Fausses photos vintages

Le 30 juillet 2011

Smartphones, Hipstamatic, Instagram et réseaux sociaux ont changé notre rapport à la photographie. Nathan Jurgenson s'intéresse ici aux photos vintages devenues soudainement très "trendy".

Billet initialement publié sur CyborgOlogy et repéré par Owni.eu
Nathan Jurgenson, l’auteur de cet article, travaille sur une thèse concernant la documentation de la vie privée et les réseaux sociaux. Il a écrit cet essai en trois parties sur son blog Cyborgology.

Sauf mention contraire, tous les liens de l’article sont en anglais.

1e Partie : Instagram et Hipstamatic

L’hiver dernier, pendant une violente tempête de neige, mes comptes Facebook et Twitter ont été inondés de photos enneigées. Toutes partageaient un point commun (autre que la neige) : elles semblaient avoir été prises avec des Polaroid bon marché ou un appareil argentique, il y a 60 ans. Mais toutes avaient été prises récemment grâce à de nouvelles applications pour smartphone très populaires comme Hipstamatic et Instagram.

Les photos (comme celle ci-dessous) provoquaient immédiatement un sentiment de nostalgie et une sensation d’authenticité qui manque souvent aux photos numériques postées sur les réseaux sociaux. Les photos rétros et vintages ont récemment explosé. Grâce à ces applications, plus besoin de photoshop ou des ravages du temps pour poster une photo bien vieillie.

Dans cet essai, j’espère montrer comment les fausses photos vintages, en apparence banales, illustrent une tendance plus large dans les médias sociaux en général. La fausse photo vintage est au centre de cet essai mais sert surtout d’exemple pour illustrer une tendance plus large selon laquelle les médias sociaux nous forcent de plus en plus à voir notre présent comme un éventuel passé documenté. Mais un retour sur les origines technologiques du phénomène est requis avant de développer ce point.

Hipstamatic a été la première application très populaire à rendre les photos instantanément rétros. Instagram est encore plus puissante avec sa sélection de multiples « filtres », c’est-à-dire différents tons de vintage (quelques filtres pas vraiment vintages sont aussi disponibles). Instagram est aussi équipé d’une couche de réseaux sociaux qui permet aux utilisateurs de partager un flux de photos Instagram avec leurs « amis ». D’autres applications de photographie rétro sont aussi disponibles.

Pourquoi faire ces applications maintenant ? Entre autre chose, elles estompent les images (en particulier sur les bords), ajustent les contrastes et les teintes, saturent ou désaturent les couleurs, floutent des zones pour exagérer une profondeur de champs très courte, ajoutent un faux grain de pellicule, des éraflures et d’autres imperfections, etc. Et – c’est important pour le prochain post – les photos sont pensées pour ressembler à des tirages photos papiers. Beaucoup de nos flux Facebook, Tumblr, Twitter et autres hébergent désormais des fausses photos vintages les unes après les autres.

Pourquoi ces imitations vintages aujourd’hui ?

Cette tendance a été rendue possible grâce à l’essor des smartphones. Parce que la photographie depuis un smartphone est différente de la photographie numérique sur au moins 3 aspects : (1) vous êtes plus susceptible d’avoir constamment votre smartphone sur vous (parfois même en dormant) que votre appareil numérique compact ; (2) l’appareil photo du smartphone fait partie d’un puissant écosystème de logiciels informatiques, composé d’une série d’applications ; et (3) le smartphone est connecté à Internet de façons plus variées et plus souvent que les anciens appareils photo.

Les photos que vous prenez sont donc plus susceptibles d’être sociales (à l’opposé de la seule consommation personnelle) puisque l’appareil photo est maintenant toujours avec vous dans des événements sociaux et, surtout, puisque l’appareil est connecté au Web et existe dans le cadre d’une série d’autres applications sur votre smartphone qui sont souvent capables de délivrer du contenu à divers réseaux sociaux. Outre l’aspect social, les applications rendent l’utilisation de filtres sur vos photos beaucoup plus aisée qu’avec les appareils photo compact ou les logiciels d’éditions sur ordinateur.

Mais cet essai ne s’interroge pas sur la hausse de l’utilisation de la photographie sociale numérique, mais sur ces photos manipulées numériquement spécifiquement pour paraître vintage.

Pourquoi sommes-nous si nombreux à préfèrer prendre, partager et regarder des photos faussement vieillies ?

Est-ce en raison de la qualité de la photo ?

Peut-être, comme l’a noté un autre bloggeur, est-ce la piètre qualité des appareil photos de téléphones qui a mené à l’essor de l’imitation vintage. Peut-être les appareils photos de smartphones ont-ils tendance à produire des photos défraîchies qui deviennent plus intéressantes après être passées au filtre de l’imitation vintage ?

Les photographes savent depuis longtemps que, selon la situation, une photo qui a du grain peut être aussi bonne, voire meilleure, qu’un cliché techniquement parfait. Aujourd’hui tous ceux qui ont un smartphone peuvent prendre une photo intéressante en appuyant seulement sur un bouton supplémentaire. Mais cette explication ne dit pas pourquoi nous estimons que le vintage est intéressant. [Et puis, de nombreux appareils photo de smartphone ont une haute définition].

Poètes et Scribes

Une autre explication de la hausse de la photo imitation vintage pourrait être la façon dont ces applications nous permettent d’être plus créatifs avec nos clichés. Susan Sontag [fr], dans le fabuleux « On Photography » parle de la façon dont la photographie est à la fois une capture de la réalité et une création subjective. Lorsque nous prenons un cliché nous sommes donc à la fois poètes et scribes ; c’est un point que j’ai utilisé pour décrire la documentation de nos vies sur les réseaux sociaux : nous sommes à la fois des scribes qui racontons notre réalité, mais nous le faisons toujours avec la créativité d’un poète.

Donc, si « la photographie n’est pas uniquement lié au souvenir, mais aussi à la création, » alors l’essor des smartphones et des applications photos a démocratisé des outils qui permettent de créer des photos qui mettent l’accent sur l’art et plus seulement sur la vérité. Mais, une fois de plus, cette explication montre seulement pourquoi nous voulons manipuler les photos. Elle n’explique pas pourquoi un si grand nombre d’entre nous choisit si souvent de les manipuler pour leur donner un aspect retro ou vintage.

