[ITW] « Internet, c’est la démocratie directe »

Le 23 août 2011

Wikileaks a provoqué un séisme dans le monde de l'information. Marqué un tournant. Celui de l'ouverture d'une guerre civile numérique. Paul Jorion explique pourquoi les gouvernements l'ont déjà perdue face à Internet et aux nouvelles formes de mobilisation.

Paul Jorion est anthropologue et blogueur sur les questions économiques et financières. En 2005, il avait été un des premiers à prévoir la crise des subprimes et la récession qui allait en résulter. Aujourd’hui, dans son nouvel ouvrage, La guerre civile numérique, paru chez Textuel, il revient sur l’épisode Wikileaks et les réactions politiques qui l’ont accompagnées. Il dépeint une situation d’extrême tension, une situation qu’il qualifie de «pré-révolutionnaire ».

Quel a été l’évènement déclencheur qui vous a poussé à écrire La guerre civile numérique ?

L’évènement déclencheur a été le refus de Paypal et Mastercard de transmettre à Wikileaks les donations qui lui avaient été faites. Du point de vue des règles du commerce, c’est incroyable. C’est une chose qui ne se fait pas, c’est tout simplement interdit par la loi. Là, il s’agissait clairement d’une interférence des pouvoirs publics, d’une décision du gouvernement américain pour sanctionner Wikileaks. Avec cet événement, on est sorti du cadre démocratique. C’est un événement très grave, vraiment très grave. Pour moi, cela équivalait à une déclaration de guerre.

Ce terme de « guerre civile numérique » est très fort, vous pensez vraiment qu’il s’agit là d’une guerre ?

Mon éditeur voulait intituler le livre « l’insurrection numérique ». Je n’étais pas d’accord car ce n’est pas d’une insurrection qu’il s’agit, ce n’est pas un mouvement qui vient d’en bas et qui s’élève contre les pouvoirs en place. C’est l’inverse, c’est une déclaration de guerre qui vient d’en haut, du gouvernement américain, contre un mouvement citoyen, en l’occurrence Wikileaks. C’est très surprenant car Barack Obama s’était engagé pendant sa campagne à renforcer les droits et la protection des sites whistleblowers – lanceurs d’alerte – et là il a fait tout le contraire en leur déclarant littéralement la guerre.

Ce qui est apparu par la suite comme une évidence, c’est la collusion profonde entre le gouvernement américain et les entreprises privées, pour faire la guerre à Wikileaks mais aussi à des journalistes et des éditorialistes qui défendaient le site de Julian Assange. On a ensuite aussi découvert que le gouvernement américain faisait appel à des officines privées de sécurité pour enquêter sur les Anonymous, ces activistes qui ont pris la défense de Wikileaks. Les Anonymous ont d’ailleurs infiltré une de ces sociétés, HBGary, et révélé ses liens avec le gouvernement américain.

Je le répète, il ne s’agit pas d’une insurrection, il s’agit de mesures anti-démocratiques prises par un gouvernement. Une guerre civile s’est ouverte et les gouvernements l’ont déjà perdue… C’est une évidence pour moi.

Comment comprenez-vous la réaction du gouvernement américain et des pouvoirs politiques dans le monde, face à Internet et aux nouvelles formes de mobilisation qui y naissent ?

Le gouvernement américain s’était déclaré favorable aux sites whistleblowers [lanceurs d'alerte]. Seulement quand c’est chez le voisin ça va, quand c’est chez soi c’est plus problématique. J’ai été invité sur la plateau de l’émission Ce soir ou jamais de Frédéric Taddéi. Hubert Védrine était là et expliquait que les gouvernements ne pouvaient fonctionner sur le mode de la transparence totale, qu’il fallait un niveau d’intervention officiel et un niveau officieux. En fait, les gouvernements n’arrivent pas à s’accommoder de la transparence. La démocratie n’est finalement qu’un discours de façade, une image.

Vous dites que les Etats-Unis ont déclaré une guerre et ont perdu la première bataille, expliquez-nous ça.

