Néo-journalisme en prise directe

Le 6 septembre 2011

Aux États-Unis, le néo-journalisme, connecté aux réseaux sociaux, est déjà enseigné dans les écoles. Une mutation nécessaire du métier pas encore évidente de ce côté de l'Atlantique, selon notre maître du genre, Damien Van Achter.

Être journaliste professionnel et refuser de se créer un compte sur Facebook, devrait, à mon sens, être considéré comme une faute professionnelle grave. Libre à eux de continuer à croire que  les habitants du web ne sont qu’une tribu de sauvages pédophiles qui violent les comptes en banque pour se payer de la coke dans la Vallée du Silicone. Ces journalistes-là ne parlent de toute façon déjà plus à personne.

Pour Dave Winer, ancien d’Harvard et pionnier du web, c’est le journalisme lui-même qui est en passe de devenir obsolète. C’est non seulement la fonction mais le concept lui-même d’intermédiaire de l’information qui est en train de voler en éclat. Selon Dave Winer :

Avant qu’internet n’arrive, cela coûtait très cher de transporter de l’information jusqu’aux consommateurs finaux, il fallait un fameux capital, des rotatives, des tonnes de papiers et une armada de camions et de paperboy. Désormais, les utilisateurs du numérique peuvent se mettre à l’écoute de n’importe quelle source et créer leurs propres références informationnelles. Nous n’en sommes qu’au début mais dans une génération ou deux plus personne ne déléguera à d’autres le soin de choisir les “bonnes” informations qui l’intéresse. Tout fonctionnera différemment.

Mutation irréversible de l’ADN du journalisme

La “démocratie de la distribution“, comme l’appelle Om Malik, est en train de faire muter l’ADN du journalisme avec une puissance phénoménale. Les conversations entre individus interconnectés sont en train de réaliser la prophétie du Manifeste des évidences (qui date pourtant de 1999). Elles sont devenues le marché. En 2011, si une information est importante pour un de ces individus, ce n’est pas le JT du soir ou la gazette du matin qui lui apprendra mais ses “amis” sur leurs blogs, sur Facebook ou sur Twitter. Seule compte la confiance qu’il place dans les composantes de son graphe social, et cette confiance ne s’acquiert pas sur simple présentation d’une carte de presse.

Oui, depuis quelques décennies je vois que nous vivons une période comparable à l’aurore de la Paideia, après que les Grecs apprirent à écrire et démontrer ; semblable à la Renaissance qui vit naître l’impression et le règne du livre apparaître ; période incomparable pourtant, puisqu’en même temps que ces techniques mutent, le corps se métamorphose, changent la naissance et la mort, la souffrance et la guérison, les métiers, l’espace, l’habitat, l’être-au-monde.

Face à ces mutations, sans doute convient-il d’inventer d’inimaginables nouveautés, hors les cadres désuets qui formatent encore nos conduites, nos médias, nos projets adaptés à la société du spectacle. Je vois nos institutions luire d’un éclat semblable à celui des constellations dont les astronomes nous apprirent qu’elles étaient mortes depuis longtemps déjà.

Pourquoi ces nouveautés ne sont-elles point advenues ? Je crains d’en accuser les philosophes, dont je suis, gens qui ont pour métier d’anticiper le savoir et les pratiques à venir, et qui ont, ce me semble, failli à leur tâche. Engagés dans la politique au jour le jour, ils n’entendirent pas venir le contemporain. Si j’avais eu à croquer le portrait des adultes, dont je suis, ce profil eût été moins flatteur.

Extrait du discours de Michel Serres, de l’académie française, à l’Institut de France (mars 2011)

La spéculation sur le marché du bits d’information n’a jamais été aussi élevée. Les paquets de dollars que certains drôles d’oiseaux sont capables, à tort ou à raison, de mettre sur la table pour détenir un puisième de Facebook ou de Groupon le démontrent à souhait. La valeur ne réside plus dans les entreprises de fabrication des contenus. Un article, aussi bon et pertinent soit-il, ne vaut plus rien, littéralement. S’il n’est pas distribué par les réseaux d’individus interconnectés, son existence se limitera dans le meilleur des cas à être disponible quelques temps via un moteur de recherche interne, jusqu’à ce que son média effectue la purge de ses serveurs “pour faire de la place”, comme il envoie au pilori les exemplaires papiers invendus.

Pour Clay Shirky,  “Ce n’est pas les journaux qu’il faut sauver, mais le journalisme”. A condition d’y inclure les autres supports et de s’accorder sur ce qu’est encore le journalisme …

Chercher à définir le journalisme s’apparente à déblayer la neige alors qu’elle tombe encore. Mais chacun s’accordera pour dire que la recherche de sens dans notre petite existence est une activité qui mérite à tout le moins de s’y mettre à plusieurs si l’on ne veut pas se laisser enfumer par les messages téléguidés des communicants de tous poils.

