Le bouquin livré à son destin

Le 21 septembre 2012

Le marché de l'édition numérique balbutie en France mais certains semblent se placer petit à petit sur l'échiquier. Hier, Google, Albin Michel et autres experts du sujet se réunissaient pour en discuter. Récit.

Homme assis sur une chaise avec un livre, (Domaine Public) George Eastman House Collection

Hier soir au Labo de l’édition à Paris se tenait une petite réunion autour de la question “Le livre numérique est-il prêt au décollage ?”. Vaste sujet alors qu’en France les éditeurs sont obligés de se placer un à un sur le plateau de jeu, histoire d’être là quand et si le marché émerge.

Pour débattre, invités autour de la table, Philippe Colombet, directeur de Google Livres en France1, Alexis Esménard, directeur du développement numérique chez Albin Michel, David Meulemans, fondateur des éditions Aux Forges de Vulcain – développant un logiciel d’écriture – et enfin Jean-Louis Missika, adjoint à la Mairie de Paris, chargé de l’innovation et spécialisé dans la gestion des industries numériques.

La Justice met Apple à la page

La Justice met Apple à la page

Un accord qui vient d'être signé aux États-Unis sur le marché du livre numérique confirme les soupçons d'entente qui ...

Tous s’accordent à le dire : le numérique ne représente presque rien à l’échelle d’une maison d’édition : 1 à 2% des ventes se font en numérique (pour 2,5 milliards de chiffre d’affaire des éditeurs selon une infographie du MoTif) et la projection en 2015 est de 6 à 7%.

Pourtant, GFK avance dans une étude que les achats de tablettes et autres outils de lecture numérique sont de plus en plus importantes avec 92 000 liseuses vendues en 2011 – 27 000 en 2010 et 1,5 millions de tablettes en 2011 – 3 millions attendues en 2012.

De différents freins subsistent toutefois : faiblesses des tablettes (”interface, autonomie, coût et enfermement dans un écosystème” citera Virginie Rouxel, modératrice du débat et déléguée générale du Labo de l’édition), multiplication des canaux de distribution du livre comme Apple, Amazon et récemment Google et son petit dernier Google Play et l’offre encore limitée malgré l’augmentation de la production homothétique (la version numérique est identique à la version papier) des éditeurs, entre autres.

On a tiré zéro leçon de l’industrie musicale

Il y a dans le lot des intervenants, un détracteur, fin analyste de la consommation des produits culturels et de leurs industries. C’est Jean-Louis Missika qui charge la barque dès le départ en assénant à l’industrie du livre qu’elle n’a pas su profiter des gamelles de la musique pour ne pas tomber dans les mêmes travers :

La musique a été le premier secteur à avoir été concerné par la révolution numérique avec la dématérialisation, Internet et les MP3. C’est le canari dans la mine de charbon. Le premier réflexe d’une industrie de contenus bien installée, très rentable, c’est la résistance au changement et la juridicisation. Ils se sont rendus compte qu’il n’est pas possible de résister à la révolution technologique qui est aussi une révolution des comportements et de la consommation des produits culturels. Hollywood a voulu faire la guerre à une génération entière de jeunes. Et la tentation de ne pas changer de modèle économique est très présente. Les majors en général sont dans une situation ambiguë par rapport à internet et la révolution numérique.

Effectivement, après avoir essuyé nombre de plâtres, l’industrie musicale aurait pu servir de guide pour les industries suivantes. Le livre en tête. Interopérabilité, piratage, DRM, monopole d’Apple, Google et/ou Amazon sont tout autant de questions déjà soulevée dans l’industrie du disque. Les éditeurs signent, au même titre que les majors de la musique, tout ce qu’il est bon de signer avec les plus gros, dans un marché dont les pions sont positionnés.

