30 km carrés de déchets radioactifs

Le 18 mars 2012

500 mètres sous terre, en France, entre la Meuse et la Haute-Marne, la plus grande décharge nucléaire souterraine est en cours de construction. Pour accueillir des tonnes de déchets hautement radioactifs sur 30 km2 de galeries et de tunnels. Notre journaliste y est descendue. Voyage au centre du nucléaire.

À la frontière entre la Meuse et la Haute-Marne : la commune de Bure sur laquelle est implanté le laboratoire de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (ANDRA). À 500 mètres sous terre, le laboratoire accueille des tests et expérimentations pour déterminer les réactions de la roche dans laquelle seront plongées, à partir de 2025, les tonnes de déchets radioactifs en provenance de La Hague. L’ANDRA a proposé à OWNI de visiter le laboratoire qui sert d’expérimentation pour la fabrication des futures galeries souterraines, tandis que le 27 février les promoteurs annonçaient que le projet était maintenant validé sur le plan scientifique et technique. Nous en avons profité pour rendre visite aux opposants historiques à ce chantier, l’association Bure Stop, dans le village voisin.

Entrailles

Les 80 kilomètres qui séparent Bure de Nancy sont une suite de champs. À un rond point, des bâtiments sortent de terre : EDF y a installé son centre d’archives, une écosphère de l’ANDRA est en cours de construction et le laboratoire de l’agence devant lequel flottent des drapeaux français fait figure d’ovni dans le paysage. Aux alentours, tout est lisse et plat. À moins d’une centaine de mètres de l’entrée du laboratoire, sur la commune de Saudron, l’espace technologique de l’ANDRA qui accueille touristes, scolaires, presse et officiels. Flambant neuf.

“Ce sont un peu nos clients [les officiels : EDF, Areva et le CEA, NDLR], ce sont eux qui payent” souffle Marc Antoine Martin, le responsable de communication du site. Il est aussi le chargé des visites, celui qui vend l’image et l’histoire du laboratoire aux visiteurs occasionnels. Et à la presse. La stratégie de communication de l’ANDRA est rodée.

Les premières galeries ont été creusées en 2007, par tranche et le laboratoire s’enterre à presque 500 mètres sous le niveau de la mer. “490 mètres de profondeur plus précisément” enchaîne Marc-Antoine Martin. En sous-sol, les chercheurs et employés – prestataires la plupart du temps – réalisent les essais grandeur nature : pression de la roche, effets de la température sur les alvéoles de stockage, sondes de mesure des mouvements de la terre et toutes les autres possibilités de changement d’état du sol à cette profondeur-là. Pour tester quelle technique sera utilisée pour creuser et quels matériaux vont être utilisés à terme pour le site d’enfouissement à proprement parler, baptisé Centre industriel de stockage géologique (Cigéo).

Cigeo, modélisation de la zone d'accueil des déchêts, vue en surface. ©ANDRA

Nous avions au départ une zone de transposition de 200 kilomètres carrés, au sein de laquelle le stockage était faisable. Techniquement. Puis nous avons réduit la zone, au regard des évaluations sur les différents travaux de l’ANDRA, pour aboutir à 15 kilomètres carrés. Jusqu’en 2009, la consultation des locaux n’était que partielle. Quand en 2009 a été mis sur le tapis la question psychologique pour les habitants du coin, nous avons été capables de marger la zone sur 30 kilomètres carrés, essentiellement en dessous d’une forêt et d’une ferme qui n’est pas habitée. L’idée est de pouvoir stocker en profondeur. Tout en respectant la volonté de ceux qui habitent par là. Techniquement c’était possible. Nous pouvions donc accéder aux demandes de la population…

nous explique Marc-Antoine Martin. “Les habitants du coin” reçoivent surtout des financements des deux groupes d’intérêt public de la Meuse et de la Haute-Marne. 30 millions pour chacun, millions issus de la taxation des producteurs de déchets, EDF en tête, suivi par Areva et le Commissariat à l’énergie atomique (CEA). Sur place, les élus sont rétribués proportionnellement à leur coopération pour le projet.

