Hackons l’école !

Le 26 août 2011

À l'occasion de la rentrée, OWNI hacke l'Education nationale. Pour se préparer au monde de demain, une autre pédagogie existe, celle des hackers.

Les hackerspaces et les makerspaces, ces lieux physiques où se réunissent les hackers, « sont les écoles du futur ». Tel est le credo de James Carlson, fondateur de The School Factory [en] une association qui accompagne la création de ces endroits dédiés aux expérimentations électro-informatiques et au Do It Yourself (DIY, « fais-le toi-même »).

Et il parle d’un futur très proche : « Que voulons-nous dire par le terme “école” en 2020 ? ». Pas du tout iconoclaste, l’Américain ne fait que résumer ce que bon nombre de hackers pensent : le système éducatif actuel devrait être rebooté, réinitialisé. Alors cela donnerait quoi si un hacker prenait les rênes du ministère de l’Éducation ? Outre des sites un peu plus sécurisés, il introduirait des principes pédagogiques à rebrousse-poils de ceux qui gouvernent le système actuel.

Les honneurs du ratage

« Le premier qui a dix réponses justes reçoit un bon point. » Quel jeune élève n’a jamais entendu ce genre de promesses ? Un fonctionnement qui fait frétiller les forts en thème, mais pas le Hollandais Jaap Vermaas. L’homme a monté FabLab Truck [nl/en], « la fabrication numérique sur roues », un camion qui va dans les écoles animer des ateliers :

Le système actuel récompense les couards qui ne font pas d’erreurs.

Les hackers exaltent l’erreur comme processus primordial de l’apprentissage. « Si l’école et l’éducation pouvaient tirer profit de la valeur de l’échec et l’utiliser comme outil pédagogique, elles seraient plus efficaces, poursuit James Carlson. Les gens seraient capables de célébrer et d’honorer les erreurs qu’ils font et d’apprendre de leurs erreurs ensemble. »

La pratique contre la théorie

« Learning by doing », apprendre en faisant : exit les livres, place aux mains dans le cambouis : se salir les mains n’est pas moins noble que d’avaler des pages et des pages. « En Hollande, il y a une stricte séparation entre les enfants intelligents qui vont aller dans les filières intellectuelles et ne touchent pas les outils et les autres, qui apprendront à se servir des outils », déplore Jaap, un constat qui vaut aussi pour la France. Lui rêve de réconcilier les deux…

Une pratique qui décomplexe, comme le narre Emmanuelle Roux, chef d’entreprise qui enseigne à l’Université de Cergy et qui monte un FabLab au cœur de l’établissement pour la rentrée. Ses élèves sont en licence de développeur, c’est-à-dire qu’ils s’apprêtent à apprendre à coder. Deux MakerBot (des imprimantes 3D) vont rejoindre la faculté,  dont l’une sera mise à disposition de la promotion, quel que soit le cursus des élèves, communication, infographie, programmation. Le montage des machines, durant 5 jours, a été l’occasion d’observer une évolution réjouissante :

Le premier jour, ils nous ont regardés bizarrement, une élève est passée et nous a dit : “mon câble de console de jeu a été mangé par mon lapin, pourriez-vous me le réparer ?” ; le troisième jour, un élève s’est assis à côté de nous, il a attrapé des pinces et un fer à souder, et en a profité pour réparer un objet ; le quatrième jour, des élèves passaient pour voir où en étaient les premières impressions, et on n’a jamais autant discuté personnellement avec certains élèves auxquels on avait du mal à accéder, qu’à ce moment-là.
Ils sont spontanément venus à côté des machines, et c’est un très bel outil pour parler de ce qui nous entoure, et qui nous nous paraissait évident, et dont eux sont encore assez éloignés.

A l’heure où le coût de la vie étudiante augmente encore, un ministre aurait un intérêt tout cynique à encourager cette tendance : « Ce sont des étudiants, ils n’ont généralement pas un rond, note Emmanuelle, quand on leur dit qu’ils peuvent fabriquer des choses assez rapidement, en s’amusant et en lui donnant la forme qu’ils veulent, ça accroche plutôt bien. »

Mitch Altman : souder, souder et encore souder.