Avec les Anonymous – qui se sont attaqués aux sites de Visa, Mastercard, Paypal et Amazon, qui cessa d’héberger Wikileaks sur ses serveurs [NDLR] – on a vu apparaître une nouvelle forme de résistance. Le principe même de cette nouvelle forme d’activisme repose sur des individus isolés, des citoyens qui se mobilisent ponctuellement sur une action, de type action directe, comme le fait par exemple de bloquer un site web. La plupart du temps ces gens ne se connaissent pas. C’est un système finalement très cloisonné.

Le patron de la société de sécurité privée HBGary, Aaron Barr, avait annoncé : « On a trouvé les chefs des Anonymous ! On va les avoir, on les connaît ». En fait, c’est faux, personne ne sait qui compose ce mouvement et il n’y a certainement pas de chef. Les Anonymous, c’est un mouvement éclaté. Dès lors, il est difficile de gagner une guerre contre un mouvement aussi volatile. On peut arrêter quelqu’un qui a participé à une action mais dans le même temps de nouvelles personnes, dans des pays différents, peuvent se mobiliser et conduire d’autres actions du même type.

L’organisation d’Internet se prête parfaitement à cette nouvelle forme de résistance contre l’arbitraire des pouvoirs traditionnels. Pour ces pouvoirs, c’est incontestablement une guerre perdue d’avance. Ils pourront faire tous les Hadopi et autres mesures de contrôle qu’ils veulent, ils ne gagneront pas…

Vous évoquez les Anonymous, que représente ce mouvement ?

Moi ils me font penser aux nihilistes russes du 19e siècle. Ce sont des jeunes aux idées généreuses qui ont un goût pour l’action directe. Leur moteur c’est l’indignation, le rejet de décisions qu’ils considèrent comme injustes.

Pensez-vous qu’Internet porte en lui les germes d’une démocratie plus directe ?

Internet, c’est la démocratie directe. Il n’y a pas de hiérarchie et tout le monde peut s’y exprimer.

Cette guerre civile numérique que vous évoquez est-elle intimement liée aux tentatives de régulation d’Internet par les pouvoirs publics ?

Oui, je pense qu’à un certain niveau il y a là aussi une confusion des genres, qui n’existait pas avant, entre décideurs politiques et milieu des affaires. La régulation d’Internet de toute façon ne marchera pas. Déjà, le temps des lois n’est pas celui d’Internet. Une loi est votée et aussitôt elle est obsolète. L’idée de vouloir empêcher l’apparition d’une culture de la gratuité est par exemple totalement vaine. De fait, aujourd’hui, on télécharge sa musique gratuitement.

Au niveau du fonctionnement économique d’Internet, il y a deux éléments essentiels pour moi : la gratuité et la donation. Si quelqu’un apprécie ce que vous lui apportez gratuitement – je pense par exemple aux articles que je publie sur mon blog – il vous fait un cadeau, sous forme de don. Et chacun met ce qu’il veut. C’est l’avenir économique d’Internet, ce que les Anglais appellent le «crowdfunding ».

Je reviens sur l’idée de guerre civile numérique, vous dites dans votre livre « deux parties de la population sont en train de se dresser l’une contre l’autre », quels sont ces deux groupes qui s’opposent ?

Je pense que cela renvoie à deux types sociologiques. D’une côté, il y a une partie de la population qui est plutôt libertaire et une autre qui est effrayée par les perspectives qu’ouvre Internet. C’est un schéma somme toute assez classique, il y a toujours eu, au cours de l’histoire, des personnes tournées vers le futur, l’innovation, et d’autres qui au contraire avaient peur du changement. Ces derniers, les conservateurs, ont du mal à improviser face à la nouveauté. C’est la situation que nous vivons aujourd’hui. On a globalement les promoteurs d’un nouveau monde d’un côté et les défenseurs d’un ancien de l’autre…

Cette situation provoque toujours des tensions. Prenons un exemple historique. Lorsque le protestantisme est apparu en Europe, les gens qui étaient intéressés par les livres, par la nouveauté se sont tournés vers cette religion. C’est un bon exemple car dans ce cas-là cela a produit une guerre civile.

Tissez-vous des liens entre le cas de Wikileaks, des Anonymous et les printemps arabes ou, plus près de nous, un mouvement tel que celui des « Indignados » en Espagne ?

