Comment la course à l’attention renforce la société de l’ego

Le 30 octobre 2010

Le besoin de se différencier dans nos univers urbains socialement homogènes et foisonnants accentue cette société du narcissisme. Les réseaux sociaux reflètent cette compétition en vue de capter l’attention, nouvelle richesse issue de la pénurie.

Sans tomber dans les théories sociobiologistes radicales, on peut raisonnablement postuler que l’égo, la vanité, l’exaltation de soi sont en partie au moins le résultat d’une stratégie adaptative de l’espèce humaine.

ÉMERGER DE LA MULTITUDE UN BESOIN NATUREL

A l’époque préhistorique, la survie du groupe se joue sur des critères de force et de résistance physique individuelle en des temps d’insécurité où l’Homme est démuni face à la nature. Il faut être fort pour résister aux intempéries, aux longues transhumances, aux dangers d’un environnement sauvage… Il faut être fort aussi pour s’imposer auprès des autres mâles dans la compétition sexuelle et l’accès aux femmes, pour la perpétuation de son capital génétique.

Autre critère déterminant en termes de survie : la cohésion, la solidarité du groupe qui permet de lutter contre les animaux sauvages ou encore d’organiser des chasses collectives permettant d’abattre de plus gros animaux. Laquelle procure en retour une meilleure sécurité alimentaire, efficacité qui justifie la perpétuation de ce mode d’action commune.

Dernier facteur sélectif primordial pour la survie du groupe et qui, selon la théorie darwinienne, entraîne l’évolution de l’espèce humaine : l’intelligence. Celle-ci permettant l’élaboration d’armes pour se protéger, d’outils pour fabriquer des vêtements (qu’on pense à la géniale invention de l’aiguille !), du feu qui révolutionne l’alimentation et inverse le rapport de force de l’Homme face à la nature.

De nos jours les risques liés à la survie immédiate ont disparu mais d’autres enjeux sont apparus, notamment la nécessité d’émerger au sein de la multitude. D’où ce besoin de différenciation plus fort qui passe par la maîtrise de l’intelligence communicationnelle.

LA COMMUNICATION NOUVEAU FACTEUR DIFFÉRENCIANT

Nos modes de vie de plus en plus urbanisés, la centralisation des activités humaines liée à l’industrialisation a rapproché géographiquement les individus. Nous sommes en permanence entourés d’une multitude d’autres êtres humains.

Par ailleurs la société moderne accentue la standardisation des modes de vie qui se calque d’une part sur l’homogénéité des activités professionnelles : les clones d’employés ont remplacé la foultitude des petits métiers d’autrefois (d’ailleurs il suffit d’aller faire un petit tour en Inde pour se rappeler cette incroyable diversité originelle).  Standardisation alimentée d’autre part par le modèle économique industriel à l’origine de cette fameuse “société de consommation” qui a besoin de produire massivement pour fonctionner. Qui n’a pas eu chez lui une étagère Ikea “Billy” ?

Société de consommation standardisée qui s’auto-alimente par les mécanismes de différenciation sociale comme l’ont bien montré Jean Baudrillard (“La société de consommation”) ou Pierre Bourdieu (“La distinction”).

Mais avec les nouvelles technologies de l’information et l’irruption de la conversation mondiale via le web 2.0 et les réseaux sociaux, la communication est devenue un outil majeur de cette fameuse différenciation nécessaire dans la compétition économique, politique et sexuelle.

Les bons mots échangés sur Facebook, les articles de blog comme celui-ci sont autant de moyens de faire connaître sa différence, sa singularité, sa valeur en tant qu’objet de consommation social et culturel.

Avoir une conversation en société, être “intéressant”, drôle, original est devenu un impératif social pour exister. Alors pour ce faire, il faut alimenter la machine : on se tient de plus en plus au courant pour avoir des choses à raconter, on visite des expos, on va au ciné, on fait du bricolage, de la déco pour témoigner de sa créativité. En réalité la  motivation et la finalité sont très souvent sociales : il faut capter l’attention des autres, denrée de plus en plus rare.