Le partage avec ses petits camarades de classe

Mitch Altman, hacker historique, s’emballait lors du dernier Chaos Communication Camp, le plus grand rassemblement européen de hackers, qui s’est tenu début août : « un hackerspace, c’est un endroit comme ici où les gens partagent leurs savoirs et leurs passions et s’inspirent les uns des autres. » Et il ne faisait pas que s’emballer en théorie : l’homme animait un atelier de soudure pour les enfants où, tous ensemble, sous la houlette des adultes, ont mené à bien un petit projet. Inventeur de la célèbre TV-B-Gone (une télécommande universelle dotée d’un seul bouton : le OFF) et co-fondateur de Noisebridge, célèbre hackerspace, Mitch Altman promène ainsi sa tignasse multicolore dans les hackerspaces du monde entier pour apprendre aux gens les charmes du DIY.

Un partage institutionnalisé qui va de pair avec un fonctionnement horizontal : « On n’apprend pas d’un professeur, devant une classe en “top down”, détaille Jaap, mais des autres qui travaillent là, le partage des connaissances se fait, y compris sur un événement comme le Chaos Communication Camp. » Du coup, au début des workshops (ateliers), les vieux réflexes ont la peau dure : « souvent cela prend un moment avant que les élèves ne commencent vraiment car ils sont habitués à recevoir des instructions, et souvent les profs commencent à leur donner des ordres dans un sens; l’idée, c’est que les enfants prennent le temps de développer leurs propres directions. »

Encourager la créativité

Lorsqu’on lui demande ce qu’il ferait s’il était ministre de l’Éducation, Jaap Vermaas estime qu’il faudrait tout d’abord « développer la créativité des gens » :

Actuellement, il y a une mise en avant du savoir livresque, la seule question à l’école, c’est : “as-tu lu le livre ou non ?” Il n’y a pas de stimulation à penser par soi-même et à créer de nouvelles choses.
Bien sûr, il faut des connaissances théoriques mais de nos jours, les connaissances évoluent si vite que je pense qu’il est plus important d’apprendre à trouver les choses sur Internet et apprendre par soi-même ; apprendre par cœur n’a pas d’intérêt, il vaut mieux jeter un œil rapide et trouver des experts spécialisés, tu n’as pas besoin de faire tout toi-même, tu peux outsourcer, même les enfants font ça !

Apprendre à tous les âges

Tous ces *spaces sont en quelque sorte des universités du temps libre du 21e siècle. Si la moyenne d’âge est assez jeune, -environ 30 ans-, c’est bien des adultes qui les fréquentent surtout, pour compléter leurs savoirs ou les élargir. Pour James Carlson, si « les hacker et les makerspaces sont les écoles du futur », c’est justement en raison de leur aspect intergénérationnel, entre autres : « des gens de tous âges s’instruisant ensemble sur des sujets qui les passionnent, et partageant leurs expériences et leurs erreurs. »

Et plutôt que d’attendre que les gens viennent au savoir, c’est le savoir qui vient à eux, en mode agile et sans se soucier des classes sociales : « Les hackbus (hacklabs mobiles, ou hack véhicules) sont une porte d’entrée facile pour apporter la culture du hacking aux gens », explique Johannes, de la plateforme hackbus.info [en], qui entend fédérer les initiatives du genre. « Ce sont des unités mobiles d’apprentissage et d’enseignement, qui apportent la culture du hack au peuple qui, sinon, ne serait peut-être pas conscient des possibilités mises à leur disposition. Prenons du bon temps ! Et allons dans les villages ! C’est important ! »

Nous reprenons une tradition ancienne : apporter l’autonomisation (self-empowerment, ndlr) aux gens via une approche nomade. Ces unités pourraient et devraient être partout.

Un hackbus au festival Mozilla Drumbeat, l'automne dernier à Barcelone.

Alors qu’est-ce qu’on attend ?

Tous ces principes qui vont globalement à l’encontre du système éducatif de nombreux pays occidentaux. Toutefois certains établissements affiliés aux circuits traditionnels s’en inspirent. L’un d’eux n’est pas le moindre ni le plus récent, puisqu’il s’agit du célèbre MIT, considérée comme la meilleure université occidentale en sciences et en technologies.

William Barton Rogers, qui l’a fondé en 1861, avait souhaité valoriser autant « l’enseignement des sciences et l’ingénierie que les activités concrètes, et la pratique autant que la théorie ». Plus loin, le résumé s’envole : « en fondant son nouvel Institut sur l’interaction vibrante de l’exploration et de la créativité, Rogers a donné au monde un modèle incontestable de “machine à innover”. » Une créativité que les étudiants sont invités à exprimer entre autres à travers les « student hacks » [en], des blagues visant à montrer l’intelligence et l’inventivité de leur auteur, une pratique élevée au rang d’institution.

