<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>OWNI</title>
	<atom:link href="http://owni.fr/tag/totalitarisme/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://owni.fr</link>
	<description>News, Augmented</description>
	<lastBuildDate>Thu, 09 Feb 2012 23:13:02 +0000</lastBuildDate>
	<generator>http://wordpress.org/?v=2.9.2</generator>
	<language>fr</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<atom:link rel="hub" href="http://pubsubhubbub.appspot.com"/><atom:link rel="hub" href="http://superfeedr.com/hubbub"/>		<item>
		<title>L’art de la fuite: la philosophie politique de Julian Assange par lui-même</title>
		<link>http://owni.fr/2010/12/20/l%e2%80%99art-de-la-fuite-la-philosophie-politique-de-julian-assange-par-lui-meme/</link>
		<comments>http://owni.fr/2010/12/20/l%e2%80%99art-de-la-fuite-la-philosophie-politique-de-julian-assange-par-lui-meme/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 20 Dec 2010 17:12:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégoire Chamayou</dc:creator>
				<category><![CDATA[Activisme]]></category>
		<category><![CDATA[Cross-post]]></category>
		<category><![CDATA[Français]]></category>
		<category><![CDATA[Langues]]></category>
		<category><![CDATA[Pouvoirs]]></category>
		<category><![CDATA[Process éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Sélection top]]></category>
		<category><![CDATA[conspiration]]></category>
		<category><![CDATA[fuites]]></category>
		<category><![CDATA[graphes connexes]]></category>
		<category><![CDATA[julian assange]]></category>
		<category><![CDATA[système autoritaire]]></category>
		<category><![CDATA[totalitarisme]]></category>
		<category><![CDATA[wikileaks]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://owni.fr/?p=39689</guid>
		<description><![CDATA[À titre de document et de contribution au débat, Contretemps publie un texte écrit par Julian Assange en 2006, au moment de la fondation de Wikileaks. Ce texte théorique éclaire rétrospectivement sa visée stratégique.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Contrairement à ce qu’une lecture hâtive peut laisser  penser, ce qui est proposé ici n’est pas tant une théorie du complot &#8211;  du moins pas sous la forme classique de la dénonciation paranoïaque &#8211;  qu’un usage heuristique du modèle organisationnel de la conspiration :  <strong>un réseau de pouvoir dont on peut tracer la carte</strong>.</em></p>
<p><em>Assange est un  hacker. S’il modélise la structure d’un pouvoir, c’est pour en découvrir  les failles. Son but n’est pas de crier à la conspiration, mais de  trouver les instruments à même de rendre tout « pouvoir conspiratif » &#8211;  c&#8217;est-à-dire toute gouvernance autoritaire fondée sur le secret partagé &#8211;  impossible. Que faire pour qu’un pouvoir de ce type ne puisse plus  exister </em></p>
<p><em>Ce moyen, ce contre-dispositif, il l’entrevoit dans ces  lignes. Ce sera l’organisation de « fuites » massives, ceci dans une  stratégie de désorganisation et d’affaiblissement cognitif des régimes  de gouvernance autoritaire. Par l’organisation de fuites de masse,  produire des effets structurels sur ces régimes, alors supposés être  contraints, par pression adaptative, par modification de leur  environnement informationnel, de se réformer ou de s’écrouler.</em></p>
<h2>Préambule : Des effets non-linéaires des fuites sur les systèmes de gouvernance injustes</h2>
<p>Il se peut que vous lisiez <em>La route d’Hanoï</em> ou <em>La conspiration comme mode de gouvernance</em>,  un texte d’orientation obscur, à peu près inutile tiré de son contexte,  et peut-être même dès le départ. Mais si vous pensez, en lisant ce  document, à la façon dont différentes structures de pouvoir peuvent être  diversement affectées par des fuites (la défection de l’intérieur vers  l’extérieur), les motivations vous apparaîtront peut-être plus  clairement.</p>
