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	<title>OWNI</title>
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		<title>Offrez-vous un Owni</title>
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		<pubDate>Thu, 13 Dec 2012 14:25:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Media Hacker</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Des milliers de témoignages de réconfort et de soutien, et beaucoup évoquant le souhait de participer financièrement. Il nous reste à déterminer si cette somme de bonnes intentions peut effectivement transformer notre modèle économique et faire vivre le média.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis lundi, <em>Owni</em> a baissé le rideau pour offrir à ses lecteurs un espace d&#8217;échanges autour de la situation financière et de l&#8217;avenir du média. Cet échange a lieu via Twitter (<a target="_blank" href="https://twitter.com/search/realtime?q=%23OWNIoupas&#038;src=hash">#ownioupas</a>), au travers de vos mails sur demain@owni.fr (merci à tous, nous vous répondons personnellement et individuellement), ou encore grâce à votre participation <a target="_blank" href="http://wiki.owni.fr/index.php/OwniAVendre">au wiki que nous avons mis en place</a> pour vous faire participer à nos réflexions.</p>
<p>Nous avons communiqué nos charges : 90&nbsp;000 euros par mois. Parallèlement, au coeur des soutiens les plus forts et parmi ceux qui se sont impliqués jusqu&#8217;à présent dans notre réflexion, ceux &mdash; très nombreux &mdash; qui nous proposent de s&#8217;abonner durablement à <em>Owni</em>. Reste donc à mesurer l&#8217;ampleur de votre engagement afin de déterminer si la souscription est un modèle viable pour votre média indépendant.</p>
<p>Sur le format de l&#8217;hypothèse, quittons les sentiers abattus de la normalité : tout le monde n&#8217;a pas envie s&#8217;engager avec <em>Owni</em> de la même façon, ni forcément tous les mois avec la même intensité. Vous pourriez avoir envie de soutenir davantage <em>Owni</em> le mois prochain parce qu&#8217;un article, un dossier ou une application de datajournalisme vous a particulièrement plu. Vous pourriez avoir besoin de payer moins aussi, par nécessité ou par choix. Donc innovons : soyez libre de fixer chaque mois le prix de votre abonnement ; faisons du &#8220;Pay What You Want&#8221; (prix libre).</p>
<p>En imaginant donc que nous retenions ensemble l&#8217;idée du <em>pay wall</em>, c&#8217;est-à-dire de réserver le contenu d&#8217;<em>Owni</em> &mdash; ou une partie de celui-ci &mdash; à des lecteurs s&#8217;engageant à verser chaque mois une contribution fluctuant au gré de leur volonté ; si cet abonnement était mis en place, quelle somme seriez-vous prêt(e) à verser pour nous lire chaque jour ?</p>
<hr />
<em>Pour valider votre réponse, n&#8217;oubliez pas de cliquer sur le bouton &#8220;submit&#8221; en bas.</em></p>
<p><iframe src="https://docs.google.com/spreadsheet/embeddedform?formkey=dF9MdHBVWnkzeGgxRVBiNk9IM3IyLVE6MQ" width="630" height="840" frameborder="0" marginheight="0" marginwidth="0"></iframe></p>
<p>Merci à tou(te)s !<br />
&mdash; l&#8217;équipe <em>Owni</em></p>
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		<title>Vendredi c&#8217;est Graphism&#8217;</title>
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		<pubDate>Fri, 23 Mar 2012 10:11:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Geoffrey Dorne</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chronique]]></category>
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		<description><![CDATA[Malheur à toi qui ne lis pas chaque vendredi notre magnifique <em>"Vendredi c'est graphism"</em>, parce que, il faut bien le reconnaître, pour progresser dans l'existence il est préférable de s'adjoindre les services d'un guide, d'un gourou ou alors d'un machin rigolo qui chaque vendredi réfléchit joliment le monde. Affaire de caractère.  ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignnone size-full wp-image-103203" title="dredi" src="http://owni.fr/files/2012/03/dredi2.jpg" alt="" width="640" height="427" /></p>
<p><strong>Hello les ptits loups !</strong></p>
<p>Ça y est, nous sommes vendredi, le jour du poisson, du chiffre treize, de Robinson, ou encore &#8220;c&#8217;est demi!&#8221; comme le disait Desproges. Mais depuis deux ans, le vendredi, sur <em>OWNI</em>, c&#8217;est le jour du graphisme, du design, de la créativité. Au menu de notre revue semaine, l&#8217;explication de l&#8217;importance du financement de la culture par l’État, des objets tout blanc, un mini clip pour un grand livre, de la visualisation de données, une petite dose de Dieter Rams et de la visualisation de <em>wireframe</em> de sites internet. On terminera sur un WTF aux toutes petites mains ! :-)</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-76430" title="separateur_pix_video" src="http://owni.fr/files/2011/08/separateur_pix_video.jpg" alt="" width="660" height="50" /></p>
<p><strong>Allez, on commence notre revue </strong> avec LA vidéo de cette semaine, simple, efficace, pour preuve, je l’ai regardée jusqu’au bout ! Grâce à ce court métrage, vous allez comprendre en 4 minutes pourquoi l’État français doit continuer de financer la culture avec un petit ou un grand C.</p>
<p><strong>Résumé :</strong></p>
<p style="text-align: left;padding-left: 30px"><em>« Le journal Le Monde nous gratifie cette semaine d’une belle étude graphique sur les bienfaits économique de <strong>l’investissement culturel</strong>. Pour amener le débat dans cette période éléctorale, Le Monde nous démontre 3 grands principes économiques qui argumentent la valorisation de la Culture par le gouvernement. En sociologie, on considère la culture comme ce qui est commun à un groupe d’individus et comme ce qui le soude. Effectivement et sous bien des apsects, La culture est le Trésor d’une société. » [<a href="http://www.blogenbois.fr/2012/lifestyle/la-parabole-des-tuileries.html" target="_blank">source</a>]</em></p>
<p style="text-align: left"><p><a href="http://owni.fr/2012/03/23/vendredi-cest-graphism-culture-design/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p></p>
<p style="text-align: left"><a href="http://graphism.fr/pourquoi-letat-doit-investir-dans-la-culture-comprenez-en-4-minutes" target="_blank">source</a></p>
<p style="text-align: left"><img class="alignnone size-full wp-image-30055" title="separateur_design" src="http://owni.fr/files/2010/10/separateur_design.jpg" alt="" width="660" height="50" /></p>
<p><strong>&#8220;Brand Spirit&#8221;</strong> est un projet vraiment intéressant d&#8217;un point de vue conceptuel mais aussi d&#8217;un point de vue purement forme pour exercer son oeil. Chaque jour, et pendant 100 jours, Andrew Miller va peindre en blanc un objet de marque et enlever ainsi tout logo ou tout signe visuel apposé. L&#8217;objet est ainsi réduit à sa forme la plus pure, son esprit initial. À noter aussi que chaque objet coûte moins de 10 dollars et que notre ami Andrew prend toujours un objet qu&#8217;il possède ou quelque chose qu&#8217;une autre personne lui donne. Le résultat est calme, apaisant et pourtant, on reconnait presque toujours les objets, les marques.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-103170" title="white" src="http://owni.fr/files/2012/03/white.jpg" alt="" width="640" height="4028" /></p>
<p><a href="http://brandspirit.tumblr.com/">source</a></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-51901" title="separateur_artiste2" src="http://owni.fr/files/2011/03/separateur_artiste2.jpg" alt="" width="660" height="50" /></p>
<p><strong>Toujours cette semaine, </strong>j&#8217;ai eu la chance de découvrir cette fabuleuse version illustrée des aventures d&#8217;Alice au pays des merveilles. Illustré par la célèbre artiste japonaise Yayoi Kusama, ce livre sorti récemment chez Penguin Books au Royaume-Uni est présenté dans la vidéo ci-dessous. Une vidéo qui promeut un livre, c&#8217;est rare, mais une vidéo comme celle-ci, c&#8217;est une première ! À noter qu&#8217;un extrait du livre est disponible sur le <a href="http://www.penguin.co.uk/nf/Book/BookDisplay/0,,9780141197302,00.html" target="_blank">site de Penguin Books</a> !</p>
<p><a href="http://owni.fr/2012/03/23/vendredi-cest-graphism-culture-design/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
<p><a href="http://blackeiffel.blogspot.fr/2012/03/book-love-alice-in-wonderland-yayoi.html">source</a></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-24547" title="separateur_dataviz" src="http://owni.fr/files/2010/08/separateur_dataviz1.jpg" alt="" width="660" height="50" /></p>
<p><strong>On continue notre vendredi avec ce travail graphique</strong> qui explore la relation entre les mots et les années. Dessinée par Toril Johannessen, cette série d’images sérigraphiées en grand format met en lumière les liens entre l’apparition et la fréquence de certains mots dans un contexte temporel. Une série de graphiques qui sont basés sur des publications de recherche de revues universitaires. Vous l’aurez donc compris, Toril Johannessen n’a pas choisi ses mots au hasard et les relations entre « logique &amp; amour », « espoir &amp; réalité » ou encore « chance &amp; destin », sont d’autant plus belles qu’elles sont présentées dans le temps, et donc, dans l’esprit d’une société, d’une époque. <strong>Voilà le résultat :</strong></p>
<p><img title="Du graphisme pour représenter la crise, lamour, la logique, la chance ou encore les miracles !" src="http://graphism.fr/wp-content/uploads/2012/03/years.jpg" alt="years Du graphisme pour représenter la crise, lamour, la logique, la chance ou encore les miracles !" width="585" height="7400" /></p>
<p><a href="http://graphism.fr/du-graphisme-pour-reprsenter-la-crise-lamour-la-logique-la-chance-ou-encore-les-miracles">source</a></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-30757" title="separateur_reflexion" src="http://owni.fr/files/2010/10/separateur_reflexion.jpg" alt="" width="660" height="50" /></p>
<p><strong>Cette interview</strong>, pas toute nouvelle mais toujours actuelle, est ressortie récemment pour son aspect éducatif sur le design. Dieter Rams, né le 20 mai 1932 à Wiesbaden, est un designer industriel allemand contemporain, étroitement associé aux produits de la société Braun et aussi à son appartenance à l&#8217;école fonctionnaliste du design industriel. Un immense designer donc, qui aura inspiré très largement Jonathan Ive, le designer d&#8217;Apple.</p>
<p><a href="http://owni.fr/2012/03/23/vendredi-cest-graphism-culture-design/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
<p><em>Merci Tom</em></p>
<p><em><img class="alignnone size-full wp-image-82530" title="iseparateur_visual" src="http://owni.fr/files/2011/10/iseparateur_visual.jpg" alt="" width="660" height="50" /></em></p>
<p><strong>Toujours cette semaine, je souhaitais vous présenter Wirify,</strong> un outil pour designers, développeurs ou bidouilleurs. Cet outil pratique, simple et gratuit va vous permettre de prendre un peu de du recul pour voir les sites web différemment et vous concentrer ainsi sur la structure des pages. Wirify cache donc le contenu et représente ainsi le site web sous forme de wireframe, comprenez, de petits blocs gris !</p>
