous n’êtes pas sur Twitter vous êtes ridicule. Point final. Si vous n’avez pas utilisé Foursquare et que vous n’avez pas d’explication sensée pour expliquer si vous l’aimez ou pas, vous êtes ridicule. Point barre.

6 – Vous n’adaptez pas vos pitchs à vos interlocuteurs

Si vous parlez à Mike Arrington, le fondateur de TechCrunch, ou Dana Oshiro, qui écrit pour ReadWriteWeb, ne lisez surtout pas tout ce qu’ils ont mis sur leurs blogs une semaine avant. C’était une des techniques utilisées par les entrepreneurs. Ça ne marche jamais de toute façon !

(Plus sérieusement, demandez à Brian Solis comment il fait. Ou Jeremy Toeman, qui a aidé beaucoup d’entreprises à gagner au CES et a faire des tonnes de très bonnes RP. Les meilleures entreprises font TOUJOURS un pitch personnalisé).

7 – Vous n’amenez pas de cartes de visite

Pire, vous ne mentionnez pas votre email et votre compte Twitter sur ces cartes. J’imagine que vous pensez que nous n’aurons pas envie d’utiliser vos produits ou de vous poser des questions une fois de retour dans notre chambre d’hôtel, pas vrai ?

Les meilleurs PDGs me donnent également leurs adresses Google Talk et Skype. C’est assez incroyable à quel point j’ai parfois besoin d’infos au beau milieu de la nuit. Même maintenant, il est 9h du soir et si je devais écrire sur votre boîte, j’aurais certainement besoin d’infos supplémentaires. Mike Arrington appelle souvent des dirigeants à minuit pour compléter ses articles (je l’ai vu faire, et ça finit toujours par un meilleur article).

8 – Vous ne visitez pas les États-Unis pour rencontrer des blogueurs et des journalistes.

Comment ai-je rencontré Patrice Lamothe, PDG de Pearltrees ? À San Francisco. Est-ce que ça a payé ? Il est sur CNN aujourd’hui et nous avons eu une super conversation sur la scène de LeWeb (visionnée par des milliers de personnes dans le public et des dizaines de milliers de personnes en ligne).

Bref, voilà certaines des erreurs commises par les entrepreneurs français que j’ai pu rencontrer. Bien sûr, ils ne sont pas les seuls à faire ce genre d’erreur, mais c’est leur semaine puisque la grande conférence LeWeb vient de s’achever [elle aura lieu les 8 et 9 décembre prochain, NdT].

Bien sûr, peut-être parce le jeu est biaisé pour les entrepreneurs français. Quand le PDG de Deezer a expliqué sur le scène de LeWeb qu’il avait déjà plus de 18 millions de visiteurs uniques mensuels, je lui ai demandé “pourquoi je n’ai jamais entendu parler de vous alors ?”. Il a répondu “parce que nous sommes français”. J’aurais du lui répondre “non, c’est parce que votre fil twitter est en français”.

Vous pensez à d’autres erreurs que les entrepreneurs font en essayant de construire une marque globale ? Laissez un commentaire ci-dessous !

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Billet initialement publié sur le blog de Robert Scoble.

Traduction Martin U.

Illustration FlickR CC : Adam Foster | Codefor

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Numérique : investir aujourd’hui pour la croissance d’AUJOURD’HUI ! http://owni.fr/2009/09/12/numerique-investir-aujourd%e2%80%99hui-pour-la-croissance-daujourdhui/ http://owni.fr/2009/09/12/numerique-investir-aujourd%e2%80%99hui-pour-la-croissance-daujourdhui/#comments Sat, 12 Sep 2009 07:03:10 +0000 Jean Michel Planche http://owni.fr/?p=3510

Et oui … j’y étais aussi. Je vous le dis, coté politique, je suis éclectique ou plutôt tendance numérique : je me démultiplie. Hier avec le #NouveauCentre pour parler de droits Numérique, aujourd’hui avec le gouvernement pour entendre parler de croissance et d’investissement “dans” le numérique.

