La ville volante, une utopie dégénérescente ?

Le 9 mai 2011

L'imaginaire conduit à dépasser les limites de la réalité, en attestent les projets de ville volantes. Pourquoi serions-nous tentés par la cité suspendue ? Explications de Philippe Gargov.

Urban After All S01E16

C’est une tradition dans les médias : chaque inauguration d’un gratte-ciel, comme la Tour First la semaine dernière, est l’occasion de rappeler l’éternelle quête de hauteur de l’homo urbanus, depuis Babel jusqu’à Dubaï. Et si les gratte-ciels sont le versant “réalisé” de ce syndrome d’Icare, la figure de la “cité volante” en est le pendant imaginaire et onirique. La ville volante jouit ainsi d’une belle présence dans les projets architecturaux du XXe siècle, aux côtés des autres grands archétypes urbains que sont la ville mobile, la ville flottante et la ville fertile (décortiquée la semaine dernière). Fortement relayés dans des médias grand public grâce à leurs visuels séducteurs flattant les fantasmes de l’Homme-oiseau, les projets de ville volante sont ainsi bien inscrits dans l’imaginaire urbain collectif. Et c’est bien ça le souci.

Car derrière ses atours enchanteurs, la ville volante véhicule en effet certaines valeurs qu’il nous semble nécessaire de remettre en question ; ce sera l’objectif de cette chronique, qui vous invite à vous méfier davantage de ces utopies tentatrices. A l’instar d’Icare, ne risquons-nous pas de nous brûler les ailes à trop vouloir voler ? Et existe-t-il une autre voie pour imaginer la ville en l’air1 ?

Une histoire récente

L’histoire de la ville volante remonte aux voyages de Gulliver découvrant Laputa (1727). Cette utopie a conquis depuis de nombreux esprits, en témoigne cette chrono-bibliographie des “îles aériennes” dans la littérature et la bande-dessinée populaires. Mais c’est surtout avec la révolution industrielle que l’idée d’une cité volante va prendre son essor et germer chez les urbanistes en tant qu’utopie “réaliste”. Citons en particulier la Ville volante de Georgij Krutikov (1928), une cité futuriste  que nous décrit François Delarue[PDF] :

Le quartier industriel, ancré dans le sol, se développe à l’horizontale ; la partie habitat, suspendue dans les airs au-dessus des secteurs de production, est formée de corps d’habitation de cinq étages ancrés dans un anneau central [...] ; le troisième élément structurant est un principe de voies de communication aériennes. En réalité la ville ne vole pas (c’est le rendu perspective en contre-plongée qui donne une impression de ville aérienne).

Encore aujourd’hui, l’idée fait rêver les architectes et urbanistes, à l’image de ces Cloud Skippers [EN] imaginés par le Studio Lindfors [EN] (présentés à la Biennale du Design de Saint-Étienne 2010). Il en existe évidemment de nombreux autres, qu’il serait fastidieux de citer. Ceux-là ont été choisis pour leur proximités visuelles : malgré 80 années d’écart entre les deux projets, on retrouve ainsi les mêmes imaginaires et surtout la même conception de la ville que cela sous-tend.

Une vision techniciste de l’exil

Outre leur dimension aérienne, ces différents projets se rapprochent en effet par leur conception techniciste de la ville ; c’est d’ailleurs commun aux autres grands archétypes de l’utopie urbaine du XIXe – XXe siècle (ville mobile ou ville flottante [EN]). Comme l’écrit Nicolas Lemas à propos de la “Ville volante” (mais pas suspendue) d’Eugène Hénard, présentée à Londres en 1910 [EN], ce type de projets urbains “s’appuie sur une foi inébranlable en les progrès fulgurants de la science, et de son versant appliqué, la technique [...] au service du bonheur humain” (“Eugène Hénard et le futur urbain. Quelle politique pour l’utopie ?”, p. 86. Ouvrage en partie disponible sur Google Books). De même, pour Georgii Krutikov, “la planification de la Ville Volante peut ainsi s’inscrire dans l’idéologie progressiste de l’urbanisme.” ».

Pour reprendre François Delarue [PDF], “la Futurapolis du XIXe est un rêve d’ingénieur”. Et c’est justement là que le bât blesse : selon lui, cette “merveille technologique construite à la gloire de l’industrie et de la fée électricité paraît davantage asservir l’homme que le libérer.” On retrouve d’ailleurs cette violence dans les différentes représentations de villes volantes à travers la culture populaire (cf. inventaire publié en écho sur mon blog pop-up urbain). Derrière ces visuels séducteurs se cacherait donc une contre-utopie ? Comment l’expliquer ?