<p><img title="Transformez tous les sites internet en wireframes avec Wirify !" src="http://graphism.fr/wp-content/uploads/2012/03/wiri1.jpg" alt="wiri1 Transformez tous les sites internet en wireframes avec Wirify !" width="585" height="2490" /></p>
<p><a href="http://graphism.fr/transformez-tous-les-sites-internet-en-wireframes-avec-wirify">source</a></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-26144" title="separateur_wtf" src="http://owni.fr/files/2010/08/separateur_wtf.jpg" alt="" width="660" height="50" /></p>
<p><strong>Et le WTF </strong>de cette semaine est plutôt étrange! Intitulé &#8220;One Tiny Hand&#8221; (&#8220;<em>une petite main</em>&#8220;) ce site internet (un tumblr) a été créé par Zach Vitale, un jeune homme qui s&#8217;applique à manipuler sur Photoshop des photos de stars pour les doter d&#8217;une&#8230; toute petite main ! Aucune critique sur un quelconque handicap, le travail de Zach est là pour questionner, pour attirer l&#8217;oeil sur un &#8220;détail&#8221; de la photo, et pour regarder différemment ces &#8220;stars&#8221; que nous pensions connaître. <strong>Mais&#8230; pourquoi ces petites mains !? </strong></p>
<p><strong><img class="alignnone size-full wp-image-103193" title="tiny" src="http://owni.fr/files/2012/03/tiny.jpg" alt="" width="640" height="6348" /></strong></p>
<p><a href="http://onetinyhand.com/">source</a></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-51906" title="separateur_motdelafin" src="http://owni.fr/files/2011/03/separateur_motdelafin.jpg" alt="" width="660" height="50" /></p>
<p>Et voilà, Vendredi c&#8217;est Graphism c&#8217;est déjà terminé, j&#8217;aurais également pu vous parler de cet <a href="http://www.esadhar.fr/lh/?p=3765" target="_blank">atlas de la microédition</a>, de l&#8217;exposition <a href="http://www.galerie-lelong.com/fr/exposition-jaume-plensa-silhouettes-298.html" target="_blank">du sculpteur catalan Jaume Plensa</a>, ou encore de l’exposition <a href="http://www.spacejunk.tv/" target="_blank">« OBEY PROPAGANDA » avec Shepard Fairey</a>, mais non non non, je voulais tout simplement vous laisser avec le travail graphique doux et délicat de Tien-Min Liao, une belle réponse au WTF de cette semaine en quelque sorte :)</p>
<p><a href="http://owni.fr/2012/03/23/vendredi-cest-graphism-culture-design/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
<p><strong>Bon week-end ;-)</strong></p>
<p><a href="http://graphism.fr" target="_blank"><em>Geoffrey</em></a></p>
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		<title>Fuites d&#8217;argent contre WikiLeaks</title>
		<link>http://owni.fr/2012/02/27/fuites-dargent-contre-wikileaks/</link>
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		<pubDate>Mon, 27 Feb 2012 02:33:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Guillaume Dasquié</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Faire taire. Depuis presque deux ans, WikiLeaks est connu du grand public pour diffuser des informations confidentielles. WikiLeaks agace les pouvoirs. Aujourd'hui, l'organisation fondée par Julian Assange est étranglée financièrement. Une menace sourde contre l'ouverture de données jusqu'ici couvertes par le secret.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-99842" title="global-intel-files-wikileaks-owni-cc-loguy" src="http://owni.fr/files/2012/02/global-intel-files-wikileaks-owni-cc-loguy.jpg" alt="" width="640" height="430" /></p>
<p>Un constat. Les chasseurs de vérités (au pluriel parce que la vérité est plurielle) terminent rarement leur parcours fortune faite. L’argent qu’on leur confie reste un moyen pour s’engager dans les chemins qu’ils empruntent. Rien qui ne représente un but. Juste une ressource, parmi d’autres, pour mener à bien leur quête au jour le jour.</p>
<p>C’est leur fragilité essentielle, systémique. Car les institutions qu’ils combattent perçoivent ce vecteur financier comme l’instrument permettant de les ralentir, de les embarrasser au moins, fût-ce en les contraignant, épisodiquement, à parler autant de leurs difficultés matérielles que des vérités mises à jour. WikiLeaks n’échappe pas à la règle.</p>
			<div class="post insertPost cat-activisme" style="float:right;margin-left:15px;">
				<figure class="media-insertPost">
					<a href="http://owni.fr/2011/12/01/spy-files-interceptions-ecoutes-wikilleaks-qosmos-amesys-libye-syrie/" title="Internet massivement surveillé">
						<img src="http://owni.fr/ttrs/aHR0cDovL293bmkuZnIvZmlsZXMvMjAxMS8xMi9hcnRpY2xlLXN1cnZlaWxsYW5jZS13aWtpbGVha3Mtc3B5ZmlsZXMtdGV0ZS1jbGVmLnBuZw==/207/137/90" alt="Internet massivement surveillé" />
					</a>
				</figure>
				<h3 class="entry_title"><a href="http://owni.fr/2011/12/01/spy-files-interceptions-ecoutes-wikilleaks-qosmos-amesys-libye-syrie/" title="Internet massivement surveillé">Internet massivement surveillé</a></h3>
				<div class="entry_texte">
					<a href="http://owni.fr/2011/12/01/spy-files-interceptions-ecoutes-wikilleaks-qosmos-amesys-libye-syrie/" title="Internet massivement surveillé">
						<p>En partenariat avec WikiLeaks, OWNI révèle l'existence d'un nouveau marché des interceptions massives, permettant ...</p>
					</a>
				</div><!-- fin entry_texte -->
			</div><!-- fin insert Post -->		
<p>C’est la raison pour laquelle nous avons décidé de soutenir <a href="http://shop.wikileaks.org/donate">la campagne appelant à effectuer des dons à son profit</a>. Ces dernières années, grâce à ces soutiens, WikiLeaks <a href="http://wikileaks.owni.fr/">a déjà apporté</a> une contribution décisive aux relations longtemps déséquilibrées entre les citoyens et les États sur les questions d’intérêt général – sur la guerre en Irak, la guerre en Afghanistan, sur l’impact de la diplomatie américaine sur les affaires du monde, ou encore sur les technologies de surveillance massive des communications.</p>
<p>Autant de sujets majeurs dont la remise à plat a conduit de puissants intérêts à tout entreprendre pour faire taire l’organisation et la décrédibiliser. Ainsi, depuis le mois de décembre 2010, les fonds destinés à faire fonctionner WikiLeaks ont été bloqués à l’initiative d’établissements financiers de nationalité américaine qui par ailleurs assurent une large partie des transactions financières à travers le monde.</p>
<p>Soit les entreprises Visa, Mastercard, PayPal, Western Union et Bank of America. Lesquelles ont délibérément bloqué l’argent de WikiLeaks transitant par leur système, sans qu’aucune décision de justice ne le leur permette, au plan du droit.</p>
<p><a href="http://owni.fr/2012/02/27/fuites-dargent-contre-wikileaks/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
<h2>Débats</h2>
<p>Reconnaître ces réalités, reconnaître l’apport de WikiLeaks dans la vie de la cité, et la soutenir même modestement, n’implique pas d’évacuer tous les débats sur son fonctionnement et sa gestion, sur les trajectoires de ses membres ou sur les relations qu’elle noue à travers le monde.</p>
<p>C’est seulement admettre l’utilité d’une telle organisation non-gouvernementale au sortir d’une longue période où une partie de la presse se cantonnait à défendre un parti pris politique et moral ou à défendre le parti pris de ses annonceurs ; plutôt que d&#8217;amener le monde à se regarder dans un miroir, sans opinion à imposer.</p>
<p>Dans une société de l’information devenue une société de com’, où s’exprime plus que jamais la nécessité d’ouvrir des données dans leur globalité, WikiLeaks a permis de penser que ce projet d’<em>open data</em> pourrait au moins partiellement s’étendre aux sujets d’ordinaire couverts par la raison d’État. Pour que des intérêts partisans peu compatibles avec l’intérêt général cessent de se dissimuler derrière cette raison-là.</p>
<hr />
Illustration par Loguy pour Owni /-)</p>
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		<title>Dévoiler l&#8217;argent des syndicats</title>
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		<pubDate>Wed, 21 Dec 2011 12:56:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sabine Blanc</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Inédit]]></category>
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		<description><![CDATA[OWNI s'est procuré le compte-rendu d'une audition devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur le financement des syndicats. Un témoignage plutôt accablant pour la CGT, mais jusque-là gardé secret, tout comme le rapport final sur le sujet. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Si toutes les auditions de la <a href="http://www.assemblee-nationale.fr/13/pdf/cr-cefinsynd/11-12/c1112001.pdf">Commission d&#8217;enquête sur les mécanismes du financement des organisations syndicales</a> sont du même acabit que celle obtenue par OWNI, on comprend que le rapport final de l&#8217;Assemblée nationale <a href="http://www.europe1.fr/Politique/Le-rapport-sur-les-syndicats-pas-publie-861839/">ait été réduit au secret</a>. Dans un <a href="http://www.filpac.cgt.fr/IMG/pdf/Reponse_ACCOYER.pdf">courrier du 14 décembre dernier signé de Bernard Accoyer</a>, le président de l&#8217;Assemblée nationale a répondu à Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, qui demandait la publication du rapport : un secret absolu sera maintenu pendant vingt-cinq ans sur ce document et tous les éléments afférents, notamment les auditions et les pièces comptables recueillies.</p>
<p>Le 30 novembre dernier, cette commission composée de huit parlementaires et présidée par le député UMP Richard Mallié mettait fin à ses travaux en renonçant à publier son rapport d&#8217;enquête de près de 248 pages. Officiellement, lors des délibérations à huis clos, les députés  s&#8217;étaient opposés entre eux sur les propositions formulées à la fin du document. Aucun autre motif n&#8217;expliquerait sa mise au secret.</p>
<p>Cependant, l&#8217;audition que nous avons recueillie et que nous publions en intégralité (au bas de cet article) montre, <em>a minima</em>, que les témoignages reçus par les parlementaires étaient de nature à provoquer quelques remous. Il s&#8217;agit en l&#8217;occurrence d&#8217;Hédy Sellami,  un ancien journaliste de <em>La Vie ouvrière</em>, le plus que centenaire magazine de la CGT à destination des syndiqués.</p>
<p>Entendu le 3 novembre 2011 au matin, l&#8217;ancien salarié porte de graves accusations contre son ancien employeur et la CGT en général. Embauché en 1992 et licencié en 2001 pour raisons économiques, il dénonce une véritable <em>&#8220;mafia&#8221;</em> en rapportant de multiples anecdotes financières susceptibles à elles seules, et si elles étaient confirmées, de donner lieu à des poursuites pénales.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" title="syndicats-corruption" src="../files/2011/12/syndicats-corruption.jpg" alt="" width="641" height="427" /></p>
<p>Contacté par nos soins dans le cadre de cet article, la CGT, en la personne de Michel Doneddu, secrétaire confédéral, n&#8217;a pas souhaité répondre à nos questions au motif qu&#8217;elle voulait prendre connaissance de l&#8217;intégralité de ce témoignage avant de réagir. Il qualifie cette situation d&#8217;information asymétrique <em>&#8220;de scandaleuse, antidémocratique et liberticide&#8221;</em>. Ajoutant : <em>&#8220;on ne sait pas s&#8217;il s&#8217;agit de faux.&#8221;</em></p>