Et à raison de millions dépensés en infrastructures pour leurs communes, sous le doux nom de dotations communales. La refonte des routes, le chauffage dans les églises et les nouvelles salles des fêtes sont le prix de l’acceptation du nucléaire. En plus de ces dotations, les habitants peuvent eux-mêmes déposer des dossiers pour des demandes de subventions. Les entreprises en bénéficient dès qu’elles le peuvent. Sans savoir parfois que “c’est l’argent du nucléaire” confie un chef d’entreprise – petite – à qui le GIP de Haute-Marne a octroyé une subvention l’an dernier.

Planque radioactive

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Le nucléaire, c'est une bonne affaire sauf pour celui qui descend la poubelle. Actuellement, près d'un petit village de la ...

Autre contrepartie, EDF, le CEA et Areva en financiers clefs du projet d’enfouissement sont sommés de créer du développement économique. EDF a délocalisé ses archives à côté du laboratoire. Mais ce qui ne regarde pas l’ANDRA permet parfois au financier de participer en monnaie sonnante et trébuchante à ses propres projets avec ses propres taxes : EDF a ouvert une plate-forme de stockage de pièces de rechange à Velaines, financée en partie par Objectif Meuse, le GIP de la Meuse, à hauteur de 3 millions d’euros [PDF]. L’ANDRA à Bure a déposé en 2007 un dossier et demandé 1 million d’euros pour la construction de son centre technologique de Bure-Saudron, l’espace d’accueil du public. Même chose pour le CEA et ses 3 millions pour Syndièse, un projet d’usine prototype de transformation de bois en carburant.

Mais le discours de l’ANDRA élude toutes questions sur le financement des autres parties et se concentre sur les provisions à long terme, la technicité du projet et la gouvernance actuelle :

L’indépendance de l’ANDRA s’est vue renforcée en 2006 avec la loi Birraux : il n’y a plus qu’un seul siège pour un représentant des trois instances de financement de l’agence – EDF, le CEA et Areva – contre trois avec chacun un droit de vote au conseil d’administration avant la loi. Et surtout ici à l’ANDRA, on gère “ici et maintenant”.

Sébastien Farin, le responsable comm’ à Paris venu pour la visite ajoute :

On ne peut éthiquement pas faire payer les générations futures. La solution du stockage temporaire nécessite de mettre à contribution ces générations-là.

Comprendre que décemment, le stockage en surface en se répétant que tout ira bien n’est pas une solution pérenne au regard de ce que l’ANDRA, avec le laboratoire de Bure, découvre au fur et à mesure sur la fiabilité de la roche. Une troisième solution, réalisée par les équipes du CEA dans des conditions de laboratoire consistait à provoquer une réaction de physique nucléaire de séparation et transmutation. “Mais ce qui est possible au CEA depuis 2005 n’est réalisable qu’en 2040 à l’échelle industrielle. Nous recherchons plutôt la stabilité en enfouissant les déchets sous terre. Les propriétés radioactives restent présentes pendant 100 000 ans mais cette garantie de stabilité, on l’a, tout en restant vigilant” souligne Marc-Antoine Martin.

Les dispositions de Cigéo ont été prises pour une centaine d’années et pour des déchets bien précis : le parc français actuel seulement. Les EPR à venir ne sont pas concernés, le MOX non plus et les déchets étrangers sont pour le moment interdits.

Probabilité

Deux modes de transports souterrains ont été pensés pour faire descendre les déchets jusqu’au point de stockage : des tunnels depuis la Meuse, droits, et des descenderies depuis la Haute Marne, en pente. Mais “La descenderie coute forcément plus cher et la probabilité d’une panne est donc plus forte, mais elle répond à une demande locale. Les deux sites aussi coutent plus cher. Simplement parce qu’il y en a deux.” confirme Marc-Antoine Martin.

Bure ; Edf ; Centre de stockage ; Galerie souterraine (cc) Claire Berthelemy pour Owni

Actuellement au sein des galeries, une cinquantaine de personnes s’activent pour observer comment la roche se comporte. À chaque galerie correspond des tests différents : actuellement, la technique de forage n’est pas encore décidée mais « on essaie de voir ce que ça pourrait faire avec un tunelier ». Pour le reste, les responsables communication de l’ANDRA sont confiants :

Dans cette roche on connaît la vitesse du phénomène technologique et nous avons une grande confiance, il n’y a aucune raison pour que ça bouge sur le million d’années à venir !