Lorsque nous prenons une photo, nous sommes à la fois poètes et scribes.

2e Partie : Saisir l’authenticité

Jusqu’à maintenant, j’ai décrit ce qu’est l’imitation vintage et j’ai noté qu’il s’agit d’une nouvelle tendance qui provient des smartphones et a proliféré sur les réseaux sociaux comme Facebook, Tumblr et autres. Mais la question importante demeure : pourquoi les fausses photographies vintage sont-elles si populaires ?

Ce que je veux soutenir c’est que l’essor des fausses photos vintage est une tentative de créer une sorte de « nostalgie pour le présent, » une tentative de rendre nos photos plus importantes et réelles. Nous voulons doter nos vies présentes des sentiments puissants liés à la nostalgie. Et, finalement, cela va bien plus loin que des photos imitation vintage ; la popularité momentanée des photos style-Hipstamatic souligne une tendance plus large de voir le présent de plus en plus comme un éventuel passé documenté. L’expression « nostalgie du présent » est empruntée au grand philosophe du post-modernisme, Frederic Jameson, qui affirme que « nous nous retirons de notre immersion dans l’ici et maintenant […] pour la matérialiser. »

Le terme « nostalgie » a été forgé il y a plus de 300 ans pour décrire une condition médicale de mal du pays sévère, voire parfois fatale. Alors qu’il était rattaché à un phénomène physique, il a mué à l’orée du 19e pour parler d’un phénomène psychologique. Il ne s’agit plus dès lors du simple manque d’un endroit mais aussi du manque d’une époque passée qu’on ne peut jamais revisiter, si ce n’est par les souvenirs. C’est le sujet favori de Marcel Proust : comment des stimuli sensoriels peuvent évoquer des sensations extraordinairement fortes et de vifs souvenirs du passé. Il s’agit précisément là du sentiment nostalgique que ces fausses photos vintage semblent invoquer.

La fausse matérialité : une réalité augmentée

Une des principales façons pour la photo numérique d’invoquer ce sentiment est de ne pas ressembler du tout à une photo numérique. Beaucoup, et particulièrement ceux qui utilisent les applications imitation vintage, connaissent la photographie sous sa forme numérique : prise sur un appareil numérique et conservée et partagée sur des albums numériques et sur des réseaux sociaux comme Facebook. Mais tout comme l’essor et la prolifération du MP3 s’accompagne du retour en grâce du vinyl, l’esthétisme du tirage papier est de plus en plus recherché. Sa matérialité, son poids, son odeur, l’interaction tactile, tout ça donne un sens au cliché qui manque encore au digital.

La façon la plus rapide de faire appel à la nostalgie pour un temps révolu avec la photographie est d’invoquer les propriétés du tirage papier en imitant les ravages du temps, en fanant les couleurs, en imitant le grain du film et ses écorchures, ainsi qu’en ajoutant la bordure typique du tirage papier ou du Polaroid. Cela suit la tendance de ce que j’ai appelé la « réalité augmentée » : le fait que le réel et le numérique s’envahissent mutuellement de plus en plus. Lorsque nous tentons de reproduire l’impression du papier sur nos photos numériques, nous tentons d’acheter le cachet et l’importance de la matérialité.

J’ai noté par le passé cette tendance à attacher une importance spéciale à la matérialité. J’ai commenté le biais qui pousse à considérer les livres imprimés comme plus « profonds » que le texte numérique. J’ai aussi critiqué ceux qui qualifient l’activisme en ligne d’« activisme assis » (« slacktivism ») et ceux qui voient la communication numérique comme naturellement superficielle. Pourquoi accordons-nous une importance spéciale au tirage papier ?

Peut être est-ce parce que le tirage papier était rare. Il fallait plus de temps et d’argent pour produire une photo avant l’apparition de la photographie numérique. C’est l’une des principales différences entre les atomes et les bits : les premiers sont limités, les seconds sont en abondance ; j’ai déjà écrit sur ce sujet. Le fait qu’une photo prise il y a longtemps a survécu lui donne une forme d’autorité que la même photo prise par un appareil photo numérique aujourd’hui n’a pas. Dans tous les cas, la quête de matérialité des fausses photos vintage n’est qu’une des raisons pour lesquelles elles sont devenues si populaires.

Nostalgie et Authenticité

Nous choisissons donc de créer et d’apprécier des photos faussement vintage parce qu’elles semblent plus authentiques et réelles. Nous n’en sommes pas nécessairement conscients lorsque nous choisissons le filtre, ou lorsque nous cliquons sur le bouton « j’aime » sur Facebook ou lorsque nous le rebloggons sur Tumblr. Nous associons l’idée d’authenticité avec les photos vintages parce qu’avant, les photo vintages étaient vraiment vintages. Elles ont résisté aux épreuves du temps, elles montrent un monde passé et, en tant que telles, elles ont gagné une importance.

Les gens sont assez conscients du pouvoir du vintage et du rétro comme vecteurs d’authenticité. Dans son livre « Naked City », Sharon Zukin décrit la récente gentrification des zones urbaines comme une quête d’authenticité. On retrouve chez ceux qui sont nés dans le monde plastique de l’Amérique des banlieues « Disneyifiées » et « MacDonaldisées », cette obsession culturelle de la décadence (comme avec le « decay porn ») et la quête d’une réalité authentique dans notre monde simulé [fr] (comme dirait Jean Baudrillard [fr]).

Les fausses photos vintages qui peuplent nos réseaux sociaux partagent une qualité avec le quartier de Brooklyn et sa poussière authentique : ils conjurent une authenticité dans une époque de simulation et de vaste prolifération des images numériques. De cette façon, les photos Hipstamatic vous placent vous et votre présent dans le contexte du passé, de l’authentique, de l’important et du réel.