<p>Plus une organisation est  secrète ou injuste, plus des fuites vont entraîner de la peur et de la  paranoïa dans son leadership et dans la coterie qui le dirige. Il en  résultera immanquablement un affaiblissement de ses mécanismes efficaces  de communication interne (un alourdissement de la « taxe du secret »  cognitive) et une détérioration cognitive systémique entraînant pour  cette organisation une capacité moindre  à conserver le pouvoir dans un contexte où l’environnement exige son adaptation.</p>
<p>Ainsi, dans un monde où les  fuites deviennent faciles, les systèmes secrets ou injustes sont touchés  de façon non-linéaire par rapport à des systèmes justes et ouverts.  Puisque des systèmes injustes engendrent par nature des opposants, et  qu’ils ont bien du mal à garder la haute main sur un grand nombre de  domaines, les fuites de masse les rendent délicieusement vulnérables à  ceux qui cherchent à les remplacer par des formes plus ouvertes de  gouvernance.</p>
<p>L’injustice ne peut trouver  de réponse que lorsqu’elle est révélée, car, pour que l’homme puisse  agir intelligemment, il lui faut savoir ce qui se passe réellement.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-39709" title="conspirancy-ok" src="http://owni.fr/files/2010/12/conspirancy-ok.jpg" alt="" width="640" height="411" /></p>
<h2 style="text-align: center;">La conspiration comme mode de gouvernance</h2>
<blockquote><p>Conspiration, conspirer : faire de façon concertée  des plans secrets pour commettre un acte nuisible; travailler ensemble à  produire un résultat, généralement au détriment de quelqu’un. Origine :  de l’ancien Français conspirer, du latin conspirare, s’accorder, intriguer, de con-, ensemble, et de spirare, respirer.<em><br />
</em></p></blockquote>
<blockquote><p><em>Le meilleur parti n’est rien qu’une forme de conspiration contre le reste de la nation.<br />
</em>(Lord Halifax)</p></blockquote>
<blockquote><p><em>La sécurité cède le pas à la conspiration<br />
</em>(<em>Jules César</em>, acte 2, sc. 3. Message du devin, mais César est trop occupé pour y prêter attention)</p></blockquote>
<h2>Introduction</h2>
<p>Pour changer radicalement le  comportement d’un régime, nous devons penser clairement et  courageusement car, si nous avons appris quelque chose, c’est que les  régimes ne veulent pas être changés. Il nous faut penser plus loin que  ceux qui nous ont précédés et être capables de découvrir les mutations  technologiques susceptibles nous doter de moyens d’action dont nos  prédécesseurs ne disposaient pas. Nous devons comprendre quelle  structure-clé engendre la mauvaise gouvernance.  Nous devons développer une conception de cette structure qui soit  suffisamment forte pour nous sortir du bourbier des morales politiques  rivales et pour accéder à une position de clarté. Plus important encore,  nous devons nous servir de ces vues pour inspirer, en nous et en  d’autres, un plan d’action noble et efficace qui nous permette de  remplacer les structures qui conduisent à la mauvaise gouvernance par  quelque chose de mieux.</p>
<h2>La conspiration comme mode de gouvernance dans les régimes autoritaires</h2>
<p>Lorsque l’on se penche sur  les détails du fonctionnement interne des régimes autoritaires, on  observe des interactions de type conspiratif au sein l’élite politique,  non seulement afin d’obtenir de l’avancement ou les faveurs du régime,  mais aussi en tant que principale méthode pour planifier le maintien ou  le renforcement du pouvoir autoritaire. Les régimes autoritaires, en ce  qu’ils contrecarrent dans le peuple la volonté de vérité, d’amour et de  réalisation de soi, engendrent des forces qui leur résistent. Une fois  révélés, les plans qui sous-tendent l’action d’un régime autoritaire  provoquent une résistance accrue. Les pouvoirs autoritaires victorieux  sont par conséquent ceux qui parviennent à dissimuler leurs plans  jusqu’à ce que toute résistance soit devenue futile ou dépassée face à  l’efficacité sans fard d’un pouvoir nu. Cette pratique du secret  collaboratif, exercée au détriment d’une population, suffit pour  qualifier leur comportement de conspiratif.</p>