Bien que vendues comme émancipatrices, l’idée maîtresse qui sous-tend les cités volantes est en réalité de pouvoir se détacher (au sens propre) de ses congénères au sein d’un paradis privé. Cette observation est d’ailleurs valable pour les autres figures de l’utopie techniciste et qui tendent aujourd’hui à se concrétiser ; on pense notamment aux projets d’îles crées de toutes pièces dans le Golfe, ou aux projets de villes écologiques comme Masdar, en réalité réservés à quelques privilégiés.

Une utopie dégénérescente à euthanasier ?

Ainsi, les rêves de cités volantes apparaissent davantage comme des fantasmes stylisés des fameux “ghettos de riches” qui se multiplient à travers le monde depuis quelques années. Les différentes représentations issues de la culture populaire en témoignent d’ailleurs sans équivoque. Chacun se fera alors sa propre opinion sur cette assertion de Nicolas Lemas, pour qui la Ville volante d’Eugène Hénard est “le rêve du capitalisme accompli” (p. 85)…

Cette violence ségrégative semble d’ailleurs inhérente au concept même de ville volante, puisqu’on la retrouve poussée à l’extrême dans la description qu’en fait Gulliver en 1727. Et  selon moi, cela n’a rien d’anecdotique…

Si quelque ville se révolte, ou refuse de payer les impôts, le roi [de Laputa] a deux façons de la réduire à l’obéissance. La première et la plus modérée est de tenir son île au-dessus de la ville rebelle, et des terres voisines : par-là il prive le pays et du soleil et de la pluie, ce qui cause la disette et les maladies. Mais si le crime le mérite, on les accable de grosses pierres qu’on leur jette du haut de l’île, dont ils ne peuvent se garantir qu’en se sauvant dans leurs celliers et dans leurs caves, tandis que les toits de leurs maisons sont mis en pièces. S’ils persistent témérairement dans leur obstination et dans leur révolte, le roi a recours alors au dernier remède, qui est de laisser tomber l’île à plomb sur leurs têtes; ce qui écrase toutes les maisons et tous les habitants. Le prince néanmoins se porte rarement à cette terrible extrémité, que les ministres n’osent lui conseiller; vu que ce procédé violent les rendrait odieux au peuple, et leur ferait tort à eux-mêmes, leurs biens se trouvant sur le continent.

Les Voyages de Gulliver, Jonathan Swift, 1727.
Troisième partie, chapitre III (via)

Tout concourt ainsi pour faire de la ville volante une “utopie dégénérescente” : une utopie d’apparence séduisante, mais en réalité porteuse de valeurs hautement critiquables. Pour paraphraser Julien Ribot à propos de sa propre chanson “Amour City” (une utopie urbaine “aux maisons en forme de montgolfières [...] suspendues dans les airs”), le risque existe que “la naïveté volontaire du tableau devienne en réalité le piège qui se referme(ra) sur les (futurs) habitants”.

Dès lors, ne serait-il pas temps d’euthanasier ces utopies tentatrices avant qu’elles ne deviennent réalité, à Dubaï ou ailleurs ? Cela ne vaut toutefois que pour les cités volantes habitées par les Hommes. Pourquoi, par exemple, ne pas les imaginer habitées par faune et flore, telle une Arche de Noé naviguant au-dessus des nuages, ou par des technologies (panneaux solaires, éoliennes dès lors plus productifs ?). Dans cette perspective, la ville volante reste une utopie instanciable… dès lors qu’on s’éloigne de nos représentations séculaires.


Chaque lundi, Philippe Gargov (pop-up urbain) et Nicolas Nova (liftlab) vous embarquent dans le monde étrange des “urbanités” façonnant notre quotidien. Une chronique décalée et volontiers engagée, parce qu’on est humain avant tout, et urbain après tout ;-) Retrouvez-nous sur Facebooket Twitter (NicolasPhilippe) !

Illustrations : Ville volante“, vue générale, Georgii Krutikov, 1928 (via) ; “Cloud Skippers“, Studio Lindfors, et CC Flickr par TillWe

  1. cette chronique est accompagné d’un inventaire, publié sur mon blog, des représentations de villes volantes dans la culture populaire, de Gulliver jusqu’à Bioshock: Infinite, en passant par Star Wars ou Miyazaki. Ces œuvres témoignent en effet de la forte popularité de la ville volante dans l’inconscient collectif, mais aussi de ses nombreux paradoxes. []

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  • Véronique RIVAS le 9 mai 2011 - 9:33 Signaler un abus - Permalink

    Dans le même principe la ville de Zalem dans une superbe bande dessinée Gunnm : http://commentairesimages.free.fr/index.php?p=manga_gunnm ou http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Gunnm_Sch%C3%A9ma_de_l%27echelle.png attachée bien évidement à une symbolique forte

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  • Nicolas le 9 mai 2011 - 9:38 Signaler un abus - Permalink

    Il y a une exposition en ce moment à Paris sur la Ville Fertile, je suppose que l’article fait écho à cela ? Il complète admirablement bien cette exposition.

