Le reporter imaginaire

Le 16 mars 2011

Double page, rubrique "grand reportage", JDD du 8 mars dernier. Bernard-Henri Lévy raconte son séjour en Libye aux côtés des rebelles. Un reportage qui n'obéit pas vraiment aux règles du genre...

Le Journal du Dimanche du 6 mars 2011 a publié sous la rubrique grand reportage, un article signé Bernard-Henri Lévy titré Dans la Libye libérée. Ce texte fait partie d’un ensemble de 6 pages consacré aux événements qui se déroulent en Libye. Il comprend deux pages et demi d’une interview « exclusive »1 de Muammar Kadhafi, recueillie par un des envoyés spéciaux du journal, Laurent Valdiguié. Ce dossier comprend aussi deux articles de synthèse, l’un sur la situation dans le pays (Massacre à Zawiya, ville martyre) et l’autre sur les réactions diplomatiques (Attentisme à la Maison-Blanche et à l’Onu). Un traitement donc assez complet.

Dans le Parisien Dimanche de la semaine suivante (daté du dimanche 13 mars 2011), Bernard-Henri Lévy, interviewé par Frédéric Gerschel, revient sur son travail:

Je suis quelqu’un qui ne fait pas les choses à moitié. Je vais sur le terrain. Je rapporte un reportage sur les horreurs d’une guerre où on envoie des populations désarmées.

Et effectivement, il va sur le terrain. Mais pourquoi y va-t-il et que rapporte en terme d’informations ce « reporter de guerre » ?

Personnification de l’image

La double page, du grand reportage de Bernard-Henri Lévy, telle qu’elle est publiée dans le JDD, est atypique, d’abord par sa mise en page :

Le Journal du Dimanche du 6 mars 2001

Sur la page de gauche, une photo de Bernard-Henri Lévy souriant serrant la main d’un rebelle enveloppé dans le drapeau « révolutionnaire » libyen.

Dans ce dispositif scénique, Bernard-Henri Lévy est au premier plan, surplombant légèrement son interlocuteur. L’absence de légendage2 renforce encore cet effet. Le lecteur ignore qui est l’interlocuteur de BHL, le lieu et la date à laquelle a été prise la photo. En raison de ce flou, il est le seul personnage clairement identifiable, ce qui renforce la personnalisation de l’image.

Cette « photo » est détourée pour s’imbriquer dans le texte, si cela n’avait pas été le cas, elle occuperait les deux-tiers de la surface de la page, sans doute pour respecter un principe de maquette : la règle des deux-tiers / un tiers.

Sur la page de droite, le JDD publie deux autres photos, l’une montre [d'après la légende] « les ruines d’un dépôt de munitions situé à Benghazi » et l’autre Bernard-Henri Lévy, posant hiératique, costume de ville sombre, au milieu de personnages, dont certains —lesquels?— seraient [en se fiant à la légende] des « mercenaires de Kadhafi en fuite, mêlés à des réfugiés ».

Le sens de cette iconographie est donc limpide: le sujet n’est pas la Libye, mais Bernard-Henri Lévy.

BHL protagoniste

Maintenant, le texte. Il est rédigé selon un procédé narratif classique —avec l’emploi du « Je »— qui est foncièrement subjectif. L’écriture est donc « raccord » avec l’iconographie. Il l’est d’autant plus que Bernard-Henri Lévy se fait le personnage —et acteur— principal de son reportage.