La poussière sous le tapis

Mais ce bel optimisme ne fait pas l’unanimité. À Bure, un groupe d’opposants réunis autour de l’association Bure Stop, l’un des principaux mouvements hostiles au site d’enfouissement des déchets, a élu domicile dans une maison – à l’origine – en ruine. Dans cette maison 0% nucléaire, entre photovoltaïque et chauffage au bois, les murs abritent une dizaine de personnes, quelques permanents et d’autres moins.

Dehors autour d’un repas au soleil, la présentation des lieux et de leurs charmes prime temporairement sur le reste. “On a un dortoir et on peut mettre des tentes aussi dans le jardin”, explique Justine. Aucun n’est du village plus qu’un autre mais tous connaissent le laboratoire de Bure et le site de stockage – futur – des déchets.

Nadine Schneider, porte-parole de l’association, que nous avions interrogée sur le financement et l’arrosage des élus est catégorique concernant le projet Cigéo :

Ils jouent juste sur les mots : la réversibilité c’est la possibilité de remonter les colis tant qu’ils ne sont pas scellés. Sur un plan technique, l’IEER [Institute for energy and environnemental research, un institut indépendant, NDLR] explique que l’interprétation des données est “systématiquement strictement optimiste” et que les travaux de l’ANDRA ne tiennent pas suffisamment compte des propriétés de la roche hôte. Alors que fondamentalement, la roche est modifiée par l’intrusion humaine. la radioactivité ne va pas attendre sagement les bras croisés pendant des milliers d’années parce que l’Andra aura décrété que la roche était étanche !

Inutile de parler bassin d’emplois sous peine de déclencher un rire amer. “Là bas les gens viennent pour des missions, personne ne viendra s’installer, c’est un non développement économique. Ici, il n’y a pas longtemps, il y a eu des campagnes de forages avec des camions vibreurs. Les ouvriers sont venus en mission, ne parlaient qu’allemand et sont repartis. “, martèle la femme et ses dix-huit années de combat derrière elle. Turn-over trop important, missions courtes pour des postes hautement spécifiques provoquent une dilution des responsabilités.

Galeries du laboratoire de Bure ©E.Sutre

Effectivement, Bure, malgré sa nouvelle salle polyvalente est loin d’être la zone attractive du coin. Le collège voisin à Montiers-sur-Saulx est maintenu sous perfusion “parce que c’est Bure” assène Nadine Schneider. À table, on écoute la porte-parole. On souffle aussi quelques mots assassins :

En 1997, l’ANDRA avait gommé les failles des cartes du BRGM [Bureau de recherches géologiques et minières, NDLR] transmises au cours de l’enquête publique. Pour les remettre à d’autres endroits sur les cartes…

Le problème majeur, outre celui des déchets radioactifs, l’absence de liens entre deux départements qui appartiennent à deux régions différentes dont les zones académiques ne sont pas les mêmes. Qui empêche parfois de fédérer la population – deux fois 190 000 personnes, en diminution depuis quelques années – derrière un “non à l’enfouissement des déchets”. Mais le manque de liant entre les deux départements ne provoque aucune résignation du côté du Bure Stop.

Entre septembre 2005 et janvier 2006, la Commission particulière de débat public sur les options générales en matière de gestion des déchets radioactifs de hautes activités et de moyenne activité à vie longue, avait conclu que l’enfouissement n’avait pas la faveur du public. “S’ils avaient écrit l’inverse, l’ANDRA le mettrait dans toutes ses publications”, ironise Nadine Schneider. Dans le rapport de la Commission], ces quelques lignes :

“Il y a un problème d’acceptabilité territoriale”, reconnaît un élu favorable au laboratoire de Bure. La pétition pour un référendum en Meuse et Haute-Marne, avec plusieurs dizaines de milliers de signatures (40 000 selon ses promoteurs), et les interventions du public le confirment.

L’association dénonce et a une idée très imagée pour décrire ce contre quoi ils se battent : “Quand on sait pas quoi faire de quelque chose, on ne peut pas le mettre dans un trou et le refermer. C’est le principe de la poussière sous le tapis.”