Aux États-Unis et en Grande-Bretagne, le livre numérique a réellement décollé il y a peu de temps et si la France est toujours en retard, elle semble de vouloir le combler et ainsi de profiter de la piste ouverte par les États-Unis. Pour le très confiant Philippe Colombet, de Google Livres France, les catalogues prennent de l’ampleur avec ”70 000 titres payants environ, PDF et ePub” et les ventes de liseuses et autres sont un excellent indicateur.

Même constat pour Jean-Louis Missika, le marché existe même s’il peine en France. Il a tout à fait sa place dans le paysage culturel :

Aux États-Unis, c’est plus rapide mais la France suit régulièrement. On avait 7 ans de retard sur la télévision. Mais la France n‘est pas un pays d’exception où le livre numérique ne se déploierait pas. Si on considère que Amazon a vendu plus d’ouvrages numériques que d’ouvrages papier aux États-Unis en 2011 et qu’Amazon a vendu plus de numérique à partir de 2012 en Grande-Bretagne, Amazon France vendra plus de numérique que de papier en 2015-2016.

Les éditeurs frileux ? Que nenni !

Hier soir, le seul représentant des “grands éditeurs”, Albin Michel, s’est défendu : la frilosité est imaginaire et ”les choses bien plus complexes que ça”. Surtout si sont intégrées les craintes pour les autres secteurs de la chaine du livre comme ” les imprimeurs et les libraires”. Il précise : “moins pour les éditeurs dont le rôle reste le même et n’est pas attaché à un support.”

Alexis Esménard, directeur du développement numérique chez Albin Michel, estime que le domaine de l’édition est en grande difficulté et que les éditeurs ne bénéficient pas d’une bonne image :

Albin Michel donne plus d’argent à tous ses auteurs en général qu’il n’en gagne. L’édition aujourd’hui est en difficulté. Cette année dans une de nos filiales, il y a 3 éditeurs qui ont déposé le bilan. [...] Le marché des livres baisse d’une manière générale.

Le marché des livres est en baisse, mais pas nécessairement à cause du livre numérique, argument souvent avancé par les défenseurs du papier. Si le livre numérique est si cher c’est qu’éditer un ouvrage “nécessite des développement importants.” :

On fait des livres alors qu’on a pas de rentabilité là-dessus. Le livre numérique n’est pas suffisant pour rentabiliser la publication d’un ouvrage, malgré l’existence du marché. Tous les frais ne peuvent pas être amortis sur l’édition numérique. Ça coûte plus cher de faire un livre numérique qu’un livre papier.

Même si, le reconnait le chargé de développement numérique “partir aujourd’hui d’une composition faite en papier pour la rendre en numérique ne coûte pas une fortune énorme. Pour lui comme pour les autres. Transposer un livre en noir et blanc qui soit sûr d’être vendu ? Oui, “les blockbusters, les best seller comme Marc Levy, Mary Higgings Clark ne sont pas ceux qui coûtent le plus cher en numérique a ajouté Alexis Esménard.

En somme, il serait tout à fait envisageable de rentabiliser un Marc Lévy en livre numérique. Comme certains petits éditeurs le font déjà en livre papier, en ayant un auteur phare permettant de diffuser et accompagner les plus petits auteurs. L’exemple choisi pour l’occasion pour le directeur du développement numérique d’Albin Michel peut à première vue faire peur, économiquement. En un simple petit calcul mathématique, Alexis Esménard est catégorique :

Nous allons passer toute une collection – Géronimo Stilton – de 60 titres au format Kindle. Ça va nous coûter à peu près 25 000 euros. Les ventes chez Apple c’est 400 exemplaires. 25 000 euros divisés par 400, chacun vendu 5 euros, combien faut-il que j’en vende pour le rentabiliser ?

Le point DRM comme on aurait un point Godwin

Dans toute conversation sur le numérique et la vente de biens immatériels, il existe le point DRM. Immanquablement arrive la question de la protection et du piratage, ici des livres numériques. Sporadique ou d’une masse considérable, le piratage reste la grande crainte des éditeurs.

