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	<title>OWNI</title>
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	<description>News, Augmented</description>
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		<title>Le Français numérique</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Nov 2011 17:40:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Media Hacker</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Randonneurs vigilants ou baroudeurs pragmatiques? Dans une enquête, Inria tire le portrait des Français et de leur rapport au numérique. Découvrez dans quelle catégorie vous vous situez. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C&#8217;est une première en France : un organisme public, l&#8217;Institut national de recherche en informatique et en automatique (<a href="http://www.inria.fr/" target="_blank">Inria</a>), associé à un institut de sondage (TNS Sofres), propose une étude sur les perceptions qu&#8217;ont les Français du numérique, et établi une typologie. Elle est complétée par une application qui vous permet de répondre également aux questions de l&#8217;étude, afin d&#8217;établir votre profil.</p>
<p>Cette enquête qualitative, réalisée à partir d&#8217;entretiens en &#8220;face à face&#8221; sur un panel de 1 200 personnes, dessine les contours de perceptions paradoxales, entre optimisme et craintes. Si 80% des personnes interrogées reconnaissent que le numérique permet une plus grande ouverture sur le monde, elles sont 92% à faire de la protection de la vie privée sur Internet une priorité lorsqu&#8217;on les interroge sur leurs attentes liées au numérique. L&#8217;encadrement de l&#8217;utilisation par les plus jeunes arrive en deuxième position, avec 89%.</p>
<h2><em>&#8220;Augmenter sa vie&#8221;</em></h2>
<p>La perception du numérique, globalement positive, semble avoir évolué avec l&#8217;arrivée massive des smartphones et d&#8217;Internet dans les foyers français. Comme l&#8217;a fait remarquer le sociologue Dominique Cardon, invité à commenter l&#8217;étude au cours de la conférence de presse de présentation, le changement de sémantique est en soi important. Là où en parlait il y a encore quelques années d&#8217; <em>&#8220;informatique&#8221;</em>, on parle aujourd&#8217;hui de <em>&#8220;numérique&#8221;</em>.  Si l&#8217;informatique était considérée comme une culture spécialisée, le numérique est plus facile d&#8217;accès. Dominique Cardon précise à cet égard que <em>&#8220;ce que perçoit l&#8217;utilisateur, c&#8217;est ce qu&#8217;on peut toucher&#8221;</em>, d&#8217;où l&#8217;importance du mobile, qui permet <em>&#8220;d&#8217;augmenter sa vie, à travers les écrans&#8221;</em>.</p>
<p>Dans la typologie établie par Inria et TNS Sofres, qui va de l&#8217;urbain militant <em>&#8220;Grand explorateur&#8221;</em> au <em>&#8220;Révolté du numérique&#8221;</em> rural appartenant aux catégories sociales les plus modestes, l&#8217;âge est un élément fondamental. L&#8217;effet générationnel ne permet pas à lui seul d&#8217;expliquer les disparités. Le niveau de diplôme et la profession jouent un rôle prépondérant dans la manière d&#8217;appréhender le numérique. Sur cette question, Dominique Cardon relève le risque de l&#8217;apparition de deux sociétés : l&#8217;une ultraconnectée, mobile et urbaine, et l&#8217;autre réfractaire à l&#8217;usage des technologies, et inquiète.</p>
<p>C&#8217;est cette possibilité d&#8217;une nouvelle forme d&#8217;exclusion qu&#8217;il s&#8217;agit de combattre dans les années à venir, comme le soulignent les personnes interrogées en se prononçant massivement pour la mise en place d&#8217;une véritable éducation aux sciences du numérique dans les écoles.</p>
<hr />Retrouvez les principales conclusions de l&#8217;étude dans l&#8217;infographie ci-dessous:</p>
<p><a href="http://owni.fr/files/2011/11/InfographieINRIA.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-86263" title="InfographieINRIA" src="http://owni.fr/files/2011/11/InfographieINRIA.jpg" alt="" width="640" height="4228" /></a></p>
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		<title>[Dataviz] Dessine-moi un hacker</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Aug 2011 14:08:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sabine Blanc</dc:creator>
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		<description><![CDATA[OWNI vous propose un poster synthétisant une étude réalisée par un Finlandais sur les hackerspaces. Elle se base sur environ 250 réponses de 87 communautés de 19 pays du monde entier. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le cliché représente le hacker comme un jeune nerd blanc planqué derrière son ordinateur, occupé à quelque activité malfaisante du type &#8220;pirater la carte bancaire de cette pauvre <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Homme_de_la_rue">Mme Michu</a>&#8220;. Au mieux, affairé à coder jour et (surtout) nuit, une pizza tiède sur les genoux.</p>
<p>Une image à l&#8217;encontre de la diversité des profils que recouvre ce terme. Thésard en sciences de l&#8217;information à Tampere, en Finlande et fondateur du hackerspace <a href="http://5w.fi/5blog/?cat=14">5w</a> [fn], Jarkko Moilanen a réalisé <a href="http://extreme.ajatukseni.net/2011/07/10/peer-production-communities-survey-2011/">une étude</a> [en] pour cerner de façon plus juste cette communauté qu&#8217;il définit par le terme &#8220;peer-production&#8221; (production par les pairs).</p>
<p><a href="#vizu"><img class="alignright size-full wp-image-75843" title="Infographie Hackerspaces Hackers" src="http://owni.fr/files/2011/08/Capture-d’écran-2011-08-09-à-16.12.30-e1312899359349.png" alt="" width="640" height="445" /></a></p>
<p>La création de hacker/maker-spaces dans de nombreux pays a fourni une infrastructure qui peut être considérée comme un retour au hacking &#8220;<em>old school</em>&#8220;, où le logiciel n&#8217;est pas roi. Cette nouvelle culture &#8220;<em>Do it yourself</em>&#8221; est multiforme : hackerspace, makerspace, <a href="http://owni.fr/2011/05/29/les-fab-labs-ou-le-neo-artisanat/">fablabs</a>, <a href="http://www.100kgarages.com/index.html">100k garage</a> [en] pour n&#8217;en mentionner que quelques-uns. Vous pouvez en lire davantage dans l&#8217;article de Troxler [<a href="http://wikis.fu-berlin.de/download/attachments/59080767/Troxler-Paper.pdf">pdf </a>, en].</p>
<p>Après une première étude en 2010, Jarkko a réitéré l&#8217;expérience, en la complétant. Les questionnaires ont été envoyés durant la deuxième quinzaine de juin, via des listes de discussion de hackers et hackerspaces, de groupe <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/DIYbio">DIYbio</a> (bio-hackers), afin d&#8217;éviter de biaiser les résultats comme cela aurait pu être le cas en passant par des réseaux sociaux, plus ouverts par nature. Il a reçu environ 250 réponses de 87 communautés dans 19 pays, soit un petit cinquième si l&#8217;on s&#8217;en réfère à la carte collaborative de <a href="http://hackerspaces.org/wiki/List_of_Hacker_Spaces">hackerspace.org</a>, qui en dénombre environ 500, contre 200 retours la première fois. En dépit d&#8217;un échantillon faible, les résultats valent la peine d&#8217;être observés, en attendant des études à plus vaste échelle. Jarkko exprime sa satisfaction globale :</p>
<p><em>&#8220;Les résultats reflètent les conclusions effectuées par d&#8217;autres chercheurs. J&#8217;ai reçu un email d&#8217;un autre chercheur, qui indiquait que nous avions tous les deux trouvés des résultats similaires en partie. Toutefois, ils doivent être regardés avec précaution et seulement comme préliminaires&#8221;. </em></p>
<h2>Google pose question</h2>
<p>Les limites principales concernent la forme même du questionnaire, qui en l&#8217;occurrence s&#8217;est avéré un choix philosophique sujet à caution :</p>
<p><em>&#8220;Comme l&#8217;année dernière, l&#8217;étude a été menée en utilisant des formulaires Google Docs. Cela a été critiqué et j&#8217;admets que la critique est fondée. Faire des études avec des outils que certains hackers considèrent au moins comme « injuste » et propriétaire n&#8217;est pas bon. Certains hackers n&#8217;ont pas répondu à l&#8217;étude pour cette raison. Dans le futur, de telles études devraient être conduites avec d&#8217;autres outils, de préférence des solutions open source. &#8220;</em></p>
<p>En outre, Google est difficilement accessible en Chine, entre autres, ce qui fausse les résultats sur l&#8217;origine géographique. Autre limite, le choix d&#8217;une langue unique, l&#8217;anglais, même si a priori, un hacker sait lire et écrire dans la langue de Shakespeare. Les résultats corroborent la carte collaborative des hackerspaces qui montre aussi une forte concentration en Amérique du Nord et en Europe. Ceci dit, les difficultés d&#8217;accès au Net dans certains pays valent aussi pour ce travail.</p>
<p>Selon Jarkko, la réception dans le milieu a été bonne :<em> &#8220;J&#8217;ai eu des retours positifs. Un hacker parisien m&#8217;a invité en France pour faire une petite présentation et discuter des résultats. Apparemment, il n&#8217;existe pas de grosse résistance contre mes recherches, puisque <a href="http://hackerspaces.org/wiki" target="_blank">hackerspaces.org/wiki</a> contient encore des liens vers elles :) Le silence vaut acceptation.&#8221;</em></p>
<p>Voici la synthèse de son travail sous la forme d&#8217;un joli poster mitonné par Loguy, notre directeur artistique préféré, que vous pouvez télécharger en .pdf en cliquant dessus. Certains résultats étaient prévisibles, comme l&#8217;âge moyen des membres et la forte proportion d&#8217;hommes. Un seul est vraiment étonnant : 85% des hackers interrogés sont favorables à ce que les entreprises financent leur communauté sous la forme de dons en équipement, alors qu&#8217;a priori on pourrait penser qu&#8217;ils éprouveraient de la méfiance envers ces dernières. On notera aussi que les questions de sécurité, centre d&#8217;intérêt historique des hackers, n&#8217;apparaissent pas dans le trio de tête de leur centres d&#8217;intérêt, et c&#8217;est un signe des temps.</p>
<p><a name="vizu"> </a><a href="http://owni.fr/files/2011/08/InsideHackerSpace.pdf"><img class="aligncenter size-full wp-image-75800" title="Infographie sur les hackerspaces" src="http://owni.fr/files/2011/08/InsideHackerSpace.jpg" alt="Infographie sur les hackerspaces" width="640" height="2500" /></a></p>
<p>Retrouvez notre dossier sur le Chaos Communication Camp 2011 :</p>
<ul>
<li><a href="http://owni.fr/2011/08/09/chaos-communication-camp-2011-cest-le-hack-general/">C&#8217;est le hack général !</a></li>
<li><a href="http://owni.fr/2011/08/10/en-direct-depuis-le-chaos-communication-camp/">En direct depuis le Chaos Communication Camp</a></li>
<li><a href="http://owni.fr/tag/cccamp11/">Tous les articles sur le #cccamp11</a></li>
</ul>
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		<title>La cyberguerre sans y toucher</title>
		<link>http://owni.fr/2011/01/19/la-cyberguerre-sans-y-toucher/</link>
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		<pubDate>Wed, 19 Jan 2011 18:03:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Tesquet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Français]]></category>