Le débat est lancé depuis près de vingt ans et met au jour les problématiques temporelles du projet. Notamment celui de la gouvernance pour les cent ans à venir et l’ouverture de l’enfouissement des déchets aux pays étrangers, interdit pour le moment.


Illustrations et couverture par Marion Boucharlat pour Owni /-)
Photographies par Claire Berthelemy, CC BY-NC-ND et ANDRA.FR, tous droits réservés

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  • M'hamed Ouzahra le 18 mars 2012 - 17:42 Signaler un abus - Permalink
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  • Serge ULESKI le 18 mars 2012 - 20:54 Signaler un abus - Permalink

    Avec le nucléaire, la récompense sera courte et la peine… éternelle. Il n’y aura de véritable unité humaine que dans le malheur ; le nucléaire contribuera très certainement à cette unité. Aussi… irradiés de tous les pays, unissez-vous !

    ***

    Contrôle, indépendance…

    La confiance n’est pas là. La confiance n’y sera jamais !
    Une piste : le fameux nuage de Tchernobyl et la complaisance de médias appuyés et soutenus par Météo-France : “Rassurez-vous, bonnes gens : le nuage ne passera pas !”

    Aussi, il faut au plus vite sortir du nucléaire ! Industrie mortifère à caractère irréversible – irréversibilité inacceptable !

    ***

    Il suffit de penser au Japon…

    Pays à très haut risque (s’il en est d’autres plus risqués encore !),

    Opter pour le tout nucléaire dans cet archipel… ?!

    Nul doute ! Les Japonais ont de sérieuses questions à se poser à propos de ceux qui les dirigent depuis la fin de la Seconde guerre mondiale.

    Mais… ces Japonais auront-ils seulement la possibilité de se les poser toutes ces questions ?
    Pourront-ils ensuite y apporter des réponses avant d’en tirer les conclusions qui s’imposent ?
    Rien n’est moins sûr : la démocratie, au Japon comme ailleurs, a ses limites, et par les temps qui courent au rythme d’une mondialisation sans responsabilité… ses limites sont vite atteintes.

    Il n’y a aucune raison pour qu’il en soit autrement en France.

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  • grommeleur le 19 mars 2012 - 6:16 Signaler un abus - Permalink

    Bonjour,
    “Dans cette roche on connaît la vitesse du phénomène technologique” ?
    Vous voulez dire “phénomène tectonique” peut-être ?
    Ou autre chose ?

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  • Palay le 19 mars 2012 - 7:31 Signaler un abus - Permalink

    50 ans d’électricité, 500 000 ans de radioactivité.

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  • Moktarama le 19 mars 2012 - 14:26 Signaler un abus - Permalink

    Franchement, pour un papier qui voulait nous emporter “au coeur du nucléaire”, c’est un peu léger, non ?

    Vous y êtes allée, vous avez interviewé les deux intervenants, quelques citations et hop, emballé c’est pesé.

    Résultat : on n’a absolument aucune idée après lecture de la validité des arguments des uns et des autres. On sait qu’une polémique existe, mais ça s’arrête là.

    Je suis sévère, parce que la section sur l’arrosage du territoire et les financements a probablement nécessité pas mal de boulot et qu’elle est très intéressante à lire. MAIS l’introduction laisse entendre qu’on va découvrir des choses sur le projet en lui-même (et sa validité sur le plan scientifique), or ce n’est franchement pas le cas.

    Je pourrais ajouter l’absence dommageable de schémas et de cartes, assez étonnante de la part d’OWNI.

    J’arrête là, et l’affreux donneur de leçons que je suis vous encourage à plus de précisions à l’avenir (ou des titres/intros moins racoleurs, mais ça je sais que c’est probablement la rédaction d’OWNI qui est responsable).

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  • Moktarama le 19 mars 2012 - 15:38 Signaler un abus - Permalink

    Je viens de voir que vous aviez déjà publié un article porté sur le sujet, celui-ci (un peu) plus porté sur le complexe en lui-même. Mes excuses donc.

