Jeunes journalistes: qu’est-ce qu’on attend pour ne plus suivre les règles du jeu ?

Le 10 janvier 2011

Jeune journaliste web, Morgane Tual pousse un double coup de gueule contre ses confrères. Anciens ou petits nouveaux, secouez-vous !

[Préambule de Jean-Christophe Féraud, sur le blog duquel ce billet a été publié.]

Cela faisait un moment que j’avais envie de savoir comment les jeunes journalistes web-natives vivaient leur entrée dans une profession qui, dans les faits, n’a plus rien d’un rêve de gosse rose bonbon : précarité institutionnalisée en forme de stages et CDD à répétition, productivisme Shiva en guise de vadémécum, règne des petits chefs sur des rédactions web organisées pour le flux et rien que pour le flux, arrogance aveugle des “newsosaures” de l’ère imprimée face à la grande mutation numérique de l’information… La condition faite à cette génération surdiplômée et bien mieux formée que nous ne l’étions est indigne. Et la crise de la presse n’explique pas tout. Notre génération, celle de Gutenberg, a été jusque-là incapable de comprendre et de s’adapter aux enjeux de la révolution Internet. Et dans bien des cas, tue toute velléité d’innovation dans les rédactions en ignorant superbement ce que les jeunes ont à nous apprendre du web. Je voulais lire tout cela sous la plume d’un confrère de moins de 30 ans. Morgane Tual, qui fut ma stagiaire il y a quelques années, a relevé le gant. Et le résultat décoiffe au-delà de mes espérances. Car la “Génération Y” en prend aussi pour son grade… Lisez plutôt le billet de mon invitée.

Envie d’écrire, mais manque d’inspiration. Twitter sert à tout, même à trouver de quoi bloguer. C’est Jean-Christophe Feraud, mon ancien patron aux Échos, vieux con autoproclamé du genre qu’on aimerait voir plus souvent, qui m’a soufflé cette idée de sujet : “Jeunes/vieux journalistes, papier/internet, conflits de génération ?”.

À la lecture, j’étais moyennement emballée. J’en ai un peu marre du branlage de nouille journalistico-twitto-intello du moment. Et puis j’ai changé d’avis. Les vieux journalistes et leurs grands principes, les jeunes journalistes et leur manque de principes, j’en parle souvent, à l’oral. Alors autant l’écrire. En précisant bien qu’il ne s’agit que d’un coup de gueule, et que mes propos sur les cons, vieux ou jeunes, ne sont pas à généraliser.

Les vieux cons

La seule fois où nous avons eu un semblant de cours sur Internet, dans mon école de journalisme, c’est un vieux type, une “pointure”, qui est venu nous faire la leçon. Globalement, j’ai toujours trouvé cela étrange que des personnes de soixante berges viennent nous apprendre la presse, alors qu’ils l’ont fichue en l’air. Ils nous lèguent des médias au bord de la faillite, un mépris généralisé (et bien mérité) des citoyens à notre égard, et nous enseignent la bonne vieille méthode pour continuer.

C’est d’autant plus amusant quand un journaliste d’un certain âge vient nous faire la leçon sur Internet. Ces types, qu’on a balancés à la tête de rédactions web parce qu’ils avaient “du bagage” et l’audace d’avoir ouvert un compte Facebook en 2007, ont tout appris dans des colloques. Ils sont généralement aussi sensibles au web qu’un ornithorynque confronté à une Playstation. Ils nous racontent avec une certitude insensée qu’écrire pour le web, c’est écrire court. C’est mélanger du texte avec de la vidéo et du son. Sinon, ce n’est pas “web”. Encore moins “web 2.0″.

