Sarkozy trébuche en allemand

Dimanche soir, dans la bouche du Président Nicolas Sarkozy, l’Allemagne avait valeur d’exemple pour illustrer la plupart des propositions qu’il a annoncées. Bases de données à l'appui, nous avons vérifié ses références allemandes. Dans la majorité des cas, celles-ci se révèlent très éloignées de la réalité. Elles tracent les contours d'un pays certes enviable. Mais qui ne ressemble pas à l'Allemagne.

L’Allemagne prise pour exemple par Nicolas Sarkozy lors de son interview d’hier n’existe pas vraiment. Si quelques uns des chiffres cités par le chef de l’État pour vanter le miracle allemand s’avèrent exacts, la plupart des références utilisées sur les volets sociaux et économiques de sa démonstration sont erronées ou dissimulent une autre réalité que celle présentée par le Président. Notamment pour convaincre sur l’augmentation de la TVA, une initiative inspirée par Berlin.

La défense des emplois industriels, au premier rang des priorités économiques annoncées par Nicolas Sarkozy, s’appuie grandement – à l’entendre – sur les enseignements fournis par l’économie d’outre-Rhin. Selon lui, l’Allemagne est :

Le seul pays d’Europe qui, non seulement a gardé ses emplois industriels mais les a développés.

Baisse continue

Centralisé par l’agence statistique européenne Eurostat, l’indice de la main d’oeuvre dans l’industrie (hors construction, assainissement, gestion des déchets et dépollution) montre au contraire une Allemagne qui se désindustrialise presque aussi vite que la France. Entre 2002 et 2010, à l’exception des années 2007 et 2008, la baisse est continue et même plus forte en Allemagne en 2009 (-2,8%) et en 2010 (-2,4%).

Une tendance partagée par l’ensemble des pays européens, même ceux ayant connu une embellie d’avant-crise, comme la Pologne. Dans son entretien, Nicolas Sarkozy déclare en outre que, malgré la hausse de trois points de la TVA :

Les Allemands n’ont eu aucune augmentation des prix. Le risque d’inflation n’existe pas.

Les données européennes montrent sur ce point des tendances contraires. Base des comparaisons entre pays, l’indice des prix à la consommation harmonisé augmente continuellement sur les cinq dernières années : avec pour base 100 l’année 2005, il passe ainsi en 2008 à 107 points pour atteindre 111 en 2011, soit 3,7% d’augmentation depuis le début de la crise.

Sur certains volets, cependant, le Président de la République pointe de justes références. Avec 450 000 jeunes en apprentissage en France et 1,6 million outre-Rhin, l’avance allemande dans ce type de formation est incontestable. En revanche, si le taux qu’il évoque de “moins de 8% de chômage” est juste, il couvre des réalités sociales bien moins enviables, notamment celle du sous emploi.

Depuis 2003, Berlin a en effet mis en place une série de dispositifs de retour à l’emploi par des temps partiels exonérés de charge, les “mini jobs” (loi Hartz I à IV), qui complètent un autre emploi ou petit boulot. Au départ limités à 15 heures par semaine, ces boulots ciblant principalement les jeunes sont plafonnés à 400 euros par mois, avec 25 % de charges salariales forfaitaires mais sans couverture sociale. Malgré la création d’emploi de transition (les “midi jobs” de 400 à 800 euros avec une couverture sociale), les “mini jobs” ont explosé et concerneraient, selon le rapport sur les performances de politiques sociales en Europe des députés Michel Heinrich et Régis Juanico, un travailleur sur quatre.

Le nombre important et croissant de “mini jobbers” conduit à nuancer les chiffres du chômage. Plusieurs études et syndicats soulignent qu’une part significative des “mini jobbers” (surtout les femmes, majoritairement concernées par ces dispositifs) souhaiterait travailler davantage. Or, le mini-job a échoué dans son objectif de permettre une transition vers un midi-job ou un emploi régulier à plein temps. Au contraire, il conduirait à une précarisation croissante de l’emploi, de même qu’à une paupérisation des bénéficiaires dans la mesure où une rémunération de 400 euros est en deçà du salaire de subsistance.

