Le NOISE, le festival qui dépendait du Ministère de l’Intérieur

Le 30 avril 2011

Cette année, le Teknival devient le Noise. Un rassemblement qui pourrait laisser les teuffeurs danser sous les étoiles en toute légalité, sous le contrôle du ministère de l'Intérieur.

L’année dernière le grand rassemblement Techno du premier mai vivait un exil forcé aux confins de l’Ariège. En 2009, le Teknival était interdit et certains véhicules transportant les sound systems saisis selon le Procureur de la République « afin notamment de rechercher les auteurs d’infractions d’actes de terrorisme […]». Cette année, stupeur : l’évènement réputé « à haut risque » se déroulera à moins de deux heures de Paris. Il sera massif. Les camions convergent depuis la Bretagne, l’Est, la Belgique. Certains ont fait la route depuis la République Tchèque, d’autres sont partis d’Italie. Les Anglais, nombreux et organisés, se sont regroupés en convois et ont loué un bateau pour arriver avec tout leur matériel.

Ce week-end, ce sont près de 170 sound systems qui s’installeront sur la base aérienne de Laon Couvron. Un pareil rassemblement, la planète Techno n’en avait pas vécu depuis des années. Face aux murs d’enceintes bricolés, des dizaines de milliers de teuffeurs vont danser sous les étoiles, deux jours durant… avec la bénédiction du Ministère de l’Intérieur. 2011 fera date. Pour la première fois autorités et collectifs de sound systems se dirigent vers une co-organisation, une révolution lorsque l’on connait le fossé culturel qui les sépare. On respire, un peu perplexe : les rassemblements Techno ne seraient plus, soudain, synonymes d’excès et de drogues ? Quelle mouche a donc piqué le nouveau locataire de la place Beauvau pour qu’il renonce ainsi à la matraque ?

Sortir de l’impasse

Chaque année, légalement ou non, le Teknival du premier mai rassemble des milliers de participants. Coup d’envoi de la saison des fêtes en plein air, il a toujours constitué un point de repère quasi sacré pour la frange la plus revendicative des cultures électroniques, une forteresse imprenable pour les pouvoirs publics. Au-delà des reportages à sensations et des faits divers sordides, le Teknival fait peur. Spectacle de la catharsis, de la transe, musique répétitive, l’évènement suscite l’inquiétude de l’opinion.

En 2007 le rapport du député Jean-Louis Dumont, bat pourtant en brèche nombre d’idées reçues et invite à la dédramatisation, statistique à l’appui. Seulement, expliquer « qu’on se bat infiniment moins dans une fête techno que dans une fête de village » est peu télégénique. Ni média ni gouvernement n’infléchissent leurs discours. Les uns insistent sur les drogues , les autres invoquent impréparation et risques d’accident. Entre interdictions et coups tordus, les dernières éditions avaient mis les sound systems dos au mur.

« Il fallait que les choses bougent » explique Mickaelle Thibault, porte voix du mouvement. Quarante-sept ans et toujours passionnée, la teuffeuse exhorte l’ensemble des collectifs de musiciens amateurs à monter une organisation irréprochable. Le projet doit permettre d’éviter le pire, la saisie du matériel des artistes. Elle résume : « Notre boulot c’était que les sound systems puissent venir sans avoir la boule au ventre ». Peu à peu les collectifs se fédèrent et montent un dossier exemplaire : accueil, prévention, gestion des déchets et des risques, le tout adossé à une structure associative qui prendra en charge une partie des coûts liés à l’évènement.

Alors que depuis des années les politiques déploraient le caractère incontrôlable du mouvement, une telle initiative force cette fois le Ministère de l’Intérieur à jouer le jeu. Après d’âpres négociations il se résout à réquisitionner un terrain et invite les pouvoirs locaux à coopérer. Demeure néanmoins une équation politique difficile à résoudre : comment donner des gages à la scène Techno sans se départir du traditionnel discours de la fermeté ?

