Humain, trans-Humain

Le 16 novembre 2010

La théorie de la Singularité affirme que l'Homme s'apprête à vivre une nouvelle ère, celle du "transhumain", d'une humanité augmentée par la technologie. Qui sont les artisans de ce mouvement scientifique dont seule l'esthétique tient de la science-fiction ?

Bienvenue chez les “H+”. Signe qui ne renvoie pas ici au proton, même si la référence à la particule élémentaire est flagrante, mais à l’”Homme augmenté”. Au “transhumain”. Ou plus précisément, puisque rien n’est encore fait, à tous les artisans de ce mouvement, qui croient en l’avènement d’une humanité nouvelle aux alentours de 2029.

Non, ceci n’est pas une vaste blague ou un scénario de SF mal ficelé. Le transhumanisme est un courant de pensée très sérieux, qui rencontre un certain succès outre-Atlantique, en témoignent les nombreux succès de librairies, ou l’existence de H+ Magazine, consacrés exclusivement au sujet.

Pour ses partisans, l’Homme sera très bientôt capable de se transcender en une entité à la fois organique et mécanique, susceptible de pallier à toutes les tares de sa condition. Miracle qu’il devra aux technologies dont il sera truffé et qui lui permettront de passer haut la main le cap des 200 piges, sans souffrir des écueils du grand âge. Le basculement dans cette ère supérieure est appelé “Singularité”.

Au-delà de l’humain, c’est tout son écosystème que le transhumanisme croit pouvoir sauver. Ainsi, en parallèle des nano-bestioles qui assureront la maintenance de nos cellules, les sciences “émergentes” -biotechnologies, robotique, intelligence artificielle, génétique, informatique- apporteront des solutions aux problèmes d’énergie, de désertification ou d’accès à l’eau potable à travers le monde. La panacée, à base de micro-processeurs.

Énième lubie céphalo-centriste ?

Si ce mouvement sonne familier, renvoyant à une imagerie populaire luxuriante qui fait le grand écart entre Frankenstein et Total Recall, c’est tout simplement parce qu’il n’a rien de bien original. Jouer au Créateur en cherchant à prolonger son existence en un Homme nouveau, forcément meilleur, est  une histoire mille fois entendue: Fontaine de Jouvence, pierre philosophale and co… De même que la lubie céphalo-centriste qui croit pouvoir soigner tous les maux du monde avec son subtil intellect, ou bien encore favoriser l’émergence d’êtres fantastiques; les chimères faisant aussi partie des rêves qu’on imagine peuplés de licornes et de dragons, des transhumanistes.

Si la fixette est classique, elle diverge dans le cas qui nous intéresse sur un point crucial: son financement. Car les sommes investies dans le transhumanisme sont colossales, et, à l’inverse de celles des scénars de science-fiction, bien réelles. Loin de l’image du savant fou isolé dans une antre débordant de bechers et de bidules clignotants, la théorie de la Singularité compte parmi ses adeptes des entrepreneurs, des chercheurs, des mécènes aux porte-feuilles bien garnis; bref, ce qu’on appelle des personnalités influentes. Parmi lesquelles on retrouve les fondateurs d’un certain Google.

Bienvenue à la Singularity University

Une salle de conférence plongée dans le noir, un auditoire attentif. Sur l’estrade, un homme lance “si j’étais étudiant, c’est là que je voudrais être”. Le programme d’été 2010 de la Singularity University vient de s’ouvrir et pour l’occasion, Larry Page salue comme il se doit ses participants.

Au cœur de la Silicon Valley, sur un campus de la Nasa, la Singularity University, ou plus sobrement “SU”, cherche à diffuser les idées du transhumanisme auprès des têtes bien faites de la planète. Mieux, et c’est tout l’intérêt, elle se présente comme un catalyseur de leurs projets.

Depuis sa création en 2009, elle propose à l’année plusieurs cours de 4 et 9 jours ainsi qu’un stage estival de dix semaines. Près de 80 places sont disponibles; étudiants, entrepreneurs ou simples curieux peuvent être sélectionnés, sous réserve néanmoins de pouvoir payer le prix fort. Pour dix semaines, compter 25 000 dollars. Pour 4 jours, 7500. Le tout pour une formation intensive avec certains des plus grands esprits de ce monde, comprenant Prix Nobel et chercheurs du MIT.

Eugénie Rives, une française inscrite l’été dernier, explique que l’un des objectifs de SU est de lancer des associations, des organisations non gouvernementales ou des entreprises, et ce dès la fin du programme. La Singularity University veut booster le processus de germination des idées, selon elle bien trop lent. C’est aussi en ce sens que l’un de ses cofondateurs Peter Diamandis lançait en 1995 la X-Prize Foundation. Cherchant à générer des “breakthroughs”, des avancées scientifiques radicales, l’institution lance des challenges à la communauté internationale, en promettant un incroyable pactole aux projets jugés les plus prometteurs.

A la Singularity University, le discours est le même: il faut combattre les ankyloses de la recherche traditionnelle. Pour ce faire, les différents intervenants font usage d’effets rhétoriques bien rodés: “l’avenir est entre vos mains, pas celles de vos enfants, les vôtres”, “il faut briser les règles”, “vous pouvez changer le monde”. Le tout, dans une ambiance de saine et fructueuse décontraction -certains n’hésitant pas à faire leurs cours bière vissée à la pince. De passage sur le campus en août dernier, Nicola Jones de Nature tire le portrait de l’université:

l’endroit ressemble au mélange d’un think tank, d’un camp d’aventure geek et d’un cocktail d’affaire

Non contents d’être mués par une coolitude qui donne envie de s’endetter à vie pour suivre ces cours, les partisans du transhumanisme sont également bien conscients de l’image d’illuminés qu’ils traînent comme un boulet. Dan Barry (voir vidéo ci-dessus), ancien astronaute de la Nasa, prévient ses étudiants:

Ce que vous devez faire, c’est étaler vos idées, même les plus folles, et faire face à des gens qui se moquent de vous, qui disent que c’est ridicule, que ça ne se fera pas, et qui ne vous donneront pas d’argent, et de continuer, continuer… jusqu’à ce que vous changiez le monde.

Kurzweil, génial visionnaire ou gourou mégalo ?

Si en Europe Google fait figure du plus célèbre adepte du transhumanisme, ayant contribué à la création de SU à hauteur de 250 000 dollars, c’est toute la Silicon Valley qui aimerait jouer à l’apprenti sorcier, avance Ashlee Vance dans un article du New York Times (traduit dans Courrier International). Aux côtés de la boîte de Mountain View, on retrouve dans les rangs des fondateurs et des soutiens de cette faculté très particulière, la X-Prize Foundation bien sûr, mais aussi Nokia ou la fondation américaine Kauffman, qui œuvre en faveur de l’innovation et de l’éducation à travers le monde.