<p>Hédy Sellami y parle d&#8217;abord et surtout des emplois fictifs doublés de versements d&#8217;argent en liquide. Selon ses explications, il se serait agi de personnes employées à ne pas faire grand chose :</p>
<blockquote><p>Les emplois fictifs étaient pléthores. Le seul service juridique où j&#8217;étais affecté, comptait deux bénéficiaires de tels emplois : deux personnes détachées de la sécurité sociale, dont une femme qui continuait à percevoir son salaire d&#8217;origine, assorti d&#8217;une enveloppe que lui donnait La Vie ouvrière, pour un travail théorique, en réalité inaccompli. Mieux : un jour, elle a décidé de s&#8217;installer, avec son compagnon &#8211; qui était rémunéré dans les mêmes conditions &#8211; dans le [il cite une région française, NDLR]. Femme au foyer, elle n&#8217;en a pas moins continué de percevoir le même salaire de la sécurité sociale et la même enveloppe de <em>La Vie ouvrière</em>, qu&#8217;elle venait chercher tous les mois.</p></blockquote>
<p>Concernant en outre le montant des enveloppes d&#8217;argent liquide données mensuellement à ces deux personnes, Hédy Sellami avance le chiffre de 3 000 francs (458 euros) et 5 000 francs (763 euros). Au total, estime-t-il :</p>
<blockquote><p>En plus des 80 salariés déclarés, au moins 50 employés &#8211; soit plus de 50% des salariés déclarés &#8211; touchaient une enveloppe et bénéficiaient d&#8217;avantage divers, tels qu&#8217;une voiture de fonction.</p></blockquote>
<p>Plus loin, devant les députés, le script de son audition indique qu&#8217;il dénonce un mélange des genres dans les affaires immobilières entourant le fonctionnement du magazine :</p>
<blockquote><p>J&#8217;ai apporté, pour le mettre à votre disposition, le compte-rendu d&#8217;une réunion du comité d&#8217;entreprise de <em>La Vie ouvrière</em>. On y lit que le magazine payait un loyer annuel d&#8217;un demi-milliard d&#8217;anciens francs (763 000 euros NDLR) [...] et que le déménagement dans ses nouveaux locaux lui a été facturé 200 millions d&#8217;anciens francs, un montant délirant. J&#8217;ignore d&#8217;où provenait l&#8217;argent nécessaire pour payer tout cela &#8211; les ventes périclitant, certainement pas du produit des publications.</p></blockquote>
<p>Quant aux ressources du syndicat, l&#8217;ancien salarié se fait plus critique. Selon lui, les seules adhésions ne peuvent pas assurer les revenus affichés :</p>
<blockquote><p>Les chiffres sont considérablement gonflés et bon nombre de prétendus syndiqués ont leur carte sans cotiser. [...] En d&#8217;autres termes, les syndicats &#8211; en tout cas la CGT &#8211; ne peuvent gagner de l&#8217;argent grâce aux cotisations (&#8230;) Pour la CGT, <em>La Vie ouvrière</em> est l&#8217;une des plaques tournantes de blanchiment de fonds par le biais de prestations fictives surfacturées.</p></blockquote>
<p>Et pour qu&#8217;un tel système soit en place, l&#8217;implication des sphères dirigeantes est indispensable :</p>
<blockquote><p>M. Bernard Thibault nous prend pour des demeurés quand il explique que point n&#8217;est besoin de commission d&#8217;enquête parlementaire sur les mécanismes de financement des organisations syndicales. [...] Lorsque, à <em>La Vie ouvrière</em> je m&#8217;indignais des emplois fictifs des personnes détachées de la sécurité sociale, on me répondait : &#8220;mais l&#8217;exemple vient d&#8217;en haut !&#8217;&#8221;</p></blockquote>
<p>Il évoque aussi des pressions pour décourager les salariés de s&#8217;exprimer :</p>
<blockquote><p>Hédy Sellami : Les licenciements de 2000 &#8211; 2001 ont constitué un moyen de pression pour empêcher les gens de parler.</p>
<p>Le rapporteur : qui profère les menaces ?</p>
<p>HS : Les dirigeants et toute une série de subordonnées &#8211; il faudrait dire de laquais &#8211; qui dépendent de la CGT pour leur travail ou leur emploi fictif et secondent la direction.</p></blockquote>
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<p>Interrogé sur l&#8217;organisation des supposés détournement d&#8217;argent, Hédy Sellami est resté vague :</p>
<blockquote><p><em>La Vie ouvrière</em> avait des comptes &#8216;pour la galerie&#8217; recensant les rémunérations versées aux 80 salariés officiels, mais il y avait aussi des circuits financiers occultes, sur lesquels je n&#8217;ai pas d&#8217;éléments. (&#8230;) Le produit des ventes des publications ne pouvait expliquer les dépenses faramineuses de <em>La Vie ouvrière</em> ; un circuit de financement occulte était donc certainement en place. On a évoqué devant moi l&#8217;hypothèse de détournements de fonds de la formation professionnelle, mais je n&#8217;en sais rien (&#8230;) J&#8217;ignore comment la CGT se débrouille pour acheter ainsi des quantités de véhicules qui n&#8217;apparaissent pas dans la comptabilité officielle.</p></blockquote>
<p>De même, sur les plaintes qu&#8217;il a déposées au parquet de Bobigny, <em>&#8220;au moins deux&#8221;</em> ont, selon lui, <em>&#8220;disparu, comme par enchantement&#8221;</em>. Hédy Sellami explique aussi qu&#8217;une enquête préliminaire a été menée et que l&#8217;officier de police judiciaire lui aurait dit <em>: &#8220;on se paye [votre tête] et aucune procédure ne visera finalement la CGT.&#8221; </em> Les plaintes ont été classées sans suite.</p>
<p>Interrogé par les parlementaires sur le dépôt éventuel de plaintes pour dénonciation calomnieuse contre lui, Hédy Sellami a répondu :</p>
<blockquote><p>Non. [...] J&#8217;ai rédigé deux mémoires : l&#8217;un pour les prud&#8217;hommes, l&#8217;autre dans le cadre de mon dépôt de plainte [il gagné aux prud'hommes, mais en appel, sur la procédure entourant son licenciement économique, NDLR]. J&#8217;y raconte en détails ce que j&#8217;ai vu, joignant des photocopies de pièces. La CGT est en possession de l&#8217;un de ses mémoires depuis au moins sept ans ; elle n&#8217;a jamais porté plainte contre moi pour diffamation ou dénonciation calomnieuse. Au conseil des prud&#8217;hommes, l&#8217;avocat de <em>La Vie ouvrière</em> s&#8217;était présenté avec un ancien dirigeant de la revue et d&#8217;autres témoins, afin de m&#8217;intimider. Devant eux, j&#8217;ai évoqué les enveloppes et porté des accusations ; la CGT n&#8217;a rien fait.</p></blockquote>
<p>Délégation syndicale, utilisation de l&#8217;argent de la formation, opacité financière, on retrouve dans son témoignage quelques-uns des grands <a href="http://www.leparisien.fr/economie/argent-des-syndicats-les-huit-dossiers-que-personne-ne-veut-ouvrir-13-12-2011-1766345.php">serpents de mer </a>du financement des syndicats. Selon Jean-Luc Touly, ancien militant CGT, co-auteur de <a href="http://www.alternatives-economiques.fr/l-argent-noir-des-syndicats-par-roger-lenglet--jean-luc-touly-et-christophe-mongermont_fr_art_735_38084.html"><em>L&#8217;argent noir des syndicats</em></a>, et également auditionné, le témoignage de Hédy Sellami ne l&#8217;étonne pas :</p>
<blockquote><p>Sur le fond, c&#8217;est assez véridique. Derrière de possibles exagérations dues à la colère et à l&#8217;esprit de revanche, ces propos illustraient la façon dont la paix sociale s&#8217;achète en France. Il se montre toutefois plus prudent dans les termes, préférant parler de détournements de fonds plutôt que d&#8217;abus de bien sociaux. Le système aurait connu un développement exponentiel à partir de la fin des années 90, pour devenir très net dans les années 2000.</p></blockquote>
<p>Contacté, Hédy Sellami a indiqué avoir envoyé un courrier, ces derniers jours, à Richard Mallié, le président de la commission, et Bernard Accoyer, président de l&#8217;Assemblée nationale, demandant à ce que le rapport soit rendu public, ainsi que son audition.</p>
<hr />Pour contacter l&#8217;auteur de cet article, de façon anonyme, et en toute confidentialité, vous pouvez aussi passer par <a href="https://privacybox.de/cgi-bin/tram_msg.pl?lang=fr&amp;sus=manhack">privacybox.de</a> (n’oubliez pas de laisser une adresse email valide -<a href="http://free.korben.info/index.php/Email#Fournisseurs_d.27e-mails_s.C3.A9curis.C3.A9s">mais anonyme</a>-).</p>
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		<title>Le Front de gauche à la page recette</title>
		<link>http://owni.fr/2011/11/16/le-front-de-gauche-a-la-page-recette/</link>
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		<pubDate>Wed, 16 Nov 2011 07:22:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sylvain Lapoix</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le programme du Front de Gauche fait un carton en librairie. 200 000 exemplaires ont déjà été distribués. Mais les recettes sont maigres. Jean-Luc Mélenchon ne compte pas financer sa campagne avec, seulement économiser sur la production de tracts.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Avec plus de 200 000 exemplaires distribués depuis sa sortie le 17 septembre, le programme du Front de Gauche a rapporté moins de 30 000 euros au budget de campagne de Jean-Luc Mélenchon mais permis une diffusion inespérée du texte pour un coût nul.</p>
<h2>50 000 euros d&#8217;économie</h2>
<p><em>« 200 000 exemplaires, c&#8217;est un petit prix littéraire, un Renaudeau ou un Médicis, </em>s&#8217;amuse François Delapierre, directeur de la campagne.<em> Pour faire un Goncourt, il faudra atteindre le demi-million. »</em> A titre de comparaison, l&#8217;éditeur du livre de François Hollande, Privat, n&#8217;a écoulé que 10 000 exemplaires depuis le 25 août.</p>
<p>A la différence du candidat socialiste qui aurait (selon son éditeur) renoncé à ses droits, Jean-Luc Mélenchon a obtenu 6% sur les ventes de son opus collectif pour le budget de campagne. Soit, à ce jour, une maigre contribution de 24 000 euros au budget de campagne. A terme, l&#8217;équipe espère écouler autour de 350 000 exemplaires, sans compter un projet d&#8217;édition en BD du programme prévue pour janvier. Même si, pour le directeur de campagne du Front de Gauche, l&#8217;objectif a déjà été atteint :</p>
<blockquote><p>Nous pensons gagner au maximum 50 000 euros avec ce livre ce qui est une paille, l&#8217;équivalent de la collecte sur un petit meeting. L&#8217;important n&#8217;est pas que ça nous rapporte de l&#8217;argent, l&#8217;important est que ça nous a permis d&#8217;économiser la diffusion d&#8217;un tract quadrichromie à plusieurs millions d&#8217;exemplaires, ce qui nous aurait coûté à peu près autant. Sans compter que nous n&#8217;aurions jamais pu atteindre autant de personnes avec un programme de 16 pages envoyé par la poste.</p></blockquote>
<p>Au départ, le livre avait pour destination le colis de « matériel de rentrée » de la Fête de l&#8217;Humanité, ne promettant qu&#8217;une diffusion « par capilarité », de proche en proche, au sein des milieux sympathisants. Avec Librio pour éditeur (collection de J&#8217;ai Lu, du groupe Gallimard) et un prix de 2 euros, le programme a gagné les rayons de Fnac (où il s&#8217;aligne dans le top 10 des ventes) et même des supermarchés.</p>
