“La véritable histoire de WikiLeaks”, 1er eBook d’OWNI

Le 7 juin 2011

"La véritable histoire de WikiLeaks", le premier ebook d'OWNI, sort aujourd'hui en français, en anglais et en arabe. Retrouvez des extraits, son auteur en chat à partir de 16h00 et nos projets éditoriaux augmentés.

Retrouvez Olivier Tesquet, l’auteur de l’ebook, en chat, mardi 7 juin à partir de 16h, ainsi que notre premier ebook sur OWNIshop !


Découpé en neuf chapitres, La véritable histoire de WikiLeaks essaie de répondre aux questions les plus régulièrement posées:

  • Comment fonctionne le site?
  • Quelle valeur ajoutée apportent les informations qu’il publie?
  • Comment les médias s’adaptent-ils au nouvel écosystème de l’information institué par l’organisation?

Ce court (50 pages) ouvrage pédagogique s’attache aussi à élucider des points plus rarement soulevés. Retrouvez-en ici quelques bonnes feuilles, issue de la partie traitant de l’idéologie derrière WikiLeaks.

Quelle idéologie pour WikiLeaks?

Dans le discours de Julian Assange, deux expressions reviennent inlassablement, quel que soit l’interlocuteur et quel que soit le sujet: “Maximiser l’impact”, et “obliger les gouvernements à être transparents” pour que l’exercice de la démocratie puisse se dérouler en place publique. Ses détracteurs n’ont pas manqué de le souligner, ces deux positions peuvent rapidement devenir antinomiques. Maximiser l’impact, cela veut dire qu’on garde la main sur l’agenda, pour influer directement sur le cours des événements, ce qui place d’emblée WikiLeaks dans une position d’éditeur actif, plus de récipiendaire passif.

Tantôt présenté comme un crypto-marxiste voire un anarchiste, Assange est un personnage difficile à cerner sur le plan politique, et il n’est pas toujours évident de placer WikiLeaks dans un courant de pensée. S’il jouit d’une popularité importante parmi les gens “de gauche” qui se reconnaissent dans son combat, il bénéficie d’appuis importants chez la droite libertarienne, qui voit l’Etat comme une structure coercitive. C’est d’ailleurs dans cette catégorie qu’il faut ranger son mécène Vaughan Smith, ancien journaliste et fondateur du Frontline Club, qui héberge Assange dans son manoir du Suffolk depuis que celui-ci est assigné à résidence.

Le passé a montré que des informateurs pouvaient avoir un impact véritable sur la vie des nations. Les Pentagon Papers de l’ancien analyste de la RAND Daniel Ellsberg (l’aïeul avoué d’Assange) publiés en 1971 et consignant 7 000 pages secret-défense sur le rôle des Etats-Unis au Vietnam, ont été la première “affaire” de la presse américaine moderne, précédant le Watergate. Mais l’histoire récente a également montré que les whistleblowers (littéralement les “lanceurs d’alerte”) pouvaient s’inscrire dans un intérêt public largement reconnu par les autorités. C’est notamment le cas de l’affaire Enron. En 2002, Sherron Watkins, ancienne dirigeante de la société texane, contribua largement à révéler les fraudes massives de son entreprise, qui précipitèrent sa faillite. A ce titre, elle reçut la distinction de “personne de l’année” pour le magazine TIME, aux côtés d’enquêteurs du FBI, sous la dénomination “The Whistleblowers”, précisément. Au-delà de l’anecdote, cet épisode vient rappeler que le statut de “lanceur d’alerte” est reconnu par la législation américaine, et qu’il est même protégé depuis 150 ans, et le False Claims Act, voté en 1863.

L’histoire de WikiLeaks en une infographie

L’infographie ci-dessous compare la notoriété de WikiLeaks en fonction de ses fuites. Karen Bastien, qui a participé à la réalisation de cette visualisation, explique la méthodologie:

“A la lecture de l’ouvrage [d'Olivier], l’une des choses qui m’a marquée est cette volonté constante de Julian Assange de défier les médias. Comme tu l’écris de ne pas être “une simple source”, mais “un véritable acteur de la presse d’informations”. De là est née l’idée de comparer l’audience, la notoriété de WikiLeaks et son impact sur la scène internationale. S’il n’est pas seulement un tuyau, mais un acteur de la scène médiatique, alors voyons comment WikiLeaks influence nos sociétés.

Pour cela, un outil assez simple, mais efficace : Google Insights ou “Tendances des recherches”, qui indique la quantité de recherches ayant été effectuées pour un terme donné, par rapport au nombre total de recherches effectuées sur Google au cours de la même période. Un très bon indicateur de la notoriété d’une entité. Nous avons effectué une recherche sur le mot WikiLeaks, sur toute région du monde, entre décembre 2006 (date de la première fuite) et 2011. Le relevé effectué, semaine après semaine, a servi de base pour l’échelle de la timeline et nous l’avons ensuite mise en regard des différentes fuites de WikiLeaks.”

Ce livre peut également être lu sur du vrai papier, sous le titre “Comprendre WikiLeaks”, d’Olivier Tesquet et Aleksi Cavaillez, éditions Max Milo.


Crédits photo: Flickr CC mataparda

Infographies: Karen Bastien et François Prosper pour OWNI.

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