LA COMPÉTITION AUTOUR DE L’ATTENTION

Mus par ce besoin constant de valorisation sociale, nous sommes dans “l’agir” permanent, pris d’un activisme forcené. Il faut toujours faire quelque chose : travailler, lire, regarder la TV, manger, dormir. La non-action, la contemplation est disqualifiée (contrairement à d’autres cultures, notamment bouddhistes). Je vous invite à voir ou revoir “Kennedy et moi” avec l’excellent Jean-Pierre Bacri.

Cet affairement constant a pour corollaire un déficit d’attention porté à autrui. Il faut rationaliser ses investissements affectifs, son temps de socialisation, ses marques d’attention à nos proches, nos amis, nos collègues. On entre ainsi dans un cercle vicieux : plus l’on s’active en vue d’une socialisation ultérieure, plus on raréfie l’attention globale disponible et donc moins l’on a de chance de se socialiser réellement.

Finalement les collègues sont les mieux lotis car ils bénéficient d’une attention “forcée”. Ce qui explique sans doute en partie ce lien très fort qui se tisse de nos jours entre collaborateurs d’entreprise, en positif ou négatif. D’où également cette confusion affective entre privé et professionnel, créateur de convivialité et de drames quand des dissensions et déceptions se font jour, immanquablement.

À cela s’ajoutent les nouveaux médias, les nouvelles pratiques culturelles : jeux vidéo, informatique, réseaux sociaux qui s’ajoutent aux anciennes : télévision, radio, journaux. Sans parler de l’explosion de l’offre s’agissant de ces derniers.

Autant de nouvelles activités consommatrices de temps qui réduisent l’attention disponible aux autres. “Tu vas pas lâcher un peu ta console ?”, “Oh non ne m’appelle pas jeudi, c’est le jour de mon émission préférée”.

On se souvient du mot de Patrice Le Lay de TF1 sur le “temps de cerveau disponible” qu’il vendait aux annonceurs. Phrase juste et finalement assez honnête qui a fait grand bruit. Il ne disait pourtant tout haut que ce que l’ensemble des médias font, tout bas.

LA MISE EN SCÈNE DE L’EGO, UNE STRATÉGIE DE DIFFÉRENCIATION

Le mécanisme n’est pas nouveau mais nos modes de vie et l’irruption de nouveaux outils accentuent ce phénomène. Il faut se mettre en avant pour émerger et comme les instruments à disposition nous y encouragent…

Les blogs, les réseaux sociaux, les plate-formes communautaires diverses (Flick’r, Youtube, WAT), les sites participatifs (Rue89, 20 minutes, Le Post). Sans parler de l’ouverture des commentaires sur la plupart des sites d’information. Le robinet d’expression et d’égo est désormais ouvert.

En entreprise le nouveau credo n’est plus tant le “savoir faire” que le “faire savoir”. Les valeurs chrétiennes d’humilité ne sont plus opérantes de notre société en termes d’efficacité sociale. Il faut au contraire “emboucher les trompettes de sa renommée”, se mettre en avant le plus possible pour avoir une chance de retenir cette fameuse attention.

C’est bien d’ailleurs ce reproche que l’on fait aux jeunes journalistes galériens qui à travers le “personal brandingcherchent juste à s’en sortir, comme je l’ai écrit dans un billet précédent.

D’ailleurs Internet s’il a échoué comme les autres technologies de l’information à démocratiser véritablement la culture et le savoir, est néanmoins un formidable propulseur de talents. C’est un système beaucoup plus ouvert qui permet l’émergence des individualités, blogueurs de qualité (Maitre Eolas, Hugues Serraf, Versac), amuseurs (Vinvin, Mathieu Sicard). La parole publique confisquée autrefois par les élites de la presse et des médias peut désormais s’exprimer et permettre à certains de sortir du lot en montrant leur valeur.