Oui, je pense qu’on assiste globalement à la naissance d’une contre-culture et Internet en fournit la structure, l’organisation.

Jusqu’où peut aller la guerre civile dont vous parlez ?

Je pense qu’il y pourrait y avoir des épisodes de guerre généralisée… Les pouvoirs nationaux ne pourront rien faire selon moi contre la résistance sur Internet. On aura beau prendre des mesures dans un pays, il sera toujours possible de les contourner en passant par un autre.


Illustrations Flickr CC PaternitéPartage selon les Conditions Initiales gaelx Paternité the cardinal de la ville, Wau Holland Foundation, Abode of Chaos

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  • J.Revers le 23 août 2011 - 9:30 Signaler un abus - Permalink

    Super article, merci pour le partage :)

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  • mangouste le 23 août 2011 - 9:43 Signaler un abus - Permalink

    De mon point de vue, les gouvernements ont tout de suite utilise des techniques de bombardement massifs contre une guerilla en train de se mettre en place.

    De plus, il faut rappeler, rappeler sans cesse que les anonymous sont nes d’une confrontation contre la scientologie. Une organisation (ce n’es pas une eglise …) reconnue pour ses techniques extremes de poursuite de ses opposants. Elle n’a jamais pu les faire taire.

    Je met ce mouvement en parallele avec la guerre du vietnam americaine. Les Kmers rouges ont fait leurs dents contre la legion etrangere francaise. Ils sont devenus tres doues a ce jeu, au point de les obliger de construire des forts dans la jungle, pour ne jamais en sortir. Alors quand l’armee americaine est arrivee, ils se sont amuses.

    G.

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  • Yann Riché le 23 août 2011 - 9:49 Signaler un abus - Permalink

    Je mettrais un bémol concernant les tendances démocrates des anonymous par le simple fait qu’ils demeurent anonymous ce qui va à l’encontre même de la transparence démocratique, on retrouve là, finalement, le discours d’Hubert Védrine entre l’officiel et l’officieux.

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  • Salva le 23 août 2011 - 10:18 Signaler un abus - Permalink

    Ayant été censuré plusieurs fois sur son blog, qui reste intéressant, pour avoir prêché le protectionnisme et le souverainisme, je peux vous dire que ce monsieur n’est pas très démocratique.

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  • YMB le 23 août 2011 - 10:26 Signaler un abus - Permalink

    C’est marrant, le lien qui part de “La guerre civile numérique” est un lien vers Amazon :)

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  • T-Bone Slim le 23 août 2011 - 13:09 Signaler un abus - Permalink

    Jorion ne parle que d’une réaction des États et des pouvoirs organisés contre la manifestation d’une puissance alternative, pas d’une confrontation entre mêmes membres d’une communauté.

    Les mouvements sociaux n’ont pas attendu Internet pour se manifester, et les effets réels d’Internet sur le politique restent à démontrer : saut quantitatif, saut qualitatif ?

    Une démocratie directe qui ne décide de rien et ne change rien, je me demande bien à quoi ça sert. En ce sens, l’insurrection et la guérilla numériques peuvent ne pas peser bien lourd contre la réaction numérique.

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  • Worti le 23 août 2011 - 13:37 Signaler un abus - Permalink

    Yann Riché le 23 août 2011
    “Je mettrais un bémol concernant les tendances démocrates des anonymous par le simple fait qu’ils demeurent anonymous ce qui va à l’encontre même de la transparence démocratique, on retrouve là, finalement, le discours d’Hubert Védrine entre l’officiel et l’officieux.”

    Parce que t’es incapable d’imaginer la démocratie directe, et que pour toi la démocratie ça reste “élire des gens qui font les choses à ta place”. Ce qui n’est pas une démocratie.

    De plus, les anonymous c’est plus une “do-ocracy”: des gens on envie de se charger d’une tâche, ils s’en chargent et en sont responsables. Point. Pas d’élection, pas de mandat impératif.

    Sinon, très bon article. J’espère juste que le moment venu tout ceux qui se sentent concernés seront là à l’heure pour reprendre leur vie en main.

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  • Yann Riché le 23 août 2011 - 13:59 Signaler un abus - Permalink

    @worti

    1- L’anonymat est par essence anti-démocratique puisque la démocratie c’est la responsabilité et qui dit responsabilité dit identité.

