Tout est prêt pour le changement

Le 16 avril 2011

Peu d'entre nous arrivent à y mettre les mots, mais beaucoup le ressentent: le monde change. Les technologies sont là, les rapports de force évoluent... mais sommes nous prêts nous-mêmes à entrer dans une nouvelle ère?

Depuis que je suis rentré de la conférence Lift qui a eu lieu à Genève début février, ça cogite sérieux. Des intuitions ou des remarques que je pensais réservées aux quelques piliers de Minorités se sont révélées partagées par de nombreuses personnes de différents horizons et nationalités. Les révolutions en Tunisie et en Égypte venaient juste de commencer. Au bout que quelques heures de conférence, on a senti une forme d’excitation assez spéciale : les choses sont en train de changer, on est en plein dedans, et on ne sait pas trop où on va. Plutôt que d’attendre encore quelque mois que ça décante encore un peu, j’ai préféré vous livrer quelques impressions, quitte à revenir dessus plus tard.

Avec les révolutions arabes en cours et la présence toujours plus importante d’Internet dans nos vies, la question de la réalité de la démocratie se pose avec acuité. Malgré les différentes poussées lepénistes, les histoires de corruption ou la politique des copains, les différents systèmes politiques occidentaux n’étaient en concurrence avec personne, tout simplement parce qu’ils étaient les plus démocratiques de la planète. Un système politique américain au service des plus riches est toujours plus démocratique que le système Ben Ali. Une politique française au garde-à-vous pour Areva et Bouygues est toujours plus démocratique qu’une République Islamique d’Iran violemment dictatoriale ou une Côte d’Ivoire en découverte de charniers. Les abus de biens sociaux, le choix du nucléaire sans référendum, les bavures policières, ce n’est rien par rapport à Haïti, la Biélorussie ou la Birmanie.

Mais voilà. Déjà, les Syriens ou les Yéménites ont le courage d’aller manifester alors que les forces de l’ordre tirent à balles réelles. Les Tunisiens ont renversé leur tyran, les Égyptiens essayent tant bien que mal de faire le ménage dans leurs institutions.

En plus, on n’est plus au temps de l’ORTF. Non seulement il y a Al Jazeera, mais il y a Internet. Et pas seulement pour Twitter ou se faire des rendez-vous citoyens avec Facebook : on peut y télécharger gratuitement les classiques du monde entier, Wikipedia a des centaines de milliers d’entrées qui sont plus complètes et plus affinées à chaque modification, on peut y lire des milliers de journaux gratuits et les blogs d’autres gens comme nous à l’autre bout de la planète.

Plus important que les réseaux sociaux, il y a Skype (Gtalk, Facetime, etc.) qui permet de se parler en vidéoconférence sans avoir à débourser des milliers d’euros pour un aller-retour sur un autre continent, mais surtout il y a des machines à traduire, parfois montées directement dans le navigateur (Chrome me propose systématiquement de traduire les pages qui ne sont pas dans mes langues habituelles). C’est souvent doté d’une syntaxe bancale, mais cela permet de comprendre l’essentiel au-delà des différents alphabets et systèmes grammaticaux. On est arrivé à quelque chose de jamais vu : je peux suivre les lectures de mon collègue et ami Motomitsu qu’il commente en japonais, en direct, sans savoir lire le japonais. Incroyable mais vrai: on peut être tous sous-titrés dans n’importe quelle langue, même en yiddish ou en thaï, gratuitement et instantanément.

Même si je trouve qu’ils exagèrent parfois un petit peu, Don Tapscott et Anthony Williams ont bien saisi le changement majeur que représente Internet. Dans Macrowikonomics, Rebooting Business and the World, ils expliquent que nous sommes en train de vivre une révolution technologique majeure qui va forcément avoir des conséquences sur les systèmes politiques. Pour eux, la dernière grande révolution qui a changé l’humanité n’est pas l’électricité ou la bagnole, c’est l’imprimerie. Le développement de l’imprimerie a eu des conséquences énormes sur l’ensemble de l’humanité. On se moque parfois d’Emmanuel Todd et de son obsession pour les taux d’alphabétisation, mais il est justement totalement sur le sujet : l’accès à l’éducation, savoir lire et compter, permet aux humains de s’émanciper, de planifier leur famille et de se projeter dans l’avenir, y compris politiquement. C’est la voie la plus rapide vers la démocratie, tout simplement parce que tous les autres régimes deviennent intolérables. L’imprimerie a été un facteur essentiel de développement et a débouché, justement, sur les démocraties représentatives.

