L’envers du dubstep, quand la musique raconte la ville

Le 21 mars 2011

Non seulement le dubstep s'inspire de la ville, mais son écoute aussi modifie notre perception de l'environnement urbain.

Urban After All S01E09

Peut-on comprendre l’espace urbain d’aujourd’hui en s’intéressant aux formes musicales qui émergent en son sein ? C’est une question qui intéresse depuis un certain temps les sociologues et autres chercheurs en cultural studies. Des travaux ont ainsi abordé l’importance du jazz dans les années 60, du hip-hop dans les années 70-80 et de la musique électronique dans les années 90.

Il est cependant intéressant d’observer des formes plus récentes et de décrypter ce qu’elles révèlent sur l’urbanité en ce début du 21e siècle. Parmi les formes actuelles, c’est le dubstep qui m’intéresse en particulier car il témoigne d’un double rapport à l’espace urbain. Il est d’une part un pur produit de son environnement de naissance (la ville occidentale postmoderne) mais il vient aussi altérer nos perceptions pour former une urbanité originale.

Dubstep, WTF !?

Dubstep : Croisement assez naturel du 2-step [en] avec divers éléments de breakbeat ou de drum’n bass avec un traitement du son dub. Né dans le sud de Londres, les morceaux sont en général très syncopés avec des beats espacés donnant une ambiance nerveuse. Le rythme est d’ailleurs bien souvent plus donné par les basses que par les beats. L’atmosphère qui s’en dégage apparaît à la fois sombre (sons crades, étouffés) et futuriste (samples furtifs, utilisation massive du delay et de l’écho).

Des restes hérités de style musicaux antérieurs viennent parfois sortir l’auditeur de cette atmosphère. Ce peut être le phrasé saccadé et inquiétant d’un MC ou l’utilisation de certains échantillons de voix reggae, seule présence chaleureuse et quasi nostalgique dans ce mélange sombre. Au final, le mariage entre ces caractéristiques donne un effet étrange et fascinant de torpeur mélangé à une certaine nervosité.

The Bug ft. Killa P & Flow Dan-Skeng by orele

Un style musical influencé par sa nature urbaine

Quand on se pose la question du caractère urbain d’un genre musical, on pense directement à la manière dont les conditions dans lesquelles cette musique est produite peut structurer son esthétique. C’est évident pour beaucoup de genres tant par le choix des instruments que par le thème des paroles. Dans le dubstep en particulier, cela se ressent par les choix de rythmes, de samples ou d’effets qui émergent de la réalité dans laquelle les DJ et producteurs de dubstep ont grandi.

Et lorsqu’il y a des paroles, celles-ci abordent soit des enjeux urbains actuels (et notamment la violence ou l’ennui) soit le futur de la ville. De l’environnement urbain et suburbain du sud et l’est de Londres dans lequel ce courant a évolué, un cadre de référence s’est ainsi construit. Celui-ci se mélange avec une dose de science-fiction pour proposer un imaginaire très spécifique. Il apparait abondamment dans les visuels utilisés mais surtout dans la musique elle-même comme le montre le documentaire Bassweight [en]. Tant les lieux présentés dans ce doc que les ambiances nocturnes avec des timelapse de lumière.

Couverture de l'album Memories of the future par Kode9 & Spaceape.

D’où le caractère froid, sombre et rude de ce style musical. Des sons spectraux ponctuels renvoient à des alertes ou des sirènes. Les fortes basses rappellent des travaux de construction ou le passage de flux de transports. Dans un interview sur ses souvenirs sonores, le producteur Kode9 soulignait un souvenir qui l’a influencé dans sa musique :

I don’t have strong memories of childhood, but I do remember a recurrent nightmare when I was a child in which I’d be standing in front of an articulated truck that was speeding past me. It was centimetres in front of my face and making an ultra-loud roaring sound that would make me wake up shouting and screaming…

Le rythme décousu donne également l’impression qu’un événement imprévu pourrait potentiellement se produire. Du fait du rythme un peu saccadé et incomplet avec des beats rappelant le son d’une balle de ping pong cabossée, on a souvent l’impression que quelque chose va arriver. C’est d’ailleurs ce qui est le plus frappant : l’évolution des morceaux se construit finalement sur une sorte de serendipité1 qui est le propre des grandes agglomérations. L’attente du prochain beat/sample/nappe/flux spectral correspond à une découverte inattendue et non planifiée.