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		<description><![CDATA[Deux chercheurs britanniques publient une étude détaillée sur la réalité de la cyberguerre, pour le compte de l’OCDE. Leurs conclusions? “Fortement improbable”.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Très peu d’événements en lien avec le cyberespace disposent d’une réelle capacité à causer un choc global.</p></blockquote>
<p>C’est le <a href="http://www.ox.ac.uk/media/news_stories/2011/111701.html">constat sans appel</a> que dressent deux chercheurs britanniques dans un rapport de 120 pages (<a href="http://www.oecd.org/dataoecd/57/44/46889922.pdf">PDF</a>) commandé par l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques). Comme le rappelle <a href="http://www.nytimes.com/2011/01/17/technology/17cache.html?_r=1&amp;ref=technology">avec sagacité</a> le New York Times, on recense aujourd’hui pas moins de 270 ouvrages sur  <em>“la cyberguerre”</em>, formule consacrée. Avant d’éplucher les quintaux de  pages que représente cet imposant corpus, il était plus que temps de  fourbir les armes théoriques pour comprendre &#8211; et dédramatiser &#8211; le <a href="http://www.imdb.com/title/tt0319262/">“jour d’après”</a> que nous promettent certains experts.</p>
<p>En  renversant la boîte de pétri des laborantins de la cyberfin du monde,  Peter Sommer, professeur à la <a href="http://www2.lse.ac.uk/home.aspx" target="_blank">London School of Economics</a>, et Ian Brown,  de l’<a href="http://www.oii.ox.ac.uk/" target="_blank">Oxford Internet Institute</a>, vont-ils également renverser la hype,  remplaçant les mines affolées par une moue dubitative? La tâche  s’annonce ardue: sur les douze derniers mois, le même New York Times <a href="http://query.nytimes.com/search/sitesearch?query=cyberwar&amp;more=past_365">a parlé 90 fois</a> de cyberguerre en utilisant le mot <em>“cyberwar”</em>, (<a href="http://www.google.fr/search?q=site%3A%22washingtonpost.com%22+%2B+%22cyberwar%22&amp;ie=utf-8&amp;oe=utf-8&amp;aq=t&amp;rls=org.mozilla:fr:official&amp;client=firefox-a#sclient=psy&amp;hl=fr&amp;client=firefox-a&amp;hs=HGw&amp;rls=org.mozilla:fr%3Aofficial&amp;source=hp&amp;q=site:washingtonpost.com+%2B+%22cyberwar%22&amp;aq=f&amp;aqi=&amp;aql=&amp;oq=&amp;pbx=1&amp;fp=c74e440f5cbde495">101</a><a href="http://www.google.fr/search?q=in%3Anytimes.com+%22cyberwar%22&amp;ie=utf-8&amp;oe=utf-8&amp;aq=t&amp;rls=org.mozilla:fr:official&amp;client=firefox-a#sclient=psy&amp;hl=fr&amp;client=firefox-a&amp;hs=wrV&amp;rls=org.mozilla:fr%3Aofficial&amp;q=in:washingtonpost.com+%22cyberwar%22&amp;aq=f&amp;aqi=&amp;aql=&amp;oq=&amp;pbx=1&amp;fp=749042fdee3a346b"></a> pour le Washington Post, et <a href="http://www.google.fr/search?q=site%3A%22washingtonpost.com%22+%2B+%22cyberwar%22&amp;ie=utf-8&amp;oe=utf-8&amp;aq=t&amp;rls=org.mozilla:fr:official&amp;client=firefox-a#sclient=psy&amp;hl=fr&amp;client=firefox-a&amp;hs=4ab&amp;rls=org.mozilla:fr%3Aofficial&amp;q=site:wsj.com+%2B+%22cyberwar%22&amp;aq=f&amp;aqi=&amp;aql=&amp;oq=&amp;pbx=1&amp;fp=c74e440f5cbde495">240</a> pour le Wall Street Journal &#8211; même caché derrière un paywall).</p>
<p>Et les articles ne sont pas les seuls à se multiplier comme des petits pains. Aujourd’hui, les États-Unis disposent d’un <a href="http://www.defense.gov/home/features/2010/0410_cybersec/">Cyber Command</a> et d’un <em>“cybertsar”</em> à la Maison-Blanche, <a href="http://www.newsweek.com/2010/12/21/interview-with-cyber-security-czar-howard-schmidt.html">Howard Schmidt</a>; le Royaume-Uni possède un <a href="http://www.cabinetoffice.gov.uk/content/office-cyber-security-and-information-assurance-ocsia">Office for Cyber Security and Information Assurance</a>; l’Union européenne a l’<a href="http://www.enisa.europa.eu/">ENISA</a>, son agence dédiée mais <a href="../2010/11/10/leurope-joue-a-se-faire-cyberpeur/">esseulée</a>; l’Estonie a hérité d’un <a href="http://www.ccdcoe.org/">Cooperative Cyber Defence Centre of Excellence</a> après les <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/2007_cyberattacks_on_Estonia">incidents de 2007</a>; l’OTAN réfléchit à son propre quartier général (que voudrait récupérer la Corée du Sud); et on ne compte plus les <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/CERT">CERT</a>, ces centres d’urgence chargés de répondre aussi vite que possible aux tentatives d’intrusion dans les systèmes d’information.</p>
<p><a href="http://owni.fr/files/2011/01/www.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-43059" title="www" src="http://owni.fr/files/2011/01/www.jpg" alt="" width="640" height="480" /></a></p>
<p>Le but de la commande de l’OCDE est clair: <em>“Dans  quelle mesure des dangers numériques peuvent-ils être aussi  destructeurs que des pandémies mondiales ou la crise bancaire?”</em> Pourtant,  derrière ses atours prospectifs, l’étude britannique s’appuie sur des  structures et des protocoles préexistants. Aussi ses deux auteurs  identifient-ils les deux points cruciaux qui régentent l’analyse en  vogue. D’un côté, la création du <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/World_Wide_Web">World Wide Web</a> au début des années 90, qui a sensiblement modifié les usages en les fluidifiant. De  l’autre, le tournant des années 2000, quand une bonne part (50%,  avancent les chercheurs) du PIB des États occidentaux s’est mis à  reposer sur les NTIC. Loin des <a href="http://www.senat.fr/rap/r02-241/r02-24165.html">préceptes de la nouvelle économie</a>, ce second élément vise surtout à démontrer la porosité des systèmes gouvernementaux, qui prêtent de facto le flanc aux cyberattaques.</p>
<h2>Harder, Better, Faster, Stronger?</h2>
<p><em>“Il y a cette espèce de compétition entre les auteurs, pour dire ‘mon histoire est plus effrayante que la tienne’”</em>, <a href="http://www.nytimes.com/2011/01/17/technology/17cache.html?_r=1&amp;ref=technology">regrette</a> Peter Sommer. Avec son acolyte Brown, il préfère questionner la notion  de persistance. Est-ce que les risques pointés par certains auteurs tels  que le très médiatisé <a href="http://abcnews.go.com/GMA/Books/cyber-war-richard-clarke/story?id=10414617">Richard Clarke</a>,  ancien conseiller à la sécurité de trois présidents américains  successifs, sont vraiment des chausse-trappes dans lesquels nous sommes  susceptibles de tomber à tout moment? Et pour y répondre, rien de mieux  qu’un peu de dialectique issue de ce bon vieux Clausewitz, inventeur de  la notion de <em>“friction”</em> et géniteur de la fameuse citation <em>“la guerre n’est que la continuation de la politique par d’autres moyens”</em>:</p>
<blockquote><p><em>La  plupart des cyberattaques seront ciblées et courtes dans le temps [...]  Finalement, comme dans toutes les guerres, vous devez penser à la  finalité: comme les analystes thermonucléaires pendant la Guerre froide,  vous devez vous demander, que restera-t-il?</em></p></blockquote>
<p>Plutôt  que de répondre à cette épineuse question, les deux chercheurs  dégonflent l’hystérie ambiante en énonçant une lapalissade qui arrache  un sourire:</p>
<blockquote><p><em>A une échelle moindre, si vous voulez que votre ennemi capitule &#8211;  comment pourra-t-il le faire si vous avez coupé tous  ses moyens de communication et son système de décision?</em></p></blockquote>
<h2>Le retour de Stuxnet</h2>
<p>L’étude  soulève un deuxième point, encore plus complexe et lourd de  conséquences: celui de l’attribution. Il y a quelques jours, en prenant  sa retraite, l’ancien chef du Mossad Meir Dagan a relancé le débat sur <a href="../2010/09/29/stuxnet-ou-le-mythe-de-la-cyberguerre-mondiale/">Stuxnet</a>, en suggérant très fortement qu’il s’agissait d’une <a href="http://www.csmonitor.com/World/terrorism-security/2011/0117/Israel-tested-Stuxnet-worm-in-joint-effort-with-US-to-thwart-Iran-says-report">arme de conception israélienne</a>, développée avec l’aide des États-Unis et de certains pays européens dont l’Allemagne. <em>“L’Iran ne sera pas en mesure d’avoir l’arme nucléaire avant 2015”</em>, se félicitait-il. Dans la foulée, le New York Times <a href="http://www.nytimes.com/2011/01/16/world/middleeast/16stuxnet.html?pagewanted=all">y allait de son affirmation</a>, en titrant <em>“le ver Stuxnet utilisé contre l’Iran a été testé en Israël”</em>. Étayé, cet article n’en reste pas moins déclaratif, comme les  allégations israéliennes. D’ailleurs, selon certains spécialistes, le  régime des mollahs pourrait <em>“fabriquer une bombe d’ici trois mois”</em>.</p>
<p><a href="http://owni.fr/files/2011/01/cyber-command.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-43062" title="cyber command" src="http://owni.fr/files/2011/01/cyber-command-e1295447348453.jpg" alt="" width="640" height="640" /></a></p>
<p>Dans  ces circonstances, la cyberguerre ressemble moins à une menace armée  qu’à une forme moderne de soft power, un outil utilisé dans les  administrations et les états-major pour influencer les rapports de  force. Meir Dagan est par exemple un opposant notoire à une attaque  militaire contre l’Iran. En annonçant fièrement le terrain (supposément)  gagné grâce à Stuxnet, il peut servir la position qu’il défend.</p>
<p>Il existe aussi une raison technique à cette difficulté d’identification et d’attribution. <em>“Les  revendications d’attaques, par des groupes affiliés aux gouvernement  chinois ou russe par exemple, peuvent être contrées en rappelant que  leurs ordinateurs peuvent avoir été infiltrés par des tiers, ou qu’il  s’agit de l’initiative de hackers patriotiques isolés”</em>, peut-on lire dans l’étude. Aux yeux de ses auteurs, <em>“l’attaque  Stuxnet, qui visait apparemment les installations nucléaires  iraniennes, pointent autant les difficultés que le futur”.</em></p>
<h2>Cinétique contre numérique</h2>
<p>Mais l’identité de celui qui appuie sur le bouton n’est qu’une conséquence. Comme l’écrivent les chercheurs anglais, <em>“L’un  des avantages des armes cybernétiques sur les armes conventionnelles,  c’est qu’il est beaucoup plus facile de créer une ambiguïté autour de  l’individu qui lance l’attaque</em>”. Pour Sommer et Brown, il faut étudier la cyberguerre à l’aune de son aïeule sans préfixe, pour déterminer sa portée:</p>
<blockquote><p><em>Pour  définir un acte de cyberguerre, il faut montrer qu’il était équivalent à  une attaque hostile conventionnelle, dans son intensité, sa durée, son  contexte [...] La première considération que nous devrions avoir, c’est  la raison pour laquelle un État ou une entité voudrait partir en guerre.  Dès lors que l’hostilité existe, il y a fort à parier que les pays ne  se limitent pas à des armes conventionnelles. Les armes cybernétiques ne  sont qu’un moyen additionnel de mener ces assauts.</em></p></blockquote>