Le NOISE, la chèvre et le chou

En proposant de rebaptiser l’évènement, les médiateurs offrent aux pouvoirs publics la possibilité de ménager la chèvre et le chou. « Ça fait longtemps qu’ils nous reprochaient d’appeler ça Teknival » explique Ivan Boureau, impliqué dans l’organisation depuis plusieurs années. Aux yeux du grand public le terme est trop connoté. Son abandon permet aux responsables politiques de coopérer avec les organisateurs sans perdre la face, rendant le projet possible. Cette année le Teknival est donc rebaptisé le « NOISE ». Un nom-symbole est perdu mais la fête, elle, peut vivre. « Et quelle fête ! » Devant le nombre de sound systems ayant répondu à leur appel les portes paroles du mouvement sont enthousiastes. L’esprit de l’évènement semble bel et bien intact : gratuité et droit d’accès à n’importe quel collectif musical souhaitant participer. Ivan Bourreau insiste : « C’est le festival de la culture libre ! C’est libre ! ».

Quel impact sur le mouvement Free ?

Une fois passé le NOISE, les organisateurs espèrent un « effet boule de neige » sur une myriade de rassemblements de petite ampleur. Difficile cependant de partager leur optimisme alors que s’annoncent d’importantes échéances électorales, avec leurs cortèges de postures sécuritaires. Si par un tour de passe-passe l’État est parvenu à lâcher du lest sur un évènement phare, le parti majoritaire se refuse à repenser en profondeur son approche des scènes alternatives. Le cadre juridique dans lequel s’inscrit le mouvement Techno n’est d’ailleurs pas appelé à changer. Depuis 2001, la loi de Sécurité Quotidienne donne aux préfets le pouvoir d’interdire les « rassemblements exclusivement festifs à caractère musical ». Un pouvoir dont les représentants de l’État usent et abusent, maintenant en marge de la légalité une composante importante des cultures jeunes.

Au fil de son rapport Jean-Louis Dumont questionne :

« Comment pouvons-nous demander à ces jeunes gens de prendre leurs responsabilités si notre seule réponse à leur aspiration est ‘’Non’’. Les législations, les réglementations doivent être pensées pour que globalement les événements puissent avoir lieu, le possible devant être le cas majoritaire, l’impossible le minoritaire. Encadrer, ce n’est pas interdire. »

C’était il y à trois ans. Depuis, aucune des propositions de l’élu n’a été adoptée. Le Teknival, lui, change de nom mais pas d’autorité de tutelle : les rassemblements technos sont toujours les seuls évènements musicaux qui ne dépendent pas du Ministère de la Culture, mais de l’Intérieur.

> Illustrations CC Flickr par guennno et Xavier Spertini

Vous pouvez retrouver nos articles sur le dossier festivals : Jeunes artistes : laissez-les chanter et C’était mieux avant ?

Image de Une Mick ㋡rlosky

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  • Bibop le 30 avril 2011 - 18:21 Signaler un abus - Permalink

    Bonjour,

    Votre article comporte une inexactitude relativement importante.

    “« Il fallait que les choses bougent » explique Mickaelle Thibault, porte voix du mouvement. Quarante-sept ans et toujours passionnée, la teuffeuse exhorte l’ensemble des collectifs de musiciens amateurs à monter une organisation irréprochable ”

    Madame Mickaelle Thibault n’est pas la porte voix du mouvement tekno underground.C’est juste l’organisatrice du noise festival ce qui est très différent.
    En marge de ce festival , il y a un autre teknival intitulé “fuck noise” car une partie non négligeable des acteurs de la scene underground n’adhère pas du tout au noise et à ce qu’il peut représenter.

    Je vous invite à regarder la vidéo suivante afin de mieux comprendre pourquoi , il est difficile de se ranger sous la bannière noise festival.

    http://www.youtube.com/watch?v=zy2bzDmrlKk&feature=player_embedded

    En effet , cette vidéo , sensée monter les motivations de madame Thibault met mal à l’aise les amateurs de free party.
    Son langage approximatif , son étalage de lieux communs s’apparentant à de la philosophie de comptoir discrédite le mouvement.
    Il est impossible pour certains d’être représentés par cette personne et si le noise festival suscite tant de polémiques ce n’est pas un hasard.
    Il suffit de consulter les différents forums dédiés aux musiques underground pour avoir qu’il n’y a pas du tout unanimité mais interrogation et consternation.