Parmi les mille inventions nées au MIT, les FabLab (pour Fabrication Laboratory) : le concept est né grâce au physicien Neil Gershenfeld, qui avait un cours pratique de prototypage intitulé « How to make (almost) anything » (Comment fabriquer (presque) n’importe quoi). Depuis, le concept a essaimé dans le monde entier, à tel point que certains se demandent si, aux côtés des boulangeries, on ne trouvera pas d’ici quelques années des fablabs de quartier.

Toutefois, le MIT se veut au service de son pays, ce qui va à l’encontre de l’idée de partage universel avec un réseau transfrontière de communautés prônée par les hackers : « Bref, une fois de plus nous pouvons produire et produirons le genre de nouvelles idées dont notre nation a besoin. »

Sans aller si loin, ni si prestigieux, le lycée autogéré de Paris s’inscrit aussi dans cette veine pédagogique. Mais elle reste une expérimentation rare et menacée par les baisses de budget.

Passion et subversion

Alors qu’attend-on pour généraliser ces idées ? Déjà parce qu’elles ne prennent sens qu’autour d’une notion-clé chez les hackers, la passion, incompatible avec la mission de l’Éducation nationale : faire acquérir des connaissances et des compétences qui vont du fonctionnement de l’appareil reproductif aux guerres napoléoniennes en passant par l’expression écrite et le Power Point.

Et surtout, ils laissent germer dans les esprits des graines subversives. Un papa geek expliquait ainsi dans un texte intitulé « Pourquoi je veux que ma fille soit un hacker » :

Les hackers évitent ce que j’appelle “le piège de la connaissance” – notre système éducatif consiste principalement à enseigner quoi penser, non pas comment penser. Ceci, de la maternelle au premier cycle.
Les hackers se concentrent sur les compétences plutôt que sur les connaissances, les gens ayant les compétences sont ceux qui survivent. Plus encore, c’est leur attitude qui rend les hackers efficaces. Les connaissances sont moins importantes car ils ont les compétences pour acquérir celle requise lorsque cela devient nécessaire. De plus, leur attitude indépendante les rend résistants au recours à l’autorité.

On commence par hacker ses LEGO, on finit par hacker la société.

Photo CC Flickr PaternitéPas d'utilisation commercialePartage selon les Conditions Initiales Pedro Vezini, PaternitéPas d'utilisation commercialePartage selon les Conditions Initiales Ophelia Noor pour OWNI et PaternitéPartage selon les Conditions Initiales weexinsitu || Stefanie Doll

Image de Une © picsfive – Fotolia.com

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  • Jean Paul Jacquel le 26 août 2011 - 16:28 Signaler un abus - Permalink

    Merci pour cet excellent article. L’idée que les hackers et les fablabs ont quelque chose à dire à la formation des jeunes et que notre école est trop dans l’intellectualisation et le conservatoire des idées fait, semble-t-il son chemin un peu partout, c’en est un vrai plaisir. Reste que le reboot de l’Education nationale ne semble pas chose facile, la machine est antique et pourrait bien ne pas supporter l’opération.
    De même le dernier extrait
    “Plus encore, c’est leur attitude qui rend les hackers efficaces. Les connaissances sont moins importantes car ils ont les compétences pour acquérir celle requise lorsque cela devient nécessaire. De plus, leur attitude indépendante les rend résistants au recours à l’autorité.”
    me laisse un peu perplexe. Les choses sont plus complexes que cela est la capacité à acquérir des connaissances suppose un arrière-plan de connaissances qu’il a fallu acquérir préalablement. C’est une spirale qui a un point de départ et ce point doit, à mon sens, être pensé avec soin.

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  • varnish le 26 août 2011 - 16:33 Signaler un abus - Permalink

    Hop, un bon très bon talk (illustré à la main) de Sir Ken Robinson sur ce vaste sujet : http://goo.gl/rwj7

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  • Adam le 26 août 2011 - 20:23 Signaler un abus - Permalink

    PUTAINNN!! (pardon pour le vocabulaire)

    C’est ce que je me tue à répéter depuis des années !!!!

    Merci pour le partage et pour me prouver que je ne suis pas le seul à penser de cette manière… OUF !