Pas d’accord. En fait, personne ne sait ce qu’est le journalisme web, et finalement, c’est aussi bien. Ce qui est valable aujourd’hui ne le sera plus demain. Nous pédalons tous dans la semoule/choucroute/caviar et, confidence pour confidence, j’adore ça. Chercher à établir des “règles”, des “pratiques”, peut-être que c’est finalement cela qui est anti-web. Néanmoins, qu’un type de 40, 50, 60 ans – ou de n’importe quel âge – ne détienne pas toutes les vérités sur la publication en ligne n’est pas choquant en soi. Ce qui l’est, en revanche, c’est le manque de curiosité. Pendant ces cours, il ne viendrait pas à l’esprit du journaliste-professeur de nous interroger sur nos pratiques, tout occupé qu’il est à se faire mousser devant des jeunes admiratifs. On l’a vu, les vieux journalistes ne sont pas à une contradiction près. Entre le discours et la pratique, il y a un grand canyon.

Entre eux, dans les conférences où ils interviennent, tous tiennent le même discours : les jeunes sont formidables. “Nous avons tout à apprendre des digital-natives, ils ont le web dans le sang, nous sommes très à l’écoute des jeunes et des nouvelles pratiques”. Étrangement, dans les nombreuses rédactions que j’ai fréquentées, personne ne m’a jamais demandé mon avis de (presque) digital-native. Tu peux marquer HTML en capitales rouges sur ton CV, tout le monde s’en tamponne. Pour parader dans des séminaires en expliquant que les jeunes sont formidables, il n’y a aucun problème.

Mais la réalité, c’est que les jeunes moisissent dans des rédactions pourries, payés que dalle, parfois ignorés, rarement remerciés, pour des stages aux limites de la légalité, à bosser comme des bêtes à pondre de la dépêche minable jusqu’à pas d’heure. La remise en question, ce n’est bon que pour les conférences. En vrai, on attend sagement la retraite, en glorifiant le temps d’avant, en accusant le web de tous les maux de la presse, en évitant soigneusement de se sentir responsable. Après nous, le déluge.

Les jeunes cons

Heureusement, la jeune génération est là pour prendre le relais. Non ? Non. La génération Y, c’est surtout la génération plan-plan. Aussi bien pensants que nos aînés. Sauf que les vieux, eux, ont au moins le mérite d’avoir été jeunes une fois dans leur vie, en essayant de tout foutre en l’air dans les années 60-70. Aujourd’hui, on fait du journalisme pour être reconnu socialement, et surtout pas pour faire évoluer le métier. On rêve de parler dans le poste avec le même ton cloné, d’écrire dans des journaux prestigieux et, si on a de la chance et la belle gueule qui va avec, de faire de la présentation à la télévision, summum de la gloire. Quitte à reproduire éternellement le même modèle qui, on le sait désormais, est voué à l’échec. Bref, réinventer le journalisme, très peu pour nous. Dorénavant, les rares à lancer de nouveaux projets ambitieux ont souvent passé la cinquantaine. Et le seul à s’être montré impertinent comme nous, jeunes cons, devrions l’être si nous remplissions notre rôle social, est un vieil anar octogénaire. Aujourd’hui, lancer un média est pourtant devenu techniquement et financièrement bien plus accessible qu’auparavant. Nous disposons d’une liberté immense. D’un espace de jeu illimité. Et nous n’en prenons pas possession. Les quelques journaux lancés par des jeunes motivés, même s’ils sont souvent d’une remarquable qualité, restent néanmoins d’une sagesse désespérante.

Nous sommes la génération CPE. Notre combat, ce n’était pas de changer le monde. Non, nous, tout ce qu’on voulait, c’est un putain de CDI ! En 1968, les jeunes voulaient abolir le travail et le consumérisme. Nous on veut un contrat afin de pouvoir s’acheter une bagnole à crédit. La sécurité. le confort. Surtout ne rien changer. Quid des “digital-natives” ? Dans ce contexte d’insécurité complète du marché de l’emploi, le web est devenu une immense opportunité pour se faire connaître, hors des sentiers-battus du CV à papa. Le “personal branding”, dépasser les mille followers sur Twitter, se faire inviter dans des soirées parisiennes VIP, chics et underground est devenu un but en soi.