Pour aller vite, les démocraties représentatives se sont imposées en Occident puis sur tous les continents parce qu’il s’agit du régime le moins insupportable, étant donné l’état de nos technologies (à savoir l’imprimerie).

L’apprentissage, mais massif

Avec Internet, on passe à un niveau différent. Alors que le coût de l’imprimerie était incroyablement bas par rapport à celui des moines copistes, le coût d’Internet est encore plus bas. Une fois qu’on est équipé et relié, le coût est proche de zéro. La preuve, la plupart des journaux se demandent comment ils vont survivre à cette violente baisse des prix. L’écrit ne coûte plus rien à diffuser, et même la musique et la vidéo peuvent être distribuées à des coûts proches de zéro. Le modèle économique de plusieurs industries est mis à mal par ces coûts très faibles, c’est évident, et Tapscott et Williams ne m’ont pas convaincu avec leur nouveau modèle de collaboration de masse et de partage créatif généralisé.

Pour s’épanouir, s’émanciper, comprendre le monde qui l’entoure, acquérir des techniques pour améliorer sa vie, l’humain a besoin du travail que d’autres ont réalisé avant lui. C’est pour ça qu’on apprend toute son enfance et une grande partie de sa vie adulte. La force de l’imprimerie aura été d’apporter des manuels et des traités à ceux qui font l’effort de les lire, pour qu’ils n’aient pas à redécouvrir continuellement ce que les autres ont découvert avant eux. Avec Internet, cet accès est devenu non seulement quasiment gratuit, mais la diffusion se fait dans de plus en plus de langues, et on peut aussi entrer directement en contact avec ceux qui s’essayent ou se sont essayés aux mêmes découvertes, même s’ils habitent à l’autre bout de la planète. On accède à tous les manuels, et on peut parler à ceux qui les ont écrit, en gros. Les suivre en vidéo, répondre avec les nôtres, et améliorer le tout en temps réel.

L’apprentissage, malheureusement pour les dictateurs, c’est aussi celui des libertés personnelles et collectives.

Avec une population mondiale de plus en plus éduquée, qui a accès aux œuvres des plus grands auteurs du monde entier dans leur langue maternelle sans censure, une population jeune qui communique au-delà des origines, des orientations sexuelles, des genres et des classes sociales, on entre dans une ère nouvelle.

Comme l’a expliqué Ben Hammersley à la conférence Lift, alors que les anciennes générations savaient se situer dans les frontières d’un pays, mais aussi au sein de la pyramide sociale (il y a des gens au-dessus, et des gens au-dessous), les nouvelles générations ont grandi sans vraiment comprendre en quoi une frontière représente le début de ce qui est loin, vu que tout est finalement très près vu d’Internet. Surtout, la hiérarchie sur Internet est loin d’être évidente: tout le monde peut participer, être richissime ne couvre pas votre page Facebook d’or et de diamants, elle est blanche et bleue comme celle des autres. Même si vous êtes extrêmement influent ou avez du sang bleu, vos tweets n’ont pas plus de caractères que ceux des autres. Dur.

Bref, sans forcément gommer les différences, Internet les aplanit. L’idée d’égalité est tellement évidente aux jeunes générations que Hammersley demande à la génération intermédiaire, les 25-45 ans, les non-natifs d’Internet mais néanmoins e-alphabétisés, d’éduquer les vieux au pouvoir et de leur expliquer que les dictatures, aussi bien au travail qu’en politique, ça ne va plus le faire.

Collaboratif = Démocratie

Une des pistes intéressantes proposées par Tapscott et Williams, c’est le collaboratif. Le wiki a fait ses preuves avec Wikipedia, mais est aussi de plus en plus utilisé en interne, pour gérer correctement le collaboratif. Avec mon frère Babozor, nous avons été approchés par des structures politiques qui veulent justement arriver à mobiliser des citoyens dans plusieurs pays de façon assez pointue, avec des informations pas forcément faciles à trouver partout et dans toutes les langues, à un coût réduit. Je pense que ce peut être le renouveau des mouvements politiques, et ces structures semblent aussi le penser.