Mais, bien entendu, contrairement aux friches urbaines ou à la rareté d’une antiquité hors de prix, l’aspect vintage des photos Hipstamatic ou Instagram est simulé. Nous savons tous que ces photos n’ont pas été vieillies par le temps mais par une application. Ces imitations ont conscience de leur propre imposture (peut être que cette prise de conscience est le « hipster » de Hipstamatic). Les fausses photos vintages sont pareilles à un « diner » [fr] des années 1950 reconstitué aujourd’hui. Elles sont comme le Disney Village ou les faux vieux taxis new-yorkais de l’hôtel-casino New York-New York de Las Vegas. Tous ces exemples sont des imitations qui tentent de rendre les gens nostalgiques d’une époque révolue. Comme dans la descriptions des simulations de Baudrillard, les photos Hisptamatic sont devenues plus vintage que le vintage lui-même ; elles exagèrent les qualités de ce qui fait le vintage et sont donc hyper-vintage.

La seule chose qu’une fausse photo vintage apporte, l’authenticité, est donc niée par le fait qu’il s’agit d’une imitation. Mais cela n’empêche pas ces photos d’évoquer des sentiments de nostalgie et d’authenticité car ce qui est référencé n’est pas « le vintage » mais plutôt « l’idée de vintage », pareille à l’imitation de « diner » ou au Disney Village ; tous ces exemples sont des versions très réalistes de quelque chose d’autre et tous sont capables de causer et d’exploiter des sentiments de nostalgie. Ainsi, être simplement conscient que l’authenticité achetée par Hipstamatic est simulée empêche la fausse photo vintage d’intégrer l’économie du réel et de l’authentique.

3e partie : La nostalgie du présent

L’essor de la fausse photo vintage montre un élément qui peut être appliqué aux médias sociaux en général : les utilisateurs de réseaux sociaux considèrent systématiquement le présent comme un potentiel document qui peut être consommé par d’autres. Facebook fait du présent un éternel « futur passé ». Que ce soit à travers les status de Twitter, les « check-ins » de Foursquare, les critiques de Yelp, ces photos Instagram, ou toutes les autres possibilités d’auto-documentation offertes par Facebook, nous voyons plus que jamais le monde à travers ce que j’appelle « une vision documentaire ».

La vision documentaire est un peu comme l’oeil du photographe qui après avoir pris de nombreuses photos commence à voir le monde toujours comme un potentiel cliché, même quand il ne porte pas son appareil. Cette habitude du photographe d’encadrer et de composer le monde comme une photo est devenue une métaphore pour ceux habitués à la documentation dans les médias sociaux. L’explosion des possibilités de documentation de nos vies, et l’audience promise par les réseaux sociaux, nous ont positionné dans l’optique de vivre notre quotidien avec l’impression constante qu’il sera perçu comme ayant déjà eu lieu. Nous en venons à percevoir ce que nous faisons toujours comme un potentiel document, envahissant le présent avec le passé, pour au final nous rendre nostalgiques de l’ici et maintenant. Il n’y a pas de meilleur exemple pour illustrer ce phénomène que les fausses photos vintage.

Celles-ci demandent à ceux qui les regardent d’oublier leur incrédulité quant à leur authenticité et à leur nostalgie simulée et de voir les clichés – et ce qu’ils montrent – comme étant authentiques et importants du moins par leur référence à « l’idée » du passé. Alors que techniquement toutes les photos, et même tous les documents, conjurent le passé, les fausses photos vintage servent à souligner et rendre d’autant plus clairs nos efforts pour orchestrer nos vies présentes comme un passé déjà synonyme de nostalgie.

La fausse photo vintage est consciente d’être un document. Les photos numériques que nous postons sur nos murs Facebook sont une documentation de notre existence, les fausses photos vintages sont cela et bien plus encore : elles sont aussi une référence à la documentation elle-même. Cette double nature devient une preuve supplémentaire de notre existence. L’essor de la fausse photo vintage et de son partage sur les réseaux sociaux est avant tout un geste existentiel qui s’est développé parce que conjurer le passé crée un sentiment de nostalgie et d’authenticité.

Mais l’ironie ultime est que ces outils, qui, comme tous les réseaux sociaux, aident à nous convaincre que nous sommes réels et authentiques, le font tout en nous empêchant dans une certaine mesure de vivre notre présent ici et maintenant. Pensez à un voyage que vous avez fait accompagné de votre appareil photo, et pensez au même voyage fait sans appareil. La plupart d’entre nous ont déjà voyagé avec et sans un appareil photo et savent que l’expérience est légèrement différente, voire pour certains radicalement différente.

Avec de si nombreuses possibilités de documentation (Facebook, Twitter, Instagram, Yelp, Foursquare, et d’autres), nous vivons toujours, à la fois littéralement et métaphoriquement, un appareil photo à la main. Quand nous découvrons un nouveau bar ou une excellente pizzeria, nous pensons à en faire la critique sur Yelp. Quand nous entendons une conversation amusante nous pensons à la twitter. Lorsque nous sortons avec des amis nous pensons à mettre à jour notre status sur Facebook. Et lorsque nous sommes à un concert nous pouvons être distraits par l’envie de prendre et de publier une photo de l’événement. La semaine dernière, alors que j’avais préparé un petit-déjeuner qui avait l’air particulièrement appétissant, mon premier réflexe a été d’en publier une photo, avant même d’y gouter.

Mon projet de thèse sera d’explorer ces points et de démontrer précisément comment cette nouvelle vision documentaire peut changer notre quotidien. Est-ce que savoir que nous allons nous « check-in » sur Foursquare dans le restaurant où nous allons manger peut changer notre choix de restaurant ? Notre documentation en ligne est-elle seulement le reflet de nos actions ? Ou peut-elle aussi en être la cause ? Pour prendre un cas extrême : j’ai un jour entendu une femme saoule dire dans le métro « le vrai monde c’est là où on prend des photos pour Facebook. » Elle était, je pense, la personne la plus intelligente du wagon.

Que vont devenir les fausses photos vintage ?