Nous passons beaucoup de temps sur ces futilités, nous éloignant chaque jour davantage du reportage de terrain, de l’enquête et, surtout, des gens. De tous ces gens qui ne savent pas ce qu’est le web 2.0, encore moins ce qu’est Twitter, qui s’en foutent et qui, en plus, ont sans doute bien raison.Qu’est-ce qu’on attend pour ne plus suivre les règles du jeu ? Qui prendra la suite de Siné, pour chier dans la colle, à notre façon ?

Billet initialement publié sur Mon écran radar

Image CC Flickr squidtestes et infomatique

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  • David Bénard le 10 janvier 2011 - 16:40 Signaler un abus - Permalink

    Et quand on n’est ni junior ni tout à fait un vieux con, que l’on maitrise aussi bien les nouvelles technologies que les méthodes à l’ancienne, on se retrouve comme le dindon de la farce : 36 ans et chômeur :(

    http://www.doyoubuzz.com/david-benard

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  • Amatos le 10 janvier 2011 - 16:53 Signaler un abus - Permalink

    Pourquoi les jeunes ne font pas la révolution … ba parce que nos anciens révolutionnaires, savez les mecs en 68 qui avaient de l’emploi/du confort et qui ont voulu griller la génération d’avant pour arriver au pouvoir, ont compris que s’ils ne mettaient pas des bâtons dans les roues à la nouvelle génération, a qui a grandis avec les joies du chomage de masse/compétition accrue entre les uns et les autres, ba ils allaient devoir rendre compte de ce qu’ils avaient fais et surtout pas fais … et à ce moment là les beaux discours n’auraient plus servie à rien pour leur éviter de perdre la face.

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  • Zsa-zsa Mayo le 10 janvier 2011 - 17:27 Signaler un abus - Permalink

    2011, l’année du coup de fouet et de l’huile de coude ? Insh’allah.

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  • Jdeb18 le 10 janvier 2011 - 22:51 Signaler un abus - Permalink

    Mouais, enfin, la situation décrite en début d’article n’est pas l’apanage du monde de la presse. Dans la plupart des boulots, les jeunes sont compétents, innovants, précaires, sous payés et aux ordre de vieux qui s’enferment dans des certitudes du millénaire dernier.

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  • Dom le 11 janvier 2011 - 1:28 Signaler un abus - Permalink

    Heureux de lire ce genre d’article,
    mais à part des gens comme Daniel Mermet, Marie-Monique Robin, L’équipe du Monde diplomatique, François Ruffin, quelques autres, et quand même de nombreux sites Web, peu d’espoir…
    l’ensemble des Télés, des radios et de la presse papier est entièrement aux mains de puissances financières plus fortes d’année en année, la crise les a concentré et renforcé encore plus, il faudra attendre la suivante pour sortir de nombreux exécutants du comas et de leurs gadgets Apple.

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    • JVotR le 16 juin 2012 - 11:01 Signaler un abus - Permalink

      Même si Mermet est le premier à payer ses journalistes stagiaires à coup de pieds au cul et de mépris.

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  • Jsouchet le 11 janvier 2011 - 9:33 Signaler un abus - Permalink

    Un billet d’une humeur massacrante mais néanmoins nécessaire. Merci de dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Well done, GG, BJ comme diraient les jeunes 2.0 ;)

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  • Canet le 11 janvier 2011 - 12:44 Signaler un abus - Permalink

    En tant que jeune-vieux journaliste de 37 ans (néanmoins curieux), je ne peux que me réjouir de ce billet d’une pertinence rare.