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  • Narscimonel le 26 août 2011 - 22:00 Signaler un abus - Permalink

    Très bon, très rose aussi…
    Un autre point choquant, la négation des connaissances ou en tout cas leur affaiblissement.
    Pas sûr que ce soit une excellente idée… Peut être parce qu’on n’apprend jamais à PENSER par soi même parce que nous sommes le produit de notre éducation.

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  • ericb le 27 août 2011 - 7:46 Signaler un abus - Permalink

    Bonjour,

    Étant très proche de ce milieu, mais aussi enseignant dans le supérieur, je pense être très sensible à cet article. Mais il a des limites.

    La connaissance est une coupe sucrée aux bords amers, et non le contraire comme on voudrait le faire croire trop souvent. En clair, si on veut réussir, il faut travailler dur, régulièrement, et quelquefois sans résultats directs.

    Bien entendu, si on peut faire tout cela en s’amusant, c’est très bien, mais faire croire que tout peut se faire en s’amusant, c’est une erreur grossière.

    Je suis le premier à laisser travailler, à travailler de façon itérative, et ouverte, mais il faut et il faudra toujours un cadre pour apprendre, et beaucoup de travail pour -pas toujours- des résultats.

    Comme dans la vie, quoi ..

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  • Gerlachus le 27 août 2011 - 9:24 Signaler un abus - Permalink

    Sans vouloir minimiser l’apport de la jeunesse et du rapport émancipé que certains d’entre eux entretiennent avec la technique, il me semble intéressant de notifier qu’une catégorie de personnes interagissent avec le réel de cette façon depuis quelques siècles déjà. Il s’agit des artistes. À ce sujet je signalerai un ouvrage en français qui synthétise ce genre de mode opératoire : Pierre-Michel Menger, Le travail créateur. S’accomplir dans l’incertain
    Paris, Gallimard-Seuil, « Hautes études », 2009

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  • Galibi le 27 août 2011 - 10:27 Signaler un abus - Permalink

    Merci pour cet article très stimulant, comme la plupart de ceux qui portent sur le même sujet ! J’ai cependant la même réserve que Jean-Paul Jacquel au sujet de la question des connaissances.

    Ce qui touche à un autre problème : ce que Bourdieu nommait le capital symbolique et que je décrirais comme la captation et la conversion de la connaissance en capital et son accaparement par les élites (les groupes sociaux qui associent savoir et pouvoir).

    Bref quelle sera la réelle capacité de subversion et de changement des hackers en France face au verrouillage du système éducatif (par le réseau parallèle des “bons” établissements et des “grandes écoles”), mais aussi de l’espace économique (qui favorise les grosses structures déjà établies) ? Sont-ils conscients de cette difficulté incontournable, à mon avis ?

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  • Damien le 27 août 2011 - 10:33 Signaler un abus - Permalink

    Article intéressant, mais qui possède une grosse lacune : il ignore tout des recherches en didactique… La question “qu’est-ce qu’un hacker ministre de l’Education pourrait faire de l’école ?” est un angle de vue intéressant pour aborder la question de l’apprentissage, mais vous pensez réellement qu’il n’y a que les hackers pour y réfléchir et remettre en cause le système actuel ?

    La pédagogie de l’erreur, la pédagogie de projet, la pédagogie Freinet ou Montessori, tout ceci existe déjà et bien d’autres choses encore.

    Il aurait été bon de lier les théories didactiques existantes (et, il est vrai, pas forcément mises en place à l’école) avec le point de vue des hackers pour donner plus de corps à cet article.

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  • Ulfo25 le 27 août 2011 - 14:10 Signaler un abus - Permalink

    Je connais depuis peu ce site donc je ne suis pas sûr de bien comprendre touts les propos tenus dans ces articles. Mais mettre en contradiction à ce point compétences et connaissances me laisse assez perplexe. Il me semble qu’il faut avoir une base de connaissances pour obtenir certaines compétences par la suite.
    Je ferais le parallèle entre sciences fondamentales (connaissances) et sciences appliquées (compétences)pour donner du poid à mon point de vue.
    Ces deux types de “sciences” sont nécessaire au développement de chacun et il est évident que la méthode actuelle, dans la majorité du système scolaire occidental, laisse à désirer nottament pour des élèves ayant certaines difficultés (la dyslexie par exemple).
    En somme, trés bon article mais avec une limite concernant cette frontière entre connaissances et compétences selon moi.