    2-La démocratie directe est illusoire, elle correspond à la démocratie d’opinion et est donc volatile. Elle ne peut pas donner d’orientation politique. Rappel la politique c’est le fonctionnement de la société. Pour que la société fonctionne, pour organiser un réferendum il faut des représentants, on ne peut pas laisser cela à une machine ou à des anonymes…

    A+

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  • verite le 23 août 2011 - 15:08 Signaler un abus - Permalink

    Avez-vous remarqué que c’est le matraquage Facebook et son succès actuel qui ont démoli le web indépendant qui commençait à prendre le dessus sur le web marchand ? D’ailleurs les premiers bataillons Facebook sont des gros et petits marchands…

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  • verithon le 23 août 2011 - 15:18 Signaler un abus - Permalink

    @ Yann

    L’anonymat est par essence démocratique puisque c’est le principe du vote à bulletin secret, le principe actif contre la dictature !

    c’est à dire que c’est le vote ANONYMOUS, qui fonde selon vos principes mêmes la légitimité “représentative”…

    ANONYMOUS n’est rien d’autre que de la démocratie ACTIVE, qui vient prendre la place de la représentativité qui n’existe plus du tout, puisqu’elle est devenu une escroquerie des truands que les politiciens sont devenus à visage découvert…

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  • Worti le 23 août 2011 - 15:30 Signaler un abus - Permalink

    >1- L’anonymat est par essence anti-démocratique puisque >la démocratie c’est la responsabilité et qui dit >responsabilité dit identité.

    C’est pas parce que l’anonymat implique l’impunité en cas de délit qu’une personne anonyme va tout casser. Et on peut très bien être civique et responsable tout en étant anonyme. De plus, psychologiquement parlant, je dirais que si c’est le cas, c’est qu’on profite de l’impunité que procure l’anonymat pour laisser aller tout ce que le “système” t’obliges à refouler, ce qui n’est pas forcément une mauvaise chose.
    Mais à part ça, les anonymous ne sont toujours pas en démocratie directe, hein. Ya pas eu de vote pour aucune des opérations qu’ils ont menées.

    >2-La démocratie directe est illusoire, elle correspond >à la démocratie d’opinion et est donc volatile. Elle ne >peut pas donner d’orientation politique. Rappel la >politique c’est le fonctionnement de la société. Pour >que la société fonctionne, pour organiser un réferendum >il faut des représentants, on ne peut pas laisser cela >à une machine ou à des anonymes…

    J’aime bien le concept de l’argumentation par l’assènement de postulats foireux. Ça fait genre c’est vrai mais euh, en fait non.
    C’est quoi la démocratie d’opinion? Une démocratie où chacun peut faire valoir son opinion? C’est moi ou ça fait pléonasme? Tu dois avoir une drôle d’idée de la démocratie.

    Pourquoi volatile? Parce que les gens changent d’avis? Ya que les cons qui changent pas d’avis, et si la politique ne change pas en fonction des volontés du peuple, alors la politique est conne, décalée et obsolète. Et anti-démocratique.

    La politique. Comme le disait je sais plus quelle étudiante dans un tract (sûrement une méchante anarchiste qui veut détruire), “LE politique, c’est ce qui définit nos vies. LA politique, c’est ce qui est susceptible de les gangrener un peu plus”.
    Une assemblée de quartier qui réflechit à comment s’organiser pour retaper la rue Jaurès, ou qui constate qui faut arrêter de déconner avec le prix du pain, c’est DU politique.
    Les pirouettes financières dont le but est d’essayer de colmater un système économique qui fuit par tout les trous, et qui favorise définitivement une minorité au détriment d’une majorité, c’est DE LA politique.

