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		<title>Nouvelle pirouette sur l&#8217;Internet iranien</title>
		<link>http://owni.fr/2012/10/09/nouvelle-pirouette-sur-linternet-iranien/</link>
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		<pubDate>Tue, 09 Oct 2012 08:13:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Alonso</dc:creator>
				<category><![CDATA[Libertés Numériques]]></category>
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		<description><![CDATA[En deux semaines, les autorités iraniennes ont décidé de bloquer l'accès à Gmail, de le débloquer, pour finalement empêcher la consultation de fichiers sons et vidéos. Un nouveau pas dans les circonvolutions de Téhéran visant à limiter la diffusion d'informations. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://owni.fr/files/2012/10/censure-internet-iran-copy.jpg" alt="" title="censure-internet-iran copy" width="640" height="453" class="alignnone size-full wp-image-121989" /></p>
<p>La République islamique n&#8217;en finit <a href="http://owni.fr/2012/09/24/linternet-verrouille-made-in-iran/">pas de bloquer Internet</a>, de rétropédaler, pour finalement trouver de nouveaux moyens pour limiter toujours plus la pénétration d&#8217;informations en Iran. Depuis le 4 octobre, le gouvernement d&#8217;Ahmadinejad <a href="http://storify.com/smallmedia/iran-blocks-mp3-mp4-avi-and-swf-files">a trouvé</a> une nouvelle lubie : le son et la vidéo. Les fichiers sons (mp3 uniquement), vidéos (mp4, avi) et au format flash (swf) ne sont plus consultables en Iran, même s&#8217;ils sont hébergés à l&#8217;extérieur du pays. </p>
			<div class="post insertPost cat-activisme" style="float:right;margin-left:15px;">
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					<a href="http://owni.fr/2012/09/24/linternet-verrouille-made-in-iran/" title="L&#8217;Internet (verrouillé) made in Iran">
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				<h3 class="entry_title"><a href="http://owni.fr/2012/09/24/linternet-verrouille-made-in-iran/" title="L&#8217;Internet (verrouillé) made in Iran">L&#8217;Internet (verrouillé) made in Iran</a></h3>
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						<p>Les autorités iraniennes avancent et rétropédalent depuis des mois sur leur projet d'Intranet géant. Hier, le ministre de ...</p>
					</a>
				</div><!-- fin entry_texte -->
			</div><!-- fin insert Post -->		
<p>Cette ligne Maginot est une nouvelle étape de la drôle de guerre de Téhéran pour le contrôle d&#8217;Internet. Il y a deux semaines, le ministre délégué aux Communications, Reza Taghipour, annonçait tout feu tout flamme la coupure prochaine de Gmail, le service de messagerie de Google, ainsi que la version sécurisée du moteur de recherche. </p>
<p>Officiellement, les autorités voulaient couper l&#8217;accès au film<a href="http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/Les-dossiers-de-la-redaction/Libye-Egypte-le-film-de-la-discorde/p-22843--L-innocence-des-musulmans-sanglante-provocation.htm"> &#8220;L&#8217;innocence des musulmans&#8221;</a>, diffusé sur YouTube. Ou du moins surfer sur cette vague. En creux, l&#8217;objectif était plus de diminuer encore les possibilités d&#8217;échanger avec l&#8217;extérieur. Patatra. Devant la grogne de certaines personnalités politiques, <a href="http://www.huffingtonpost.com/2012/10/01/iran-gmail-blocked_n_1928448.html?utm_hp_ref=technology">Gmail a été débloqué</a> à peine une semaine après. </p>
<h2>Pirouette</h2>
<p>De la même façon qu&#8217;au printemps lorsque le protocole https, utilisé pour les connexions sécurisées (donc les emails), <a href="http://owni.fr/2012/02/13/iran-etrangle-internet-filtrage-dpi/">a été bloqué</a>, le gouvernement est vite revenu en arrière. Le secteur bancaire notamment n&#8217;avait pas du tout apprécié d&#8217;être ainsi entravé dans sa communication vers l&#8217;extérieur. Cette fois-ci, l&#8217;insigne honneur d&#8217;exécuter la pirouette est revenu au porte-parole du pouvoir judiciaire. Dans le journal iranien <em>Mellat Ma</em>, Gholamhossein Ejeï a déclaré le 2 octobre : </p>
<blockquote><p>Comme une partie du film anti-Islam avait été diffusé sur le site YouTube et que ce site avait été acheté par Google, en filtrant YouTube il y a eu des perturbations techniques dans l’usage de Google et Gmail.</p></blockquote>
<p>Circulez, rien n&#8217;est censuré. Sauf YouTube, toujours inaccessible. Et même Internet dans son ensemble pour les administrations. Reza Taghipour, aujourd&#8217;hui plus ministre du minitel que des Communications, avait aussi annoncé l&#8217;ouverture d&#8217;un intranet géant pour les institutions.</p>
<h2>Contre Stuxnet et la rue</h2>
<p>Les menaces redoutées par le régime ont deux noms : cyberattaques et manifestations. Depuis la révolte de juin 2009 après la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad, Téhéran limite au maximum la circulation de l&#8217;information. Par peur qu&#8217;un nouveau mouvement naisse sur les réseaux. Ces jours derniers, <a href="http://bourse.lesechos.fr/forex/infos-et-analyses/le-rial-iranien-plonge-de-7-plus-bas-historique-face-au-dollar-812891.php">l&#8217;effondrement de la monnaie nationale</a> a provoqué des protestations, <a href="http://keyhani.blog.lemonde.fr/2012/10/03/iran-le-bazar-se-met-en-greve/">jusqu&#8217;au bazar de Téhéran</a>, l&#8217;un des poumons économiques de la capitale.</p>
<p><a href="http://www.global.asc.upenn.edu/fileLibrary/PDFs/FindingaWay.pdf">Une récente étude (PDF)</a> sur la consommation des médias en Iran, menée dans quatre grandes villes iraniennes, laisse penser que le phénomène a été largement surestimé ou a depuis périclité. Les résultats du sondage, réalisé par l&#8217;université de Pennsylvanie, montre que 96% des sondés utilisent d&#8217;abord la télévision pour s&#8217;informer. Internet n&#8217;arrive qu&#8217;en quatrième position. Certes, les jeunes (surtout les 18-28 ans) ont plus recours à Internet que leurs aînés, mais le classement n&#8217;est pas bouleversé. </p>
<p>C&#8217;est en tout cas suffisant pour Téhéran qui n&#8217;en finit pas de cadenasser Internet. Par peur aussi de subir de nouvelles cyberattaques. Lundi, un officiel de l&#8217;Iranian Offshore Oil Company <a href="http://uk.reuters.com/article/2012/10/08/uk-iran-cyber-idUKBRE8970B520121008">a affirmé</a> que les systèmes de communications de plusieurs plateformes pétrolières étaient attaqués ces dernières semaines. </p>
<hr />
Photo par <a href="https://secure.flickr.com/photos/khalidalbaih/5937454956/">Khalid Albaï [CC-by]</a> via flickr</p>
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		<title>L&#8217;Internet (verrouillé) made in Iran</title>
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		<pubDate>Mon, 24 Sep 2012 12:43:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Alonso</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les autorités iraniennes avancent et rétropédalent depuis des mois sur leur projet d'Intranet géant. Hier, le ministre de la Communication a annoncé l'entrée des administrations dans l'Intranet. La population gagne un sursis, mais sans Gmail et Google, du moins à en croire les déclarations. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://owni.fr/files/2012/09/Iran-Internet-intranet-mana-neyestani-papier.jpg"><img src="http://owni.fr/files/2012/09/Iran-Internet-intranet-mana-neyestani-papier.jpg" alt="" title="Iran-Internet-intranet-mana-neyestani-papier" width="630" height="756" class="alignright size-full wp-image-120787" /></a></p>
<p>Promesse en était faite depuis de longs mois. L&#8217;administration iranienne n&#8217;est plus reliée au grand réseau mondial depuis hier, <a href="http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2012/09/23/97001-20120923FILWWW00150-l-iran-cree-son-intranet-national.php">selon les déclarations</a> du ministre délégué aux Communications et aux technologies de l&#8217;information, Reza Taghipour. Finies les attaques informatiques, exit Stuxnet, bye-bye Flame, ses avatars et réplications ! L&#8217;administration a débranché.</p>
<p>Le ministre des Communications avait été très, très courroucé par les révélations sur l&#8217;origine de ces cyberattaques, un programme conjoint des Etats-unis et d&#8217;Israël baptisé Olympic Games. Il avait alors étrillé <em>&#8220;le terrorisme d&#8217;Etat&#8221;</em>, <a href="http://www.radiozamaneh.com/english/content/iran-says-flame-virus-contained">selon l&#8217;agence</a> officielle iranienne Fars News. </p>
<p>Fin juillet, un petit dernier, dans la même veine, faisait son apparition. <a href="http://www.f-secure.com/weblog/archives/00002403.html">Selon un mail signé</a> d&#8217;un chercheur de l&#8217;organisation de l&#8217;énergie atomique iranienne, un nouveau virus touchait deux sites sensibles, l&#8217;usine d&#8217;enrichissement en uranium de Natanz et l&#8217;installation restée longtemps clandestine à Fordow. Les ordinateurs infectés se mettaient subitement à jouer Thunderstruck du groupe AC/DC. </p>
<h2>Un très grand intranet</h2>