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  • demay le 11 janvier 2011 - 13:34 Signaler un abus - Permalink

    le constat de ce billet est juste, et en plus il est drôle. mais la jeunesse n’est pas une question d’état civil ! A n’importe quel âge nous avons le droit de rêver, d’inventer, de critiquer, de révolutionner… bref de vivre.
    Arrêtons de prendre notre carte de presse comme une simple carte de réduction, ou d’un pass universel pour les soirées VIP où l’on s’emmerde. C’est à nous, jeunes ou vieux, de se prendre en main pour enfin informer sans compromission, sans communication débile, sans se laisser mener par le bout de l’ego ou du portefeuille.
    Enfin, la presse n’est pas une question de support, mais de contenu. La population veut de la qualité, quelle soit sur le net ou sur papier.
    Pour conclure, la situation est loin d’être désespérée. au contraire, nous vivons une période de changement exaltante. Ce sera à nous de réinventer notre profession. A nous de prendre le bon virage. j’ai 28 ans, je suis peut-être naïf, mais j’y crois.

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  • Embali le 11 janvier 2011 - 14:13 Signaler un abus - Permalink

    (disclaimer : désolé, je voulais réagir et je suis parti dans tous les sens…)

    Et qu’est ce qu’on est quand on est jeune, mais à peine sur twitter et que le personnal branding on s’en tamponne ?
    Qu’est ce qu’on est quand on trime à écrire des breves à la chaine et a faire du boulot de con pour un vague smic par mois et qu’on croise les doigts pour que ça finisse par payer ?
    Qu’est ce qu’on est quand on est sur le web, mais sans que ça change grand chose au boulot en lui même (ah si, on peut ajouter une vidéo youtube et mettre un bouton “like”) ?
    Qu’est ce qu’on est quand, vu qu’on est auto entrepreneur, on n’a pas le droit d’être encarté ?
    Finalement, qu’est ce qu’on fait quand on a jamais vraiment appris les règles et que du coup, les respecter ne signifie rien ?

    Toutes ces interventions me laissent toujours le même gout d’inutile dans la bouche. Des débats un peu élitistes, vaguement révoltés et des critiques faussement acides, mais pas vraiment d’idées neuves. Des vieux journalistes installés, des jeunes journalistes “révolutionnaires” mais qui sont de plus en plus à sortir des belles formations d’écoles bien uniformisées et qui continuent comme les anciens à regarder de haut ceux qui se sont contentés d’un pied dans la porte. “Tu devrais faire une école”… Bah ouai, comme ça j’écrirais comme toi.

    On peut continuer à rêvasser en voyant les sites US qui assument d’avoir des opinions, de l’humour, des idées et des angles originaux même sur le traitement de l’actu (le mot clé étant opinion à mon sens). Mais en France c’est sale, ça fait “blog”…

    Et se gratter la tête devant le joyeux bordel du web, en se demandant comment on fait du fric face à des annonceurs qui veulent payer à la rentabilité des bannières.

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  • Christophe le 11 janvier 2011 - 18:13 Signaler un abus - Permalink

    C’est effectivement une analyse au vitriol ! Quoique vos propos se contredisent parfois… Reprocher aux anciens leur méconnaissance du web alors que vous reconnaissez dans le même temps que personne ne sait réellement ce qu’est le journalisme sur internet. Taper sur la vieille garde et la rendre responsable de la faillite de la presse, c’est aussi – me semble-t-il – un peu court. La plupart des journaux, des médias ont essayé de s’adapter aux nouveaux moyens de communication, avec plus ou moins de succès mais on peut difficilement reprocher à tous une inaction/infection qui ne toucherait que les patients « quadra- quinqua ». En ce qui concerne les jeunes, l’apathie généralisée est en revanche plus réelle mais la nouvelle garde qui entre, comme vous le dites, dans un espace de jeu illimité, est le produit d’une école de (journalisme) pensée plus formatée qu’il y a encore 15-20 ans.
    Car si vous appelez à une révolution qui permettrait, pêle-mêle, aux jeunes d’innover (et donc d’être écouter), aux anciens de mettre à disposition leurs talent et expérience, aux plus téméraires d’occuper intelligemment la toile avec des idées nouvelles mettant en selle des reportages, des enquêtes, cela passe me semble-t-il par une réflexion totale sur notre métier aujourd’hui.
    Métier qui consiste (malheureusement) moins à informer les gens qu’à leur fournir des contenus, tenant compte de leurs « habitudes de consommation » et de règles établis en dogmes sur la longueur d’un papier (en radio, on me dit pas plus de 20 secondes, sinon l’auditeur décroche…), la photo qui doit illustrer et égayer l’article, etc… Et qui conduisent à faire du journaliste un virtuose du copier coller, un recordman de rédaction de brèves mais au final, un piètre professionnel de l’information (et je m’y inclus).
    Peut-on revenir au cœur de notre métier en remplaçant le code de déontologie par celui du marketing aveugle ? Peut-on revenir vers les « gens » en leur avouant qu’en conférence de rédaction on choisit le sujet le plus simple parce qu’ils sont supposés être très bêtes ? Peut-on prendre la suite de Siné en considérant que nos lecteurs/auditeurs/téléspectateurs sont des points d’audience, des clients et non plus tout à fait des citoyens ?
    Bravo pour votre tribune, elle a le mérite du coup de pied dans la fourmilière et appelle à débattre. Jusqu’à quel point sommes-nous prêts à discuter, à remettre en question nos habitudes, notre train-train et nos fausses certitudes…