Chez Albin Michel – seul représentant d’une “grosse” maison – on a pas de problème avec les DRM. En revanche ”le problème impliqué par les DRM [me] pose un problème mais je ne conçois pas un livre sans DRM”, explique Alexis Esménard, qui précise ne pas être “pro-DRM”.

Vend fichier MP3 très peu servi

Vend fichier MP3 très peu servi

ReDiGi, site spécialisé dans la vente de fichiers MP3 d'occasion (si si), sera fixé sur son sort dans quelques semaines. ...

Le piratage social, qui a “mis à sec” l’industrie de la musique, serait donc un des grands risques du livre numérique. Et la revente de livres d’occasion comme le fait Redigi avec la musique achetée sur les plates-formes légales ? Philippe Colombet de Google affirme que “c’est pour l’usage personnel. L’ouvrage est acquis définitivement. La seule chose, c’est que vous pouvez le transmettre mais ne pas le revendre.”

Le droit à l’écoute vendu par les majors via Apple par exemple se transpose en un droit à la lecture sur les mêmes plates-formes. L’industrie du disque ? On prend les mêmes et on recommence. Et le sujet du piratage est sensible, aussi parce que l’industrie musicale a essuyé les plâtres.

Jean-Louis Missika reste confiant et estime que ”le problème est moins grave que celui de la musique” même si ”des situations de pénurie et la complexité de la consommation légale encouragent le piratage.”

A l’instar de l’industrie du disque, les majors du livre sont prises dans les filets des trois plus grands disquaires et libraires mondiaux que sont Google, Amazon et Apple. Alors que n’a pas été vraiment abordée la question des libraires physiques, Jean-Louis Missika dessine les traits d’un schéma – déséquilibré – d’acteurs :

Les acteurs du coté d’Internet ont une présence mondiale. Donc très forte. Du côté des producteurs de contenus, ce sont des acteurs nationaux, donc une présence très faible. La négociation est déséquilibrée. Pour qu’elle le soit moins, il faut une intervention du régulateur. Sauf que c’est difficile à construire. Pour le livre numérique, il y a une bataille de géants sur les système d’exploitation et il y en a un qui finira par gagner. Google est convaincu qu’il a la bonne stratégie pour Android, Apple a la même depuis le début. Amazon part d’une activité de vente et remonte la chaîne de valeur et est plutôt sur un modèle à la Apple qu’à la Google. Les stratégies sont très typées et il y en a nécessairement certains qui se trompent et d’autres qui ont raison. On aura les résultats de la compétition dans quelques années.

Quelques années, voire moins.


Homme assis sur une chaise avec un livre, (Domaine Public) George Eastman House Collection via The Commons sur Flickr

  1. et par ailleurs partenaire du Labo de l’édition depuis juin dernier []

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  • Thomas Lornet le 21 septembre 2012 - 19:37 Signaler un abus - Permalink

    Le système gagnant, c’est GNU/Linux !

    Et pas celui d’Apple, Google ou Amazon. Il y a aussi d’autres moyens de faire, des systèmes qui sont beaucoup plus à l’avantage des consommateurs. Des systèmes libres ou au moins open source !

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  • Axel Nader le 21 septembre 2012 - 22:43 Signaler un abus - Permalink

    Le vrai problème: c’est l’énergie…, à l’heure des économies du même nom.