On pourrait aussi la qualifier de musique sombre et de retrait. Tant par l’écoute au casque lors de balades urbaines ou de sessions graffiti que par les soirées dans des lieux à la marge du clubbing plus festif. Dans les deux cas, il s’agit d’une sorte de bulle dans laquelle on se retire… mais celle-ci peut permettre une autre perception du monde urbain qui nous entoure.

Pochette du disque Watch the Ride de Skream.

Un genre musical qui intervient sur nos perceptions de la ville

En effet, ce genre musical a plus qu’une esthétique forgée et inspirée par son origine urbaine. Le dubstep ne fait pas que refléter un environnement sombre et post-industriel. Tout simplement car sa diffusion ou son écoute au casque vient changer notre perception de la ville ou sa banlieue. Comme le dit le sociologue et producteur anglais Steve Goodman/Kode09 [en], le dubstep transforme l’urbain autant qu’il le reflète. Il explique notamment que c’est une musique basée sur les “propriétés acoustiques passives” de la ville. Le bruit généré par ce qui la constitue fait partie intégrante de la musique.

Autrement dit, les activités qui se déroulent dans les rues, dans les couloirs du métro ou le long des voies ferrées donnent plusieurs points d’ancrage sur lequel les morceaux viennent s’ajouter ou s’hybrider. C’est ainsi que la superposition entre la musique et le ronflement de moteurs ou le passage de voitures alentours rajoute des éléments percussifs ou des nappes furtives qui modifient notre perception générale. Cette particularité n’est pas propre à ce genre musical, il est directement hérité de formes antérieures comme le dub ou l’ambient. Mais le dubstep fait ressortir plus que les autres son articulation avec les sons des rues. Au moins autant que l’ambient pouvait être qualifié de “Music for airport” (Brian Eno).

Écouter du dubstep au casque en se baladant dans la ville, c’est appréhender l’environnement spatial différemment. La musique devient une sorte de prisme par lequel appréhender l’activité de la ville, son fourmillement et son potentiel. Il faut pratiquer l’exercice et le vivre avec sa boite à musique dans la poche et le casque sur les oreilles. Le passage d’un train de banlieue devient une nappe sonore, les cris dans la rue renvoient à des samples éventuels et les vibrations du sol générées par les poids lourds viennent se mélanger aux infrabasses…

À votre tour d’aller explorer la ville avec par exemple la playlist suivante :
Skream : Dutch Flowers
Deadmau5 & Rob Swire : Ghosts ‘n’ Stuff
Cotti Feat. Kingpin : Let Go Mi Shirt
Smith and Mighty : B-Line Fi Blow
Kode9 & the Spaceape : Backward
The Bug (featuring Killa P & Flowdan) : Skeng
Digital Mystikz : Anti-War Dub
She Is Danger : Hurt You
DJ Fresh : Gold Dust (Flux Pavilion Remix)


Image CC Flickr Paternité pellesten

Chaque lundi, Philippe Gargov (pop-up urbain) et Nicolas Nova (liftlab) vous embarquent dans le monde étrange des “urbanités” façonnant notre quotidien. Une chronique décalée et volontiers engagée, parce qu’on est humain avant tout, et urbain après tout ;-) Retrouvez-nous aussi sur Facebook et Twitter (Nicolas / Philippe) !

