“Nouveaux médias” et frontières qui s’estompent

Le 20 novembre 2009

Il y a quelques jours, le Centre national du Cinéma organisait un atelier sur les « nouveaux médias ». Prison Valley y était invité. On a causé Webdocumentaires, ARG, transmédias, crossmédias. Où l’on s’est demandé comment raconter différemment une histoire, parce que la technologie le permet, parce qu’il est temps, bordel de merde, de changer les codes ?

Il y a quelques jours, le Centre national du Cinéma organisait un atelier sur les « nouveaux médias ». Prison Valley y était invité. On a causé Webdocumentaires, ARG, transmédias, crossmédias. Où l’on s’est demandé comment raconter différemment une histoire, parce que la technologie le permet, parce qu’il est temps, bordel de merde, de changer les codes ? Récit (linéaire — mais pour combien de temps encore ?) de cette drôle de journée où l’on parla de tout. Et c’est ça qui fut bien.

Le 19 octobre dernier, le Centre national du Cinéma avait convié au Forum des Images ce que Paris compte de producteurs et d’auteurs intéressés par un drôle de bidule appelé drôlement : « les nouveaux médias ».

Et ce fut drôle.
Et ce fut bien.
Et ce fut nouveau.
Et ce fut long.
Et ce fut brassé.

But de l’opération : présenter huit projets sélectionnés parmi les quatre-vingt sept subventionnés par le Fonds d’aide du CNC aux dits « nouveaux médias », depuis sa création en décembre 2007 — dont Prison Valley (soutenu en juin 2009) [1]. En gros : servir de vitrine pour une boutique (les « nouveaux médias »), encore à peine ouverte, pas même signalée, mais déjà achalandée (trois cents personnes dans les fauteuils du Forum des images, mazette).

Guillaume Blanchot du CNC ouvrit le débat par quelques chiffres clés (« 50% des producteurs viennent de l’audiovisuel, et 50% sont des producteurs dont les sociétés se sont constituées spécifiquement pour l’Internet ») et quelques faits prometteurs, comme la « sociologie des auteurs extremement variée » : nous viendrions du cinéma, de la télé, nous viendrions du web, des jeux vidéos, nous viendrions de la photo, de l’écrit.

D’où le brassage.
D’où la nouveauté.
D’où on arrête de rigoler : c’est évidemment dans cette diversité que se situent les réels enjeux néo-médiatiques (mazette, bis repititae). Dans les frontières qui s’estompent, dans les écritures qui se mélent, s’influencent, changent, (se) bousculent. Dans la fusion des métiers, et des savoirs, des cultures et des contre-cultures. C’est en tout cas ce qu’on essaye d’expérimenter dans Prison Valley. Fondre les métiers, non les superposer. Photo. Vidéo. Bifurcations. Texte. Journalisme. Web. Interactivité. Hypertexte. Hyperfolie. Web et documentaire. Webdoc.

(Vidéo : intervention Prison Valley à 2 minutes 30).

« ça fait quinze ans que dans le monde du jeu vidéo, nous nous sommes posés les questions du récit linéaire et de comment le casser »
Eric Viennot

C’est alors qu’a déboulé Eric Viennot, en fin de la journée. Eric vient du jeu vidéo. Il est le créateur In Memoriam, un des premiers ARG (ces jeux à réalité augmentée). En une phrase, Eric ramassa tout le bazar : « ça fait quinze ans, dit-il, que dans le monde du jeu vidéo, nous nous sommes posés les questions du récit linéaire et de comment le casser ». Eric est modeste, il voulait dire : ça fait quinze ans que l’industrie du jeu vidéo a résolu le bousculage du récit linéaire.

Soudain, en un clin d’œil, un monde s’ouvrait.

Et si, c’était ça l’enjeu premier : comment raconter différemment une histoire, parce que la technologie le permet, parce qu’il est temps, bordel de merde, de changer les codes ? Comment garder la nervosité et la rigueur journalistiques pour en faire d’autres choses, parce que la crise que traverse le journalisme le commande ? Comment changer les narrations ? Comment intéresser un public à une histoire comme celle de l’industrie des prisons aux Etats Unis ?

Hors débat, là, en bas de l’escalier, avant la dernière pause clopes, on est allé voir Eric. « Dis nous, c’est où ? C’est quand ? C’est comment, c’est qui les grands scénaristes de jeux vidéos ? » Eric sourit. Il avait promis de donner quelques pistes sur son site. C’est chose faite.

Et pour finir, comme d’habitude, une carte postale Prison Valley signée Sebastien Brothier, directeur artistique d’Upian qui bosse toujours aussi vite et bien qu’un Wu-Tang Clan.

A vite, pour la suite de nos nouvelles aventures.

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