LA COURSE A L’ATTENTION CRÉATRICE D’UNE ÉMOTION FACTICE

Enfin, cette course à la sociabilité, à l’attention génère une façade de sentiments et d’émotions fausses destinées à répondre à la demande supposée de la communauté. C’est l’obligation de bonheur, la course à l’épanouissement qui valorise l’individu et efface le moindre problème, édulcore le monde dans un mécanisme identique au Kawaii japonais (lire à ce sujet “l’euphorie perpétuelle” de Pascal Bruckner)

- C’est la bonne humeur permanente, “la pêche”
- C’est l’exagération des sentiments positifs “j’ai passé un suuuperrr week-end”
- C’est la gentillesse mielleuse “vous êtes des amours, vous êtes vraiment formidables”
- C’est l’humour, la dérision systématique, le LOL tellement plus tendance et jeune que le propos sérieux et rébarbatif.

Ou bien au contraire, l’usage du cynisme sert d’instrument de domination symbolique sur les individus, sur les évènements. Se moquer, c’est afficher une certaine transcendance : extérieure et supérieure à la chose raillée.

UNE NOUVELLE SOURCE D’INÉGALITÉ

Dans cette mise en concurrence des individus sur le temps d’attention disponible, tout le monde ne part pas avec les mêmes chances. Seuls les plus intéressants, les plus drôles, les plus gentils tirent leur épingle du jeu.

Les médiocres, les sans-culture, sans-avis, sans-humour sont les 1ers victimes de cette discrimination sociale. Et comme d’habitude, ce sont les moins favorisés socialement, ceux n’ayant pas un degré d’instruction et de culture très élevé, ceux n’ayant pas été initiés au second degré depuis l’enfance. Ceux qui n’ont pas été voir des films intelligents, des musées d’art modernes… qui héritent d’une conversation pauvre, sans valeur aux yeux de la classe moyenne/supérieure.

Alors les “sans-conversation” se regroupent et se consolent entre eux. C’est le pilier de bistrot qui refait le monde avec des bribes mal digérées d’information et de rumeurs glanées ici et là. Ce sont les jeunes de banlieue qui se rassemblent au pied des immeubles, parlent leur langage, suivent un rituel d’appartenance bien précis. Qui les rassure et les enferme aussi. Lire Hegel et sa “phénoménologie de l’esprit”.

Les nouveaux médias ne sont pas responsables de cette course à l’égo qui est concomitante à la société de consommation. Mais l’homogénéisation des modes de vie, la concentration humaine et les nouveaux outils accentuent ce phénomène. J’émerge donc je suis…

Ce billet a initialement été publié sur Mediaculture, le blog de Cyrille Frank

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Crédits photos cc FlickR : Mr Bultitude, Kaptain Kobold, looking4poetry, familymwr, the|G|™.

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  • yves Paquin le 30 octobre 2010 - 11:27 Signaler un abus - Permalink

    j’adore votre blog et votre façon de raconter tout ça. Bravo bonne continuation.
    Les plus gros animaux du monde!!!!

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  • Parpalhol le 30 octobre 2010 - 11:48 Signaler un abus - Permalink

    La (re)lecture de “la société du spectacle” de Debords est aussi essentielle. Petite question, la “communauté” des pros du web.2.0 est-elle ou sera-t-elle la nouvelle classe au service du capitalisme comme peut l’être encore ceux issus des grandes écoles ? Ou y aura-t-il fusion entre cette nouvelle classe de dirigeants et les anciennes classes haute bourgeoisie et noblesse ? Le système capitaliste né à la renaissance (F.Braudel) en occident à toujours été en mesure de s’adaper à l’évolution de la civilisation et coopter un nouveau capital humain en capacité à poursuivre une domination.

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  • cyrille frank le 30 octobre 2010 - 19:45 Signaler un abus - Permalink

    @Yves Paquin merci mais quel rapport avec els gros animaux ? Ce” serait du spam que ce ne m’étonnerait guère…

    @]Parpalhol oui j’aurais pu (du) citer Debord aussi :)

    Les leaders du web 2.0 sont majoritairement issus des classes dominantes. Oui Braudel se perpétue encore.