<p>Pour l’heure, de telles armes sont encore mal maîtrisées, comme l’attestent les <a href="http://www.schneier.com/blog/archives/2010/10/stuxnet.html">dommages collatéraux</a> du ver Stuxnet, encore lui. C’est peut-être la raison pour laquelle, en guise de conclusion, les deux experts considèrent une <em>“cyberguerre pure”</em> comme <em>“improbable</em>”.  Dans un autre cas de figure, celui populaire des <a href="http://cyber.law.harvard.edu/publications/2010/DDoS_Independent_Media_and_Human_Rights">attaques par déni de  service</a> (DDoS), elles ne sont qu’une munition supplémentaire, sûrement  pas le canon de l’arme. La faute à leur faible intensité et leur courte  durée de vie. Et si finalement, la fameuse cyberguerre d’après-demain,  celle qui mettra les pays à genoux, résidait dans ce déséquilibre? Avant  d’imaginer les <a href="http://www.renesys.com/blog/2010/04/how-to-build-a-cybernuke.shtml">bombes informatiques</a>, regardons d’abord exploser quelques petits pétards.</p>
<p>__</p>
<p><em>Crédits photo: Flickr CC <a href="http://www.flickr.com/photos/obeyken/4869449359/">obeyken</a>, <a href="http://www.flickr.com/photos/fixedgear/4774498787/">superfem</a></em>, <em><a href="http://www.flickr.com/photos/fixedgear/4774498787/">fixedgear</a><br />
</em></p>
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		<title>Avez-vous essayé? Où et comment parler des jeunes et des TIC?</title>
		<link>http://owni.fr/2011/01/19/avez-vous-essaye-ou-et-comment-parler-des-jeunes-et-des-tic/</link>
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		<pubDate>Wed, 19 Jan 2011 07:31:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bruno Devauchelle</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Vous êtes vous déjà demandé d'où venaient les sondages? Ce qu'ils reflétaient vraiment? Bruno Devauchelle nous explique pourquoi les chiffres sont à manipuler avec précaution.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Interroger 35000 jeunes en 39 jours (samedi et dimanches compris)  c’est en rencontrer environ 900 par jour. Mener cette enquête en « face à  face » suppose du temps. Une enquête en face à face, cela peut prendre  des formes diverses : d’une personne face à 1000 qui répondent à un  questionnaire écrit à l’entretien individuel, toutes les formes de face à  face peuvent exister. Or c’est sur <a href="http://www.itrpress.com/cp/2010/2010-12-17_Barometre-Calysto-Enfants–Internet-decembre-2010.pdf" target="_blank">cette base que Calysto</a> présente le déroulement de l’enquête publiée en 17 décembre 2010 et  relayée largement par les médias. Alors que dans le même temps le  ministère de la culture, par l’intermédiaire de Sylvie Octobre et  d’autres organisations, comme Fréquence école à Lyon, publient leurs  enquêtes en détaillant la méthode utilisée et en expliquant clairement  comment cela a été fait (accès aux questionnaires utilisés etc…),  Calysto et la Voix de l’enfance ne transmettent qu’une présentation  reprenant, de manière assez surprenante parfois les résultats de cette  fameuse enquête. Surprenante car la notion de proportion n’est pas  respectée et que des choix de présentation mettent en avant dans des  graphiques de manière identique des résultats différents (exemple de la  page 5 du document).</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-42884" title="sondage 2" src="http://owni.fr/files/2011/01/sondage-2.jpg" alt="" width="640" height="516" /></p>
<h2>Des sondages, pour quel résultat ?</h2>
<p>Sans entrer dans plus de détail et sans remettre a priori en cause la  qualité du travail mené, la question est ici de savoir ce que  signifient toutes ces enquêtes qui parlent des jeunes et des TIC (ou de  la culture). Ainsi, dans le travail publié par la documentation  française, Sylvie Octobre parle de la culture des jeunes, mais au volet  internet et ordinateur, <a href="http://www.ladocumentationfrancaise.fr/catalogue/9782110975430/index.shtml" target="_blank">les questionnaires</a> sont extrêmement pauvres et ne donnent aucune visibilité à diverses pratiques et le même  questionnaire ignore quasi totalement les usages du téléphone portable.  On peut comprendre le parti pris d’une définition de la pratique  culturelle qui mettrait de coté le téléphone portable (encore que), mais  on ne peut comprendre qu’aujourd’hui on ne prenne pas en compte la  pratique du web comme pratique culturelle (celle-ci se réduit à  l’utilisation de l’ordinateur dans les questionnaires utilisés). Mais au  moins, si l’on n’est pas satisfait peut-on accepter le document tel  qu’il est et n’en utiliser que ce pour quoi il est fait.</p>
<p>Malheureusement un certain nombre d’organisations ont tendance à  publier des chiffres sans donner accès aux méthodes (à défaut des  sources elles-mêmes) qui auraient permis de mesurer la fiabilité des  résultats. Ce n’est pas la première fois que cela se produit (cette  année sur le même sujet cela s’est déjà produit au printemps (cf. le  café pédagogique). Si l’on veut faire une éducation à l’information, il  faut aussi se pencher sur ces cas et les analyser. L’idée ici n’est pas  de remettre en cause les résultats a priori, mais de signaler que dans  le domaine des TIC les débats sont si vifs et si importants que l’on ne  peut plus admettre que soient mis en pâture au débat des résultats  d’enquête sans que l’on puisse accéder aux sources. Profitons ici de  l’occasion pour lancer un appel à tous ceux qui publient des enquêtes  pour permettre aux personnes intéressées d’accéder effectivement aux  sources, au moins aux protocoles d’enquête. L’absence de ces documents,  bien qu’arides, met à mal la crédibilité de toutes les enquêtes même les  plus explicites.</p>
<h2>Le travail sur les sources, une étape obligatoire.</h2>
<p>L’impression que donnent ces chiffres est d’abord celle d’une  tentative de manipulation. Si je veux faire passer une idée, alors il  suffit que je fasse une communication sans expliciter les sources.  Comment imaginer que l’on puisse interroger 35000 personnes en un mois  alors que la plupart des enquêtes bien financées ont bien du mal à  dépasser les 5000 et sur plusieurs mois. ? Loin de moi l’idée d’accuser  qui que ce soit a priori, mais en l’absence de preuves je ne peux que  m’inquiéter de la popularité donnée à de tels chiffres. D’ailleurs cela  interroge aussi la professionnalité des médias qui se sont empressés de  relayer ces chiffres sans faire le travail sur les sources.</p>
<p>Nous vivons une époque dans laquelle il convient d’être très prudent  sur les chiffres que l’on diffuse. La première précaution est toujours  que l’enquêteur critique sa propre méthode de travail et en montre les  limites. La seconde est que l’enquêteur accepte de soumettre ses sources  à d’autres personnes qui souhaiteraient les exploiter à leur tour ou  tout au moins les vérifier. La troisième est que l’enquêteur ait  toujours le soin de mettre son travail en perspective avec d’autres  travaux identiques ou proches afin de permettre au lecteur de se faire  une idée lui-même. En fait le risque de manipulation a été très bien  expliqué dans l’ouvrage de Normand Baillargeon « PETIT COURS  D’AUTO-DÉFENSE INTELLECTUELLE  » (Lux 2006) mais aussi dans de nombreux  cours de doctorat… Malheureusement, même dans le monde scientifique, il  semble que ces précautions soient souvent battues en brèche et que les  résultats obtenus méritent de sérieuses critiques.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-42889" title="Sondage 4" src="http://owni.fr/files/2011/01/Sondage-4.jpg" alt="" width="640" height="480" /></p>
<p>Ce qui est assez inquiétant c’est que les « médiateurs » de  l’information sont aussi peu regardant que cela. Qu’en est-il du monde  enseignant ? Est-il aussi au fait de ces questions, Malheureusement très  peu, trop peu. J’entends souvent des adultes déplorer les attitudes des  jeunes par rapport aux technologies en s’appuyant sur des enquêtes de  ce type. D’autres, même des chercheurs patentés, s’appuient sur une  trentaine d’entretiens approfondis pour tenir des discours globalisant  sur tel ou tel aspect des pratiques TIC des jeunes. Nous percevons de  plus en plus souvent que dès lors que des intérêts sont en jeu (ce n’est  pas nouveau, je sais !) les manipulations peuvent rapidement  intervenir. Notre devoir d’éducateur est justement de se doter des  outils nécessaires pour questionner ces documents. Il semble qu’en  l’occurrence il est nécessaire, dans le domaine des jeunes, de la  culture et des TIC, de rappeler qu’il est essentiel que les documents  proposés soient appuyés sur des éléments qui permettent réellement d’en  mesurer la fiabilité…. Il est nécessaire que le monde enseignant souvent  désarçonné face à Internet pratiqué par les jeunes ne cède pas aux  sirènes de l’imprécision afin de construire des réponses mieux adaptées  aux réalités du monde qui les entoure.</p>
<p>Juste avant de mettre la dernière main à ce billet (ce 13 janvier  2011), je me trouve conforté par la publication d’une nouvelle étude sur  les jeunes et les TIC (la cinquième ou la sixième publiée cette année.  <a href="http://www2.lse.ac.uk/media@lse/research/EUKidsOnline/Home.aspx" target="_blank">Publiée en anglais</a>, on peut trouver une<a href="http://www.lemonde.fr/mmpub/edt/doc/20110113/1465261_41de_kidsonline.pdf" target="_blank"> synthèse en français</a>). Cette enquête sur 25 pays et qui concerne 2510 internautes illustre  bien les questions méthodologiques posées ci-dessus et renforce la mise  en question de certaines enquêtes. On peut lire les éléments concrets de  la méthode d’enquête employée et comprendre la faisabilité. On trouve  aussi quelques précisions sur la notion d’enquête face à face. Dans  cette enquête le point qui retient notre attention concerne ce chiffre  étonnamment intéressant concernant les nuisances subies sur Internet. On  y découvre qu’ils sont beaucoup moins nombreux que dans d’autres  enquêtes. On peut rapidement constater que le biais de la question et de  l’interprétation des réponses mérite que l’on soit très vigilant sur  les chiffres restitués.</p>
<h2>Renforçons notre vigilance !</h2>
<p>On critique parfois la recherche scientifique pour sa « rugosité  intellectuelle ». Mais à lire des enquêtes menées par des sociétés  commerciales, on s’étonne grandement du différentiel méthodologique et  donc des résultats de ces enquêtes. En suivant depuis 1997 tous ces  travaux on se rend compte qu’il est nécessaire de renforcer notre  vigilance. Les revues de littératures, les mises en cause de travaux  publiés antérieurement sont des classiques de la recherche, reste  maintenant à interroger le prisme idéologique</p>
<p>A suivre de près et à débattre.</p>
<p>&#8212;</p>
<p>Credit FlickR : <a href="http://www.flickr.com/photos/jfgornet/" target="_blank">JFGornet</a> / <a href="http://www.flickr.com/photos/thebees/" target="_blank">The Bees</a></p>
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		<title>Facebook: parlez des autres, vous vous ferez des amis</title>
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		<pubDate>Wed, 29 Dec 2010 10:35:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Vincent Truffy</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans une étude récente portant sur plus d'un million de statuts, la "data team" de Facebook analyse les types de prise de parole sur ce nouvel espace public. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les statisticiens de Facebook <a href="http://www.facebook.com/notes/facebook-data-team/whats-on-your-mind/477517358858" target="_blank">ont décortiqué environ un million de «statuts» anglophones</a> pour comprendre comment fonctionne cet étrange rituel qui occupe chaque jour 12% de ses 500 millions d&#8217;utilisateur: expliquer à l&#8217;ensemble de ses «amis» ce que l&#8217;on est en train de faire («what are you doing right now?», l&#8217;invite initiale) ou ce que l&#8217;on a en tête («What&#8217;s on your mind?»).</p>