« Reportage », il faut immédiatement mettre des guillemets, car dès la première phrase, il nous précise ce qu’il est venu chercher la réponse à une seule question : « Que pouvons-nous faire pour la jeune révolution libyenne ? » Il s’agit donc d’une quête et non d’un reportage, ce travail de terrain où le journaliste est un « témoin direct », où il « se laissera impressionner comme une plaque photographique. (…) Le reporter, c’est un œil, un nez, une oreille branchés sur un stylo », comme l’explique Jean-Luc Martin-Lagardette dans son Guide de l’écriture journalistique.3

Il ne s’agit pas non plus avec l’emploi de ce « Je », de pratiquer cette forme d’échanges, que décrit Myriam Boucharenc à propos des écrivains-reporters des années 1930:

Voir, c’est aussi être vu par l’autre. Segalen avait admirablement mis en valeur le décentrement du regard qui permet de se « voir vu », en quoi consiste selon lui la véritable expérience exotique. « Je le regardai avec effarement », note Albert Londres à propos d’un bagnard et aussitôt il ajoute : « Il me regarda avec commisération et lui se demanda d’où je sortais ». L’auteur s’emploie à restituer, en même temps que sa vision des lieux visités, la manière dont les indigènes le voient, lui ou le pays d’où il vient. En faisant ainsi se croiser les points de vue, l’enquête introduit à la relativité des vérités et des jugements, dans la tradition du conte philosophique ».4

À l’évidence, Bernard-Henri Lévy n’est pas, sur ce point là non plus, l’héritier des Blaise Cendrars, Pierre Mac Orlan et autres Andrée Viollis. Il fonctionne à sens unique.

Formules vagues

Peu de choses vues dans le texte : une poignée de dessins dans une école, une scène de bataille « reconstituée » par « deux paysans », une rencontre avec des membres du Conseil national de transition, quelques témoignages… et au final, bien peu d’informations.

L’auteur au lieu de s’attacher à vérifier, compléter et préciser ses informations, se contente de lancer quelques formules vagues, comme celle concernant une tentative de bombardement des « terminaux de Braygah, à 100 kilomètres de Benghazi ». Elle eut lieu « pendant notre séjour », écrit-il. Quand précisément ? Combien d’avions concernés ? Quels dégâts éventuels ? Le lecteur n’en saura rien. Pas plus qu’il n’aura d’informations précises sur « le mitraillage en piqué de foules de civils manifestants pacifiquement dans les rues de Tripoli ou d’ailleurs ». Quant a eu lieu ce mitraillage ? Où se situe cet « ailleurs » ? [il récidive dans la même imprécision dans son interview au Parisien Dimanche où il parle de nouveau de "ces horreurs d'une guerre où on envoie des avions mitrailler des populations désarmées"].

Il ne s’agit pas de faire de la « critique facile », mais de rappeler que le journalisme est aussi un travail ingrat, difficile [et très dangereux dans le cas de la Libye] de collecte et de recoupement des informations. Un travail nécessaire pour que le lecteur comprenne ce qui se passe sur ce fameux « terrain ».

Mieux. Lorsqu’une information est de notoriété publique5, comme la présence de Daniel Rondeau, ambassadeur de France à Malte, aux côtés d’Henri Guaino, pendant les vacances de Noël de ce dernier dans le Tripoli de Kadhafi, BHL annonce dans les colonnes du JDD qu’il n’a pas pu l’identifier. Il est vrai que Daniel Rondeau et Bernard-Henri Lévy ont un très vieux compagnonnage intellectuel et politique (notamment à propos de la Bosnie). Une omission révélatrice.

Autre épisode où le manque de précision (voire d’information tout court) est gênant. Il écrit qu’il a rencontré des membres du Conseil national de transition. Mais comment est organisé ce Conseil, qui représente-t-il, qui y siège, etc. ? Autant de questions qui n’auront pas de réponse, car l’important pour BHL est ailleurs. Il tient dans le fait que les membres de ce Conseil « m’ont fait l’honneur d’assister à l’un de leurs conseils et d’y prendre la parole ». Que s’est-il dit ? Quel(s) a(ont) été le(s) sujet(s) abordé(s) ? Là encore, le lecteur du JDD n’en saura rien. Il apprendra par la suite — s’il lit le Parisien Dimanche de la semaine suivante — que BHL a appelé Nicolas Sarkozy, à ce sujet.