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  • xavier formation le 12 janvier 2011 - 8:44 Signaler un abus - Permalink

    j’aime bien les vieux journalistes qui vont vous apprendre alors que c’est eux qui ont fichus en l’air la profession.

    Radio bbc, 1944
    Les jeunes cons parlent aux vieux cons,…
    Les carottes sont cuitent, je répète : les carottes sont cuites, …

    Dépensez votre énergie à votre bonheur et à votre épanouissement.

    Faîtes publiciste, plutôt que journaliste !!!

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  • tenshu le 12 janvier 2011 - 15:22 Signaler un abus - Permalink

    En dehors du mouvement étudiant parisien, 68 a été une formidable grève générale des travailleurs qui demandait une véritable révolution de la société.
    Dire que 68 c’est le désir d’abolir le consumérisme et le travail est une totale méprise.
    Les prolétaires voulaient surtout avoir de quoi mettre a bouffer sur la table voila tout. Même les trotsko voulaient rompre avec la bourgeoisie intellectuelle et les maoïstes de la Gauche Prolétarienne on même démarré le “mouvement des établis”.
    Les clichés autour de 68 sont assez réducteurs je trouve.

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  • Haribo le 14 janvier 2011 - 1:03 Signaler un abus - Permalink

    Comme l’a dit quelqu’un avant moi, ce n’est pas l’apanage de la presse l’emploi précaire ou le stage / CDD à répétition en entreprise, c’est devenu le (pole) emploi 2.0.

    Maintenant j’ai tendance à être d’accord avec ce billet de (mauvaise) humeur. J’ai l’impression en lisant sur le web des articles, de retrouver ce que je peux lire dans la presse écrite. Style, formules, neutralité, presque tout y est.

    Ce ne sont pas des journalistes (même s’ils sont parfois plus pertinents), mais je préfère lire un blog bien écrit, avec une âme, plutôt que du resucé d’AFP. La presse 2.0: la blogosphère ? :D

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  • UmanET le 14 janvier 2011 - 4:21 Signaler un abus - Permalink

    Les jeunes journaleux sont formés à la doctrine du capitalisme, donc qu’est ce qu’on peut en attendre? des articles non objectifs, personnel et égocentriques sur la vie de petit bourgeaois parisien? à l’heure de la globalisation faut ouvrir l’esprit un peu!
    Y’a trop d’infos et de sources, on appelle ça du bruit. Le metier de journaliste 2.0 serait celui de celui qui fait le tri des choses importantes (dataminng pour les néophytes…)
    Et demandez-vous avant d’écrire : Est ce que cet article parle de quelque chose qui sera un jour écrit dans les livre d’histoire? ou de sociologie à la rigueure. Le reste est inutile (du bruit quoi).
    Quel sont les journalistes qui prennent le temps nécessaire et mettent plus d’une heure pour écrire? qui font de vraies enquettes de fond?
    Comment se fait-il que les analyses de fonds sur les fraudeurs et autre arnaqueur du système ne sortent jamais? Qui parle de la corruption? de la hausse des prix de l’essence? Du vol des richesse par les banquiers? des Paradis fiscaux jamais disparus? De la marge faite sur le cul des travailleur/esclaves à chaque iphone vendu?
    Personne n’analyse plus rien, sur le long terme.