    S’il y a rupture, elle est générationnelle, pas sociale.

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  • LordPhoenix le 30 octobre 2010 - 23:06 Signaler un abus - Permalink

    Cela ne devrait-il pas être mis en parallèle avec l’uniformisation “moutonnienne” imposé par le marketing de notre société de consommation?

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  • dominique verguin le 31 octobre 2010 - 6:33 Signaler un abus - Permalink

    Je découvre un excellent réservoir de réflexion. Communiquer, mettre en commun, comment ne pas céder à la tentation… si le “je” guette, le tout à l’ego n’est peut-être pas l’enjeu le plus déterminant…à suivre.

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  • Murmur le 31 octobre 2010 - 18:20 Signaler un abus - Permalink

    Ca sent le game a plein nez mais ca pue la veracité,

    “j’aime les positif, ceux qui se battent” c’est pourtant bien des “emotions factices”.
    il ne faudra non plus devenir un trop pur critique de la biologie sociale.

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  • cyrille frank le 31 octobre 2010 - 18:43 Signaler un abus - Permalink

    @LordPhoenix oui, c’est aussi l’une des bases théoriques des sociologues que j’ai cités (Baudrillard, ou Debord)

    “imposé” est un peu fort toutefois. La publicité, le marketing est l’huile des rouages de cette société de consommation. Mais qui n’a pas que cette explication.
    L’urbanisation, la tertiarisation, la mondialisation, la société de l’information… tout cela y participe.

    La théorie des “effets puissants” des médias a fait long feu. On ne pense plus comme dans les années 30-40 que les médias, la publicité violent les consciences et “imposent” quoi que ce soit. Il s’agit bcp plus d’une négociation ou d’une influence indirecte, qui n’en reste pas moins forte, comme on le constate tous les jours avec cette course à la consommation (cf Iphone, marques etc).

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  • cyrille frank le 31 octobre 2010 - 18:55 Signaler un abus - Permalink

    @dominique verguin merci bien :) J’aime bien votre jeu de mot, mais je ne suis pas sûr de bien saisir le fond de votre propos… a suivre ;-)

    @Murmur “Ca sent le game a plein nez” ? Lapin compris

    Les “loleurs” se jouent des codes, ils les tournent en dérision et ne sont transgressifs qu’en cela. Tout est faux, mais c’est clairement dit comme tel. Je me moque, je m’intéresse à des choses très accessoires, je cache ma profondeur (peu vendeuse) derrière un masque de futilité.

    Ceci rappelle les mondains du 17 et 18e s, ni plus ni moins.

    Je trouve cette posture plus intéressante (mais tout aussi fausse) et plus intellectuellement riche que ceux qui pour mieux se faire accepter socialement jouent à ce qu’ils ne sont pas. Dans un cas, j’y décèle un message subversif, dans l’autre un conformisme émollient.

    Quant à la biologie sociale, il faut se méfier des explications sociales par la biologie. Cela existe, mais c’est finalement assez rare (de vieux reliquats d’instincts figés dans notre adn, comme la phobie des araignées par exemple).

    99% de culturel, 1% de génétique. (bon dans l’esprit hein…)

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  • manon morin le 1 novembre 2010 - 15:38 Signaler un abus - Permalink

    J’aime bien votre texte mais je ne suis pas d’accord avec vous. Je ne pense vraiment pas qu’on puisse aller voir une exposition pour avoir quelque chose à raconter par la suite ou voir un film avec le même but. Je parle pour moi.

    Je vis plutôt dans l’esprit zen, l’esprit de mesure et de recul. Egalement je médite et je pratique le yoga. Je fais ces choses pour moi. Je vis seule. Je communique beaucoup sur facebook, j’ai un blog, mais je vis en priorité pour moi, pour ma propre satisfaction et non pour attirer l’attention ou dans un but de compétition. Je n’ai jamais voulu me marier, je n’ai jamais voulu avoir des enfants. Je n’ai jamais adhéré à quelques modes de compétition que ce soient.