Il y a un autre nom sur lequel on ne peut faire l’impasse dès qu’il est question de Singularité. Celui de Ray Kurzweil. Encore peu connu en Europe, Raymond “Ray” Kurzweil est incontournable aux États-Unis, où il est identifié comme l’un des hommes les plus brillants de son temps.

Qualifié de “génie hyperactif” par le Wall Street Journal, Kurzweil est à la fois Géo Trouvetou, entrepreneur millionnaire et auteur à succès. Inventeur de l’un des premiers synthétiseurs, ainsi que de systèmes de reconnaissance vocale, on raconte que le premier programme informatique du bonhomme, réalisé avant ses quinze ans, a été utilisé par IBM. Ses livres sur le transhumanisme ont rencontré un certain succès aux États-Unis, en particulier The Age of Spiritual Machines (1999) et The Singularity is Near (2005), classé dans la liste des best-sellers du New York Times.

Kurzweil, c’est l’Ozimandias d’Alan Moore: il détient tous les attributs pour prétendre au titre d’homme le plus intelligent de la planète.

Se plonger dans ses différentes prises de paroles consiste à entendre et réentendre ce même crédo Kurzweilien: la Singularité, ce moment où l’humain va basculer de façon irréversible dans sa nouvelle forme, est imminente en raison de la croissance exponentielle de la technologie. Et en particulier de l’informatique, qui influence l’ensemble des sciences. A grand renfort de courbes, qui attestent à la fois de l’accélération ultra-rapide de l’innovation et de la décroissance tout aussi fulgurante de son coût, Kurzweil explique: “le 21e siècle vivra un changement technologique presque mille fois supérieur aux inventions du siècle précédent.” Et de rajouter:

C’est précisément ce que veut dire être humain : c’est aller au-delà de ce que nous sommes.

Du coup, le savant prépare le jour de la fameuse transition. Il avale entre 180 et 210 pilules chaque jour, vitamines et compléments minéraux, pour la plupart produites dans l’une de ses firmes, Ray and Terry’s Longevity Products, qui vend des solutions permettant de “vivre assez longtemps pour pouvoir vivre éternellement”. Faire des vieux os, voilà l’un de ses objectifs suprêmes, sans oublier celui de faire revenir son père, mort d’une crise cardiaque à 58 ans, dans le monde des vivants. Pour y parvenir, il a stocké un  ensemble de documents et d’objets lui ayant appartenu, afin de reconstituer, en plus d’une enveloppe corporelle, une mémoire.

Avec toutes ces informations, je crois qu’une intelligence artificielle sera capable de créer quelqu’un qui ressemblera beaucoup à mon père.
Ray Kurzweil, Transcendent Man.

Cette quête, Ray Kurzweil a décidé de la mettre en scène dans deux films, adaptés de ses livres. Transcendent Man est sorti en 2009 aux États-Unis; The Singularity is Near est en cours de bouclage. En sus de ses multiples talents, le créateur a coiffé pour l’occasion les casquettes de réalisateur, scénariste et acteur.

La bande-annonce de sa première réalisation montre un Kurzweil qui parcoure le monde pour prêcher la bonne parole, sachets de pilules en poche, et musique cosmique de Philip Glass en toile sonore. Sur un ciel étoilé digne de Rencontre du Troisième Type, s’affiche en lettres capitales:

La quête d’un homme pour révéler notre destinée. Transcendent Man.

Difficile de ne pas avoir quelques réserves face à l’attitude quasi-messianique du plus célèbre porte-parole du transhumanisme. L’homme a tôt fait d’être suspecté de délire mégalomaniaque et son discours n’est pas épargné par les critiques d’une partie de la communauté scientifique, dont certains transhumanistes. William S. Brainbridge, membre de la prestigieuse National Science Foundation, (organisme qui a notamment favorisé le développement d’Internet) doute par exemple du caractère exponentiel du progrès. D’autres contestent l’existence d’un lien systématique entre accroissement des connaissances et avancées scientifiques concrètes. D’autres encore s’inquiètent tout simplement des implications réelles de la Singularité.

Sur ce point, on aurait tort de prendre Kurzweil pour un optimiste forcené: il reconnaît que le transhumanisme comporte des risques. “Bien sûr, il y aura des épisodes douloureux”, concède-t-il avant de conclure “mais je suis persuadé que le bilan sera finalement positif”.

“Des épisodes douloureux”: combien la Singularité, si elle venait à se produire, coûtera-t-elle à l’humanité ? Et en particulier dans la phase transitoire qui l’accompagnerait et diviserait la Terre en deux castes: les H+… et les H-. Sans céder au luddisme et à une peur du changement primale, la question mérite d’être posée car pour le moment, la transhumanité semble surtout être l’affaire d’une poignée de puissants. Reste à espérer que leur philotrantropie et leur technologie soient à même de maîtriser ce qu’ils vont engendrer. Et qu’un projet aux intentions finalement louables ne soit pas, comme le redoute le journaliste britannique Andrew Orlowski, un écran de fumée au “fait de gens aisés qui construisent un radeau pour quitter le navire”.

Illustration de Une par Marion Kotlarski

CC FlickR: Bohman; tonechootero ; null0

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  • Marie le 16 novembre 2010 - 9:18 Signaler un abus - Permalink

    Ainsi parlait Zarathoustra…

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  • Thomas le 16 novembre 2010 - 9:25 Signaler un abus - Permalink

    Merci pour cet article.

    Sans connaitre ce mouvement, j’ai comme l’intuition qu’il s’appuie beaucoup sur les nanopromesses ;)

    Comme les philosophes qui traient ce sujet sont plutôt rares (et comme je pense que leur approche manque de manière criante au contrepoids du discours scientifique), je vous propose un extrait d’un propos que Sacha Loeve a tenu sur le sujet :

    “Avant de parler des effets des nano-objets comme s’il s’agissait de choses évidentes, il faut essayer de qualifier leur statut, de le problématiser.

    Les nanosciences ne montrent pas d’unité d’un point de vue scientifique. Ce n’est pas une discipline en soi, ni une nouvelle discipline. Une échelle de grandeur ne peut aucunement définir une science !

    Cette définition des nanos est avant tout stratégique. Elle satisfait à une volonté de réorientation massive des politiques scientifiques : dans les années 1990, on lance les premières nano-initiatives pour repositionner les sciences physiques et chimiques sur des enjeux de compétitivité internationale.

    On considérait alors que ces enjeux étaient appelés par un certain contexte : la fin de la guerre froide achevant la mondialisation, le déclin des grands laboratoires de recherche fondamentale privés tels que IBM ou Bell Labs, le spectre de la concurrence nippone et l’essor des biotechnologies (le Projet Génome Humain dirigeait alors l’essentiel des financements publics de recherche vers la biologie).