Des commentaires, tous les commentaires, que des commentaires

Mais l’un des problèmes soulevés par cet article tient au parti-pris de l’auteur. Ce n’est pas tant l’engagement qu’il s’agit de remettre en cause que le traitement qu’il fait subir aux maigres informations qu’il recueille. Faut-il au nom d’une cause que l’on croit juste écrire ceci :

Ali Fadil, vieux professeur de physique-chimie qui expose dans son école désaffectée, des dessins de jeunes gens où l’on voit Kadhafi affublé de moustaches grotesques; Kadhafi grimé en Sa majesté des rats; Kadhafi en femme fardée et botoxée; Kadhafi nu, les mains cachant son sexe, en train de fuir une foule insolente et joyeuse; la tête de Kadhafi en train de se noyer dans une mer de sang, etc. Merveille d’imagination drolatique et d’invention populaire; la révolution donne du talent… [souligné par moi]

Au moment d’écrire ce  passage, il aurait dû se souvenir du conseil que reçoit tout journaliste débutant : « Contente-toi de raconter les faits, soit précis. N’en rajoute pas. Ne fait pas de commentaires, ils  affaiblissent ton propos ».

Il est vrai que ce texte a un rapport très lointain avec le journalisme et que son objet est tout autre. Le problème ne vient de son contenu, il aurait tout à fait sa place dans des pages « opinions » ou « débats », mais du statut que Le Journal du Dimanche lui a donné en le propulsant dans la rubrique « grand reportage ». Il offre ainsi un label de « bon journalisme » à cet article qu’il est très loin de mériter et montre que la loi de Gresham, « la mauvaise monnaie chasse la bonne », ne s’applique pas qu’à l’économie, mais aussi à l’information.

>> Article initialement publié le 13 mars 2011 sur le blog de Marc Mentré Media Trend sous le titre : “BHL ceci n’est pas du reportage”.

>> Crédits Photo FlickR CC : researchgirl / Jilligan86

  1. Je ne reviens pas ici sur la polémique qui a accompagné la manière dont cette interview a été obtenue, et qui a provoqué un début de polémique, en particulier au sein du journal. Plus de détails ici. Olivier Jay, le Directeur de la rédaction, a publié une mise au point dans le numéro du 13 mars, précisant que « Notre envoyé spécial a posé librement et sans complaisance ses questions. Les réponses n’ont fait l’objet d’aucune relecture. Cette interview ni people, ni trash, a été obtenue sans contrepartie. » []
  2. En fait, la légende de cette photo existe, mais sur le site de Bernard-Henri Lévy, où l’article du JDD est repris : « Benghazi. Avec un représentant du Comité Jeunesse de défense de la ville. Le 4 mars 2011. » []
  3. Le Guide de l’écriture journalistique (7e édition), par Jean-Luc Martin-Lagardette, La Découverte, Paris, 2009, pp 112-113. []
  4. L’Écrivain-reporter au cœur des années trente, par Myriam Boucharenc, Presses Universitaires du Septentrion, Villeneuve d’Ascq (59), 2004, p. 141. []
  5. Il suffit de lire l’interview qu’a accordé Henri Guaino aux Inrocks, et publiée sur le site le 28 février 2011. Ce dernier y cite nommément Daniel Rondeau. []

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  • branif le 16 mars 2011 - 8:46 Signaler un abus - Permalink

    On peut aussi dire
    “Ne fais pas de fautes d’orthographe, elles affaiblissent ton propos” (cf. “il affaiblisse”)
    Mais surtout où va le JDD en ce moment ?

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  • Media Hacker le 16 mars 2011 - 8:56 Signaler un abus - Permalink

    Merci Branif, c’est corrigé.