Bien que décriés par les syndicats (et remis en cause par Angela Merkel elle-même lors du congrès du Parti chrétien démorate le 14 novembre 2011), les “mini-jobs” garantissent depuis cinq ans à l’Allemagne un taux de chômage plutôt bas.

Sauf la France

Mais l’Allemagne n’aurait pas eu l’air si bon élève si le Président de la République n’avait pas si lourdement décrit la France en cancre, notamment sur les questions de logement :

Dans tous les pays du monde, quand ils sont en crise, le prix de l’immobilier baisse. Sauf un : la France, où il continue à monter.

Pas besoin de passer en revue le monde entier pour voir que cette exagération dans le propos ne se retrouve pas dans les chiffres. Au niveau européen, la France, la Grande-Bretagne, la Belgique, le Luxembourg et la Finlande ont vu leur indice des prix de l’immobilier augmenter du lendemain de la chute de Lehmann Brothers (quatrième trimestre 2008) au troisième trimestre 2011. En Suède, il est même passé de 125,4 (avec 2005 pour base 100) à 142,5 sur la même période, avec seulement un léger fléchissement fin 2010.

Quand il ne s’essaie pas aux comparaisons, les chiffres du chef de l’Etat sont heureusement justes : aucune erreur sur l’ampleur de la dette (“presque 1700 milliards”) ou la destination des exportations (60 % vers l’Union européenne, troisième fournisseur de l’Allemagne et premier client). Mais bien qu’il ait martelé la suppression de 160 000 emplois publics comme un accomplissement de son quinquennat, Nicolas Sarkozy grossit encore la note à vouloir faire de la France l’Etat le plus dépensier :

Nous sommes le pays d’Europe qui a les dépenses publiques les plus lourdes

Si la France est dans le peloton de tête avec 56,6 % de son PIB en dépenses des administrations publiques, elle est dépassée par deux autres Etats membres : d’une courte tête par le Danemark (58,2 % en 2010) et de dix gros points par l’Irlande (66,8 % pour la même année). Si Dublin a connu un accroissement très sensible de ses dépenses depuis 2009, le Danemark battait déjà la France pour la part de PIB dans le budget de l’Etat l’année précédente.


Ilustrations et photos par Stefan (CC-BYSA) remixée par Ophelia Noor pour Owni.fr
Vérifications réalisées par Sylvain Lapoix, Pierre Leibovici et Marie Coussin. Sources Les dépenses publiques ; L’emploi industriel en Allemagne ; Les prix à la consommation ; Prix du logement (pdf)

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  • BOB le 30 janvier 2012 - 8:20 Signaler un abus - Permalink

    il faut qu’il parte, Son bilan pour la classe ouvrière est catastrophique : huit millions de pauvres, trois millions de précaires, trois millions de temps partiels, cinq millions de chômeurs, et des salaires de misère pour la majorité des salariés…..
    http://2ccr.unblog.fr/2011/12/05/ouvriers-sarkozy-vous-salue-bien/

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    • René de Sévérac le 30 janvier 2012 - 9:46 Signaler un abus - Permalink

      Bob, votre bilan est bien triste, mais rassurerez-vous,
      pour cela il suffit de songer à la situation dans laquelle nous serons d’ici (disons) cinq ans !
      Et ne pensez pas que je sois un supporter de Sarko.

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      • Soulan le 30 janvier 2012 - 15:43 Signaler un abus - Permalink

        Il est tout à fait pertinent de dire que le bilan dans 5 ans serait épouvantable, si, par malheur pour la France, le candidat de la gauche était élu…

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  • Jeremy le 30 janvier 2012 - 9:07 Signaler un abus - Permalink

    C’est un peu hypocrite cet article. Vous montrez, chiffres à l’appui, que meme si Sarkozy à tort, les graphiques illustrent son propos. Vous dites que l’immobilier à augmenté au UK, mais est-ce vraiment comparable à l’augmentation de la france?