<h3><img class="alignnone size-full wp-image-87143" title="Front de gauche livre recette" src="http://owni.fr/files/2011/11/Front-de-gauche-livre-recette.png" alt="" width="640" height="512" /></h3>
<p><em>« Au début, certaines grandes surfaces refusaient de mettre le programme en rayon »,</em> glisse François Delapierre. Contacté par OWNI, l&#8217;éditeur n&#8217;a pas donné suite à nos questions. Depuis sa sortie, le bouquin a connu deux retirages pour la mise en place en librairie et quatre pour les ventes militantes.</p>
<p>Pour l&#8217;éditeur aussi, l&#8217;opération est une réussite : dans ses livres de rentrée, Gallimard classe le texte collectif du Front de Gauche aux côtés du livre sur la Démondialisation d&#8217;Arnaud Montebourg. Le dernier succès d&#8217;édition d&#8217;un programme politique en librairie, de mémoire de permanent du siège du parti aux Lilas, <em>« c&#8217;était le programme commun du PC et du PS en 1972 ».</em></p>
<hr />Illustrations et photos par <a href="https://secure.flickr.com/photos/31176023@N00/564570276/">Micn2Sugar</a> [cc-by-nd]<br />
Captures d&#8217;écrans, couvertures des livres, <a href="http://www.librio.net/Albums_Detail.cfm?ID=40838">Le programme du front de gauche</a> édité chez Librio et <a href="http://www.abebooks.fr/servlet/FrameBase?content=/fr/imagegallery/imagegallery.shtml?images=http://pictures.abebooks.com/LELIVRE/1781034198.jpg">Le programme commun du parti communiste et socialiste</a></p>
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		<title>Les chercheurs doivent-ils boycotter Elsevier?</title>
		<link>http://owni.fr/2010/11/09/les-chercheurs-doivent-ils-boycotter-elsevier/</link>
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		<pubDate>Tue, 09 Nov 2010 12:30:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Roud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Elsevier est un des principaux éditeurs scientifiques mais son attitude face à la communauté scientifique pose de réels problèmes éthiques. Les chercheurs peuvent se poser la question du boycott de ce poids lourd de l'édition scientifique.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: center;">Titre original : Faut-il boycotter Elsevier ?</h3>
<p>On a déjà longuement discuté des <a href="http://tomroud.owni.fr/2010/06/14/revues-scientifiques-a-quand-la-fin-du-travail-gratuit/">problèmes liés aux revues scientifiques </a>et des <a href="http://tomroud.owni.fr/2010/10/21/acces-libre-une-question-de-vie-ou-de-mort/">possibilités offertes par l’accès libre</a>.   Mais certaines pratiques  récentes du grand éditeur Elsevier posent   vraiment la question aujourd’hui d’un boycott pur et simple.</p>
<p>Elsevier est un acteur quasi-incontournable de l’édition  scientifique,  publiant 250 000 articles par an dans plus de 2000  journaux (si j’en  crois <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Elsevier">Wikipedia</a>).   Poids lourd de l’édition scientifique, sa responsabilité est grande,   tant à l’égard de la Science – Elsevier édite par exemple les Compte   Rendus de l’Académie des Sciences de notre beau pays- que des   scientifiques qui, rappelons-le, travaillent  quasiment <a href="http://tomroud.owni.fr/2010/06/14/revues-scientifiques-a-quand-la-fin-du-travail-gratuit/">gratuitement </a>pour les éditeurs scientifiques du fait du système de revue par les pairs.</p>
<h2>Des pratiques douteuses</h2>
<p>Cependant, force est de constater que l’attitude d’Elsevier pose des   problèmes de façon récurrente. Pour ne citer que trois affaires parmi   les plus récentes :</p>
<ul>
<li>En Septembre 2005, on apprenait via la célèbre revue médicale <em>The Lancet </em>que la maison mère d’Elsevier, Reed-Elsevier, <a href="http://www.idiolect.org.uk/elsevier/">était impliquée dans le commerce d’armes </a>!   Certes, business is business, mais disons que sans verser   nécessairement dans la philanthropie, on attend un comportement plus   éthique d’un éditeur scientifique. Devant les pressions de la base,<a href="http://www.reedelsevier.com/mediacentre/pressreleases/2008/Pages/Saleofdefenceexhibitions.aspx"> Reed-Elsevier s’est débarrassé de sa branche la plus meurtrière en Mai 2008.</a></li>
<li>En 2009 éclate la controverse sur le journal <em>Chaos, Solitions and Fractals</em>.   On soupçonne un détournement  de la revue au profit de son éditeur en   chef, qui y publie en quelques années la bagatelle de 322 papiers dans   cette seule revue (voir <a href="http://scholarlykitchen.sspnet.org/2008/11/25/elsevier-math-editor-controversy/">quelques chiffres sur ce blog</a>)! Là encore, Elsevier fait le ménage et le journal vient de réouvrir semble-t-il.</li>
<li>L’an dernier, <a href="http://www.the-scientist.com/blog/display/55679/">The Scientist révèle qu’Elsevier aurait publié 6 faux journaux médicaux entre 2000 et 2005.</a> Ces journaux avaient la couleur et le goût de journaux scientifiques,   mais étaient en réalité financés par des compagnies pharmaceutiques, ce   qu’Elsevier s’était gardé de révéler… Encore une fois, <a href="http://www.elsevier.com/wps/find/authored_newsitem.cws_home/companynews05_01203">Elsevier a bien été obligé de reconnaître certains problèmes</a>.</li>
</ul>
<p><img title="elsevier arms" src="http://ownisciences.com/files/2010/11/elsevier-arms.jpg" alt="" width="640" height="480" /></p>
<h2>Une stratégie de packages inacceptable</h2>
<p>On le voit, Elsevier est donc régulièrement pris les mains dans le   pot à confitures. Mais c’est paradoxalement des pratiques tout ce qu’il y   a de plus légales et d’éthiques qui posent problème aujourd’hui  à mon   sens. Car des événements récents prouvent aujourd’hui qu’Elsevier   considère les chercheurs, qui sont à la fois ses clients, ses serviteurs   et ses vaches à lait, pour des imbéciles.</p>
<p>Elsevier se livre d’abord de plus en plus à des pratiques plus   proches du vendeur de chaînes câblées que de l’éditeur scientifique. Un   exemple parmi d’autres : Elsevier vend des “packages” d’abonnements de   revues aux universités et se livre actuellement à un saucissonnage tout   à fait inacceptable :  il sépare actuellement les revues récentes et   trendy du package basique, pour  les inclure dans d’autres packages   incluant d’autres revues plus que mineures.</p>
<p>Du coup, l’université  voulant se mettre à la page devra acheter  quasiment tous les packages  pour avoir accès à la totalité des bonnes  revues. Et, en période de  vaches maigres, certaines universités  refusent désormais purement et  simplement; sans être dans le secret des  Dieux, j’imagine que quelque  chose de similaire s’est passé récemment  dans le cas de <a href="http://beta.archimag.com/article/l%E2%80%99universit%C3%A9-pierre-et-marie-curie-r%C3%A9silie-son-contrat-avec-elsevier">Paris VI qui a résilié il y a quelques jours son contrat avec Elsevier.</a></p>
<h2>Une position  cynique sur le financement de la recherche publique</h2>
<p>L’autre événement qui a de quoi faire sortir le scientifique lambda de ses gonds, c’est <a href="http://www.telegraph.co.uk/comment/letters/8069609/Osbornes-cuts-will-strengthen-Britains-economy-by-allowing-the-private-sector-to-generate-more-jobs.html">une tribune dans le <em>Telegraph</em></a>.    Oh, rien d’inhabituel en ces temps de propagande obsédés par la dette   publique, un discours classique de coupe dans les dépenses, soutenant  le  plan d’une terreur British appelée George Osborne. Sauf que le plan  en  question prévoit des coupes drastiques dans le secteur éducatif, et   spécifiquement universitaire : <a href="http://www.bbc.co.uk/news/uk-politics-11579979">- 40 % de dépenses dans ce domaine</a> ! Et cette tribune d’entrepreneurs, soutenant ces coupes, est signée …    par Anthony Habgood, le Chairman de Reed Elsevier. Peut-on faire plus   imbécile et plus cynique qu’un “entrepreneur” dont le business model   repose sur l’expertise et le  travail bénévole de personnes dont   l’activité est financée en grande partie sur des fonds publics et qui   soutient en parallèle une coupe drastique de ces mêmes dépenses   publiques ?</p>
<p>Elsevier, du fait de son poids énorme, se comporte en monopole, se   permet de donner des leçons de rigueur à l’État britannique d’un côté   tout en pressurisant le secteur universitaire de l’autre. Il se trouve   que nous, chercheurs, avons aussi le pouvoir de donner une leçon   d’économie à Elsevier. Tout quasi-monopole non naturel étant néfaste   pour l’économie, nous rendrions probablement service à la société en   général en refusant désormais de travailler avec Elsevier, en refusant   de référer les papiers soumis à une revue du groupe Elsevier, en   refusant d’y envoyer nos papiers, ce qui <em>in fine</em>, devrait forcer Elsevier à mettre la clé sous la porte (d’une façon ou d’une autre).</p>
<p>En ce qui me concerne, je suis assez choqué par tout cela et   désormais, je ferai mon possible pour m’abstenir de référer des papiers   pour Elsevier, et je n’y enverrai plus mes papiers. Je privilégierai en   priorité les journaux en accès libre et les journaux de sociétés   savantes (comme <em>Science</em> ou <em>Physical Review</em>).</p>
<p>&gt;&gt; Photo FlickR CC : <a href="http://www.flickr.com/photos/campaignagainstarmstrade/">Campaign Against Arms Trade</a>, <a href="http://www.flickr.com/photos/martineno/">martineno</a></p>
<p>&gt;&gt; Article initialement publié sur <a href="http://tomroud.owni.fr/2010/10/29/faut-il-boycotter-elsevier/" target="_blank">Matières vivantes</a></p>
<p>Retrouvez tous les articles d&#8217;<a href="http://ownisciences.com" target="_blank">OWNIsciences</a></p>
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		<title>Elsevier, un éditeur scientifique à boycotter ?</title>
		<link>http://owni.fr/2010/11/02/elsevier-un-editeur-scientifique-a-boycotter/</link>
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		<pubDate>Tue, 02 Nov 2010 16:03:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Roud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Elsevier est un des principaux éditeurs scientifiques mais son attitude face à la communauté scientifique pose de réels problèmes éthiques. Tom Roud se pose la question du boycott du poids lourd de l'édition scientifique.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: center;">Titre original : Faut-il boycotter Elsevier ?</h3>
<p>On a déjà longuement discuté des <a href="http://tomroud.owni.fr/2010/06/14/revues-scientifiques-a-quand-la-fin-du-travail-gratuit/">problèmes liés aux revues scientifiques </a>et des <a href="http://tomroud.owni.fr/2010/10/21/acces-libre-une-question-de-vie-ou-de-mort/">possibilités offertes par l’accès libre</a>.  Mais certaines pratiques  récentes du grand éditeur Elsevier posent  vraiment la question aujourd’hui d’un boycott pur et simple.</p>
<p>Elsevier est un acteur quasi-incontournable de l’édition scientifique,  publiant 250 000 articles par an dans plus de 2000 journaux (si j’en  crois <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Elsevier">Wikipedia</a>).  Poids lourd de l’édition scientifique, sa responsabilité est grande,  tant à l’égard de la Science – Elsevier édite par exemple les Compte  Rendus de l’Académie des Sciences de notre beau pays- que des  scientifiques qui, rappelons-le, travaillent  quasiment <a href="http://tomroud.owni.fr/2010/06/14/revues-scientifiques-a-quand-la-fin-du-travail-gratuit/">gratuitement </a>pour les éditeurs scientifiques du fait du système de revue par les pairs.</p>