<p><a href="http://owni.fr/files/2010/12/facebk.jpg"><img class="size-full wp-image-40540 alignright" title="facebk" src="http://owni.fr/files/2010/12/facebk.jpg" alt="" width="287" height="718" /></a></p>
<p>Ils se sont également demandé s&#8217;il existait des relations de cause à effet entre la composition de ces messages et l&#8217;entregent affiché.</p>
<p>Les résultats montrent que les personnes les plus populaires:</p>
<p>1. s&#8217;adressent individuellement aux autres (ils emploient plus souvent «tu», éventuellement «nous» plutôt que «je»)<br />
2. publient des statuts plus longs<br />
3. parlent souvent de musique, de sexe et d&#8217;argent<br />
4. recourent moins souvent à l&#8217;émotion<br />
5. mentionnent moins souvent leur famille<br />
6. utilisent moins souvent le passé et le présent</p>
<p>On remarque donc que les messages qui émergent (ceux qui s&#8217;adressent au plus large public, plutôt qu&#8217;au plus vaste cercle d&#8217;amis) tendent à se conformer aux canons de la prise de parole classique dans l&#8217;espace public: des messages plus structurés, désinvestis et moins personnels, se projetant vers l&#8217;avenir (fût-il proche).</p>
<p>Facebook a aussi fait étudier les statuts qui appellent le commentaire et ceux qui entraînent la recommandation. On constate là un usage complémentaire des deux fonctions: les mots classés positifs provoquent plutôt des «likes» et les négatifs des commentaires. De même, les messages longs et rédigés (notamment l&#8217;utilisation de pronoms) appellent de nombreuses interactions quand les statuts plus personnels éteignent la discussion (typiquement: les messages à tonalité religieuse obtiennent des recommandations mais pas de commentaires et ceux qui relatent la qualité du sommeil font fuir les deux).</p>
<p><a href="http://owni.fr/files/2010/12/lik.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-40541" title="lik" src="http://owni.fr/files/2010/12/lik.jpg" alt="" width="546" height="720" /></a></p>
<p>Il faut toujours rappeler qu&#8217;il n&#8217;y a là que corrélations (des variables qui évoluent ensemble) et pas de causalité prouvée. On peut également souligner que les statistiques sur Facebook sont produites par Facebook et exploitées par les mêmes. Quel que soit le crédit que l&#8217;on puisse accorder à l&#8217;indépendance de la «data team», on note que les conclusions vont plutôt dans le sens de l&#8217;apaisement, des sentiments positifs, comportements que la société Facebook a intérêt à promouvoir.</p>
<p>&#8212;</p>
<p><a href="http://www.mediapart.fr/club/blog/vincent-truffy/271210/facebook-parlez-des-autres-vous-vous-ferez-des-amishttp://www.mediapart.fr/club/blog/vincent-truffy/271210/facebook-parlez-des-autres-vous-vous-ferez-des-amis" target="_blank">Article initialement publié sur Le bac à sable, un blog Mediapart</a></p>
<p>Illustration CC: <a href="http://owni.fr/files/2010/12/513881962_770f2c7c25_b.jpg">Kevin Saff</a></p>
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		<title>Le petit Kevin attend son moteur de recherche</title>
		<link>http://owni.fr/2010/06/08/le-petit-kevin-attend-son-moteur-de-recherche/</link>
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		<pubDate>Tue, 08 Jun 2010 09:14:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sabine Blanc</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les moteurs de recherche tendent à négliger cruellement les jeunes générations dans leur stratégie de développement. Sophie Mateo, étudiante en marketing revient sur ce manque d'alternatives et donne quelques pistes pour les améliorer.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Gros consommateurs d&#8217;Internet, <strong>les enfants sont fréquemment amenés à faire des recherches sur le web</strong>. Pour  le travail autant que pour leur plaisir, la recherche d&#8217;information est leur deuxième motivation. Pourtant, <strong>ils sont souvent démunis, faute d&#8217;outil adapté</strong>. Se basant sur <a href="http://hcil.cs.umd.edu/trs/2009-04/2009-04.pdf" target="_blank">un article</a> de l&#8217;Américaine Hilary Hutchinson paru en 2009 sur la façon dont les enfants font leurs recherches sur Internet avec les interfaces de mots-clés, Sophie Mateo, étudiante en MBA Marketing et Commerce sur Internet, est arrivée aux mêmes conclusions en se penchant sur les pratiques de petits Français.</p>
<p>Chercheuse à l&#8217;université de Maryland, Hilary Hutchinson avait mené son étude en partenariat avec Google, s&#8217;appuyant sur un panel de 12 enfants de 7 à 11 ans. Elle s&#8217;était focalisée sur Google.com. En bref, voici ce qui ressort de son étude, je reprends là la synthèse qu&#8217;en a fait Sophie Mateo dans son mémoire :</p>
<blockquote><p>- Les enfants pensent que &#8217;si quelque chose n’est pas sur Google, c’est nulle part&#8217;.</p>
<p>- Les enfants de moins de 8 ans sont frustrés face aux messages d’erreurs, qui les déroutent, les bloquent dans leur navigation.</p>
<p>- Les enfants utilisent plus le langage naturel que le langage par mots-clés : ils ont tendance à privilégier une requête d’ordre sémantique.</p>
<p>- Les enfants ne vont jamais en deuxième page de résultat et ne regardent généralement pas plus bas que les cinq premiers résultats.</p>
<p>- Les enfants rêvent d’une recherche et d’une navigation &#8216;magique&#8217;, qui leur permette par exemple d’obtenir un seul résultat (le meilleur), de retranscrire les requêtes vocalement.</p></blockquote>
<h2>Des enfants peu familiers des moteurs de recherche</h2>
<p>De plus, les enfants font face à des freins particuliers : l&#8217;orthographe, donc, mais aussi la frappe, la formulation des requêtes et le déchiffrement des résultats. Ils auront ainsi tendance à regarder le clavier lorsqu&#8217;ils tapent pour être sûr de leur frappe, rendant du coup la saisie semi-automatique inutile. <strong>Ils ont aussi du mal à trouver de nouveaux sites, alors qu&#8217;a contrario, ils ont une vision positive du web qu&#8217;ils considèrent comme un espace de liberté</strong> (et pas un nid à dangers, la vérité sort de la bouche des enfants). Une situation résumée par une comparaison par Yolanda, du haut de ses 11 ans plein de bon sens : &#8220;<strong><em>C&#8217;est comme faire du piano mais on savait pas en faire</em></strong>&#8220;.</p>
<p>Sophie Mateo, qui connait bien l&#8217;univers des moteurs de recherche puisqu&#8217;elle aussi salariée chez Google France, dans la partie publicitaire, a interrogé sept enfants de 8 à 11 ans. <strong>Quand on leur dit &#8220;recherche&#8221;, sans surprise, ils répondent Google comme leurs cousins d&#8217;outre-Atlantique</strong>. Le site est souvent la page d&#8217;accueil par défaut de l&#8217;ordinateur, un (non) choix des parents, sur la session desquels ils surfent aussi. Son enquête a montré les mêmes difficultés des enfants français pour se servir des moteurs de recherche et une utilisation restreinte : ils connaissent peu de sites.</p>
<h2>Les moteurs de recherche pour enfants sont inefficaces</h2>
<p><strong>Elle a aussi constaté le manque d&#8217;efficacité des moteurs de recherche pour enfants</strong>. Dans un sens ce n&#8217;est pas grave car  ils sont inutiles. Elle a testé sept moteurs de recherche, dont des outils français, sur la requête &#8220;elefan&#8221;, volontairement mal orthographié, tel qu&#8217;un enfant de 7 ans l&#8217;écrira. Résultat, un seul a fourni une bonne réponse, <a href="http://www.kidrex.org/" target="_self">Kidrex</a>. Le service, qui utilise Google propose alors &#8220;<em>Did you mean elephant ?</em>&#8221; Les autres, les américains <a href="http://kids.yahoo.com/" target="_self">Yahoo Kids</a> et <a href="http://www.askkids.com/" target="_self">Askkids</a>, et les Français <a href="http://www.babygo.fr/" target="_self">Babygo</a> (une <a href="http://www.babygo.fr/aide/?section=infos" target="_blank">initiative de Free</a>, qui indexe des contenus approuvés), <a href="http://www.takatrouver.net/" target="_self">Takatrouver</a> (même principe mais à l&#8217;origine, un instituteur et il propose aussi des activités, jeux, cuisine, et vise aussi les parents et les profs), <a href="http://www.furty.com/" target="_self">Furty </a>(centré sur les animaux) et <a href="http://www.kidadoweb.com/" target="_self">Kidadoweb</a> (un annuaire spécialisé), font choux blanc.</p>
<blockquote><p><strong>Ils proposent une interface graphique jolie mais sans valeur ajoutée</strong>, déplore Sophie Mateo.</p></blockquote>
<p>Et encore, jolie, du goûts et des pixels&#8230; Ils ne savent pas non plus répondre à une  requête de plus de cinq   mots-clés, souvent plus, écrite sous forme de phrase telle  qu’ils la   poseraient à l’oral. &#8220;Ils visent plutôt à faire du contrôle parental qu&#8217;à proposer aux enfants des  résultats pertinents&#8221;, résume-t-elle.</p>
<p>Autre difficulté, a-t-elle noté, les parents et les enseignants ne sont pas toujours à même de les aider. <strong>Déplorer, à juste titre, l&#8217;omniprésence de Wikipedia est une chose, apprendre à élargir le spectre de ses sources d&#8217;information une autre.</strong></p>
<h2>Quelles solutions pour un vrai apprentissage ?<strong><br />
</strong></h2>
<p><a href="http://owni.fr/files/2010/06/child-pc1.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-17941" title="child-pc" src="http://owni.fr/files/2010/06/child-pc1.jpg" alt="" width="660" height="440" /></a></p>
<p>Pour améliorer tout ça, les deux chercheuses ont avancé des pistes. De son constat, Hilary Hutchinson avait tiré les idées suivantes :</p>
<blockquote><p><strong>Améliorer la recherche  semi-automatique en plaçant la box texte  en bas de l’écran, pour attirer  leur regard pendant la frappe</strong> ;  proposer moins de résultats, moins  de liens, avec plus de vidéos et  d’images ; adapter le contenu des  réponses au niveau de lecture ;  proposer une recherche ou une  navigation vocale</p></blockquote>
<p>Sophie Mateo a complété ces solutions. On commence par un pan d&#8217;éducation numérique, destiné aussi bien aux adultes qu&#8217;aux enfants.</p>
<blockquote><p><strong>Ils doivent apprendre le ciblage des sujets, la  pertinence des mots-clés, le choix des sites.</strong> Les enfants devraient aussi apprendre la dactylographie en même temps  qu’ils apprennent à lire et à écrire puisque, de plus en plus, leur milieu  d’apprentissage se créé et se développe avec l’ordinateur.</p></blockquote>
<p>Côté moteurs de recherche pour enfants, on arrête de faire mumuse avec la palette graphique et on se concentre sur la partie technique pour proposer des  résultats adaptés aux enfants. L&#8217;idéal, tenir compte de l&#8217;orthographe des enfants tout en contribuant à  l’améliorer :</p>
<blockquote><p>Google pourrait proposer, après son : « Essayez avec cette orthographe » à l’enfant de récrire sa  requête correctement, <strong>de façon à ce que l’enfant prenne en compte l’importance  de l’orthographe pour avoir le résultat désiré</strong>.</p>
