Comment le système monétaire profite aux banques

Le 18 mai 2011

En analysant la création de monnaie, le blogueur canadien Le Minarchiste arrive à une conclusion sans appel : le système monétaire profite avant tout aux banques et aux états... au détriment des salariés.

Dans le précédent article, nous parvenions à la conclusion que c’est la création monétaire qui entraine l’inflation. Dès lors, se pose la question des règles monétaires actuellement qui permettent de créer de la monnaie. C’est l’objet de ce second article, où nous essayerons de voir à qui profite la création de monnaie.

Comment et pourquoi est apparue la monnaie ?

C’est l’essor du commerce et de la spécialisation du travail qui ont nécessité l’apparition de la monnaie pour faciliter les échanges. La monnaie élimine notamment la nécessité de la double-coïncidence des désirs et permet la divisibilité des biens.

Ainsi, si vous êtes cordonnier et que vous voulez acheter du bœuf, il n’est plus nécessaire de trouver un boucher mal chaussé ! La monnaie permet les échanges indirects, c’est-à-dire que plutôt que d’échanger un bien contre un autre que l’on désire, on échange son bien contre un bien intermédiaire que tout le monde accepte (la monnaie), qui pourra ensuite être échangé contre le bien désiré. La monnaie permet aussi de mieux comparer et comptabiliser la valeur des biens entre eux et, par conséquent, de mieux allouer les ressources dans la production de ces biens.

Les caractéristiques d’une bonne monnaie sont :

  • Large en demande
  • Difficile à contrefaire
  • Facilement transportable
  • Divisible
  • Durable
  • Sa production ne doit pas croître trop vite

Au regard de ces critères, il est peu surprenant que l’or et l’argent aient naturellement émergé comme monnaies de choix à travers l’histoire. En effet, la plupart des devises modernes ont été jadis reliées à l’or ou l’argent. La monnaie ne représentait en fait qu’un poids de métal précieux. La Livre Sterling britannique équivalait jadis à une livre d’argent. Le dollar quant à lui valait une once d’argent. Avant 1933, un dollar américain était convertible en un vingtième d’once d’or (0,05 onces). Les taux de change étaient fixe car si la Livre Sterling équivalait à 0,25 once d’or alors que le dollar équivalait à 0,05 once d’or, une Livre Sterling équivalait par conséquent à 5 dollars. Ce n’était pas une question de marché, mais simplement une question de poids !

À une certaine époque, plutôt que de conserver leur or chez eux, les gens allaient le déposer chez un orfèvre qui le conservait en sécurité dans un coffre. En échange, l’orfèvre émettait un reçu stipulant la quantité d’or déposée. Au fil du temps, les gens ont commencé à utiliser ces reçus pour transiger, ce qui était beaucoup plus pratique que d’aller retirer l’or chez l’orfèvre pour ensuite le remettre aux commerçants.

Les reçus ont donc graduellement été de plus en plus utilisés comme monnaie, si bien que les gens n’allaient que très rarement chercher leur or chez l’orfèvre. Se rendant compte de cela, les orfèvres ont eu une idée géniale : ils ont commencé à émettre des reçus sans or sous-jacent et à les prêter avec intérêt. Ils sont de fait devenus les premiers banquiers. Un système bancaire dans lequel il y a plus de monnaie en circulation que d’espèces en réserves est appelé système à réserves fractionnaires.

Ce système, qui pourrait être qualifié de contrefaçon et de fraude (comme le dénonce le célèbre documentaire L’Argent-Dette) mais il fonctionne néanmoins jusqu’à ce qu’un événement vienne faire en sorte que beaucoup de gens viennent échanger des reçus contre l’or sous-jacent. Comme il y avait plus de reçus en circulation que d’or dans leurs coffres, la banque se retrouvait en faillite.