    Cependant, toujours pas de schémas ou d’explication scientifiques précises sur la bête. Et des articles qui doublonnent sur le financement du territoire pour faire passer la pilule. Bref, toujours pas satisfait ;-)

    Sans glorifier le nucléaire ou la technique, on aimerait voir sur OWNI des papiers qui traitent les sujets scientifiques et techniques avec une approche au moins en partie scientifique et technique. Ce n’est pas le cas ici, avec un bon boulot sur les flux financiers et l’atmosphère politique, mais rien du tout du point de vue scientifique.

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    • Claire Berthelemy le 19 mars 2012 - 19:06 Signaler un abus - Permalink

      Arfh…. La partie scientifique est en cours d’étude ;-). Et désolée pour les doublons, il me semblait plutôt non négligeable de ne pas rogner sur le financement des communes environnantes, même si nous avons traité plus en profondeur le sujet dans un précédent article.

      Mais merci pour vos remarques, elles ont le mérite d’être constructives ! Sans mauvais jeu de mots, votre suggestion est à creuser…

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      • Moktarama le 19 mars 2012 - 23:24 Signaler un abus - Permalink

        Votre réponse vous honore, la modestie n’étant pas toujours la qualité première du journaliste ;-)

        Je suis heureux de savoir qu’un traitement scientifique est également prévu au programme. Je pense que vos articles auraient gagné à être plus clairs au niveau des angles choisis. Le mélange entre l’analyse fouillée des financements et les interviews des intervenants dans la polémique nuit à mon sens aux deux aspects dans ce second article (comme le mélange entre présentation du projet et financement dans le premier), qui auraient gagné à être séparés (mais là, ce n’est que mon avis, et vous pouvez tout à fait ne pas être d’accord).

        Une autre remarque, peut-être plus à l’endroit d’OWNI : votre précédent article est pour moi très mal signalé dans ce papier (ou je suis un peu bête), j’aurais aimé en tant que lecteur un lien en haut d’article, afin de pouvoir les lire dans le bon ordre dès le début.

        Merci en tout cas d’avoir accueilli mes remarques quelque peu acerbes avec autant de bienveillance. J’attends votre article sur l’angle scientifique et technique du projet, avec j’espère ce qu’il faudra de cartes et schémas ;-)

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  • Andra le 19 mars 2012 - 17:51 Signaler un abus - Permalink

    Bonjour,

    Quelques réactions et compléments d’information :

    > Sur place, les élus sont rétribués proportionnellement à leur coopération pour le projet.

    Il n’y a pas de rétribution des élus. L’accompagnement économique lié à la présence du laboratoire souterrain de l’Andra en Meuse/Haute Marne est géré par deux groupements d’intérêt publics (GIP) créés spécifiquement par l’Etat : http://www.objectifmeuse.org/

    > Jusqu’en 2009 la consultation des locaux n’était que partielle

    La proposition du site souterrain d’implantation a été faite en 2009 suite à long processus de consultation, notamment dans le cadre d’échanges avec le Clis. http://www.andra.fr/andra-meusehautemarne/pages/fr/menu18/l-andra-en-meuse-et-haute-marne/les-echanges-avec-le-clis-6656.html

    > La descenderie coûte forcément plus cher et la probabilité d’une panne est donc plus forte, mais elle répond à une demande locale.

    Deux solutions ont été envisagées pour descendre les colis dans les installations souterraines : un puits vertical ou une rampe d’accès inclinée (descenderie) ; suite aux échanges avec les acteurs locaux le choix de la descenderie a été retenu. Les deux solutions répondaient aux exigences de sûreté.

    > La réversibilité c’est la possibilité de remonter les colis tant qu’ils ne sont pas scellés

    La réversibilité c’est la possibilité pour les générations futures si elles le souhaitent de modifier ou d’orienter le processus de stockage, voire de retirer les colis stockés si une autre voie était un jour identifiée. Cette notion sera l’un des objets du débat public de 2013 et d’une loi qui sera votée en 2016-17.

    > l’IEER explique que l’interprétation des données est “systématiquement strictement optimiste” et que les travaux de l’ANDRA ne tiennent pas suffisamment compte des propriétés de la roche hôte.