    Pour les chercheurs, re-labelliser leurs pratiques « nano » est vite devenu indispensable afin de collecter des financements.

    La définition des « nanos » est donc moins scientifique que politique, mais cela ne veut pas dire
    que son adoption n’a pas transformé en retour les pratiques scientifiques elles-mêmes.

    Concernant l’aspect « technologie », les nanotechnologies n’inventent pas tant de nouveaux produits que de nouvelles façons de structurer la matière pour designer des produits. La technologie « nano » concerne d’avantage les processus que les produits finaux. Du coup, le premier « effet » majeur induit par les nanotechnologies concerne nos représentations. Il en découle un délitement dans notre relation aux objets. Nous ne pouvons plus considérer l’objet comme cette chose qui est là, tangible, posée devant nous. On a l’habitude de considérer la matière comme ce qui relève du domaine de l’extériorité, et le vivant ou la subjectivité comme ce qui a ou produit une intériorité.

    En travaillant la matière « de l’intérieur », les nanotechnologies font vaciller la distinction entre intérieur et extérieur. Comme si la partie technologique des objets devenait invisible et invasive, bousculant nos manières de penser.”

    Ce propos est extrait d’un compte rendu, le tout est accessible ici : http://www.vivagora.org/IMG/pdf/CR-nanos_vivant_fin.pdf

    Et pour les plus courageux : “La zone obscure des nanotechnologies”
    http://revues.mshparisnord.org/appareil/index.php?id=635

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  • Chris43 le 16 novembre 2010 - 10:03 Signaler un abus - Permalink

    Cet article passe sous silence ce qui est déjà à l’oeuvre par la chimie: le passage du “soigner” vers l’”améliorer”. L’exemple étant l’utilisation croissante de la Ritaline pour “booster les performances scolaires d’enfant ne souffrant pas d’ADHD.
    Ceci pose un problème d’éthique, problème qui est abordé par Bernard Baertschi dans son livre: ” La neuroéthique, ce que les neurosciences font à nos conceptions morales”

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  • Henry Michel le 16 novembre 2010 - 10:18 Signaler un abus - Permalink

    J’ai adoré.

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  • Bath le 16 novembre 2010 - 12:50 Signaler un abus - Permalink

    Bon sang! c’est “Deus Ex” en vrai!
    Et le milliardaire en mal d’immortalité s’appelle Page!

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  • jean paul jacquel le 16 novembre 2010 - 13:42 Signaler un abus - Permalink

    Alors le transhumanisme se réduit au doux délire mégalomaniaque de R. Kurzweil. Pas un mot sur Nick Bostrom, professeur à l’Université d’Oxford et directeur de l’Institut pour le Futur de l’Humanité. Rien sur Aubrey de Grey et son obsession de l’immortalité. Quand à M. Bainbridge s’il n’est pas convaincu il a écrit en 2003 un rapport dont l’une des conclusions est
    “In the coming decades, however, converging technologies promise to increase significantly our level of understanding, transform human sensory and physical capabilities, and improve interactions between mind and tool, individual and team. This report addresses key issues concerning how to reach these goals.”
    Rien non plus sur les déclarations de scientifiques comme Stephen Hawking :
    “But we are now entering a new phase “self designed evolution,” in which we will be able to change and improve our DNA… At first, these changes will be confined to the repair of genetic defects, like cystic fibrosis, and muscular dystrophy. These are controlled by single genes, and so are fairly easy to identify, and correct. Other qualities, such as intelligence, are probably controlled by a large number of genes. It will be much more difficult to find them, and work out the relations between them. Nevertheless, I am sure that during the next century, people will discover how to modify both intelligence, and instincts like aggression.”
    Enfin vous ne nommez aucun de ceux qui sont intervenus devant l’Institut pour la Singularité, ce ne sont pas tous des second rôles.
    Voilà donc un article propre à nous rassurer sur le fait que le futur ne sera jamais que la continuation du passé par d’autres moyens et que les gens qui essaient de regarder au-delà de l’horizon ne peuvent qu’être de doux rêveurs. La chose serait sans importance si elle n’était révélatrice d’une volonté de paraître raisonnable et cartésien qui ne fait peut-être que cacher un manque d’imagination de taille nationale.

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  • Serge Meunier le 16 novembre 2010 - 16:47 Signaler un abus - Permalink

    Bonjour,

    Belle image que ce radeau de la Méduse qui ne clôt pas l’article mais en pose l’enjeu poignant – serait-ce notamment car les trois quarts de l’humanité ne mange même pas à sa faim.

    Géricault a le sens du pathétique ; tout n’est pas à jeter, ceci dit, de la frénésie technophile actuelle en notre contemporanéité qui se cherche et trouvera probablement parmi “les” réponses celle du progrès. Le progrès, nous ne pouvons pas évacuer son effet mobilisateur : il est bien ce qui fait que vous avez publié et que je peux poster en réponse.

    On ne peut objecter qu’il y a en ce moment un flot de découvertes : le graphène, par exemeple, issu du champ des nanos et qui pourrait pulvériser le “rendement” électronique. Alors, allons-nous tête baissée vers un seuil après quoi il sera possible de dire qu’il y eu changement de paradigme : une Renaissance ?

    Ce qui ne me laisse pas indifférent dans les annonces transhumanistes pour ce que j’en connais – ou devine -, et des gens d’Ygaw/Silicon Sentier en ont été à travers la Singularity, c’est l’idée non pas que quelques élus s’en sortent mais le vœu, bien pensant, certes, que l’humanité parviennent à… maturité ?

    Cela peut faire songer à la pensée de Nietzsche dont le parfois controversé Michel Onfray a montré qu’il ne s’agissait pas d’un fascisme mais d’une sortie de chrysalide.

    Peut-être serons-nous plus sages et donc plus humains ? En tout cas, la question est posée…

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  • bug-in le 17 novembre 2010 - 4:11 Signaler un abus - Permalink

    Dommage que l’article ne creuse pas la question des idées qui pose problème et qu’amorce ce courant.

    J’ai passé plus de deux ans sur le sujet.
    http://bugin.free.fr/atome.html

    Franchement, ils n’ont rien de rassurant. Bostrom est les autres tentent d’en présenter une version avec un verni de démocratie, mais franchement ça n’a rien de démocratique.
    C’est du capitalisme industriel pur jus.

    Prétendre améliorer l’humain ou l’augmenter, c’est surtout dire qu’il serait nul, imparfait. Et qu’on va bien gentiment lui dire comment redresser la barre.

    Au lieu de combattre les problèmes politiques, le transhumanisme ne fait que chercher a engendrer l’espèce d’humain qui sera bien adapter a un système par ailleurs foncièrement destructeur.