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  • Denis le 27 août 2011 - 17:34 Signaler un abus - Permalink

    “il vaut mieux jeter un œil rapide et trouver des experts spécialisés, tu n’as pas besoin de faire tout toi-même”

    Dans la bouche d’un amateur du DIY, c’est quand même hallucinant !

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  • Jean Paul Jacquel le 27 août 2011 - 19:33 Signaler un abus - Permalink

    Comme je trouve ce débat intéressant je me permets de poser un second commentaire.
    @ericb : l’acquisition de la connaissance est-elle intrinsèquement pénible? Parcourir 500 km en une journée fut impossible, puis pénible, puis seulement difficile jusqu’à ne plus être qu’ennuyeux. Ce que la technologie peut apporter au monde physique ne peut-elle l’apporter au monde de la pensée? En outre aucun joueur ne laissera dire que jouer est une chose facile, gagner peut même se révéler très difficile dans certains jeux. Est-ce pour autant pénible?
    Dans un autre ordre d’idée les technologies qui permettraient au jeune hacker en autoformation d’augmenter facilement son stock de connaissances ou de trouver rapidement les informations dont il a besoin pour résoudre un problème nous semblent rendre l’affaire trop facile par rapport à ce que nous avons vécu. On retrouve ce vieux Socrate s’insurgeant contre l’écriture qui menaçait la mémoire. Pour lui elle simplifiait exagérément le travail intellectuel, alors qu’en fait elle réglait un problème sur lequel butait sans le savoir la génération qui précédait. Par la suite on a vu l’écriture faire émerger des problèmes et des difficultés auxquels Socrate n’aurait pas pensé. Il en va de même, me semble-t-il aujourd’hui avec le web.
    @Damien. Le problème avec les pédagogies que vous citez ce n’est pas leur pertinence, qui personnellement me semble évidente, mais le fait que ceux qui les promeuvent se tiennent complètement à l’écart de l’évolution des technologies de l’intelligence, du savoir et de la communication ce qui contribue à les rendre encore plus invisibles (pourtant elles ont apporté leur contribution puisque les deux fondateurs de Google sortent d’une école Montessori :-) ).

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  • Megwatmwala le 27 août 2011 - 22:33 Signaler un abus - Permalink

    PARENTHESE :

    Outsourcer la connaissance à ses limites par contre, ca me rappelle un film ou deux beaufs du 21 eme siecle se réveillent des décennis plus tard , et découvrent que ceux sont eux les plus intelligents de la planète.

    Vous retrouverez surement le titre

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  • Narscimonel le 28 août 2011 - 0:43 Signaler un abus - Permalink

    Outsourcer la connaissance clairement, ça fait quand même penser à créer une génération plus ou moins d’incultes.
    Déjà avec Internet, on assiste à la généralisation d’un certain ethnocentrisme : les utilisateurs se renferment sur leur réseau, sur ce qu’ils connaissent déjà, allant toujours sur les mêmes sites, lire les mêmes opinions.

    Après, clairement dans le sens général, je suis plutôt d’accord sur certains points : le DIY, la philosophie de réussite par l’échec, le rapport de plaisir, l’indépendance et la valorisation du travail manuel.
    Mais cela ne doit pas se faire (comme c’est souvent le cas en CAP, BEP) au détriment du savoir intellectuel. De même, l’introduction massive de technologie à l’école n’est pas forcément une excellente chose pour l’éveil des enfants.

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  • bot-hazer le 28 août 2011 - 12:19 Signaler un abus - Permalink

    Ah! ça c’est une vraie école.

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  • raimbaux-arpin le 28 août 2011 - 21:43 Signaler un abus - Permalink

    j’ai tout compris enfin!

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  • Kurozato le 29 août 2011 - 10:20 Signaler un abus - Permalink

    Merci pour l’article. J’aimerais y croire.

    @Narscimonel: on n’a pas prouve que l’Internet rendait les gens pires, on a juste decouvert qu’ils n’etaient pas aussi ouverts que les commentateurs de l’actualite Internet le revaient. A mon avis, pas besoin d’etre particulierement pessimiste la-dessus, les choses n’etaient probablement pas plus ouvertes avant.