    L’IEER a confirmé la pertinence des critères géologiques retenus pour choisir la zone d’implantation du futur Centre industriel de stockage géologique Cigéo. La réponse de l’Andra aux remarques de l’IEER est disponible sur http://www.andra.fr/download/andra-meuse-fr/document/synthese_reponse_andra_ieer.pdf.

    > Là-bas les gens viennent pour des missions, personne ne viendra s’installer, c’est un non développement économique

    335 personnes travaillent sur les installations de l’Andra en Meuse/Haute Marne de façon pérenne et plus de la moitié vivent à moins de 25 km.

    > En 1997, l’ANDRA avait gommé les failles des cartes du BRGM [Bureau de recherches géologiques et minières, NDLR] transmises au cours de l’enquête publique. Pour les remettre à d’autres endroits sur les cartes… »

    L’Andra s’étonne d’une telle affirmation : les travaux de reconnaissance géologique qu’elle a menés, intégrant notamment des techniques de sismique 3D ont permis au contraire de préciser et d’affiner les données du BRGM.

    > L’ouverture de l’enfouissement des déchets aux pays étrangers, interdit pour le moment.

    La loi française interdit le stockage des déchets étrangers et le projet de stockage Cigéo n’est pas conçu pour les accueillir. La majorité des pays confrontés à ce type de déchets ont entamé des études sur le stockage profond.

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    • mmu_man le 21 mars 2012 - 2:33 Signaler un abus - Permalink

      > La majorité des pays confrontés à ce type de déchets ont entamé des études sur le stockage profond.

      Ah ben oui, c’est pas les allemands qui justement ont dû remonter des “matières” d’une vieille mine de sel qui était pourtant sûre ?

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    • mmu_man le 21 mars 2012 - 2:41 Signaler un abus - Permalink

      > les travaux de reconnaissance géologique qu’elle a menés, intégrant notamment des techniques de sismique 3D ont permis au contraire de préciser et d’affiner les données du BRGM.

      C’est la même chose. Ca consiste bien à enlever des failles sur la carte et les mettre à d’autres endroits, là où on dit qu’elles sont.

      Les deux formulation reflètent simplement une version différente des motivations sous-jacentes supposées :D

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  • Quet le 19 mars 2012 - 18:34 Signaler un abus - Permalink

    bonjour à tous

    L’article au titre racoleur a surtout le mérite de susciter l’opposition. A ma connaissance il ne s’agit aujourd’hui que de la construction d’un laboratoire souterrain d’étude de comportement de la roche et en aucun cas d’un centre de stockage (et non pas pas d’un centre “d’enfouissement”! c’est le 5° essai de construction d’un tel complexe, les 4 premiers ayant été abandonnés par un moratoire de M. Rocard des années 90 qui s’est éternisé; moratoire qui avait été décidé entre autres raisons à la suite de menaces de mort proférées par les opposants aux salariés de l’Andra contraints de travailler sous protection permanente des CRS.
    Si au terme des études la roche hôte s’avère avoir les qualités requises, oui un centre de stockage souterrain sera envisagé. C’est vrai que ce futur centre de stockage est d’ores et déjà étudié depuis plus de 25 ans. Peut-on reprocher trop d’études hormis que cela coute cher ? Sur un tel projet prévu pour une période d’exploitation nominale de plus d’un siècle, je trouve plutôt rassurant de ne pas bâcler!
    Que nous ne voulions ou non les déchets sont là et personnellement je préfèrerais les savoir sous terre que incorporés au revêtement de certaines autoroutes comme ça été fait dans le passé

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    • Claire Berthelemy le 19 mars 2012 - 19:02 Signaler un abus - Permalink

      Il s’agit bien d’un laboratoire d’étude de la roche à 500 mètres de profondeur, nous sommes d’accord. Mais vous semblez ne pas être au courant de l’évolution des choses. Cigéo, qui n’est donc pas le laboratoire mais bel et bien le site d’enfouissement (un stockage souterrain à près de 500 mètres de profondeur n’est-il pas un site d’enfouissement ?) des déchets, sera construit à cheval sur la Meuse et la Haute Marne et la livraison des premiers colis de déchets est prévue pour 2025. Il manque à votre connaissance quelques informations.