Il y a cinq ans, notre pauvre Ségolène nationale a essayé de faire dans le collaboratif, et a rencontré un certain succès, parce que l’idée est bonne à la base. Elle a raté son élection pour d’autres raisons, mais le ségowiki était une réussite indéniable, malgré une phase finale étonnante d’improvisation et d’un amateurisme total et chaotique. L’échec de Royal en 2007 ne doit pas nous faire croire que le modèle participatif en politique est mort. En fait, c’est plutôt le fait que Sarkozy ne le se soit pas encore approprié qui m’étonne vraiment. Ou pas. Je ne sais plus bien. Je l’imaginais plus 2.0 que ça, en fait. Au temps pour moi.

La démocratie représentative à papa est morte

Le participatif étant devenu incroyablement plus simple qu’il y a dix ans, l’équation démocratique change radicalement. Je ne suis pas du tout en état de vous dire quelle va être la forme stable des nouveaux régimes issus de la révolution Internet, avec quelles institutions et quelles pratiques, mais la démocratie représentative à papa est morte. Pour preuve, il suffit de regarder les dernières élections partout en Europe: montée des partis protestataires, et pas uniquement d’extrême droite, participation toujours plus anémique, référendums qui finissent systématiquement par un « non » …

Les peuples rêvent de sécurité collective, de développement vert, de participation collective et de libertés, et les élus promeuvent la bagnole, le néolibéralisme le plus sauvage, la compétition continuelle, la consommation effrénée, le gaspillage des ressources et la prison pour les sans-papiers. Jamais la corruption des classes dirigeantes n’a été aussi évidente, et jamais les peuples ne l’ont su avec autant de détails.

On le voit dans les pays arabes, les jeunes sont prêts à mourir pour la démocratie et la liberté. On l’a vu récemment à Tokyo, où des cortèges bruyants et festifs ont manifesté contre le nucléaire… Ça me rappelait mes premières Gay Prides au début des années 1990, avec Act Up qui avait la meilleure techno du moment et une énergie collective qui a, depuis, totalement disparu.

Tout le monde sent bien qu’on est en train de sortir d’une décennie affreuse, réactionnaire, gaspilleuse, flambeuse, inégalitaire et violente. Les événements de la place Tahrir et les fumées à Fukushima ont fermé l’ère commencée par un certain 11 septembre. Tout est encore très incertain, très violent aussi. Des gens meurent encore aujourd’hui. Mais je vois mal comment nous allons accepter de revenir en arrière, retourner vers le pseudo-choc des civilisations, les dictatures justifiées par la menace terroriste, le nucléaire pour lutter contre les gaz à effet de serre, le pétrole sans fin pour nourrir la machine, la « démocratie représentative » qui ne semble représenter que les privilégiés et les multinationales…

Tout est prêt pour le changement. Je suis un peu excité. J’ai aussi un peu peur, en fait.


Article initialement publié sur Minorités

Photo flickr CC ian lott ; Feggy Art ; Brian Glanz

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  • VincentDethier le 16 avril 2011 - 16:49 Signaler un abus - Permalink

    Je partage vos intuitions et me réjouis de lire vos prochaines réflexions.
    Au plaisir de futurs échanges.

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  • tobasan le 16 avril 2011 - 17:49 Signaler un abus - Permalink

    Juste, intelligent, touchant. De tout cœur avec toi, un peu excité et un peu apeuré aussi… Vive l’avenir!

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  • Messin le 16 avril 2011 - 20:39 Signaler un abus - Permalink

    Plus qu’un long commentaire, je vous propose de vous référer aux propos de Thierry Crouzet (http://blog.tcrouzet.com/). Il ne pourra pas engager de conversation avec vous car il s’est volontairement « déconnecté » (pas de réseau) pour 6 mois après les conférences de Marseille 2.0.
    Vous pourrez retrouver ses points de vue, très proches des vôtres (un peu plus extrêmes peut-être) dans ses ebook « Le cinquième pouvoir » ou « Le peuple des connecteurs » ou sur son blog (http://blog.tcrouzet.com/atelier/)
    PS : je ne suis pas son éditeur …

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  • br1 le 16 avril 2011 - 23:57 Signaler un abus - Permalink

    Tel que je le vois : une société mondiale qui se scinde en communautés transnationales, beaucoup plus spécialisées et singulières que ne l’étaient nos sociétés démocratiques, et des communautés qui ne partagent pas le pouvoir selon un mode représentatif, parfois des tribus, des clans, dans d’autres cas des organisations horizontales, non hiérarchiques, tout cela coexistant sans jamais se rencontrer aussi frontalement que ne le permettait notre “espace public” (la rue), et ne se faisant connaître aux yeux des autres que pour revendiquer ses aspirations et ses besoins propres, très spécifiques.