    Je ne connais pas particulierement les fablabs, hacklabs, etc, mais a travers les differents articles, photos, references, etc, il me semble qu’il s’agit d’un univers tres particulier : masculin, assez libertaire, technophile, passionne, relativement eduque (parfois par l’ecole, parfois en auto-didacte), etc. Ce que je veux dire, c’est qu’il porte en lui des caracteristiques elitistes (qu’il le veuille ou non) et suffisamment specifiques pour ecarter l’attention d’au moins 90% de la population (en tout cas dans un pays comme la France). Pour etre malhonnete, la difference entre ces gars-la et des clubs de customing de bagnoles ne parait pas toujours evidente. Comment ce mouvement peut-il sortir de cette orniere (sans perdre trop tot le soutien de ceux qui ne suivent que les modes d’avant-garde) ?

    J’adorerais aussi qu’on me parle de l’insertion professionnelle d’un tel enseignement. Ou alors du type de societe desiree, car il peut y avoir un hic a l’interface avec un monde economique qui ne recherche pas particulierement (sauf pour quelques postes d’elite) des employes qui ne travaillent que sur ce qu’ils ont envie. On peut aussi poser la question ainsi : en quoi cette demarche pourrait-elle ne pas etre que celle d’une elite (au sens d’un petit groupe eclaire) ?

    Et qu’advient-il des adultes ? Ceux qui ont deja fini leurs etudes et qui ne sont pas deja des bricolos de genie. Ceux qui veulent bien apprendre mais seulement si cela n’implique d’apprendre quelque chose qui les a fait souffrir sur les bancs (comme un peu de maths, par exemple). Vous me direz qu’ils sont libres de faire ce qu’ils veulent mais le tropisme de l’Ecole me terrifie toujours (comme si tout doit pouvoir trouver une solution dans un changement de programme de l’Education Nationale). On pourrait s’attendre a ce qu’un mouvement de DIY chevauche ce courant-la (celui de l’enseignement populaire) – et sans doute le fait-il un peu -.

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  • Guillaume le 29 août 2011 - 10:39 Signaler un abus - Permalink

    Bonjour à tous,

    L’école d’informatique privée Epitech applique ce type de pédagogie, et elles portent ses fruits.

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  • Yao Kuramoto le 29 août 2011 - 13:39 Signaler un abus - Permalink

    Ce sont des grands malades !! XD

    Je bosse dans un rectorat, ce qui me donne l’occasion de cotôyer les profs et autre maitres d’écoles. Je peux vous dire que les idées innovantes comme celle là ne passera jamais car ces gents on une très haute opinion de leurs métier (et d’eux même donc).
    Je me suis toujours dis qu’il n’y à pas de sous métier (j’en ai pratiqué pleins, que ce soit de la manutention, vente, et actuellement administrateur linux). Et bien au rectorat, j’ai appris que si : il y à enseignant et les autres sont des sous métiers.
    C’est ce qui fait que l’Education Nationnale est si difficile à réformer.

    Ceci dit, j’adhère à ce concept, mon parcour autodidacte dois y être pour quelque chose ;-)

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  • Spyou le 29 août 2011 - 14:47 Signaler un abus - Permalink

    pour hacker l’école, il faudrait encore que suffisamment d’adultes se donnent la peine d’aller au devant de l’école, autrement que pour râler quand il y a des problèmes.

    Quand c’est 95% ouvert et qu’on a toute latitude pour proposer et mettre des choses des choses en oeuvre (en maternelle, donc) moins de 5% des parents s’impliquent … je vous laisse imaginer plus tard dans les cursus.

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  • Le Nouvel Ingénieur le 29 août 2011 - 14:54 Signaler un abus - Permalink

    Merci pour cet article qui tombe à point nommé pour la rentrée.

    Des étudiants d’école d’ingénieur se bougent pour hacker l’école. Exemple : le projet open source Refresh permet à tous les étudiants de donner leurs idées pour améliorer leurs cours.

    http://www.institutmontaigne.org/desideespourdemain/index.php/2011/06/22/725-ameliorer-la-formation-des-ingenieurs-grace-au-crowdsourcing

    Collaborons avec les écoles pour rendre les étudiants acteurs de leur formation et faire évoluer les pédagogies !

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  • AlexClapClap le 29 août 2011 - 22:54 Signaler un abus - Permalink

    Je suis d’accord avec Damien. Ceci est simplement l’application des “pédagogies actives” dans un environnement techno.

    La connaissance n’est pas une fin en mais un moyen de faire, comprendre ou aboutir à quelque chose.
    Apprendre à lire pour le simple fait de savoir lire n’a aucun sens. En revanche, si cela permet de comprendre ce livre passionnant posé dans ma bibliothèque, l’apprentissage ne devient plus un enjeu mais un moyen.
    En cela Célestin Freinet, Maria Montessori ou Ovide Decroly ont été des précurseurs.