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  • Ludo le 21 septembre 2012 - 23:36 Signaler un abus - Permalink

    C’est incroyable que tout ce débat, et son compte-rendu, passent à côté de la question centrale : le livre électronique, c’est pour quoi faire ? Avoir 10 000 ouvrages dans sa poche alors que la plupart des gens n’en lisent pas plus que quelques-uns par an ?
    Et qu’on ne vienne pas me dire que le livre numérique va redonner goût à la lecture. C’est exactement le contraire qui va se passer : c’est une question de temps avant que les contenus numériques ne se fassent polluer par des “fonctionnalités” ajoutées, des hyperliens, des vidéos etc. Tout pour distraire de la lecture linéaire, activité très peu rentable. Comme dit le people Beigbeider : “Quand on crée ainsi une même machine qui contient YouTube, Facebook, TF1 et Dostoïevski, eh bien ayons l’honnêteté de le dire : Dostoïevski est mal barré.”
    N’en déplaise aux techno-béats pour qui tout ce qui n’est pas /encore/ numérique est ringard, le livre papier est un objet qui répond déjà parfaitement aux besoins du lecteur. Le livre numérique ne répond à aucun besoin, il est juste la dernière expression en date de la recherche sans frein de nouveaux secteurs d’expansion des multinationales de l’électronique.
    Pour nous le faire gober, on nous ressert les poncifs de l’âge numérique : rapidité, accès illimité, immédiateté, convivialité (comme un vrai livre, ah ah)
    Ben oui, quelle ringardise de chercher un livre pendant plusieurs mois chez les bouquinistes ou de le commander chez le libraire ! C’est le moyen-âge, la bougie etc.
    Par manque de temps je passe vite fait sur les nuisances environnementales qui viennent en prime avec ce nouveau gadget : eau, terres rares, énergie (y compris pour les serveurs qui stockeront les ouvrages), obsolescence, recyclage etc. Jusqu’à preuve du contraire, les arbres repoussent, le papier se recycle, et les livres publiés il y a plus de cent ans restent utilisables – à titre de comparaison.
    Et reste évidemment la mort programmée des libraires et bibliothécaires, pourquoi pas remplacés par des algorithmes qui analyseront vos goûts et budgets pour vous orienter dans vos prochains choix de téléchargement – pardon, de lecture.

    C’est sûr que présenté comme ça, ça ferait un peu tache dans le débat.

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    • JF Meyer le 22 septembre 2012 - 10:07 Signaler un abus - Permalink

      J’aimerais apporter un regard complémentaire.

      Le livre électronique, c’est pour quoi faire ?

      Dans mon cas, (Residant au Nepal), j’ai peu acces a des bibliotheques francophones ou des bibliotheques tout court. Environ 4h d’electricite par jour ou pas du tout. Peu ou pas d’acces internet. Un sac a dos pour contenir tout ce que je peux transporter. Un lecteur electronique offrant 1 (helas pas 2 ou 3) mois d’autonomie et 1000 ouvrages avec une viabilite esperee de 5 ans, sans doute, pour 5 a 8 livres lus par mois represente donc, pour 250g, un investissement léger et une utilite (personnelle) superieurs aux formats papier. Je ne peste pas encore sur du bruit informationnel inutile dans la mesure ou seul le contenu du livre est affiche (sur un lecteur specifique, pas une tablette ou cela est lie au programme de gestion de bibliotheque); pas de wifi de toute facon, cela consomme de la batterie sans utilite.
      La perception que l’on peut avoir sur un media est donc liee au contexte d’utilisation.
      Le support n’est pas a mettre entre toutes les mains, par rapport a un livre papier. Je ne pense pas qu’il resisterait plus de 4h dans des mains locales, mais un livre papier n’en aura que pour un mois avant de suivre la meme piste.

      A la vitesse a laquelle changent les formats de stockage de l’information et a leur rapidite d’obsolescence il est probable que d’ici a 10ans le lecteur electronique actuel sera tout aussi “ringuard” si pas plus que le livre papier. L’un ne remplace pas l’autre mais ils se completent.

      Les derives fonctionnelles du media ne sont pas liees au contenu mais aux pseudo besoins crees autour …

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    • gef le 22 septembre 2012 - 11:25 Signaler un abus - Permalink

      Non non, vous inquiétez pas, y a toujours un paquet de gens comme vous pour porter cette parole, et asséner leurs opinions comme vérité !
      Quelles sont les données sur lesquelles vous vous appuyez pour dire que ça va dégoûter les gens ? Le grand sociologue Beigbeder ?