<p>Les officiels parlent aujourd&#8217;hui d&#8217;un intranet destiné à l&#8217;administration et non l&#8217;ensemble de la population comme il en a parfois été question. Effets d&#8217;annonce et rétropédalages ont émaillé ce projet <a href="http://internetofelsewhere.com/2011/04/17/iran-announces-halal-internet-and-new-cyberdefense-study-programs/">depuis les évocations</a> de <em>&#8220;l&#8217;Internet halal&#8221;</em> en avril 2011 par un membre du gouvernement de Mahmoud Ahmadinejad. Halal, soit licite, en opposition à l&#8217;Internet mondiale jugé corrompu.</p>
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				<h3 class="entry_title"><a href="http://owni.fr/2012/02/13/iran-etrangle-internet-filtrage-dpi/" title="L&#8217;Iran étrangle Internet">L&#8217;Iran étrangle Internet</a></h3>
				<div class="entry_texte">
					<a href="http://owni.fr/2012/02/13/iran-etrangle-internet-filtrage-dpi/" title="L&#8217;Iran étrangle Internet">
						<p>L'Iran accentue sa pression sur le web, en mettant en place plusieurs dispositifs de blocage et de filtrage du réseau. ...</p>
					</a>
				</div><!-- fin entry_texte -->
			</div><!-- fin insert Post -->		
<p>L&#8217;argument sécuritaire a bon dos. Le régime a largement ralenti les moyens de communications &#8211; Internet et téléphonie mobile &#8211; à chaque crise politique depuis les manifestations contestant l&#8217;réélection de Mahmoud Ahmadinejad. Un officiel iranien, Abdolsamad Khoramabadi, a annoncé dimanche que Gmail et Google seraient désormais bloqués, sans avancer d&#8217;autres justifications. Mais selon une agence de presse iranienne semi-officielle, le <em>Young Journalists Club</em>, la mesure viserait le film <em>Innocence of Muslims</em>.</p>
<p>Rien ne permet de dire si les annonces ont été suivies d&#8217;effet ou n&#8217;avait qu&#8217;une valeur déclarative. Le rapport de Google Transparency <a href="http://www.google.com/transparencyreport/traffic/?r=IR&#038;l=GMAIL&#038;csd=1293935400000&#038;ced=1348480800000">ne montre pas</a> de chute du trafic sur Gmail ou Google. Plusieurs habitants, <a href="http://www.guardian.co.uk/world/2012/sep/23/iran-block-access-google-gmail">interrogés</a> tard dans la nuit par le <em>Guardian</em>, n&#8217;avaient pas remarqué un filtrage systématique de leur messagerie.</p>
<hr />
<p>Dessin de <a href="https://www.facebook.com/photo.php?fbid=529922473690413&#038;set=a.145324765483521.27748.114760155206649">Mana Neyestani</a> ©.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Bûcher diplomatique à Téhéran</title>
		<link>http://owni.fr/2012/03/12/feu-les-relations-france-iran/</link>
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		<pubDate>Mon, 12 Mar 2012 13:00:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Alonso</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Selon des informations inédites recueillies par <em>OWNI</em>, au mois de décembre, la France a ordonné la destruction des archives diplomatiques de son ambassade de Téhéran. Paris entendait se prémunir contre toute attaque, comme celle conduite deux jours plus tôt contre le Royaume-Uni. Récit d'une semaine  brûlante, autour de la piscine de l'ambassadeur.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_101627" class="wp-caption alignnone" style="width: 649px"><a href="http://owni.fr/files/2012/03/Iran-ambassade-France-clé.png"><img class="size-full wp-image-101627" title="Iran ambassade France clé" src="http://owni.fr/files/2012/03/Iran-ambassade-France-clé.png" alt="" width="639" height="429" /></a><p class="wp-caption-text">Les archives brûlent dans la piscine devant la chancellerie de l&#39;ambassade de France en Iran.</p></div>
<p>Pendant près d&#8217;une semaine, début décembre, une fumée noire s&#8217;échappait de l&#8217;ambassade de France en Iran. Des années d&#8217;archives diplomatiques ont brûlé dans la piscine de l&#8217;ambassade, à l&#8217;initiative de la représentation française (comme le montrent les photos que nous avons recueillies). La mesure se voulait préventive, deux jours après la mise à sac de sites diplomatiques britanniques à Téhéran.</p>
<p>Le 29 novembre, des miliciens affiliés au régime, <a href="http://www.guardian.co.uk/world/2011/nov/29/iranian-students-storm-british-embassy">prennent d&#8217;assaut</a> deux enclaves diplomatiques de la Grande-Bretagne. La foule, de taille modeste, saccage les lieux, brûle un portrait de la reine et hisse un drapeau de la République islamique. L&#8217;épisode rappelle immédiatement en mémoire la prise d&#8217;otage du personnel de l&#8217;ambassade américaine, pendant la révolution de 1979. Les chancelleries européennes condamnent à l&#8217;unisson cette attaque <em>&#8220;scandaleuse&#8221;</em>, selon les mots du président français, Nicolas Sarkozy.</p>
<p>Le 30 novembre, le lendemain donc, un email est envoyé aux ressortissants français par l&#8217;ambassade :</p>
<blockquote><p>Par mesure de prudence, nous recommandons aux ressortissants français en Iran de rester à leur domicile dans la mesure du possible et en tout état de cause d&#8217;adopter un comportement discret et prudent s&#8217;ils sont amenés à sortir dans les lieux publics.</p></blockquote>
<p>Dans le même temps, le Quai d&#8217;Orsay rappelle son ambassadeur en consultation,<em>&#8220;compte tenu de cette violation flagrante et inacceptable de la convention de Vienne sur les relations diplomatiques et de la gravité des violences&#8221;</em>. Plusieurs membres de l&#8217;Union européenne <a href="www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2011/11/30/l-attaque-de-l-ambassade-britannique-a-teheran-condamnee_1610964_3216.html">font de même</a>, notamment l&#8217;Allemagne, la Suède et les Pays-Bas.</p>
<h2>Tensions récurrentes</h2>
<p>Paris craint d&#8217;être le prochain sur la liste, en raison des tensions fortes qui opposent la France et l&#8217;Iran. Depuis le début de sa présidence, Nicolas Sarkozy s&#8217;est fait le chantre d&#8217;une politique dure envers l&#8217;Iran, débordant même le président Obama et sa politique de la main tendue inaugurée aux premiers jours de son mandat, en 2009.</p>
<p>La crise de décembre dernier n&#8217;est pas la première, mais son intensité est nouvelle. Craignant pour la sécurité de son ambassade, décision est prise au soir du 1er décembre de supprimer les archives diplomatiques. Le personnel de l&#8217;ambassade est réquisitionné. L&#8217;ambassadeur de France, Bruno Foucher, décolle dans la nuit pour Paris, officiellement rappelé en consultation. Avant même qu&#8217;il ne soit parvenu à destination, un télégramme diplomatique arrive à Téhéran : les services culturels, économiques et militaires doivent fermer et le personnel être rapatrié sous huitaine.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-101687" title="ambassade-iran-france-archive-2-verticale" src="http://owni.fr/files/2012/03/ambassade-iran-france-archive-2-verticale.png" alt="" width="640" height="908" /></p>
<p>Le lendemain, tous les agents du corps diplomatique sont convoqués à l&#8217;ambassade. Renaud Salins, Premier conseiller et chargé d&#8217;affaires en l&#8217;absence de l&#8217;ambassadeur, lit le télégramme diplomatique au personnel rassemblé. Ils doivent quitter le pays d&#8217;ici une semaine.</p>
<h2>Piscine</h2>
<p>Ils partent sept jours plus tard, dans la nuit entre le jeudi 8 décembre et vendredi 9 décembre. Entre temps, la piscine de l&#8217;ambassade, en face de la chancellerie, fait office d&#8217;incinérateur. Pendant une semaine brûlent les archives de l&#8217;ensemble des services diplomatiques. Le consulat détruit tout, sauf les documents les plus récents. De même pour le service culturel, situé dans le Nord de la ville.</p>
<p>De très nombreux aller-retour entre le Nord et le centre de la ville, où est située l&#8217;ambassade, permettent de vider les demandes de bourses d&#8217;étudiants iraniens, les documents relatifs à des événements culturels, et les télégrammes diplomatiques reçus. Officiellement, il s&#8217;agit de protéger les Iraniens en cas d&#8217;attaque. Le régime, paranoïaque dès qu&#8217;il s&#8217;agit de contact avec l&#8217;étranger, pourrait reprocher à des citoyens d&#8217;avoir été proches des représentations diplomatiques étrangères.</p>
<p>Une partie des archives échappe à la mesure de destruction. Ces documents sont placés dans un container diplomatique scellé, puis expédié dans l&#8217;hexagone. Seule la France prend une mesure d&#8217;une telle ampleur. L&#8217;ambassade italienne, située non loin de l&#8217;ambassade de France, s&#8217;enquiert de savoir s&#8217;ils disposeraient d&#8217;informations que les Italiens n&#8217;auraient pas, et qui justifierait la destruction de ces archives&#8230;</p>
<h2>Convoi diplomatique</h2>
<p>Jeudi soir, soir du départ, une nouvelle réception est organisée à l&#8217;ambassade. Le personnel sur le départ est réuni. Lecture est faite d&#8217;un message d&#8217;Alain Juppé, ministre français des affaires étrangères.</p>
<p>Condamnant un <em>&#8220;comportement injustifiable&#8221;</em> de la part des manifestants responsables de l&#8217;attaque des sites britanniques, Alain Juppé annonce la <em>&#8220;fermeture temporaire de plusieurs services de l&#8217;ambassade&#8221;</em>. Il s&#8217;agit de ne pas <em>&#8220;exposer inutilement&#8221;</em> le personnel non indispensable et d&#8217;éviter qu&#8217;ils ne deviennent <em>&#8220;des cibles du régime.&#8221;</em></p>