Parce que c’est sans doute là que réside le principal intérêt qu’il y a de “sauver le journalisme”, cet art noble et parfois martial tant il nécessite de canaliser son énergie et sa puissance pour viser, et toucher, juste. Et bien sot celui qui prétendrait détenir la clé magique qui ouvrirait tous les shakra du monstre médiatique. A tout le moins, remettre sans cesse le métier sur l’ouvrage nous permettra de nous approcher des nœuds gordiens qui font et défont la réputation de ces nouveaux intermédiaires de l’Information.

Le journalisme aura-t-il à souffrir des conflits d’intérêts, des abus de pouvoir ou des formes multiples de dévoiement des lois soi-disant intangibles qui régissent l’exercice de cette profession qui seront provoqués par ces nouvelles formes de distribution de l’attention ? Pas vraiment explique Mathew Ingram.

Au cours des 50 dernières années, les médias traditionnels se sont déjà rendus coupables de toutes les turpitudes possibles (les écoutes illégales de NewsCorp en étant le dernier exemple en date). Des journaux naissent et meurent, des blogueurs éclosent et disparaissent, mais le journalisme continuera d’exister, pas tant comme une institution mais plutôt comme un état d’esprit, un catalogue de convictions et de comportements en adéquation avec celles-ci. Il y a juste plus de manières différentes de faire du bon et du mauvais journalisme.

Si faire acte de journalisme est désormais à la portée de tout un chacun, en faire sa profession demande toutefois une dose d’abnégation et d’investissement sans précédent. Les médias qui ont enfin compris que leur écosystème était en train de passer cul par dessus tête sont en train de se réinventer en replaçant tant bien que mal la rue numérique au centre de leur stratégie. Ce qui apparaissait comme une évidence il y 5 ans, devient progressivement une urgence voire un sauve-qui-peut, parfois pitoyable il faut bien le dire.

L’une des planches de salut, à mon sens, est de réinvestir dans le potentiel humain, dans la richesse brute des individus qui se destinent contre vents et marées à vivre de leur journalisme. Faire en sorte de les rendre puissants grâce à la maîtrise des outils, d’attirer progressivement sur eux les spotlights de l’attention avant même qu’ils aient à se soucier de la rentabiliser. Mais de ne surtout pas éluder cette obligation, sans laquelle ils ne pourront prétendre à une quelconque indépendance d’esprit et d’action.

Devenir journaliste ? Un business plan à préparer !

Ce n’est donc pas une surprise de voir des écoles (de journalisme, mais pas que) telle Columbia ou CUNY à New York, dédier des pans entiers de leurs formations aux dynamiques mises en œuvre par les “roto-plateformes” que constituent désormais Google, Facebook ,Twitter, LinkedIn, Foursquare,Tumblr et consorts. Le cours de Sree Sreenivasan, disponible en ligne, en est à mes yeux le meilleur exemple. Il n’est pas non plus surprenant de voir émerger de nouvelles formations dédiées à la construction, à la gestion de son identité journalistique et à son financement ou encore des sessions de cours entièrement consacrées à l’usage du code html et à l’exploitation des bases de données.

Entreprendre une carrière en journalisme au 21ème siècle, c’est un investissement qui se planifie, un business plan qui se construit en marchant, un idéal qui se concrétise bien au delà de mettre sa tronche à la télé ou sa signature au bas d’un papier.

Comme l’homme de Néanderthal avec le silex et le feu, le journaliste du 21ème siècle doit apprendre à utiliser les outils de son temps pour espérer survivre et prospérer. Car oui, prendre soin du journalisme, c’est prendre soin des individus qui y aspirent. Et la meilleure assurance vie à laquelle ils peuvent souscrire ce n’est pas un contrat à durée indéterminée avec une entreprise de presse mais une reconduction tacite de moult transactions, humaines et matérielles, avec ceux et celles qui leur font l’honneur de s’informer avec et auprès d’eux.

Découvrez la version “pour les nuls” de ce billet en cliquant ici et, ci-dessous, en version audio par maître Van Achter :

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  • Pierre le 6 septembre 2011 - 9:42 Signaler un abus - Permalink

    Mouais mouais mouais.

    Je veux bien que la situation ci-dessus décrite trouve une réalité dans quelques cercles, mais est-ce suffisant pour parler “du” journalisme dans son ensemble ?

    Certes, on peut suivre des “micro-médias” que sont des experts, des talents ou des savoirs sur Twitter / Facebook et apprendre beaucoup via les réseaux sociaux. Mais la sélection de ces savoirs nécessite elle même un certain savoir. Or, ce “savoir-choisir”, est une fonction du journaliste qui n’est à ce jour pas remplacée.

    Si on regarde les graphes sociaux d’une manière plus globale, c’est à dire en sortant de la sphère journalistico-experts-médias, on se rend compte que les gens suivent M Pokora ou Justin Bieber sur Twitter, et pas un gourou de la propriété intellectuelle numérique (par exemple). Sur Facebook, les murs des gens sont remplis de photos de bébés.