<blockquote><p>Même chose arrive dans les  affaires d’Etat : en les prévoyant de loin, ce qui n’appartient qu’à un  homme habile, les maux qui pourraient en provenir se guérissent tôt;  mais quand pour ne les avoir pas prévus, on les laisse croître au point  que tout le monde les aperçoit, il n’y a plus de remède.</p>
<p style="text-align: right;">(Nicolas  Machiavel, <em>Le Prince</em>)</p>
</blockquote>
<h2>Les conspirations terroristes comme graphes connexes</h2>
<p>Avant et après les attentats du 11 septembre, le « Maryland Procurement Office », entre autres, a financé les recherches de  mathématiciens visant à étudier les conspirations terroristes comme des  graphes connexes (précisons qu’aucune connaissance en mathématiques  n’est requise pour suivre la suite cet article). Nous  élargissons cette façon de concevoir les organisations terroristes et  nous l’appliquons à des organisations telles que celle qui a financé la  recherche en question. Nous l&#8217;utilisons comme un scalpel pour disséquer les conspirations qui permettent à des structures de pouvoir autoritaires de se maintenir.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" title="rabbits" src="../files/2010/12/rabbits.jpg" alt="" width="640" height="428" /></p>
<p>Nous allons nous servir du modèle des graphes connexes afin d’appliquer nos facultés de raisonnement spatial aux  rapports politiques. Ces graphes sont très faciles à visualiser. Prenez  d’abord quelques clous (les « conspirateurs ») et enfoncez-les au  hasard dans une planche. Ensuite, prenez de la ficelle (la  « communication ») et reliez les clous entre eux, en boucle, de façon  continue. Le fil qui relie deux clous s’appellera un lien. Un fil  continu signifie qu’il est possible de passer de n’importe quel clou à  n’importe quel autre via le fil et des clous intermédiaires. Les  mathématiciens disent que ce type de graphe est connexe. L’information  circule de conspirateur à conspirateur. Tout conspirateur ne connaît pas  tous les autres, ni ne fait confiance à tous, même si tous sont  connectés. Certains sont en marge de la conspiration, d’autres sont au  centre et communiquent avec un grand nombre de conspirateurs, d’autres  encore ne connaissent peut-être que deux conspirateurs mais constituent  un véritable pont entre des sections ou des groupes majeurs de la  conspiration.</p>
<h2>Scinder une conspiration</h2>
<p>Si tous les conspirateurs  sont assassinés ou si tous les liens entre eux sont détruits, alors la  conspiration n’existe plus. Cela exige ordinairement plus de ressources  que nous n’en pouvons déployer, d’où notre première question : quel est  le nombre minimum de liens qui doivent être sectionnés afin de scinder  la conspiration en deux groupes égaux ? (Diviser pour mieux régner). La  réponse dépend de la structure de la conspiration. Parfois, il n’existe  pas de canaux de communication alternatifs pour que l’information  conspirative puisse continuer à circuler entre les différents  conspirateurs, parfois il en existe de nombreux. Il s’agit là d’une  caractéristique utile et intéressante pour une conspiration. Il peut par  exemple être possible de diviser une conspiration en assassinant un  conspirateur faisant office de « pont ». Mais notre propos est de dire  quelque chose qui vaille en général pour toutes les conspirations.</p>
<h2>Certains conspirateurs dansent plus serré que d’autres</h2>