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  • Worti le 30 avril 2011 - 19:34 Signaler un abus - Permalink

    Un mouvement ‘géré’ par le ministère de l’intérieur et pas par celui de la culture, moi j’trouve que c’est une belle preuve d’indépendance et de liberté. Car c’est ce que revendique ce mouvement, et c’est pour ça que tant qu’il existera, ça sera en dehors de l’Etat.

    Malheureusement certains ont compris que le meilleur moyen pour consumer et étouffer une contestation, c’est pas la force brute (à qui répond la rage..), mais c’est de la phagocyter de cette manière, en la normalisant, en l’encadrant, en la réglementant..
    Les teufeurs ne rentrerons jamais dans le système, puisque le principe même de la teuf c’est d’en sortir, pour une nuit.
    Si ce truc prend, on signe encore l’arrêt de mort d’un mouvement culturel, d’une possibilité de fuite, d’un foyer de créativité.

    L’État, les lois, c’est l’uniformisation de tout et chacun, et c’est la mort de l’être humain.

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  • Charly Andral le 1 mai 2011 - 14:36 Signaler un abus - Permalink

    Bonjour,
    Bibop, merci pour votre commentaires.
    Effectivement, même si Mickaelle Thibault est la principale interlocutrice des pouvoirs publics et qu’elle est parvenue à fédérer un nombre très important de collectifs elle ne peut être considérée comme la porte voix de l’ensemble du mouvement Techno. Parcouru de nombreux courants, de sensibilités diverses, la culture Techno n’a évidemment pas de porte voix officiel.

    Comme l’article le sous entend, la tenue du NOISE pose question. Merci de faire entendre votre point de vu, vos craintes de récupérations, de phagocytage. Comme vous l’expliquez, un frange du mouvement techno se déclare scandalisée de toute coopération avec l’Etat et en appel à “sauver” “l’underground”.
    Worti, vous écrivez “Les teufeurs ne rentrerons jamais dans le système, puisque le principe même de la teuf c’est d’en sortir, pour une nuit.” Effectivement. Cependant l’Etat possède les moyens de ramener de force la fête dans le système. Les collectifs dont le matériel a été saisi font face à d’interminables procédures juridiques. “En dehors du système” ou non le désastre financier est pour eux bien réel.

    Rappelons que les organisateurs du NOISE sont avant tout préoccupé par les conditions dans lesquelles vont s’installer les sounds. Leur coopération avec le Ministère vise d’abord à éviter l’interdiction et donc tout risque de saisie. C’est une démarche à laquelle beaucoup de collectifs ont visiblement été sensible et qui leur permet aujourd’hui d’installer leur matériel sereinement.

    “Si ce truc prend, on signe encore l’arrêt de mort d’un mouvement culturel, d’une possibilité de fuite, d’un foyer de créativité.” : l’illégalité est il une condition indispensable à la liberté et à la créativité ? Organiser un festival gratuit et ouvert est-il une trahison à la culture free uniquement parce qu’il s’est fait en dialogue avec les autorités ? Le débat reste ouvert.

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  • Bibop le 1 mai 2011 - 21:37 Signaler un abus - Permalink

    “1. Rappelons que les organisateurs du NOISE sont avant tout préoccupé par les conditions dans lesquelles vont s’installer les sounds. Leur coopération avec le Ministère vise d’abord à éviter l’interdiction et donc tout risque de saisie. C’est une démarche à laquelle beaucoup de collectifs ont visiblement été sensible et qui leur permet aujourd’hui d’installer leur matériel sereinement. ”

    Les organisateurs du noise agissent pour la gloire et pour s’offrir une belle vitrine, ni plus ni moins.

    Les communiqués des organisateurs sont toujours signés Tatay mst non « noise festival », c’est une mise en avant systématique de leur part.
    Depuis la loi Mariani (2001) que tous les teuffeurs maudisse , il y a eu plusieurs tentatives de coopération avec l’état.
    Alors cette année les organisateurs ne peuvent pas feindre l’ignorance ou prétendre essayer de jouer le jeux pour voir ce que cela va apporter.
    Depuis 10 ans on le sait, aucun résultat positif n’est à espérer.
    L’état est « coopératif » une fois par an et le reste de l’année continue de nous mépriser. Il nous offre un os à ronger et de ce fait se donne bonne conscience.