<p>A 23h, jeudi 8 décembre, un convoi de plusieurs voitures quittent l&#8217;ambassade pour l&#8217;aéroport. Personnels de la mission économique, de la mission militaire, des services culturels et de l&#8217;école française s&#8217;envolent dans la nuit. Dans un passé récent, les relations diplomatiques entre les deux pays ont connu des tensions. Ainsi, en juin 2009, la République islamique traversait une crise inédite depuis la révolution, liée à la réélection frauduleuse de Mahmoud Ahmadinejad. Dans ce contexte troublé, l&#8217;Iran avait arrêté une ressortissante française, lectrice à l&#8217;université technique d&#8217;Ispahan. Gardée six semaines en détention, elle avait été placée en résidence surveillée le 16 août, avant d&#8217;être libérée le 16 mai 2010.</p>
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		<title>L&#8217;Iran étrangle Internet</title>
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		<pubDate>Mon, 13 Feb 2012 11:14:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Alonso, Sabine Blanc</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L'Iran accentue sa pression sur le web, en mettant en place plusieurs dispositifs de blocage et de filtrage du réseau. L'occasion pour les autorités d'étouffer un peu plus la contestation, qui se réveille à l'approche des législatives. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-98262" title="censure-filtrage-cible-iran-cc-IsaacMao-EricDrooker-Flickr-640px-1" src="http://owni.fr/files/2012/02/censure-filtrage-cible-iran-cc-IsaacMao-EricDrooker-Flickr-640px-1.jpg" alt="" width="640" height="430" /></p>
<blockquote><p>Je ne pouvais pas entendre sa voix, son visage ressemblait à une peinture cubique.</p></blockquote>
<p>Samedi  soir, Farnaz Seifi, une journaliste et blogueuse iranienne installée en  Allemagne, a essayé d’appeler son frère en Iran par Skype, comme à son  habitude. En vain : la République islamique d’Iran a lancé une nouvelle  vague de censure contre Internet depuis jeudi dernier.  Sur les réseaux, des milliers d’Iraniens signalent ne plus pouvoir accéder à Facebook, Gmail ou Yahoo. <a href="http://www.theglobeandmail.com/news/world/30-million-lose-access-to-foreign-email-in-iran-media-report/article2335250/">Selon une agence de presse iranienne</a>, 30 millions d’Iraniens auraient perdu leur accès à leur service mail, soit un tiers de la population.</p>
<p>Même  le recours à des moyens de contournement de la censure &#8211; proxies ou Tor &#8211;  serait inutile. Un mot-clé a été lancé pour l’occasion sur Twitter,  <a href="https://twitter.com/#%21/search/realtime/%23filternet">filternet</a>. En ligne de mire : les sites nécessitant une connexion sécurisée, utilisant le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Transport_Layer_Security" target="_blank">protocole SSL</a>.  Selon les hacktivistes du projet Tor, les autorités iraniennes censurent le réseau de trois façons.  En scrutant en profondeur les connexions via la technique du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Deep_packet_inspection" target="_blank"><em>deep packet inspection</em></a>, en bloquant directement certaines adresses IP et en filtrant certains mots-clés.</p>
<p>La  lenteur du débit est telle que <em>“consulter ses emails devient presque un défi</em>, détaille Farnaz. <em>Mon frère ouvre Gmail, va se faire du thé,  revient et la page d’accueil se charge toujours.”</em> Une expérience qu’a  également connu le correspondant du <em>Washington Post</em> en Iran, Thomas  Erdbrink, et qu’<a href="https://twitter.com/#!/ThomasErdbrink/status/167565349326303232">il relate</a> en 140 caractères :</p>
<blockquote><p>Gmail  a été bloqué toute la journée en Iran, c’est arrivé avant mais  maintenant que les VPN fonctionnent si mal, c’est très ennuyeux.</p></blockquote>
<p>Selon  Farnaz, les autorités s’en sont aussi pris aux antennes paraboliques.  La jeune femme raconte que les autorités vont aussi de maison en maison pour les réduire en morceaux. L’accès à l’information est  tellement restreint que de nombreux Iraniens <em>“twittent que notre pays sera  bientôt semblable à la Corée du Nord, coupé du reste du monde”</em>, se désole-t-elle.</p>
<p><a href="https://metrics.torproject.org/users.html?graph=bridge-users&amp;start=2011-11-12&amp;end=2012-05-10&amp;country=ir&amp;dpi=150#bridge-users"><img class="alignnone size-full wp-image-98210" title="Internet massivement filtre Iran graph1" src="http://owni.fr/files/2012/02/Internet-massivement-filtre-Iran-graph1-e1329085702180.png" alt="" width="640" height="400" /></a></p>
<h2>Aide extérieure</h2>
<p>La  communauté de Tor a rapidement réagi après le début de cette offensive.  50 à 60 000 utilisateurs de Tor en Iran pourraient être victimes de la  censure, selon Jacob Appelbaum, un des fers de lance du projet.  Vendredi, il a lancé un appel :</p>
<blockquote><p>Aidez les internautes iraniens à se  connecter [...] Nous disposons de peu de détails, mais nous  travaillons sur certaines solutions.</p></blockquote>
<p>L&#8217;équipe d&#8217;activistes affirment disposer d&#8217;un jocker : un pont Tor (programme intermédiaire entre l’utilisateur  et le serveur auquel il veut se connecter) qui permet de faire du  <em>&#8220;camouflage de trafic&#8221;</em>. Reste aux volontaires à le déployer.</p>
<h2>Filtrage massif</h2>
<p>Contrairement à l&#8217;Égypte ou à <a href="../2011/06/07/la-syrie-coupure-net/">la Syrie</a>,  le régime iranien ne semble pas avoir coupé l’accès du pays au réseau  mondial. Le niveau du trafic entrant et sortant reste stable. <a href="https://portal.cedexis.com/dashboard/public/home.html;jsessionid=73860E160B4DC4C8646D29050509394A#pt=0;cat=3;pp=__all;m=4;c=102;n=12880,16322,31549,39501,44244,25124,44285,48431;">Les chiffres de Cedexis</a>, une entreprise spécialisée dans la mesure du trafic,  ne montrent pas de rupture autour du 9 février. Le filtrage était donc ciblé, <a href="http://www.google.com/transparencyreport/traffic/?r=SY&amp;l=EVERYTHING&amp;csd=1306998168022&amp;ced=1307222324832">ce que confirme</a> le <em>Transparency Report</em> fourni par Google. Entre le 9 et le 10 février,  Gmail n’est plus accessible quand les autres services de Google le demeurent.</p>
<div id="attachment_98209" class="wp-caption alignnone" style="width: 650px"><a href="http://www.google.com/transparencyreport/traffic/?r=IR&amp;l=GMAIL&amp;csd=1328533341106&amp;ced=1329072308294"><img class="size-full wp-image-98209" title="Internet massivement filtré Iran graph2" src="http://owni.fr/files/2012/02/Internet-massivement-filtré-Iran-graph2.png" alt="" width="640" height="292" /></a><p class="wp-caption-text">Transparency Report de Google sur l&#39;utilisation de Gmail en Iran</p></div>
<p>Ce  n’est pas la première fois que les autorités de Téhéran entendent en  finir avec la messagerie de Google. L’année dernière, elles <a href="http://www.wired.com/epicenter/2010/02/iran-to-pull-the-plug-on-gmail/">avaient annoncé</a> leur intention de bloquer définitivement Gmail et de le remplacer par  un service national. L’annonce, comme souvent, n’avait pas été suivie  d’effet, mais avait fait planer des doutes sur la confidentialité des  échanges sur une messagerie gérée par les autorités.</p>
<h2>Élections en mars</h2>
<p>Dès juin 2009, Téhéran  avait fait les frais de l’utilisation des réseaux par les  manifestants au lendemain de l’élection jugée frauduleuse de Mahmoud  Ahmadinejad. La répression s’était alors abattue dans les  rues et sur Internet. Depuis, aucune importante échéance électorale n’a  eu lieu, les élections municipales <a href="http://www.google.fr/url?sa=t&amp;rct=j&amp;q=%C3%A9lection+municipales+iran&amp;source=web&amp;cd=4&amp;ved=0CDwQFjAD&amp;url=http%3A%2F%2Fwww.lepoint.fr%2Fmonde%2Firan-les-elections-municipales-de-2010-repoussees-en-2013-13-07-2010-1214144_24.php&amp;ei=Sjs4T438MqTG0QXvyfivAg&amp;usg=AFQjCNGmtkCY477dIByDApHf8hMHucccaA&amp;cad=rja">étant reportée</a> <em>sine die</em> depuis  juillet 2010. Le 2 mars, les Iraniens se rendront aux urnes pour une autre élection, les législatives.</p>
<p>Les réformateurs ont annoncé leur intention de boycotter le scrutin. Mehdi Karoubi, l’un des chefs de file du mouvement vert, le mouvement d’opposition née au lendemain de la réélection d’Ahmadinejad, avait vivement critiqué fin décembre une parodie :</p>
<blockquote><p>Les autorités ne croient pas au vote populaire et préparent une élection factice.</p></blockquote>
<p>L’opposition  a d’ailleurs lancé un appel à manifester. L’année dernière, le 14  février, 25 Bahman au calendrier iranien, <a href="http://owni.fr/2011/03/07/moussavi-et-karoubi-arretes-quel-avenir-pour-le-mouvement-vert/">avait été le dernier  rassemblement</a> du mouvement vert, organisé ce jour-là en soutien aux  révoltes arabes. Le filtrage massif d’Internet est sans doute une  réponse à ce <a href="http://keyhani.blog.lemonde.fr/2012/02/07/nouvel-appel-a-manifester-pour-le-mouvement-vert-le-14-fevrier/">nouvel élan des réformateurs</a>. <em>“L’opposition en exil a fait une déclaration et a demandé aux gens de sortir dans la rue pour protester ce mardi,</em> explique Farnaz Seifi. <em>Ils l’ont déjà fait à de nombreuse reprises  auparavant, à chaque fois que  Moussavi et Karoubi demandent de  manifester, ils bloquent l’accès des internautes à la plupart des sites  et réduisent le débit autant qu’ils peuvent.”</em></p>