    Meme si il a faux sur certains chiffres, il n’a pas vraiment tort. La France est un peu à la ramasse sur certains points. Donc quand vous titrez ainsi, ça n’a aucun sens. Ceci dit l’article est intéressant, c’est la tournure qui l’est moins

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    • Trazeris le 30 janvier 2012 - 14:16 Signaler un abus - Permalink

      Je suis tout à fait d’accord avec vous, y en a marre de cette bien-pensance gaucho-marinienne.

      Vive le président, qui a tort quand il a raison, au contraire de tous les autres, qui ont raison quand ils ont tort !

      A moins que ce ne soit l’inverse…

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    • Nayllko le 31 janvier 2012 - 0:11 Signaler un abus - Permalink

      C’est également vrai pour l’augmentation de la TVA : d’après le graphique, force est de constater que les prix n’ont pas d’avantage augmentés en Allemagne qu’en France ou dans le reste de l’Europe.
      Soit, affirmer qu’il n’y a eu aucune inflation des prix est faux, mais la TVA “sociale” ne semble pas en être la cause, ce qui va plutôt dans le sens de son argumentation.

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  • J. Visagra le 30 janvier 2012 - 9:22 Signaler un abus - Permalink

    Pour changer, un monsieur qui pense que mettre une verité au mileu de mensonges va creer une verité plus grande. Un triste menteur qui commence à appliquer le viel adage:” Apres moi, le déluge!”.

    Il trebuche aussi en allemand? C’est pas vraiment une surprise quand il s’agit de dorer une pilule, ce monsieur serait pret a n’importe quoi.

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  • Paul B. le 30 janvier 2012 - 9:30 Signaler un abus - Permalink

    Vous faites également preuve de mauvaise foi en prenant l’exemple de l’Irlande. Le montant important des dépenses publiques pour 2010 est surtout du à la nationalisation d’un établissement bancaire en quasi-faillite. C’est donc un problème conjecturel, alors que la dépense française est structurelle.

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    • steph le 30 janvier 2012 - 10:09 Signaler un abus - Permalink

      parce que vous pensez que les islandais vont reprivatiser leurs banques ?
      quand vous parlez de défaut structurel, j’imagine que vous parlez du bouclier fiscal non ? ou bien de ces salauds de fonctionnaires qui éduquent, soignent, assurent le fonctionnement et la sécurité du pays ?

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      • Paul B. le 30 janvier 2012 - 14:57 Signaler un abus - Permalink

        Aux dernières nouvelles, Irlande et Islande sont encore deux pays différents.
        Et les irlandais ont bien creusé leur deficit en 2010 à cause du sauvetage de banques (cf http://www.lemonde.fr/europe/article/2010/09/30/l-irlande-s-attend-a-une-explosion-de-son-deficit-public-en-raison-du-sauvetage-de-l-anglo-irish-bank_1417990_3214.html).

        Je ne crois pas avoir émis un quelconque jugement dans mon commentaire précédent. Il est purement factuel de dire que le déficit irlandais en 2010 est conjecturel (lié à un évènement très particulier qui est le renflouement d’une banque) alors que le niveau de dépense français est lié à la structure même de l’état et son mode de fonctionnement.

        Mon propos n’est pas d’argumenter afin de savoir si cela est bien ou mal, mais je tiens à faire remarquer qu’il semble idiot de comparer deux situations qui ont des causes bien différentes. C’est d’autant plus aberrant de faire cela dans un article proclamant rétablir une vérité face aux mensonges de Sarkozy.