<p>Dans tous les cas, même si les moteurs de recherche ont encore un long  chemin devant eux pour s’améliorer, même si les moteurs de recherche nous  proposent parfois des réponses hors sujet à notre demande, le secret de la bonne réponse  se trouvera toujours dans la bonne requête&#8221;, conclut-elle.</p></blockquote>
<p><strong>Quand on demande pourquoi il n&#8217;existe pas de moteur de recherche bien fait pour les enfants, Sophie Mateo avance l&#8217;argument financier : cela demanderait ses sous, or les enfants ne sont pas intéressants pour les annonceurs. </strong>C&#8217;est un peu plus tard, quand ils approchent de l&#8217;adolescence, vers 12-13 ans et que l&#8217;argent de poche devient un peu plus conséquent. On se dit alors que ce serait bien si l&#8217;UE pourrait servir à développer ce genre d&#8217;outil, cela aurait du sens. Et puis on pense à <a href="http://www.lefigaro.fr/sciences-technologies/2010/01/12/01030-20100112ARTFIG00618-europeana-galileo-quaero-les-deboires-high-tech-de-l-ue-.php" target="_blank">Quaero</a>, qui devait faire concurrence à Google et on se dit que c&#8217;est mal barré.</p>
<p>&#8212;</p>
<p>&#8220;<em>Internet, c&#8217;est comme s&#8217;ouvrir au monde</em>&#8220;, &#8220;<em>Internet, c&#8217;est dès que tu allumes un ordinateur, tu cliques sur le &#8216;E&#8217; bleu et il va y avoir Internet qui apparait</em>&#8220;, &#8220;<em>Internet ça sert à chercher des choses</em>&#8220;, &#8220;<em>c&#8217;est tout le temps vrai Wikipédia</em>&#8220;  &#8220;<em>Internet ça sert à jouer à des jeux ou travailler</em>&#8221; &#8220;<em>des fois ça déconne alors faut éteindre et après rallumer</em>&#8220;, &#8220;<em>YouTube, c&#8217;est un site où on peut rechercher toutes les musiques qu&#8217;on veut</em>&#8220;&#8230; : drôle, rafraîchissant, parfois un peu flippant &#8211; l&#8217;éducation au numérique, toujours&#8230; &#8211; , voici le digest vidéo des entretiens avec les enfants.</p>
<p>À la fin, les petits internautes suggèrent leur moteur de recherche idéal pour enfants : &#8220;<em>un casque accroché à un mini-écran équipé d&#8217;un micro où on dit sans taper</em>&#8220;, &#8220;<em>parce que quand on a six ou huit ans, on fait beaucoup de fautes d&#8217;orthographe et des fois on comprend pas ce qu&#8217;on dit</em>&#8220;. Les ingénieurs de Google écouteront-ils cette demande ?</p>
<p><a href="http://owni.fr/2010/06/08/le-petit-kevin-attend-son-moteur-de-recherche/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
<p>Et pour ceux qui veulent lire dans le détail l&#8217;étude :</p>
<object width="680" height="557"><param name="movie" value="http://static.slideshare.net/swf/ssplayerd.swf?doc=lagnrationnumriqueenfrance-usagesdinternetetcomportementsfaceauxmoteursderecherche-sophiemateo-100423081745-phpapp01"/><param name="allowFullScreen" value="true"/><param name="allowScriptAccess" value="always"/><embed src="http://static.slideshare.net/swf/ssplayerd.swf?doc=lagnrationnumriqueenfrance-usagesdinternetetcomportementsfaceauxmoteursderecherche-sophiemateo-100423081745-phpapp01"  type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="680" height="557"></embed></object><!-- ysttest:Array
(
    [id] => 3829984&amp;doc=lagnrationnumriqueenfrance-usagesdinternetetcomportementsfaceauxmoteursderecherche-sophiemateo-100423081745-phpapp01&amp;type=d
)
-->
<p>&#8212;</p>
<p>Sur le même sujet :</p>
<p>Cette <a href="http://www.frequence-ecoles.org/frequence-ecoles-publie-aujourd-hui-les-resultats-de-l-etude-sociologique-sur-les-jeunes-et-internet.html" target="_blank">étude récente</a> menée par <a href="http://www.frequence-ecoles.org/" target="_blank">Fréquence écoles</a>,  association d’éducation des jeunes aux médias, “Comprendre le  comportement des enfants et adolescents sur Internet pour les protéger  des dangers”. Elle analyse dans le détail l&#8217;utilisation d&#8217;Internet par les jeunes dans la région Rhône-Alpes. (télécharger <a href="../2010/04/24/files/2010/04/rapport_complet.pdf">le  rapport  complet</a>).</p>
<p><a href="http://owni.fr/2010/03/01/l’education-numerique-c’est-pour-bientot/" target="_blank">L&#8217;éducation numérique, c&#8217;est pour bientôt ? </a></p>
<p>Par ailleurs, OWNI mène un travail collaboratif pour élaborer une plaquette de prévention sur Internet, en lien avec les missions prévention et communication de Paris. <a href="http://pedagogeek.owni.fr/" target="_blank">Un blog</a> et <a href="http://wiki.owni.fr/index.php/Pedagogeek" target="_blank">un wiki</a> sont à votre disposition.</p>
<p>Crédit Photo CC Flickr : <a href="http://www.flickr.com/photos/iboy/4333362932/sizes/o/" target="_self">iboy</a>, <a href="http://www.flickr.com/photos/sneddon/" target="_self">Sneddon</a>.</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Louez un botnet pour 9 dollars l’heure</title>
		<link>http://owni.fr/2010/05/28/louez-un-botnet-pour-9-dollars-l%e2%80%99heure/</link>
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		<pubDate>Fri, 28 May 2010 12:04:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Korben</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cross-post]]></category>
		<category><![CDATA[Geeks]]></category>
		<category><![CDATA[Process éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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		<category><![CDATA[spam]]></category>
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		<description><![CDATA[Une étude s'est penchée sur le crapuleux marché souterrain des botnets, ces ensembles de milliers d'ordinateurs qui peuvent entre autres servir à envoyer du spam. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_16835" class="wp-caption aligncenter" style="width: 669px"><a href="http://owni.fr/files/2010/05/spam.jpg"><img class="size-full wp-image-16835" title="spam" src="http://owni.fr/files/2010/05/spam.jpg" alt="" width="659" height="438" /></a><p class="wp-caption-text">Le botnet, un produit accessible. </p></div>
<p style="text-align: center"><a href="http://owni.fr/files/2010/05/botnet1.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-16803" title="botnet1" src="http://owni.fr/files/2010/05/botnet1.png" alt="" width="660" height="203" /></a>Une étude menée par <a href="http://labs.idefense.com/" target="_blank">Verisign</a> (iDefense Intelligence Operations Team) a  permis d’estimer le coût moyen de location d’un <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Botnet" target="_blank">botnet</a>. Pour  résumer, un botnet est un essaim de milliers d’ordinateurs sous le  contrôle d’une seule crapule, qui permet d’envoyer du spam ou encore  d’attaquer  des sites en les surchargeant (via Ddos).</p>
<p><a href="http://owni.fr/files/2010/05/botnet2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-16804" title="botnet2" src="http://owni.fr/files/2010/05/botnet2.jpg" alt="" width="660" height="399" /></a></p>
<p>Et ce « petit service » coûte en moyenne 9 dollars l’heure ou 67 dollars les 24 heures.  L’étude a porté sur 25 botnets donc les chiffres sont à prendre avec  des pincettes car cela dépend surtout du nombre d’ordinateurs présents  dans le botnet. Il est possible de tout louer ou juste une partie et les  prix se pratiquent très souvent à la tête du client.</p>
<p>Pas cher quand même, non ? Évidemment, les propriétaires de botnet, en  plus de se faire de la thune avec ça, s’amusent à extorquer de l’argent  à ceux qu’ils ciblent en échange de l’arrêt des hostilités, et leur  proposent même parfois 30% de réduction si l’attaqué veut se venger.</p>
<p><a href="http://owni.fr/files/2010/05/botnet3.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-16805" title="botnet3" src="http://owni.fr/files/2010/05/botnet3.jpg" alt="" width="650" height="373" /></a></p>
<p>Voici un exemple d’extorsion :</p>
<blockquote><p>“Hello. If you want to continue having your site  operational, you must pay us 10 000 rubles monthly. Attention! Starting  as of DATE your site will be a subject to a DDoS attack. Your site will  remain unavailable until you pay us. The first attack will involve 2,000  bots. If you contact the companies involved in the protection of  DDoS-attacks and they begin to block our bots, we will increase the  number of bots to 50 000, and the protection of 50 000 bots is very,  very expensive.</p>
<p>You will also receive several bonuses.<br />
1. 30% discount if you request DDoS attack on your competitors/enemies.  Fair market value ddos attacks a simple site is about $ 100 per night,  for you it will cost only 70 $ per day.<br />
2. If we turn to your competitors / enemies, to make an attack on your  site, then we deny them.”</p></blockquote>
<p>Il existe de vrais marchés souterrains que je vous décommande  d’aller fréquenter. Les mafieux ont quand même leurs  petites règles comme par exemple le refus systématique d’attaques contre  les sites gouvernementaux ou encore de sites qui pourraient attirer  l’attention sur eux.</p>
<p><a href="http://owni.fr/files/2010/05/botnet4.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-16808" title="botnet4" src="http://owni.fr/files/2010/05/botnet4.jpg" alt="" width="659" height="494" /></a></p>
<p>D’ailleurs, si ça vous intéresse (et que vous speakez l’english), la BBC  a réalisé un petit reportage à ce sujet l’année dernière :</p>
<p><a href="http://owni.fr/2010/05/28/louez-un-botnet-pour-9-dollars-l%e2%80%99heure/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
<p>On vit vraiment dans un monde de dingue <img title="Location dun botnet   Combien ça  coute ?" src="http://www.korben.info/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif" alt=":-)" /></p>
<p>[<a href="http://www.zdnet.com/blog/security/study-finds-the-average-price-for-renting-a-botnet/6528" target="_blank">Source</a> et <a href="http://www.flickr.com/photos/98706376@N00/4389426327/sizes/o/" target="_blank">photo</a>]</p>
<p>&#8212;</p>
<p>Billet initialement publié chez Korben sous le titre <a href="http://www.korben.info/location-dun-botnet-combien-ca-coute.html" target="_blank">&#8220;Location d&#8217;un botnet &#8211; combien ça coûte ?&#8221;</a> ; photo CC Flickr <a title="Link to  freezelight's photostream" rel="dc:creator cc:attributionURL" href="http://www.flickr.com/photos/63056612@N00/">freezelight</a></p>
<p>À lire aussi : <a href="http://owni.fr/2010/05/14/enquete-70-centimes-les-1000-captchas/" target="_blank">Enquête : 70 centimes les 1000 captchas</a></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Internet et les jeunes: désolé, ça se passe plutôt bien</title>
		<link>http://owni.fr/2010/04/24/internet-et-les-jeunes-desole-ca-se-passe-plutot-bien/</link>
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		<pubDate>Sat, 24 Apr 2010 16:47:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sabine Blanc</dc:creator>
				<category><![CDATA[Education]]></category>
		<category><![CDATA[Français]]></category>
		<category><![CDATA[Inédit]]></category>
		<category><![CDATA[Langues]]></category>
		<category><![CDATA[Process éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[bug]]></category>
		<category><![CDATA[dangers du web]]></category>
		<category><![CDATA[étude]]></category>
		<category><![CDATA[Fréquence école]]></category>