<p><strong></strong>Les conspirateurs font  souvent preuve de perspicacité : certains se font confiance et dépendent  les uns des autres, tandis que d’autres parlent peu. Les informations  importantes circulent souvent via certains liens déterminés, et les  informations triviales à travers d’autres. Nous étendons donc notre  modèle de graphe connexe simple afin d’y inclure non seulement des  liens, mais aussi leur « importance ».</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" title="whisper" src="../files/2010/12/whisper.jpg" alt="" width="640" height="480" /></p>
<p>Mais revenons à notre  analogie du tableau et des clous. Imaginez une grosse corde entre  certains clous et un fil très fin entre d’autres. L’importance,  l’épaisseur ou la lourdeur d’un lien, s’appellera son poids. Entre des  conspirateurs qui ne communiquent jamais, le poids est égal à zéro.  L’ « importance » de la communication qui transite par un lien est  difficile à évaluer a priori, puisque sa valeur réelle dépend de l’issue  de la conspiration. Nous disons simplement que « l’importance » de la  communication détermine à l’évidence le poids d’un lien, que le poids  d’un lien est proportionnel à la quantité de communications importantes  qui y transitent. S’interroger sur les conspirations en général ne  nécessite pas de connaître le poids de chaque lien, sachant celui-ci  change d’une conspiration à l’autre.</p>
<h2>Les conspirations sont des dispositifs  cognitifs. Leur capacité de pensée excède celle du même groupe  d’individus agissant seuls</h2>
<p>Les conspirations  recueillent des informations au sujet du monde dans lequel elles opèrent  (l’environnement conspiratif), les transmettent aux conspirateurs, et  agissent ensuite en conséquence. Nous pouvons considérer les  conspirations comme un type de dispositif ayant des <em>inputs</em> (les  informations au sujet de l’environnement), un réseau computationnel (les  conspirateurs et les liens qui les relient les uns aux autres) et des <em>outputs</em> (les actions visant à modifier ou à conserver l’environnement).</p>
<h2>Tromper les conspirations</h2>
<p>Puisqu’une conspiration est  un type de dispositif cognitif agissant sur la base d’informations  obtenues dans son environnement, la distorsion ou la restriction de ces  intrants peut rendre « déplacées » les actions qui en découlent. Les  programmeurs appellent ça l’effet « déchets à l’entrée, déchets à la sortie » (« garbage in, garbage out »).  D’habitude, l’effet joue en sens inverse puisque c’est la conspiration  qui est l’agent de la tromperie et de la restriction de l’information.  Aux États-Unis, l’aphorisme du programmeur est aussi parfois appelé  « l’effet Fox News ».</p>
<h2>Qu’est-ce que calcule une conspiration ? Elle calcule la prochaine action de la conspiration</h2>
<p>A présent, la question est  la suivante : à quel point un tel dispositif est-il efficace ? Peut-on  le comparer à lui-même à différents moments ? La conspiration se  renforce-t-elle ou s’affaiblit-elle ? Une telle question implique de  comparer deux valeurs dans le temps.</p>
<h2>Peut-on trouver une valeur décrivant le pouvoir d’une conspiration ?</h2>
<p>Nous pourrions compter le  nombre de conspirateurs, mais cela ne tiendrait pas compte de la  différence cruciale entre une conspiration et les individus qui la  composent. En quoi différent-ils ? Dans une conspiration, les individus  conspirent, alors qu’ils ne le font pas lorsqu’ils sont isolés. La  différence apparaît si l’on fait la somme de toutes les communications  importantes entre tous les conspirateurs, la somme de leurs poids. On  appellera cela le « pouvoir conspiratif total ».</p>
<h2>Le pouvoir conspiratif total</h2>
<p>Ce nombre est une  abstraction. Le schéma des connexions au sein une conspiration est en  général unique. Mais en considérant cette valeur, qui est indépendante  de la disposition spécifique des connexions entre les conspirateurs, on  peut dire quelque chose au sujet des conspirations en général.</p>
<h2>Si le pouvoir conspiratif total est nul, il n’y a pas de conspiration</h2>