    Peut-être qu’il aurait été bien de parler Thomas More et de l’Utopie/contre-Utopie, ou de Platon et l’Atlantide, île également isolé. Ça aurait pu faire une bonne ouverture, très bon article en tous cas.

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  • gaetan le 9 mai 2011 - 9:46 Signaler un abus - Permalink

    Et la ville volante, à retrouver en 2012 dans Bioshock 3 !

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  • Philippe Gargov le 9 mai 2011 - 10:01 Signaler un abus - Permalink

    @Véronique Rivas & @Gaetan : EXACTEMENT :-) Mais nous avons préféré séparer toute cette partie “représentation dans la culture populaire” de cette chronique, histoire de ne pas trop charger le texte déjà suffisamment dense. Cet inventaire a donc été publié sur mon blog pop-up urbain, dont c’est justement la thématique (“imaginaires de la ville dans la culture pop&geek”). Vous pouvez lire le billet ici : http://www.pop-up-urbain.com/ville-volante-ville-violente/

    Zalem est évidemment évoqué, tout comme Bioshock :-) (c’est d’ailleurs suite à la découverte de ce dernier qu’on a pensé à cette chronique ^^)

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  • Philippe Gargov le 9 mai 2011 - 10:05 Signaler un abus - Permalink

    @Nicolas : En réalité, c’est plutôt la chronique précédente qui faisait référence à l’expo : http://owni.fr/2011/05/02/la-ville-fertile-une-amie-qui-nous-veut-du-bien/
    Mais ce texte s’inscrit dans la continuité de ce dernier, puisqu’il s’agit donc de “décortiquer” les grands archétypes de l’utopie urbaine, comme vous l’aurez compris.

    Pour Platon et l’Atlantide, effectivement j’aurais en parler, mais je garde la référence sous le coude pour un prochain article sur la ville flottante, dont les problématiques sont très proches de la ville volante (exil volontaire, etc.) mais aussi spécifiques à sa dimension maritime ! ;-)

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  • Alex le 9 mai 2011 - 10:11 Signaler un abus - Permalink

    Article intéressant, il rejoins les questions que pose la construction d’une ville dans la ville;

    http://translate.google.fr/translate?hl=fr&langpair=en|fr&u=http://www.detail.de/artikel_steven-holl-architects-nanjing-museum-linked-hybrid_22398_En.htm

    Ce nouveau projet urbain, prêt à être validé, suscite des réflexions similaire, qui pourront en partie être réglé.

    Mais surement pas partout.

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  • Alex le 9 mai 2011 - 10:25 Signaler un abus - Permalink

    Hormis ce projet qui est d’agencer une ville en fonction du relief: http://www.stevenholl.com/project-detail.php?id=60&award=true

    Un docu sur Arte présentait un projet similaire de relier dans les grosses villes asiatique les grattes-ciel entre eux via des passerelles, ce qui créerais une ville dans la ville, avec deux grosses problématiques; Les gens qui vivent en haut, et ceux qui vivent en bas. Donc trouver un moyen de ne pas laisser ceux du bas dans un décor laissé à désiré…

    Ensuite dans le reportage, ils sont revenu en Europe et on expliqué pourquoi dans nos grandes villes, à part les plus modernes, ces projets ne passeraient pas. Simplement car nous sommes trop conservateur de notre histoire architectural. De plus il ne faut pas oublier que bien souvent les clochers des cathédrales sont souvent les plus haut, alors construire plus haut que l’image de dieu, agacerait, semble t-il beaucoup de gens.

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  • visitorq le 9 mai 2011 - 11:25 Signaler un abus - Permalink

    Sinon il y a Laputa de Miyazaki http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Ch%C3%A2teau_dans_le_ciel
    une utopie qui s’est terminée en ruine, un ghetto de riches qui faute de sang neuf a fini peuplé de serviteurs abandonnés… Ces utopies sont destinées à mourir d’elles même. Les ghettos de riches sont des tombeaux luxueux qui n’ont aucun avenir.