<p>Pour  verrouiller cette poussée de révolte, la coercition traditionnelle a  aussi été employée. <em>“Ces derniers jours, ils ont convoqué des  prisonniers politiques et des manifestants qui étaient détenus  brièvement,</em> rapporte Farnaz Seifi,<em> et les ont forcés à promettre de ne  participer à aucune manifestation durant cette période.&#8221;</em></p>
<h2>Internet Halal</h2>
<p>Ce regain de censure fait resurgir un vieux serpent de la dictature : la mise en place de <a href="http://www.rferl.org/content/explainer_irans_national_internet/24480343.html">l’Internet halal</a>.  Autrement dit, un Intranet géant, un “Internet  national”, comme on l’appelle aussi. <em>“Certains spécialistes estiment  qu’ils ne peuvent pas bâtir un Intranet, en raison du manque  d’équipement et de technologie</em>, raconte Farnaz Seifi. <em>Mais le ministre  de la communication et de la technologie a affirmé plusieurs fois qu’ils  travaillent dessus, et que l’accès à tous les sites &#8216;mauvais et  diaboliques&#8217; comme Facebook ou Twitter sera bloqué.”</em><a href="http://www.rue89.com/2012/02/10/censure-sur-internet-liran-donne-un-tour-de-vis-229279"></a></p>
<p><a href="http://www.rue89.com/2012/02/10/censure-sur-internet-liran-donne-un-tour-de-vis-229279">Interrogé par Rue89</a>, Reza Moini, responsable de l&#8217;Iran pour Reporters sans frontières, estime que cet Internet halal était bien en route :</p>
<blockquote><p>On  va de plus en plus vers un Internet national. Selon mes informations,  certains endroits peuvent encore avoir accès à Internet, comme les  grandes sociétés et les banques. Ils veulent de plus en plus séparer ces  deux parties : un Internet filtré et à bas débit pour le peuple, et un  autre pour les notables et les grandes entreprises.</p></blockquote>
<p>Côté filtrage, le régime peut compter sur les technologies occidentales. Plusieurs  entreprises ont été montrées du doigt pour avoir vendu du  matériel de censure à la République islamique. En 2009, le rôle de Nokia  et Siemens avait été dénoncés, de même qu’une entreprise irlandaise,  AdaptiveMobile Security. Plus récemment, c’est une firme israélienne,  via une entreprise danoise, qui <a href="http://www.bloomberg.com/news/2011-12-23/israel-didn-t-know-high-tech-gear-was-sent-to-iran-via-denmark.html">a éveillé les soupçons</a>. Allot Communications vendait des services d’interception des communications électroniques et des SMS. La  semaine dernière, <em>Le Canard Enchainé</em> <a href="http://soliranparis.wordpress.com/2012/02/08/comment-bull-une-entreprise-informatique-francaise-se-retrouve-impliquee-dans-le-flicage-du-net-iranien/">révélait</a> que le groupe Bull, dont fait partie Amesys, possède une succursale dans le pays depuis quelques années. <a href="../tag/amesys/">Amesys, bien connue</a> pour vendre à des gouvernements pas très démocratiques des solutions pour censurer le Net.</p>
<hr />Illustration par <a href="https://secure.flickr.com/photos/isaacmao/9753846/">Eric Drooker via Isaac Mao/Flickr (CC-by)</a></p>
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		<title>Kafka à l&#8217;iranienne</title>
		<link>http://owni.fr/2012/02/05/kafka-a-liranienne/</link>
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		<pubDate>Sun, 05 Feb 2012 09:39:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Alonso</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Mana Neyestani, caricaturiste iranien, est l'auteur d'<em>Une métamorphose iranienne</em>, à paraître le 16 février. Un témoignage rare, qui raconte ses démêlés surréalistes avec la sécurité d'État en Iran, à l'intérieur d'une prison secrète. Un récit tout en graphisme et second degré. À cause d'un dessin mettant en scène un enfant et un cafard, il a dû quitter son pays. Pour s'installer en France où il vit depuis un an.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignnone size-full wp-image-97360" title="Mana-Neyestani-©-Iran-OWNI-clé" src="http://owni.fr/files/2012/02/Mana-Neyestani-©-Iran-OWNI-clé-e1328363604715.jpg" alt="" width="640" height="456" /></p>
<p>C&#8217;est l&#8217;histoire d&#8217;un cafard. Un cafard qui a dit un mot de trop et entraîné son créateur dans un tourbillon de plusieurs années. L&#8217;insecte est né sous les traits de crayon du dessinateur iranien Mana Neyestani. En 2006, il travaille dans la rubrique jeunesse du supplément week-end du journal <em>Iran</em>. Il imagine un jour une conversation entre un petit garçon et un cafard. Le titre de cette planche : <em>&#8220;Comment se débarrasser d&#8217;un cafard ?&#8221;</em>. À l&#8217;enfant, le cafard répond en utilisant un mot du dialecte azéri : <em>&#8220;Namana&#8221;</em>.</p>
<p>Une semaine plus tard, les troubles commencent dans le Nord-Ouest de l&#8217;Iran, une région désignée comme l&#8217;Azerbaïdjan iranien. Le dessin serait une énième offense aux habitants et à leurs traditions ; la question des minorités reste sensible dans cet État jacobin. Mana Neyestani est arrêté et détenu dans le quartier 209 de la prison d&#8217;Evin à Téhéran, le tristement célèbre quartier réservé aux prisonniers politiques.</p>
<p>Après plusieurs mois de détention, le dessinateur fuit à Dubaï avec sa femme à la faveur d&#8217;une remise en liberté provisoire. Il rejoint ensuite la Turquie, puis la Malaisie où ils restent plus de quatre ans, avant d&#8217;arriver à Paris en février 2011. Cette descente aux enfers, Mana Neyestani la raconte dans <em>Une métamorphose iranienne</em>, à paraître le 16 février.</p>
<h2>Surréaliste</h2>
<p>En face de son <em>&#8220;café allongé&#8221;</em> &#8211; <em>&#8220;la seule expression dont j&#8217;arrive à me souvenir en français&#8221;</em> assure-t-il &#8211; Mana Neyestani ironise sur son aventure. Il se souvient avec sarcasmes de son interrogateur, un certain M. Maleki, probable agent d ces services de sécurité tant redoutés, <em>ettelâ&#8217;at</em>. Le dessinateur ne se fait aucune illusion sur l&#8217;identité toute relative de l&#8217;agent, ni sur ses intentions faussement louables.</p>
<blockquote><p>La plupart des prisonniers politiques ne voient pas le visage de leurs interrogateurs. En un sens, je suis un peu privilégié… J&#8217;ai rencontré Maleki à la prison d&#8217;Evin. J&#8217;avais le droit de le voir, on voulait que je le vois. Il prétendait être une personne cultivée et intelligente &#8211; ce qu&#8217;il n&#8217;était pas. Moi je le laissais dire. Je suggérais qu&#8217;il était bien supérieur à moi.</p></blockquote>
<p>Le témoignage de première main d&#8217;un ancien prisonnier est rare. Les images de l&#8217;intérieur de la prison n&#8217;existent pas. Dans son album, Mana Neyestani dessine sa cellule, ses co-détenus, sans tabous. Il raconte la condition des Afghans entassés dans des cellules, les drogués en crise de manque spoliés et manipulés par des escrocs peu scrupuleux, les défenseurs des droits humains un peu trop zélés aux yeux du gouvernement.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-97354" title="Mana-Neyestani-©-Iran-OWNI" src="http://owni.fr/files/2012/02/Mana-Neyestani-©-Iran-OWNI-e1328363205950.jpg" alt="" width="640" height="410" /></p>
<p>Cette approche documentaire sensible et sans pathos a immédiatement séduit Serge Ewenczyk, son éditeur. En avril 2011, il reçoit <em>Une métamorphose iranienne</em> presque achevé et traduit en anglais par un ami du dessinateur. Il répond illico. Le lendemain, ils se rencontrent.</p>
<blockquote><p>Son histoire est ahurissante. Elle est racontée avec sobriété tout en montrant une maestria technique. La France suit avec beaucoup d&#8217;intérêt l&#8217;actualité iranienne, surtout depuis 2009, mais Mana Neyestani décrit de la période d&#8217;avant.</p></blockquote>
<p>Avant la réélection frauduleuse de Mahmoud Ahmadinejad et la sanglante répression qui a suivi. Mana Neyestani avait déjà quitté le pays. Il a fait partie de cette génération de dessinateurs à avoir connu l&#8217;embelli des années Khatami, le président réformateur entre 1997 et 2005.</p>
<p>Né en 1973, il dit n&#8217;avoir pas beaucoup de souvenirs antérieur à la révolution de 1979 et à la guerre contre l&#8217;Irak qui a commencé un an après. <em>&#8220;C&#8217;était une décennie horrible. Le régime, la guerre, tout ça a détruit notre enfance. Cette période était si sombre. Tout était interdit, des tas de gens étaient arrêtés et exécutés. Marjane Satrapi [auteure de la bande dessinée </em>Persépolis<em>, NDLR] décrit très bien l&#8217;atmosphère de cette époque.&#8221;</em></p>
<h2>Marco Polo <em><br />
</em></h2>