<p>Si le pouvoir conspiratif  total est égal à zéro, alors il n’y a clairement aucun flux  d’informations entre les conspirateurs et, partant, pas de conspiration.  Un accroissement ou une diminution importante du pouvoir conspiratif  total signifie presque toujours ce à quoi il faut s’attendre, à savoir  une augmentation ou une diminution de la capacité de la conspiration à  penser, agir et s’adapter.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-39731" title="wiredglasses" src="http://owni.fr/files/2010/12/wiredglasses.jpg" alt="" width="640" height="425" /></p>
<h2>Scinder les conspirations pondérées</h2>
<p>Nous revenons maintenant à  notre idée précédente, sur la façon de scinder une conspiration en deux.  Nous avions pensé pouvoir diviser une conspiration en deux groupes de  même nombre en rompant les liens entre les conspirateurs. Nous voyons à  présent apparaître une idée plus intéressante : fractionner en deux le  pouvoir conspiratif total. Toute moitié détachée pouvant à son tour être  considérée comme une conspiration en elle-même, nous pourrons continuer  indéfiniment à la scinder sur le même mode.</p>
<h2>Étrangler les conspirations pondérées</h2>
<p>Au lieu de couper les liens  entre les conspirateurs afin de scinder une conspiration pondérée, nous  pouvons obtenir un résultat similaire en étranglant la conspiration –  par constriction, en réduisant le poids des liens lourds qui font le  pont entre des régions dotées d’un égal pouvoir total de conspiration.</p>
<h2>Attaques contre les capacités cognitives des conspirations</h2>
<p>Un homme enchaîné sait  qu’il aurait dû agir plus tôt, car sa capacité à influer sur l’action de  l’Etat touche à sa fin. Face à de puissantes actions conspiratrices,  nous devons anticiper et nous attaquer au processus qui les sous-tend,  puisque nous ne pouvons pas prendre pour cible ces actions en  elles-mêmes. Nous pouvons duper ou aveugler une conspiration en  distordant ou en restreignant les informations dont elle dispose. Nous  pouvons réduire le pouvoir conspiratif total par des attaques  non-structurées sur certains liens ou bien en procédant par étranglement  et par scission. Une conspiration qui aurait été suffisamment attaquée  de cette façon ne serait plus en mesure de comprendre son environnement  ni de formuler un plan d’action cohérent.</p>
<h2>Conspirations traditionnelles / conspirations modernes</h2>
<p><strong></strong>Les formes traditionnelles  d’attaques contre les groupes de pouvoir conspiratif, telles que  l’assassinat, sectionnent des liens qui ont un poids important. L’acte  de l’assassinat &#8211; le ciblage d’individus visibles, est le résultat  d’inclinations mentales forgées dans le cadre des sociétés sans écriture  dans lesquelles notre espèce a évolué. L’essor révolutionnaire de  l’alphabétisation et des communications a doté les conspirateurs de  nouveaux moyens pour conspirer, leur permettant d’accroître la vitesse  de précision de leurs interactions et, partant, la taille maximale  qu’une conspiration peut atteindre avant de sombrer.</p>
<p>Les conspirateurs qui  disposent de cette technologie sont en mesure de distancer les  conspirateurs qui en sont dépourvus. Pour le même coût, ils sont en  mesure d’atteindre un pouvoir conspiratif total plus élevé. C’est la  raison pour laquelle ils adoptent ces technologies.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-39729" title="assagetribune" src="http://owni.fr/files/2010/12/assagetribune.jpg" alt="" width="640" height="427" /></p>
<p>En se rappelant le mot de  lord Halifax, on peut par exemple considérer deux groupes  de pouvoir  qui sont au coude à coude et qui sont largement conspiratifs : le parti  démocrate et le parti républicain aux États-Unis. Que se passerait-il si  l’un de ces partis abandonnait ses téléphones portables, ses fax et ses  emails &#8211; sans parler des systèmes informatiques qui gèrent les  souscripteurs, les donateurs, les budgets, les sondages, les centres  d’appels et les campagnes de publipostage ? Il tomberait immédiatement  dans une sorte de stupeur organisationnelle et l’autre l’emporterait.</p>