<h2>Des pratiques douteuses</h2>
<p>Cependant, force est de constater que l’ attitude d’Elsevier pose des  problèmes de façon récurrente. Pour ne citer que trois affaires parmi  les plus récentes :</p>
<ul>
<li>En Septembre 2005, on apprenait via la célèbre revue médicale <em>The Lancet </em>que la maison mère d’Elsevier, Reed-Elsevier, <a href="http://www.idiolect.org.uk/elsevier/">était impliquée dans le commerce d’armes </a>!  Certes, business is business, mais disons que sans verser  nécessairement dans la philanthropie, on attend un comportement plus  éthique d’un éditeur scientifique. Devant les pressions de la base,<a href="http://www.reedelsevier.com/mediacentre/pressreleases/2008/Pages/Saleofdefenceexhibitions.aspx"> Reed-Elsevier s’est débarrassé de sa branche la plus meurtrière en Mai 2008.</a></li>
<li>En 2009 éclate la controverse sur le journal <em>Chaos, Solitions and Fractals</em>.  On soupçonne un détournement  de la revue au profit de son éditeur en  chef, qui y publie en quelques années la bagatelle de 322 papiers dans  cette seule revue (voir <a href="http://scholarlykitchen.sspnet.org/2008/11/25/elsevier-math-editor-controversy/">quelques chiffres sur ce blog</a>)! Là encore, Elsevier fait le ménage et le journal vient de réouvrir semble-t-il.</li>
<li>L’an dernier, <a href="http://www.the-scientist.com/blog/display/55679/">The Scientist révèle qu’Elsevier aurait publié 6 faux journaux médicaux entre 2000 et 2005.</a> Ces journaux avaient la couleur et le goût de journaux scientifiques,  mais étaient en réalité financés par des compagnies pharmaceutiques, ce  qu’Elsevier s’était gardé de révéler … Encore une fois, <a href="http://www.elsevier.com/wps/find/authored_newsitem.cws_home/companynews05_01203">Elsevier a bien été obligé de reconnaître certains problèmes</a>.</li>
</ul>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-33213" title="elsevier arms" src="http://ownisciences.com/files/2010/11/elsevier-arms.jpg" alt="" width="640" height="480" /></p>
<h2>Une stratégie de packages inacceptable</h2>
<p>On le voit, Elsevier est donc régulièrement pris les mains dans le  pot à confitures. Mais c’est paradoxalement des pratiques tout ce qu’il y  a de plus légales et d’éthiques qui posent problème aujourd’hui  à mon  sens. Car des événements récents prouvent aujourd’hui qu’Elsevier  considère les chercheurs, qui sont à la fois ses clients, ses serviteurs  et ses vaches à lait, pour des imbéciles.</p>
<p>Elsevier se livre d’abord de plus en plus à des pratiques plus  proches du vendeur de chaînes câblées que de l’éditeur scientifique. Un  exemple parmi d’autres : Elsevier vend des “packages” d’abonnements de  revues aux universités et se livre actuellement à un saucissonnage tout  à fait inacceptable :  il sépare actuellement les revues récentes et  trendy du package basique, pour  les inclure dans d’autres packages  incluant d’autres revues plus que mineures.</p>
<p>Du coup, l’université  voulant se mettre à la page devra acheter quasiment tous les packages  pour avoir accès à la totalité des bonnes revues. Et, en période de  vaches maigres, certaines universités refusent désormais purement et  simplement; sans être dans le secret des Dieux, j’imagine que quelque  chose de similaire s’est passé récemment dans le cas de <a href="http://beta.archimag.com/article/l%E2%80%99universit%C3%A9-pierre-et-marie-curie-r%C3%A9silie-son-contrat-avec-elsevier">Paris VI qui a résilié il y a quelques jours son contrat avec Elsevier.</a></p>
<h2>Une position  cynique sur le financement de la recherche publique</h2>
<p>L’autre événement qui a de quoi faire sortir le scientifique lambda de ses gonds, c’est <a href="http://www.telegraph.co.uk/comment/letters/8069609/Osbornes-cuts-will-strengthen-Britains-economy-by-allowing-the-private-sector-to-generate-more-jobs.html">une tribune dans le <em>Telegraph</em></a>.   Oh, rien d’inhabituel en ces temps de propagande obsédés par la dette  publique, un discours classique de coupe dans les dépenses, soutenant le  plan d’une terreur British appelée George Osborne. Sauf que le plan en  question prévoit des coupes drastiques dans le secteur éducatif, et  spécifiquement universitaire : <a href="http://www.bbc.co.uk/news/uk-politics-11579979">- 40 % de dépenses dans ce domaine</a> ! Et cette tribune d’entrepreneurs, soutenant ces coupes, est signée …   par Anthony Habgood, le Chairman de Reed Elsevier. Peut-on faire plus  imbécile et plus cynique qu’un “entrepreneur” dont le business model  repose sur l’expertise et le  travail bénévole de personnes dont  l’activité est financée en grande partie sur des fonds publics et qui  soutient en parallèle une coupe drastique de ces mêmes dépenses  publiques ?</p>
<p>Elsevier, du fait de son poids énorme, se comporte en monopole, se  permet de donner des leçons de rigueur à l’État britannique d’un côté  tout en pressurisant le secteur universitaire de l’autre. Il se trouve  que nous, chercheurs, avons aussi le pouvoir de donner une leçon  d’économie à Elsevier. Tout quasi-monopole non naturel étant néfaste  pour l’économie, nous rendrions probablement service à la société en  général en refusant désormais de travailler avec Elsevier, en refusant  de référer les papiers soumis à une revue du groupe Elsevier, en  refusant d’y envoyer nos papiers, ce qui <em>in fine</em>, devrait forcer Elsevier à mettre la clé sous la porte (d’une façon ou d’une autre).</p>
<p>En ce qui me concerne, je suis assez choqué par tout cela et  désormais, je ferai mon possible pour m’abstenir de référer des papiers  pour Elsevier, et je n’y enverrai plus mes papiers. Je privilégierai en  priorité les journaux en accès libre et les journaux de sociétés  savantes (comme <em>Science</em> ou <em>Physical Review</em>).</p>
<p>&gt;&gt; Photo FlickR CC : <a href="http://www.flickr.com/photos/campaignagainstarmstrade/">Campaign Against Arms Trade</a>, <a href="http://www.flickr.com/photos/martineno/">martineno</a></p>
<p>&gt;&gt; Article initialement publié sur <a href="http://tomroud.owni.fr/2010/10/29/faut-il-boycotter-elsevier/" target="_blank">Matières vivantes</a></p>
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		<title>Retraites: le dossier intégral d&#8217;OWNI</title>
		<link>http://owni.fr/2010/10/11/retraites-le-dossier-integral-downi/</link>
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		<pubDate>Mon, 11 Oct 2010 19:22:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Pour cette quatrième grande journée de mobilisation, OWNI revient sur les divers épisodes de ce mouvement social. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis le 7 septembre (ou #7sept), OWNI vous a proposé lors de chaque mobilisation plusieurs articles d&#8217;analyse, de grands moments de liveblogging, des infographies, des cartes interactives et autres interviews et entretiens. A l&#8217;occasion d&#8217;une nouvelle journée de grève, cette fois reconductible, retour sur ces différentes  journées..</p>
<h2>La carte des manifs et des blocages</h2>
<p>En partenariat Mediapart, nous vous proposons une carte des manifestations et blocages qui commencent demain.</p>
<p><a href="../2010/10/11/application-carte-blocages-manifestations-greves-12oct/" target="_blank"><img class="alignleft" src="../files/2010/10/Engrenage-990x660-300x200.png" alt="" width="300" height="200" /></a></p>
<p>Face à l&#8217;inflexibilité du gouvernement sur la réforme des retraites, le  mouvement se radicalise. Pour suivre cette journée et ses suites, OWNI  vous propose une série d&#8217;interviews et une carte pour signaler là où la  France se bloque.</p>
<p><a href="http://owni.fr/2010/10/11/application-carte-blocages-manifestations-greves-12oct/" target="_blank">Retraites: la carte dynamique des blocages</a></p>
<p><span style="color: #ffffff;">.</span></p>
<p><span style="color: #ffffff;">.</span></p>
<h1 style="text-align: center;">Sommaire des épisodes précédents</h1>
<h2>Un article et une infographie pour comprendre la pénibilité</h2>
<p><img class="alignleft" title="Une longue vie de labeur" src="http://owni.fr/files/2010/10/hands-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></p>
<p>Selon le taux d&#8217;IP (incapacité permanente partielle), dans quels cas les  travailleurs pourront-ils prétendre à une retraite anticipée si la  réforme du gouvernement passe ? Visualisation d&#8217;exemples à l&#8217;appui, OWNI  essaye de clarifier ce sujet complexe.</p>
<p><a href="http://owni.fr/2010/10/19/retraite-accident-du-travail-maladie-professionnelle-penibilite/" target="_blank"><strong>Retraite: accident du travail, maladie professionnelle, quel droit?</strong></a></p>
<h2><span style="color: #ffffff;">.</span></h2>
<h2>Un aperçu de l&#8217;état des mobilisations dans les pays de l&#8217;Union européenne</h2>
<p><a href="http://owni.fr/2010/10/11/systeme-de-retraites-suedois-au-nord-rien-de-nouveau/" target="_blank"><img class="alignleft" src="http://owni.fr/files/2010/10/oldswedes-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a></p>
<p>Le système suédois est montré par beaucoup comme l&#8217;exemple à suivre en  matière de retraites. Pas si sûr, car même les modèles les plus  reluisants ont leurs vices cachés.</p>
<p><a href="Système de retraites suédois: au Nord, rien de nouveau" target="_blank">Système de retraites suédois: au Nord, rien de nouveau</a></p>
<p><span style="color: #ffffff;">.</span></p>
<p><span style="color: #ffffff;">.</span></p>
<p><span style="color: #ffffff;"> </span></p>
<p><span style="color: #ffffff;">.</span></p>
<h2>Interview et entretiens</h2>
<p><strong><a href="http://owni.fr/2010/09/24/alain-touraine-le-23sept-%C2%ABune-lumiere-qui-sallume-dans-la-nuit-sociale%C2%BB/" target="_blank"><img class="alignleft" title="Alain Touraine de Sabbah" src="http://owni.fr/files/2010/09/touraine-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a></strong></p>
<p>Au lendemain du mouvement massif du 23 septembre contre la réforme des  retraites, nous avons interrogé le philosophe Alain Touraine,  spécialiste des mouvements sociaux. Voici sa réflexion sur le possible  réveil de l&#8217;action politique que marque selon lui ce mouvement.</p>
<p><strong><a href="http://owni.fr/2010/09/24/alain-touraine-le-23sept-%C2%ABune-lumiere-qui-sallume-dans-la-nuit-sociale%C2%BB/" target="_blank">Entretien avec Alain Touraine: &#8220;Une lumière qui s&#8217;allume dans la nuit sociale&#8221;</a></strong></p>
<p><span style="color: #ffffff;">.</span></p>
<p><a href="http://owni.fr/2010/09/23/interview-23sept-%C2%AB-pour-sortir-du-court-termisme-politique-il-faut-sortir-du-clienteliste-%C2%BB/" target="_blank"><img class="alignleft" src="http://owni.fr/files/2010/09/vieux-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a></p>