      Bien à vous.

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  • mmu_man le 21 mars 2012 - 2:29 Signaler un abus - Permalink

    “le chauffage dans les églises” ah tiens, les nouvelles Indulgences ?

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  • Sissi le 22 mars 2012 - 8:23 Signaler un abus - Permalink

    Ce qui en cesse de me fasciner dans les réactions des anti-nucléaires face aux déchets nucléaires, c’est qu’à les écouter, dès qu’on arrêterait le nucléaire alors automatiquement les déchets nucléaires déjà produit depuis des dizaines d’années disparaitraient d’un coup! Jusqu’à preuve du contraire, si on stocke les déchets qu’on a sur les bras, qu’on soit contre ou pour le nucléaire, il faut bien les mettre quelque part là où c’est le moins dangereux possible pour les populations. Que proposent ceux qui sont contre le nucléaire? Les oublier serait pour eux une façon de les faire disparaitre?

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  • Aldayr le 24 mars 2012 - 12:40 Signaler un abus - Permalink

    Franchement on apprend rien dans votre article, ça manque un peu de documentation,
    effectivement l’enfouissement des déchets n’est pas une solution, mais on a fait un choix il y a plus de 50 ans, il faut vivre avec…
    Après on ne peut pas vivre avec que du solaire et de l’2olien, je dis ça pour les gens qui sont en précarité énergétique, heureusement qu’il y a le nucléaire pour eux.
    Sinon les prix serait 30% plus cher voir les tarif en UK, Allemagne.
    C’est un long processus de changer de business modèle nucléaire > renouvelable, cela va prendre 30 ans, d’ici là le nucléaire sera nécessaire, donc encore une fois les écologistes ne sont pas réalistes, ce sont de doux rêveurs comme l’Allemagne qui a fait un choix qui va augmenter de 40% ces émissions de CO2 et qui va acheter de l’électricité nucléaire Française, la bonne blague

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  • Baronsed le 26 mars 2012 - 20:49 Signaler un abus - Permalink

    “Les élus sont rétribués”… WHAT ?
    Et sinon, ils ont conscience qu’on est négligeable par rapport à 100′000 ans ? Si dans 30′000 ans nos descendants creusent là, on n’est même pas sûr qu’ils parlent les langues d’aujourd’hui ! Comprendront-ils les signes ?

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  • Nicolas le 2 avril 2012 - 15:15 Signaler un abus - Permalink

    @Sissi : A propos de votre réaction sur les anti-nucléaires, elle est aussi ridicule qu’inexacte. Sur quelle base vous appuyez vous lorsque vous généralisez de la sorte?
    Aucune, nous sommes d’accord; c’est une réaction purement émotionnelle, digne d’un enfant (encore que…)

    Je suis profondément anti-nucléaire, mais je suis évidemment conscient de la nécessité d’un lieu de stockage approprié pour des déchets nucléaires, c’est-à-dire dans une zone présentant un système géologique complexe…donc présentant des caractéristiques très dures à réunir sur un même site.

    J’invite d’ailleurs tous ceux intéressés par la question du nucléaire à consulter cet excellent documentaire “Enquête sur une super-catastrophe nucléaire”, (de Peter F. Müller, Michael Müller et Philipp Abresch ) diffusé sur Arte le 6 mars, dans lequel on apprend que le pays (le Japon) est littéralement “coupé en deux” parce qu’il y a des particules alpha et de l’uranium en suspension dans l’air sur un rayon de 200 km autour du site…

    Merci à OWNI pour la volonté qui les anime.

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  • corrector le 28 novembre 2012 - 15:03 Signaler un abus - Permalink

    Dans cette maison 0% nucléaire, entre photovoltaïque et chauffage au bois

    Sans nucléaire mais pas sans pollution :

    Ainsi, selon les données du Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (Citepa), la combustion de bois en foyers domestiques est responsable en France de :

    76 % des émissions de HAP ;
    60 % des émissions de benzène ;
    39 % des émissions de particules fines ;
    30 % des émissions de monoxyde de carbone ;
    21 % des émissions de COV (données de 2005).

    http://www.futura-sciences.com/fr/question-reponse/t/pollution/d/le-chauffage-au-bois-est-il-polluant_1218/