<h2>Une conspiration autoritaire qui perd sa capacité de penser est impuissante à se préserver face aux adversaires qu’elle suscite</h2>
<p><strong></strong>Si l’on considère une  conspiration autoritaire comme un tout, on voit un système d’organes en  interaction, une bête avec des artères et des veines dont le sang peut  être épaissi et ralenti jusqu’à ce qu’elle s’écroule, stupéfaite,  incapable de comprendre et de contrôler de façon suffisante les forces  qui peuplent son environnement.</p>
<p>Nous verrons plus tard  comment les nouvelles technologies et l’analyse des motivations  psychologiques des conspirateurs peuvent nous fournir des méthodes  pratiques permettant de stopper ou de réduire les flux de communications  importantes entre les conspirateurs autoritaires, de fomenter un fort  mouvement de résistance contre la planification autoritaire et de créer  de puissantes incitations à adopter des formes de gouvernance plus  humaines.</p>
<p>&#8211;</p>
<p>Crédits photos cc FlickR :<a href="http://www.flickr.com/photos/consumerfriendly/"> consumerfriendly</a>, <a href="http://www.flickr.com/photos/dhammza/">dhammza</a>, <a href="http://www.flickr.com/photos/hmns/">Houston Museum of Natural Science</a>, <a href="http://www.flickr.com/photos/dr_john2005/">Dr John2005</a>, <a href="http://www.flickr.com/photos/aarondieppa/">Aaron Dieppa</a>, <a href="http://www.flickr.com/photos/biatch0/">biatch0r</a>.</p>
<p>Article initialement publié sur <a href="http://www.contretemps.eu/interventions/art-fuite-philosophie-politique-julian-assange-par-lui-meme" target="_blank">contretemps</a>, traduit par Grégoire Chamayou.</p>
<p>Textes  originaux :  “The non linear effects of leaks on unjust systems of  governance”, Sun 31 Dec 2006, et « Conspiracy as Governance », December  3, 2006.</p>
<p>Source : <a href="http://web.archive.org/web/20071020051936/http://iq.org/" target="_blank">http://web.archive.org/web/20071020051936/http://iq.org/</a></p>
<p>&#8211;</p>
<p><strong>Naviguez dans le fichiers mis en ligne par Wikileaks : <a href="http://wikileaks.owni.fr/" target="_blank">wikileaks.owni.fr</a></strong></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://owni.fr/2010/12/20/l%e2%80%99art-de-la-fuite-la-philosophie-politique-de-julian-assange-par-lui-meme/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>4</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Tribune : Internet, notre dernier espace de liberté</title>
		<link>http://owni.fr/2009/09/15/tribune-internet-notre-dernier-espace-de-liberte/</link>
		<comments>http://owni.fr/2009/09/15/tribune-internet-notre-dernier-espace-de-liberte/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 15 Sep 2009 07:54:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Guillaume Champeau</dc:creator>
				<category><![CDATA[Internet]]></category>
		<category><![CDATA[Medias]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Sélection]]></category>
		<category><![CDATA[assemblée nationale]]></category>
		<category><![CDATA[guéant]]></category>
		<category><![CDATA[hadopi]]></category>
		<category><![CDATA[ownipolitics]]></category>
		<category><![CDATA[totalitarisme]]></category>
		<category><![CDATA[transparence]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://owni.fr/?p=3625</guid>