Il s’agissait donc d’une journée organisée de main de maître, (en ce qui concerne le pendant “non numérique”), par le secrétariat d’état au numérique, de @NK_M, la plus célèbre twitteuse, en vrai, du gouvernement. (c’est bien elle, j’ai des preuves)

Une grande partie du gratin twito-blogo-machin était là.  La première très bonne idée de la journée est venue de Nathalie qui a annoncée en introduction que l’on pourrait twitter à coeur joie, avec le Hashtag #emprunt. Ceci nous a permis de faire une conférence dans la conférence, que vous pouvez retrouver maintenant au travers de ce petit lien.
La tâche était rude car il fallait écouter d’une oreille, filmer d’une main, twitter de l’autre, prendre des notes avec ce qui restait … bref il fallait choisir. N’écoutant que mon courage et ma volonté de bien faire, j’ai choisi :

> de twitter … parce qu’à un moment, cela devenait trop énorme, impossible de rester impassible,

> de filmer … parce qu’à certains moment, cela devenait trop énorme, il fallait vraiment une mémoire numérique de l’instant. Je ferais passer quelques liens demain.

Habitué de ce genre de réunion, j’en ressors généralement frustré de tout ce que je n’ai pas entendu et contrarié par la distance entre les théories des adeptes du yakafokon et la réalité du quotidien d’un entrepreneur de la chose numérique qui développe un champion à l’international que la France entière espère de son souffle haletant …

Mais à vrai dire, je me rends compte qu’entamant ma 25ième saison, je ne suis certainement pas devenu blasé, mais un brin pragmatique réaliste … Je n’attends plus rien, sauf qu’on continue de nous laisser faire. J’essaye de me réjouir de ce que je vois et de ce que j’entends … sans forcement essayer de voir la petite bête. (je ne combats que les grosses, qui finissent en “i”).

Alors, mes meilleurs moments sont indéniablement :

> Michel Mercier que j’ai trouvé tout simplement bon, humain quoi … Pas forcement spécialiste du sujet, mais ouvert. Un rafraichissement dans un univers parfois un peu trop triste sérieux.

    > Michel Rocard. Là je ne pensais pas dire cela un jour et encore moins lors d’un sujet concernant le numérique. J’ai la vidéo. (en cours de montage … je négocie les droits avec LeMonde.fr et LCP en ce moment ;-)))). Elle vaut son pesant de cacahouètes. Un politique qui commence par “j’étais venu là pour écouter et apprendre” ne peux pas être foncièrement mauvais.
    Ceci dit, la brio de la prestation s’est, comme d’habitude, arrêté à l’introduction. Car comme je le disais, c’est généralement sur le développement et la conclusion que l’on attend Monsieur Rocard et où cela part en vrille. Cela n’a pas manqué et dès la 5ième minute j’ai décroché. On a eu le droit à Rocard imitant Rocard, c’était énorme, mais bel et bien bon.

    > Paul Hermelin, DG de Cap Gemini Sogeti. Je dois dire que je craignais cette intervention … je la redoutais publicitaire. En fait, pas trop. Les chiffres indiqués sont excellents et franchement se suffisaient à eux même pour faire comprendre l’importance du sujet aux politiques. Après cela je ne pense pas qu’il faudra que je mouille beaucoup ma chemise pour devoir expliquer que le numérique et l’infrastructure : cela créé des emplois et de la valeur !!!
    J’aimerais bien pouvoir vous indiquer un lien vers sa présentation, mais je n’ai que cela, pour le moment.

Pour le reste, que dire en quelques mots … tout d’abord qu’il fallait y être OU qu’il fallait pouvoir suivre ce qui se disait “on line”. C’est d’ailleurs ma plus grande surprise : RIEN EN LIGNE.
Le site officielle de la journée était Twitter, hashtag : #Emprunt.
J’ai particulièrement regretté l’abscence de streaming live et surtout (excellente suggestion de www.twitter.com/mathieuweill) l’absence de feedback avec la salle qui aurait pu se faire au travers de Twitter. Je confirme, cela twittait de partout. Si on avait projetté en temps réel les résultats de la recherche du mot clé #Emprunt, cela aurait peut être changé beaucoup de chose. On aurait déjà ramené un peu de “fun” chez certains intervenants (non Mandriva, le numérique, ce n’est pas si grave ;-)) et on aurait peut être pu les faire entrer dans le fond du sujet, réorienter leurs propos, bref PARTICIPER, sans déranger et à moindre coût.

Les bémols

Bien sûr que je n’étais pas d’accord avec tout ce qui était dit.  Mais la plupart des pistes évoquées autour des sujets liés à l’infrastructure méritent d’être creusés.
Bien sûr qu’il faut être pragmatique et arrêter la démagogie de la fracture numérique. On n’en est plus là, je l’ai écris à maintes reprises, nous sommes dans une fracture des usages et de l’éducation, pas dans une fracture numérique. La démagogie qui consiste à faire croire que l’on va déployer dès demain du très haut débit pour tous et partout est néfaste. Déjà, si on n’y arrive pas dans les zones denses, où l’économie du sujet n’en est justement pas un, il n’y a aucune raison que l’on y arrive ailleurs.