  1. La “serendipity” est un mot inventé en 1754 par Horatio Walpole pour qualifier la faculté qu’ont certains de trouver la bonne information par hasard sans la chercher. []

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  • microtokyo le 21 mars 2011 - 10:38 Signaler un abus - Permalink

    Bonjour, quel plaisir de lire un article sur le lien dubstep/urbain, bravo ! Pour être franc, l’idée d’en écrire un sur mon blog trotte dans ma tête depuis quelques temps, c’est donc stimulant de voir que d’autres s’intéressent au sujet (plutôt qu’aux frasques des people) ! Votre aproche du courant est intéressante : le dubstep comme élément modifiant notre perception de l’espace urbain. C’est clair que marcher à toute vitesse dans les boyaux du métro à Châtelet avec le mix Essential Mix BBC Radio 1 (13/12/208) de Rusko dans les oreilles fait partie des bonheurs de la vie. Petit bonheur, mais bonheur tout de même. Deux idées pour prolonger :

    - certes, le dubstep échappe à toute définition, de par sa composition éminemment hybride, plus encore peut-être que la jungle ou la db (drum n’ bass). Mais le groove du dubstep ne viendrait-il pas plus du divorce assumé entre le wobble (distorsions monstrueuses des basses) et des rythmiques fluides des cymbales, davantage que du classique duo grosse caisse/caisse claire (comme c’est le cas dans la drum n’ bass et la techno) ? La question peut paraître un peu intellectualiste à première vue, mais pas tant que ça : l’effet provoqué sur l’envie de danser et/ou de se mouvoir dans l’espace n’est pas la même ! Le dubtep, comme vous le dites, est à la fois beaucoup plus agressif et furieusement dansant !

    - enfin, vous mettez bien en avant le parallèlebruits de la ville/ sons musicaux. C’est clair, mais pas nouveau : le rock puisait déjà ses sonorités dans les bruits de la ville (réécoutons les Stooges, Iggy Pop ou Nick Cave période berlinoise, ou même les Beatles !). Par contre, le dubstep semble aller plus encore en mixant plusieurs interprétations culturelles de la ville : les sons techno, les sons de ville interprétés par des producteurs/DJs jamaïcains, pakistanais, frenchy… Bref, le dubstep est une sorte de mutant culturelle, digérant des musiques de diasporas diverses. Un monstre anthropophage à l’image non pas tant de la ville post-industrielle, mais peut être plus encore, de la métropole post-coloniale. Mais là encore une fois, ville post-indus et ex-métropole ne s’opposent pas, elles se complètent et se digèrent dans la même musique… et de nouvelles drogues. En tout cas, encore bravo pour cet article !

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  • nicolas le 21 mars 2011 - 10:58 Signaler un abus - Permalink

    @microtokyo

    Même avis sur le essential mix en question :)

    En ce qui concerne le parallèle son de l’environnement physique et éléments musicaux, il est clair que l’on n’a pas attendu ce genre pour marier les deux. Je suis sûr qu’un musicologue pourrait nous retrouver des exemples ancestraux. Et évidemment le rock ou la musique industrielle vont dans ce sens.

    Je trouve néanmoins que le dubstep fait partie d’une tendance actuelle de la musique électronique à avoir une relation qui va dans les deux sens comme je le décris dans l’article. Si l’on pousse la métaphore un peu plus loin, on pourrait imaginer de la musique “réactive” qui s’adapterait en temps réel au lieu dans lequel on se trouve. C’est d’ailleurs ce que font les anglais de RJDJ avec leur application iPhone Trippy (il y a quelques morceaux d’electro-dub et dubstep là dedans): la musique change en fonction du rythme de vos pas (détectés par l’accéléromètre) ou grâce à des dons détectés par le micro du téléphone. Un des morceaux consiste d’ailleurs à aller dans les lieux riches en marteau-piqueurs pour créer des mélodies étranges.

    Ok aussi sur l’idée d’interprétation culturelle, c’est pour cela que c’est intéressant d’aller voir ce que font les autres producteurs dans d’autres cultures (du français Uzul aux américains en passant par des japonais ou des suédois!).

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  • L'@rtiFici3r le 21 mars 2011 - 11:19 Signaler un abus - Permalink

    Superbe article, j’ai découvert le dubstep il y a de cela presque un an. J’ai toujours écouté du son assez hardcore (dans le sens métal du terme) et le dubstep s’est imposé à moi comme une évidence, le côté sombre, souvent inquiétant et pourtant hyper attirant de l’électronique futuriste ont fait de moi un passionné. Les breaks ultra violents que l’on peut entendre en écoutant un morceau d’Emmure par exemple(groupe de metalcore américain dont vous pouvez voir un clip ici, oui ça hurle mais faites attention à la musique, pas à la voix : http://www.youtube.com/watch?v=vpL4uWglpo0) se rapprochent énormément du vide puis de la saturation que provoquent les woobles du dubstep.