    Sinon, pour faire du verbeux pour rien dire, vous avez qu’a vous recycler en écrivain. Ou en blogueur du dimanche. Mais là y’a tellement de personne qui le font très bien parceque pas intéréssé par l’argent à en tirer.

    Les vieux cons, au moins ils savaient réfléchir. Les jeunes? ils savent cliquer, consommer, raler, mais travailler…

    A noter que jeunes comme vieux, pas un seul journaliste n’a parlé de la création récente d’une assemblée constituante en islande pour devenir la plus jeunes république mettant en application les principes des lumières et surtout virer définitivement les profiteurs (banquiers).

    Ca c’est historique, mais c’est bien censuré. Et y’a de quoi faire pas mal d’article là dessus, tant les questions qui en découlent sont nombreuses.

    Pour conclure : science sans conscience n’est que ruine de l’ame, Journalisme sans utilité, n’est que polution pour l’esprit!

    Et pour conlure plus positivement, j’aime bien lire les article sur owni : ils élevent souvent le débat.

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    • M_oose le 14 juin 2012 - 22:56 Signaler un abus - Permalink

      Des enquêtes sur les sujets que vous avez évoqués, il y en a eu. La Constituante islandaise, pareil, elle a été abordée ailleurs que sur des blogs à l’audience confidentielle. J’ai le souvenir l’année dernière d’un dossier de trois pages à l’intérieur du cahier central du Libération du samedi, excusez du peu.

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  • Pierre le 21 février 2011 - 14:22 Signaler un abus - Permalink

    Le monde des médias,une veuve enceinte ?

    La veuve enceinte* (The Pregnant Widow) est un roman de l’écrivain anglais Martin Amis, publié en février 2010. Le thème central de ce livre est la révolution féministe considérée par l’auteur comme incomplète et encore à venir pour la plus part des femmes. Ce concept fait écho au point de vue développé par un écrivain russe du 19ème siècle, Alexander Herzen qui écrivait que la révolution est une longue nuit de chaos et de désolation.
    La veuve enceinte donc, expression tirée du roman « De l’autre rive » de Herzen, fait référence à cette période particulière où l’ordre ancien est révolu et le nouveau encore à naître.
    Alors peut être que nous vivons cette période particulière, où nombre de nos modèles, de nos repères, de nos combats, du féminisme au journalisme, de l’économie à la politique sont, à bien des égards, actuellement en période de remise en question, de révolution, de gestation peut être, quelque part à la fin du second trimestre…Envie de fraises ?

    * Source : Wikipédia

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  • SRN le 4 août 2011 - 12:33 Signaler un abus - Permalink

    Trop court, inutile, pas assez violent. Déjà lu, déjà entendu. Parce que déjà vécu, aussi. Elle est où la frustration, la colère, dans cet article ? Les boules !

    Vous appelez ça du vitriol ? Bah punaise, si ça c’est du vitriol, effectivement, c’est plan plan. A peine une goutte d’amertume.

    Quand je lis “Fuck” dans la photo et une citation de “Qu’est-ce qu’on attends pour foutre le feu ?”, je m’attends à un peu plus de puissance dans le texte. Mais non.

    Toutes les générations, au moins depuis un siècle, depuis qu’elles ont conscience d’être des générations, ont estimé être la génération qui en bave. Génération perdue, génération sacrifiée, beat generation, generation X, génération cramée… C’est normal, et pire : c’est sans doute correct aujourd’hui. Mais ce n’est pas avec trois lignes qui froncent à peine les sourcils, même sur OWNI, que les idées vont changer.