Ce stratagème n’a pas échappé aux bonzes de l’État. La création de monnaie est rapidement devenue un moyen pour l’État de discrètement augmenter sa ponction fiscale. Dans une économie basée sur le troc, le seul moyen pour l’État de se financer est de confisquer des biens (l’impôt), ce qui a toujours été impopulaire. Il est bien plus facile pour l’État de créer lui-même de la monnaie. Pour ce faire, l’État doit tout d’abord bannir tous les autres types de monnaies privées, de façon à avoir le monopole de la monnaie. Il doit ensuite nommer la monnaie de façon à faire oublier qu’il s’agit d’un poids de métal (dollar, mark, franc, couronne, etc) et lui donner « cours légal ». Prenez un billet de vingt dollars canadien et vous y verrez cette inscription, qui signifie que le dollar canadien est légalement autorisé à être utilisé comme monnaie au Canada.

L’État pouvait alors pratiquer son activité la plus lucrative : la dépréciation. Lorsque les pièces de métal précieux étaient utilisées comme monnaie, cette pratique consistait à refondre les pièces d’or ou d’argent en pièces un peu plus légères avant de les remettre en circulation. Ce qui permettait au roi, à l’empereur ou à l’État de dépenser plus. Lorsque les billets de banque ont été utilisés, la dépréciation se faisait en décrétant un ratio de conversion plus bas. Par exemple, dans les années 1930, le ratio de conversion du dollar américain en or est passé d’une once pour $20 à une once pour $35. Autrement dit, si l’état avait 500.000 onces d’or dans ses coffres d’une valeur de 10 millions de dollars, cet or valait par la suite $17.5 millions, soit 75% de plus ! On pourrait dire qu’à ce moment, l’argent brûlait littéralement dans les poches de l’État !

En 1933, le Président Roosevelt a passé l’Ordre Exécutif 6102, lequel empêchait tous les américains de posséder de l’or et forçait ceux-ci à le vendre à l’État pour $20.67 l’once. Ensuite, le gouvernement américain a décrété que l’or s’échangeait dorénavant à $35 l’once, empochant le profit !

Tel que mentionné précédemment, le système bancaire à réserves fractionnaires tel qu’il était au 19e siècle en Amérique comportait une faille flagrante : comme les banques émettaient plus de billets qu’il n’y avait d’or dans leurs coffres, cela créait souvent des paniques bancaires et rendait le système plutôt instable. Lors de ces crises, les gens faisaient la file aux portes des banques pour retirer leur or, mais comme il n’y avait pas assez d’or, la banque fermait les portes et suspendait la convertibilité des billets.

La banque centrale

Les banquiers ont trouvé une solution à ce problème afin de stabiliser ce système frauduleux : la banque centrale. C’est pour cette raison qu’ont été créées la Federal Reserve (FED) des États-Unis en 1913 et la Banque du Canada (BoC) en 1934 [La création de la Banque de France date de 1800, ndlr]. Les banques centrales disposaient à l’époque d’importantes réserves d’or qui pouvaient être prêtées aux banques en cas de panique. Cela a permis aux banques d’être encore plus agressives dans la gestion de leurs réserves ; c’est-à-dire qu’elles ont pu émettre encore plus de billets sans or sous-jacent, étant protégées par la banque centrale.

Cependant, les banques étaient quand même limitées quant à la quantité de billets qu’elles pouvaient émettre, au risque de voir les réserves d’or sortir du pays. Supposons que de la monnaie nouvellement créée est utilisée pour acheter des biens importés, le vendeur de ces biens va par la suite convertir les dollars en or à sa banque (dans son pays). Sa banque se tournera ensuite vers la Federal Reserve qui remettra de l’or en échange des dollars. Le résultat net est une diminution du stock d’or du pays. Si trop de dollars avaient été émis, la Federal Reserve se serait retrouvée sans réserves d’or et le système en entier se serait écroulé. C’est exactement ce qui s’est produit dans les années 1930.

Le seul moyen de se débarrasser de cette contrainte était de délaisser l’étalon-or ; c’est-à-dire se débarrasser de la convertibilité de la monnaie en or. C’est ce qui s’est graduellement produit avec le Gold-Exchange Standard de 1925, le système Bretton-Woods de 1944 et finalement le Smithsonian Agreement de 1971 qui a officialisé l’abandon total de l’étalon-or. Depuis ce temps, le dollar américain ainsi que la plupart des monnaies du monde ne sont que des bouts de papier et les banques centrales peuvent émettre des quantités toujours plus grandes de ces bouts de papier comme bon leur semble.