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  • Lapin Bleu le 16 mars 2011 - 8:59 Signaler un abus - Permalink

    Me rappelle une interview exclusive de Medvedev par Le Figaro y’a un an ou deux. Nous avions une énorme photo écrasante de la scène de l’interview. Sur la photo, la vieille chique fripée de Mougeotte au premier plan bien calé dans son fauteuil, et en arrière-plan tout petit, Medvedev dans son fauteuil, quasi-invisible.

    Evidemment, Mougeotte y était allé avec 3 journalistes (il fallait bien que quelqu’un bosse, n’est-ce-pas…).

    – lapinesquement,

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  • Laffargue le 16 mars 2011 - 9:02 Signaler un abus - Permalink

    Merci ! Un bon bol d’air. L’habituel consensus béat autour de ce personnage, hôte habituel de tous les plateaux TV, radio, des pages des quotidiens, me déprimait.

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  • Xavier C. le 16 mars 2011 - 10:06 Signaler un abus - Permalink

    Ah ! BHL ! Le souffre douleur de Pierre Bourdieu, et à raison.
    Cela dit, si je trouve cet article intéressant, je regrette que son titre “le reporter imaginaire” laisse supposer une “affaire PPDA”, un faux reportage. Mauvais reportage certes, mais loin d’être imaginaire ( ce qui pose d’autres problèmes).

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  • Sebti Jaafar le 16 mars 2011 - 10:51 Signaler un abus - Permalink

    Cet article rejoint tres precisement les commentaires que le passage de BHL a Canal+après son retour de Lybie ont suscités de ma part .BHL n est decidement pas credible en Reporter ,et je pense franchement que chacun doit rester a sa place .Cela me rappelle l histoire de l émigré Marocain aux States qui vendait des brochettes sur la Ve Avue et qui rencontre un compatriote ,lequel lui demande de lui preter de l argent.Celui ci lui repond alors “Ecoute ,j ai un deal avec la City Bank e face ,elle ne fait pas de brochette et moi je ne prete pas d argent!

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  • totophe le 16 mars 2011 - 12:14 Signaler un abus - Permalink

    Au lieu de tenter de saisir le message, on s’acharne sur le messager ! BHL peut dire “il fait jour”, on va dire qu’il n’a pas vu la nuit … BHL peut dire “il fait nuit”, on va dire qu’il n’a pas vu le jour.
    Cet acharnement stupide contre BHL est tellement previsible qu’il en devient pathetique.
    BHL est surement critiquable sur certains points, mais ses reportages restent de qualité, quelle que soit la critique de tous ces bien-pensants.

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  • G. le 16 mars 2011 - 13:09 Signaler un abus - Permalink

    enfin, il ne faut pas être si dur avec se pauvre BHL, après s’être essayé à la diplornographie (http://www.youtube.com/watch?v=NGCLPLIlKno) il tente de faire du peoportage…
    plus sérieusement ça jette un discrédit certain sur les journalistes, qui eux, essayent tant bien que de mal de faire leur boulot.

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  • jf le scour le 16 mars 2011 - 14:05 Signaler un abus - Permalink

    vous n’êtes pas au jus
    non ?
    il y aussi “ceci est une pipe”
    d’après notre “reporter”
    ici en directe
    http://english.aljazeera.net/programmes/rizkhan/2011/03/201131083254697848.html
    là avec ce que j’en dis et surtout la définition d’intellectuel selon marcel gaucher hier “aux matin de france culture
    http://ready.thecroute.com/2011/03/15/intellectuels-garde-a-vou/

    aller* quelle époque
    jf le scour

    *je sais, je sais, je revendique

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  • Philippe Inow le 16 mars 2011 - 16:04 Signaler un abus - Permalink

    Le Reporter imaginaire, c’est une référence au livre de Finkelkraut : “Le Juif imaginaire”, (1981)?
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Finkielkraut

    Le titre initial de l’article était plus convenable.