    Qu’il est difficile d’être écolo!…

    (Je ne parle même pas de l’énergie utilisée pour produire les panneaux PV et de la pollution que ça engendre…)

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    • Nicolas le 28 novembre 2012 - 21:12 Signaler un abus - Permalink

      Le kWh d’énergie nucléaire n’émet certes que 6gr de CO2 (directement ou indirectement), on NE peut et on NE doit pas dire que les déchets du nucléaires ne polluent pas :

      - 90% des déchets nucléaires ont une période radioactive inférieure a 30 (mais ne retrouvent une radioactivité normale qu’après 300 ans)

      - 10% des déchets nucléaires restants conservent leur radioactivité pendant des siècles voire des millénaires…

      Sacrifier le cadre de vie des générations futures pour “seulement” 70 années restantes de production nucléaires (estimation faite par le Commissariat a l’énergie atomique). En effet grâce au retraitement des déchets (qui permet de les réutiliser sous le nom de Mox) il existe dans le monde suffisamment de ressources identifiées pour alimenter le parc actuel de centrales nucléaires pendant un peu plus de 70 ans… (Ne tient pas compte des ressources non-découvertes et non-conventionnelles).
      Nous savons d’ores-et-déjà que de bien nombreuses centrales nucléaires sont en construction dans le monde et que la durée d’alimentation devrait invariablement décroître.

      Cher CORRECTOR, vous venez de vous rendre compte de la complexité du monde : oui, il n’existe aucune solution “idéale”, mais il est de notre devoir d’Homme(s) (et de Femme-s) de toujours privilégier l’intérêt des générations futures, et le nucléaires n’est et ne sera jamais un bon compromis en ce sens.

      Bien cordialement

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      • corrector le 28 novembre 2012 - 23:42 Signaler un abus - Permalink

        Vous comptez les surgénérateurs?

        Le monde est complexe, et les technologies nucléaires sont multiples.

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        • Nicolas le 28 novembre 2012 - 23:56 Signaler un abus - Permalink

          Je suis un simple citoyen, et n’ai aucune connaissance particulière en la matière : je me contente de lire et de trier les informations que je glane ici et la (auprès de ceux qui en parlent le mieux).

          Aussi si vous avez une connaissance particulière de la chose, n’hésitez pas a nous en faire profiter. Pour répondre à votre question : non.

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          • corrector le 29 novembre 2012 - 2:18 Signaler un abus - Permalink

            Avec des centrales à neutrons rapides, nous en aurions pour beaucoup plus de 70 ans.

            “le cadre de vie des générations futures” n’est pas une mine souterraine remplie de déchets.

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            • Nicolas le 29 novembre 2012 - 8:08 Signaler un abus - Permalink

              Vous parlez de nouvelles technologies, si on tient compte de l’existant, on peut aborder l’exemple des EPR et des retards/coûts supplémentaires dans leurs constructions.

              Il me semble bien que Tous les chantiers d’EPR sont concernés par des retards et des difficultés non-prévues, non ?

              Avant de tabler sur des nouvelles technos, tenez-vous en a l’existant, et cessez de rêver…

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              • corrector le 29 novembre 2012 - 9:36 Signaler un abus - Permalink

                “Vous parlez de nouvelles technologies, si on tient compte de l’existant, on peut aborder l’exemple des EPR et des retards/coûts supplémentaires dans leurs constructions.”

                Je ne parlais pas de l’EPR, mais on peut en parler aussi.

                Qu’est-ce que vous voulez en dire?

                Qu’on observe un léger surcoût? C’est vrai. Et alors? C’est tout ce que vous avez comme argument?

                “Il me semble bien que Tous les chantiers d’EPR sont concernés par des retards et des difficultés non-prévues, non ?”

                Il vous semble mal.

                “Avant de tabler sur des nouvelles technos, tenez-vous en a l’existant, et cessez de rêver…”

                Très bien. On arrête le rêve, donc exit le solaire et le vent, on garde ce qui est éprouvé :
                - hydro
                - flamme
                - nucléaire (lent, eau liquide ou bouillante)

                Le reste => poubelle

                On va faire des économies!

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