Le graphique ci-bas présente l’indice des prix à la consommation des États-Unis à partir de 1665. On peut y observer que la création de la Federal Reserve en 1913 et le délaissement graduel de l’étalon-or en 1925, 1944 et 1971 ont permis au système de générer une inflation exponentielle des prix, alors que durant les trois siècles précédents, les prix avaient été relativement stables, sauf durant les guerres.

Le système monétaire contemporain est, de nos jours, fort différent de celui qui prévalait il y a une centaine d’années. Les changements qui y ont été apportés ont permis aux banques de créer de la monnaie à profusion et de convertir cette monnaie en profits. La conséquence de cette augmentation de la quantité de monnaie en circulation a été l’augmentation des prix ; c’est-à-dire la baisse du pouvoir d’achat de la monnaie.

Pourquoi le taux de change fluctue-t-il ?

À court terme, les taux de changes sont influencés par les flux monétaires entre les pays (commerce international, investissement, tourisme, etc). Par contre, à long terme, les taux de changes sont influencés par les différences d’inflation entre les pays. Pour comprendre cela, il faut vous rappeler que l’inflation signifie la perte de pouvoir d’achat d’une monnaie.

Par exemple, si l’inflation est de 5% aux États-Unis et de 3% au Canada, cela signifie que le pouvoir d’achat du dollar américain perdra 5% de son pouvoir d’achat alors que le dollar canadien perdra 3% de sa valeur. Dans ce scénario, il serait normal de voir le dollar canadien s’apprécier par rapport au dollar américain puisque le pouvoir d’achat du huard [le dollar canadien, ndlr] s’améliore par rapport à celui du « green back » [le dollar américain, NdE].

Supposons que le taux de change initial était de 1 dollar canadien pour 1 dollar US et qu’un paquet de gomme se vendait initialement $1 dans les deux pays. Après que l’inflation se soit manifestée, ce paquet de gomme pourrait se vendre $1.03 au Canada et $1.05 aux États-Unis. Cela implique un taux de change d’environ 1.0194 dollars américains pour un dollar canadien. Le taux de change du dollar canadien par rapport au dollar américain se serait donc apprécié d’environ 1.94%.

Par conséquent, si un pays crée beaucoup de monnaie sur une période donnée, l’inflation générée va détériorer le taux de change de sa devise par rapport aux autres. À noter que sur les marchés des changes, ce n’est pas seulement l’inflation passée qui compte, mais aussi l’inflation anticipée par les marchés.

Certains arguent que cela est un bon moyen de favoriser les exportations, et que le gouvernement devrait créer de la monnaie domestique et la vendre sur le marché des changes contre des devises étrangères. Cela mettra de la pression à la baisse sur la devise locale ce qui rendra les exportations de ce pays moins chères aux yeux des étrangers, qui théoriquement importeront davantage de biens de ce pays. On peut donc dire que la compétitivité des exportateurs de ce pays s’améliore (temporairement) lorsque la devise se dévalue.

Mais est-ce pour autant que les gouvernements devraient le faire ?

Non ! Car les citoyens de ce pays devraient alors payer plus cher pour les biens qu’ils importent d’autres pays, étant donné la perte de pouvoir d’achat de leur devise. Or une baisse du pouvoir d’achat des individus équivaut à un appauvrissement. Cette politique aurait donc comme impact d’appauvrir l’ensemble des citoyens au profit des exportateurs, ce qui est injuste.

De plus, au bout d’un certain temps, l’inflation engendrée par la création de monnaie fera augmenter les prix locaux, et donc les coûts de production des exportateurs, ce qui fera en sorte de réduire leur compétitivité sur les marchés étrangers. Ce sera donc le retour à la case départ, mais avec une devise dépréciée et donc des d’importations plus dispendieuses.

Un taux de change qui s’apprécie est une très bonne chose. Ça augmente notre pouvoir d’achat en tant que consommateurs, mais aussi en tant qu’investisseurs. Ces investissements favorisent l’innovation, l’amélioration de la productivité et la création de richesse. Cela peut parfois créer des changements dans le structure de l’économie, lesquels peuvent mener à certains bouleversements. Il ne faut cependant pas résister à ces changements, qui sont inévitables de toute façon. Au Québec, suite à l’appréciation du dollar canadien survenue au cours des années 2000, beaucoup d’emplois manufacturiers ont été perdus, mais ils ont été remplacés par des emplois dans d’autres secteurs et la population y a gagné au change, puisque le chômage a diminué et l’économie a été prospère.