<p>Chercheurs, politiques, militants d&#8217;ici et d&#8217;ailleurs&#8230; OWNI réfléchit  aux enjeux profonds de cette réforme : la retraite en Europe, le régime  dans 50 ans, le court-termisme politique, la solidarité&#8230;</p>
<p><strong><a href="http://owni.fr/2010/09/23/interview-23sept-%C2%AB-pour-sortir-du-court-termisme-politique-il-faut-sortir-du-clienteliste-%C2%BB/" target="_blank">Cinq Interviews: Europe des retraites, panique, court-termisme et force de la jeunesse</a></strong></p>
<p><span style="color: #ffffff;">.</span></p>
<p><span style="color: #ffffff;">.</span></p>
<p style="text-align: left;"><strong> <a href="http://owni.fr/2010/09/07/retraites-le-dossier-downi/" target="_blank"><img class="alignleft" src="http://owni.fr/files/2010/09/manif2-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a></strong></p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;">En mai dernier, trois syndicalistes et la présidente de la CNAV    analysaient sur Politis les propositions du gouvernement et proposaient    d&#8217;autres pistes pour réformer le système des retraites. Un article qui    permet d&#8217;entrer en profondeur dans notre dossier.</p>
<p><strong><a href="http://owni.fr/2010/09/07/retraites-le-dossier-downi/" target="_blank">D’autres choix possibles pour financer les retraites</a></strong></p>
<p><span style="color: #ffffff;">.</span></p>
<h2>Résumé des propositions alternatives à la réforme du gouvernement</h2>
<p><strong><a href="http://owni.fr/2010/10/01/2oct-retraites-le-temps-des-propositions/" target="_blank"><img class="alignleft" src="http://owni.fr/files/2010/10/4968251914_503e99874b_o.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a></strong></p>
<p>&#8220;Prendre de la hauteur&#8221;, &#8220;faire un pas de côté&#8221;&#8230; autant d&#8217;expressions  faciles. L&#8217;exercice, lui, est plus difficile. Quelles  contre-propositions? Quelles conséquences? Prenons en le temps: voici un  espace dédié.</p>
<p><strong><a href="http://owni.fr/2010/10/01/2oct-retraites-le-temps-des-propositions/" target="_blank">Retraites: Le temps des propositions </a></strong></p>
<p><span style="color: #ffffff;">.</span></p>
<p><span style="color: #ffffff;">.</span></p>
<p><a href="http://owni.fr/2010/10/01/le-grand-voyagisme/" target="_blank"><img class="alignleft" src="http://owni.fr/files/2010/10/clegrandvoyage-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a></p>
<p>Quand l&#8217;âge de la retraite s&#8217;éloigne de plus en plus, quand la fatigue  s&#8217;abat sur les travailleurs, provoquant la révolte, quelle solution  existe-t-il d&#8217;autre que de réintroduire la religion ? Bienvenue en 2050  /-)</p>
<p><strong><a href="http://owni.fr/2010/10/01/le-grand-voyagisme/" target="_blank">Le Grand Voyagisme</a></strong></p>
<p><span style="color: #ffffff;">.</span></p>
<p><span style="color: #ffffff;">.</span></p>
<p><span style="color: #ffffff;">.</span></p>
<p><a href="http://owni.fr/2010/10/02/le-nombre-de-manifestations-en-hausse-de-100-depuis-2007/" target="_blank"><img class="alignleft" src="http://owni.fr/files/2010/10/infographie_990x660-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a></p>
<p>Paris a vu 3000 manifestations en 2009, contre 1500 en 2006. Pourquoi  une telle augmentation? On aimerait avoir la réponse, mais la police a  refusé de nous en dire plus. En attendant, les hypothèses restent  ouvertes.</p>
<p><strong><a href="http://owni.fr/2010/10/02/le-nombre-de-manifestations-en-hausse-de-100-depuis-2007/" target="_blank">Le nombre de manifestations en hausse de 100% depuis 2007</a></strong></p>
<p><span style="color: #ffffff;">.</span></p>
<p><span style="color: #ffffff;">.</span></p>
<h2>Livebloggings de trois journées de mobilisation</h2>
<p><strong> </strong><a href="http://owni.fr/2010/09/06/7sept-manifestez-vous/" target="_blank"><strong><img class="alignleft" title="Manifestants" src="../files/2010/09/manif.jpg" alt="" width="301" height="200" /></strong></a></p>
<p>La journée de mobilisation du 7 septembre s&#8217;est avant tout passée dans la rue, mais ses échos ont retenti sur les réseaux sociaux. L&#8217;occasion pour l&#8217;équipe d&#8217;OWNI de vous proposer cette couverture de l&#8217;évènement.</p>
<p><strong><a href="http://owni.fr/2010/09/06/7sept-manifestez-vous/" target="_blank">#7sept: Manifestez-vous!</a></strong></p>
<p><strong><span style="color: #ffffff;">.</span><br />
</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong><img class="alignleft" src="http://owni.fr/files/2010/09/manifestant-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></strong></p>
<p>Pour la manifestation du 23 septembre, OWNI reprend ses pancartes :  liveblogging, décryptage, carte des manifs&#8230; Suivez la journée de  défense des retraites et participez-y avec le tag #23sept ou en  fabriquant vos propres slogans graphiques !</p>
<p><strong><a href="http://owni.fr/2010/09/22/23sept-manifestez-vous/" target="_blank">#23sept: Manifestez-vous! </a></strong></p>
<p><span style="color: #ffffff;"><strong>.</strong></span></p>
<p><strong><span style="color: #ffffff;">.</span><br />
</strong></p>
<p><span style="color: #ffffff;">.</span></p>
<p><a href="http://owni.fr/2010/10/19/mouvement-social-un-19oct-liveblogge-cartographie-et-scande/" target="_blank"><img class="alignleft" title="Mobilisation, toujours" src="http://owni.fr/files/2010/10/une19oct-vignette.jpg" alt="" width="301" height="200" /></a></p>
<p><span style="color: #ffffff;">.</span>En carte des blocages, en liveblogging et en recherche de slogan, OWNI décrypte le #19oct avec l&#8217;aide des internautes. Notre objectif : faire parler la rue pour savoir ce qu&#8217;elle essaie de nous dire.</p>
<p><strong><a href="http://owni.fr/2010/10/19/mouvement-social-un-19oct-liveblogge-cartographie-et-scande/" target="_blank">Mouvement social : un #19oct livebloggé, cartographié et scandé !</a></strong></p>
<h2>Deux cartes des manifestations</h2>
<p><a href="http://owni.fr/2010/09/07/manifestations-carte-chiffres-greve-7sept-crowdsourcing/" target="_blank"><img class="alignleft" src="http://owni.fr/files/2010/09/34-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a></p>
<p>Aidez l&#8217;équipe d&#8217;OWNI à réunir sur une carte tous les chiffres (selon la  police comme selon les syndicats&#8230;) de toutes les manifestations qui  ont eu lieu ce mardi 7 septembre contre le projet de réforme des  retraites.</p>
<p><strong><a href="http://owni.fr/2010/09/07/manifestations-carte-chiffres-greve-7sept-crowdsourcing/" target="_blank">[application] Manifestations: la carte des chiffres</a></strong></p>
<p><span style="color: #ffffff;">.</span></p>
<p><span style="color: #ffffff;">.</span></p>
<p><a href="http://owni.fr/2010/09/23/application-23sept-la-carte-des-chiffres/" target="_blank"><img class="alignleft" src="http://owni.fr/files/2010/09/cgt.jpg" alt="" width="302" height="201" /></a></p>
<p>Créons ensemble la carte de toutes les manifestations qui ont lieu ce  jeudi 23 septembre contre le projet de réforme des retraites. Grâce à  votre aide et l&#8217;utilisation du hashtag #23sept</p>
<p><strong><a href="http://owni.fr/2010/09/23/application-23sept-la-carte-des-chiffres/" target="_blank">[application] #23sept: la carte des chiffres</a></strong></p>
<p><span style="color: #ffffff;">.</span></p>
<p><span style="color: #ffffff;">.</span></p>
<p><span style="color: #ffffff;">.</span></p>
<h2>Pourquoi un tel écart entre les chiffres de la police et ceux des syndicats ?</h2>
<p style="text-align: center;"><a href="http://owni.fr/files/2010/09/CalculManifPoster.pdf" target="_blank"><img class="aligncenter" src="http://owni.fr/files/2010/09/schemaManifestation.jpg" alt="" width="678" height="451" /></a></p>
<h2 style="text-align: center;">Et n&#8217;oubliez pas de vous afficher!</h2>
<p><a href="http://owni.fr/2010/09/22/manif-du-23sept-affichez-vous/" target="_blank"><img class="alignleft" src="http://owni.fr/files/2010/09/concoursaffiche-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a></p>
<p>Pour cette manifestation contre la réforme des retraites du 2 octobre,  OWNI relance son concours d&#8217;art militant : les affiches envoyées à  concours@OWNI.fr les plus plébiscitées seront mises en valeur sur notre  site.</p>
<p><strong><a href="http://owni.fr/2010/09/22/manif-du-23sept-affichez-vous/" target="_blank">[concours d'affiches] Manif du #2oct: affichez-vous!</a></strong></p>
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		<title>Le partage est légitime</title>
		<link>http://owni.fr/2010/09/27/le-partage-est-legitime/</link>
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		<pubDate>Mon, 27 Sep 2010 15:01:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Aigrain</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Philippe Aigrain défend la possibilité de partager la culture même sans autorisation des auteurs. Quand on l'interdit, de mauvaises pratiques se mettent en place. Sa prohibition sera vue un jour comme un étonnant obscurantisme.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le partage de fichiers représentant des œuvres couvertes par le  droit d’auteur entre individus sans but de profit a été rendu illégal au  cours des 30 dernières années dans la plupart des pays<sup><a id="identifier_0_1766" title="Pas l&amp;#8217;Espagne, par exemple" href="#footnote_0_1766">1</a></sup> et dans la plupart des cas. Cela ne m’empêche d’affirmer haut et fort que l’acte de prendre une œuvre numérique qu’on a acquis<sup><a id="identifier_1_1766" title="Commercialement ou en la recevant d&amp;#8217;une autre personne." href="#footnote_1_1766">2</a></sup> et de la copier, la rendre accessible à d’autres ou leur envoyer est  non seulement légitime, mais une contribution essentielle à  l’établissement d’une culture commune.</p>
<p>Je propose de défendre cette position en suivant les points suivants:  montrer l’utilité du partage (délimité comme ci-dessus) et sa  légitimité même sans autorisation des auteurs, montrer que lorsqu’on  l’interdit, les pratiques culturelles appauvrissantes chassent les  pratiques enrichissantes, et finalement affirmer que la prohibition du  partage sera un jour vue comme un étonnant obscurantisme.</p>
<h2>Le partage bénéficie toujours à l&#8217;auteur</h2>
<p>Le partage est utile et légitime même lorsqu’il concerne des œuvres dont on n’est pas l’auteur. Pendant des siècles, chacun fut libre de transmettre à d’autres des  œuvres comme les livres ou les disques selon son bon vouloir. Cela fut  codifié par deux mécanismes distincts : la doctrine de <strong>l’<em>épuisement des droits par la première vente</em></strong> et la reconnaissance que les actes dans<strong> la sphère privée ne regardent en rien les détenteurs de droits</strong><sup><a id="identifier_2_1766" title="Je ne fais pas référence ici aux lois sur la copie privée qui ont en réalité limité les droits d&amp;#8217;usage dans la sphère privée en les soumettant à une compensation. Ce que je souligne, c&amp;#8217;est que pendant des siècles, le copyright et le droit d&amp;#8217;auteur n&amp;#8217;ont rien eu à dire des actes dans la sphère privée" href="#footnote_2_1766">3</a></sup>.  Il était accepté qu’un telle transmission des œuvres était à la racine  d’une culture partagée, et au bout du compte bénéficiait aux auteurs et  autres contributeurs.</p>