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  • Marc Mentré le 17 mars 2011 - 6:12 Signaler un abus - Permalink

    @totophe Avec BHL le messager prend le pas sur le message, ce dernier (le message) se trouvant du coup décrédibilisé. Pour ce qui est du texte lui-même, en dehors d’une qualité purement formelle, d’un strict point de vue journalistique, il est extrêmement faible, convenez-en. C’est d’ailleurs, un problème plus général dans le journalisme en France. Les “qualités de plume”, le brillant de l’écriture, sont souvent privilégiées au détriment du travail d’enquête ou de reportage.

    @xavier Effectivement, le reportage a vraiment eu lieu, le titre est, sur ce point, ambigu.

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  • Le Nonce le 21 mars 2011 - 14:46 Signaler un abus - Permalink

    Rappelons que BHL est un habitué de ce genre de papier faisant semblant d’être du reportage.

    Souvenons-nous du son “romanquête” sur la mort du reporter US Daniel Pearl en Afghanistan, fraîchement reçu aux Etats-Unis.

    Et plus près de nous (été 2008) du très contestable “Choses vues en Géorgie” durant la guerre du même nom, qui avait été publié par Le Monde en rubrique Opinions ou Témoignage (de tête ; je ne sais plus), mais pas comme reportage. Le JDD ne s’est apparemment pas embarrassé de la nuance.

    Voir ici une critique sur Rue 89 :
    http://www.rue89.com/2008/08/22/bhl-na-pas-vu-toutes-ses-choses-vues-en-georgie

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  • Alain Delon le 30 juin 2011 - 16:29 Signaler un abus - Permalink

    Un ami ? C’est quelqu’un à qui on peut téléphoner à trois heures du matin en disant qu’on vient de commettre un crime et qui vous répond seulement : Où est le corps ?

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  • valentini le 14 novembre 2011 - 11:55 Signaler un abus - Permalink

    LA GUERRE EN LIBYE, RACONTEE PAR UN NANAR

    Que l’économie capitaliste, prétendument mondiale, soit le fond mortifère permanent qui avilit la vie humaine et ruine la nature dans son ensemble, en mondialisant le désordre et la tyrannie, et tous les modèles étatiques, tous, sans exception, sous lesquels il se dissimule et se développe, des moments contingents qu’il intègre et absorbe, en se renforçant, vient d’être résumé de la façon suivante:

    La grande amitié franco-libyenne a vécu. Vive l’amitié franco libyenne!

    Cependant cet élan conservateur, dont l’image la plus pertinente serait l’accouplement, hors cadre romanesque, qui unirait Frankenstein à Candide, en France, se fait au rythme fantasque de la maestria francese. Il est accompagné, comme d’habitude, de mouvements de menton, de clins d’oeil, d’oeillades, de bras d’honneur, une série de gestes aussi significatifs qu’intuitifs qui valident immédiatement la perception de l’événement, en s’objectivant sous forme de nanar médiatique. En effet! Comment l’ami officiel de Khadafi, un vrai cirque ambulant, votre bénédiction Parents du prophète, une belle cérémonie d’exorcisme où se trémoussaient les putains, les pédés et les faux-jetons (1), totalement en rupture avec la France déshonorée, au point de faire évacuer Paris pour que la petite terreur libyenne puisse y faire du camping et son shoping, est devenu un bloc de détermination et de sérénité? Voilà qui enrage, dans sa tombe, le marquis de Sade lui-même, en dépit de l’effort accompli pour boucher toute voie à la Rousseau, à l’exception de la sienne propre? Cette métamorphose, arrachant la France à l’abîme où l’avait plongée le nouveau François premier, sans barboteuse ni bas bleus, nous est racontée par un témoin privilégié qui a constaté de visu qu’en effet, oui! « la guerre sans l’aimer », c’est possible! Il suffit d’avoir un joker ou comme disent nos enfants aujourd’hui un « joystick », c’est magique!

    (lire la suite sur 1847.overblog.com)

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