    Et dans mon expérience, une bonne partie des gens qui me suivent sur Twitter, FB ou G+, le font parce que je suis journaliste, et qu’ils me font confiance pour que les infos que je leur fais suivre proviennent de sources sûres et constituent des nouveautés.

    Ensuite, les bribes d’infos captées ici ou là au cours de la journée via les réseaux sociaux sont très intéressantes et souvent plus proches des intérêts des gens, certes. Mais le 20h de TF1, c’est 20 millions de personnes tous les soirs. Un bon buzz sur le web, c’est 200 000 vus ?

    Donc tout ça pour dire qu’il ne faut pas enterrer le journalisme trop vite, ni même les médias dominants. Produire de l’info reste très cher, même sans rotative, et la sélectionner, l’acheminer, tout autant. Donc même si les modèles sont bouleversés, même si les sources sont fractionnées, il y aura quand même des “pôles d’informations” auxquels les gens (dans leur majorité) voudront s’abonner d’une manière ou d’une autre. Et donc une économie à mettre en place.

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  • Viscère le 6 septembre 2011 - 10:14 Signaler un abus - Permalink

    “Être journaliste professionnel et refuser de se créer un compte sur Facebook, devrait, à mon sens, être considéré comme une faute professionnelle grave. Libre à eux de continuer à croire que les habitants du web ne sont qu’une tribu de sauvages pédophiles qui violent les comptes en banque pour se payer de la coke dans la Vallée du Silicone.”

    Je m’excuse, mais commencer un essai sur le journalisme par ce genre de troll augmenté, c’est partir avec de bien mauvaises bases.

    Ensuite, je reste sceptique sur la capacité du public de se passer des journalistes. Sur facebook, lorsqu’un ami me passe une information, il le fait généralement par le biais d’un média. Et lorsque je vois une information exploser dans mon cercle de réseau sociaux, cette information ne vient pas de nulle part. Ce ne sont pas mes amis d’amis d’amis Tunisiens ou Égyptiens qui m’ont informé du printemps Arabe.
    l’information est toujours coûteuse à obtenir (au moins en temps) et à trier. Elle continuera de l’être, spécialement si tout le monde devient un média potentiel. Se passer d’un intermédiaire, dans un cas d’hyper information, je ne pense pas que ce soit réalisable.

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  • Laurent Redondo Sanchez le 6 septembre 2011 - 10:51 Signaler un abus - Permalink

    Dites-moi.

    Quel sujet majeur de l’actualité est actuellement issu des réseaux sociaux ? Quel journaliste digne de ce nom fabrique son contenu en consultant Twitter ou Facebook ? Si le néo-journalisme dont vous parlez consiste à évoquer les faits divers locaux en twitpics, j’aimerais qu’on revienne peut-être à d’autres considérations. Au niveau (géo)politique, macroéconomique, judiciaire, scientifique ou sociétal, vous pouvez me citer un seul contenu majeur ayant été construit à partir d’éléments des réseaux sociaux ?

    Sinon, quel est l’objectif de cet article ? Expliquer que les groupes de presse doivent être actifs sur internet ? Décrire le travail d’un journaliste connecté ? On se croirait en 1998. Et oui, les groupes de presse ont évolué, vous n’avez peut-être pas remarqué.

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  • Laure le 6 septembre 2011 - 11:10 Signaler un abus - Permalink

    “Ces journalistes-là ne parlent de toutes façons déjà plus à personne.” : Ces journalistes-là sont encore trop souvent nos patrons.

    “En 2011, si une information est importante pour un de ces individus, ce n’est pas le JT du soir ou la gazette du matin qui lui apprendra mais ses “amis” sur leurs blogs, sur Facebook ou sur Twitter.”: Dans 90% des cas (hors catastrophes naturelles, actes terroristes) les “amis” ont appris l’info en question via un média, ou via un journaliste. Quand même.

    “Un article, aussi bon et pertinent soit-il, ne vaut plus rien, littéralement. S’il n’est pas distribué par les réseaux d’individus interconnectés, son existence se limitera dans le meilleur des cas à être disponible quelques temps via un moteur de recherche interne” C’est bien vrai.

    Et sinon, <3 Michel Serres.

    Signé : une journaliste 2.0 coincée dans un média 1.0

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  • Laurdelfe le 6 septembre 2011 - 11:12 Signaler un abus - Permalink

    Slt Dam’s, je reconnais bien ton style à l’accroche “Pitbull”.
    Nous en connaissons plus d’un qui se sentira au minimum accrocher au bas du pantalon par tes canines MAIS deux éléments provoquent en moi l’ombre d’une introspection (un début seulement ;-)
    1/ Journalisme & business plan doivent rester séparer. L’info n’est pas un produit comme les autres même si sur le net la limite devient vite difficile à déceler. Personnal branding, name dropping (sur twitter) et parfois infos carrément sponsorisées ne permettent pas toujours d’y voir très clair en matière de validation des informations émises. C pas parceque c mon “pote” qu’il fait mieux que JP Pernod à 13h.