Pourquoi est-ce que les taux d’intérêt fluctuent?

Un taux d’intérêt sert à rémunérer un épargnant. Les humains préfèrent généralement consommer quelque chose tout de suite plutôt que dans 1 an. Par exemple, si vous n’avez pas de micro-ondes et que je vous permettais d’en obtenir un gratuitement, il est fort probable que vous préféreriez l’avoir tout de suite plutôt que dans un an. Il est donc normal qu’une chose vaille moins dans un an que maintenant.

Donc si je vous prête de l’argent, il est normal que je veuille être rémunéré car cet argent a plus de valeur pour moi maintenant qu’au terme du prêt. Il faut donc que je sois compensé pour la perte de jouissance de cet argent pour la durée du prêt.

Le taux d’intérêt que j’exigerai de vous sera influencé par plusieurs facteurs :

  • Tout d’abord, si beaucoup de gens épargnent, il y aura beaucoup d’argent à prêter; autrement dit l’offre de crédit sera élevée. Selon la loi de l’offre et la demande, une offre plus élevée fait généralement baisser les prix; donc plus il y a d’épargne disponible, moins le taux d’intérêt sera élevé.
  • En revanche, si beaucoup de gens désirent emprunter, la demande de crédit sera élevée. Selon la loi de l’offre et la demande, plus la demande est élevée, plus le prix sera élevé, donc le taux d’intérêt augmentera.
  • L’autre facteur influençant le taux d’intérêt sera mes anticipations d’inflation. Si j’anticipe un taux d’inflation de 5%, cela signifie que je m’attends à ce que le pouvoir d’achat de l’argent que je vous prête diminue de 5%. Je voudrai donc être compensé pour cela, autrement je m’appauvrirais à vous prêter de l’argent. On peut donc dire que plus les anticipations d’inflation sont élevées, plus le taux d’intérêt sera élevé.
  • Finalement, l’autre déterminant important des taux d’intérêt est la prime de risque. Le taux d’intérêt que j’exigerai de vous sera plus élevé si vous êtes un chômeur que si votre salaire annuel est de 200.000 dollars, car le chômeur représente un profil plus risqué. Il est donc normal de vouloir être compensé pour ce risque à l’aide d’un taux d’intérêt plus élevé.

Ceci étant dit, les taux d’intérêt ne sont généralement pas laissés à eux-mêmes, au gré du marché. Le gouvernement, à travers la banque centrale, tente de les influencer : c’est ce qu’on appelle la politique monétaire. La mise en œuvre de cette politique est effectuée par la banque centrale, qui utilise les différents moyens à sa disposition pour influencer le rythme de création de monnaie.

En faisant accélérer la création de monnaie, la banque centrale fait augmenter la quantité de crédit en circulation. Cette augmentation artificielle de l’épargne disponible fera généralement baisser les taux d’intérêt. L’épargne résultant de création de monnaie est bien entendu artificielle, mais les marchés ne font pas la différence.   Cependant, la banque centrale doit faire attention, car si elle accélère trop la création de monnaie, les anticipations d’inflation augmenteront, ce qui fera augmenter les taux d’intérêt.

L’objectif des politiques monétaires modernes est de maintenir l’inflation dans une fourchette de 1% à 3% par année. Pour y arriver, la banque centrale doit calibrer la vitesse à laquelle la monnaie est créée par le système.

Banques et gouvernements : les grands gagnants

Tel que démontré dans mon exemple de l’île déserte, le premier bénéficiaire des nouveaux coquillages est celui qui les trouve ou les reçoit en premier.

Dans le système monétaire moderne, il n’y a pas besoin de chercher loin pour trouver les plus grands gagnants de la création de monnaie : ce sont les banques commerciales. Celles-ci ont le pouvoir de convertir des dettes en actifs et de générer un rendement sur ces actifs. Une bonne partie des profits des banques sont donc réalisés grâce à la création de monnaie.