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  • Mara le 30 janvier 2012 - 9:47 Signaler un abus - Permalink

    Cette situation qu’il dénonce, en ventant le miracle allemand, ce n’est pas un tout petit peu de sa faute ? Tout ce temps où il se gaussait du caviar plein la bouche ou qu’il se torchait l’arrière-train avec de la soie en nous disant “Oui la France va mal, mais j’arrangerai les choses demain” ?
    Dis donc Sarko, tu me prendrais pas (tout comme mes concitoyens) un tout petit peu pour un con par hasard ?

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  • James Lafa le 30 janvier 2012 - 10:14 Signaler un abus - Permalink

    Très bon article, félicitation à tous les trois :-)

    Il aurait été intéressant d’avoir, sur le premier graphique, la variation du pourcentage de la main d’oeuvre industrielle en France afin de pouvoir faire la comparaison avec les chiffres français.

    Concernant l’indice des prix de la consommation harmonisés, la définition de l’insee (http://www.insee.fr/fr/methodes/default.asp?page=definitions/indice-prix-consom-harmonise.htm) ne permet pas de comprendre exactement ce qu’il inclus. Des produits comme le pétrole par exemple, dont la variation du prix n’est pas directement liée avec la hausse de la TVA, entre-t-ils dans cet indice ? Si c’est le cas, il serait bon peut-être de ‘relativiser’ un peu ces chiffres même si ce sont probablement les meilleurs disponibles.

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    • René de Sévérac le 30 janvier 2012 - 10:41 Signaler un abus - Permalink

      Ne vous trompez pas JAMES :
      “Des produits comme le pétrole par exemple [non] directement liée avec la hausse de la TVA”,
      non mais l’essence que vous mettez dans votre réservoir est grevée de TVA.
      Pour ne pas mettre en cause les Pouvoirs Publics on peut admettre que la TIPP puisse être diminuée afin que le prix TTC de l’essence reste “constant”.

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    • Aurelio le 5 mai 2014 - 17:34 Signaler un abus - Permalink

      Well I guess I don’t have to spend the weekend firnuigg this one out!

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  • jfkdmsq le 30 janvier 2012 - 10:54 Signaler un abus - Permalink

    Ca me fait rire, l’histoire de l’exemple allemand !

    Et vous, vous savez qui etait et est toujours l’exemple de société a suivre pour l’Allemagne ?

    La Hollande, oui une société SOCIALE, ou aujourd’hui un employeur doit payer 3 a 4 fois le salaire d’un salarié pour qu’il l’embauche ! Et ca marche, en pleine crise ils n’ont que 4 % de chômeurs (et la bas aucun trucage), une politique sociale très libre, bref tout l’inverse de la France… Un pays ou les femmes au foyer percoivent un salaire egale au smic ainsi qu’un chômeur en fin de droit ou un retraité qui n’a jamais travaillé ! Et quoi ? Ca marche encore une fois…

    Autant copier la source, non ?

    MDR ! Vive les bataves !

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  • Tom le 30 janvier 2012 - 10:57 Signaler un abus - Permalink

    J’avoue ne pas avoir pu suivre ce qu’il avait à dire, mais j’ai pas l’impression d’avoir loupé grand chose…
    Prendre encore et toujours des chiffres pour en faire n’importe quoi et continuer à faire culpabiliser les français (les 99%) pour que les autres s’en mettent plein les fouilles (les 1% restants), çà me sidère toujours autant -.-.
    Comment peut-il comparer autant de choses aberrantes ?
    Et pour l’immobilier, c’est lui le premier responsable, mesure incitatives d’achat avec économies réalisées sur les prêts = hausse de la demande = hausse des prix. Surtout quand on annonce assez longtemps à l’avance que la prime va cesser pour l’ancien.
    Franchement, j’apprécie qu’il reconnaisse ainsi à demi mot qu’il a pris de mauvaises décisions, mais tout en nous faisant porter le chapeau. Bravo l’artiste !