    2/ Attention au ton pamphlétaire et à la forme (bcp de citations) qui rendent le contenu très péremptoire. Je lis Michel Serres avec plaisir et partage son amour de grand-père pour “sa Petite Poucette” du 21ème siècle mais pas d’angélisme non plus. Talleyrand a écrit “Tout ce qui est excessif est insignifiant”

    Presque un tweet dans la forme non?

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  • Damien Van Achter le 6 septembre 2011 - 11:51 Signaler un abus - Permalink

    @Pierre: où ais-je écrit que je voulais enterrer le journalisme ? Cela fait 7 ans que Facebook existe, 5 ans pour Twitter. Ces outils commencent à trouver une maturité et les journalistes qui n’ont pas le minimum de curiosité pour au moins aller y jeter un oeil sont effectivement en train de se rendre eux-mêmes obsolètes.

    @Viscère: vous doutez de “la capacité du public de se passer de journalistes” ? C’est très bien. Moi aussi.

    @Laurent RS: vu tes antécédents, je t’autorise à me tutoyer. Et félicitations, ton niveau de trollage n’a pas baissé d’un poil en 5 ans. Belle constance.

    @Laure: courage et persévérance (cfr. l’assurance-vie que j’évoque à la fin de mon post)

    @LaurentDelfe: c’est vrai qu’il s’agit sans doute d’un de mes papiers les plus “mordants”. Après en avoir turbiné plus de 3.000 en 6 ans, je me suis autorisé une petite incisive. Parce que entre les déclarations d’intentions (ad nauseam parfois) et la réalité du terrain, les médias installés n’utilisent encore le web (ou lui font des procès, au choix) qu’à des fins purement utilitaristes. “Je veux juste avoir plus de fans que mon concurrent” est la phrase que j’ai le plus entendu en briefing ces derniers mois.

    Sur l’aspect business, entièrement d’accord avec toi pour la séparation des pouvoirs … j’irais même plus loin. Pour moi, l’info n’est pas un produit. C’est un service. Mais tout ce qui est “autour” et à vocation à graviter en périphérie de l’info peut devenir produit. Et donc financer l’investigation. à creuser ….

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  • marsupilamima le 6 septembre 2011 - 12:03 Signaler un abus - Permalink

    Tant qu’il n’y aura pas de nouveau modèle économique de la presse, que les journalistes soient ou non sur facebook, est un peu secondaire.
    Que l’on twitte ou non, qu’on soit capable de réaliser un webdocu ou non, que l’on ait été formé en école ou sur le tas, rien ne tient tant qu’on n’est pas payé et qu’on n’a pas les moyens de travailler.

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  • Laurent Redondo Sanchez le 6 septembre 2011 - 12:09 Signaler un abus - Permalink

    Contrairement à vous, Damien, je suis producteur de contenu depuis dix ans et je ne travaille qu’avec des pure players, autrement dit, des gens uniquement actifs sur le web.

    En dix ans d’écriture et d’intenses lectures, je n’ai encore jamais vécu l’histoire d’un contenu créé par Twitter ou Facebook et encore moins sa valorisation par les médias sociaux. Car, on oublie souvent qu’un article partagé sur Facebook n’est jamais lu. On a le titre et c’est bon, on sait.

    Mais vous devez avoir raison, sans Facebook et Twitter, le journalisme aurait déjà disparu. J’ai bien compris.

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  • an391 le 6 septembre 2011 - 12:57 Signaler un abus - Permalink

    Bof, les “réseaux sociaux” ne serait-ce pas plutôt l’Alzheimer du web, voir de la civilisation industrielle ?

    Pendant ce temps le pic de production de pétrole est déjà passé

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  • ropib le 6 septembre 2011 - 13:13 Signaler un abus - Permalink