    Faut arrêter de tout mélanger. C’est parce qu’on sait plus faire cette distinction qu’on est pas foutus de construire de projet de société viable.
    Qu’est-ce qu’un de tes représentants en a à foutre du problème concret des nids de poules de la rue jaurès du dit patelin?
    Essaie de sortir des shémas de pensée qu’on t’impose, merde. Un référendum? Comment synthétiser la volonté de 62 millions de personnes, et autant de contextes de vies différents?
    C’est impossible. Plus on étend le territoire, plus le contexte géographique change, plus les problèmes et solutions sont différentes, et plus on réduit la démocratie à une simple illusion. La vraie démocratie, elle est directe, et c’est des gens qui décident localement de la meilleure manière de régler leurs problèmes locaux.
    C’est pour ça que la démocratie représentative n’en est pas une (pour plein d’autres raisons aussi, mais j’ponds déja un roman j’vais pas en plus te les exposer), et c’est pour ça que la démocratie directe au niveau local, c’est la seule solution viable pour une humanité qui veut être libre. Alors après, fignoler la démocratie directe, okay. Je prétend pas, contrairement à toi, détenir la vérité absolue et proposer un système qui marchera sans accroc à partir du moment où on appuie sur “ON”.

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  • Yann Riché le 23 août 2011 - 17:35 Signaler un abus - Permalink

    @verithon

    On peut inverser causes et conséquences, mais les politiciens ne sont pas tous des truands à visage découvert.

    La représentativité vous gêne car elle oblige à sortir de l’individualisme pour accepter un choix collectif et donc des compromis.

    Le problème de l’anonymous c’est qu’ils ne sont pas plus représentatifs, je penses même qu’ils le sont moins, de la société. Ils correspondent sans doute à une petite frange qui se bat plus contre des gros “méchants” que comme des démocrates. C’est ce qui les rend sympathiques à défaut d’être réellement un mouvement politique démocratique.

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  • Yann Riché le 23 août 2011 - 17:44 Signaler un abus - Permalink

    @worti

    la démocratie directe est une démocratie locale ?

    Les nids de poule ne sont pas la priorité des réunions de quartier ? Il faut lire les canards locaux, il n’y a que de cela, des plaintes sur les voitures qui vont trop vite, des trottoirs abîmés etc.

    Si nous avons des représentants c’est que nous avons pour la plupart des boulots qui font que nous ne pouvons pas aller voter à chaque conseil municipal puis général puis régional…

    Le réferendum qu’il soit local ou national ne permet pas non plus une démocratie directe efficace car il s’agit trop souvent de questions binaires.

    Par contre une démocratie qui propose des projets alternatifs au vote est une démocratie directe. C’est ce qui se passe avec nos imparfaites élections. Le problème c’est que cela n’arrive qu’une fois tout les 5 ans et que le débat est souvent tronqué par l’histoire que le candidat doit raconter au peuple.

    Bref, l’anonymous c’est sympathique aujourd’hui parce que finalement peu organisé, le jour ou cela devient une organisation “anonyme” cela me fera penser au méchant dans un James Bond qui s’appelle dirige le spectre…

    Cordialement,

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  • Worti le 23 août 2011 - 18:40 Signaler un abus - Permalink

    @YANN RICHÉ
    la démocratie directe est une démocratie locale ?
    >
    Elle devrait l’être pour que ça marche. Suite plus bas.

    Les nids de poule ne sont pas la priorité des réunions de quartier ? Il faut lire les canards locaux, il n’y a que de cela, des plaintes sur les voitures qui vont trop vite, des trottoirs abîmés etc.
    >
    C’est justement ce que je dis, et c’est une bonne chose. C’est pas à la mairie de décider sans connaissance de cause si il faut planter une section à 50 alors que personne n’habite là. Dans une démocratie directe, locale, ce genre d’aberrations n’auraient pas (ou moins) lieu, parce que les gens qui vivent dans un lieu savent comment s’y passe la vie, et pas les législateurs, qui sortent rarement de chez eux.

    Si nous avons des représentants c’est que nous avons pour la plupart des boulots qui font que nous ne pouvons pas aller voter à chaque conseil municipal puis général puis régional…
    >
    Qui a parlé de conseil général/régional?
    Je te parle de revoir totalement les shémas organisationnels.
    Les boulots? Les boulots nous prennent du temps parce qu’il faut se plier à un paradigme économique: l’efficacité. Pourquoi l’efficacité? Pour la croissance. Pourquoi la croissance? Tu t’en souviens toi? Sérieusement, est-ce qu’une seule putain de fois dans L’Entrée dans la vie active pour les Nuls, il est spécifié l’origine de cette volonté de la sacro-sainte croissance? (c’est une question piège, je connais la réponse, hein) (réponse qui me convient pas.)
    Bref, si l’objectif de la vie dans c’bas monde c’était plus de vivre peinard, heureux, intègre, intelligent et éveillé que la possession matérielle, la production de ‘richesses’ et l’amélioration (illusoire) du niveau de vie, évidemment qu’on aurait le temps de s’faire des assemblées de quartier, à en faire des banquets comme dans astérix, même que. (la bd)
    Évidemment que je te parle de refaire le monde. Tu peux pas changer tout le système sociopolitique sans y adapter l’économie.