<p>Il grandit dans le centre de Téhéran, à Abass Abad, alors que le pays est en guerre et que le régime s&#8217;installe dans la douleur. Aujourd&#8217;hui, il parle avec une pointe de nostalgie de ces vingt années passées dans la même maison. <em>&#8220;J&#8217;ai toujours aimé rester chez moi, avoir une situation stable. C&#8217;est un clin d&#8217;oeil du destin qui m&#8217;a fait voyager autour du monde comme Marco Polo. Et en même temps, ne pas être très sociable m&#8217;a sans doute sauvé !&#8221;</em> lance-t-il dans un éclat de rire.</p>
<p>Lors de la première grande révolte des étudiants en 1999, il reste chez lui. Dessinateur de presse, il ne connaît que quelques uns de ses confrères, au grand regret de son interrogateur, M. Maleki, qui voulait le retourner et l&#8217;utiliser pour avoir des informations sur les journalistes et intellectuels. Comme beaucoup, il a vécu l&#8217;arrivée au pouvoir de Mohammad Khatami avec beaucoup d&#8217;espoir. Peu de publications critiques existaient jusque là. Pendant ses études d&#8217;architecture à la faculté d&#8217;arts plastiques de l&#8217;université de Téhéran, il travaille pour des publications spécialisées sur l&#8217;économie grâce à son frère Touka Neyestani, dessinateur lui aussi. Puis pour la presse, notamment Adineh (Vendredi en persan) puis Irane Farda (L&#8217;Iran de demain), créé par l&#8217;intellectuel réformateur Ezzatollah Sahabi.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-97356" title="Mana-Neyestani-©-Iran-OWNI2" src="http://owni.fr/files/2012/02/Mana-Neyestani-©-Iran-OWNI2-e1328363341898.jpg" alt="" width="640" height="461" /></p>
<p>Ses dessins n&#8217;étaient pas toujours politiques, même si <em>&#8220;en Iran tout est politique&#8221;</em> affirme-t-il.</p>
<blockquote><p>Nous devons trouver des moyens d&#8217;échapper au contrôle et à la censure par la métaphore. Un peu comme en Europe de l&#8217;Est sous l&#8217;Union soviétique. En Iran, c&#8217;est peut-être pire encore !</p></blockquote>
<p>Avec l&#8217;arrivée des réformateurs, il tend à rendre ses dessins plus accessibles, plus facilement compréhensibles. A ce moment se rencontrent deux tendances de la caricature iranienne. D&#8217;un côté, les dessins humoristiques et populaires qui paraissaient dans le magazine Tofigh avant la révolution. D&#8217;un autre, une tendance plus politique, portée dans des intellectuels comme Ardeshir Mohasses, <em>&#8220;son père spirituel&#8221;</em>, au même titre que Claude Serre, le caricaturiste français qui l&#8217;a beaucoup influencé.</p>
<p>Mana Neyestani a soutenu Khatami, voté pour lui deux fois, en 1997 et 2001. En 2009, il a voté pour le candidat réformateur Mir Hossein Moussavi. <em>&#8220;On avait beaucoup d&#8217;espoir. Il pouvait un peu changer le régime, pas tout, mais un peu.&#8221;</em> Il n&#8217;a pas été élu, signant un nouveau report <em>sine die</em> de son retour en Iran. Mana Neyestani vit aujourd&#8217;hui en France, accueilli par la mairie de Paris en partenariat avec l&#8217;International Cities Of Refuge Network (ICORN), et travaille notamment plusieurs sites d&#8217;information. Il met notamment en scène la famille Dargir et ses contradictions. Une tension entre modernité et traditions qu&#8217;incarne le grand-père, &#8220;Baba bozorg&#8221;, épice et poil à gratter qui ne ménage pas son franc-parler.</p>
<blockquote><p>Il ne représente pas l&#8217;Iran, il en est une partie. Vous savez, la question de l&#8217;identité est très importante en Iran. C&#8217;est de ça que nous parle Kafka dans La Métamorphose. Tout le monde a peur de perdre son identité.</p></blockquote>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-97471" title="Metamorphose_iranienne2_epreuves.pdf" src="http://owni.fr/files/2012/02/p-12.jpg" alt="" width="640" height="854" /></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-97473" title="p 33" src="http://owni.fr/files/2012/02/p-33.jpg" alt="" width="640" height="917" /></p>
<hr />Illustrations et extraits de <em>Une métamorphose iranienne</em>, © Mana Neyestani publiés avec l&#8217;autorisation de l&#8217;auteur. Retrouvez le travail de Mana Neyestani sur <a href="https://www.facebook.com/pages/Mana-Neyestani-Fan-Page/114760155206649">sa page Facebook</a>.</p>
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		<title>Dissection d&#8217;une nouvelle cyberarme</title>
		<link>http://owni.fr/2011/11/30/stuxnet-duqu-iran-cyberarme/</link>
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		<pubDate>Wed, 30 Nov 2011 07:34:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Félix Aimé</dc:creator>
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		<description><![CDATA[En 2010, la découverte de Stuxnet changeait la donne en matière de cyberarme. Son perfectionnement dépassait les attentes. Aujourd'hui, une nouvelle cyberarme, baptisée Duqu, confirme qu'une étape a bien été franchie. Analyse de Félix Aimé, consultant en sécurité  informatique.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-88708" title="stuxnet-duqu-iran-cyber-clef-990-1-bis" src="http://owni.fr/files/2011/11/stuxnet-duqu-iran-cyber-clef-990-1-bis.jpg" alt="" width="639" height="426" /></p>
<p>Ces deux dernières années, deux malwares se sont illustrés dans le cyberespace par leur complexité, mais aussi par leur utilité stratégique. <a href="http://owni.fr/tag/stuxnet/">Stuxnet</a> et Duqu visaient tous deux le programme nucléaire iranien. Que peut-on savoir  d’eux dans un cyberespace où l’anonymat, le secret défense et l’absence  de frontières règnent en maître ? Essai d’analyse.</p>
<p>Plus d&#8217;un an après la découverte de Stuxnet,  un autre logiciel malveillant fait son apparition dans le  cyberespace. Dénommé par les occidentaux  <em>“Duqu”</em>, en raison des  fichiers qu’il laissait sur les systèmes  infectés, ce <em><a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Remote_Administration_Tool">Remote  Administration Tool</a> (RAT)</em> a été recensé dans  plusieurs pays, principalement l’Iran. Contrairement à  Stuxnet, Duqu était  cette fois-ci dédié à une campagne d’espionnage,  envoyant vers des  serveurs distants des informations extraites à partir  des ordinateurs  infectés. Il n’avait pas de mode de propagation autonome  en tant que  tel, mais était déployé sur les ordinateurs grâce à une  charge utile  contenue dans un document Word envoyé par mail aux acteurs  ciblés.</p>
<h2>Vulnérabilité non connue</h2>
<p>Sa  méthode de déploiement était  triviale, mais son code diffère des  autres <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Cheval_de_Troie_%28informatique%29">trojans</a> habituellement  rencontrés dans ce type de campagne  d’espionnage. Tout comme  Stuxnet, ce dernier utilisait une  vulnérabilité non connue propre à  Windows (<a href="http://www.cvedetails.com/cve-details.php?t=1&amp;cve_id=CVE-2011-3402">CVE-2011-3402</a>)   permettant d’élever ses privilèges pour ensuite se rendre persistant   sur le système ciblé ; et donc silencieux auprès des possibles  antivirus  installés sur la machine. Une autre particularité était  frappante chez  Duqu : il utilisait des certificats (chose non commune  pour ce genre  d’attaques) et deux clés de chiffrement identiques au  célèbre Stuxnet (0xAE790509 et 0xAE1979DD). Mais les similitudes ne  s’arrêtent pas là. Une simple comparaison des deux codes sources  à l’aide du  logiciel <a href="http://www.zynamics.com/bindiff.html">BinDiff</a> révèle d’étranges correspondances entre les deux logiciels malveillants :</p>
<div id="attachment_88633" class="wp-caption alignnone" style="width: 650px"><a href="http://owni.fr/files/2011/11/stuxnet-duqu.png"><img class="size-full wp-image-88633 " title="stuxnet duqu" src="http://owni.fr/files/2011/11/stuxnet-duqu.png" alt="" width="640" /></a><p class="wp-caption-text">Comparaison d’un extrait du code entre Stuxnet et Duqu, laissant penser que les deux sont l’oeuvre d’un seul et même groupe</p></div>
<p>Duqu  a été repéré la première fois en  octobre 2011 par un laboratoire  hongrois de sécurité informatique  dénommé Crysys. Nous ne savons pas  d’où vient l’exemplaire qu’ils ont eu  entre les mains. L’existence de Duqu serait antérieure à octobre 2011. En effet, en début  d’année, l’Iran se disait, <a href="http://www.mehrnews.com/en/newsdetail.aspx?NewsID=1297506">par l’intermédiaire de son agence de presse nationale</a>, victime d’un malware appelé “Stars”. Cela devient intéressant quand on est au courant que Duqu utilise une image <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/NGC_6745">représentant deux galaxies</a> comme vecteur de communication entre les ordinateurs infectés et les   serveurs de contrôle… Duqu serait-il donc le malware Stars ? Cette   hypothèse est plus que probable.</p>
<p>Mais alors, depuis combien de  temps Duqu  est présent dans les réseaux informatiques iraniens ?  Personne ne le  sait vraiment. La politique en la matière, que ce soit  en Iran, en  France ou dans d’autres pays, est de disséminer le moins  d’informations  possibles concernant une attaque. Ainsi, après la  découverte tardive du  malware Stars, l’Iran a préféré garder le malware  bien au chaud dans ses  laboratoires de recherche afin d’en étudier la  complexité et prévoir  une désinfection de son parc informatique  gouvernemental. Il pourrait  alors faire partie d’une attaque antérieure  à Stuxnet ou parallèle à ce  dernier, même si sa découverte officielle  demeure récente.</p>