    Pour ceux qui s’intéressent à la pédagogie, Bernard Collot, ancien professeur issu du mouvement Freinet a poussé encore plus loin le raisonnement et a développé ce qu’il appelle “l’école du 3éme type, ou la pédagogie de la mouche”. Son blog : http://education3.canalblog.com/

    Une école du 3ème type découle d’une quarantaine d’années de pratiques en classe multi-âge pour aboutir dans sa classe unique de Moussac (1976-1996), après un long processus, à une école sans leçons, sans cahiers, sans évaluation, sans programmes, sans emploi du temps… et des enfants pouvant suivre normalement au collège. Il s’agit de comprendre pourquoi-comment cela était possible. Et pourquoi-comment une autre école, un autre système éducatif sont aussi possibles.

    Alors, oui : hackons l’école !

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  • Autodidacte le 29 août 2011 - 23:47 Signaler un abus - Permalink

    @Megwatmwala : le film en question est mon film culte : Idiocracy.

    Quant à l’article, il tire toute sa richesse de son parti-pris et des commentaires de tous bords qu’il a suscité.

    Formateur dans les TIC et mal formaté moi-même à certaines disciplines enseignées par notre système éducatif, je suis sensible aux “questions bêtes” et aux livres comme “l’âge du capitaine”. L’acquisition des bases, avec un cadre solide et une méthode, est amha nécessaire pour donner des individus un tant soit peu équilibrés. Je suis heureux que dans notre société de 2011 la formation continue et les outils comme la VAE permettent de raccrocher les wagons que certains individus auraient lâché en formation initiale.

    Internet propose également sa corne d’abondance en matière de savoirs, mais quid du précepteur/mentor ? Un accompagnement est selon moi primordial pour l’explorer sans se déconstruire.

    En tous cas, merci pour le débat. J’ai découvert de belles choses et des personnages dignes d’intérêt !

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  • Frédéric Maurel le 30 août 2011 - 13:21 Signaler un abus - Permalink

    Bonjour,
    Juste une petite proposition (non déjà relevée par les 28 autres commentateurs) en termes de traduction:
    cours pratique de prototypage intitulé « How to make (almost) anything » (Comment fabriquer (presque) n’importe quoi).
    Ici, il me semble qu’il faut remplacer “n’importe quoi” par “tout” (car en fait, j’imagine que dans cet atelier, on apprend à fabriquer “(à peu près) tout” et non pas “(presque) n’importe quoi”, ce qui est péjoratif dans le contexte et semble indiquer que l’atelier ne sert qu’à élaborer n’importe quoi (et donc rien d’utile ni d’efficace).
    Sinon, article plutôt intéressant.

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  • Les Nouveaux Etudiants le 13 septembre 2011 - 21:07 Signaler un abus - Permalink

    Bonjour à tous !

    Nous organisons un événement pour hacker l’éducation dimanche 18 septembre à l’ESCP : http://eduhacktion.eventbrite.com/

    Venez nombreux !

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  • ULESKI le 27 septembre 2011 - 18:53 Signaler un abus - Permalink

    Le public et le privé défilent bras dessus, bras dessous…
    Ce privé (subventionné à la hauteur de 500 milliards depuis 50 ans) complice d’une politique de l’abandon d’un enseignement public performant pour tous, politique dont les syndicats de l’enseignement public (minoritaires de surcroît !) peuvent être tenus comme responsables, car faute de pouvoir réformer le système d’enseignement, l’Etat depuis trente ans a dû se résigner à financer un secteur privé capable d’offrir à des familles écoeurées une porte de sortie hors d’un système qui n’a, exceptés pour les enfants des profs, syndicats ou pas -, qu’échec et relégation à proposer aux enfants des classes populaires – 60% des effectifs ; système figé, irresponsable et obscène ; idéologisé jusqu’au l’absurde et le sacrifice de millions d’enfants .
    Que penser alors de cette union du public avec le privé… de cette gauche qui s’en va coucher avec la droite ?
    De cette gauche-là, celle de l’Education nationale, il n’y a décidément plus rien à sauver.

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  • ChrOnOs le 31 octobre 2011 - 12:01 Signaler un abus - Permalink

    Merci !!!!