		<category><![CDATA[pédopornograhie]]></category>
		<category><![CDATA[prévention]]></category>
		<category><![CDATA[virus]]></category>

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		<description><![CDATA[Retour sur une étude réalisée par Fréquence écoles, récemment publiée. Elle souligne l'inadéquation entre la prévention et la réalité des risques.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Bonne nouvelle pour vos enfants : Internet est moins dangereux que la vie puisque seulement 82,5% des jeunes y ont fait une expérience &#8220;malheureuse&#8221;, contre 100% dans la vie réelle, de la souffrance à la naissance lorsque l&#8217;air pénètre les poumons en passant par les griffes aux genoux et autres garçons expurgeant leur trop-plein d&#8217;hormones d&#8217;une main aux fesses. C&#8217;est la conclusion d&#8217;une <a href="http://www.frequence-ecoles.org/frequence-ecoles-publie-aujourd-hui-les-resultats-de-l-etude-sociologique-sur-les-jeunes-et-internet.html" target="_blank">étude récente</a> menée par <a href="http://www.frequence-ecoles.org/" target="_blank">Fréquence écoles</a>, association d&#8217;éducation des jeunes aux médias, intitulée &#8220;Comprendre le comportement des enfants et adolescents sur Internet pour les protéger des dangers.&#8221;<br />
Plus sérieusement -quoique…-, l&#8217;enquête en question, offre une vision dédramatisante sur le sujet, soulignant l&#8217;inadéquation entre la prévention et la réalité des risques.</p>
<p>Il faut dire que les auteurs, Barbara Fontar et Elodie Kredens, sont parties sans a priori quant à la définition du terme danger et sur la hiérarchie, une méthodologie appréciable en ces temps de lutte anti-Hadopi et de <a href="http://www.jmp.net/2010/04/infiltres-ce-que-je-nai-pas-pu-dire/" target="_blank">reportages racoleurs</a>.</p>
<p><em>&#8220;Il est difficile d&#8217;appréhender [la notion de danger] sans être tenté de lui appliquer des principes normatifs. Si le danger est une situation dans laquelle un individu est menacé sur le plan physique, psychologique ou social, sa définition, sa perception et son expérimentation restent pour partie subjectives.&#8221;</em></p>
<p><em>&#8220;Afin de minimiser les biais et pour ne pas influencer les jeunes dans leurs réponses nous avons pris soin de ne jamais suggérer les dangers potentiels d’Internet. En entretien, nous avons fait en sorte que les jeunes initient eux mêmes la thématique des risques ou bien nous avons l’avons abordée sans pour autant orienter leurs visions des dangers. Cette précaution s’est traduite dans la phase qualitative par le choix d’une question ouverte.&#8221;</em></p>
<p>Au terme de leur enquête, il ressort que les jeunes n&#8217;ont globalement pas un comportement à risques sur le web. Loin de l&#8217;image de l&#8217;ado naïf errant sans but, facile proie du premier cyber-pervers venu, ils ont ainsi un usage extrêmement bordé du Net :</p>
<p><em>Chez les jeunes, les « aventuriers de la toile » sont plutôt rares comparés aux « voyageurs organisés ». Une majorité a d’ailleurs balisé ses sentiers en utilisant des moteurs de recherche, en allant toujours sur les mêmes sites et en créant des « favoris ». Certains ont même des rituels de navigation et surfent selon un ordre déterminé.</em></p>
<p>En outre, Internet est avant tout pour eux un outil de loisir et de socialisation avec leurs pairs. 9 sur 10 regardent des vidéos (films, clips) et écoutent de la musique, 8 sur 10 s&#8217;en servent pour jouer. Sur le podium de leur sites favoris, on retrouve Facebook, Youtube et MSN. Enfin, 3 sur 4 utilisent Internet pour discuter et rester en lien avec leur cercle de connaissances :</p>
<p><em>La grande majorité des jeunes n’utilise pas Internet pour élargir son réseau relationnel. On constate que la plupart des inconnus rencontrés sur le Net le restent. Si 1/3 du panel a déjà noué des relations amicales avec des gens sur Internet, lorsque les jeunes entament des relations, elles sont éphémères et peu approfondies. Si quelques cas d’amitiés nous sont rapportés lors des entretiens, ils débouchent très exceptionnellement sur des appels téléphoniques ou sur une rencontre. Ce sont donc plus de deux jeunes sur trois qui s’abstiennent de nouer des contacts avec des personnes inconnues.</em></p>
<p>En clair, ils chattent chez eux avec leurs potes de la cour ou ils écoutent de la musique (voire les deux en même temps, petits malins).</p>
<p>Si inconnu il y a, il faut le relativiser :</p>
<p><em>Derrière chaque inconnu sur Internet ne se cache pas  un/une pervers(e). L’inconnu est aussi celui qui répond à des questions  sur un forum, qui laisse des commentaires sur un blog, qui devient un  partenaire de jeu le temps d’une partie et qui s’en retourne sans que  des liens se soient créés pour autant.</em></p>
<p>Ils font également montre de prudence :</p>
<blockquote><p>S’ils ont été contactés par des gens qu’ils ne connaissent pas, la majorité des jeunes, quel que soit leur âge, n’accepte pas de discuter avec eux. Ils refusent ainsi d’ajouter des contacts inconnus sur MSN ou Facebook, ils déclinent des invitations sur les jeux en ligne pour devenir partenaire temporaire ou membre d’une guilde et n’ouvrent pas les mails d’incon- nus. Rappelons qu’un tiers des jeunes a noué des relations amicales avec des gens sur Internet. En outre, c’est moins d’un jeune sur trois qui discute en ligne avec des inconnus.</p></blockquote>
<p>De même, les forums ne les intéressent pas puisque seulement 8% y naviguent souvent et plus de la moitié (54,8%) n&#8217;y met jamais la souris.</p>
<p>Sur le décalage entre les représentations des jeunes comme des parents et le réel expérimenté, les chiffres sont éloquents. Le danger n&#8217;est pas du tout là où ils pensent :</p>
<blockquote><p>Ainsi, alors que 44,9% d’entre eux considèrent la mauvaise rencontre comme le danger n°1, ce sont 7,7% d’entre eux qui se sont vus fixer un rendez-vous par un inconnu. Une question se pose sur la sensibilisation aux risques : sans remettre en cause le potentiel de gravité de tels faits, l’abondance des informations sur les mauvaises rencontres ne conduit- elle pas à rendre moins visibles d’autres expériences fâcheuses plus fréquemment rencontrées par les jeunes ?</p></blockquote>
<p>La pédopornographie, cet épouvantail si commode, affiche un misérable 1,4%, <a href="http://owni.fr/2010/03/29/non-elles-n%E2%80%99ont-pas-rencontre-leurs-agresseurs-sexuels-sur-internet/" target="_blank">un chiffre logique</a>. Et en tête, on retrouve&#8230; le virus et/ou piratage, avec 36, 4%, talonnée par la pornographie (un chiffre à relativiser toutefois car les jeunes seraient moins enclins à confier avoir vu du porn.)</p>
<p>Certes, il est déplaisant de voir un méchant virus flinguer votre ordi, voir surgir une image de fellation peut aisément choquer, mais c&#8217;est bien moins traumatisant et dangereux que de se retrouver avec un vilain monsieur de vingt ans votre aîné dans une chambre glauque d&#8217;hôtel. En revanche, c&#8217;est moins vendeur médiatiquement.</p>
<p>Si les reportages racoleurs ont peut-être eu un effet positif, notent les auteurs, c&#8217;est d&#8217;inciter à plus de prudence. À défaut d&#8217;honorer la profession de journaliste par leur déontologie.</p>
<p>Si la plupart des jeunes ont fourni des données personnelles, c&#8217;est parce qu&#8217;il est difficile dans l&#8217;état actuel du web de faire autrement, contextualisent les auteurs. Et encore, certains font preuve de prudence, parmi les plus âgés, en en donnant de fausses. Guillaume (16 ans) explique ainsi : « et puis quand t’as un formulaire à remplir sur Internet je mets jamais mon nom. Je mets &#8221; Durand&#8221;, &#8220;Dupond&#8221;. L’adresse, je mets une connerie. » Au demeurant, ce type d&#8217;attitude n&#8217;a <a href="http://www.concurringopinions.com/archives/2010/04/do-young-people-care-about-privacy.html" target="_blank">rien d&#8217;étonnant</a>.</p>
<p>Donc Dieu merci, la situation n&#8217;est pas catastrophique, loin de là. Loin de nous l&#8217;idée de nier l&#8217;existence de  risques, simplement, ils appellent prévention sans diabolisation. La demande est bien réelle, de la part des jeunes mais aussi bien sûr des parents qui ont une image réductrice du grand méchant Net, &#8220;prenant les symptômes pour des causes&#8221;. Plus de quatre jeunes sur cinq pensent que la prévention est  importante. Leurs inquiétudes vont à la mauvaise rencontre (44,9%), puis aux virus, spams&#8230; (33,6%) et enfin aux contenus violents ou choquants (14,8%)</p>
<p>En conclusion, les auteurs de l&#8217;étude appellent à reformuler la prévention aux dangers de l&#8217;Internet en partant de ce portrait plus réaliste du comportement de nos enfants. Malheureusement, l&#8217;étude laisse sur sa faim concernant la suite à donner, égrenant juste quelques pistes à la fin. On va essayer d&#8217;y remédier ;-)</p>
<p>Télécharger <a href="../files/2010/04/rapport_complet.pdf">le rapport  complet</a></p>
<p><a href="http://owni.fr/2010/04/24/internet-et-les-jeunes-desole-ca-se-passe-plutot-bien/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
<p>&#8212;</p>
<p>Photo CC Flickr <a href="http://www.flickr.com/photos/aldoaldoz/">aldoaldoz</a></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Web de flux : j&#8217;arrose donc j&#8217;attire</title>
		<link>http://owni.fr/2010/04/21/web-de-flux-jarrose-donc-jattire/</link>
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		<pubDate>Wed, 21 Apr 2010 17:00:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Martin Lessard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cross-post]]></category>
		<category><![CDATA[Cultures numériques]]></category>
		<category><![CDATA[Français]]></category>
		<category><![CDATA[Langues]]></category>
		<category><![CDATA[Process éditorial]]></category>
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		<category><![CDATA[ownipolitics]]></category>

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		<description><![CDATA[La popularité d'un blog est-elle uniquement liée à l'abondance de ses écrits ? La chercheuse Susan Jamison-Powell (Sheffield Hallam University) trouve que le facteur déterminant est le nombre total de mots écrits par la personne durant la semaine. Pas la qualité de ses écrits.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3>Billet initialement publié sur <a href="http://zeroseconde.blogspot.com/2010/04/vivre-dans-des-flux.html" target="_blank">Zéro  seconde</a> sous le titre &#8220;Vivre dans des flux&#8221;</h3>
<div id="attachment_12830" class="wp-caption aligncenter" style="width: 600px"><a href="http://owni.fr/files/2010/04/2758798183_dc78148d03_o.jpg"><img class="size-full wp-image-12830" title="2758798183_dc78148d03_o" src="http://owni.fr/files/2010/04/2758798183_dc78148d03_o.jpg" alt="Photo CC Flickr skittzitilby" width="590" height="442" /></a><p class="wp-caption-text">Photo CC Flickr skittzitilby</p></div>
<p><span style="color: #333333"><strong>La popularité d&#8217;un blog est-elle uniquement liée à l&#8217;abondance  de ses écrits ?  La chercheuse Susan Jamison-Powell (Sheffield Hallam  University)  trouve que le facteur déterminant est le nombre total de  mots écrits par la personne durant la semaine. Pas la qualité de ses  écrits. </strong>(via <a href="http://www.atelier.fr/blogues--sites/10/19042010/blog-popularite-referencement-e-reputation-quantite-qualite-contenu-articles-postes-39650-.html">L&#8217;Atelier</a>).</span></p>