<h2>Stuxnet, la première cyberarme</h2>
<p>Juin 2010, un nouveau ver pour Windows  fait son apparition dans les laboratoires de recherche de la société  biélorusse VirusBlokAda spécialisée en sécurité informatique. Utilisant  quatre failles non connues de Windows et profitant d’une mauvaise  configuration dans le système de gestion (PLC) Siemens des  centrifugeuses, ce ver, dénommé rapidement Stuxnet, allait devenir aux  yeux des experts du monde entier la première cyberarme, car sans doute  réalisée uniquement dans le but de détruire ou paralyser tout ou partie  du système industriel d’un pays.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" title="stuxnet-duqu-iran-cyber-lion-clef-990-1" src="../files/2011/11/stuxnet-duqu-iran-cyber-lion-clef-990-1.jpg" alt="" width="641" height="427" /></p>
<p>Outre les multiples craintes qu’ont fait  naître Stuxnet, ce logiciel malveillant avait une cible précise : les  centrifugeuses permettant la réalisation d’un uranium hautement enrichi,  et donc à visées militaires. Ce n’est qu’à la rentrée 2010 que l’Iran,  pris dans la tourmente médiatique, a du avouer son impuissance  concernant l’attaque dont il a fait l’objet, ayant selon certains  experts, reculé de cinq ans le programme de la bombe iranienne. Stuxnet  était bel et bien une arme, composée comme telle, avec un système de  propulsion : des vulnérabilités permettant sa diffusion dans les réseaux  informatiques, mais également une charge utile, c’est à dire un code  d’exploitation permettant de saboter le système de contrôle (PLC) des  centrifugeuses d’enrichissement.</p>
<p>Le petit monde des experts en sécurité  n’avait jamais rien vu de tel, quatre vulnérabilités non connues  affectant uniquement le système Windows présentes dans un seul et même  ver informatique. Ce dernier utilisait de plus des certificats  permettant de signer son code source devenant à terme un logiciel  légitime aux yeux du système ciblé. Cela devenait une évidence pour  tous, du fait de son ingéniosité et de ces nombreux codes d’exploitation  embarqués, Stuxnet était l’œuvre d’un État, indéniablement en  possession de capacités avancées en Lutte Informatique Offensive (LIO).</p>
<h2>L&#8217;Iran en ligne de mire</h2>
<p>Un faible nombre de pays est actuellement en mesure  de déployer des projets de LIO et de réaliser des programmes  informatiques malveillants d’une grande complexité (les attaques dites  “chinoises” (APT) utilisant le plus souvent des versions modifiées de  programmes connus du grand public, telles que le célèbre <a href="http://www.poisonivy-rat.com/">Poison Ivy</a>).  Ainsi, on retrouve principalement sur le banc des suspects liés à Duqu  deux pays ayant fait parler d’eux avec l’affaire Stuxnet, les États-Unis  et Israël, ayant tous deux des programmes de LIO développés.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-88698" title="stuxnet-duqu-iran-cyber-tourbillon-3" src="http://owni.fr/files/2011/11/stuxnet-duqu-iran-cyber-tourbillon-3.jpg" alt="" width="639" height="426" /></p>
<p>Il est plus que probable que ces  attaques soient le fruit des mêmes auteurs, le tout avec une coopération  forte entre des services secrets de différents pays, alimentant le  renseignement sur les cibles. Toutefois, rien ne fait pencher la balance  en faveur d’un pays particulier, <a href="http://www.aolnews.com/2010/09/30/stuxnet-intrigue-deepens-with-hidden-clues-in-code/">même si certaines pistes, présentes dans le code peuvent laisser présager une implication réelle d’Israël</a>.  Cette piste demeure à prendre avec des pincettes, cependant. En effet,  dans le cyberespace il est toujours possible de mener des attaques  informatiques lançant de fausses pistes, inscrites dans le code même du  logiciel malveillant (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Compilateur">compilation</a> avec une version chinoise de compilateur, par exemple) ou dans la  prétendue origine d’une attaque. A ce jour, connaître les auteurs de ces  attaques s’avère impossible car le secret défense est de mise, tant  chez l’attaquant que chez la cible. Cependant, des fuites d’informations  ou des attaques à venir pourraient nous permettre d’y voir plus clair.</p>
<p>Les deux cyberarmes, Duqu et Stuxnet ont  étonné une grande partie des chercheurs dans ce domaine. Au-delà de la  simple question de la complexité de la réalisation de ces cyberarmes,  l’existence même des deux malwares pose la question de la difficulté  d’attribution des attaques dans le cyberespace.</p>
<hr />Article initialement publié sur <a href="http://www.intelligence-strategique.eu">Intelligence-Strategique.eu</a> sous le titre : &#8220;<a href="http://www.intelligence-strategique.eu/2011/duqu-et-stuxnet-deux-cyberarmes-un-maitre-doeuvre/">Duqu, Stuxnet : deux cyber-armes, un maître d&#8217;oeuvre ?</a>&#8221;</p>
<p>Photos et illustrations via les galeries Flickr de <a href="https://secure.flickr.com/photos/julia_manzerova/6024668142/in/set-72157622730294959">Julia Manzerova [cc-byncsa] </a>; <a href="https://secure.flickr.com/photos/campra/5978231086/in/faves-nuridao/">Campra [cc-byncnd]</a> ; <a href="https://secure.flickr.com/photos/dynamosquito/4490307058/in/set-72157604336865786">Dynamosquito [cc-bysa]</a> ;</p>
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		<title>La France équipe la police iranienne</title>
		<link>http://owni.fr/2011/10/19/la-france-coopere-avec-la-police-iranienne/</link>
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		<pubDate>Wed, 19 Oct 2011 06:27:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Alonso</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Loin des sanctions et des déclarations inquiètes, la France travaille avec la police iranienne. Paris livrera à la fin du mois 20 chiens à Téhéran pour lutter contre le trafic de drogue. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En toute discrétion, la France coopère avec les services de police iraniens, par l&#8217;entremise de la société de conseil et de service du ministère de l&#8217;intérieur français. Contacté par <em>OWNI</em>, un responsable de la société, Civipol, confirme l&#8217;envoi de 20 chiens renifleurs. Cette première livraison, sur un total de 52 chiens, sera effectuée  le 25 octobre. Elle est financée par le Quartier général de contrôle de la drogue (<a href="http://www.dchq.ir/html/index.php?newlang=eng"><em>Drug Control Headquarters</em></a>) iranien qui dépend du président de la République.</p>
<p>Officiellement, il s’agit de lutter contre le trafic d’héroïne importée d’Afghanistan et transitant par le sol iranien avant d’abreuver les marchés européens. Mais ces chiens pourraient avoir d&#8217;autres usages répressifs.</p>
<p>L’opération  fait grincer des dents jusqu’au sein du ministère français de la défense, à qui revient la charge de former les chiens en collaboration avec la police  nationale. La transaction n’est pas du goût de la Grande Muette, peu encline à endosser la responsabilité de la coopération en matière de sécurité alors que les relations avec Téhéran sont pour le moins tendues. Sans compter le sort – expéditif – réservé aux trafiquants de drogue en Iran&#8230;</p>
<h2>Vindicte des capitales occidentales</h2>
<p>Dernier exemple en date des tensions diplomatiques, le Conseil des affaires étrangères de l’Union Européenne a voté le 10 octobre une nouvelle vague de sanctions. Elles ciblaient 29 responsables iraniens  <em>« impliqués dans la répression et la  violation des droits de l’homme »</em> a expliqué le Quai d’Orsay dans un  communiqué. Deux jours plus tard, Washington accusait l&#8217;Iran d&#8217;être derrière une <a href="http://articles.latimes.com/2011/oct/11/nation/la-na-iran-plot-20111012">rocambolesque tentative d’assassinat</a> de l’ambassadeur saoudien aux Etats-Unis.</p>
<p>Dans ce climat, la  formation des chiens n’a pas fait consensus. C’est l’Etat-Major  particulier, directement relié à l’Elysée, qui a donné le feu vert, nous  a-t-on confié. Personne ne désirait endosser cette responsabilité au  ministère de la défense. Un affront inhabituel d’une institution à la réputation moins rebelle, mais l’utilisation des chiens renifleurs inquiète.  Il n’est pas impensable que les chiens renifleurs soient  utilisés comme chiens mordants. Comprendre pour le contrôle des foules.</p>
<p><a href="http://owni.fr/files/2011/10/police-chien-defense-1.jpg"><img class="size-full wp-image-83729 alignnone" title="police-chien-defense-1" src="http://owni.fr/files/2011/10/police-chien-defense-1.jpg" alt="" width="640" /></a></p>
<p><a href="http://www.assemblee-nationale.fr/13/rap-info/i3788.asp">Un rapport d’information</a> de la Commission des affaires étrangères de  l’Assemblée, déposé le 5 octobre 2011, consacre un long développement à  la <em>« répression ferme, suivie d’une dégradation de la situation des  droits de l’Homme »</em> depuis 2008. Et de citer, rapports d’<em>Amnesty  International</em> et <em>Human Rights Watch</em> à l’appui,<em> « un système de  répression massif dirigé contre tous les manifestants »</em> que des chiens  déjà dressés pourraient renforcer.</p>