    Le réferendum qu’il soit local ou national ne permet pas non plus une démocratie directe efficace car il s’agit trop souvent de questions binaires.
    >
    Je suis pas sûr que tu comprenne l’étendue de ce que j’avance. Je parle de local. Pas de nations, pas de frontières. D’ailleurs elles servent à quoi? Avec le libre-échange elles n’existent plus pour l’économie. Elles n’existent que pour cloisonner les peuples. J’adore la flammenkuche, mais tu vois je m’sens sacrément plus proche culinairement et culturellement d’un italien (j’vis dans le sud) que d’un alsacien. Qui est le plus français des deux, pourtant?
    Les nations n’existent que pour légitimer un gouvernement sur un territoire donné. Si on morcelle le territoire en autant de communes, ou chaque patelin décide de comment s’organiser, quel est l’intérêt d’un référendum sur 26000 patelins? L’entrée de ces patelins dans l’UE? Tu m’fais marrer.
    D’ailleurs le référendum est binaire pour cacher justement le fait qu’il est limité démocratiquement. Comment synthétiser l’opinion de 62 millions de personnes? En leur demandant de dire oui ou non. Et que les “oui mais” aillent se faire foutre.

    Par contre une démocratie qui propose des projets alternatifs au vote est une démocratie directe.
    >
    Non, on peut voter dans une démocratie directe, c’est même la base. Directe: les électeurs décident. Représentative: les électeurs décident qui doit décider à leur place (le pouvoir au peuple, haha).

    C’est ce qui se passe avec nos imparfaites élections. Le problème c’est que cela n’arrive qu’une fois tout les 5 ans et que le débat est souvent tronqué par l’histoire que le candidat doit raconter au peuple.
    >
    Le problème, c’est pas tant que ça arrive tout les cinq ans, c’est que, au même titre que les nobles avant, les politiciens consituent une caste, issue des même catégories socio-professionnelles (cadres supérieurs), des mêmes écoles (ENA, polytech, les mines, ..), et que politicien constitue un boulot EN SOI.
    Ou est le pouvoir du peuple là-dedans? Il paie des gens pour l’avoir à sa place, c’est quand même comique. Où est-ce qu’il décide de comment il doit gérer sa vie? Il ne le fait pas, parce c’est pas le gouvernement qui a peur du peuple, c’est l’inverse.
    D’ailleurs les partisans de la théorie de complot me font bien marrer avec les lézards ou les illuminatis, pasque c’est quand même assez évident: les politiciens et les cadres/pdgs de multinationales ont élevés les cochons ensemble, et se rassemblent. (sarko et dsk dans le même ‘club’?)

    B’enfin là je t’accorde que je diverge à mort.

    Bref, l’anonymous c’est sympathique aujourd’hui parce que finalement peu organisé, le jour ou cela devient une organisation “anonyme” cela me fera penser au méchant dans un James Bond qui s’appelle dirige le spectre…
    >
    Ah je sais pas, pas vu/lu.
    Fin j’vais quand même en rajouter une couche: la notion d’organisation est induite par la notion d’efficacité, elle-même par la productivité, pis capitalisme, libéralisme, toussa toussa.

    Fondamentalement c’est juste des gens qui ont la possibilité d’emmerder les puissants et les institutions, et c’est possible grace à internet et à leur connaissances tecnhiques. Et ça fait peur pasque justement ya un renversement de situation: les gouvernements commencent pour la première fois à avoir peur de ceux qu’ils gouvernent, et ça peut pas s’arrêter avec des CRS ou l’armée. L’économie, les gouvernements, tout peut se casser la gueule en un temps record, parce qu’internet constitue une force de frappe et de communication sans précédent. Je suis convaincu que si le monde devient libre un jour, internet en sera le vecteur.