L’autre groupe qui en bénéfice sont les emprunteurs, puisque tel que démontré dans la section précédente, la création de monnaie fait baisser les taux d’intérêt. Qui sont selon vous les plus gros emprunteurs de la société ? Ce sont les gouvernements! Ainsi, la création de monnaie permet aux ménages, aux entreprises et surtout aux gouvernements de s’endetter en payant un taux d’intérêt maintenu artificiellement bas par la création de monnaie.

Conséquemment, il n’est pas surprenant de constater que les niveaux d’endettement aient constamment augmenté durant les dernières décennies. En fait, si on additionne les dettes des ménages, des entreprises et du gouvernement aux États-Unis, celles-ci totalisent près de 400% du produit intérieur brut ! Ce chiffre était de moins de 150% à la fin de la Deuxième Guerre Mondiale. La création de monnaie facilite le crédit et favorise l’endettement.

Le cas du gouvernement est particulièrement intéressant. Les politiciens adorent dépenser puisque ces dépenses leurs permettent de mousser leur popularité et de faciliter leur réélection. Pour dépenser davantage, les gouvernements n’hésitent pas à s’endetter, d’où le besoin de la création de monnaie pour maintenir les taux à de bas niveaux [ndlr : En Europe, les états de la zone euro se sont interdits d'utiliser leur pouvoir de création monétaire depuis Maastricht. En France, cette interdiction date de la loi de 1973 dite Loi Rothschild. En revanche, les banques peuvent tout autant utiliser l'effet de levier monétaire pour créer de la monnaie scripturale].

Dans le même ordre d’idées, les entreprises dont les produits et services sont généralement achetés en s’endettant (immobilier, infrastructures routières ou autres, voitures, meubles, véhicules récréatifs, etc) bénéficient de la création de monnaie puisque celle-ci fait mousser leurs ventes.

Mais l’inflation ne fait pas que des gagnants : les perdants sont très nombreux. Il y a d’abord les salariés dont le salaire croit moins vite que l’inflation. Si l’inflation a été de 5% cette année et que votre salaire n’a été augmenté que de 2%, vous êtes dorénavant plus pauvre de 3% puisque le pouvoir d’achat de votre salaire aura diminué.

Il y a aussi les épargnants, qui voient le pouvoir d’achat de leurs épargnes fondre en raison de l’inflation. Si vous avez de l’argent dans votre compte-chèque à la banque et que l’inflation est de 5%, la valeur de cet argent aura diminué de 5% chaque année. Un retraité qui reçoit une rente fixe s’appauvrit chaque année en conséquence de l’inflation.

Evolution de la dette des ménages (courbe bleue) et de l'épargne des ménages (courbe rouge)

La baisse du pouvoir d’achat de la monnaie qu’engendre l’inflation ne signifie pas que ce pouvoir d’achat disparaît. Comme je le démontrais dans mon exemple de l’île déserte, les nouveaux coquillages ne modifient pas la quantité de richesse sur l’île, mais influencent plutôt la répartition de celle-ci. Donc, si vous avez 100 euros dans votre compte de banque durant un an et que l’inflation est de 5% cette année, la perte de pouvoir d’achat qui en résulte – 5 euros en l’occurrence – n’a pas disparue. Ces 5 euros ont simplement été indirectement subtilisés par quelqu’un d’autre, les banques et les emprunteurs en occurrence.


Article initialement publié en sur le blog Le Minarchiste (partie 1partie 2partie 3).

Illustrations : PaternitéPas d'utilisation commercialePartage selon les Conditions Initiales watchingfrogsboil ; Paternité Jeff Belmonte ; Paternité brian.ch

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  • Galuel le 18 mai 2011 - 11:23 Signaler un abus - Permalink

    “C’est l’objet de ce second article, où nous essayerons de voir à qui profite la création de monnaie”

    Il faudrait préciser “dans CE système monétaire”

    Dans un système monétaire à Dividende Universel, la création de monnaie ne profite à personne en particulier.

    Dans un système monétaire métallique, la création de monnaie est le fait des propriétaires des mines de métaux.

    Une bonne monnaie est donc avant tout une monnaie qui respecte les individus. Et ne peut-être donc qu’une monnaie à Dividende Universel.