<p>Plus  inquiétant, les trafiquants de drogue arrêtés par le régime iranien  sont promis à un funeste destin. Les députés de la Commission rapportent  que l’ambassade de France en Iran comptait jusqu’à 360 exécutions entre le début de l’année et mi-juin 2011, dont 274 seraient confirmées, la différence étant liée aux <em>« pendaisons de masse des trafiquants de  drogue »</em> partiellement confirmées.</p>
<p>En 2010, l’Iran arrivait juste  derrière la Chine avec plus de 252 exécutions, contre plus d’un millier  par Pékin. Un triste record ramené au nombre d’habitants. Le 13 mai  dernier, le secrétaire général du Haut Commissariat pour les droits  humains en Iran <a href="http://iranhumanrights.org/wp-content/uploads/Sept_2011_Secretary_General_Report.pdf ">avait reconnu</a> <em>« le nombre élevé d’exécutions et les avait  attribuées aux efforts pour combattre le trafic de drogue »</em> précise un  rapport du secrétariat général des Nations-Unies publié le 15 septembre 2011.</p>
<h2>Coopérations culturelle et scientifique au point mort</h2>
<p>La  coopération a connu de meilleurs jours entre la France et l’Iran. Sur  les plans culturel et scientifique, elle tourne au ralenti depuis la  réélection jugée frauduleuse de Mahmoud Ahmadinejad en juin  2009. Côté iranien, un diplomate nous a assuré que la coopération  s’était dégradée avec l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy, unique  responsable de l’actuel état des relations conformément à l&#8217;antienne diplomatique iranienne.</p>
<p>A propos de la coopération cynotechnique – les chiens, donc – le site de Civipol mentionne trois expériences passées :  deux audits en janvier et septembre 2007, ainsi qu’une livraison de  vingt chiens en septembre 2008. D&#8217;autres ont eu lieu, nous a assuré un responsable de la société, ajoutant que le site n&#8217;était plus à jour, sans préciser le détail des opérations antérieures. Les tensions apparues en juin 2009  avaient provoqué <a href="http://blog.lefigaro.fr/malbrunot/2009/10/pas-de-chiens-renifleurs-de-dr.html">une interruption</a> dans les livraisons de chiens. Une information dont le ministère des  affaires étrangères assure aujourd’hui ne pas avoir connaissance : <em>« Nous  n’avons pas d’information sur l’interruption des livraisons »</em>.</p>
<hr />Photo via FlickR <a href="https://secure.flickr.com/photos/leoamadeus/3429312257/" target="_blank">LeoAmadeus</a> [by-nc-sa] <a href="https://secure.flickr.com/photos/48399297@N04/5881659478/">Defence Images</a> [by-nc]</p>
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		<title>[Vidéo] Stuxnet en trois minutes chrono</title>
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		<pubDate>Mon, 20 Jun 2011 09:29:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Tesquet</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Qui a tout compris à Stuxnet? Pour ceux qui ont encore besoin d'explications, une petite vidéo en motion design devrait fournir les clés manquantes.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Neuf mois après qu&#8217;il a été rendu public, le virus Stuxnet continue d&#8217;alimenter les fantasmes les plus fous au sujet d&#8217;une cyberguerre mondiale qui opposerait les plus grandes puissances mondiales. Pour aider à la compréhension d&#8217;une information particulièrement complexe, le <em>motion designer</em> <a href="http://patrickclair.blogspot.com/p/site-menu.html">Patrick Clair</a> a produit une courte vidéo de trois minutes pour le compte de la chaîne australienne ABC1. Sur un mode infographique foisonnant mais très efficace, il détaille l&#8217;architecture du ver, ses objectifs, son fonctionnement, et les risques qu&#8217;il engendre. Malgré quelques représentations un peu trop faciles &#8211; la Kalachnikov en lignes de code &#8211; le propos est concis.</p>
<p>En septembre, nous évoquions l&#8217;agitation autour de ce virus d&#8217;un nouveau genre:</p>
<p><a href="http://owni.fr/2010/09/29/stuxnet-ou-le-mythe-de-la-cyberguerre-mondiale/">Stuxnet ou le mythe de la cyberguerre mondiale</a></p>
<p><a href="http://owni.fr/2011/06/20/video-stuxnet-en-trois-minutes-chrono/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
<hr /><em>Crédits photo: Capture d&#8217;écran de la vidéo + Photoshop</em></p>
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		<title>Histoires iraniennes</title>
		<link>http://owni.fr/2011/06/08/histoires-iraniennes-iranian-stories-iran/</link>
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		<pubDate>Wed, 08 Jun 2011 09:41:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Alonso</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cultures numériques]]></category>
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		<description><![CDATA[Iranian Stories est une plateforme trilingue de recueil de témoignages. Les témoins de la crise post-électorale de 2009 en Iran peuvent à raconter ce qu'ils ont vu, envoyer photos et vidéos, pour reconstituer un sombre pan de l'histoire iranienne.  ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Téhéran,  dans la nuit entre le 12 et le 13 juin 2009. À quelques mètres de la  place Fatemi, au centre de la capitale iranienne, une petite rue est  noire de monde. La foule s’agite et bruisse d’une rumeur. En ce jour d’élection présidentielle, les partisans de Moussavi,  candidat de l’opposition, ont la mine défaite devant l’un de ses QG de  campagne. Il est minuit trente, la rumeur donne vainqueur le président  sortant, Mahmoud Ahmadinejad. Après une folle campagne, l’annonce  assomme le groupe. Un religieux prend la parole. Il est écouté par la  ruelle silencieuse, attentive, quoique nerveuse de colère. Le discours  dure trois minutes. Il est acclamé par les slogans de la campagne, bientôt balayés par la première charge des forces de sécurité. En uniforme anti-émeute,  un groupe de policiers fond sur les militants qui se dispersent  immédiatement dans les ruelles sombres. La répression commence.</p>
<p>C’est ce genre d’histoire que la plateforme <a href="http://iranianstories.org/">iranianstories.org</a> entend récolter pour reconstituer les événements de l’été post-électoral iranien. Mise en ligne mi-avril, elle est officiellement lancée <a href="https://www.facebook.com/#%21/event.php?eid=176219062436848">ce soir à l’hôtel de ville de Paris.</a> Pour son fondateur, Thibault Lefèvre la révolte qui a suivi la réélection contestée d’Ahmadinejad est <em>“la première à avoir été médiatisée massivement par ses propres acteurs”</em>.</p>
<p><a href="http://owni.fr/2011/06/08/histoires-iraniennes-iranian-stories-iran/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
<p>En plein blackout médiatique imposé par les autorités iraniennes, les  manifestants ont diffusé informations et vidéos sur les réseaux sociaux.  L’image la plus marquante, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Neda_Agha-Soltan#cite_note-30">la mort de Neda Agha-Soltan le 20 juin</a>,  avait été filmée avec un téléphone portable avant d’être diffusée sur  Youtube et reprise dans les médias du monde entier. Elle est devenue le  symbole du mouvement de protestation et la figure du martyr.</p>
<h2>Ils filment  uniquement leur bouche</h2>
<p>Iranian Stories se décline en deux modules, <a href="https://upload.iranianstories.org/fr/testify.html">testify</a> et <a href="https://www.iranianstories.org/fr/eclairage.html?isEventId=14">watch</a>,  chacun disponible en html et flash. La version html est non seulement  adaptée aux connexions lentes, mais elle est aussi plus sécurisée que la  version flash. Et la sécurité est au coeur de la plateforme qui permet à  des personnes en Iran d’envoyer leur témoignage par vidéo. Ils filment  uniquement leur bouche avec un téléphone ou une webcam puis l’envoient  via l’interface, disponible en français, en anglais et en persan. Ils  sont aussi invités à joindre photographies, vidéos ou enregistrements  sonores de l’événement qu’ils racontent.</p>
<p>Plus  la plateforme recueillera de témoignages, plus les faits seront facilement vérifiables. Ils sont aussi recoupés par un comité d’experts  composés de spécialistes de l’Iran et de journalistes iraniens. Iranian  Stories propose en priorité certaines dates clés de la crise  post-électorale : le 12 juin, jour du scrutin, le 15 et le 17 juin, jour  des grandes manifestations etc.</p>
<p>Iranian Stories a obtenu 70 témoignages  pour l’heure, dont 60 directement à l&#8217;issue d&#8217;une enquête. <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Shirin_Ebadi" target="_blank">Shirin Ebadi</a>, avocate iranienne prix  Nobel de la Paix, et le célèbre blogueur Mehdi  Saharkhiz ont accepté de livrer leurs analyses ou témoignages. Après vérification, validation et traduction, les témoignages apparaissent dans la rubrique <a href="https://www.iranianstories.org/fr/eclairage.html?isEventId=14">Watch</a>. Ils sont compilés dans une frise chronologique, appelée à être complétée avec les nouveaux témoignages.</p>
<h2>Entre journalisme et activisme</h2>
<p>Thibault Lefèvre, à l&#8217;origine d&#8217;Iranian Stories et journaliste à Radio  France, a séjourné en Iran en avril et mai 2009. Il quitte le pays quelques jours avant l&#8217;élection présidentielle. À son retour en France, il compile les  vidéos et cherche comment utiliser toutes ces sources brutes. Les  militants pour les droits humains l&#8217;alertent sur les risques encourus pour ceux qui témoignent.</p>