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  • Kevin le 30 janvier 2012 - 11:35 Signaler un abus - Permalink

    Encore un article bourré de mauvaise foie… tout pour taper sur Sarko ! Vous pensez pas que les lecteurs en on plein le cul de votre anti-sarkozysme ?

    Vos graphique illustre parfaitement ses propos mais vous préférez jouer sur des détails pour le contre-dire.. bravo, un bel article de merde !

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  • 7-cricles le 30 janvier 2012 - 11:37 Signaler un abus - Permalink

    Sarkozy a tord d’exploiter autant l’image du “modèle Allemand”, il n’est pas question de vendre des berlines… En matière de pauvreté, l’Allemagne a atteint le niveau de l’Angleterre, en dessous de la France, c’est un exemple?
    Quelle est cette stratégie de copier le “modèle Allemand”? Sarkozy a-t-il eu ses diplômes en copiant? La France a un panel commercial très différent de l’Allemagne, on ne peut pas lui imposer un modèle qui a été fait pour un autre pays.

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  • reto le 30 janvier 2012 - 12:12 Signaler un abus - Permalink

    Les chiffres que vous annoncez sont complètement bidonné ! vous êtes à la solde des forces hollando-mélanchonistes … comme bien d’autres médias… La france avec Hollande, c’est la France des pauvres, le nivellement par le bas !

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  • Little le 30 janvier 2012 - 13:26 Signaler un abus - Permalink

    Votre article est très orienté et malheureusement pas très objectif car vous utilisez les chiffres comme cela vous convient. Par exemple, vous comparez la dépense de l’état par rapport au PIB du pays. Cela ne rime à rien sauf à induire le lecteur en erreur, si vous voulez comparer la dépense de l’état, faites le par rapport au nombre d’habitants, ce sera beaucoup plus parlant de savoir combien on a de fonctionnaires par habitants.
    Idem quand vous comparez l’évolution de l’emploi industriel, vous indiquez ” hors construction, assainissement, gestion des déchets et dépollution “, pour quelle raison, que serait la comparaison si on incluait ces éléments ???? Il est vrais que l’on construit bien plus en France qu’en Allemagne et cela changerait la donne.
    Bref, c’est un bel exercice, mais c’est dommage qu’il soit tellement orienté à gauche et non impartial et objectif comme on aurait pu l’espérer.

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  • Moritz le 30 janvier 2012 - 13:55 Signaler un abus - Permalink

    Merci pour cet article.

    Un complément sur les “mini Jobs” allemands: vous dites que les personnes concernées par ce type de contrat souhaiteraient travailler plus, c’est tout à fait vrai, mais dans de nombreux cas, elles le font déjà. De nombreux employeurs (par ex. dans la restauration) proposent en fait un temps plein : mini Job déclaré + le reste des heures au noir….(donc au final, aucune protection sociale pour l’employé). C’est malheureusement très répandu.

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  • Gus le 30 janvier 2012 - 15:44 Signaler un abus - Permalink

    Un truc qui m’a choqué hier ;
    Sur le principe la TVA sociale, c’est pour ne plus faire peser notre politique familiale sur les entreprises… Jusque là c’est à peu prêt louable ;
    Apres quoi il nous assure qu’il n’y aura pas d’augmentation des prix, donc avec l’augmentation de la TVA c’est censément les entreprises qui vont devoir baisser leurs prix de ventes HT???
    J’ai du manquer une étape…

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    • Nayllko le 31 janvier 2012 - 1:11 Signaler un abus - Permalink

      En théorie, l’augmentation de la TVA aurait des répercussions différentes en fonction des secteurs, mais dans la logique de cette réforme, la baisse des cotisations sociales permet mécaniquement une baisse du coût de production pour les produits fabriqués en France. C’est bien le but recherché : gagner en compétitivité en libérant les charges sociales du coût du travail, stimuler l’emploi.