    Cet article est des plus intéressants et je suis convaincu par un certain nombre de choses. Je réagis néanmoins sur un point qui est celui de la perpétuation aujourd’hui du journalisme d’hier et de son utilité.
    En effet “si l’on ne veut pas se laisser enfumer par les messages téléguidés des communicants de tous poils” suppose trop vivement que le journalisme d’aujourd’hui n’est pas téléguidée, qu’elle ne serait que vaguement corrompue à la marge (exemple des Newscorp et des écoutes téléphoniques) et manipulée par accident et au cas par cas. Or il me semble que le problème est beaucoup plus profond. Certes le journalisme de presse est mis en concurrence avec un journalisme de web, mais le dysfonctionnement majeur c’est que la presse ne fait plus de journalisme. L’exemple qui me semble le plus frappant c’est le journalisme sportif, on va restreindre encore un peu au sujet de la création du récit autour de l’équipe de France de football lorsque Domenech était sélectionneur. L’avantage de cet exemple est dans sa simplicité et qu’on embrasse à peu près bien l’ensemble de la couverture médiatique car c’est un sujet assez étanche qui ne porte pas beaucoup à conséquence.
    Lors de la couverture de la coupe du monde 2006 nous avions donc des journalistes qui suivaient au jour le jour l’équipe de France et qui se plaignaient du mutisme du sélectionneur, des joueurs et de tout le staff technique. Les résultats devenant bons petit à petit les journalistes ont été obligés de revoir leurs reproches à la baisse. Néanmoins la problématique était toujours présente: attendu que Domenech et autres ne disaient plus ou moins rien et qu’ils limitaient d’eux-même à ne traiter que des interviews et ne se livraient jamais à aucune analyse de fond (qu’est-ce que le football ? qu’est-ce qu’un sport d’équipe ? qu’est-ce qu’un spectacle sportif ? que nous dit le déroulement d’un match de football, et, à ce titre, celui qui est l’objet de l’attention présente ? que signifie tout ça ? comment en déduire une tactique, une stratégie, une morale comme théorie de la mesure de l’efficacité sociale, une éthique comme théorie de l’action morale ? etc. -> une approche critique du spectacle donc) les journalistes se retrouvaient tout de même au chômage technique et devaient se plaindre pour justifier à leur hiérarchie leur absence de travail ou, au minimum, de plus-value. A la suite de cette coupe du monde Domenech est donc resté sélectionneur malgré des relations tendues avec les journalistes. Ceux-ci lui reprochant de ne jamais répondre à certaines questions et de faire des conférence de presse insignifiantes. On pourrait alors se poser la question de la pertinence de répéter les mêmes questions qui restent sans réponse pendant 6 ans (en considérant que l’effet de surprise peut jouer quelques mois, que le côté répétitif peut n’être détecté qu’au bout d’un an, il reste 5 ans d’imbécilité), celle de la présence à ces conférences de presse mais surtout celle du relais toujours recommencé de leur insignifiance quand justement le journalisme est la construction de signification (et je passe sur les déclarations de décérébralisation comme éthique professionnelle, comme celle d’un grand nom de la profession qui disait très sérieusement, en étant tout de même repris par des confrères, qu’indépendamment de l’argumentation apportée par un interviewé on ne comprenait rien et que l’interviewé devait savoir que les journalistes n’allaient pas cherché à comprendre et surtout qu’ils allaient faire semblant de ne pas le faire et que c’était la règle du jeu).
    De manière plus générale, remarquons que le “storytelling” est une technique de communication, employée notamment par les communicants en politique, alors que ça ne devrait être qu’une technique de journalisme. Je ne veux pas dire par là que les communicants n’ont pas le droit d’utiliser cette technique, je veux dire que les journalistes faisant leur travail ne le leur en donneraient même pas l’occasion: les communicants devraient être submergés sur ce point. Il s’avère que le journaliste aujourd’hui est devenu un passeur de plats, que justement il ne fait que transmettre “les messages téléguidés des communicants de tous poils” et que quand quelqu’un travaille à autre chose (un entraîneur, un homme politique, un fonctionnaire, un salarié…) et ne sert pas la soupe du journaliste, quand il l’oblige à faire son métier, il se fait descendre. Jusqu’au retournement, par exemple avec la couverture d’évènements du type rébellion en banlieue où les journalistes se retrouvent protégés par les forces de l’ordre et caillassés par la population.
    La crise actuelle du journalisme est due à sa démission avant d’être due à un changement de support et une restructuration de la profession.

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  • Gouzon le 6 septembre 2011 - 16:33 Signaler un abus - Permalink

    L’article commence ainsi: “Être journaliste professionnel et refuser de se créer un compte sur Facebook, devrait, à mon sens, être considéré comme une faute professionnelle grave”. Eh bien désolé mais la lecture de l’article ne me démontre pas du tout le “claim” de départ (j’étais prêt à me laisser convaincre), donc c’est un mauvais article, donc du mauvais journalisme: cqfd ! Car il ne fait qu’accréditer une thèse mais n’en démontre pas la pertinence ni l’heuristicité… Et je n’ai pas besoin de Facebook ou twitter pour le constater: avant de maîtriser les médias sociaux (qui sont peut-être indispensables pour faire du journalisme, mais j’attends qu’on me le démontre…), il convient de maîtriser les principes essentiels du journalisme qui ne varient pas, qu’on soit dans un mass média ou dans un média de niche…

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  • Jean-Christophe Dupuis-Rémond le 6 septembre 2011 - 19:00 Signaler un abus - Permalink

    Bonsoir Damien, et les autres.

    @Laurent, juste une remarque, je vois au moins 2 sujets issus de Twitter : La disparition AF Paris évoqué dans la nuit, 1ère dépêche AFP près de 8 h après… Et bien sur DSK…

    @Dam, en complément de ton billet, une extension minime sur mon blog :
    http://numelog.wordpress.com/2011/09/06/du-discernement%E2%80%A6-et-de-l%E2%80%99acceptation-de-l%E2%80%99idee-de-se-former/

    ;-)

    @jcdrpro

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  • Jacques Coulomb le 7 septembre 2011 - 9:22 Signaler un abus - Permalink

    L’échange entre Laurent et Damien montre que ce dernier est rancunier et pas très constructif. Les querelles de bac à sable ont-elles vraiment leur place ici?