    Le monde devenu une gigantesque cellule peuplée d’organismes aux formes singulières, baignant dans un même bain, l’intelligence, chacun se désintéressant de tout ce qui ne participe pas de près ou de loin aux exigences singulières de son propre écosystème.

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  • elle le 17 avril 2011 - 6:51 Signaler un abus - Permalink

    quel optimisme !
    je n’ai VRAIMENT PAS le sentiment qu’on “sorte” de quoi que ce soit mais bien au contraire que le bout du tunnel est encore loin. Très, trop loin !
    Quand bien même twitter aurait été “figurant” dans les révoltes/révolutions arabes, il n’en a pas été le metteur en scène et loin de là, et l’Histoire que mesure Todd explique un peu mieux et sans insistance sur ce que vous précisez injustement : l’éducation.
    Passer de l’imprimerie à Facebook/Twitter pour parler de révolution majeure dans la forme démocratique… sa passer par Wikileaks ?
    Les choses changent, certes ! Mais de là à dire qu’elles changent positivement… et qu’internet contribue positivement à une nouvelle conscience politique, wouarf !
    Les résultats sont là, de toute façon !

    Bref, oui, revenez dessus plus tard ! ASAP

    P.S. : où peut-on télécharger gratuitement des classiques ?

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  • Denis Auger le 17 avril 2011 - 6:54 Signaler un abus - Permalink

    Je sens aussi un état d’urgence de passer à l’action pour que ça change. Ici au Canada se seras la 4e élections en 7 ans… j’espère que se sera la fin du gouvernement minoritaire du parti Conservateur qui est complètement déconnectée de la réalité du 21e siècle.

    Merci pour ce texte inspirant ♥♥♥

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  • Ginko le 17 avril 2011 - 21:19 Signaler un abus - Permalink

    L’idée que les évolutions des moyens de diffusion de l’information sont les sources des plus grandes (r)évolutions humaines traine depuis pas mal de temps sur le réseau (et sans aucun doute ailleurs). Je ne sais pas si Don Tapscott et Anthony Williams en sont la source. (Mais de toute façon là n’est pas le problème).

    Là où je veux en venir, c’est que si on essaie d’extrapoler, l’invention de l’imprimerie (à cause de son coût encore élevé et du taux d’alphabétisation encore failbe à l’époque) a mis 300 ans à faire naitre les révolutions puis la démocratie.

    Entre temps, il y a eu l’inquisition, cette tentative des tenants du savoir à ce moment de contrôler la chose. Si on prend l’inquisition espagnole, la plus importante et le plus brutale il me semble, il s’est écoulé 40 ans entre l’invention de Gutenberg et sa formation. (D’ailleurs, d’autres suivront comme l’inquisition portugaise).

    Si on prend les années 1990 pour date de la “naissance” d’Internet (une partie des protocoles étaient prêts avant, mais des protocoles seuls ne forment pas un réseau, donc on peut considérer le début des 90′ comme une vraie naissance) ; il s’est écoulé grossièrement 10-20 ans avant que des mesures concrètes n’aient été prises pour tenter de le contrôler (procès de la MPAA, Hadopi, etc).

    On a grosso modo un facteur de 2 à 4 entre ces deux durées de mises en place de mesures de contrôle. En commençant à écrire ce commentaire, je m’attendais à un facteur bien plus important compte tenu de l’accélération du changement (au sens d’Alvin Toffler – Le choc du futur).

    Donc au final, ce que je constate c’est que les changements sont carrément critiques au niveau des pays “non-développés” pour qui cet accès généralisé au savoir et à la culture occidentales sont des leviers surpuissants. Il va sans doute y avoir un nivellement global des peuples, avec continuation du rattrapage brutal des pays les moins développés.

    Par contre, je pense que, comme avec l’invention de l’imprimerie, les conséquences sur les sociétés développées vont voir le jour plus tardivement. Si on reprends mon extrapolation, dans les 75 à 150 ans. Mais je pense tout de même qu’avec l’accélération du changement on va tomber dans du 40-50 ans avant de voir vraiment se dessiner des changements spéctaculaires.