<p>La démarche est à la croisée entre journalisme et activisme. En témoigne la composition de l&#8217;équipe:</p>
<blockquote><p>Nous avons réuni différentes compétences autour du projet. Des  journalistes, des traducteurs, des producteurs. Nous avons aussi été conseillé par des experts en sécurité informatique.</p></blockquote>
<p>Le  projet est ainsi porté par une société de production, la Boite à T, deux  journalistes iraniens et deux traducteurs, l&#8217;un anglophone, l&#8217;autre persanophone. Le projet est financé par <a href="https://www.iranianstories.org/fr/partners.html" target="_blank">les partenaires d&#8217;Iranian Stories</a>, parmi eux, la Ligue des Droits de l&#8217;Homme, Médiapart, Le Temps et la Fondation Beaumarchais.</p>
<p>La plateforme a vocation à être déclinée. En yemeni stories, iraqi  stories ou syrian stories.</p>
<hr />Crédits Photo FlickR CC by <a href="http://www.flickr.com/photos/hamed/3636927434/" target="_blank">Hamed Saber</a></p>
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		<title>Les Anonymous sautent sur Téhéran</title>
		<link>http://owni.fr/2011/05/06/opiran-les-anonymous-contre-la-republique-islamique/</link>
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		<pubDate>Fri, 06 May 2011 12:58:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Alonso</dc:creator>
				<category><![CDATA[Activisme]]></category>
		<category><![CDATA[Français]]></category>
		<category><![CDATA[Inédit]]></category>
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		<category><![CDATA[Pouvoirs]]></category>
		<category><![CDATA[Process éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[anonymous]]></category>
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		<category><![CDATA[hacking]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>

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		<description><![CDATA[Le 1er mai, les Anonymous lancent une nouvelle attaque contre les sites du gouvernement iranien. Les sites du Guide suprême, du Président et du Parlement sont régulièrement inaccessibles depuis. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Le peuple d&#8217;Iran attire l&#8217;admiration des Anonymous et du monde entier. Pour la journée des travailleurs, les Anonymous seront à ses côtés.</p></blockquote>
<p>Le 23 avril, le compte <a href="http://www.youtube.com/user/Anonymousworldwar3">Anonymousworldwar3</a> poste une vidéo sur YouTube annonçant une nouvelle opération des Anonymous, baptisée #OpIran. Les objectifs sont clairement définis dans le communiqué : <em>&#8220;se battre pour la liberté d&#8217;expression, d&#8217;information et des idées en Iran.&#8221;</em></p>
<p><a href="http://owni.fr/2011/05/06/opiran-les-anonymous-contre-la-republique-islamique/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
<p>Les cibles ? Les sites liés au gouvernement, responsables des restrictions des libertés publiques. Dans <a href="http://piratepad.net/xQIrGDpbqk">un communiqué</a>, les Anonymous dressent une liste des cibles prioritaires : d&#8217;abord <a href="http://www.leader.ir/">le site du Guide suprême</a>, Ali Khameneï, ensuite <a href="http://www.president.ir/fa/">celui du président</a> Mahmoud Ahmadinejad, puis <a href="http://www.prisons.ir/">celui des prisons</a>, du <a href="http://majles.ir/">Parlement</a>, <a href="http://www.justice.ir">du ministère de la Justice </a>etc.</p>
<p>Comme pour l&#8217;opération Payback de décembre dernier, les Anonymous lancent des attaques par déni de services (DDoS), en utilisant le programme LOIC (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/LOIC">Low Orbit Ion Cannon</a>). Et comme en décembre dernier, ils enregistrent de nombreux succès.</p>
<p><em>&#8220;Nous avons été contactés par des étudiants et des activistes iraniens mi-mars via les réseaux sociaux,</em> a expliqué à OWNI l&#8217;un des auteurs de l&#8217;opération. <em>C&#8217;est eux qui ont choisi la date du 1<sup>er</sup> mai et ont défini les sites à attaquer&#8221;</em>. Un <a href="http://twitter.com/#!/opiran">compte Twitter</a> recense les succès et se félicite d&#8217;atteindre la plupart des objectifs. Quatre minutes après le lancement de l&#8217;opération, les Anonymous annoncent avoir rendu le site de <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Fars_News_Agency">l&#8217;agence de presse semi-officielle Fars News</a> inaccessible :</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-61348" title="OpIran2" src="http://owni.fr/files/2011/05/OpIran2.jpg" alt="" width="640" height="256" /></p>
<p>Puis le site de la police et de l&#8217;agence de presse des <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Basij">basijs</a>, la milice du régime, du Parlement, du gouvernement. À 14 heures, le site du Guide tombe à son tour.</p>
<blockquote><p>Basijnews est tombé en une centaine de secondes, on était presque choqués. Par contre, rendons hommage aux opérateurs système iraniens, Fars News et Leader.ir nous ont donné plus de fil à retordre.</p></blockquote>
<p>Les attaques ont continué dans la journée de lundi et jusqu&#8217;à mercredi. Plusieurs sites sont à nouveau en ligne, mais subissent ponctuellement de nouvelles attaques. <em>&#8220;OpIran continuera tant que les Iraniens ne seront pas en sécurité et tant que leurs demandes ne seront pas satisfaites&#8221;,</em> explique le membre des Anonymous que nous avons contacté.</p>
<h2>Une cible élargie</h2>
<p>Les actions des Anonymous suivent le rythme des protestations en Iran. En février, ils s&#8217;étaient soudainement réveillés. Alors que l&#8217;opposition iranienne n&#8217;avait plus manifesté depuis un an, de grands rassemblements étaient prévus pour le 14 février, soit le 25 Bahman du calendrier iranien.</p>
<p>Pour l&#8217;occasion, les Anonymous avaient lancé de nouvelles attaques, en se limitant aux sites strictement gouvernementaux. Cette fois, ils ont aussi attaqué les sites proches du gouvernement, y compris les médias. Un tweet en forme de justification renvoie vers une page de l&#8217;agence de presse semi-officielle Fars News :</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-61355" title="OpIran3" src="http://owni.fr/files/2011/05/OpIran3.jpg" alt="" width="640" height="348" /></p>
<p><a href="http://www.farsnews.com/imgrep.php?nn=8804010545">L&#8217;article en lien</a> avait été publié en juillet 2009, pendant la crise post-électorale, et demandait aux lecteurs de dénoncer les personnes entourées. Pour les Anonymous, un média n&#8217;a pas à avoir de telles pratiques.<em> &#8220;D&#8217;habitude, nous n&#8217;attaquons pas les sites de média parce que la liberté d&#8217;expression est très importante pour nous. Mais ils ont dépassé les bornes en diffusant les photos de manifestants. Ils se sont eux-mêmes classés parmi les sites que nous attaquons.&#8221; </em></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-61327" title="OpIran" src="http://owni.fr/files/2011/05/OpIran.jpg" alt="" width="640" height="397" /></p>
<p>Sur certains sites piratés, les Anonymous adressent une dédicace spéciale à l&#8217;Iranian Cyber Army. En décembre 2009, l&#8217;ICA s&#8217;était illustrée en piratant Twitter, <a href="http://techcrunch.com/2009/12/17/twitter-reportedly-hacked-by-iranian-cyber-army/">affirmant répliquer</a> contre <em>&#8220;l&#8217;interférence du site dans les affaires intérieures&#8221;</em> iraniennes. En 2009, les manifestants avaient massivement utilisé le site de micro-blogging pour organiser le mouvement de protestation. Le gouvernement américain était intervenu pour que l&#8217;accès à Twitter soit assuré, en dépit de la censure du gouvernement iranien.</p>
<p>Les Anonymous se sont vengés. Sur les sites piratés, ils ont laissé un message <em>&#8220;Special Fuck You&#8221;</em> adressé à l&#8217;Iranian Cyber Army, ennemi déclaré, et le Ashiyane Digital Security Group, un groupe de hackers <a href="http://www.securitypronews.com/news/securitynews/spn-45-20060214NewDanishWebsiteHacked.html">réputé proche du gouvernement iranien</a>. Le message serait une initiative personnelle du pirate. Ce qui illustre parfaitement, selon l&#8217;un d&#8217;eux, la façon dont les Anonymous fonctionnent.<em> &#8220;Certains font du zèle et règlent leurs comptes personnels tout en menant l&#8217;opération&#8221; </em>regrette-t-il presque. </p>
<hr />Crédits photo CC: by <a href="http://anonnews.org/uploads/1232874933_1303093929260.jpg?do-not-hotlink,-hotlinking-attempts-will-be-blocked,-point-to-the-press-release-instead">Anonymous</a> / FlickR by-nc-sa <a href="http://www.flickr.com/photos/alatryste/5405357868">Alatryste</a></p>
<p>Retrouvez les autres articles du dossier :<br />
<a href="http://owni.fr/2011/11/28/les-anonymous-dans-lagenda-politique/">Les Anonymous dans l&#8217;agenda politique</a> et <a href="http://owni.fr/2011/03/01/liberte-j%E2%80%99encrypte-ton-nom/">Liberté, je chiffre ton nom</a></p>
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