Pour conclure, laissez-moi revenir sur les fausses photos vintages en particulier. Je pense qu’elles pourraient n’être qu’un engouement passager. Les fausses photos vintages dévaluent et épuisent leur propre définition de l’authenticité, ce qui présage de leur disparition puisque l’authenticité est leur marque de fabrique et ce qui les a rendu populaires. Produire trop d’imitations du réel pourrait leur nuire et créer une inflation. Les fausses photos vintages ne pourront par exemple plus conjurer l’importance associée à la matérialité si l’aspect vintage devient plus associé aux smartphones qu’aux vieux clichés. La nouveauté s’éteint et la nostalgie disparaît.

Le pire pour Hipstamatic et Instagram est que ces applications ont tendance à homogénéiser tous les clichés qui finissent tous par se ressembler. Dans notre tentative de faire des photos originales et spéciales grâce à ces filtres vintages, nous nous tournons vers des photos qui se ressemblent toutes. Les photos Hipstamatic étaient novatrices et intéressantes, elles sont aujourd’hui à la mode. Bientôt (ou même déjà ?) elles sembleront surfaites et trop évidentes (surtout si les parents des usagers actuels se mettent à poster des fausses photos vintages eux aussi).

Pour être clair, les techniques photographiques comme la saturation, l’estompage ou autres ne sont pas essentiellement bonnes ou mauvaises (par exemple, j’aime beaucoup ces faux clichés vintages). Mais lorsqu’elles sont si souvent utilisées elles apparaissent moins comme un choix artistique et plus comme une tendance (ce que Baudrillard appelle « la logique de la mode »). Le destin ironique qui marque la fin de beaucoup de tendances qui exploitent la notion d’authenticité est que leur popularité tue ce qui les avaient rendues populaires.

L’inévitable déclin (mais pas nécessairement la disparition complète) des fausses photos vintages viendra lorsque nous estimerons ces clichés de plus en plus faux et démodés, niant par la même la sensation d’authenticité qui faisait leur succès. Juste une photo de plus d’une route ensoleillée, d’un bouton d’or ou de vos pieds ?

Traduction par Marie Telling

Illustrations : FlickR CC PaternitéPas d'utilisation commercialePas de modification par Βethan PaternitéPas d'utilisation commercialePas de modification par Alex Estrems, PaternitéPas d'utilisation commercialePartage selon les Conditions Initiales par exoskeletoncabaret PaternitéPartage selon les Conditions Initiales par ragesoss PaternitéPas d'utilisation commercialePartage selon les Conditions Initiales par exoskeletoncabaret PaternitéPas d'utilisation commercialePas de modification par nikrowell PaternitéPas d'utilisation commercialePartage selon les Conditions Initiales par exoskeletoncabaret

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  • Ristic Pierre le 30 juillet 2011 - 13:23 Signaler un abus - Permalink

    Excellent article que je G+ volontiers avec un seul regret: que ce soit une traduction. Il y a tant à dire sur ce concept de “fuglypix” (fuck’in ugly pictures… Un terme qui m’a été soufflé par Laurent B, un collègue de l’agence GAMMA, il y a près de 10 ans déjà). Ca me donne une bonne idée de billet ;)

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  • Santiago le 30 juillet 2011 - 13:24 Signaler un abus - Permalink

    Bel article de fond. Normal qu’il ne s’étende pas sur une plus large gamme d’applications, mais certaine proposent une expérience vintage meilleure que d’autres. Comme Lo-Mob pour iPhone par exemple.

    Merci !

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  • Raphaël le 30 juillet 2011 - 15:33 Signaler un abus - Permalink

    Réflexion très intéressante, on peut aller jusqu’à se demander dans quelle mesure cet engouement va évoluer dans les années à venir. Bien sûr, il semble logique que l’effet (car il n’est question ici que d’effet, d’artifice) va s’atténuer et perdre de son sens avec l’utilisation de masse, mais quelle sera la prochaine tendance ou pratique mimétique de la photographie vernaculaire ? Le phénomène continuera t-il à imiter un autre style plus récent reprenant par exemple les caractéristiques de la photographies des années 90s : premières images numériques, basse définition, compression jpg, gif… Ou bien au contraire, la tendance connaitra-t-elle une rupture en opposition avec l’imitation, à la recherche d’une vraie authenticité, acceptant les technologies actuelles et refusant l’homogénéisation par l’effet ?

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  • Raphaël le 30 juillet 2011 - 15:42 Signaler un abus - Permalink

    On peut aussi constater qu’une telle pratique revient à anéantir le document source, anciennement pellicule, plus récemment RAW ou document haute définition.
    Prendre une photo en lui appliquant directement un effet vintage ou autre, exclut radicalement tout possibilité de retravailler une version “neutre” et tirer une autre version de la prise de vue. L’artifice tueur de version ?

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  • loulou le 30 juillet 2011 - 17:10 Signaler un abus - Permalink

    Pour le coup, j’aimerai beaucoup lire la thèse complète dont il est fait mention dans le texte.

    Il est à noter que ce genre d’applications pour Smartphones encouragent aussi au retour vers la photographie argentique de certains utilisateurs, il en va de même pour la question de la musique avec le retour évoqué vers les vinyles mais également vers l’enregistrement analogique qui faisait autrefois la qualité d’écoutes “tant regrettée” par les générations précédentes.
    C’est un aspect beaucoup plus général de notre société recouvrant tout les domaines nous environnant. Voyez la recrudescence de films tournés en 8mm, montés sur tables de visionnage, la mode textile des motifs et coupes 60’s/70’s/80’s, les films de genre “à la OSS117″, l’écriture de lettres à la place d’e-mails (oui, oui), même la littérature et le langage urbain en sont marqués.

    J’ai tendance à croire que la prochaine évolution de ce retour nostalgique vers les succès du passé concernera les périodes glorieuses ayant constituées les origines d’une culture (et donc d’un état).
    Cette même nostalgie sera mêlée à, l’auteur évoquait la notion d’authenticité, une volonté d’apprendre les techniques initiales concernant les divers domaines d’intérêts étudiés, puisque c’est cette même connaissance initiale qui permet de donner à l’utilisateur la sensation de maitriser un domaine depuis sa base et donc d’en saisir l’entière authenticité. Tel un créateur ou découvreur, en somme, enorgueilli d’une touche de snobisme du type “moi je sais” ou “moi je peux”.