    M’enfin, je suis pas futurologue ><'

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  • Kery James le 18 avril 2011 - 10:49 Signaler un abus - Permalink

    Le pouvoir fonctionne au changement, le capitalisme aussi. Pour faire vite, il n’y a qu’à regarder la carrière d’une notion comme le développement durable pour s’en rendre compte.
    Le marché s’abreuve à la démocratie : pour instaurer un ordre productif efficient, pour faire de nous de meilleurs producteurs et consommateurs, il faut d’abord créer un homo œconomicus, un individu rationnel et autonome, donc solliciter la participation de tous, il n’y a pas de délégation de droits qui n’aille pas de pair avec un élargissement des devoirs de chacun.

    Si la politique vous intéresse tant lâchez vos claviers et regardez un peu en arrière, relisez vos classiques, 4 suffisent : Marx, Weber, Elias et Foucault. Pas de futurologie ici, mais la théorisation de 4 processus historiques fondamentaux : marchandisation, rationalisation, civilisation, normalisation.
    Depuis que ces derniers ont été énoncés, je ne vois pas l’once d’une flexion dans leur accomplissement.

    “l’accès à l’éducation… permet aux humains de s’émanciper, de planifier leur famille et de se projeter dans l’avenir”
    C’est exactement ça qu’on attend de nous, ce que les dominants attendent des dominés : fabriquer de bons pères de famille, des individus responsables et vigilants, qui se projettent dans l’avenir, se mettent au régime, trient leur déchet, repassent leur cravate et répondent à temps à leur blackberry.

    Cela fait déjà plus d’un siècle que nos classes gouvernantes ont compris qu’elles n’avaient plus besoin de discipline et de répression pour faire tourner la machine, mais qu’il suffisait d’instaurer les conditions d’un gouvernement à distance et d’un autocontrôle, de réformer les moeurs populaires par l’exemple venu d’en haut.

    Bref, on est tous devenu son propre flic, mais plus encore le mode de fonctionnement de votre cher “réseau” reflète fidèlement la montée irrésistible de ce jeu de surveillance et d’autocontrôle.

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  • LdB le 18 avril 2011 - 12:44 Signaler un abus - Permalink

    Merci d’éviter les mots fourre-tout tels que http://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9olib%C3%A9ralisme#Une_notion_d.C3.A9nonc.C3.A9e

    Une solution pour mettre tout le monde d’accord : Panarchisme !

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  • Ginko le 18 avril 2011 - 15:48 Signaler un abus - Permalink

    Kery James,

    >Bref, on est tous devenu son propre flic, mais plus encore le mode de fonctionnement de votre cher “réseau” reflète fidèlement la montée irrésistible de ce jeu de surveillance et d’autocontrôle.

    De mon humble point de vue, il me semble que c’est plutôt l’inverse qui se passe. Mais bon, j’avoue ne pas maitriser du tout vos 4 fondamentaux.

    Quid des toutes les traces (et autres trackings) que l’ont laisse sur le réseau => de l’autosurveillance? Je ne dirais pas ça puisque 90% des gens ne sont pas au courant / ne réalisent pas les conséquences / s’en foutent.

    Quid de la montée du “sécuritarisme”, cette tendance politique à prôner et renforcer par tous les moyens la “sécurité”, notamment en dénonçant abusivement l’insécurité? C’est qu’on ne se surveille pas assez bien soi-même?

    J’ai pas l’impression d’avoir gagné plus de pouvoir et donc plus de devoir. Au contraire, je ressens plutôt la politique comme un gros “Dormez bien, on s’occupe de tout. Allez faire du shopping, c’est bien plus marrant.”, travaillant de concert avec l’usine de propagande consumériste pour nous maintenir dans cet état apathique frustrant favorisant la consommation pure, dénuée de conscience et de réflexion.

    J’ai plus l’impression d’une infantilisation généralisée avec un état providence qui essaie d’aider tout le monde avec des conséquences du genre perte de l’autorité parentale, ou encore la baisse du respect… mais là je m’aventure clairement en terrain glissant.