<p>Avec le développement de l’informatique, de la numérisation et  d’Internet, l’échelle et la portée du partage furent considérablement  étendus. Son utilité n’en souffrit nullement. De fait, le partage se  trouva doté d’une nouvelle fonction: <strong>contrebalancer à un certain degré  la capacité des médias centralisés à concentrer l’attention du public</strong> sur un tout petit nombre d’œuvres pour maximiser le profit tiré de  chaque titre. Dans l’ère de l’information, si le partage à grande  échelle ne fournissait pas un canal alternatif de distribution, l’accès  effectif à la culture serait sérieusement appauvri.</p>
<p>Depuis 2006, il m’a été possible de démontrer un effet positif  important du partage de fichiers sur la diversité d’attention aux  œuvres, d’abord dans le cas du partage volontaire<sup><a id="identifier_3_1766" title="Philippe Aigrain, Diversity, attention and symmetry in a many-to-many information society, First Monday 11,6" href="#footnote_3_1766">4</a></sup>, et plus récemment pour le partage pair à pair eDonkey/eMule<sup><a id="identifier_4_1766" title="Philippe Aigrain, Sharing: Culture and the Economy in the Internet Age, à paraître en 2011" href="#footnote_4_1766">5</a></sup>.</p>
<h2>Financer la production des œuvres autrement</h2>
<p>Récompenser et financer la production des œuvres est utile en soi, et non à titre de compensation. <strong>L’informatique et Internet portent un développement explosif de la  créativité, de l’expression publique et de l’échange d’information.</strong> Le  nombre de personnes qui s’impliquent dans ces activités, et parmi elles,  de celles qui souhaitent investir plus de temps et d’énergie pour des  productions plus élaborées est en croissance constante. Réussir à  fournir à autant de personnes les moyens de mieux contribuer aux communs  culturels est un défi majeur, que ces moyens consistent en récompenses  pour des œuvres déjà produites ou en soutien à la production de  nouvelles œuvres.</p>
<p>Comme la valeur ajoutée du numérique ne se matérialise  qu’en l’absence de coûts de transaction dans le chemin de l’accès et de  l’usage, de nouveaux modèles de mutualisation de ressources seront  nécessaires, au-delà des soutiens publics et des marchés qui  continueront à jouer un rôle important.  <strong>Cette mutualisation existe déjà  en partie, utilisant des mécanismes volontaires, <em>bottom-up</em> comme <a href="http://paigrain.debatpublic.net/www.kickstarter.com">Kickstarter</a> et <a href="http://www.flattr.com/">Flattr</a>,  par exemple.</strong></p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-29658" title="sharing" src="http://owni.fr/files/2010/09/sharing.jpg" alt="" width="640" height="412" /></p>
<p>Beaucoup pensent néanmoins (et j’en suis) qu’il sera  nécessaire de mettre en place des mécanismes de contribution obligatoire  de tous pour collecter et distribuer les ressources adaptées à  l’échelle immense des activités informationnelles. Quels que soient les  modèles qui seront mis en place, une chose est sûre, <strong>leur pertinence n’a  rien à voir avec la compensation des souffrances supposées de certaines  industries</strong><sup><a id="identifier_5_1766" title="Si nécessaire, on pourra bien sûr démontrer, pour les besoins des nécessaires réformes des lois sur le droit d&amp;#8217;auteur ou le copyright, que créateurs et même investisseurs sont plus que compensés des dommages éventuels qu&amp;#8217;ils subiraient du fait d&amp;#8217;une reconnaissance du partage. Mais ce n&amp;#8217;est pas sur cette base que l&amp;#8217;on peut construire les systèmes de financement de la création visant Internet." href="#footnote_5_1766">6</a></sup>.</p>
<p>D’abord, parce que considérés macroscopiquement, ces secteurs économiques vont on ne peut mieux<sup><a id="identifier_6_1766" title="Voir Felix Oberholzer-Gee and Koleman Strumpf, File Sharing and Copyright, NBER Series, 2010, p. 19-55. et mon propre travail utilisant un périmètre différent pour l&amp;#8217;économie de chaque média." href="#footnote_6_1766">7</a></sup>.  Ensuite, parce que ce qui ne va authentiquement pas bien dans chacun de  ces secteurs, à savoir la concentration de l’attention du public et des  revenus sur un petit nombre d’artistes et de détenteurs de leurs  droits, sera en partie corrigé par un partage rendu légal. Les  ressources d’une masse très étendue de créateurs seront significativement accrues si un système de financement spécifique à  Internet et socialement équitable<sup><a id="identifier_7_1766" title="C&amp;#8217;est à dire distinct du droit d&amp;#8217;auteur." href="#footnote_7_1766">8</a></sup> est mis en place. Le reste relève de la conduite de politiques de concurrence exigeantes dans le domaine des médias.</p>
<h2>La répression entraine de mauvais usages</h2>
<p>Quand le partage est réprimé, de mauvais types de technologies et d’usage remplacent ceux qui sont socialement utiles. La situation présente, caractérisée par la stigmatisation et la  répression du partage est profondément insatisfaisante du point de vue  culturel. Les droits légitimes des usagers sont niés, l’accès non  autorisé ne disparait pas, mais <strong>il est rabattu sur l’usage de  technologies appauvrissantes, comme le streaming</strong>. Celui-ci, par exemple,  maintient la plupart des usagers<sup><a id="identifier_8_1766" title="Ceux qui savent capturer les flux de streaming pour obtenir un fichier échappent à cet enfermement" href="#footnote_8_1766">9</a></sup> dans une situation de réception passive quand les technologies  disponibles leur permettraient - quand ils le souhaitent  de s’investir  dans toute la gamme des activités qui vont de la réception critique à la  production amateur ou semi-professionnelle.</p>
<p>La guerre spécifiquement  conduite contre le partage pair à pair par des moyens technologiques,  juridiques ou de lavage de cerveau constitue une régression culturelle  aberrante. Le résultat net de 15 ans de répression du partage de  fichiers est de maintenir une part importante de la population dans des  situations de réception passive et de ne permettre à une minorité de  bénéficier des bénéfices des communs culturels que dans un environnement  marginalisé, stigmatisé et pollué.</p>
<h2>Pourquoi se priver de distribuer la culture ?</h2>
<p>Agir comme un distributeur volontaire des productions culturelles<sup><a id="identifier_9_1766" title="sans but de profit et la plupart du temps en y investissant des ressources, au moins indirectement" href="#footnote_9_1766">10</a></sup> est une capacité fondamentale de près de deux milliards d’êtres  humains.  Un jour, on se demandera comment il fut possible à certains  d’entre nous de vouloir priver leurs concitoyens de cette capacité. Dans  la Grèce antique, quand l’écriture alphabétique se répandit et permit  de transcrire la parole, certains prêtres et philosophes virent dans  cette capacité un sacrilège et un risque de destruction de leur  civilisation<sup><a id="identifier_10_1766" title="Voir Clarisse Herrenschmidt, Les trois écritures: langue, nombre, code, NRF, Gallimard, 2007." href="#footnote_10_1766">11</a></sup>. Heureusement, l’écriture ne fut pas mise hors la loi, mais il fallut  des millénaires pour que la majorité des populations se l’approprie.  Espérons qu’il ne faudra pas autant de temps, pas même un siècle, pas  même dix ans, pour reconnaître le partage.</p>
<p>Article publié initialement sur le <a href="http://paigrain.debatpublic.net/?p=1766" target="_blank">blog de Philippe Aigrain</a> en Creative Commons by-sa. Les inter-titres ont été modifiés et les illustrations rajoutées par la rédaction d&#8217;OWNI .</p>
<p>Illustrations FlickR CC by-nc : <a href="http://www.flickr.com/photos/tobanblack/">Toban Black</a>, <a href="http://www.flickr.com/photos/wooandy/">Andy Woo</a></p>
<ol>
<li id="footnote_0_1766">Pas l’Espagne, par exemple [<a href="#identifier_0_1766">↩</a>]</li>
<li id="footnote_1_1766">Commercialement ou en la recevant d’une autre personne. [<a href="#identifier_1_1766">↩</a>]</li>
<li id="footnote_2_1766">Je  ne fais pas référence ici aux lois sur la copie privée qui ont en  réalité limité les droits d’usage dans la sphère privée en les  soumettant à une compensation. Ce que je souligne, c’est que pendant des  siècles, le copyright et le droit d’auteur n’ont rien eu à dire des  actes dans la sphère privée [<a href="#identifier_2_1766">↩</a>]</li>
<li id="footnote_3_1766">Philippe Aigrain, <a href="http://firstmonday.org/htbin/cgiwrap/bin/ojs/index.php/fm/article/view/1337/1257">Diversity, attention and symmetry in a many-to-many information society</a>, First Monday 11,6 [<a href="#identifier_3_1766">↩</a>]</li>
<li id="footnote_4_1766">Philippe Aigrain, <em>Sharing: Culture and the Economy in the Internet Age</em>, à paraître en 2011 [<a href="#identifier_4_1766">↩</a>]</li>
<li id="footnote_5_1766">Si  nécessaire, on pourra bien sûr démontrer, pour les besoins des  nécessaires réformes des lois sur le droit d’auteur ou le copyright, que  créateurs et même investisseurs sont plus que compensés des dommages  éventuels qu’ils subiraient du fait d’une reconnaissance du partage.  Mais ce n’est pas sur cette base que l’on peut construire les systèmes  de financement de la création visant Internet. [<a href="#identifier_5_1766">↩</a>]</li>
<li id="footnote_6_1766">Voir  Felix Oberholzer-Gee and Koleman Strumpf, File Sharing and Copyright,  NBER Series, 2010, p. 19-55. et mon propre travail utilisant un  périmètre différent pour l’économie de chaque média. [<a href="#identifier_6_1766">↩</a>]</li>
<li id="footnote_7_1766">C’est à dire distinct du droit d’auteur. [<a href="#identifier_7_1766">↩</a>]</li>
<li id="footnote_8_1766">Ceux qui savent capturer les flux de streaming pour obtenir un fichier échappent à cet enfermement [<a href="#identifier_8_1766">↩</a>]</li>
<li id="footnote_9_1766">sans but de profit et la plupart du temps en y investissant des ressources, au moins indirectement [<a href="#identifier_9_1766">↩</a>]</li>
<li id="footnote_10_1766">Voir Clarisse Herrenschmidt, Les trois écritures: langue, nombre, code, NRF, Gallimard, 2007. [<a href="#identifier_10_1766">↩</a>]</li>
</ol>
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		<title>Les nouveaux nouveaux chiens de garde</title>
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		<pubDate>Fri, 24 Sep 2010 13:25:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Guillaume Henchoz</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le financement d'enquêtes journalistiques par des organismes qui défendent un intérêt pour une cause ou un projet, comme les ONG ou l'agence de presse maritime Ocean71, émerge. Deux chercheurs ont étudié cette nouvelle façon de financer le journalisme d'investigation.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a title="Disruptive News Technologies : Stakeholder Media and the Future of Watchdog Journalism Business Models" href="http://markleehunter.free.fr/documents/IJ_business.pdf" target="_self">Dans un papier commandé par l’INSEAD</a></strong><strong>,</strong><strong> Mark Lee Hunter et Luk Van Wassenhove</strong><strong> développent  l’émergence d’un nouveau modèle économique propre au journalisme. Le  regard original des deux</strong><em><strong> chercheurs  ouvre un chantier important  qui permet de donner à la pratique journalistique un nouveau cadre théorique</strong></em><em><strong> mais pose cependant un grand nombre de questions</strong></em><em><strong>.  Quel est le nouveau socle éthique de cette forme de journalisme ? A qui  s’adressent les médias stakeholders ? A quoi ressembleront les chiens  de garde de demain ? Au service de qui travailleront-ils ?<br />