    Aller taper du côté de Bloy, Debord, Muray, Rage Against The Machine. C’est quand même une autre rage et une autre analyse que dire “les vieux ont le pouvoir et c’est trop injuste, les jeunes ne fichent rien et c’est trop triste”.

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    • Lou le 13 juillet 2012 - 20:46 Signaler un abus - Permalink

      Merci SRN pour cette intervention pleine de bon sens et cet appel à changer le monde en écoutant du rock. Vous seriez pas un peu un rebelle en fait ?

      Au risque de piquer les répliques d’une assistante sociale face à un ado vachement contre le système et qui le montre grâce à sa profile pic en masque de Guy Fawkes, je vous rappelle que la puissance d’une analyse n’est pas proportionnelle à sa “frustration” ou à sa “longueur”.

      Alors c’est sûr, même pour OWNI cet article casse pas trois pattes à un canard (c’est sans doute pas le but), il y a des incohérences (pointées par les commentaires, c’est beau le web, c’est participatif), mais aussi de bonnes idées (notamment sur les possibilités de lancement des médias) et beaucoup moins de parenthèses que dans cette phrase, ce qui fait que c’est agréable à lire.

      Si on enlève ce pet de cerveau sur le rock, votre passage sur les générations sacrifiées est très intéressant aussi. On peut faire son miel un peu partout, même si l’article est moins énervé que son titre.

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  • Alex T le 11 avril 2012 - 10:49 Signaler un abus - Permalink

    Se plaindre du conservatisme des vieux et du suivisme des jeunes c’est bien mal connaître la presse et les médias aujourd’hui. Il n’y a jamais eu autant d’innovation que ces dernières années avec des analyses et des reportages en format court et long, sur du papier, sous forme de BD, de webdocumentaire, de films, produits par des jeunes et des vieux, des anciens et des nouveaux médias sur tous les sujets possibles et imaginables.
    Diversifiez vos sources !
    Un coup d’oeil au désormais culte XXI et ses concurrents (Usbek&Rica, Schnock, Alibi…), à Mégalopolis pour les parisiens, Snatch, Le Tigre, au webdoc Brèves de trottoir, à celui coproduit par France2 Défense d’afficher, aux nombreux autres coproduits par France24, aux reportages BD de Joe Sacco, de Chapatte, aux docus sur la Francafrique, Les nouveaux chiens de garde…

    Beaucoup de jeunes et beaucoup de vieux qui gueulent moins mais vers qui beaucoup se tournent !

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  • Piet le 15 avril 2012 - 16:01 Signaler un abus - Permalink

    Moui, gloire à Siné. Gloire au vieil anar’ qui est le premier à réclamer plus de flics quand on lui plastique sa villa en Corse. Gloire à Siné qui n’a pas hésité à chier sur tout ce qui a pu tenter de prendre la suite de Siné Hebdo quand celui-ci s’est arrêté… Gloire aux querelles d’égo qui pullulent même dans le monde des bisounours de la presse satirique.
    Pour le reste tu as bien raison de t’en prendre à ce que l’on peut apprendre dans les écoles de journalisme reconnues : la règle du mort au kilomètre à la ronde, les cinq W à faire rentrer dans des cases de 20 secondes/300 signes… Merci pour ce bon coup de gueule.

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  • Piet le 15 avril 2012 - 16:46 Signaler un abus - Permalink

    Ah, et tu as oublié de mentionner les concours proposés aux étudiants en école de journalisme qui en guise de premier prix te proposent… Un CDD !!!

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  • Poxy McClaw le 16 avril 2012 - 15:09 Signaler un abus - Permalink

    Deux remarques de ma part.