    Je vous fais suivre un message fort instructif, de One co-organisateur.

    ” \Ouais parlons en des super bénévoles de mes couilles de merde !!!
    Déjà une spéciale mention au ROMANITEK car sans eux on se retrouvais sans camion benne.
    14H sonne je trouve le camion pas un seul des organisateurs du noise ne c’est soucié de trouver ce camion.
    Je suis pour rappel partis à ce tekos pour me poser en mode chill out rien a carrer j’en profite vous vous doutez que cela ne m’est pas arrivé très souvent. A 14h30 certain sound system continuent de péter alors que la coupure pour le nettoyage est prévu pour tout le monde à 14h pétante.
    Vas faire couper plus de 100 kilo de VOID AUDIO à des anglais plus que furieux dont le dance floor est trop blindé de gens en méga trance de leur race !!!!
    Donc je décide de prendre quelques personnes avec moi DAVID aka le cousin FELIX MST, NATTY MST, JITTER MST, WILL (merci pour le camion mec !!!!) BROKEN ICE MST, bref tout les gens qui c’était juré de NE PAS S’OCCUPER DE CE PUTAIN DE TEKOS en mode je profite !!!!!!!!!!!!!!!!
    On se torche pour commencer le tour du TEKOS POUR FAIRE STOPPER LES SOUND QUI N’ONT PAS COUPER !!!
    J’ai du retourner bien entendu parfois une deuxième fois chez certains qui veulent se la jouer nous on s’en branle mais nous on s’en branle pas OK !!!!
    Une fois le tekos silencieux je décide de partir avec la pauvre équipe commencer le ramassage des poubelles en me disant que sur les 230 bénévoles certains vont bien entendu se joindre à nous en nous voyant passer et bien figurez vous que pas une seule personne pas UNE !!!! n’est venu se joindre à nous.
    Par contre pour remercier quand on passe ça les perchés sont très fort !!!!!!!
    Cela ne viendrait pas à l’idée de donner un coup de main même pendant 20 mètres…..
    Ah ça non mettre les main dans la merde ça sait pas faire par contre mettre de la merde dans le nez ça vous êtes très fort !!!!!!
    Bref après 3 h passé a ramasser tout le côté droit plus de 100 hectares les copains vous imaginez ???? quand on rentre du tekos à 4 ou 5 personnes complètement vidées grosse douche au point d’eau et nettoyage de la benne.
    Spéciale DÉDICACE AUX SERVICES DE VOIRIE QUI NOUS METTENT DES PUTAIN DE BENNES DE 5 MÈTRES DE HAUT OU IL EST IMPOSSIBLE MÊME AVEC LA MEILLEUR VOLONTÉ DU MONDE DE JETER UN SAC POUBELLE BIEN REMPLIS DE CANETTE EN VERRE.
    ALORS QUE J’AI BIEN PRÉCISÉ EN RÉUNION A LA PRÉFECTURE QU’IL NOUS FALLAIT DES BENNES A HAUTEUR HUMAINE.
    Même chez les sound system les gens des sound nous regardent sans régir tout de suite par contre il faut reconnaitre que eux au moins ils sont pour la majeure partie propre !!!!
    Bref moi cela me dégoute mais rien que le fait de gueuler sur les gens pour leur faire voir que c’est des grosses merde qui comprennent pas que si on impose une coupure journalière c’est pour commencer à nettoyer et bien rien que pour cela ça en vaut la peine et croyez moi quand on met les gens face à leur merde ceci ne concerne pas que les sound system il n’y en a pas un qui la ramène qu’il soir balaise ou non !!!!!!!!!!!!!!!
    FUCK et je vous emmerde mais ça n’entamera même pas le 100ème de ma motivation personnelle.
    Vous ne m’aurez jamais même à l’usure.”

    Surprenant de voir le mot « tekos » revenir aussi souvent alors que Monsieur One clamait partout que « non ce n’est pas un teknival ».Comme quoi en moins de 48 heures les choses changent vite…

    Encore plus surprenant que Monsieur One s’étonne que ses bénévoles se soient évaporés dans la nature à l’heure du grand nettoyage tant promis.
    Il jouera une nouvelle fois le rôle de la victime « ouai les autres, ils ne sont pas gentils , ils n’ont pas joués le jeux »
    Pourtant,il n’en est pas à son coup d’essaie , ce n’est pas une première pour lui , mais ce n’est pas grave comme d’habitude le contribuable paiera la facture , pestant encore plus contre le mouvement free. Et oui il faudra bien faire appel à une société pour ramasser tous les détritus.