    Quand au petit malin, qui le compare a Nietzsche, il faut réviser un peu :
    Nietzsche défend le surhumain contre l’humain supérieur. Le surhumain s’affirme et s’accepte grace à sa morale personelle, tandis que l’humain supérieur est issus de la science (que Nietzsche a tjs critiqué) et de la réaction. Il n’accepte pas ses propres limites, il n’accepte pas sa vie, et tente par tous les moyens de la dépasser… de la transcender. Car c’est la le transhumanisme.

    Un courant hyper-réactionnaire, qui n’accepte jamais la finitude, et nous projete dans une perfection qui ne s’atteignant jamais, nous condamne a une course infini dans laquelle on s’épuise.

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  • Serge Meunier le 17 novembre 2010 - 7:16 Signaler un abus - Permalink

    @Bug-In

    Cher ami ; oui, puisque vous me rangez précipitamment, je vous affuble en retour d’une entrée en matière à la même hauteur paternaliste. Vos prérogatives scientifiques ne sont pas un viatique pour prétendre clore le débat ; clore est d’ailleurs un signe de fermeture ne convenant pas à l’effervescence de notre époque.
    Vous ne semblez désirer voir le transhumanisme que comme l’adaptation forcée aux exigences du temps et notamment sa dureté, et vous n’avez pas lu, semble-t-il, la fin de mon post où je suggère, certes en pointillés, que ce transhumanisme pourrait aussi avoir pour portée de nous conduire à plus de sagesse en suscitant notre évolution.

    Bien à vous et pour que la notion d’idée ne soit pas une forteresse mais un échafaudage de bambous autour de l’à-venir.
    Serge Meunier

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  • Marie le 17 novembre 2010 - 8:43 Signaler un abus - Permalink

    Bonjour,

    Pour avoir cité Nietzsche, je me sens concernée par le débat.

    Ma citation est un appel à la RE lecture de “Ainsi parlait Zarathoustra”.

    Effarée par le contenu de cet article, je rejoins l’analyse de Bug-In.
    Il serait redondant de redire ce qui l’est déjà parfaitement : “Prétendre améliorer l’humain ou l’augmenter, c’est surtout dire qu’il serait nul, imparfait. Et qu’on va bien gentiment lui dire comment redresser la barre.

    Au lieu de combattre les problèmes politiques, le transhumanisme ne fait que chercher a engendrer l’espèce d’humain qui sera bien adapter a un système par ailleurs foncièrement destructeur.”

    Plus simplement, allons-nous transformer l’humanité en machines productives et consommatrices ? C’est inacceptable parce que l’humain est un être doté de toutes les capacités pour se transcender.
    “Agrémenter” l’humain d’erzats électroniques reflète bien un certain courant de pensées qui tend à la soumission et à l’extinction d’un développement supérieur… le surhumain.

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  • Serge Meunier le 17 novembre 2010 - 9:19 Signaler un abus - Permalink

    Bonjour à tous et toutes
    J’ai envie d’être extrêmement simple et pragmatique : qui d’entre nous n’utilise pas de lunettes, probablement à verres progressifs, ou bien qui n’est pas doté d’implants dentaires ; que sais-je d’autre ? Ce sont là des ajouts à l’être ontologique que nous sommes – si tant est que nous avons jamais été dépourvus d’outils…

    Le transhumanisme – tel que je l’entends – ne fera pas de moi un cyborg ; il me prothèses des outils qui, déjà aujourd’hui, pulvérisent ce qu’à de hautement technologique l’optique ou un inlay-core : le high-tech dépasse de très loin ce qui est et cela fait peur. Ce sont notamment les nanos qui effraient et cet effroi est peut-être à entendre comme une peur de la personne qui s’exprime et pas en tant qu’argument…

    Pour ce qui est d’arguments, nous n’avons que des conjectures et il semble intéressant de recadrer le débat en prenant comme “fond” les mutations du passé. Ainsi, de la même manière, le train faisait peur et a fait postuler à des membres de l’Académie des Sciences d’alors que le cors humain ne résisterait pas au passage sous un tunnel. Il me semble donc que nous projetons des craintes sur l’à-venir et qu’elles ne sont utiles que tant qu’elles critiquent mais pas quand elles font barrage. De là, j’émets des idées et c’est là tout le potentiel de notre civilisation : à mes yeux le débat reste bien entendu ouvert

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  • jean paul jacquel le 17 novembre 2010 - 10:39 Signaler un abus - Permalink

    Je crois qu’il faut admettre tranquillement que l’homme est imparfait ce qui ne veut pas dire qu’il est nul. Le processus qui aboutit à ce que nous sommes a commencé il y a longtemps et il n’y a aucune raison de penser qu’il soit achevé (sauf si vous êtes fondamentaliste ou créationniste). Depuis le début ce processus associe le cerveau, la main et l’outil. La technologie n’est pas une chose à l’écart de l’humain, elle est constitutive de l’humain dans un processus de co-évolution. Nous n’avons, en tant qu’espèce, jamais accepté la finitude et la fatalité de notre condition actuelle. Il n’y a aucun motif pour que cela cesse.
    La question qui se pose aujourd’hui c’est que notre connaissance du monde et de la nature nous a donné une puissance jamais approché auparavant que nous utilisons pour améliorer ou aggraver notre situation et celle de la Terre. La technologie n’est ni le problème, ni la solution, elle est le moyen. La solution réside dans le politique au sens large, la démocratie, l’équilibre liberté-contrainte, l’éducation, etc.
    Avec la puissance est venu le pouvoir, avec le pouvoir les responsabilités et avec les responsabilités les ennuis. Or l’humain tel qu’il est doit encore beaucoup aux grands singes pour ses comportements sociaux. Il est, me semble-t-il, légitime de penser à une humanité mieux adaptée intellectuellement et psychologiquement aux responsabilités que sa puissance technologique implique. C’est une question importante, trop importante pour la laisser entre les mains des seuls scientifiques.
    Il est trop simple de reléguer les gens qui posent la question du progrès à moyen et long terme aux rangs des doux dingues. Il est trop facile d’agiter les mots magiques « capitalisme » « hyper-libéralisme » et de sortir les fagots. A laisser la réflexion aux autres il ne faut pas être étonné que les réponses ne nous conviennent pas.
    Enfin, je crois que le terme réactionnaire est à manipuler, dans ce contexte, avec précaution. Celui qui se tourne vers l’avenir ne peut jamais être qualifié de réactionnaire sauf à considérer que la question se concentre sur la perspective de la Révolution et que tout ce qui n’est pas révolutionnaire, au sens XIXe-XXe siècles, est réactionnaire. C’est hélas trop souvent la position adopté par certains courants qui se pensent progressistes. Pour ce qui me concerne je trouve que l’aspect insuffisamment documenté, peu argumenté et gentiment méprisant de l’article que nous commentons en ce moment est réactionnaire.