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  • manon morin le 1 novembre 2010 - 15:53 Signaler un abus - Permalink

    Mais aussi, peut-être que la non-action; méditation, yoga, est aussi un trip de l’ego… centrique :) I love myself, for sure :) Merci pour ce texte bien écrit et courageux !!

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  • cyceron le 2 novembre 2010 - 5:30 Signaler un abus - Permalink

    @Manon merci pour le compliment :)

    Je ne sais pas si vous-même entrez dans le modèle que je décris, toute tendance souffrant des exceptions. Mais le rôle des sociologues n’est pas de s’attacher aux particularités.

    Je ne suis pas sociologue, mais ce qui m’intéresse est de comprendre les grandes tendances de notre société. En tant qu’observateur assidu, je fais des hypothèses qui peuvent être fausses bien sûr. Mais pour les invalider complètement, il me faut plus que des contre-exemples individuels :)

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  • manon morin le 2 novembre 2010 - 9:19 Signaler un abus - Permalink

    Merci Owni de m’avoir écrit ! Je trouve votre texte excellent. Votre travail aussi est bien aimé. J’ai partagé votre page sur mon fb. Merci et bravo ! Je vais continuer à suivre vos réflexions qui me paraissent porteuses d’une plus grande conscience et d’une meilleure vie pour tous.

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  • manon morin le 2 novembre 2010 - 9:23 Signaler un abus - Permalink

    Et aussi, bravo pour blog, très bien fait, facile pour échanger, très clair. Merci ! Bonne journée !

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  • Stéphane Fischer le 2 novembre 2010 - 10:22 Signaler un abus - Permalink

    Bravo pour votre article. Il me semble cependant que la référence finale à Husserl est un peu hasardeuse. Peut-être vouliez-vous parler de Hegel et de sa conception de la lutte à mort pour la reconnaissance (“dialectique du Maître et de l’Esclave”) de la Phénoménologie de l’esprit ? Bien à vous. SF

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  • cyceron le 2 novembre 2010 - 11:16 Signaler un abus - Permalink

    @Stéphane Fischer doublement merci !

    1/ pour votre compliment bien sympathique

    2/ pour votre rectification tout à fait exacte . J’ai en en effet confondu Husserl “toute conscience est conscience de quelque chose” et la “Phénoménologie de l’esprit” de Hegel… (tome 2 chap V)

    Ma mémoire me joue des tours, j’étais tellement persuadé de la référence que je n’ai pas vérifié.

    Vous êtes professeur de philosophie pour avoir débusqué pareille erreur ? :)

    Merci quoi qu’il en soit

    Cyrille

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  • cyceron le 2 novembre 2010 - 11:17 Signaler un abus - Permalink

    @ Merci Manon :)
    Bonne journée également

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  • Stéphane Fischer le 2 novembre 2010 - 11:24 Signaler un abus - Permalink

    @ Cyceron

    Oui, je suis professeur de philosophie (damned, je suis fait !) Continuez à stimuler notre intelligence du réel comme vous le faites.
    SF

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  • cyceron le 2 novembre 2010 - 13:32 Signaler un abus - Permalink

    @Stéphane merci beaucoup ! Hormis un spécialiste, je ne vois pas grand monde capable de déceler pareille erreur :)

    Venant donc d’un érudit tel que vous, votre compliment me flatte d’autant plus (chassez l’ego, il revient au galop ;-)

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  • ali le 2 novembre 2010 - 20:46 Signaler un abus - Permalink

    @ Cyrille Franck

    “oui, c’est aussi l’une des bases théoriques des sociologues que j’ai cités (Baudrillard, ou Debord) ”

    Juste comme ça, parce qu’il n’est plus là pour répondre, Debord n’aurait pas beaucoup apprécié le qualificatif “sociologue”. A relire donc…

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  • ali le 2 novembre 2010 - 20:48 Signaler un abus - Permalink
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  • cecil le 9 décembre 2010 - 21:54 Signaler un abus - Permalink

    Bonjour Cyrille,

    Très bon texte. Quelle énergie !