</strong></em></p>
<p><em>« Disruptive News Technologies : Stakeholder Media and the Future of Watchdog Journalism Business Models »</em>.  Avec un titre pareil, on peut comprendre que l’étude n’ait pas trouvé  beaucoup de relais en francophonie… L’intitulé est déjà tout un  programme. L’étude formée d’une quarantaine de pages  a été écrite par  un ancien journaliste d’investigation, Mark Lee Hunter, qui a déjà fait  l’objet d’un billet sur <a title="Mark Lee Hunter sur Chacaille" href="http://chacaille.wordpress.com/2010/05/06/mark-lee-hunter-et-les-nouveaux-modeles-economiques-du-journalisme-dinvestigation/" target="_self">Chacaille</a> . Ce reporter américain basé à Paris a commencé à se faire remarquer au  cours des années 1990. On lui doit notamment un ouvrage un peu pince  sans rire sur Jack Lang ( le titre en anglais : <em>The Ministry of fun</em>), une  enquête sur l’<a title="Article de Libération, 2003" href="http://www.liberation.fr/culture/0101462772-christie-s-rattrape-par-l-affaire-canson" target="_self">affaire Canson</a> et surtout une longue immersion auprès des militants du Front National (<em>un Américain au Front</em>, 1995). Son compère, Luk Van Wassenhove,  est un pur produit de l<a title="Page de présentation de Luk Van Wassenhave sur le site de l'INSEAD" href="http://www.insead.fr/facultyresearch/faculty/profiles/lvanwassenhove/" target="_self">‘INSEAD</a> dont il occupe la chaire<em> Henry Ford</em>.</p>
<p>L’objectif de cette recherche est de pointer l’apparition et le  développement d’une nouvelle source de financement pour les enquêtes  journalistiques au longs cours. Les auteurs partent du constat que les  médias traditionnels sont de moins en moins enclins à produire de  longues enquêtes :<em> le modèle classique des industries des médias  décline. A de rares exceptions près, comme le Canard enchaîné en France,  ils ne sont pas rentables (p.3). </em>Si les grands groupes de presse et les médias traditionnels restent un support pour la publication d’une certaine forme de <em>watchdog journalism</em>,  ils n’en constituent pas l’apanage exclusif. L’hypothèse qu’ils  formulent est que le journalisme d’enquête va se développer en dehors et  parallèlement à cette industrie quitte à ce que cette dernière récupère  dans un second temps le fruit de l’investigation. Ce sont des <em>stakeholders medias</em> qui seront les principaux commanditaires d’enquête au longs cours.</p>
<h2>Mais qu’est ce qu’un <em>stakeholder media</em>, exactement ?</h2>
<p>Le terme <em>stakeholder</em> provient du vocabulaire managérial et économique. La théorie de management que l’on appelle <a title="Stakeholder theory. Renvoi vers l'article Wikipedia en anglais" href="http://en.wikipedia.org/wiki/Stakeholder_theory" target="_self"><em>Stakeholder view</em></a> consiste à considérer une corporation non pas à travers ses actionnaires (les <em>shareholders</em>) mais par le biais de celles et ceux qui en produisent la valeur, soit les acteurs qui  en sont les <em>parties prenantes</em>, les <em>stakeholders</em>.  La notion a évolué pour désigner un organisme qui défend un intérêt  pour une cause ou un projet. Les organisations non gouvernementales par  exemple, portent assez bien l’étiquette <em>stakeholder</em>. Appliqué  au monde des médias, le terme semble tout de suite désigner la presse  d’opinion. Cette perspective est toutefois  réductrice et  biaisée. Hunter et Wassenhove  désignent comme <em>stakeholders</em> des médias qui sont articulés autour d’une<em> « communauté d’intérêt concernée par un sujet ou une cause »</em> (p. 8).</p>
<p>La principale critique que les auteurs commencent par esquiver est  celle  de la crédibilité des informations portées par ce type de médias.  On  peut en effet se demander ce que valent les infos qui y sont  déposées.  Même au service d’une « bonne » cause, le travail  journalistique serait  invalidé par les présupposés et les intérêts du <em>stakeholder</em> qui y serait  associé. Tel n’est pas le cas affirment les deux  chercheurs. Ce type de  médias n’est pas moins crédible que la presse  d’opinion. Qui plus est,  les médias <em>stakeholders</em> n’avancent  pas masqués sous l’étiquette de  l’objectivité – un point que je  développerai dans le prochain billet- . Hunter et Wassenhove vont même  plus loin. Ils constatent  que même avant le début de la crise  financière qui a touché les médias,  ces derniers étaient en perte de  crédibilité par rapport à leur public.  Les chercheurs mentionnent  notamment une intéressant sondage réalisé par  la<a title="Sondage Sofres commandé par la Croix" href="http://www.la-croix.com/Barometre-2010-de-confiance-dans-les-medias-/documents/2411474/47604" target="_self"> Sofres en janvier 2010. </a>Ce  dernier indique que 66% du public ne  croit plus à l’indépendance des  journalistes. ce pourcentage serait même  en augmentation régulière. A  partir de ce constat, on peut imaginer que  le public ne fera pas moins  confiance à un <em>stakeholder</em> qu’à un média traditionnel.</p>
<h2>Des enquêtes financées par un tiers intéressé par le sujet</h2>
<p>Ce n’est donc pas le positionnement idéologique du média qui en fait un <em>stakeholder</em>, mais plutôt l’intérêt qu’il porte à un sujet. On peut ainsi considérer des sites comme celui d’<a title="Amnesty International, section suisse" href="http://www.amnesty.ch/fr" target="_self">Amnesty International</a> ou celui de <a title="HRW, en français" href="http://www.hrw.org/fr" target="_self">Human Rights Watch</a> comme des <em>stakeholders</em>.  Cette dernière association a d’ailleurs produit plusieurs rapports sur  des problématiques inhérentes aux droits de l’homme avec le concours de  journalistes. De plus, Human Rights Watch vient de décrocher la timbale.  Le financier-philanthrope George Soros vient de lui adresser <a title="HRW, association mulitmillionaire (article Infosud)" href="http://www.infosud.org/spip.php?article8838" target="_self">une obole de 100 millions de francs</a>.  Nul doute que cet argent pourrait servir à financer des investigations  onéreuses. Mais des médias au format plus « classique »  peuvent très  bien rentrer dans cette catégorie. La <a title="Site de la Revue Durable" href="http://www.larevuedurable.com/" target="_self">Revue Durable </a>par  exemple, que l’on trouve aussi en format magazine, cherche aussi à  fonder une communauté d’intérêt autour d’un sujet. Même chose du côté de  <a title="Site d'Océan 71" href="http://ocean71.com/" target="_self">Océan 71</a>, un site internet qui s’intéresse au grand large et qui vient de lancer <a title="Sauvez une sardine, magez un thon !" href="http://ocean71.com/fr/category/expeditions/" target="_self">une enquête sur la pêche au thon rouge</a>.</p>
<p><img class="aligncenter size-large wp-image-29378" title="ocean71" src="http://owni.fr/files/2010/09/ocean71-1024x599.png" alt="" width="640" /></p>
<p>Plus généralement,  Les médias stakeholders se déclinent à travers  différentes formes, via divers supports. Cela va du site internet à la  newsletter en passant par l’imprimé ou la radio. Quoi qu’il en soit, ces  médias se sont principalement développés grâce à l’émergence du web. Il  faut également différencier ce type de médias des réseaux sociaux :<em> »  Twitter, Facebook, LinkedIn, ne constituent pas des médias stakeholders  pour l’instant. Ils sont par contre utilisés par les stakeholders pour  organiser leurs contacts et diffuser les alertes »</em>. (p. 8 ). Les<em> stakeholders</em> vont donc permettre à de nouveaux nouveaux chiens de garde d’effectuer leur travail de veille et d’enquête.</p>
<h2>Dénoncer les dysfonctionnements</h2>
<p>Il  est intéressant de constater que les auteurs font la différence entre  les <em>watchdogs journalists</em> et les <em>investigators</em>.  Tous les chiens de  garde ne sont pas forcément de bons enquêteurs.  L’investigation requiert  des compétences, un réseau, et une certaine  maîtrise de l’interview que  les <em>watchdogs</em> ne maîtrisent pas obligatoirement. Cependant un bon  journaliste d’investigation remplit quasi automatiquement la fonction de  <em>watchdog</em>, selon Hunter et Wassenhove. Il vaut la peine de  s’arrêter également un instant sur ce terme de <em>watchdog</em>. L’expression <em>Chien de garde</em>, en français, est fortement connotée, notamment après  la parution de l’ouvrage de Serge Halimi (S. Halimi,<em> Les nouveaux chiens de garde</em>,  Seuil, 1997). Dans cet ouvrage, les chiens  de garde sont les  journalistes et les représentants d’une sphère  médiatique au service du  pouvoir et des groupes économiques. En France, Le chien  aboie pour les  puissants. La sociologue des médias <a title="Extrait d'un passage de G. Muhlmann, &quot;du journalisme en démocratie&quot;" href="http://www.hansen-love.com/article-medias-journalisme-et-democratie-le-watchdog-journalism--40381370.html" target="_self">Géraldine Muhlmann s’est déjà étonnée</a> de la connotation beaucoup plus positive que trouve le terme auprès des   médias anglo-saxons et plus particulièrement américains. Il y désigne  une pratique journalistique qui s’intéresse de près aux rouages du  pouvoir et qui n’hésite pas à dénoncer les dysfonctionnements et les  abus de ce dernier. Le <em>watchdog journalism</em> se développe au  cours des décennies 1960 et 1970 et connait son heure  de gloire avec le  scandale du Watergate. De l’autre côté de  l’Atlantique, le chien aboie  pour les citoyens. Peut-être est-il temps de se de réapproprier le  terme sur le vieux Continent et de le doter d’une connotation plus  positive ?</p>
<p>Le financement d’enquêtes par ce type de médias suscite quelques  ruptures par rapport à la pratique journalistique. Les chercheurs en  dénombrent au moins trois qu’ils mentionnent dans leur recherche et que  je développerai dans des billets à venir en prenant des exemples  concrets  :</p>
<p>1. On assiste au au développement d’un nouveau cadre théorique de l’éthique journalistique.</p>
<p>2. Le contenu des investigations ne consiste plus en un « produit » mais en un « service ».</p>
<p>3. La réorientation du marché se concentre non plus sur le « public » mais s’adresse à une « communauté ».</p>
<p>A suivre…</p>
<p>Article initialement publié sur <a href="http://chacaille.wordpress.com/2010/09/11/les-nouveaux-nouveaux-chiens-de-garde-14/" target="_blank">Chacaille</a></p>
<p>Illustrations CC FlickR : <a href="http://www.flickr.com/photos/8533266@N04/3905977090/" target="_blank">~BostonBill~</a></p>
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