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  • Serge Meunier le 17 novembre 2010 - 10:50 Signaler un abus - Permalink

    @jean paul jacquel
    Assez d’accord pour ce qui est de l’incomplétude de l’article et c’est peut-être alors justement à nous, lecteurs, d’en poursuivre l’élan, ce que nous faisons. Entre enthousiasme immodéré et retrait, il y a plus que largement place pour la réflexion, la documentation, l’argumentation. Ce sont là justement des “outils”…
    Serge Meunier

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  • bug-in le 17 novembre 2010 - 13:14 Signaler un abus - Permalink

    @Serge Meunier,
    s’il a paru que je vous réponde mal, j’en suis désolé, mais c’est simplement que je ne vous répondez pas. Owni ne permet pas de savoir a qui l’on répond précisément, sauf si on le précise. Je ne l’est pas précisé, résultat tout le monde a pu le prendre pour soi… bon.

    L’argument du port de lunette est ancien chez les transhumanistes et il est spécieux. Les lunettes ne représente pas du tout le genre de prothèses ou d’idée que défendent les transhumanistes. C’est juste un argument qu’ils balancent pour faire passer leur camelote. Pourquoi c’est différent ?
    Parceque les lunettes sont porté pour corrigé un problème de santé et nous faire rejoindre une norme biologique partagé. Alors que les dispositifs que les H+ proposent sont fait pour “dépasser”, sortir de la simple santé et retour a la norme. Leur ambition est dans le toujours “plus”. C’est extrêmement clair chez Kurzweil.

    Si c’est pour conduire a plus de sagesse, il n’y avait pas besoin de ça. On a déjà d’autres “programme” : philosophie, éducations etc… L’apport en sagesse n’a rien de spécifique au transhumanisme. Le défendre par ce biais est donc une erreur (on ne défend pas le transhumanisme, mais alors la sagesse…).

    La critique des nanos n’a rien d’une peur irrationelle. Tout a bord, avoir peur n’est pas forcément irrationel. Ensuite des produits a base de nanotechnologie sont déjà en vente et disponible, alors que les études sur les conséquences sont en cours dans les laboratoires. Nous sommes déjà exposé. Nous sommes dans une situation qui est pire que celles des cobayes. Nous sommes un gibier acceptable pour que d’autres puisse continuer leur chasse au profits.

    Par ailleurs vous rejetez le fait que des craintes soit projeté sur l’avenir… en toute logique il faudrait alors rejeter aussi les espoirs… On ne peu pas demander les uns sans les autres.

    @jean paul jacquel. Vous invoquez la non finitude de l’évolution, moi je parlais de notre finitude a nous, en tant qu’être humain. Si vous vous placer dans le cadre de l’évolution, nous apparaissons évidement dans un processus d’histoire des espèces. Mais l’histoire de notre espèce nous ne la controlons pas et ne le pouvons pas. On ne le peu pas parceque les processus de sélection des vivants se font en fonction d’une situation (sur laquelle nous avons aucun poid) qui entraine des facteurs favorables ou défavorables a certaines vivants dans un milieu défini.
    Pour le dire simplement et comme je rencontre souvent cet argument : L’évolution n’est pas un programme, c’est une description. On ne peu pas prédire l’avenir des situations auquelles nous serons confronté et donc encore moins qui sera sélectionné et sur quel critère.

    Je suis d’accord sur l’idée qu’il ne faut pas laisser les débats aux scientifiques. Ce sont des questions de société, c’est donc a la population d’y prendre part.

    Pour moi parler de “capitalisme” n’est pas un gros mot. Ce qui me parait grossier c’est de ne pas en parler alors que nous sommes tous plonger dans sa dynamique. C’est un secret pour personne, et je ne vois pas pourquoi il faudrait l’ignorer ou ne pas en parler.

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  • Serge Meunier le 17 novembre 2010 - 13:27 Signaler un abus - Permalink

    @BUG-IN
    Bien reçu et sans égratignures puisqu’il ne s’agit pas de nos personnes mais d’idées. Pour synthétiser ma position : je considère l’état de fait qui est que les nanos, par exemple, sont un champ d’actions en cours. De là, ce qui me semble intéressant, c’est d’y réfléchir et à cette fin s’informer et/ou partager comme nous le faisons ici. Reprenant votre nuance sur l’analogie quant aux lunettes, je réfléchis avec soin pour savoir s’il y a effectivement une différence entre pallier à une déficience (visuelle) et vouloir augmenter le potentiel humain. En vous remerciant pour votre réaction.
    Bien à vous,
    Serge Meunier

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  • stefbrodu le 18 novembre 2010 - 2:14 Signaler un abus - Permalink

    Très bon article qui suscite plein de réflexions :

    - Tout cela est bien beau, mais les H+ seront-ils plus heureux ?
    - Cela ne fera-t-il pas qu’accentuer des différences entre des groupes (ceux qui ont accès à la technologie / ceux qui n’y ont pas accès)
    - Pire, est-ce que l’on ne se retrouvera pas dans une situation où un groupe sera obligé d’exploiter l’autre (esclavagisme) pour pouvoir survivre (l’extrême de ce que nous faisons actuellement avec la Chine et les pays en développement chez qui on pille les ressources pour alimenter inéquitablement notre vie de luxe)
    - Et que ferons-nous quand on sera rendus à un point où il faudra choisir parmi nous tous qui pourra continuer à accéder à cette technologies et qui devra en être privé ?

    J’ai de plus en plus la conviction que l’avenir de l’humain passe par le “développement” de sa spiritualité et non pas par le développement de technologie lui permettant de supplanter ses congénères.
    La technologie doit rester un outil au service de l’homme et ne pas devenir une partie de l’homme.
    Mais où tracer la limite entre évolution médicale permettant de vivre… indéfiniment (ou presque) et évolution médicale permettant de devenir un “surhomme”, un humain bionique, etc. ?

    “Science sans conscience n’est que ruine de l’âme”
    Rabelais

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  • BB le 18 novembre 2010 - 22:03 Signaler un abus - Permalink

    Encore une fois les puissant vont profiter aux maximum des avantage de ces avancées qui ne sont que technologique, et encore une fois ils attireront une petite masse de fidèles moutons suiveurs en leur dispensant les miettes de leur pouvoir, exactement comme pour la révolution industrielle ou toutes les révolution qui ont lieu dans l’histoire de l’humanité. Un petit nombre a toujours profité pleinement, au détriment de la masse et en manipulant une petite partie de cette masse pour se protéger.

    De plus, expliquez moi… A quoi ressemble la vie quand on peut vivre une vie de 200 ans… Ou même, quand on est “virtuellement immortel”, parce qu’on est jamais immortel, on ne peut qu’être au mieux “virtuellement immortel”.
    Comme ça, l’immortalité c’est grisant, mais ou jour le jour je dirais que c’est autrement plus chiant. Je dis au jour le jour, mais on peut finalement parler de seconde à la seconde. En tout cas, pour vivre une vie d’immortel, mieux vaut y être bien préparer, le mieux restant d’y renoncer. Que devient la vie dans tout cela ? Un jeu entre les mains de l’homme… Et l’homme, que devient il dans tout cela ? Rien de plus qu’avant je dirais, juste un grain de poussière (immortel) perdu dans l’infini.