		<description><![CDATA[Jérôme Bourreau-Guggenheim, licencié de TF1 pour avoir fait connaître à sa députée UMP son hostilité personnelle à la loi Hadopi, a choisi Numerama pour publier cette tribune qui est à la fois une charge contre le traitement que réserve le gouvernement à Internet, et un message d&#8217;espoir et de solidarité pour ceux qui souhaitent défendre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Jérôme Bourreau-Guggenheim, licencié de TF1 pour avoir fait connaître à sa députée UMP son hostilité personnelle à la loi Hadopi, a choisi Numerama pour publier cette tribune qui est à la fois une charge contre le traitement que réserve le gouvernement à Internet, et un message d&#8217;espoir et de solidarité pour ceux qui souhaitent défendre un internet libre et porteur d&#8217;avenir</strong> :</p>
<p>A la veille de la reprise des débats parlementaires sur le projet de loi HADOPI 2, de nombreuses personnalités politiques ainsi que certains représentants du monde de la culture, se sont exprimés une nouvelle fois pour caricaturer les opposants au projet de loi. Leurs <a href="http://www.numerama.com/magazine/13900-si-hortefeux-parait-raciste-c-est-bien-sur-a-cause-d-internet-maj.html">déclarations</a> offensent l’ensemble d’une génération pour qui Internet est avant tout un formidable outil de communication et de participation à la vie publique.</p>
<p>La récente polémique sur les propos controversés du ministre de l’intérieur, tenus le 5 septembre dernier à l’Université d’été de l’UMP, révèle le mal aise de la classe politique, et tout particulièrement de la majorité présidentielle, face à ce média rebelle qu’est Internet, le dernier espace de critique de l’action gouvernementale. Lundi matin, invité sur France 2, Jean François Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée Nationale, <a href="http://www.numerama.com/magazine/13907-jean-francois-cope-veut-un-debat-sur-internet-et-la-liberte.html">réaffirmait sa volonté de réguler le net </a>au prétexte de défendre la liberté&#8230; un comble ! La veille, c’est Henri Guaino, la plume du président de la République, qui<a href="http://www.numerama.com/magazine/13901-henri-gaino-s-en-prend-lui-aussi-a-internet.html"> affirmait au micro de France Info </a> que « la transparence absolue, c’est le totalitarisme ». Nous pourrions longuement discuter sur la sémantique de cette affirmation au risque de tomber dans l’absolutisme. Ce n’est pas la transparence en tant que telle qui compte car être transparent ne signifie pas nécessairement être clair, ni être compris.</p>
<p>L&#8217;exécutif doit avant tout veiller à ouvrir et nourrir des débats publics en fournissant à tout un chacun les moyens, les capacités réelles, d&#8217;intervenir efficacement et de s’investir dans la vie politique telle que l&#8217;exige sa fonction de citoyen. Mais tout cela est le signe de leur fascisme rampant, de la dictature joviale du corporatisme.</p>
<p>Les masques tombent : sous couvert de défendre les intérêts des artistes qui seraient spoliés par le téléchargement illégal (en fait les rentiers du système), le gouvernement montre son vrai visage, et abat ses cartes d’une stratégie de répression massive de la liberté d’expression des internautes. La transparence est pour eux l’ennemi de la liberté (!) et Internet, « <em><a href="http://www.numerama.com/magazine/13345-Pour-Denis-Olivennes-Internet-est-le-tout-a-l-egout-de-la-democratie.html">le tout à l&#8217;égout de la démocratie</a></em> » comme l’a déclaré sans retenue Denis Olivennes, le rédacteur du rapport éponyme qui a inspiré la loi.</p>
<p>Que dire également des propos tenus par Christophe Lameignère, PDG de Sony France et président de la SNEP, qui<a href="http://www.numerama.com/magazine/13871-les-anti-hadopi-ils-auraient-vendu-du-beurre-aux-allemands-pendant-la-guerre.html"> assimile les internautes à des collabos</a> (ndlr des nazis), à des « <em>voleurs à la petite semaine qui n’ont aucun courage</em> », «<em> des gens qui sont dans le principe de la dénonciation</em> » ?</p>