<p>En observant soixante-quinze blogueurs (anglophones) sur livejournal.com,  elle a trouvé que plus on écrit, plus on a de lecteurs (<a href="http://www.shu.ac.uk/_assets/pdf/news_online-popularity2.pdf">étude  en résumé, anglais, PDF</a>).</p>
<p>La quantité et la régularité sont  deux facteurs importants pour s&#8217;attirer une « popularité » (<em><a href="http://webzine.blog.tdg.ch/archive/2010/04/20/9453b9a835c1e83476710841bebf57f1.html">La Tribune  de Genève</a></em> avance même que la régularité compte moins que la  longueur).</p>
<p><strong>Clay Shirky</strong> dans « Les Lois du  pouvoir, les blogs et l&#8217;inégalité<em> </em>» (« <a href="http://shirky.com/writings/powerlaw_weblog.html">Power Laws,  Weblogs, and Inequality</a>») avait déjà constaté en 2003 que « <em>les  blogs les plus populaires sont ceux mis à jour quotidiennement et  surtout que la popularité d&#8217;un blog ne se décide pas, mais résulte  &#8220;d&#8217;une sorte d&#8217;approbation distribuée émanant des autres blogues</em>. »  (lien via <strong>Emily Turrettin</strong>,  <a href="http://www.lesquotidiennes.com/blogs-cest-la-quantit%C3%A9-et-non-la-qualit%C3%A9-qui-compte">Les  Quotidiennes</a>).</p>
<p>L&#8217;étude n&#8217;est peut-être pas si surprenante en  fin de compte : écrire est le seul vecteur d&#8217;influence (le non-verbal est  absent), il y a donc une surpondération pour un usage accru de l&#8217;écrit.</p>
<p>Ce  qu&#8217;il y a de nouveau, c&#8217;est le développement de tout cet écosystème  autour de la surabondance de l&#8217;écrit.</p>
<p><strong>Nous entrons dans  un monde de flux</strong></p>
<p>On assiste à la fois à une  comptabilisation de la « popularité » (on mesure de l&#8217;audience et non la  notoriété de l&#8217;émetteur) et à une redéfinition du contenu de qualité  sous une forme de «<strong> flux quantitatif</strong> »</p>
<p>«<em> Les  flux font se succéder rapidement des séquences d’information sur un  thème. Il peut s’agir de microblogs, de hashtags, de flux d’alimentation  RSS, de services multimédias ou de flux de données gérés via des APIs</em>. »  disait <strong><a href="http://www.novaspivack.com/">Nova Spivack</a></strong> (source <a href="http://www.archicampus.net/wordpress/?p=371">Archicampus.net</a>)</p>
<p>«<em> </em><em>Cette  métaphore est puissante. L’idée suggère que vous viviez dans le courant  : y ajoutant des choses, les consommant, les réorientant </em>», disait danah boyd (source &#8220;<a href="http://www.danah.org/papers/talks/Web2Expo.html">Streams of content, limited attention : the flow of information through social media</a>&#8220;, cité et traduit par <a href="http://www.internetactu.net/2010/01/06/danah-boyd-ce-quimplique-de-vivre-dans-un-monde-de-flux/">Hubert  Guillaud, InternetActu</a>).</p>
<p>On a maintenant la possibilité de  créer, mixer, remixer, relier, hyperlier et diffuser tous les contenus y  compris les siens, mélangeant autorités et autoproduction. La chaîne de  distribution de l&#8217;information traditionnelle déraille et de nouveaux  acteurs émergent grâce à de nouvelles règles.</p>
<p>Dans ce contexte,  les plus gros « arroseurs » reçoivent une plus grande attention. C&#8217;est un  jeu de visibilité qui ressemble à un jeu à somme nul. Si je suis plus  vu, tu l&#8217;es moins. L&#8217;attention se dirige vers ceux qui ont le clavier  agile et prolifique.</p>
<p>«<em> En offrant la même audience à chacun,  on distribue le pouvoir d’attention à tous </em>» écrivait <a href="http://www.internetactu.net/2010/01/06/danah-boyd-ce-quimplique-de-vivre-dans-un-monde-de-flux/">Hubert  Guillaud</a>. Mais la redistribution de l&#8217;attention vers les « plus  populaires » devient une pression quotidienne qui est un véritable ticket  modérateur pour les blogueurs. Entre qui veut, mais reste qui peut.</p>
<p><strong>Ratio  « placoteux »/« élite »</strong></p>
<p>« <em>Il ne faut pas non plus  noyer les lecteurs</em>», ajoute <a href="http://www.viadeo.com/fr/profile/christophe.thil">Christophe Thil</a>,  interviewé dans l&#8217;article de <a href="http://www.atelier.fr/blogues--sites/10/19042010/blog-popularite-referencement-e-reputation-quantite-qualite-contenu-articles-postes-39650-.html">L&#8217;Atelier</a>,«<em> il est essentiel de veiller à la pertinence des articles que l&#8217;on  publie.</em> [...] <em>on évite le bruit</em> [...], <em>un blogueur qui  vous submerge d&#8217;informations risque fort de perdre en audience </em>».</p>
<p>Vrai.  Mais je crois que l&#8217;on fait fausse route en conservant une pensée de  « destination » et non de flux. Les journaux et les émissions de  télévision se pensent encore comme des destinations. Or, <strong>dans  une économie de flux, il n&#8217;y a pas de « destination »</strong>. Ou plutôt  c&#8217;est un concept fluctuant. Les liens renvoient toujours ailleurs.</p>
<p>Nous  assistons à une « décentralisation tous azimuts » où le pouvoir est  transféré en « périphérie » &#8212;  où on assiste à la montée en puissance des  noeuds d&#8217;un réseau condamné à « écrire » pour exister. On pourrait aussi  dir e: c&#8217;est plutôt un rééquilibrage des ex-sans-voix.</p>
<p>L&#8217;élite  d&#8217;ailleurs ne s&#8217;y trompe pas et traite de «<a href="http://carnets.opossum.ca/mario/archives/2010/04/communaute_de_placoteux_lise_bissonnette.html"> communauté  de placoteux</a> »* ces hordes de sans-culottes qui dévaluent la parole  en inondant le marché de mots au rabais. C&#8217;est une des conséquences  navrantes de l&#8217;alphabétisation des masses : l&#8217;écrit s&#8217;est démocratisé  pourrait-on les entendre dire.</p>
<p><strong>Savoir profane</strong></p>
<p>La  recherche, l&#8217;acquisition, la transformation et la diffusion du savoir  passaient autrefois par le transport et hier les médias de masse. Le  flux est aujourd&#8217;hui en mesure de modifier la nature même du savoir, sa  consommation et sa production.</p>
<p>Oui, on suit ceux qui écrivent  beaucoup, car leurs flux de billets créent un continuum qui ressemble le  plus au flux de la vie, où les récits gagnent en instantanéité tout en  évitant cette élite qui s&#8217;interposait jadis entre nous et ce qu&#8217;elle  décrivait.</p>
<p>Oui, on écrit beaucoup, mais on peut s&#8217;inscrire dans  les flux, converser et réalimenter à notre tour ce flux pour d&#8217;autres.</p>
<p><a href="http://74.125.93.132/search?q=cache:rcGiLanUqMsJ:www.internetactu.net/2010/01/06/danah-boyd-ce-quimplique-de-vivre-dans-un-monde-de-flux/+%E2%80%9CConsommer+pour+comprendre,+produire+pour+%C3%AAtre+pertinent.%E2%80%9D+internetactu.net&amp;cd=1&amp;hl=fr&amp;ct=clnk&amp;gl=ca">Consommer  pour comprendre, produire pour être pertinent</a> comme le disait si  brillamment danah boyd.</p>
<p>(929 mots &#8211; ça me classe où cette  semaine ? ;-)<br />
&#8211;<br />
*Pour les <a href="http://www.michelleblanc.com/2010/04/10/nathalie-petrowski-nathalie-petrowski-nathalie-petrowski/">Nathalie  Petrowsky</a> qui pensent que <a href="http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/nathalie-petrowski/201004/10/01-4269147-gazouillis-de-placoteux.php">les  blogueurs dorment au gaz</a> (parce qu&#8217;ils n&#8217;ont pas fait des « ripostes  cinglantes » à <a href="http://www.ledevoir.com/societe/medias/286489/huitieme-journee-du-livre-politique-lise-bissonnette-pourfend-gazouillis-et-placotages">Madame  Bissonnette</a>), j&#8217;ai beaucoup écrit sur le sujet en 2005 et 2006. Rien  de cinglant. Juste du sensé. Mais c&#8217;est derrière nous, maintenant.</p>
<p><a href="http://zeroseconde.blogspot.com/2005/12/la-blogosphre-et-les-mdias.html">La  blogosphère et les médias</a><br />
<a href="http://zeroseconde.blogspot.com/2005/12/internet-est-un-amplificateur-de.html">Internet  est un amplificateur de phénomène</a><br />
<a href="http://zeroseconde.blogspot.com/2006/07/il-faut-le-downloader-pour-le-croire.html">Il  faut le downloader pour le croire</a><br />
<a href="http://zeroseconde.blogspot.com/2006/05/bloggeurs-journalistes-mme-combat.html">Blogueurs,  journalistes, même combat</a><br />
<a href="http://zeroseconde.blogspot.com/2005/03/dformation-blogo-professionnelle.html">Déformation  pouvoir-professionnelle</a><br />
<a href="http://zeroseconde.blogspot.com/2005/02/dveloppement-du-savoir-profane.html">Développement  du savoir profane</a><br />
<a href="http://zeroseconde.blogspot.com/2005/01/la-socit-des-chroniqueurs.html">La  société des chroniqueurs</a><br />
<a href="http://zeroseconde.blogspot.com/2005/04/10-facteurs-de-crdibilit-pour-votre.html">10  facteurs de crédibilité pour votre site web</a><br />
<a href="http://zeroseconde.blogspot.com/2005/08/le-problme-du-filtrage-de-linformation.html">Le  problème du filtrage de l&#8217;information sur Internet</a><br />
<a href="http://zeroseconde.blogspot.com/2005/10/qui-croire-quand-informations-et.html">Qui  croire quand informations et connaissances circulent librement ?</a></p>
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		<title>Sites de presse magazine: la vitesse contre la qualité</title>
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		<pubDate>Mon, 12 Apr 2010 17:44:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Mentré</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Retour sur une enquête inédite de la Columbia Journalism Review analysant l'organisation des rédactions magazine à l'heure du web. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_12106" class="wp-caption aligncenter" style="width: 510px"><a href="http://owni.fr/files/2010/04/3476488728_741519618e.jpg"><img class="size-full wp-image-12106" title="3476488728_741519618e" src="http://owni.fr/files/2010/04/3476488728_741519618e.jpg" alt="" width="500" height="375" /></a><p class="wp-caption-text">Photo CC Flickr Felipe_Barreto</p></div>
<p><strong>Aujourd’hui, la plupart des groupes de presse en France sont  engagés dans une réflexion —et engagent de profondes réformes— sur  l’organisation de leurs rédactions. Celles-ci doivent-elles être  « bimédia », la rédaction « papier » doit-elle alimenter le site web et  dans ce cas dans quelles conditions ? Qui doit avoir le </strong><em><strong>final  cut </strong></em><strong>? Est-ce la rédaction en chef du papier, celle  du web, ou encore une rédaction en chef arbitre ? Quelle place doit  avoir le secrétariat de rédaction ? Etc. Autant de questions étudiées  dans une enquête inédite réalisée par la </strong><em><strong>Columbia  Journalism Review, </strong><strong>et  publiée en mars 2010.</strong></em></p>
<p><em> </em>Menée par sondage (auquel répondirent 665 journalistes ou  responsables de rédaction), cette étude ne concerne pas les quotidiens,  mais exclusivement, comme son titre l’indique, les <em>« Magazines and  Their Web Sites »</em> américains [<em>l'enquête<a href="http://cjrarchive.org/img/posts/CJR_Mag_Web_Report.pdf" target="_blank"> ici </a>- Pdf - payant: 25 $</em>].</p>