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  • BB le 18 novembre 2010 - 22:08 Signaler un abus - Permalink

    Encore une fois les puissant vont profiter aux maximum des avantages de ces avancées qui ne sont que technologiques, et encore une fois ils attireront une petite masse de fidèles moutons suiveurs en leur dispensant les miettes de leur pouvoir. Exactement comme lors de la révolution industrielle ou même en fait de toutes les révolutions qui ont marquées l’histoire de l’humanité. Un petit nombre a toujours profité pleinement des avantage, au détriment de la masse, tout en manipulant une petite partie de cette masse pour se protéger.
    Il y a toujours, entre les oppresseurs et les opprimés, une “classe moyenne” qui fait écran.

    De plus, expliquez moi… A quoi ressemble la vie quand on peut vivre 200 ans… Ou même, quand on est “virtuellement immortel”. Parce qu’on est jamais immortel, on ne peut qu’être au mieux “virtuellement immortel”.
    Vu comme ça, l’immortalité c’est grisant, mais au jour le jour je dirais que c’est autrement plus chiant. Je dis au jour le jour, mais on peut finalement parler de seconde à la seconde.
    En tout cas, pour vivre une vie d’immortel, mieux vaut y être bien préparer, le mieux restant d’y renoncer. Que devient la vie dans tout cela ? Un jeu entre les mains de l’homme… Et l’homme, que devient il dans tout cela ? Rien de plus qu’avant je dirais, juste un grain de poussière (immortel) perdu dans l’univers (infini).

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  • Marc le 19 novembre 2010 - 7:32 Signaler un abus - Permalink

    Bonjour,

    Encore un article qui serait davantage intéressant à mon avis si, d’une part, il ne faisait pas dans la pseudo-ironie systématique, laquelle semble avoir pour but d’indiquer au lecteur que l’auteur garde un peu de distance vis-à-vis d’un sujet qui sentirait le souffre, et d’autre part s’il n’était pas parsemé d’erreurs factuelles ou conceptuelles.

    Je me permets donc quelques précisions.
    L’auteur (Andrea Frandin) nous dit « […] Au “transhumain”. Ou plus précisément, puisque rien n’est encore fait, à tous les artisans de ce mouvement, qui croit en l’avènement d’une humanité nouvelle aux alentours de 2029. »
    C’est commettre une première confusion entre Transhumanisme et Singularitarisme. Tout d’abord, les personnes qui se retrouvent dans le mouvement transhumaniste ne “croît” pas – et encore moins “toutes”. En France par exemple, les principaux acteurs du Transhumanisme considèrent qu’il est avant tout urgent de développer le débat et l’information autour de la Convergence technologique et ses conséquences. Ils revendiquent en effet une démarche rationnelle. La grande majorité se réclament du matérialisme. Ensuite, ils sont loin d’adhérer aussi aveuglément à la théorie de la Singularité. Cette quasi prédiction de R. Kurzweil laisse même le plus grand nombre plus que sceptique, comme vous l’indiquez vous-même à la fin de votre article !

    Vous dites : « Pour ses partisans, l’Homme sera très bientôt capable de se transcender en une entité à la fois organique et mécanique, susceptible de pallier à toutes les tares de sa condition. » Double inexactitude. D’une part l’humain est déjà capable de se transformer en entité à la fois organique et mécanique. C’est le cas de centaines de milliers de personnes dotés d’implants cardiaques, auditifs, cérébraux, de prothèses métalliques remplaçant os et articulations, et maintenant même d’implants rétinien. Les Transhumanistes, qu’ils croient en la Singularité ou non, ne présagent donc pas que tout cela sera possible, ils ne font que constater ce qui existe déjà et imaginent simplement que la tendance a des chances de se renforcer. En échange, ils ne sont pas si naïfs qu’ils puissent croire que ces techniques permettent de « pallier à “toutes” les tares de sa condition ». Ils peuvent par contre espérer des améliorations progressives. Nul « miracle » dans cette progression, il s’agit simplement de l’évolution habituelle de la technologie.

    « Le basculement dans cette ère supérieure est appelé “Singularité”. » Dites-vous. Malheureusement, c’est une erreur qui révèle votre confusion.
    La Singularité, telle que décrite par R. Kurzweil, consiste dans le moment où les Intelligences Artificielles auraient atteint un degré de perfectionnement tel qu’elles surpasseraient de très loin les capacités humaines et, se développant à un rythme exponentiel, nous entraînerait dans un monde au-delà de toute imagination. Le monde des Cyborgs que vous décrivez précédemment, « truffé » de technologie et vivant « 200 piges », n’est donc pas lié à la Singularité. Il s’agit d’une autre hypothèse, bien plus réaliste celle-là.

    Le paragraphe suivant, concernant la géo-ingénierie, est tout aussi caricatural. Vous prêtez une fois de plus à “tous” les Transhumanistes la croyance de pouvoir sauver la planète par la technologie. Personnellement, je n’en connais pas un qui entretienne une foi aussi béate. Vous semblez oublier que la majorité des Transhumanistes vient à l’origine des milieux scientifiques, peu portés à ce genre de crédo. Les techniques de géo-ingénieries sont, pour l’heure, essentiellement à l’état de projets, de théories, elles font l’objet des plus grandes réserves compte tenu de l’absence de données sur les effets secondaires à long terme. Les Transhumanistes ne les présentent en rien comme une “panacée”, simplement, ils ne s’interdisent pas de les envisager, comme toute technique, en suivant une méthode scientifique rigoureuse. Envisager ne signifie pas appliquer.

    Vous rappelez ensuite que les motivations transhumanistes trouvent leurs sources dans la nuit des temps, et en cela, je vous donne raison. Néanmoins, je ne comprends pas bien votre tendance à vouloir ridiculiser à tout prix ces aspirations. Ridicule le besoin des hommes de lutter contre leur angoisse existentielle ? Absurde la volonté de donner un sens à l’existence ? Par la suite, vous indiquez combien des sommes importantes sont investies dans des projets comme la Singularity University. Mais comment expliquez-vous que tous ces gens “très sérieux”, souvent des scientifiques, engagent de telles sommes ? Qu’est-ce qui peut bien les motiver ? L’appât du gain, seulement ?

    Je passe sur votre présentation de la SU et de R. Kurzweil, qui sont peut-être plus proches de la réalité. Mais, de grâce, éviter les amalgames. Kurzweil est une figure célèbre du Transhumanisme dans le sens où c’est un de ceux qui va le plus loin. Mais sa théorie de la Singularité est loin de faire l’unanimité et assimiler tous les Transhumanistes à des promoteurs de ses thèses constitue un mensonge.