    En France, les première traces en sont la réutilisations d’éléments textiles Napoléonien dans la mode, chose ayant déjà prit une certaine importance depuis les deux/trois dernières années, le retour en force des métiers dit de tradition, et en voie de disparition.
    D’une certaine manière, même le milieu du marketing fonctionne sur ce domaine puisqu’il s’agit de réinventer en permanence ce qui a été créé bien avant.

    Beaucoup plus que de la nostalgie, il semble que ce soit une volonté de retrouver un ensemble de connaissance perdues, qui semblaient être détenues par les anciennes générations et oubliées depuis les dernières décennies.
    Comme si internet, ayant rassemblé l’ensemble ou presque des connaissances, avait développé ce sentiment d’inculture menant à observer les précédentes générations comme de grands savants de qui il faudrait se rapprocher. D’où ce sentiment de nostalgie…

    (Désolé pour ce roman, mais cet article et ce samedi pluvieux m’ont rendu prolifique)

    ++

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  • brr le 31 juillet 2011 - 0:53 Signaler un abus - Permalink

    Trois petites pensées du soir:

    - Il ne s’agit pas de fausses photos vintage, mais de vraies photos faussement vintage.
    - Toute photo est mensongère.
    - Que dire du bruit de vieux réflexe argentique d’un smartphone qui enregistre une image…

    Merci pour la traduction.

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  • PLA le 31 juillet 2011 - 12:13 Signaler un abus - Permalink

    Superbe analyse et démonstration qui intéressera forcément les personnes férues de photographie…..

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  • jayson le 1 août 2011 - 2:28 Signaler un abus - Permalink

    Pourquoi toujours vouloir intellectualiser ce qui n’a pas intérêt à l’être ? Les photos vintage apparaissent au même moment que le boom du cinéma filmé à la façon des années 50 à 70. Hasard ? Je ne pense pas. David Fincher avec Zodiac en 2007 a été l’un des premiers à filmer façon vintage, sur des couleurs volontairement jaunies, des focus un peu hasardeux, quelques imperfections dans l’image… et beaucoup d’autres réalisateurs ont suivi derrière. Sur le grand comme le petit écran d’ailleurs, la série Mad Men en est un bel exemple.
    Les photos vintage issues d’applications telles qu’Hispamatic sont le simple prolongement de cette mode. Et forcément, quand les gens n’ont pas à se forcer les méninges à bricoler 2 ou 3 réglages sur photoshop puisqu’une application fait tout à leur place, la mode prend plus facilement.
    Sans oublier également qu’avant la mode du vintage, on a eu le droit à la mode du noir&blanc et du sepia.
    Pas la peine d’écrire des “essais” de plus de 20 000 caractères (encore moins de les traduire) pour se rendre compte que la mode du vintage est partout : musique, mode vestimentaire, cinéma, photographie, séries…
    J’attends avec impatience un prochain essai sur le titre du film Super 8.
    Et je suis un peu déçu que le côté “paradoxal” de notre consommation n’est pas été abordé. On achète des écrans LED HD 3D pour au final regarder des longs métrages filmés façon rétro et on attend le prochain Iphone 5 doté d’un super écran retina pour au final shooter avec Hipstamatic…

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  • bsides le 1 août 2011 - 9:37 Signaler un abus - Permalink

    Très bonne analyse. On pourrait ajouter que cette mode fais suite à la mode identique dans le monde argentique avec l’utilisation des Holga, Diana et autre Lubitel qui produisent réellement ses effets par leur mauvaise qualité de fabrication, et opèrent aussi dans “la nostalgie du présent”. voir :
    http://www.lomography.com/

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  • Orioto le 1 août 2011 - 15:21 Signaler un abus - Permalink

    Article très intéressant.

    Jayson, Zodiac n’est Absolument pas l’un des premiers films à vieillir son image, et il ne le fait même pas tant que ça d’ailleurs…
    Ceci dit, en effet, c’est une mode esthétique, qui a existé depuis longtemps. Cela ne veut pas dire qu’il ne faille pas théoriser dessus, ni qu’elle n’ait une signification nouvelle, justement de part sa généralisation dans les masses.

    A vrai dire, en terme de photographie, le courant Pictorialiste de Stieglietz cherchait déjà, au tout début du 20eme siècle, à réutiliser les défauts de la photo primitive pour en faire une esthétique. Toute l’approche de ce courant était de refuser la modernisation et la démocratisation de la photographie, à fin d’éviter qu’elle ne se transforme en bête capture de la réalité. L’anachronisme, mais surtout le refus de l’aspect analytique, présent, de la photo lui procurait une distance subjective, la rapprochant plus de la peinture.
    Je connais bien le problème car c’est exactement ce que je fais, floutant légèrement mes photos, puis les affinant après (ce qui est complètement débiel quand on y pense) pour retrouver un type définition qui n’est même pas celui des photos des années 50, mais plutôt des scans que l’on a de ces photos, car c’est la perception de ce média qui m’intéresse et l’anachronisme qu’il suggère.
    Il faut en effet voir la dedans la volonté de couper la photo de sa nature présente. Je vais jusqu’à favoriser les sujets intemporels, les décors dépourvus de marques industrielles… C’est à la fois assez malsain quelque part et très intéressant. C’est une sorte d’art fantôme, qui cherche dans le Paris de 2011 l’imagerie et l’ambiance des années 30-50, que je n’ai même pas connu…
    Mais c’est avant tout un choix esthétique et culturel, et c’est l’imitation de références passées à travers une époque qui ne leur correspond plus qui donne aussi quelque chose de nouveau et d’intéressant. On peut d’ailleurs aussi bien trouver des peintres qui conservaient un style très 17eme au 18eme, et même au 19eme. C’est aussi l’idée qu’une esthétique n’est pas que l’otage d’une époque mais peut survivre au progrès et ne pas disparaitre par automatisme, d’une sorte de sélection naturelle…

    Orioto – Mikaël Aguirre

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  • charleslp le 1 août 2011 - 18:52 Signaler un abus - Permalink

    Une tendance, bien sûr, et puis… une façon de donner un intérêt à des photos qui n’en ont pas toujours, parfois.