    Il est évident qu’il y a une dimension profondément narcissique dans l’utilisation des réseaux sociaux. Il y a cette satisfaction immédiate : je suis publié instantanément, on me répond en temps réel.

    Reste que cette aspiration peut aussi servir la communauté et l’intérêt général. Je pense encore et toujours à ces deux exemples que les détracteurs du net évitent soigneusement d’aborder : Wikipedia et le logiciel libre.

    S’il y a un certain narcissisme chez les utilisateurs de Facebook, on ne peut pas nier que derrière la démarche de Linus Torvalds ou d’autres leaders du logiciel libre, une profonde volonté de changer le monde (comme disent les américains) et de profiter du formidable levier qu’est le net pour réaliser ce dessein.

    Pour ce qui est du déterminisme social je ne suis pas vraiment d’accord avec vous. Vous ne prenez dans votre champ de vision que ceux qui écrivent et qui savent jouer des ces outils pour leur réputation.

    Vous omettez les hackers, les nerds qui ne font rien que rester derrière leur ordinateur et qui sont en 20ans passés du statut de ringard absolus (les “no-life”) à celui de héros.

    Reste le problème de l’obsession de la sociométrie, des stats accumulées par nos profils sur les réseaux sociaux : je suis d’accord avec vous. C’est aliénant et transforme notre comportement et notre relation aux autres.

    Enfin pour ce qui est de l’entreprise on n’en n’est pas encore dans la complète intégration des réseaux sociaux (nous nous battons pour !). Et même lorsque celle-ci sera achevée nous continuerons à être considéré en fonction de notre contribution (pas de notre “faire savoir”).

    Ce qui évoque ce problème qu’évoque Matthew Crawford dans éloge du carburateur : nous sommes passés d’une culture professionnelle du “savoir comment” à une culture du “savoir que”. Et dieu sait que nous sommes misérables.

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  • Goui le 10 décembre 2010 - 11:03 Signaler un abus - Permalink

    Bonjour et merci pour le partage de cette analyse pertinente, le besoin d’exister dans le regard des autres à travers ses choix et son mode d’expression au détriment de l’être (bouddhique lui aussi).
    Bonne continuation à vous !

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  • cyceron le 10 décembre 2010 - 11:20 Signaler un abus - Permalink

    Merci Cécil de ce compliment :)

    Bien sûr les réseaux sociaux et les nouvelles technos en général sont aussi porteurs de valeurs positives, fort heureusement : solidarité, créativité, désintéressement… via le logiciel libre ou les forums…

    S’agissant du déterminisme social, je pense au contraire à ceux qui n’ont pas ces compétences linguistiques, communicationnelles, technologiques. c’est eux qui motivent mon propos sur le fond ! Les nerds des années 80, bien qu’ayant le capital social/culturel pour maîtriser la communication n’étaient pas très “tendance” à l’époque, c’est vrai.

    Mais aujourd’hui, ce sont eux qui sont en haut de l’échelle sociale. Ces phénomènes de mode ne masquent pas le fond : si vous êtes instruit, avez le bagage culturel et techno, vous avez bien plus de chances de vous en sortir et derrière d’obtenir une place valorisante dans la société qui vous offrira alors toute l’attention que vous recherchez.

    Mais il est vrai que le niveau d’instruction et le milieu social ne résument pas les compétences communicationnelles (celles valorisées par la société en tout cas). Il y a aussi la personnalité, l’histoire de chacun… ce n’est pas une fatalité, c’est néanmoins une probabilité :)

    Merci pour votre article très intéressant sur Matthew Crawford. D’accord sur beaucoup de points en particulier l’idéologie spirituelle versus manuelle qui date selon moi des Grecs anciens : Platon, Aristote…

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  • cyceron le 10 décembre 2010 - 11:32 Signaler un abus - Permalink

    Bonjour GOUI,

    Merci à vous de me lire :)

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