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  • jemil le 18 avril 2011 - 19:12 Signaler un abus - Permalink

    Excellente analyse, que je crois nous sommes de plus en plus nombreux à partager…
    Ce qui m’inquiète également, c’est que les “élites” aussi sont en train de comprendre ce qui se passe. Et menacées d’obsolescence rapide, elles risquent de ne pas faire dans la dentelle. Du reste, elles ont déjà commencé: on le voit avec toutes ces tentatives des politiques, appuyés par une grande partie des vieux médias et du monde économique, de réinjecter de la hiérarchie et de la rareté dans l’Internet: lois Hadopi et Loppsi, atteintes à la neutralité du net, et j’en passe…
    Si l’on regarde bien, toutes ces mesures n’ont qu’un seul objectif: maintenir le pouvoir dans les mains de ceux qui le détiennent actuellement, en les plaçant en position de contrôler la diffusion des contenus (neutralité du net), les contenus eux-mêmes (hadopi) et leurs auteurs (loppsi).
    Le paradoxe? C’est que beaucoup de ces tentatives, régulièrement exposées au grand jour sur le net, font apparaître de manière criante la médiocrité de leurs promoteurs, ce qui ne fait qu’accélérer un peu plus le processus de décrédibilisation. Ca s’appelle un cercle vicieux.

    Internet n’est pas seulement une technologie: c’est une expérience politique. Et le régime qu’il promeut porte un nom et a déjà été théorisé: l’adhocratie.

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  • PouM le 19 avril 2011 - 2:20 Signaler un abus - Permalink

    Mais les vieux sont dur a convaincre, intrigués par se qu’il se passe, ils savent déjà sans le nommer. Courage , luttons.

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  • Vinch le 19 avril 2011 - 15:57 Signaler un abus - Permalink

    Vague but exciting. Indeed !!

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  • Laurent Chambon le 20 avril 2011 - 12:54 Signaler un abus - Permalink

    Merci pour vos réactions. Cela mérite effectivement d’être fouillé. N’hésitez pas à m’envoyer des idées et suggestions pour la prochaine version. :o)

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  • WilnocK le 23 avril 2011 - 9:26 Signaler un abus - Permalink

    J’aime beaucoup l’introduction de cette tranche d’e-alphabetise, les 25-45 ans (j’en suis). Et j’eduque mes parents a l’e-democratie par le web, les forums… Pour le moments, ils se prennent des trolls dans la tete, du coup il ont tendance a considerer Internet comme un endroit pas tres gentils pour eux…

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  • Eric K. le 24 avril 2011 - 11:49 Signaler un abus - Permalink

    La seule démocratie existe quand la voie d’une seule personne vaut celle de tous les autres.

    La seule démocratie existe quand la voie d’une seule personne ( avec des capacités intellectuelle apporte des argument ) vaut elle de tous les autres.

    Une personne = un veto

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  • Eric K. le 24 avril 2011 - 11:51 Signaler un abus - Permalink

    Sinon votre démocratie tend au conformisme voir wikipedia, et la désillusion d’internet.

    tout appareil est corruptible

    une personne, et ses intéret si elle a les pouvoirs de s’exprimer directement : le pouvoir n’est pas corrompu

    c’est la démocratie direct

    tout autre forme de gouvernement : n’est pas de la démocratie

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  • Chris le 25 avril 2011 - 15:52 Signaler un abus - Permalink

    Démo participative????????? Mais alors… Mais alors…

    Ségolène Royal avec sa démo participative dont tout le monde se foutait avait raison avant tout le monde?????

    ben oui… Comme pour bien d’autres domaines d’ailleurs…

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  • 68 le 27 avril 2011 - 23:38 Signaler un abus - Permalink

    En 68 aussi l’égalité était évidente aux jeunes générations ! Cet article en fait se contente d’opposer jeunes et vieux. La frontière passe ailleurs : entre ceux qui maîtrisent et savent utiliser les codes et les autres. Que ces codes soient fabriqués dans le labo 68 ou le labo réseaux sociaux. Une fraction de la génération Y aura le pouvoir, les postes importants, les manettes, les rentes ; comme parmi les 68ards. L’ordre futur s’esquissera peu à peu. Les rapports de force perdureront, même s’il s’agit d’une force soft…… on appréciera le double sens du mot.

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  • Jack Guttentag le 27 novembre 2011 - 18:00 Signaler un abus - Permalink

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  • Abelson le 2 octobre 2012 - 17:32 Signaler un abus - Permalink

    1 voix =1veto?
    C’est votre conception de la démocratie?

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