<p>Le<a href="http://www.numerama.com/magazine/13135-exclusif-l-e-mail-contre-hadopi-qui-a-licencie-jerome-bourreau-de-tf1.html"> piratage d’un courriel privé</a> entre un citoyen et sa députée est l’exemple prématuré de ce qu’il est à craindre d’une surveillance des communications électroniques, généralisée et automatisée, qui fera de chaque internaute et de chaque citoyen, un suspect, un terroriste. Le monde de la politique est beaucoup plus cruel qu’on ne l’imagine. Cette affaire scandaleuse, qui a choqué des millions de français, suffit à elle seule, à montrer que les délateurs, ceux qui n’ont aucun courage ni aucune morale, sont bien les instigateurs de cette loi liberticide. Ils n’ont eu de cesse de censurer le débat démocratique, de réprimer fortement les «mal-pensants» et de faire taire tous ceux qui proposent des solutions alternatives, constructives et ambitieuses pour le financement de la création sur Internet.</p>
<p>Qu’importe que la loi HADOPI soit inefficace, qu’elle remette en cause le principe de la présomption d’innocence, qu’elle fausse la libre concurrence du marché et qu’elle soit massivement rejetée par les internautes, le gouvernement s’entête. Il n’y a aucun doute, avec cette loi, et celles qui la suivront, la France est en passe de rejoindre l’Iran, la Chine, la Biélorussie, la Libye et de bien d’autres régimes autoritaires qui redoutent la transparence, et occultent la vérité. Le contrôle des médias est la clé du pouvoir, et comme l’a déclaré le président de la République devant le congrès de Versailles au mois de juin dernier : « J’irai jusqu’au bout ».</p>
<p>Les mois à venir seront déterminants, il est plus que jamais tant de réagir et d’élever notre voix pour défendre nos libertés avant qu’il ne soit trop tard. Les médias, les artistes et toutes les forces démocratiques de notre pays ne doivent pas succomber à la pensée unique, nier l’évolution technologique et se faire les complices de ce viol, au risque de porter une lourde responsabilité dans la dérive totalitaire qui nous menace. Il faut lutter ensemble contre la corruption structurelle qui accompagne, dans tous les États du monde, le pouvoir.</p>
<p>Très loin d&#8217;anéantir les artistes, Internet est une occasion extraordinaire de stimuler la démocratie en encourageant la diversité et la richesse de la création. Les moyens de la financer, de donner une juste rétribution aux créateurs, <a href="http://www.numerama.com/magazine/13328-creation-public-internet-vers-une-licence-globale-a-5-euros-par-mois.html">existent</a>, il suffit de les mettre en oeuvre.</p>
<p>Internet est une bibliothèque universelle, la source inépuisable du savoir et des connaissances accessible à tous. C’est également le vecteur des libertés, de l’expression des opinions, le point commun entre 1,4 milliards d’internautes, le reflet de la société contemporaine. La révolution numérique a donné aux citoyens les moyens de participer au débat public, de travailler ensemble pour faire face aux défis de la pauvreté, du changement climatique et de l&#8217;économie. Nous vivons un moment unique dans l’histoire de l’humanité, celui de créer une véritable société mondiale.</p>
<p>C’est notre devoir de protéger et de transmettre aux générations futures, l’immense espoir que représente Internet, celui de construire un monde meilleur.</p>
<p><strong>Jérôme Bourreau-Guggenheim</strong><em><br />
Web entrepreneur, anciennement responsable du Pôle Innovation de TF1</em></p>
<p><em>&#8212;</em></p>
<p><span><strong>&gt; Article diffusé sous <a href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/" target="_blank">licence Creative Common by-nc-nd 2.0</a>, écrit par la rédaction pour <a href="http://www.numerama.com/magazine/13916-tribune-internet-notre-dernier-espace-de-liberte.html" target="_blank">Numerama.com</a></strong></span></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://owni.fr/2009/09/15/tribune-internet-notre-dernier-espace-de-liberte/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>