    J’aime pas être solennel:
    peace.

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  • Jurgen le 24 août 2011 - 1:59 Signaler un abus - Permalink

    Alors pour la petite histoire, nous avons eu quelques “interactions” aujourd’hui avec M. Jorion concernant son livre, l’article OWNI présent et son site/blog.

    Tout au long de la journée bon nombre de personnes, dont moi-même, avons soulevés un nombre de questions et contradictions par rapport à sa sortie tout comme par rapport à son action et ses propos.

    Nous avons soulevés, entre autres, sous forme de questionnement les choses suivantes :

    - Pourquoi un bouton PayPal dans son site alors que des alternatives comme Flattr existent ?
    - Pourquoi ne pas également publier le livre sous forme de pdf ou de site comprenant la version intégrale gratuitement ? (pratique courante chez les personnes traitant du sujet).
    - Pourquoi vendre via Amazon ?
    - Est-ce que les/ou une partie des bénéfices sera rétrocédé à des/ces mouvements ?
    - Quelle est sa position personnelle concernant tout cela, ce n’est pas clair. Revendiquer l’un et faire l’autre ?
    - Dénoncer et en même temps utiliser, participer, soutenir activement ?
    - …

    Tout ce que M. Jorion a trouvé de mieux à faire c’est d’effacer l’intégralité de ces commentaires et questions. Puis de faire suivre une “réponse” puérile par email sans répondre aux points soulevés. Oui, nos questions étaient de l’ordre de la participation économique et ceci semble l’avoir dérangé. Il semblerait que M. Jorion peut critiquer les façons que les autres ont de faire et de gérer leur négoce mais qu’il supporte fort mal la moindre question concernant sa manière d’agir.

    La guerre civile numérique de M. Jorion existe donc surtout et avant tout dans sa tête il nous semble. Il l’a illustré avec brio aujourd’hui dans son blog et dans ses emails. Ceci en se positionnant de manière autoritaire et agressive. En détruisant tous les écrits, avis, questions, suggestions qui lui déplaisaient (nous n’avons pas vérifié si du coup nous sommes bannis de son site ou non)
    En somme un comportement qui n’est guerre mieux que celui de Paypal, d’Amazon, de Visa/Mastercard. Ou tous ces acteurs politiques et économiques qu’il dénonce et critique.

    N’est-ce pas monsieur Jorion ? Vous disiez quoi au juste ? Démocratie directe ? CQFD ?

    /j

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  • londo le 24 août 2011 - 16:01 Signaler un abus - Permalink

    « Internet, c’est la démocratie directe »

    Cool… Mais… où sont les lois votées dans le cadre de cette démocratie directe ? Ah, y’en n’a pas…

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  • Michel le 25 août 2011 - 9:34 Signaler un abus - Permalink

    Ce serait une erreur de croire qu’il n’y a pas de meneur chez les Anonymous… Parfois oui, parfois non. Disons que le “meneur” est une impulsion concertée si vous préférez. Qui ne passe pas par des “urnes”…

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  • Flannagan le 26 août 2011 - 22:34 Signaler un abus - Permalink

    @Jurgen
    Merci, le commentaire le plus intéressant qui prouve bien que tout donneur de leçons finalement (cf tous ceux qui ont posté des commentaires au dessus du votre) est le plus souvent incapable d’appliquer ses préceptes à lui même.

    Démagogie, politique, peu importe le nom qu’on lui donne, cela restera la norme. Et donc, toute illusion de société idéale/meilleure reste une illusion.
    Désolé de détruire vos rêves, maintenant on se réveille et on retourne au boulot

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  • xas le 27 août 2011 - 23:13 Signaler un abus - Permalink

    Ola Jurgen,
    Restes un peu plus longtemps en vacances, et continues ton animation pour les jeunes de l’ump et des jmj, travail, famille… formidable.