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  • Stanislas Jourdan le 18 mai 2011 - 11:40 Signaler un abus - Permalink

    @Galuel : oui tu as raison. Je rectifie, merci.

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  • René le 18 mai 2011 - 13:42 Signaler un abus - Permalink

    Bonjours!

    Merci pour ces articles, novice, j’apprends plein de choses ! Du coup, j’ai quelques questions :

    - sur les banques “Celles-ci ont le pouvoir de convertir des dettes en actifs et de générer un rendement sur ces actifs”. Qu’est-ce que cela veut dire ?

    - j’ai toujours entendu dire que les banques n’aimaient pas l’inflation, car cela permet au gens de rembourser plus facilement leurs crédits. Or là, c’est l’inverse. La première affirmation est vraiment fausse ?

    merci !

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  • Minarchiste le 18 mai 2011 - 14:13 Signaler un abus - Permalink

    @René

    “sur les banques “Celles-ci ont le pouvoir de convertir des dettes en actifs et de générer un rendement sur ces actifs”. Qu’est-ce que cela veut dire ?”

    Cela veut dire que lorsque vous déposez votre argent à la banque dans un compte chèque, cet argent vous appartient toujours, mais la banque peut quand même l’utiliser pour faire un prêt. L’argent est donc à deux endroits en même temps…

    “j’ai toujours entendu dire que les banques n’aimaient pas l’inflation, car cela permet au gens de rembourser plus facilement leurs crédits. Or là, c’est l’inverse. La première affirmation est vraiment fausse ?”

    Les banques aiment que les prix montent lentement (2% par an). Elles ne veulent pas d’hyperinflation car elles savent que cela aura des conséquences catastrophiques sur l’économie et sur leurs profits.

    Lorsque l’inflation accélère, les taux d’intérêt augmentent, ce qui compresse les marges de profit des banques.

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  • Charles le 18 mai 2011 - 14:20 Signaler un abus - Permalink

    Très intéressant. Un point que je ne comprends pas. Comment est stabilisé le pouvoir d’achat entre les différents membres de l’UE, qui ont monnaie unique (donc pas de taux de change fluctuant), mais une inflation différente ?

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  • Stanislas Jourdan le 18 mai 2011 - 17:04 Signaler un abus - Permalink

    @Minarchiste : “Lorsque l’inflation accélère, les taux d’intérêt augmentent, ce qui compresse les marges de profit des banques.”

    Ou les banques augmentent leurs propres taux d’intérêts sur les crédits, non ?

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  • Minarchiste le 18 mai 2011 - 18:03 Signaler un abus - Permalink

    @ Charles

    “Comment est stabilisé le pouvoir d’achat entre les différents membres de l’UE, qui ont monnaie unique (donc pas de taux de change fluctuant), mais une inflation différente ?”

    Par une crise! lol

    Voir ceci:
    http://minarchiste.wordpress.com/2011/04/06/recommandation-de-lecture-the-tragedy-of-the-euro-par-philipp-bagus/

    @ Stanislas Jourdan

    “Ou les banques augmentent leurs propres taux d’intérêts sur les crédits, non ?”

    Impossible sur une hypothèque à taux fixe 5-an. Alors que les sources de fonds des banques coûtent plus cher immédiatement. Il y a donc une période durant laquelle les marges sont compressées.

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  • Stanislas Jourdan le 18 mai 2011 - 18:13 Signaler un abus - Permalink

    @Minarchiste : d’où l’intérêt des taux variables …

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  • Riiil le 19 mai 2011 - 12:15 Signaler un abus - Permalink

    Revenons sur les vistimes de l’inflation: Il faut pas oublier que la plupart des pensions et salaires sont augmentés pour l’inflation chaque année. Dans les pays développés, des syndicats s’occupent de négocier ces augmentations pour que le pouvoir d’achat des salariés se maintienne, voire augmente.
    Les épargnants ne sont pas non plus des victimes (quel épargant stupide laisserait ses économies sur un compte chèque non rémunéré!) et peuvent toujours acheter de l’or si il sentent menacé par l’inflation…
    Ce système est plus complexe que le simple “moi petit consommateur je me fais truffer à tous les coûts par les banques et l’état”.
    La monnaie est un moyen pas une fin.