    Certains consomment, d’autres continuent de chercher des idées : http://mocoloco.com/art/archives/011945.php
    Un prochain filtre instagram ?

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  • jayson le 1 août 2011 - 19:49 Signaler un abus - Permalink

    Zodiac ne vieillit pas son image ? Faut pas le regarder avec des lunettes 3D hein… sinon, quels étaient les premiers longs métrages filmés façon vintage ? S’instruire ne fait jamais de mal…

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  • Orioto le 1 août 2011 - 21:01 Signaler un abus - Permalink

    Jayson :
    Disons que Zodiac est surtout tourné en HD 4K et a une image super clean. C’est pas parcequ’il a un étalonnage un peu “époque” qu’il vieilli son image. Il a au contraire une image très moderne.

    Y a par contre pleins de films qui sont réellement tournés avec des formats anciens, ou des supports anciens, le 16mm etc… Easy Rider par exemple dans les années 70! Je manque d’exemple là mais le concept “retro” est vieux comme le cinéma je pense.

    On pourrait d’ailleurs considérer que Chaplin l’utilisait en restant de nombreuses années au muet malgré l’apparition du parlant.

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  • jayson le 2 août 2011 - 10:57 Signaler un abus - Permalink

    Oui enfin là tu me parles d’un film des années 70… je parlais d’une tendance actuelle à filmer d’une façon vintage, sûrement pas d’un point de vue technique (ce qui serait à mon avis un peu snob et sans interet) mais au niveau du style, des couleurs… tu me feras quand même pas croire qu’un film comme Zodiac, Revolutionary Road ou Single Man est filmé comme The Hangover ou Camping 2. Je parle juste “d’ambiance”, sans rentrer sur les côtés techniques de réalisation, ce dont je serai incapable de parler.
    Et pour le coup, les applications de fausses photos vintage tournent sur des gros iphone/blackberry donc le procédé est le même.

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  • EricF le 2 août 2011 - 16:40 Signaler un abus - Permalink

    Je reconnais à cette analyse la possibilité de toucher une certaine vérité. Mais je crois aussi que les choses peuvent être vu de manière beaucoup plus simple.

    Pour commencer, l’usage dont vous faites mention est réservé à une portion assez (voir très faible) de la population. Globalement, les branchés, connectés, à l’affût de la dernière application pour leur smartphone (vitesse).

    Ensuite, intéressons nous à la production d’une photo argentique : l’achat d’une pellicule dans un petit magasin (le vendeur qu’on connait bien), la mise en place de cette pellicule dans l’appareil (à faire délicatement), la prise ensuite des photos (pas d’effacement possible), le fait de ne pas savoir si la photo sera bien (il faut attendre), le développement qui prend un certain temps dans le magasin ou tout le travail manuel nécessaire si on le fait soi-même.

    Et maintenant, la même chose pour un smartphone, deux trois clics et la photo est prise visible instantanément sous le contact froid de boutons plastifiés. Une seconde après, tous nos amis ont déjà vu la photo. Le plaisir est terminé après un like ou deux qu’on apprécie de constater (je grossis un peu le trait)

    Bon vous voyez ou je veux en venir, la nostalgie dont il est question est simplement celle du passé ou les choses prenaient du temps. Cette instantanéité révèle bien que 1000 photos prisent avec un smartphone donne moins de plaisirs et de joies qu’une seule gardée précieusement au final dans un album photo papier avec une belle reliure (encore de la matière).

    Je pense sérieusement que tout ces gens cherchent simplement à retrouver ce qu’ils avaient connu plus jeune, les photos que leur parents leur montrent…

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  • Micka FRENCH le 4 août 2011 - 17:02 Signaler un abus - Permalink

    Des nouvelles de l’Ecossaise, ex-professeur, photographe et amateur (sans E) de Porn ART, une fois encore dépassée par la pensée unique…

    Je voudrais dire tout le mal que je pense de cet “article”.

    Hélas…..

    Je vais faire court pour des raisons personnelles mais je répondrai à toutes les contradictions au coup pour coup, selon mon emploi du temps très chargé au bord de ma piscine…

    Un premier truc simple : faire des photos ne se fait pas en fonction des Iphones et autres âneries.
    Présenter une thèse sur ce thème est un non-sens…

    C’est une expérience, un truc “exp”. J’ai utilisé des Nikon F Photomic avec des filtres Kokin, des Polaroïd, des Lomo et tant d’autres machins bizarres.

    Aujourd’hui, tous les filtres “3bf” sont gratuits sur Internet et permettent dans “XnView”, gratuit lui aussi, toutes les recherches possibles en fonction uniquement (contrairement à ce texte) de la sensiblilité que l’on ressent de son sujet.

    Aucune notion de mode à l’horizon….

    Les amateurs de mes photos savent de quoi je parle, privilégiant souvet le BW ou le sépia.

    Micka FRENCH sur le Web depuis 1995 et pas que pour dire du bien de ses cons-temporains…

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  • scaalpaa le 4 août 2011 - 18:34 Signaler un abus - Permalink

    Depuis quelques semaines je découvre les réseaux sociaux; quand je suis tombé sur Instramgram je me suis effectivement posé la question de savoir pourquoi toutes les photos sur ce site étaient ratées, puis j’ai compris que c’était fait exprès. J’avoue que l’explication par l’authenticité et le réalisme ne me convainc pas du tout. Celle de l’effet de mode, beaucoup plus. J’y ajouterais qu’il fallait que ces sites sociaux centrés sur l’image se démarquent sans doute de leurs concurrents existants. Ces options automatiques de retouche, de flou, de saturation dégueulasses y ont donc contribué. Par ailleurs si mon aversion, toute personnelle, au format carré n’est pas un argument valable, je pense que l’âge moyen des posteurs de photos ratées sur Instragram doit beaucoup jouer : n’ayant pas connu les années 70, ils les idéalisent.