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  • Damien le 7 septembre 2011 - 10:41 Signaler un abus - Permalink

    @ropib: merci pour cette longue et très intéressante contribution.
    @Gouzon: navré que les arguments que j’expose ne suffisent pas à vous convaincre de l’intérêt pour les journalistes de rester curieux face aux outils du web
    @Jean-Christophe: thx pour le lien ! “Et ne surtout pas s’arrêter aux scories qui entourent l’usage général de ce réseau social !” … c’est pile-poil ça !
    @Jacques Coulomb: tout-à-fait d’accord avec vous. Pour construire une conversation, il faut être au moins deux. En 6 ans de trollage, Laurent m’a montré qu’il en était incapable. D’où mon choix de couper court.

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  • El le 7 septembre 2011 - 13:53 Signaler un abus - Permalink

    Intéressant. Et être journaliste en ayant ouvert un compte Facebook en 2007, Twitter en 2008, Foursquare en 2009 et avoir quitté tout ça en 2010 après s’être aperçu que ce monde n’est pas le monde mais la reconstitution d’une oligarchie, avec d’autre têtes certes mais ni plus ni moins bornée que la précédente, ça mérite quoi?

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  • ropib le 7 septembre 2011 - 17:35 Signaler un abus - Permalink

    Ça ne mérite pas grand chose. Imaginons un moine copiste qui décide d’aller travailler dans une imprimerie nouvellement inventée, il se rend compte que dans cette imprimerie s’y construit une relation hiérarchique, y voit l’invention du salariat, d’une entreprise capitaliste… peut-être même qu’il préfère son monastère, basé sur des hiérarchies qu’il connait et méritée, sur un système économique qui lui parait plus juste et plus humain et décide de quitter cette imprimerie qui ne changeait finalement pas fondamentalement l’humanité. Ben j’ai envie de dire que ce n’est pas important. Peut-être d’ailleurs que c’était une imprimerie nulle avec des idiots et qu’elle n’avait même pas de quoi imprimer correctement. Peut-être qu’il avait bien raison de se tirer. Ça n’empêche pas grand chose en fait.

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  • Narscimonel le 7 septembre 2011 - 21:57 Signaler un abus - Permalink

    Je suis heureux, pour une fois, de voir un peu de contestation dans les commentaires de ce site.
    Je suis toujours un peu choqué par ces articles qui professent tous la mort du journalisme… qu’on annonce mort et enterré depuis des années.

    J’ai l’impression que cet article se noue autour d’une énorme contradiction : d’un coté des experts qui prévoient la fin du journalisme et de l’autre un journaliste qui défend son métier en vantant les mérites des réseaux sociaux.

    Je tiens à rappeler à tous l’expérience de ces 5 journalistes radio enfermés dans une ferme avec twitter et facebook comme moyens d’information. Ils en ont bien conclu que c’était insuffisant et qu’ils passaient à coté de plein de choses.

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  • Damien Van Achter le 8 septembre 2011 - 17:05 Signaler un abus - Permalink

    @ropib: merci pour cette longue et très intéressante contribution.
    @Gouzon: navré que les arguments que j’expose ne suffisent pas à vous convaincre de l’intérêt pour les journalistes de rester curieux face aux outils du web
    @Jean-Christophe: thx pour le lien ! “Et ne surtout pas s’arrêter aux scories qui entourent l’usage général de ce réseau social !” … c’est pile-poil ça !
    @Jacques Coulomb: tout-à-fait d’accord avec vous. Pour construire une conversation, il faut être au moins deux. En 6 ans de trollage, Laurent m’a montré qu’il en était incapable. D’où mon choix de couper court.
    @El: intéressante démarche. Comment qualifieriez-vous votre manière de travailler actuellement ?
    @ Narscimonel: vous choisissez le meilleur exemple qui existe pour démontrer tout l’intérêt des réseaux sociaux pour le journalisme. Merci ! Ces journalistes néophytes complet en matière d’usages des réseaux sociaux n’auraient évidemment pas pu arriver à d’autres conclusions que celles que vous décrivez. Ils ont fait la preuve éclatante qu’une présence en ligne se construit pas à pas, jour après jour et que c’est de la qualité des échanges et conversations qu’ils peuvent nouer AVANT d’en avoir “besoin” que dépends le résultat d’une investigation menée AVEC les internautes (et pas en servant d’eux comme d’alibi, pire, comme faire-valoir)

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  • El le 9 septembre 2011 - 13:37 Signaler un abus - Permalink

    @damienvanachter
    simple: une pratique de repenti. Essayer de produire de l’info plutôt que de la reproduire, raconter des histoires complètes plutôt que de relayer des anecdotes, d’une façon générale enquêter plutôt qu’agréger ou trier.
    Ce n’est pas une question de média ou de support. Ca demande plus de temps et la notoriété n’est pas immédiate. Mais le sentiment de rencontrer à nouveau des vrais gens, avec des vraies histoires singulières, de ne plus être dans la généralité ou le dérisoire, de se sentir enfin en contact avec des personnes qui vivent, qui souffrent, qui se réjouissent sans cynisme ni dédain, l’idée ne plus être ce chevreuil fasciné par les phares de la voiture qui va l’écraser, c’est totalement grisant.
    Vous devriez essayer.