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  • Minarchiste le 19 mai 2011 - 15:33 Signaler un abus - Permalink

    @ Riiil

    “Il faut pas oublier que la plupart des pensions et salaires sont augmentés pour l’inflation chaque année. ”

    Voyons! La plupart des salaires ne sont pas liés à l’inflation. La majorité des travailleurs ne sont pas syndiqués et ceux qui ont accès à un fonds de pension à cotisations déterminées ne sont pas la majorité non plus.

    Acheter de l’or permet peut-être de faire un profit sur le dos de l’inflation et de protéger une partie de son épargne, mais ça ne permet pas de protéger le pouvoir d’achat de son revenu. D’autre part, le prix de l’or est très volatile notamment parce que les banques centrales l’utilisent pour une partie de leurs réserves. Les frais de transaction sont élevés, notamment parce que l’État a rendu illégal d’utiliser l’or comme monnaie courante (ce n’est pas une blague, voir le cas récent aux États-Unis).

    Finalement, encore plus important, l’inflation engendre les cycles économiques qui se terminent en violentes récessions. J’ai publié un dossier complet à cet égard sur mon blogue, lequel sera éventuellement re-publié sur ce site je l’espère.

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  • Riiil le 19 mai 2011 - 16:51 Signaler un abus - Permalink

    Pour le SMIC qui concerne pas mal de gens en France : “Son augmentation correspond au minimum à l’inflation constatée l’année précédente, plus 50 % de l’augmentation du pouvoir d’achat du salaire horaire de base ouvrier (SHBO)[7]. Le gouvernement a en outre la possibilité d’accorder des « coups de pouce ».”

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  • Stanislas Jourdan le 19 mai 2011 - 16:59 Signaler un abus - Permalink

    Le Minarchiste +1, D’autant que la manière dont l’inflation est calculée par l’INSEE est souvent critiqué car il représente une moyenne qui ne reflète pas la situation de tous.

    Dans l’ensemble on sait bien que la situation des salariés s’est sensiblement dégradées depuis plusieurs années. La faute à la répartition de la valeur ajoutée, mais aussi de l’inflation.

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  • Riiil le 19 mai 2011 - 17:03 Signaler un abus - Permalink

    pardon j’ai oublié de dire que je tire la phrase sur le smic de wikipedia…
    La plupart des salaires minimums en Europe sont donc ajustés pour l’inflation. Pour les autres, n’oublie pas que les accords signés par les syndicats concernent tous les salariés de la branche professionnelle, même ceux qui ne sont pas syndiqués! Le traitement des fonctionnaires est lui aussi réévalué de temps en temps pour l’inflation.
    Les pensions de retraites sont réévalués chaque année au 1er avril pour l’inflation.
    Donc au final quels sont les revenus qui ne sont pas liés à l’inflation ?
    J’ai mentionné l’or mais on oublie aussi que beaucoup de français sont proprétaires, statut qui offre aussi une belle protection contre l’inflation.
    Enfin sur les épargnants ? J’ai pas l’impression que les livrets d’épargne en France sont partis en fumé suite à la dernière récession…

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  • Riiil le 19 mai 2011 - 17:13 Signaler un abus - Permalink

    Je ne suis pas sur que l’inflation soit la cause de la dégradation de la situation des salariés, c’est tout.
    La répartition de la valeur ajoutés et la disparition progressive des biens publics sont à mon sens les véritables causes de cette situation.

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  • Minarchiste le 19 mai 2011 - 19:32 Signaler un abus - Permalink

    @Riii

    Ma parole, quel est le taux de syndicalisation en France?
    Au Québec, très peu de gens ont leurs revenus liés à l’inflation, encore moins aux États-Unis.

    Quand à l’immobilier, parlez-en aux Américains, aux Espagnols et aux Irlandais, entre autres, qui ont perdu leur chemise durant le bust. L’inflation engendre les cycles économiques et ceux-ci détruisent la richesse et abaissent le niveau de vie.

    C’est quelque chose que vous allez éventuellement comprendre au fur et à mesure que vous lirez mes articles.