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  • Bellagio le 5 août 2011 - 1:32 Signaler un abus - Permalink

    Cela sert aussi à remettre une limite entre l’image et sa réalité, qui tend à disparaitre avec la haute définition, la 3D et cette recherche de l’hyperréalisme. Je pense que notre rapport à l’image ne suit pas le rythme, très soutenue, des avancées technologiques. Il y a dans tous cela peut être une certaine peur du “futur”.

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  • Albert le 5 août 2011 - 12:12 Signaler un abus - Permalink

    L’ effet de mode est évident.
    Le polaroïd revient aussi à la mode.
    La génération des 30/40 ans arrive au “pouvoir” et influence la culture actuelle avec ses codes/souvenirs hérités des années 70/80. Le phénomène est classique.
    Rendez-vous dans 5 ou 10 ans, on passera à autre chose.

    Maintenant, c’est donner beaucoup d’importance et de profondeur à un simple phénomène esthétique dont la limite sera l’apparition d’une nouvelle application ludique et gratuite sur le web.
    Car si ce n’était pas aussi simple et surtout sans frais de faire du “vrai-faux-vintage”, je ne suis franchement pas sur que cela aurait autant de succès.

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  • JB le 5 août 2011 - 18:04 Signaler un abus - Permalink

    Bravo pour la traduction

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  • Mr P le 6 août 2011 - 14:02 Signaler un abus - Permalink

    Un point qui n’est pas analysé dans l’article : la plupart des photos vintage sont de format carré. Ça change beaucoup le rapport au cadre. Ça oblige en général à restreindre le nombre d’éléments (donc ça opère un tri naurel d’éléments perturbateurs) et à se rapprocher du sujet. Apres on peut le voir de façon positive (ça pousse à faire des vraies photos) ou négative (on prend n’importe quoi et ça dnone à peu près quelque chose).
    Mais le numérique questionne le format photo (qui était lié en partie a la pellicule).

    Le 2e point qui me vient à l’esprit c’est le type de vintage. Tout est possible mais j’ai le sentiment qu’on voit plus de référence à une esthétique vintage des 30 glorieuses qu’un retour au daguereotype ou à Nadar, par exemple. Autrement dit cela s’inscrirait dans le vintage du type de celui qu’on retrouve le plus souvent dans les boutiques de déco 50’s 60’s 70’s.

    On pourrait aussi s’interroger sur le fait de savoir si ce n’est pas dans le fond une esthétique pop qui s’impose avec ces photos saturées. Le raccourci vers Warhol est évidemment tout trouvé, ce qui au final nous amènerait à mettre dans le même sac les photos vintage postées sur Facebook et le décor de Secret Story autres télé réalités de TF1

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  • Rubberg le 8 août 2011 - 12:03 Signaler un abus - Permalink

    Très bon article effectivement, même si comme le souligne Mr P, il est moins pour moi je pense ici affaire de nostalgie ou d’art, que d’artifice de mise en scène d’egos boostés par les réseaux sociaux numériques.
    Avec Facebook, beaucoup courent après leur quart d’heure de gloire, se voyant comme des artistes faisant de leur propre vie une oeuvre artistique, du moins esthétique.
    Ces applications permettent à moindres coûts (financier, matériel, savoir-faire technique, temps) de donner le change.
    Chacun tend à se comporter comme son propre agent, son propre directeur artistique. A marketer sa propre existence.

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  • FREDDY LOMBARD le 16 août 2011 - 11:25 Signaler un abus - Permalink

    Je me permets quelques remarques sur cet article :
    1/ “[i]plus besoin de photoshop ou des ravages du temps pour poster une photo bien vieillie[/i]” : j’aurais plutôt parler de la patine du temps et des ravages de Photoshop… :?
    2/ “[i]l’appareil photo du smartphone fait partie d’un puissant écosystème de logiciels informatiques[/i]” : je ne trouve pas que l’appellation “écosystème” soit judicieuse en ce qui concerne des logiciels…
    3/ “[i](…) photos manipulées numériquement spécifiquement pour paraître vintage. Pourquoi sommes-nous si nombreux à préférer prendre, partager et regarder des photos faussement vieillies ?[/i]” Je crois que nous sommes simplement nombreux à regarder des photos vieillies, pas seulement “faussement”.
    4/ En 2ème partie d’exposé, “[i]l’essor des fausses photos vintage est une tentative de créer une sorte de nostalgie pour le présent[/i]” : la “nostalgie pour le présent” est à la base de la photo “souvenir”. Les premiers daguerréotypes de bourgeois dans les années 1850 puis la démocratisation de la photo familiale au début du XXe siècle procèdent exactement de ce ressort.
    5/ Sur la “fausse matérialité” du numérique, je pense que nous sommes tous d’accord ici…
    6/ Quant à la “nostalgie du présent”, c’est un sentiment universel, peut-être renforcé par le besoin d’immédiateté (créé de toutes pièces par le marketing) de la société actuelle.
    Donc bon article, intéressant, mais qui pourrait s’appliquer à la photo en général, de mon point de vue…

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  • Anaïs le 19 août 2011 - 0:49 Signaler un abus - Permalink

    Excellent article ! Je l’ai déjà partagé sur G+, facebook & twitter !

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  • Rod le 20 août 2011 - 16:28 Signaler un abus - Permalink

    peut etre qu’aussi, le pecum moyen qui a un smartphone a entre 25 et 35 ans, et qu’il a vécu un jour ou l’autre dans sa jeunesse une expérience réalisée à partir de photos faites au film et/ou au polaroid (mon cas, mais pas difficile à transposer à toute cette tranche) … ce qui expliquerait pourquoi, grace à des outils modernes, performants et peu couteux, il peut reproduire quasi à la perfection ce que la “photo d’avant” a pu lui laisser comme marque.

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  • Nicolaï Lo Russo le 31 août 2011 - 16:04 Signaler un abus - Permalink

    Merci pour la traduction. Le sujet est intéressant, en revanche son traitement par l’auteur (thésard?) un brin longuet et délayé dans moultes répétitions.