      Pour l’entreprise produisant en France, l’augmentation de la TVA devrait être au pire indolore, au mieux au (gros) avantage de l’entreprise, qui pourra dans ce cas soit baisser ses prix pour augmenter sa part de marché, soit investir (et donc peut-être embaucher), soit redistribuer aux actionnaires ou aux salariés, soit faire un peu de tout ça.
      Pour les produits nationaux, les prix ne devraient donc pas augmenter, voire même baisser. Les salaires, on peut en légitimement en douter, mais avec une politique fiscale bien pensée et bien réfléchie (*), ce n’est pas totalement improbable.

      Pour les produits fabriqués à l’étranger en revanche, selon les secteurs, il faudrait s’attendre à voir les prix monter, mais pas nécessairement autant que l’augmentation de la TVA. L’expérience montre qu’une partie de l’augmentation de TVA est généralement absorbée par un abaissement des marges brutes.
      Il faudrait compter 1 à 2% en moyenne pour une TVA augmentée de 3%.

      Bien sûr, au début on ferait un peu la gueule (on sait bien qui sont les premiers à morfler dans ce genre de situation), mais à terme on pourrait en récolter les fruits, en nombre de chômeurs comme en pouvoir d’achat.

      (*) ce qui exclut donc notre actuel président pour sa mise en œuvre, mais de toute façon il n’en aura pas le temps.

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  • jmvittori le 30 janvier 2012 - 15:54 Signaler un abus - Permalink

    L’exercice est intéressant. Deux remarques toutefois:
    - le déflateur de la consommation des ménages, plus large que l’IPCH, ne montre pas la même chose : hausse systématiquement plus rapide des prix en France sur la période 2000-2008 puis mouvement inverse car l’Allemagne sort mieux de la crise (http://dx.doi.org/10.1787/888932558669)
    Les chiffres sur l’Irlande sur la dépense publique sont contestables pour la dernière année: la montée impressionnante vient de la comptabilisation des mesures d’aide exceptionnelles adoptés cette année-là et ne reflète donc pas un changement structurel. Les chiffres de l’OCDE (http://dx.doi.org/10.1787/888932558821) sont sans doute plus significatifs.

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  • luddo le 30 janvier 2012 - 17:19 Signaler un abus - Permalink

    Ça fait plus d’1 ans qu’on a droit à de la désinformation de la part du gouvernement et des politiques sur l’Allemagne le tout relayé par la presse qui bien trop souvent répète bêtement quand ce n’est pas pire.

    L’Allemagne, ça richesse, son énergie verte, son pleine emploi, le pays des Bisounours ou tout il est beau, tout il est classe comme dans une pub Nutela, sauf sont “énergie verte” ( lol ) 15 fois plus chère quand France mais bon le reste il est tellement bien que je me demande bien pourquoi ce pays perd 80 000 habitant par an alors que, super génial comme il est, là moitié de l’Europe devrait chercher à immigrer là bas, moi y compris.

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  • gggrrreee le 30 janvier 2012 - 21:50 Signaler un abus - Permalink

    Oui, et alors ?
    5 ans qu’il nous joue du pipeau, donc rien de bien neuf ici.
    le truc c’est de finir en parlant de sincérité, et hop tout ce qu’on vient de dire passe.
    La Vérité, champion du monde.

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  • Pandy le 30 janvier 2012 - 22:49 Signaler un abus - Permalink

    Sarkozy et la TVA:
    –>
    http://www.youtube.com/watch?v=SkLhE6ylIJQ
    .