    Vous concluez en mettant en avant les risques de fractures dans la société, entre privilégiés et laissés pour compte éventuels du Transhumanisme, et je vous donne ici aussi raison. De même lorsque vous appelez à poser la question, c’est-à-dire à lancer le débat dans une société française qui paraît très en retard sur ces questions. Mais sachez qu’en France, les Transhumanistes sont déjà organisés en association (Association Française Transhumaniste : Technoprog !) et que le premier de leurs objectifs n’est pas d’atteindre une quelconque Singularité, mais rien d’autre que de promouvoir ce débat.

    Cordialement

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  • Serge Meunier le 19 novembre 2010 - 8:10 Signaler un abus - Permalink

    @Marc et tous, toutes

    Merci à Marc pour son intervention qui repose la question. En apportant des précisions auxquelles il semble que l’on puisse a priori donner crédit au vu de son ton mesuré et d’une prose excellemment articulée, et en le faisant en s’abstenant de jouer soit sur le moteur aveugle de l’enthousiasme, soit l’épouvantail de la peur, Marc permet de relancer le débat plutôt que celui-ci se perde en impasses et en confusion.

    Il est un fait que nous sommes déjà plus que largement “outillé” et il n’était pas inutile de le rappeler. Je travaille pour ma part sur un projet ou entrera en lice le Brain-Computer Interface et je ne suis donc pas hostile quant à l’apport pouvant être offert à des personnes polyhandicapées.
    De là, les puissants demeureront puissants, c’est certain. De là, pour revenir au fond une réflexion philosophique doit présider à certains choix comme c’est le cas des progrès en génétique. Puisqu’il est effectivement plus sain de s’informer que de “croire” je vais donc aller regarder du côté de Technoprog dans le but de me faire une opinion…

    Bonne journée à tous et toutes
    Serge Meunier

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  • salva le 20 novembre 2010 - 16:57 Signaler un abus - Permalink

    Bonjour,

    Tout d’abord je recommande la lecture du roman de Michel Houellebecq, “les particules élémentaires”. Roman qui très “humainement”, met en avant les causes qui poussent l’homme vers la volonté de devenir un H+.

    Je rejoint l’avis de BUG-IN à propos de “l’argument des lunettes” et plus largement, la différence concrète et éthique qui se pose entre palier à une déficience physique et “upgrader” le corps humain.

    @Serge Meunier
    Il me parait évident que l’Homme utilise chacune de ses avancées technologiques pour pouvoir rendre à un handicapé son bras ou sa jambe et par ce fait de lui rendre aussi sa dignité.
    Mais qu’en est-il du cas où l’on autorisera l’implant d’un troisième bras ?

    Cette différence est pour moi fondamentale (au-delà de l’extrémité de cet exemple), car elle repose sur la capacité concrète et indéniable d’évaluer en amont les compétences d’un individu (chose qui n’est pas réellement possible aujourd’hui, malgré les batteries de tests et autres outils que l’homme invente pour calculer et tenter d’obtenir ces résultats).

    Ainsi, dans l’hypothèse ou l’H+ sera notre futur, quel sera le poids social, culturel, professionnel de nos choix “d’upgrading” (si on en a les moyens financiers, bien évidement !) ? Quand chacun mettra en avant sur son CV son “nombres de bras”, tel ou tel injections de nanomachines permettant de développer spécifiquement tel ou tel compétences ?
    Nous ne serons vraiment plus très loin de la société imaginée par Aldous Huxley dans son roman “le meilleur des mondes”… A la différence près que ce ne sera pas l’état qui nous imposera nos destinés.

    Cependant, cette différence pose une autre question : A savoir, quel sera le poids des organismes et autres entreprises qui financent ces projets dans nos sociétés et nos modes de vies ?
    Je m’imagine déjà pouvoir visualiser directement, par le biais de mon œil synthétique, des publicités pop-up proposées par Google…etc

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  • Serge Meunier le 20 novembre 2010 - 18:07 Signaler un abus - Permalink

    @Salva
    Je regrette que vous caricaturiez les choses : se doter d’un troisième bras, un oeil électronique et Google qui s’empare de vous !
    Concernant l’aide au handicap, il s’agit de tout autre chose : le Brain-Computer Interface. Concernant les excès et dérives, vous savez il y a déjà des gens tellement riches qu’ils se permettent des oeillets de chaussure en diamant…
    Très concrètement : où placer le curseur entre ce à quoi il faut pallier et ce qu’il convient de ne pas faire ? Qui va décider et en vertu de quelle éthique ? Et puis pourquoi toujours cette peur qu’une puissance nous subordonne ? Mon avis est justement que nous sommes depuis un certain temps déjà dans le monde d’Huxley, serait-ce parce que les systèmes dominent (car les hommes ont abdiqué) et la société très dure où nous sommes en résulte. Mais je n’ai pour ma part pas de crainte quand à un monde apocalyptique : faut-il encore nous réveiller, majorité pensante que nous sommes, et personne ne nous mettra sous le joug…

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  • R_grandmorin le 24 novembre 2010 - 14:37 Signaler un abus - Permalink

    j’ai vu le film “the singularity is near”.
    c’est vraiment moche (images de synthese a gogo, esthetique raelienne, etc.. ) et peu informatif en fait.

    a la place je conseille la page wikipedia en anglais.

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  • Mils le 6 décembre 2010 - 13:41 Signaler un abus - Permalink

    @stefbrodu : “Tout cela est bien beau, mais les H+ seront-ils plus heureux ?”

    Oui, définitivement. Les progrès futurs en psychologie et en neurologie et les améliorations cognitives permettront une santé mentale à toute épreuve en plus d’une conscience de soi et des autres plus profonde.

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  • Serge Meunier le 6 décembre 2010 - 13:55 Signaler un abus - Permalink

    Bonjour
    Peut-être l’avenir passera-t-il aussi par la façon de vivre ensemble. Quand je vois des images de villages du Midi, j’apprécie bcp de constater que les habitations forment une sorte de tout qui semble cohérent ; aujourd’hui par contre c’est plus souvent des implantations paraissant non organiques.
    Peut-être donc faudrait-il savoir si les gens recherchent ce effet d’ensemble et de cohérence ; et pourquoi pas aussi se demander tout simplement ce que nous voulons “au fond” ?..