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  • Jacques Coulomb le 9 septembre 2011 - 13:45 Signaler un abus - Permalink

    Damien, je me fiche de votre passé/passif avec Laurent. Sa contribution ici était digne d’intérêt et vous lui répondez comme un gamin de cour de récréation. Cette attitude dessert exactement le message que vous essayez de défendre (les réseaux sociaux sont l’avenir du journalisme). Par ailleurs, vos envolées lyriques ne répondent pas à la question n°1 de tous groupes médias: comment gagner de l’argent dans le nouvel environnement numérique? Le reste n’est que palabres…

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  • ropib le 9 septembre 2011 - 17:07 Signaler un abus - Permalink

    @Jacques Coulomb> Le journalisme de presse n’est pas encore vivant juste sous le prétexte qu’il génère encore de l’argent et qu’en utilisant les métriques propre à la presse alors le journalisme de presse est le plus efficace. Alors d’une part les métriques utilisées (et demandées) ne sont sans doute pas pertinente, d’autre par il est question de remarquer que le journalisme de presse ne fonctionne plus. Évidemment Le Figaro peut continuer de faire des unes pour dénoncer l’assistanat, mais ils touchent des subventions de l’état pour le faire.
    Combien d’articles majeurs ? Mais l’erreur est de chercher à être majeur: c’est le temps de la minorité. Rien ne remplace le mass-media, mais celui-ci meurt, il structure de moins en moins la société.
    Alors oui, on peut parler des moines copistes, dire qu’ils existent encore: combien de pages précieusement calligraphiées par la presse de Gutemberg ? On s’en fout.

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  • Damien Van Achter le 9 septembre 2011 - 19:13 Signaler un abus - Permalink

    @El: tu ne crois pas que ces pratiques sont justement très complémentaires au sein d’un même média ? En avoir pour tous les goûts, toutes les temporalités, toutes les “profondeurs” … Ceci dit, si tu agrèges, tries, “reproduis”, rien ne t’empêche ensuite de creuser et de produite du neuf. Tandis que si tu va directement en profondeur en prenant le temps qu’il faut, tu loupes toute la partie “chaude” du live … que tu ne pourras jamais rattraper. Idéalement, il faudrait pouvoir faire les deux. Non ?

    @JacquesCoulomb: ok, je le reconnais volontiers, j’ai envoyé chier Laurent alors que ses réflexions, venant d’un autre, m’aurait sans doute amener à poursuivre la conversation et à argumenter (comme je le fais avec vous, d’ailleurs, en passant). Tout comme lui est libre de raconter ce qu’il veut (et oui, son passif joue, que vous le veuillez ou non), je suis libre de donner suite ou pas à une conversation.

    Quant à mes “palabres et envolées lyriques qui ne répondent pas la question n°1 de tous groupes médias: comment gagner de l’argent dans le nouvel environnement numérique?”, je serais tenté de vous répondre à la manière que Clay Shirky: “Ce ne sont pas les groupes média qu’il faut sauver, mais le média” (netneutrality, toussa)

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  • Robert le 11 septembre 2011 - 5:33 Signaler un abus - Permalink

    Apparemment l’auteur de cet article n’est pas un journaliste. Ou à tout le moins, il lui manque quelques rudiments pour exercer ce métier. Cela sent l’apprentissage besogneux sur le tas.
    Croire que la bonne volonté et l’ambition utilisant l’outil de l’internet peuvent remplacer une formation est le premier pas vers une mort de ce métier.
    Désolé, tout le monde ne peut pas être journaliste. Cette profession comme toutes les autres exigent l’acquisition de techniques, de savoir-faire, de maîtrise pour qu’il s’exerce convenablement.
    Le danger de l’internet est de faire croire que tout le monde peut être journaliste. Qu’il suffit de disposer d’un ordinateur et de se connecter au réseau. Cela est un peu court.
    Quant à Facebook, son premier problème est celui de la fiabilité des sources. Or le respect de ces dernières est le fondement même de la rigueur… C’est la leçon numéro un que l’on enseigne dans les bonnes écoles.