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  • martinph le 31 janvier 2012 - 8:25 Signaler un abus - Permalink

    quels que soient les chiffres l’Allemagne n’est pas un pays enviable pour tous : Salaire horraire à 3 euros pour certains et diminution de l(espérance de vie pour les mêmes. Je bne veux pas du “modèle allemand”

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  • sabatier le 31 janvier 2012 - 12:30 Signaler un abus - Permalink

    graphique 1 inutilisable sans comparatif
    le 2 pas si mauvais
    le 3 ne montre plus l’Allemagne
    commentaires très orientés

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  • bonafoux le 1 février 2012 - 13:31 Signaler un abus - Permalink

    J’applaudis à ce genre de démarche, décortiquer le discours des hommes politiques, vérifier les chiffres, mettre à la critique leurs comparaisons etc. Je souhaiterais que cette démarche nécessaire ne soit pas réservée au seul sarkozy !!!

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  • Baptiste le 1 février 2012 - 14:25 Signaler un abus - Permalink

    Et les sources des données ??? Un article sérieux donne des sources. Cet article ne vaut rien tel quel ? Où est passé le sérieux chez Owni ?

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  • jaimonmotadire le 2 février 2012 - 11:57 Signaler un abus - Permalink

    Gauche, droite qu’est ce qui va changer après mai 2012? pas grand chose, depuis 30 ans la dette abyssale de la France a été creusée par les gouvernements successifs. Matraquage médiatique sur la dette, la bourse, les banques européennes, le FMI, la morosité, le pessimisme en permanence sur les écrans, je dis stop. Plutôt que nous faire peur, faites nous plutôt rêver, espérer!!! La dette est là ok! A qui la faute? à nous français! oui certainement à payer plus cher l’oisiveté que le travail!! A revendiquer chaque décision, chaque changement, à être des éternels insatisfaits, à croire que travailler est une punition. A croire que les patrons sont tous pourris, à crier à l’injustice en permanence, français tu perds ton âme, ton honneur, tu perds ta joie de vivre et ton sourire car tu te laisse entraîner vers des jours sombres. Les étrangers disent de nous “proud and arrogant” , on a perdu l’image du béret et de la baguette sous le bras et on a gagné l’image du pays des manifestations dans la rue!!! Peut-être qu’une bonne fessée te ferait du bien!!!!!!

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  • Rantanplan le 5 février 2012 - 14:37 Signaler un abus - Permalink

    Article intéressant, qui mériterait quelques précisions :

    -L’augmentation de la TVA le 1er janv 2007 de 3 points de 16 à 19% n’était pas “sociale”, mais a servi à rembourser la dette (accumulée entre autres pour financer l’industrialisation à l’Est) pour les 2/3, à financer le programme de politique familiale (construction de crèches et écoles maternelles + formation du personnel idoine -> essentiellement pour l’Ouest) 1/6 env et enfin, pour les chômeurs de longue durée dits “d’un certain âge” (au-delà de 50 ans env). Et NB, la TVA était très inférieure à celle des pays voisins (16 pour 19,6).

    - Peut-on oublier que l’unification a coûté env 1,7 Billions (1700 milliards d’euros) en quelque 20 ans ? Et qu’on ne me dise pas que c’est la France qui a payé… quel scandale ! cette somme correspond aux transferts de régions aux régions (de l’Ouest vers l’Est), donc à des augmentations considérables des impôts directs en 1991 puis 1997.

    Euro : qu’on ne dise pas que ce sont les autres pays qui financent l’Allemagne par le biais de l’euro !!! Les Allemands n’en voulaient PAS, de cet Euro ! Et qui finance la PAC ? Qui compense le rabais britannique de Mrs. Thatcher ? Qui aide la Grèce (outre la Chine, le Qatar etc) ? Qui a racheté de la dette italienne ? je ne voudrais pas être le chef de l’Etat en 2013 quand il faudra renégocier le budget européen : les Français, Britanniques et Polonais risquent de tomber sur un os…

    - l’Allemagne compte quelque 225 clusters (pôles industriels, dits de compétitivité), dont certains remarquables à l’Est (Saxe, Thuringe, Brandebourg) tandis que la France en compte une centaine.