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  • BlueTemplar le 11 décembre 2010 - 5:24 Signaler un abus - Permalink

    Bonjour,

    ” « Le basculement dans cette ère supérieure est appelé “Singularité”. » Dites-vous. Malheureusement, c’est une erreur qui révèle votre confusion.
    La Singularité, telle que décrite par R. Kurzweil, consiste dans le moment où les Intelligences Artificielles auraient atteint un degré de perfectionnement tel qu’elles surpasseraient de très loin les capacités humaines et, se développant à un rythme exponentiel, nous entraînerait dans un monde au-delà de toute imagination. Le monde des Cyborgs que vous décrivez précédemment, « truffé » de technologie et vivant « 200 piges », n’est donc pas lié à la Singularité. Il s’agit d’une autre hypothèse, bien plus réaliste celle-là.”

    Ça dépend:
    “A technological singularity is a hypothetical event occurring when technological progress becomes so rapid that it makes the future after the singularity qualitatively different and harder to predict.”
    “Vernor Vinge proposed that the creation of superhuman intelligence would represent a breakdown in the ability of humans to model the future thereafter.”
    “Most proposed methods for creating superhuman or transhuman minds fall into one of two categories: intelligence amplification of human brains and artificial intelligence. The means speculated to produce intelligence augmentation are numerous, and include bio- and genetic engineering, nootropic drugs, AI assistants, direct brain-computer interfaces, and mind uploading.”

    Par contre, les conséquences directes de l’accélération du progrès technologique et de la singularité, seraient bien un plus grand pouvoir de l’être humain (et/ou de ses successeurs) sur la nature. Ce pouvoir pourrait bien permettre aux êtres humains de se “transcender”.

    “Le paragraphe suivant, concernant la géo-ingénierie…”

    Où voyez-vous parler de géo-ingénierie? Il peut s’agir de solutions à des problèmes locaux concrets (par exemple des tuyaux “intelligents” permettant de détecter des fuites, ou des lampes LED permettant d’économiser l’énergie), qui pris dans leur ensemble, à l’échelle de la planète, peuvent contribuer à changer le monde.

    Concernant “l’argument des lunettes”:
    Si vous voulez un autre exemple, prenons le bâton. L’hominidé qui en premier a pensé à utiliser un bâton pour étendre la portée de son bras a bénéficié d’un sacré avantage par rapport a ses congénères. Se dépasser par la technologie, en faire toujours plus, fait partie intégrante de l’évolution de l’espèce humaine.

    Ce qu’on devrait remettre en cause, ce n’est pas le progrès technologique, c’est la place qu’occupent et occuperont dans la société les individus “inférieurs”. De dire que les hommes sont tous “égaux” dans notre société est en fin de compte hypocrite:
    “Les sociétés animales et humaines mettent en place différents systèmes de différenciation hiérarchique, qui peuvent être basés sur la naissance (système aristocratique), la fortune, la beauté, la force physique, l’intelligence, le talent … Tous ces critères me paraissent d’ailleurs également méprisables ; je les refuse ; la seule supériorité que je reconnaisse, c’est la bonté. Actuellement, nous nous déplaçons dans un système à deux dimensions : l’attractivité érotique et l’argent.”
    Il nous faut un système qui parviendra à assumer le droit des hommes à la différence, et qui soutiendra le droit à tous à l’émancipation et au bonheur – c’est ça la vraie “égalité”.

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  • pseudo veritable le 11 décembre 2010 - 18:01 Signaler un abus - Permalink

    Contenu & ton : j’aime beaucoup.
    Des illuminés mégalomaniaques tels les pharaons en leur temps se sont cassés la figure et leur “civilisation” avec. Peut être n’avaient-ils pas de mécènes tel google et leur vision singulière du monde.

    @auteur

    Dites, n’y aurait-il pas des relents de sectarisme également derrière le transhumanisme ?

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  • Marc le 11 décembre 2010 - 19:00 Signaler un abus - Permalink

    @pseudo veritable

    > Dites, n’y aurait-il pas des relents de sectarisme également derrière le transhumanisme ?

    Je vous invite à venir vérifier vous même sur le site ou sur le forum de l’Association Française Transhumaniste !-)

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  • pseudo veritable le 12 décembre 2010 - 9:33 Signaler un abus - Permalink

    @marc
    Bonjour,
    je découvre votre forum.
    Il manque juste une aura lumineuse derrière l’oeil

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  • Marc le 12 décembre 2010 - 10:59 Signaler un abus - Permalink

    @pseudo veritable
    Je me demande toujours comment répondre face à ce genre de provocation non argumentée.
    Ignorer ? Ironiser à mon tour ?
    Souvent, je préfère le premier degré :-)
    -> Il n’y a pas d’aura lumineuse, en effet, l’AFT revendique une approche strictement matérialiste. Pour moi, cet oeil est une métaphore de la “prospective”, regard porté vers l’avant.

    J’éviterai de répondre davantage pour ne pas polluer ce site.
    Voulez-vous en discuter sérieusement sur notre forum ?

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  • StefBrodu le 12 décembre 2010 - 15:51 Signaler un abus - Permalink

    @pseudo veritable et @MARC
    Et bien pour moi, autant la question que la réponse sont très intéressantes. Je vois là véritable matière à discussion. Et non pas provocation.
    Je suis heureux de lire que “l’AFT revendique une approche strictement matérialiste”.
    Cela rejoint (selon ma vision) le manque de notion de conscience et de bonheur dont je parlais plus haut. Mais j’avoue que parler “d’aura lumineuse” ajoute un grain de “spiritualité” (pas au sens religieux du terme) qui me semble aussi nécessaire à la vie.

    SB

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  • pseudo veritable le 12 décembre 2010 - 16:13 Signaler un abus - Permalink

    @MARC
    Bonjour,
    pardonnez moi si je vous ai froissé; je ne doute pas un seul instant de vos convictions.
    Cela étant, à la lecture de la déclaration Transhumaniste (http://transhumanismes.forumactif.net/qui-sommes-nous-f16/la-declaration-transhumaniste-t21.htm), je me suis demandé si, à sémantique égale et vocabulaire modifié, ce n’était pas le même genre de déclaration qui pousse de pauvres bougres sur les routes de Fatima, par exemple.
    Votre invitation à vous rejoindre sur votre forum est bien aimable, mais je la décline.
    De la même manière d’ailleurs, vous ne verrez pas non plus mon nom sur la liste des donateurs de WTA comme celle-ci
    http://www.transhumanism.org/match/
    Mon approche manque probablement de matérialisme.
    Vous avez raison donc, restons en là.
    Cordialement

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  • Serge Meunier le 12 décembre 2010 - 16:46 Signaler un abus - Permalink

    @pseudo veritable,
    Doit-entendre de la condescendance de votre part à propos des “pauvres bougres vers Fatima” ? Si oui, pauvre est une commisération anachronique aujourd’hui et bougre un terme de vieux français – sauf erreur – qui renforce le qualificatif précité en laissant supposer que vous dédaigneriez de vous y frotter.
    Si oui, donc et si condescendance il y a de votre part – vous seul pouvant en juger – avez-vous déjà connu de grandes souffrances, notamment celles qui font chercher plus grand que soi ?..

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