<p><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/04/Capture-d%E2%80%99%C3%A9cran-2010-04-11-%C3%A0-22.04.26.png"><img class="alignleft" title="Couverture de l'enquête Magazines and Their Web SItes" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/04/Capture-d%E2%80%99%C3%A9cran-2010-04-11-%C3%A0-22.04.26-227x300.png" alt="" width="227" height="300" /></a>L’un des principaux enseignements  de l’enquête est la profondeur du « gouffre », selon le mot de l’une des  personnes interviewées, qui existe encore entre les journalistes  « papier » et ceux du web. « Tous les jours, on répète à chaque employé ‘<em>soyez  au service de vos fans, soyez au service de vos fans, soyez au service  de vos fans</em>‘, jusqu’à ce qu’ils en soient imprégnés », explique un  ancien rédacteur en chef du site d’EPSN. Les journalistes « papier » ne  peuvent pas se retrouver dans ce type de propos, expliquent Victor  Navasky et Evan Lerner, dans leur article d’analyse, <em><a href="http://www.cjr.org/feature/tangled_web_1.php" target="_blank">Tangled  Web</a>, publié dans la Columbia  Journalism Review.</em></p>
<p>En fait, expliquent-ils, les gens du web, même « s’ils ne favorisent  pas toujours  la vitesse [<em>c'est la règle du jeu sur le web, insistent  les deux auteurs</em>] sur la précision ou l’élégance du style,  l’intègrent en fait dans l’équation, et ils le font d’une manière qui  tend à saper les standards journalistiques traditionnels ». À l’inverse,  les journalistes « papier » regardent le site « comme un produit  inférieur », et considèrent parfois les gens du web « comme des citoyens  de seconde-classe ».</p>
<p>Une position qui ne pourra guère être tenue longtemps, car maintenant  de plus en plus de contenus sont d’abord développés pour le site avant  d’être réutilisés par le magazine papier.</p>
<p>Voici les 6 points principaux :</p>
<h3>1 – La qualité de l’information est dégradée sur le web</h3>
<p>Le principal est le plus spectaculaire enseignement de l’étude est  sans doute la diminution de la qualité de la production. Dit autrement,  l’information sur les sites web est moins vérifiée [<em>moins  "fact-checkée"</em>], moins éditée qu’elle ne l’est sur le papier, ce  quelle que soit la taille du site web et du magazine et que le site soit  rentable ou non.</p>
<p>Certes, on peut se féliciter que 89% des sites (de magazine) étudiés  aient adopté un système d’édition [<em>a contrario, 11% n'en ont pa</em><em>s</em>],  mais si 41% ont la même procédure d’édition pour le papier et le web,  près de la moitié (48%) des groupes de presse a adopté un système moins  rigoureux pour le web que pour le papier.</p>
<p>Ce premier résultat doit être affiné : il apparaît que ce sont les  sites « importants » —c’est-à-dire ayant plus de 50.000 visiteurs  uniques par mois—, qui sont les moins rigoureux dans l’édition ainsi que  ceux qui sont « rentables » [<em>par opposition aux sites "non  rentables"</em>]. Un résultat totalement contre-intuitif. La différence  est du même ordre lorsqu’un site est dirigé par un rédacteur en chef  « indépendant » [<em>comprendre "indépendant" du papier</em>] : il est  nettement moins édité que lorsqu’il l’est par un rédacteur en chef  papier, ce qui n’est pas le cas lorsque c’est l’éditeur [<em>publisher</em>]  qui a la main, comme l’illustre le graphique ci-dessous :</p>
<div id="attachment_2638"><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/04/Capture-d%E2%80%99%C3%A9cran-2010-04-11-%C3%A0-15.39.151.png"><img title="Qui décide pour le papier ou le  web" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/04/Capture-d%E2%80%99%C3%A9cran-2010-04-11-%C3%A0-15.39.151.png" alt="" width="330" height="158" /></a></div>
<div>Source :  Magazines and Their Web Site &#8211; CJR</div>
<p>Les blogs associés au site souffrent d’une même déshérence, puisque  seule la moitié est éditée et seulement un quart « <em>f</em><em>act-checké</em> »,  ce qui est peu selon les normes éditoriales américaines.</p>
<p>Pour ce qui concerne la correction des erreurs « après publication »,  le bilan n’est guère plus brillant :</p>
<ul>
<li>près de 9 fautes mineures  (coquilles, fautes de typo, fautes  d’orthographe) sur 10 sont corrigées sans que le lecteur en soit  informé ;</li>
<li>près de la moitié (45%) des erreurs factuelles (erreurs de date, de  lieu, etc.) sont corrigées sans que le lecteur en ait connaissance ;</li>
<li>un tiers environ (37%) des erreurs factuelles sont corrigées et font  l’objet d’une note détaillant la nature de l’erreur ;</li>
<li>6% laissent l’erreur telle quelle sur le site, mais rédige une note  corrective ;</li>
<li>1% regroupe toutes les erreurs dans une section spéciale du site.</li>
</ul>
<h3>2 – Le « papier » dirige le web</h3>
<p>Ici, très clairement les sites web n’ont pas acquis leur  « indépendance », puisque dans les domaines de décision aussi important  que le budget, le contenu et la conception [<em>look and feel</em>] du  site, les rédacteurs en chef web ne sont respectivement que 11%, 19% et  33% à avoir la main. Inversement, près des trois quarts des rédacteurs en  chef papier (72%) décident du contenu du site web. Le graphique  ci-dessous montre très clairement que le « papier » conserve la haute  main sur le web, en particulier pour ce qui concerne le contenu et le  « ton » adoptés sur le site.</p>
<p><a href="http://owni.fr/files/2010/04/Capture-d’écran-2010-04-11-à-16.19.38.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-12109" title="Capture-d’écran-2010-04-11-à-16.19.38" src="http://owni.fr/files/2010/04/Capture-d’écran-2010-04-11-à-16.19.38.png" alt="" width="515" height="152" /></a></p>
<div>Source :  Magazines and Their Web Sites &#8211; CJR</div>
<p>Or, cette situation semble être contre-productive, puisque les sites  web dont le budget est contrôlé par des rédacteurs en chef « papier »  ont pratiquement deux fois plus de chance d’être en déficit (40%) que  bénéficiaires (21%). Ce constat se vérifie par le fait que les sites  « rentables » ont dans la majorité des cas (67%) leur budget contrôlé  soit par un rédacteur en chef web, soit directement par l’éditeur [<em>publisher</em>].</p>
<h3>3 – Inutile d’avoir une expérience préalable pour travailler sur le  web</h3>
<p>Naïvement, on pourrait penser que pour travailler sur le web, il faut  avoir été formé pour ce type de travail, ou du moins avoir une  expérience dans ce domaine. L’enquête fait l’effet d’une douche froide.  En effet, 59% des personnes « apprennent à travailler pour le web  lorsqu’elles sont en poste », autrement dit « sur le tas », et seulement  29% sont embauchées avec une expérience web préalable.</p>
<p>En revanche, la coordination « papier » et web semble être une notion  qui progresse, mais là encore il faut nuancer :</p>
<ul>
<li>63% des magazines étudiés ont un « groupe éditorial » qui supervise à  la fois les contenus papier et web, dans le sens de contenus  « exclusivement produits pour le web ».</li>
<li>20% ont des rédactions séparées « papier » et web, sachant que 6%  n’ont pas de relations régulières, alors que 14% discutent du contenu et  ont une forme de partage de la charge de travail ;</li>
<li>16% n’ont pas de contenu web spécifique, ce qui signifie que le  contenu provient exclusivement du « papier ».</li>
</ul>
<h3>4 – Une forte présence sur les réseaux sociaux</h3>
<p>Les magazines américains (du moins leurs sites) ont pris la mesure de  l’importance des blogs, puisque 64% d’entre eux ont une plateforme de  blogs, et des réseaux sociaux, sur lesquels près de la moitié (47%) ont  une présence active, 28% une pratique irrégulière et 23% en sont  absents. Twitter et Facebook sont les deux outils plébiscités, tandis  que Myspace, Reddit, Delicious et dans une moindre mesure LinkedIn ou  Digg sont considérés comme moins efficaces.</p>
<p>Les blogs sont essentiellement alimentés (à 84%) par les rédacteurs  du site ou du « papier », mais un gros tiers des sites (39%) utilisent  aussi des pigistes ou des auteurs sous contrat. La décision de créer des  blogs est facilitée lorsque ce sont des rédacteurs en chef web qui ont  la main sur le budget. Ces derniers laissent d’ailleurs plus facilement  la bride sur le cou à leurs blogueurs. En effet, lorsqu’ils sont les  décideurs, le contenu de près de 4 blogs sur 10 peut-être considéré  comme étant plus ou moins indépendant du système de contrôle éditorial  du magazine. Ce n’est pas le cas lorsque la décision revient à un  rédacteur en chef « papier » : seul 2 blogs sur 10 peut alors avoir un  contenu « plus ou moins indépendant ».</p>
<h3>5 – Des statistiques sous-exploitées</h3>
<p>Près de la moitié des responsables de magazines (43%) n’utilisent pas  les statistiques de trafic. Ils ne sont que 39% « à avoir une bonne  compréhension des contenus qui ‘<em>marchent bien</em>‘, et à posséder  cette information lorsqu’ils prennent leurs décisions éditoriales », et  seuls 8% suivent réellement de très près ces statistiques, considérant  « que c’est un de leurs principaux facteurs de décision ».</p>
<h3>6 – La publicité clé de la rentabilité</h3>
<p>Pas de miracle : seul un tiers des sites de magazine étudiés dans  cette enquête sont rentables (32%), avec une tendance caractéristique :  plus la périodicité du journal « papier » s’allonge, moins le site a de  chance d’être rentable, à la seule exception des sites de bimensuel [<em>cet  "accident" est peut-être dû à la faiblesse de l'échantillon observé</em>],  comme le montre le graphique ci-dessous :</p>
<div id="attachment_2647"><a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/04/Capture-d%E2%80%99%C3%A9cran-2010-04-11-%C3%A0-19.50.35.png"><img title="La rentabilité des sites en  fonction de la périodicité des magazines papier" src="http://www.themediatrend.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/04/Capture-d%E2%80%99%C3%A9cran-2010-04-11-%C3%A0-19.50.35.png" alt="" width="350" height="94" /></a></div>
<div>Source :  Magazines and Their Web SItes &#8211; CJR</div>
<p>Par ailleurs, il est préférable que le magazine « papier » ait une  diffusion supérieure à 2 millions d’exemplaires, car c’est à partir de  ce seuil que la proportion de sites rentables augmente, puisque dans  cette catégorie 42% des sites le sont. La règle du « plus on est gros,  plus on a de chances d’être rentable » s’applique aussi en terme de  trafic, puisque seuls 21% des sites ayant moins de 50.000 visiteurs  uniques par mois s’avèrent rentables, contre 62% de ceux qui ont plus de  2 millions de visiteurs uniques par mois.</p>
<p>Sous-jacente à la question de la rentabilité, se pose celle de la  gratuité du contenu. L’enquête  montre que 65% des sites qui dégagent un  bénéfice sont gratuits. Un résultat qui se comprend : la publicité sur  le site est de très loin la principale source de ressources, distançant  toutes les autres ressources comme la vente de produits, les dons, les  abonnements au site ou au papier, ou encore l’accès aux archives ; chacun  de ces postes représente quelques pour cents des ressources des sites.  Pour les sites rentables cette distorsion s’accroît encore. Pour 83%  d’entre eux, la publicité représente la principale source de revenus.</p>
<blockquote><p>Billet initialement publié sur <a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/?p=2635" target="_blank">Mediatrend</a></p></blockquote>
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