    Il est temps de cesser ce type de gros evenement et de militer pour des raves à taille humaine.
    Et non de se battre pour un pseudo teknival qui contribuent à enterrer un peu plus les free partys.

    Voila pourquoi ce « noise » suscite la polémique, car il ne sert à rien si ce n’est flatter l’ego d’un petit groupe nommé MST au détriment de tout un mouvement.

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  • Worti le 2 mai 2011 - 13:54 Signaler un abus - Permalink

    “l’illégalité est il une condition indispensable à la liberté et à la créativité ? Organiser un festival gratuit et ouvert est-il une trahison à la culture free uniquement parce qu’il s’est fait en dialogue avec les autorités ?”

    Je préfère préciser que je n’suis pas particulièrement teuffeur, mais, m’étant retrouvé pas mal de fois en teuf, je suis sensible à leur démarche et à leur logique.
    Les lois, les règles, sont par définition autant de limites à la pensée humaine, autant de restrictions à la créativité.
    Quand on voit le soleil se lever sur les landes après une nuit de teuf, en descente de quelque chose ou pas, les lèvres gercées, fatigué mais encore plein d’énergie, on se sent quand même sacrément plus vivant qu’après avoir fait ses courses.
    Mais ça c’est illégal. Parce que le terrain en question appartient à l’État (pourquoi? la terre appartient à tout l’monde, nan?), et c’est dès lors un truc qu’il ne faut pas faire, parce que la loi c’est la loi, il faut y obéir. Bêtement.
    Comment parler de créativité quand on nous apprend depuis tout petit à obéir à des lois sans discuter, sans les remettre en cause, sous prétexte qu’elles sont pondues par des gens qui ont fait plus d’études que nous (ou pas, d’ailleurs)?
    Le mouvement free ne porte pas son nom pour le fun. Collaborer avec l’État, c’est reconnaître son influence sur nos vies, c’est accepter de ne pas mener sa propre existence et dès lors, ne plus être libre.
    Le mouvement free c’est bien plus que du boum-boum sur des enceintes, c’est une logique de réappropriation de la vie, quelque chose de bien plus profond et politique.

    Ce que j’entend pas phagocytage, c’est la capacité qu’a l’État, en rendant légale une chose, de la rendre totalement inoffensive et de lui ôter tout pouvoir subversif en la réglementant.
    Les syndicats, fleurons de la contestation quand ils étaient interdits, ne sont aujourd’hui plus qu’un moyen d’asservissement et une soupape de sécurité depuis qu’ils sont réglementés.
    De plus, le fait de rendre les choses légales les officialise et leur ôte toute dimension humaine.
    Dans la plupart des teufs, on se serre les coudes, on s’entraide, on se lâche des joints, on nettoie quand on doit partir, etc..
    Le commentaire précédent montre bien comment le phagocytage fonctionne, de quelle manière l’État tue progressivement toute humanité.

    Les lois nous canalisent, nous cantonnent à une certaine manière de faire, d’être. De fait souvent, oui, l’illégalité est le prix, et je dirais presque une condition à la liberté.

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  • Worti le 2 mai 2011 - 13:56 Signaler un abus - Permalink

    Arf, j’en ai oublié un bout, mais on dira que l’esprit est là.

    Je commente sans aucune animosité de votre part, hein, juste que ya des choses qui faut quand même relativiser ^^.

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  • dédé le 2 mai 2011 - 20:28 Signaler un abus - Permalink

    Au auteur de ce message , vous auriez quand même pu mettre une photo d’un mur du NOISE festival et non une photo datant de y a 3 ,4 ans d’un tekos a Chavannes… :)

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  • Charly Andral le 3 mai 2011 - 11:11 Signaler un abus - Permalink

    dédé,
    L’article a été bouclé avant le début du NOISE ! Pas de photo sous la main donc, on a puisé dans les stocks.

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