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  • LdB le 9 mai 2011 - 12:58 Signaler un abus - Permalink

    Dans l’Incal on retrouve l’idée du palais volant qui descend pour verrouiller la cité puits en cas d’émeutes.

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  • ehooge le 9 mai 2011 - 13:28 Signaler un abus - Permalink

    Attention Philippe… tu t’attaques à la NASA et à DARPA qui, eux, ont bien l’intention de nous envoyer dans l’espace dans un vaisseau à la Star-Treck (presque aussi bien qu’une ville volante, non ?) !

    L’appel à projet pour un “100-year starship study program” vient d’être lancé :

    http://news.cnet.com/8301-13772_3-20060476-52.html

    Mais ne t’inquiète pas… je suis sûr qu’on inventera en même temps un petit wall-e qui nous aidera à revenir sur Terre après notre longue aventure.

    Enfin, plutôt que de chercher à euthanasier ce genre d’utopie, nous pourrions chercher à en proposer d’autres…
    Personnellement j’aimais assez la Cité Végétale de Schuiten (http://citevegetale.net/) plutôt que la Ville Fertile (http://www.citechaillot.fr/exposition/expositions_temporaires.php?id=161). Chacun ses goûts !

    D’autres suggestions ?

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  • darbon le 9 mai 2011 - 17:23 Signaler un abus - Permalink

    Euthanasier des utopies est impossible et criminel même quans elles seraient dangereuses. Mis à part la conclusion trop autoritaire à mon sens, assez d’accord sur l’aspect ségrégatif de la ville en l’air, mais n’oubliez pas que les villes flottantes peuvent aussi avoir une connotation éxode-fuite-survie de communautés oprrimées. Cf. l’excellente BD de bilal la croisière des oubliés ou encore le dessin animé où le vieux part avec sa maison suspendue à un ballon : voilà des réinterprétations plus séduisante de cette utopie !

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  • Philippe Gargov le 9 mai 2011 - 23:12 Signaler un abus - Permalink

    @LdB : merci pour la référence, je ne connaissais pas !

    @darbon : Effectivement, j’ai tendance à être souvent trop “offensif” dans mes conclusions à coup de “gros mots”, mea culpa ;-)

    Evidemment, il ne s’agit pas vraiment d’en finir avec les utopies de villes volantes, mais plutôt d’amener le grand public à porter un regard plus critique sur ces projets. Mais vous l’aviez compris :-)

    Merci pour vos exemples, j’avais complètement zappé Là Haut, mais je ne connaissais pas du tout La Croisière des Oubliés. Je les garde sous le coude pour un prochain billet sur la question de l’exil volontaire face à l’oppression, peut-être en lien avec la figure de la ville flottante (sur l’eau, cette fois). Et si vous n’y voyez pas d’inconvénient, je les ajoute d’ores et déjà dans l’inventaire que j’ai publié sur mon blog :-)
    http://www.pop-up-urbain.com/ville-volante-ville-violente/

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  • Crucifix Arnaud le 10 mai 2011 - 12:44 Signaler un abus - Permalink

    Article très intéressant.

    En complément, “La croisière des oublié” de Bilal et Christin aborde le sujet à petite échelle et de manière positive.

    http://www.bedetheque.com/serie-1947-BD-Croisiere-des-oublies.html

    Ou encore “La ville qui n’existait pas”, des même auteurs, nettement moins “positif” et bien ancré au planché des vache, mais rejoins l’idée d’utopie Urbaine ultra cloisonnée.

    http://www.bedetheque.com/serie-1070-BD-Ville-qui-n-existait-pas.html

    (A noté une petite coquille dans le note de bas de page “Facebooket Twitter”, il manque un espace entre “facebook” et “et”.)

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  • Ginko le 10 mai 2011 - 18:10 Signaler un abus - Permalink

    Bien que l’article ne s’intéresse pas à la technologie qui permettrait cette utopie, je ne résiste pas à m’interroger dessus.

    Et à partir de l’état de l’art actuel des sciences sur le sujet, il n’y aurait pas de solution théorique raisonnable :
    On parle d’une ville entière : des tonnes et des tonnes des matériaux dans les airs : en luttent contre l’accélération de la gravité. Or il n’existe que 3 solutions à ce problème :
    - la poussé d’Archimède, utilisée par les montgolfières et les zeppelins => le volume des flotteurs est démesuré par rapport à la charge portée. Les flotteurs d’une ville mesureraient des km3… même “remplis” de vide (le “matériau” le moins dense connu). (Hormis si on augmente la densité de l’air… assez absurde si on tient à continuer à respirer dedans)
    - la mise en orbite, utilisée par les satellites => réalisable, mais seulement à haute altitude, dans l’espace… pas vraiment l’utopie avec les arbres et tout ça.
    - un moyen de propulsion, utilisé par les avions et les hélicoptères => consommateur d’une quantité démesurée d’énergie, impensable, surtout sur longue durée.