    1: / Qu’est-ce qu’on attend pour replacer les gens au coeur du web et des médias? Et surtout, comment faire? Bon, déjà, si on commençait à chercher? Philosophiquement, techniquement… Les zéros sociaux sont pas vraiment aussi géniaux qu’on le pense, de ce point de vue. On y voit qu’une chaine de “Moi”, “moi”, et “moi”.

    2: / Forts du travail de recherche et de réflexion entamé sur le 1/ , comment s’emparer de tous les outils dont on dispose? Créer un réseau innovant, humain et intelligible. Comment?

    3: / Finalement, y’a une troisième remarque. Est-ce que les gens s’intéressent au journalisme?
    Ce n’est pas une accusation, juste un constat qui mène encore à une autre question. Parce que la réponse est surement “Non”. Ou pas. C’est surement “Oui, mais” : Ils adoooorent les ragots, les trucs qui cognent et qui choquent, les stars et toutes ces conneries Gala, Closer et j’en passe.
    Alors, le journalisme, le VRAI? Bah non. Parce qu’il faut le redéfinir, de toute façon.

    Donc, la question sera : comment faire pour que les gens s’intéressent à un journalisme innovant et intelligible?
    Et là, moi j’ajouterais : Est-ce que les gens sont encore capables de ré-freiner leur course-folle vers le rapidement-consommable, de se poser, de réfléchir au sens de tout ça, de la vie, de leurs actes?
    Eh bien…

    On dirait bien que pour changer le journalisme, il faut changer l’humain.

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  • M_oose le 14 juin 2012 - 22:55 Signaler un abus - Permalink

    Des enquêtes sur les sujets que vous avez évoqués, il y en a eu. La Constituante islandaise, pareil, elle a été abordée ailleurs que sur des blogs à l’audience confidentielle. J’ai le souvenir l’année dernière d’un dossier de trois pages à l’intérieur du cahier central du Libération du samedi, excusez du peu.

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  • Clément le 15 juin 2012 - 0:18 Signaler un abus - Permalink

    Un article qui reproduit pourtant l’une des pratiques les plus courantes du journalisme : l’indignation sur commande. S’offusquer derrière son écran, c’est tellement plus facile que de partir en reportage, après tout.

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  • Jeff le 13 juillet 2012 - 14:22 Signaler un abus - Permalink

    Putain, ça fait du bien!!!

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  • Frachev le 15 juillet 2012 - 20:21 Signaler un abus - Permalink

    Morgane Tual, dès que je sors du CUEJ, on s’appelle et fait tout péter. Ok?

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2 pings

  • [...] Ce billet était mentionné sur Twitter par Jean-Marie Le Ray, Florent Maurin, Nadine Janssens, THE Corbeau, Owni et des autres. Owni a dit: [#owni] Jeunes journalistes: qu’est-ce qu’on attend pour ne plus suivre les règles du jeu ? http://goo.gl/fb/UX3Ah [...]

  • J'allais le dire | Pearltrees le 19 avril 2012 - 15:34

    [...] Cela faisait un moment que j’avais envie de savoir comment les jeunes journalistes web-natives vivaient leur entrée dans une profession qui, dans les faits, n’a plus rien d’un rêve de gosse rose bonbon : précarité institutionnalisée en forme de stages et CDD à répétition, productivisme Shiva en guise de vadémécum, règne des petits chefs sur des rédactions web organisées pour le flux et rien que pour le flux, arrogance aveugle des “newsosaures” de l’ère imprimée face à la grande mutation numérique de l’information… La condition faite à cette génération surdiplômée et bien mieux formée que nous ne l’étions est indigne. Et la crise de la presse n’explique pas tout. Notre génération, celle de Gutenberg, a été jusque-là incapable de comprendre et de s’adapter aux enjeux de la révolution Internet. Et dans bien des cas, tue toute velléité d’innovation dans les rédactions en ignorant superbement ce que les jeunes ont à nous apprendre du web. Jeunes journalistes: qu’est-ce qu’on attend pour ne plus suivre les règles du jeu ? » OWNI, Ne… [...]

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