    Merci pour cet article très intéressant !

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  • Jean paul le 21 mars 2011 - 14:10 Signaler un abus - Permalink

    Hahaha pourquoi pas !
    Je vous conseille d’aller faire un tour du cote de bristol avec punch drunk / joker / guido ils ont un son interessant, c’est plus proche d’influences garage, plus melodique / mental et moins agressifs que la periode rusko notamment.

    Le XLR8R podcast de guido (aout 2010 de memoire) est un must-have.

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  • juli3n le 21 mars 2011 - 19:35 Signaler un abus - Permalink

    J’apprécie le dubstep depuis quelques années. Pour moi, le dubstep c’est la drum’n bass de salon. Je me suis souvent demandé pourquoi les sons étaient si retro, les machines cheap. C’est en général pas très bien produit. Un nouveau style est apparu : la lenteur du dub associé à la puissance de la drumn’bass et la curiosité des musiques expérimentales, garage, pourtant ni leader ou star, ni hymne… Je regrette le côté expérimental qui diminue le potentiel générationnel de cette musique au profit du grime.
    J’ai mes chouchous : Skream et Rusko. Il produisent en général du son qui envoi du lourd sur des rythmes lents. J’accroche beaucoup moins sur Burial et Kode9 qui sont un peu moumou et dont les mélodies sont trop souvent produites par des machines qui ne touchent pas.
    Je n’avais par remarqué que les textes évoquaient le futur de la ville.
    Je suis tout à fait d’accord sur le fait que le dubstep est une très bonne BO de vos clips intérieurs réalisés lors de ballades urbaines.

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  • nicolas le 21 mars 2011 - 20:52 Signaler un abus - Permalink

    @L’@RTIFICI3R Merci pour Emmure, je n’aurai effectivement pas fait le rapprochement (cela me rappelle le Fear Factory des débuts).

    @Jeanpaul OK je file voir XLR8R podcast de guido merci

    @JULI3N C’est vrai que Burial our Kode9 sont un peu plus lents (et intellectuels) par rapport à un Rusko plus dansants. Mais c’est un autre style. On retrouve souvent cette différence sur les compiles Box of Dub

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  • Ronan le 21 mars 2011 - 21:54 Signaler un abus - Permalink

    Je conseille l’album de Dusk + Blackdown, Margins Music, à tous ceux qui viennent ou veulent découvrir le dubstep. Contextuel et utilisant parfaitement le field recording, il est relativement sous-estimé. Il est probablement plus accessible que les deux albums de Burial.

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  • unagi le 21 mars 2011 - 23:15 Signaler un abus - Permalink

    le dubstep c’est la métaphore urbaine à l’état pur sur au moins deux niveau, le premier que vous expliquez parfaitement qui la fusion dans l’espace de la ville et un deuxième qui représente la parfaite utopie du melting pot culturel, des cultures électroniques blanches et noires.
    Pour la définition le dubstep est un beat entre 120 et 140 bpm et à l’instar du dub c’est un courant qui ouvre des espaces mais ou le dub introduit une déstructuration, le silence dans le dubstep renforce l’infra-basse. C’est vraiment un truc qui me rend dingue.
    Difficile de ne pas parler du mix qui est le coeur du genre et notamment les débuts sur rinse fm avec les sessions Youngsta & task, kode9, n-type et Loefah.
    Une tuerie légèrement un peu plus récente :
    hatcha & crazy d feat cotti & cl-kiss 100-14.02.2007
    les labels avec quand DMZ, tempa Skull Disco, deep Medi..
    @L’@rtiFici3r Le parallèle est intéressant et un dj annonciateur du dubstep, Scorn, est l’ancien batteur de Naplam Death si tu connais le groupe.
    Je redécouvre Shakleton est sa basse est mortelle;

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  • nicolas le 22 mars 2011 - 8:16 Signaler un abus - Permalink

    @unagi la filiation du dubstep depuis des formes musicales plus rock et brutales comme le grindcore est fascinante. Il est clair que ce n’est pas une inspiration que l’on choppe à la première écoute… mais le fait que des musiciens comme Mick Harris (ancien batteur de Napalm Death) ait évolué avec Scorn vers une forme d’ambient dub précurseur du dubstep est intéressante.