    Donc à part une trouée fabuleuse dans le domaine de l’ “anti-gravité”, l’état de l’art des sciences ne permet pas ne serait-ce que d’imaginer une solution théorique à ce problème.

    C’est donc de toute façon une utopie faite pour le rester. L’utopie réalisable la plus proche étant la cité spatiale en orbite, présente dans de nombreuses histoires de SF. Mais on s’éloigne quand même beaucoup du fantasme du vol et de la mobilité (la cité spatiale étant “contrainte” à orbiter), ça se rapproche plus de la “prison parfaite” (de-laquelle-on-ne-s’échappe-pas) que de la “cité des Dieux”.

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  • Gédéon le 10 mai 2011 - 20:24 Signaler un abus - Permalink

    “Pourquoi, par exemple, ne pas les imaginer habitées par faune et flore, telle une Arche de Noé…”
    Dans l’Arche de Noé, il y avait Noé, sa femme et ses enfants, c’est-à-dire l’humanité, Tartine.
    Quant à vos envies d’euthanasie, Tartine, passez les sur votre chat. Et laissez rêver les dingues !

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  • Philippe Gargov le 11 mai 2011 - 12:41 Signaler un abus - Permalink

    @Crucifix Arnaud : Merci pour ces compléments ! Le premier a déjà été cité par une autre lecteur, mais pas le second ! J’en prends bonne note ;)

    @Ginko : Belle réflexion ! Mais il reste aussi la “possibilité” d’une ville suspendue à une plateforme spatiale, comme la cité de Zalem dans Gunnm ? Alors certes elle perd en mobilité, mais l’on retrouve le couple domination/privilégiés évoqué dans la chronique : http://fr.wikipedia.org/wiki/Gunnm#G.C3.A9ographie

    Quant à la question plus spécifique de la cité sur orbite, cela fera peut-être l’objet d’un prochain texte, qui sait (ici ou sur mon blog)… Merci pour cette entame de réflexion ! A relier au commentaire de ehooge un peu plus haut !

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  • Philippe Gargov le 11 mai 2011 - 12:48 Signaler un abus - Permalink

    @ehooge justement, et aussi @Gédéon : comme dit précédemment, il n’est évidemment pas question de rayer la ville volante de la carte des utopies, mais plutôt d’inviter le grand public à porter un regard plus critique sur ces créations qui font “rêver les dingues”, justement. Je pense qu’il est nécessaire de ne pas se laisser aveugler par ce strass onirique. Et c’est précisément ainsi que l’on pourra proposer d’autres alternatives, correspondant justement aux besoins réels de l’Homme, et non pas à ses fantasmes séculaires d’élévation > pouvoir > domination…

    PS @Gédéon, c’est bien la première fois qu’on me traite de Tartine, merci ! :D

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  • duranton paul louis le 6 août 2011 - 14:23 Signaler un abus - Permalink

    Je pense que vos analyses (ville fertile, ville volante) sous-entendent un glissement possible de certains allant de l’imaginaire ou du fantasme…vers la réalité! En fait, peut-être appartient-il plus aux artistes qu’aux architectes de s’autoriser à plonger (avec délice) dans les délires futuristes, post-apocalyptiques et bio-technologiques qui sont en relation avec à place de l’homme dans la nature?
    Je profite de cette question pour vous inviter à regarder l’une de mes création nommée “cosmolithe” et dont je cherche encore la signification…;)
    N’hésitez pas à m’éclairer!
    voici le lien: http://www.ecosculpture.com/ecosculpture_2.php?id=16&langue=0

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  • Zirwoxy le 4 juin 2012 - 12:12 Signaler un abus - Permalink

    Ces images folles me font penser à celle-ci :
    http://www.vraiment-ailleurs.com

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  • メンズ 腕時計 人気 le 12 août 2014 - 7:38 Signaler un abus - Permalink

    Avoid Complaining And Initiate a personal men Promotion In exchange

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  • 久保田スラッガー le 12 août 2014 - 20:01 Signaler un abus - Permalink

    japan will help everybody by including plenty of special capabilities and characteristics. This is a unvaluable thing for any enthusiast of japan.

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  • アイアン le 12 août 2014 - 20:02 Signaler un abus - Permalink

    What we ought to do to find out about watch well before you’re left out.

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