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  • raúl zorita díaz le 28 août 2011 - 13:43 Signaler un abus - Permalink

    historiquement tous les pouvoirs ont eu peur de la transparence, de la libre information, et de la conaissance.
    on a brulé des libres, on a caché des informations, on a diffusée des informations fautives, on a assasiné des gens, tout Ça pout garder l’information, le pouvoir, la metrisse interessée de la socité.
    maintenant cést fini, nous sommes dans un nouveau paradigme. ´c’est trop pour les anciennes mentalités

    la vie continue,

    raúl

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  • aslan le 29 août 2011 - 0:40 Signaler un abus - Permalink

    @Fabien Benoit et à qui cela intéresse pour diffusion.

    Traduction en anglais de cuisine ici:
    https://n-1.cc/pg/pages/view/691676

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  • ASSELIN le 6 septembre 2011 - 13:13 Signaler un abus - Permalink

    J’aime cet article.Je pense en effet qu’Internet est un formidable outil duquel naîtra les révolutions nécessaires de demain,le monde étant au bord du gouffre à mon avis.
    En fait ce vieux monde doit éclater afin que naisse un autre monde plus en harmonie avec les lois de la vie que je définirais comme la nécessité d’un libre échange sans contrainte et la mise en place de structures d’aide facilitatrices et non plus répressives sur fond de corruption des politiciens qui officieusement se comportent le plus souvent comme des ordures même pas respectables.

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  • non le 17 septembre 2011 - 19:08 Signaler un abus - Permalink

    Yann Riché vous etes un tocard, taisez vous donc.

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  • Cany0n le 19 septembre 2011 - 15:55 Signaler un abus - Permalink

    Eh oui, c’est bien pour ça que des censeurs comme Sarkozy et ses copains veulent museler le réseau. Il n’y a plus rien qui passe à l’as… La censure par internet commence par exemple à faire passer les grecs pour des “indignés” c’est à dire des marginaux limites beatniks et anarchistes alors que ce sont Monsieur et Madame tout le monde qui sont pris à la gorge là bas … Ça consiste aussi à ne pas évoquer au journal télévisé, des mouvements comme les indignés espagnols, alors que centaines de milliers de personnes crient contre l’injustice et la corruption au journal télévisé. Ça consiste aussi à museler ces infos via le web puisque 70 ou 80% des grands groupes présents sur google news étaient présents physiquement via leurs dirigeants au fouquet’s lors du grand soir. Et que le web permet aussi de casser cette oligarchie sourde qui a envahie notre démocratie en faisant s’exprimer, en tout cas, en France, des dizaines de millions de personnes, échanger, s’informer, etc

    Faite attention, les gens, le réseau est en projet de se faire privatiser (pour l’ultra debit) par des groupes via notre bon roi qui négocie ca pour nous. Et la liberté qu’on a aujourd’hui, le formidable outil de démocratie (cf révolutions arabes) pourrait se transformer en usine en clients.

    On pourrait en faire des choses avec le web, à commencer par casser cette oligarchie ET le spectacle affligeants de nos mediocrates.

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  • luck luck le 21 octobre 2011 - 10:40 Signaler un abus - Permalink

    MAIS AUPARAVANT UN EXPERT DE LA CHOSE ” COMMUNICATIVE ” DU GENRE AVAIT ANNONCE, AUX STATES : ” La télévision, c’est le chewing-gum de l”oeil “.
    ë.

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  • Thomas le 7 novembre 2011 - 8:39 Signaler un abus - Permalink

    Merci pour l’article et les commentaires.

    Au sujet de l’anonymat et de la transparence:

    - on peut rappeler que nous déposons dans l’urne des bulletins de manière anonyme. Pensez-vous que la transparence doit être imposée dans ce contexte?
    - également, facebook fonde son modèle économique sur la transformation de données issues de la vie privées en données publiques, peut-on qualifier cela d’action de transparence?

    Au sujet de la démocratie directe:

    - la “nouvelle économie” nous a été vendue en nous faisant croire à une vague de désintermédiation. En réalité, nous avons observé l’émergence de nouveaux intermédiaires et la disparition d’anciens acteurs qui servaient traditionnellement d’intermédiaires.
    Ne peut-on pas penser que c’est ce processus qui est à l’oeuvre aujourd’hui? Avec toutes les frictions entrainées par la migration du pouvoir des uns vers le pouvoir des autres.

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