    Mais pour moi le personne charnière de ce genre d’évolution c’est Kevin Martin. The Bug est assez extrême de ce point de vue.

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  • L'@rtiFici3r le 22 mars 2011 - 9:38 Signaler un abus - Permalink

    Merci à tous les gens ci-dessus qui partagent des noms d’artistes que je ne connais pas. J’ai découvert le dubstep via Datsik. Vous connaissez ?

    @unagi, effectivement je connais Napalm Death. Il est également intéressant de voir que parfois, certains groupes de métal sont remixés version Dubstep et que ça fonctionne plutôt pas mal (allez faire un tour du côté de l’album de remixe de Bring Me The Horizon notamment ce morceau remixé par Tek-One http://www.youtube.com/watch?v=uaR8vWlIwZQ).

    Bref, le rapprochement n’est pas forcément facile à faire lorsque l’on n’écoute pas du tout de métal (ou de métalcore) mais ça a été une évidence pour moi qui a toujours eu du mal à apprécier l’électro. Disons que j’étais surtout saturé d’entendre les daubes qui passaient en club et je ne me doutais pas une seconde que des artistes, dans l’ombre des playlists MTV et Nrj12 produisaient du son underground… Comme du côté du rock/métal.

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  • unagi le 22 mars 2011 - 10:49 Signaler un abus - Permalink

    C’est une sonorité relativement nouvelle et une parenté qui devient évidente, 16 bit a aussi écrit quelques pages
    http://www.youtube.com/watch?v=mKHD_fXqc4Q

    Et dans un genre totalement foutraque
    http://www.youtube.com/watch?v=c3SRqHJ8PfI c’est un peu comme une blague pour moi.

    En 2006/2007 notamment avec Vex’d (deux mix promo chez Mary Anne Hobbs) par un cheminement très différent : une sonorité totalement étrangère au métal mais une lourdeur de basses, une martèlement barbare, une armée en marche.

    http://www.breaksblog.biz/vexd-live-at-resonance-fm-18122006/

    http://www.dnb-sets.de/?suche=Resonance%20FM

    Moi j’ai connu le dubstep avec ça :

    http://www.dnb-sets.de/?set=128122
    http://www.dnb-sets.de/?set=128121
    http://www.dnb-sets.de/?set=147403

    @ l’auteur, Scorn de l’ambient, c’est méchant :
    http://www.youtube.com/watch?v=qeq4A1wqI0E

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  • Reumi le 22 mars 2011 - 22:17 Signaler un abus - Permalink

    Je vous recommande fortement Excision.
    Un peu dans le même esprit que Rusko.
    Vous pouvez écouter les mix “shambhala” sur youtube..!

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  • david le 23 mars 2011 - 2:07 Signaler un abus - Permalink

    Bravo pour votre article, fan de hip hop et de reggae, je suis devenu fan de dubstep en ecoutant Tha Trickaz un groupe français incroyable qui melange Dubstep et Hip hop en jouant le tout en live avec plein de machines
    je crois que c’est vraiment le genre de groupe qui peut etre une bonne passerelle pour decouvrir ce style si special.
    un exemple de leur vidéo (qui d’ailleur reprend bien le concept de clip de balade dans un decors urbain)
    http://www.youtube.com/watch?v=U0oehb32oZU

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  • T0Y le 28 mars 2011 - 2:55 Signaler un abus - Permalink

    Voila qui est intéressant.
    De mon point de vue, pour vraiment apprécier le Dubstep et tout le panel de Bass Music qu’il a enfanté et qui l’entoure, il faut d’abord être amoureux du son (et pas seulement de la musique ou de la mélodie) et aussi amoureux de environnement urbain dans lequel il doit être écouté. Je m’imagine mal un producteur en milieu rural ou une rave en foret.