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  • ropib le 11 septembre 2011 - 12:24 Signaler un abus - Permalink

    @robert> La question peut se poser. A priori le statut de journaliste n’est obtenu que par un rôle dans une entreprise de journalisme, la définition est auto-référencée et ne prend pas en compte la notion de compétence ni celle d’utilité sociale. A côté de ça il y a bien une formation professionnalisante qui est normalement exigée pour tenir ce rôle, mais là c’est une question de cohésion sociale au sein de la profession, qui acceptera ou non l’hétérogénéité. Enfin il faut remarquer que l’auto-identification fonctionne désormais sur un biais cognitif qui fait que l’utilité sociale du journalisme et les objectifs des entreprises de presse (presse non pas en rapport avec les rotatives mais dans l’organisation sociale) sont en divergence.
    On n’en sortira pas. Les journalistes considèrent que c’est le monde qui est en dysfonctionnement, tous les autres considèrent que c’est le journalisme qui a raison. Mais dans cette histoire il faut revenir au basique: il faut être utile.
    Tout ceci est bien abstrait. Mais si on dit que le journalisme c’est diffuser la Vérité aujourd’hui, discours commercial pendant des décennies, tout le monde rit. Si on dit que le journalisme c’est tordre toute sorte d’information pour servir des intérêts particuliers, tout le monde pleure. Entre la publicité qui possède la licence de mensonge et le journalisme qui a d’office la palme de la vérité, on se rend compte de plus en plus que la différence est mince. Il faudrait commencer par unifier les 2 et enlever la palme et la licence en même temps: que tout le monde ait à prouver son utilité.
    L’acquisition de techniques, les formations en école etc. c’est très bien, mais aujourd’hui cela sert surtout aux journalistes de se reconnaître entre eux. On pourra noter par exemple que pas une seule information non vérifiée qui ait fait du buzz sur internet n’a pas été reprise par le mass-media. Le journalisme est quelque chose d’important et d’utile, mais aujourd’hui force est de constater qu’il est abandonné même par ceux qui sont payés pour le faire.

    Imaginons que je sois informaticien, que j’ai tous les diplômes, le revenu, la couverture sociale qui va avec. Quelqu’un qui a appris tout seul dans son garage à programmer crée des logiciels et les publie gratuitement sur le web… désolé mais même s’il n’a pas la feuille d’imposition qui ca avec, donc même s’il n’est pas reconnu par l’état comme tel, il est informaticien pour tous ceux qui utilisent les outils qu’il met à disposition (pas ceux qui en font juste l’acquisition d’ailleurs, mais bien ceux qui les utilisent). Lui-même d’ailleurs ne se dira peut-être pas informaticien. Nous nous retrouvons avec une question beaucoup plus large que celle du journalisme, puisque ce sont les idées de profession, de rôle, de reconnaissance, de multi-appartenance qui sont là.

    “Il n’est pas journaliste” sonnait il n’y a pas longtemps encore comme une insulte, c’est devenu presque une médaille.

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  • Jacques Coulomb le 12 septembre 2011 - 9:44 Signaler un abus - Permalink

    @Damien : c’est une belle citation, mais cela ne répond pas au problème n°1 qui se pose jour après jour aux médias et aux journalistes : comment rentabiliser cette activité dans un contexte économique de plus en plus tendu? Faites moins d’idéologie, de discours théorique, et allez voir dans les rédactions et les régies ce qui s’y passe.

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  • Damien Van Achter le 13 septembre 2011 - 10:53 Signaler un abus - Permalink

    @ Jacques Coulomb: j’ai vécu 10 ans, dans deux des plus grandes rédactions de Belgique, trilingues et cross plate-formes. Jene prétends pas, loin de là, détenir LA solution, mais juste des pistes pour aider leur journalistes à se reconnecter avec les audiences qui migrent progressivement mais sur un rythme croissant, vers des dynamiques conversationnelles et de co-création de valeur ajoutée. On peut regretter la destruction d’un business modèle séculier, mais ça ne changera pas la donne. Que faut-il faire ? Ecouter les régies, qui elles aussi voient leur (lucrative) manière de fonctionner exploser en vol ? Ou se mettre à l’écoute des audiences connectées et chercher à tout prix à conserver la substantifique moëlle de ce qui fait le sens même du méier de journaliste ? De mon point de vue, je suis convaincu que si nous retrouvons la confiance des utilisateurs, de nouveaux business model apparaîtront. Sans doute pas demain, mais un jour, oui, certainement. Il y aura des “morts”, du coté des inadaptés (des entreprises mais aussi des individus), il y aura aussi des résurrections, du coté des agiles et des non nombrilo-centrés. imho.

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  • Jacques Coulomb le 14 septembre 2011 - 11:54 Signaler un abus - Permalink

    Damien, vous parlez dans le vide. Si je vous suis bien: les groupes médias vont mourir, les régies aussi, on doit inventer de nouveaux modèles économiques mais vous ne donnez aucune piste concrète en-dehors de grandes formules incantatoires (“écoutons les audiences connectées” etc.). Je crois que je vais arrêter ici la discussion car votre mode de pensée ne produit rien de concret qui puisse véritablement “sauver le média” comme vous dites.

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