    - le “made in germany” est une culture ancrée de très longue date. L’initiative de Bayrou est excellente, mais il va falloir ramer, et longtemps…

    - la formation (professionnelle et scolaire) a été pointée du doigt par les enquêtes et statistiques, dans les deux pays. En France, on conteste la validité des statistiques, en Allemagne, on va dans les pays bien classés (Finlande, Canada), on observe, on essaie de comparer ce qui est comparable, de ne pas tout mélanger puis on réforme. Avec un succès mitigé, mais cela fait onze ans qu’on avance.

    - La question du Lieu d’implantation industrielle (càd ce qui décide des délocalisations ; Comment attirer des entreprises étrangères et maintenir les entreprises allemandes ?) est une question centrale depuis 25 ans. Cela ne se décrète pas du jour au lendemain.

    - Les syndicats : idem, la concertation ne se décrète pas. Ce serait un sujet passionnant, mais trop long pour être développé ici.

    - l’Allemagne compte 19% de la population étrangère ou d’origine étrangère, c’est son droit du sang, mais aussi sa politique et sa démographie dramatique. Bah, il faut les insérer, les intégrer, leur apprendre langue et culture. Et tous ne sont pas de jeunes diplômés, dynamiques, et désireux d’apprendre l’allemand !

    - le chômage dit technique ou partiel : a été employé essentiellement au coeur de la crise, en 2009-2010. Ce sont les Länder (= régions) qui ont compensé les pertes de salaires. Je suis même étonné que Sarkozy n’ait pas proposé cela…

    - Les salaires précaires : problème grave, en effet. Il n’y a pas de de SMIC mais déjà des minima dans de nombreuses branches, et le débat est ouvert. La question est plus complexe qu’on ne le montre en France. 1) les intérimaires sont bien contents de retrouver un emploi dès le premier souffle de relance. 2) le coût de la vie est très inférieur à l’Est
    3) si l’on respecte les mêmes normes européennes de calcul de la précarité, il y a deux fois moins de pauvres à l’ouest (4% de la population) qu’en France ; le problème, dramatique, se concentre essentiellement sur l’Est (20% de cette population) : beaucoup de “perdants de l’Unité”, de gens qui n’ont jamais pu s’adapter malgré des dizaines de stages et de formations.

    - le logement connait en effet moins d’inflation : on pourra qualifier les Allemands de radins, ils font attention aux prix, à l’inflation (de façon quasi obsessionnelle), et ce, afin de mettre leur argent là où ils le veulent et non là où les commerçants le décident.

    Au début de son quinquennat, Sarkozy tenait des propos germanophobes et la grosse Merkel, elle allait voir ce qu’elle allait voir. Aujourd’hui il n’a plus que son nom à la bouche. Plus généralement l’enthousiasme que j’entends ici ou là est absurde, la germanophobie qui en résulte l’est encore plus. Envie et jalousie, nourries par ce besoin permanent de trouver un bouc émissaire, tiennent lieu de réflexion. Les propos d’un Attali sont à vomir et me font peur. En 1981, d’aucuns entendaient déjà les chars soviétiques sur les Champs Elysées, maintenant ce sont les bottes nazies.

    Personnellement, j’aimerais lire sous la plume des journalistes des propos plus nuancés, plus argumentés, plus chiffrés, moins péremptoires, bref, une meilleure connaissance des pays voisins. J’apprécie d’autant plus l’effort de MARIE COUSSIN, SYLVAIN LAPOIX ET PIERRE LEIBOVICI

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  • MauriceAH le 11 février 2012 - 10:02 Signaler un abus - Permalink

    En plus ce qu´il faudrait rajouter, c´est que les minijobs ont été détourné, notamment dans la restauration. dans 90% des cas le personnel des restaurants touche officiellement 400€, mais travaille à temps complet, ce qui veut dire moins d´impots, moins de charges sociales et patronales, et favorise bien sûr le travail au noir avec le bénédiction du gouvernement.

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