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  • Suboceana le 2 novembre 2011 - 1:26 Signaler un abus - Permalink

    L’article parle tout de même de bons points et de récompenses, qui sont abolies depuis des lustres dans notre système éducatif… C’est contre le principe de compétition que beaucoup d’enseignants se battent… Donnons les moyens aux enseignants, comme dans tous les métiers, on parle des mauvais, mais la plupart sont inventifs et proche des enfants, devant aussi palier ce que les parents ne font plus à la maison…

    L’apprentissage de l’abstraction et décortiquer l’information sont les éléments clés de la réussite, mais pour cela, il faut se poser avec les enfants, et pas à 30 par classe… Et croyez moi, sortons des quartiers sous cloche depuis lesquels on ne peut pas saisir où est le vrai malaise…

    Apprendre par la pratique… Qui a déjà vraiment lu les programmes ? Qui a vraiment vu ce qui se fait et ne peut aboutir parce qu’on casse le système en permanence. Quid de “la Main à la Pate” ? Des projets d’école, des journaux faits par les élèves, le théâtre, la musique ?… ça n’existe pas en France ? Qui demande des notes ? Les enseignants (non, ce sont les parents, les notes ne devraient plus exister depuis les suivis d’évaluation de compétences)…

    Les hackers oui, mais pour déconstruire le monde, il faut d’abord comprendre comment il s’est fait, l’observer, y expérimenter, pour être un citoyen efficace et qui sache où est sa force… Oui, il y a une spirale…

    L’école, à chaque fois que les enseignants veulent la hacker de l’intérieur, résister à l’autorité, veulent sonner l’alarme, on dit qu’ils ne pensent qu’à leur pognon et à leurs vacances… Ouvrons les oreilles plutot qu’essayer de vendre le microcosme dans lequel nous évoluons en pensant que rien de mieux ne peut se faire en dehors… Il est là le malaise de l’éducation… “Mon parcours est le meilleur, les autres se trompent, ils ne pensent à rien et même s’ils pensent, je ne veux pas le savoir !”

    Moi, dans le code depuis l’âge de 14 ans, j’en ai 48… Et je peux me vanter de connaître les deux mondes…

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  • Pierre Meur le 3 janvier 2012 - 8:42 Signaler un abus - Permalink

    La meilleure éducation n’est jamais qu’un formatage. La vraie liberté commence lorsque l’on remet ce formatage en question. En tout apprentissage, il faut chercher la finalité.

    Comme nous le dit la sélection naturelle : « Ne demeure que ce qui est efficace ».

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  • Galibi le 3 janvier 2012 - 18:14 Signaler un abus - Permalink

    Attention de ne pas tomber dans le rousseauisme quand même ! D’une façon ou d’une autre l’éducation/instruction est indispensable à la formation de citoyens en démocratie. Le maître ignorant de Rancière souligne à ce sujet un paradoxe radical : pour en finir avec la distance infranchissable entre l’élève et le maître, celui-ci doit renoncer à la fiction d’être possesseur d’un savoir infini (que l’élève ne pourra jamais atteindre). Mais Rancière n’en conclut pas pour autant que la relation entre maître et élève est en elle-même un obstacle à la spontanéité de l’élève, comme si celui-ci livré enfin à lui-même découvrirait alors la “science infuse”. Ce que le “maître ignorant” est le seul à pouvoir transmettre à l’élève, c’est le désir et la volonté d’apprendre.

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  • Colot le 10 février 2012 - 23:31 Signaler un abus - Permalink

    Intéressant… Mais ce courant existe depuis au moins 50 ans à travers différents type d’enseignement.. Maintenant, ce gars est peut-être fort en informatique mais il ne sait pas planter un chou. Donc il laissera l’expertise de planter des choux à celui qui veut planter des choux. Mais moi qui sait planter des choux je ne lui laisserai pas son expertise informatique.. juste parce que je ne le veux pas. Je suis capable de penser sur les choux aussi bien que sur les hackers. Parce que les livres m’ont donné la capacité d’analyser ce qui m’entoure. Faut dire que j’étais plutôt un premier de classe d’un point de vue littéraire j’entends. Je retrouve dans ce monsieur la fausse supériorité des matheux…Vive les choux et les chèvres bien sûr.

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    • Spyou le 10 février 2012 - 23:42 Signaler un abus - Permalink

      et par quelle espèce de magie l’homme qui a lu dans des livres serait plus apte à apprendre la bonne façon de planter des choux que l’homme qui a lu sur des écrans ?

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