    Je vois simplement deux raisons à l’engouement actuel pour ce genre d’images (sans compter celle où l’amateur peut “faire l’artiste” à peu de frais) :

    Primo, l’épuisement des sujets après plus de 150 ans de photographie. On a à peu près tout photographié. Une question se pose dès lors : Comment innover pour ne pas avoir un sentiment de “déjà vu” ? (sachant que le vulgum pecus ne dispose pas d’un budget hollywoodien pour shooter une série d’images – et quand bien même, c’est pas évident d’innover, d’étonner…). Alors les filtres sont là, en un clic je te bouleverse ma photo, je t’envoie dans la quatrième dimension…

    Deuxio, l’ennui du quotidien, la réalité trop réelle, les années fatigantes de “photographie documentaire” (allemande pour la plupart) où il fallait coller au plus près du réel, etc. Outre le côté lisse, exempt de défauts, que revêt l’image numérique. On a envie de prendre de la distance, de CREER (artificiellement) une distance avec cette sorte de morosité, de crudité et d’évidence. C’est là qu’Hipsamatic et consorts débarquent avec leur filtres instantanés, pratiques à utiliser, et pleins d’options ludiques. On va pouvoir rendre compte de “cet instant qui fut” (pour reprendre la jolie expression de Jean Loup Sieff). Mettre, oui, une distance, je dirai une épaisseur. C’est cette épaisseur, cette densité, la valeur ajoutée – fut-elle artificielle. (avec évidemment tout le cortège (pseudo)analogique qui va avec : papiers, émulsions, grain, etc.)

    La bonne question c’est, en effet, “Mais alors après ?”

    Sachant que le présent nous ennuie, et que donc on revisite le passé (on en tire des émotions liées à la nostalgie), quid de la suite ? C’est vrai que c’est difficile de revisiter le Futur… J’ai bien peur qu’après ça, on ait fait vraiment le tour. Faudra aller faire des photos sur Mars.

    Ou dessiner.

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  • mARLO le 4 septembre 2011 - 14:18 Signaler un abus - Permalink

    Ma copine est accroc a ses filtres, je lui ai fait remarquée le phénomène de mode, elle m’a dit que pour sa part ses photos étaient différentes et qu’elle essayait de parler d’un monde imaginaire et onirique en augmentant la saturation.

    Je pense que pour la majorité, c’est un phénomène de mode qui fut relayé aussi par le filtre de films, mais que beaucoup il y a la aussi une échappatoire de la réalité ou une subversion. On voit bien que le filtre altère la réalité nous laissant accéder à un monde surréèl, irréèl, onirique…
    Mais après tout chacun voit sa réalité et quoi de mieux pour retranscrire l’émotion de l’instant passé qu’un petit filtre idoine:
    “Là j’étais en extase, là ce fut plutôt un moment de blues, ou encore, les couleurs de se pays m’ont subjugué mais comme elle ont l’air banale à première vue voici la vision que j’en avais…”

    Je suis d’accord son usage tue l’idée d’usage. Je ne vois pas la mort du filtre dans un futur proche!!! Au vue de tout les magazine, pubs, etc aux images trafiquées, le filtre fait partie intégrante du modèle populaire.
    Alors donc la question est:
    Qu’elle sera le prochain créneau de filtre à la mode???

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  • Stéphane Vial le 4 février 2012 - 22:58 Signaler un abus - Permalink

    Très bon article, très intéressant, très dans l’air du temps des pratiques. Toutefois, pourquoi céder à la tentation de Jean Baudrillard ? Pourquoi voir dans le phénomène du réel simulé ou de l’inauthentique ? Vous semblez tendre dans cette direction, très platonicienne.

    Or, c’est tout le contraire qui se passe : nous assistons grâce à Instagram à l’augmentation et l’enchantement du réel. On se fiche pas mal que ce soient des “faux” vintages ou des “simulations”. La valeur de ces images n’est pas leur VÉRITÉ mais leur BEAUTÉ. Elles sont le fruit d’une “artialisation” (Alain Roger) du monde. Nietzsche l’avait dénoncé en son temps : nous sommes obnubilés en Occident par la valeur de vérité. “Nous avons besoin des illusions de l’art”, disait-il au contarire.

    On se fiche pas mal qu’elles soient fausses, ces photos. D’un certain point de vue, je les trouve même beaucoup plus vraies que les vraies car elle portent l’authenticité de nos sentiments. Helmut Newton, grand photographe s’il en est, disait : “Le plus beau des gazons est en plastique”. La plus belle des photos est celle qui est le moins réaliste. D’ailleurs les photos argentiques d’autrefois sont elles-mêmes des imitations de la réalité, pourquoi en faire l’étalon d’une vérité qui, de toutes façons, n’existe pas ? Instagram, c’est l’enchantement du réel dans lequel nous projetons la force de nos émotions. C’est au contraire, grâce à l’artialisation photographique, l’âge de l’authenticité vécue et existentielle.

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  • Simon le 12 avril 2012 - 20:21 Signaler un abus - Permalink

    ” What do these apps do?” a été mal traduit par “Pourquoi faire ces applications maintenant” (cinquième paragraphe)

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  • saru le 13 avril 2012 - 10:53 Signaler un abus - Permalink

    ou simplement, nos vies actuelles sont tellement vide de sens, de sensations, de valeurs, que nous préférons vivre dans le fantasme de la vie qu’on aimerait vivre, celle de notre vitrine sur facebook ?

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  • Laforge Marie le 17 avril 2012 - 10:49 Signaler un abus - Permalink

    Excellent article ! Il rejoint sur plusieurs points les pistes de réflexion que j’avais proposées il y a quelques jours dans mon article Nostalgeek Instagram : http://marielaforge.wordpress.com/2012/04/12/instagram-nostalgeek-nostalgeek-instagram/

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  • Smithd2 le 17 avril 2014 - 13:13 Signaler un abus - Permalink

    I was very pleased to discover this website. I wanted to thank you for your time for this fantastic read!! cafgkfacdd

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