    Voici un exemple:

    http://minarchiste.wordpress.com/2011/04/11/linflation-et-les-recessions/

    Quant au lien entre l’inflation et les inégalités, voici une traduction de la chronique Buttonwood publiée dans The Economist du 26 mars dernier:

    « L’un des facteurs qui devraient recevoir plus d’attention est le rôle du secteur financier. Les banques centrales ont constamment réduit ou maintenu bas les taux d’intérêt au cours des dernières 25 ans en tentant de survolter les profits des banques et propulser à la hausse les prix des actifs. Avec cette subvention en place, est-il surprenant que les salaires des financiers ont crû plus rapidement que les salaires des autres emplois requérrant des compétences?

    Les tentatives d’éliminer cette subvention ont rencontré des menaces des banques. Un peu comme les services de protections de la mafia: ‘c’est une belle économie que vous avez là; il serait dommage qu’il lui arrive quelque chose de mal…’ »

    Effectivement, il serait temps que la population réalise que l’inflation est inéquitable et que le système bancaire actuel consiste en l’octroi d’une immense subventions aux banques, financée à même le pouvoir d’achat de la monnaie.

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  • M.H. le 20 mai 2011 - 12:29 Signaler un abus - Permalink

    Ah, ce mythe de la répartition de la valeur ajoutée. Ceux qui disent qu’elle détériorée au profit du capital ne savent pas de quoi ils parlent. Ça n’a aucun sens de comparer la situation des années 70 à celle qui prévaut après les années 80. Dans les années 70, les salaires étaient anormalement élevés. C’est pourquoi le principe “Cobb-Douglas” a dû mettre plusieurs années à détricoter tout ça, ramenant la part salariale à sa valeur initiale : deux tiers. Cette part salariale des deux tiers qui était celle qui a prévalu avant les années 70. Sur le long terme, on voit que la part capital/travail est resté très stable. Après, si on ne connaît pas Cobb-Douglas…

    Métaphore du gateau, Landier et Thesmar, “Le grand méchant marché” :

    ” En dépit du changement de prix du chocolat, notre cuisinier dépensera au final la même fraction de son budget en farine et en chocolat, seules les proportions des ingrédients ont changé.

    On voudrait améliorer le sort des travailleurs en obligeant les entreprises à les payer plus. Ce qui se passe alors, c’est une utilisation accrue du capital qui, au prix d’un chômage plus élevé, ramène la part du gâteau à son immuable niveau, deux tiers…”

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  • sergio le 28 avril 2012 - 16:04 Signaler un abus - Permalink

    Bon paier du Minarchiste ;-) .
    Une question sur les taux de change. Comment le taux de change du dollar US peut-il être manipulé ? Par la réserve Fédérale américaine ? Par un autre quel autre mécanisme précis ?
    Merci de la réponse.

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  • SOUVAIRAN catherine le 8 juillet 2012 - 13:27 Signaler un abus - Permalink

    Bonjour
    Madame et monsieur vous qui recherchiez à faire un prêt d’argent entre particuliers afin de pourvoir faire face aux difficultés
    financières pour enfin sortir de l’impasse que provoquent les banques. Vous êtes fichés, interdits bancaires et
    vous n’avez pas la faveur des banques ou mieux vous avez un projet et besoin de financement, un mauvais dossier de
    crédit ou besoin d’argent pour payer des factures, fonds à investir sur les entreprises. Je suis un particulier
    opérateur et j’ octroie des prêts privé à court et long terme allant de 5000 à 350.000€ à toutes personnes sérieuses,
    désirant effectuer un prêt.
    Mon taux d’intérêt varie de 2,2% à 3,2% l’an selon la somme prêté et la durée de restitution des fonds, car étant
    particulier je ne veux pas violer la loi sur l’usure. Vous pouvez rembourser sur 5 à 25 ans maximum selon la somme prêté.
    N’étant pas une banque, je nécessite pas beaucoup de documents. Mes conditions sont très simple, abordable et mes transactions sont vraiment fiables. Alors si
    vous êtes dans le besoin, n’hésitez pas à me contacter par mail pour avoir plus d’informations.
    Mon mail est : catherinesouvairan@yahoo.fr

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  • Paname le 9 avril 2014 - 22:34 Signaler un abus - Permalink

    Beaucoup aimé le dessin sur l’illusion démocratique.
    L’alternance démocratique = le Bal des Cocus…

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