Bien sûr que j’ai apprécié 95% de ce qu’à dit mon collègue Marc Simoncini de Meetic. 1 pays, 250 millions de clients, 1 langue d’un coté et de l’autre notre “difficulté Européenne”, cela me parle. Je la vis tous les jours. Mais il y aurait tellement à dire. Par contre, je ne te suis pas Marc quand tu te fais applaudir trop facilement en opposant infrastructure et services. Tu le sais très bien, les autoroutes Françaises ne servent pas qu’à faire circuler des voitures allemandes …

Et pour le reste :

Vous remarquerez que je ne vous parle pas de l’après-midi … trop de place au con-tenu et surtout à un Monsieur que j’ai beaucoup soutenu (sisi … regardez mes anciens blogs / twittes). Bon d’accord, beaucoup est un doux euphémisme. Je n’ose même pas chercher ce qu’il a dit exactement. J’ai entendu twitter autour de portail d’accès unique à la culture et je ne sais quoi. Bref, passons, j’en ai assez parlé pour le moment.

Pour le reste, je laisse l’image de la fin à Jean-Ludovic Silicani, président de l’Arcep …

Le Numérique, ça fait mal. Il faut rester dos au mur … sinon on a vite fait d’attraper un mauvais coup !

Et je me retiens de ne pas continuer dans le salace, tant la situation à la Cul-ture est désopilante … mais pas pour nous, comme d’habitude.

D’ailleurs dans la série des gens qui souffrent, j’ai essayé d’en rire, tellement la douleur de Monsieur Mandriva était perceptible (ici et jusqu’à l’extrême-onction, ici). Mais c’était difficile, car pour la première fois, je n’ai jamais croisé autant de gens déboussolés, désorientés et à terre ou bientôt à terre. Et là, cela ne me fait plus rire du tout.
Surtout qu’ils sont TOUS conscients que nous vivons à un moment unique, avec un champ des possibles incroyable et la plupart se souhaitent un destin Français d’abord !

Il s’agit d’entrepreneurs qui ont toutes les peines du monde à exister, à lever de l’argent, à se développer, à se faire payer, à passer à l’échelle internationale …

Il s’agit de journalistes qui tombent les uns après les autres et dont les rédactions passent de 100 à 20 à 2.

Hier, je me demandais si j’étais le seul à trouver qu’entreprendre dans le numérique en France TRES difficile. Je voyais tourner, autour de moi, tout le monde, hilare. Manifestement insensible à mes propres difficultés. Aujourd’hui, je suis encore là, par la force d’une volonté au service d’une grande idée, travaillée 24h sur 24, 365 jours par an, par une équipe fantastique, (Witbe) et portée par des clients qui ont su faire confiance à une “petite entreprise Française”, face à des géants Nord-Américains.
Je ne peux pas dire que nous sommes sortis d’affaire, car le sujet est ambitieux : créer un champion Français à l’international, mais on se développe plutôt très bien. Nous en sommes à 3 filiales : aux US, en Asie et au Maroc, des ventes dans 30 pays et encore un opérateur Tier1 (les plus difficiles à convaincre) en Asie qui vient juste de nous annoncer sa confiance en nos solutions.

Par contre, ce que je vois en ce moment, en France, autour de moi … c’est la catastrophe.

Suggestion :

Une simple et qui ne tient qu’à un coup de téléphone :
La prochaine fois, invitez nous (les entrepreneurs qui bloggent à temps partiel) à être créatif et donnez nous juste : une connexion Internet à très haut débit et un vidéo projecteur. On s’occupe du reste avec quelques camarades … si en plus vous avez un budget, cela ne peut pas nuire ;-)

Une plus complexe, mais qu’il faut déjà partager, pour se doter des moyens de ses ambitions :

Honnêtement, il va falloir faire VITE quelque chose pour le Numérique en France,
sinon, cela va être Waterloo … morne plaine !

Les points clefs sont simples :

  • L’infrastructure et son libre accès à tous, pour tous !
  • Les entrepreneurs

Le reste … c’est du détail et on y arrivera !

Crédit photo : moi ;-) et plus ici.

> Article initialement publié sur le blog de Jean-Michel Planche

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