    Le essential mix de Rusko est certes très bon mais un peu caricatural et annonciateur de ce que le terme Dubstep signifie aujourd’hui pour l’auditeur lambda. A savoir des gros wobbles et des titres dancefloor/rave très “filthy”. Et ce genre de titres reflètent bien moins la relation entre musique et environnement urbain que des compositions plus lentes mais plus évocatrices comme celles de Kode9, Burial mais aussi Scuba par exemple qui sans surenchérir niveau “mur de son” laisse la place à la ville qui peut alors s’exprimer dans tout les sens du terme. http://www.vimeo.com/14114785
    Pour ce qui est de Kode9 ou Burial un peu mous, je dirais que tout dépend des attentes que l’on peut avoir à l’écoute d’un disque estampillé Dubstep. Les deux morceaux considérés comme fondateurs du genre sont: Skream – Midnight Request Line http://www.youtube.com/watch?v=D6pTSGvp7T8 et Benga & Coki – Night http://www.youtube.com/watch?v=rNStVlJWy88 A priori pas grand chose à voir avec les bangers produits par Rusko, ou Nero grands spécialistes du tracj\k immédiatement efficace.

    Ronan dans les commentaires mentionnait “Margins Music” de Dusk & Blackdown, que je trouve très pertinent car il ajoute au rapport architectural une dimension culturelle et ethnique essentielle. http://www.youtube.com/watch?v=dzAWsqG60wE

    Bel article en tout cas, c’est plaisant de voir que l’ont peu parler du Dubstep autrement que quqnd Snoop Dog ou Britney le réutilisent ou parce que c’est le son à la mode qui fait fureur mais que personne ne semble connaitre et apprécier à sa juste valeur. Si je peux me permettre j’ai fait un petit billet sur quelques mix indispensables a écouter pour ceux qui comptent s’y mettre. http://www.playgrounds.fr/first-steps/

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  • microtokyo le 31 mars 2011 - 12:11 Signaler un abus - Permalink

    Coucou ! Pour reprendre ce lien musique/ville, vous pouvez lire un article intéressant (bon j’avoue, il est de moi) sur le dubstep et la recherche archi sur les ambiances, sur : http://www.microtokyo.org/?p=1529. A bon entendeur, et vive les Essential mix de la BBC Radio 1 !

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  • Reg le 7 avril 2011 - 8:56 Signaler un abus - Permalink

    Certes, oui le dubstep est éminemment urbain, il ne pourrait en être autrement. Il est surtout urbain pour le bouillon de culture (cultures urbaines électroniques) qu’il représente.

    Une expérience vraiment marrante, voire perturbante (il faut aimer quoi), c’est écouter du Squarepusher (période 1995-2000) au casque dans la ville, dans le métro.

    Expérience intéressante, d’autant plus lorsque l’on lit une interview que Squarepusher avait donnée à l’occasion de la sortie de Just a Souvenir (en 2007), expliquant que ses sons s’était adoucis depuis qu’il avait quitté Londres. Moins stridents, moins “schyso”, etc…

    Après le dubstep a pris le même chemin que la drum n bass, il est devenu de plus en plus “merguez”, adapté à tous les clubs londoniens.
    Burial et Kodenine n’ont pas changé, Benga et Skream avec Magneticman ont viré dans une version grand public moins intéressante (de mon point de vue).

    A écouter :
    - Falty DL
    - Somatic Response (les quelques morceaux dubstep qu’il produit)
    - Ikonika : par une femme, à base de 8bit
    - Shackelton
    - Italtek

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  • nicolas le 7 avril 2011 - 19:49 Signaler un abus - Permalink

    @reg assez d’accord sur le constat de certains artistes/compil galvaudées

    merci des nouvelles références!

