La Syrie à la mine de plomb
La Syrie et l'Iran. Deux régimes autoritaires, deux alliés. Mana Neyestani, caricaturiste iranien en exil, chronique depuis le début de la révolte syrienne la répression du régime de Bachar al-Assad. Revue de ses dessins, noirs et acerbes, commentés par l'auteur.
L’Iran et la Syrie, une longue histoire. Dernier épisode de cet épopée, 48 Iraniens ont été enlevés par l’Armée Syrienne Libre, samedi sur la route de l’aéroport de Damas. Espions envoyés par Téhéran pour les uns, simples pèlerins chiites pour les autres. Avec ses traits noirs et acerbes, le dessinateur iranien Mana Neyestani chronique le conflit syrien sur sa page Facebook ou pour le site de la radio iranienne en exil Zamaneh. Il feint de s’interroger :
Comment être sauvé par un régime lui-même en perte de vitesse ?
Jusqu’ici, Bachar al-Assad a pu compter sur le soutien de la République islamique d’Iran. Mana Neyestani sourirait presque de cette alliance de deux dictatures. Lui vit en exil à Paris, après des aventures kafkaïennes racontées dans son ouvrage Une métamorphose iranienne. “Le seul langage que maîtrisent les dictateurs est la violence” explique-t-il.
Un alter ego syrien, le caricaturiste Ali Ferzat, a subi la répression du régime pour l’avoir trop vertement critiqué. Il y a un an, des hommes cagoulés l’enlevaient et le rouaient de coups ; ils lui brisaient les mains. Mana Neyestani lui rend hommage dans un dessin qui souligne le pouvoir du stylo contre la matraque.
“Je me demande comment Bachar peut dormir sans penser aux meurtres qu’il commet.” Sous le regard impuissant – dans le meilleur des cas – des organisations internationales. Deux dessins sont consacrés à l’ONU, que le dessinateur iranien n’épargne pas. Sur une image représentant un prisonnier sur le point de se faire exécuter, les Nations Unies choisissent de “cacher cette histoire”.
Pour le dessinateur, “c’est tellement douloureux de voir comment les Syriens se font si sauvagement massacrés par leur dictateur alors que l’ONU ne peut (ou ne veut) pas sauver les personnes innocentes.” Avec une question en suspens :
Une dictature et un massacre peuvent-ils être considérés comme des problèmes internes ?
Illustrations de Mana Neyestani, © tous droits réservés, publiées avec l’autorisation de l’auteur. Retrouvez le travail de Mana Neyestani sur sa page Facebook.

Une autre vision des évènements dramatiques :
http://www.franceculture.fr/emission-les-matins-syrie-revolte-ou-guerre-civile-2012-02-21.
Voir hypothèse de pansunnisme ( sur moteurs de recherche ) établi par les occidentaux avec l’assentiment du Qatar et de l’Arabie – Saoudite que je soumettais il y a déjà presque un an sur le web .
Cette hypothèse se voit malheureusement confirmée dans les faits chaque jour mais est néanmoins “snobée ” par les élites intellectuelles de notre beau pays de France .
On aimerait voir des dessins de M Neyestani sur le sort des chiites au Bahrein , réprimés par les troupes de l’Arabie Saoudite , ou encore d’autres dénonçant les civiles chiites victimes d’attentats terroristes en Irak , Afghanistan , Yemen, et ce toutes les semaines dans le monde… le monde n’est pas noir ou blanc , n’en déplaise au petit village radio-télévisé occidental .
Félicitions à M Neyestani pour ses dessins contre le régime assassin d’ Assad .
Saxo , libre penseur , laïque .
Une pensée pour les peuples victimes des reconstitutions géopolitiques et des conflits religieux .