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  • julescesar le 2 septembre 2011 - 2:12 Signaler un abus - Permalink

    genial ce blog! pour prolonger un peu la discussion vous devriez ecouter cet artiste (senking http://www.youtube.com/watch?v=Wno2k5scQ3Q )

    en poussant encore un peu plus l’absstraction et en éliminant tous les bruits “réels” qui se superposent a la réalité, cest comme s’il tentait de dresser une carte sonore d’une sensation spatiale. cest la que ca devient vraiment interessant. La capacité du son a suggerer un espace ficitif 3d. a chaque fois que jecoute ca jai l’impression de rentrer dans un graph maillé de géométrie dans l’espace. ou de me ballader dans une toile (devenue mouvante) de mondrian…

    ce qui change par rapport au dubstep classique (ou la musique viendrait creer une surrealité qui fonctionne grace au “ciment” qu’est la réalité urbaine et son reflet symbolique (avez vous deja ecouté du dubstep en pleine campagne sans pouvoir imaginer un enchevetrement de bretelles d’autoroutes?) ) cest la negation totale du contexte extérieur (et par la meme du symbole auquel il renvoit), pour se concentrer sur ce que le son impose comme espace mental.

    voila.. cest un post sans but précis… jai beaucoup aimé l’article et les autres aussi!

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  • unagi le 29 octobre 2011 - 15:36 Signaler un abus - Permalink

    @ julescesar
    Bonjour,
    Un grand merci pour Senking.
    Je voudrais commencer par une citation de John Savage.
    “Built in a clay basin, London promotes claustrophobia as a way of life: but then, something can happen that lets the air in, that makes you see the city in a new way.”

    Je suis assez en désaccord avec l’idée du dubstep comme sur réalité urbaine, et, comme certains posts précédent, de ne voir dans le dubstep que le reflet symbolique de cette même urbanité ou chaque son extérieur viendrait confirmer, par leur fusion, la nature de traduction et de transposition de ce genre musical. Et en faire en définitive une abstraction illustratrice.
    J’aime l’idée que la ville est l’essence même du dubstep et que le dubstep c’est la ville.
    Kode9 : “Le sub-bass est la seule chose fixe. On peut mettre ce qu’on veut par dessus. Chaque musicien choisit ses références, ses influences, etc.… Ce qui rend le genre impossible à définir est cette ouverture, cette capacité à assimiler des éléments extérieurs sans avoir à remettre en question l’identité du genre.”
    Peut parce que justement l’identité du dubstep n’est pas musicale mais qu’elle est définie par son environnement et sa place dans cet environnement.
    Je n’oppose pas la production de Senking avec ce que vous appelez le dubstep classique, si nous parlons de la même chose bien entendu. Le dubstep est une somme d’expérimentations personnelles dans un espace défini, une expérience qui évolue en même temps qu’évolue la ville dans ses réponses aux questions sociales, politiques, sécuritaires, migrations, exclusion, métissage. Par exemple qu’est ce que Londres aujourd’hui et en 2005 ou 2006 et sa traduction dans le dubstep.
    Depuis quelques mois je ressens la même excitation qu’aux débuts avec l’arrivée de nouveaux Dj’s et une production minimaliste et dark, expression de nouveau underground.
    Et l’arrivée de producteurs de pays très éloignés des cultures du sud de Londres ; la ville globale.
    Un exemple avec Sublab, label de Dallas Texas.
    Premier album en téléchargement libre.
    http://www.getdarker.com/articles/inner-paths-slab000

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  • HighZberg le 15 janvier 2012 - 14:28 Signaler un abus - Permalink

    J’attendais depuis des mois de trouver un articles traitant de ce sujet. Il me semblait impossible que personne n’ai pu faire ce lien si évident entre dubstep et urbanité.

    Ce qui fait que cette musique est si importante selon moi, c’est le fait qu’elle est le parfait reflet de notre vie moderne dans sa globalité. Elle assume à la fois sa beauté et son inhumanité.

    Je pense en revanche que dubstep et dnb ne sont pas différents fondamentalement. Les mêmes images se dessinent dans mon esprit en écoutant ces deux style, la seule différence est dans le ressenti: le dnb possède un caractère exaltant et euphorisant là où le dubstep est plus dur et violent.

    Le dubstep est en quelque sorte la machinerie qui se cache derrière la ville physique incarnée par la vitesse du dnb.

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