      Je n’en fais pas le cas général, mais mon cas personnel va à l’encontre de ce que vous fantasmez.
      Je lis beaucoup plus qu’avant, au détriment de la tv, de youtube & co, parce que c’est plus pratique.
      J’aime lire à une main dans les transports ou dans mon lit.
      J’aime partir en voyage avec les 6 ou 8 bouquins que je vais lire.
      J’aime avoir un dosto qui tient dans la poche !
      J’aime avoir accès simplement et gratuitement à des choses qu’on ne trouve plus en librairie.
      J’aime le plaisir d’aller chercher des ebooks gratuits au petit bonheur la chance, et de faire des découvertes, comme chez des bouquinistes.
      J’aime lire dans une autre langue, trouver des ouvrages qui ne soient pas hors de prix, et avoir un dictionnaire intégré !

      Que ça ne vous convienne pas, c’est votre droit, mais ça ne vous oblige pas à cet accès ridicule de mauvaise foi !

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    • Wosven le 23 septembre 2012 - 18:54 Signaler un abus - Permalink

      @LUDO
      Que tu ne comprennes pas l’intérêt du format numérique, c’est un fait, mais respecte au moins ceux qui le trouvent utile voir nécessaire.
      Oui, c’est un format fait pour lire, dans le même but que le livre-papier, et on ne perd pas de neurones en changeant de support aux dernières nouvelles.

      Et certains, dont moi, lisent plus que “quelques” ouvrages par an, papier ou numérique.
      Pour la pollution des fonctionnalités, attendons déjà d’avoir des ouvrages en nombre suffisant pour se mettre à explorer ces directions. Cela ressemble trop aux CD/DVD interactifs, marché pas assez florissant et trop couteux à produire.
      A l’heure actuelle le public attend ses livres habituels au format numérique. Commençons pas ça.

      Tu décries surement le livre numérique parce que tu n’est pas confronté au “sacrilège” de devoir faire de la place et jeter, donner, bazarder tes bouquins pour garder de l’espace. C’est bien pour toi. Ce format permet aussi de partir en déplacement sans remplir ses bagages de kilos inutiles, comme j’eus l’art de le faire avant le numérique.

      Pour anecdote, il y a quelques années, j’étais partie en congés avec presque tous les volumes imprimés du Trône de Fer. Bonne histoire, excellente traduction… en fermant le douzième volume, j’appelais pour râler de ne pas avoir sous la main les derniers parus !

      C’est dommage que je livre numérique soit vendu en tant que service au prix du livre papier, mais ça n’empêche en rien de procéder de la même manière pour chercher, découvrir, acheter.
      Je lui vois aussi des avantages :
      en France, de peur d’effrayer le lecteur on découpe un gros bouquin en 3 petits exemplaires — la VF est généralement plus longue, plus de bénéfices avec les 3 ventes ? — ou on limite le nombre de pages,
      la version numérique ne dépends que de sa qualité et de la bonne critique pour être vendue, pas de son aspect.
      Elle permet aussi d’agrandir les caractères, donc de s’adapter à l’âge ou aux problèmes visuels.

      Concernant la frilosité du marché, ça fait des années que les éditeurs se demandent s’ils sont la poule ou l’œuf… s’il faut attendre que chacun ait une tablette/liseuse ou si faut qu’il y ait une multitudes d’ouvrages pour se lancer dans la bataille. Ne seraient-ils pas au final le dindon de la farce ?

      Si le marché leur passe sous le nez, c’est que las d’attendre, Amazon et Google on préféré commercialiser liseuse/tablettes et livres plutôt que d’attendre que les autres acteurs s’y mettent sérieusement.
      Et je les en remercie, comme tous les lecteurs qui ONT UN BUDGET À DÉPENSER, ont réfléchi et décidé de suivre le numérique.
      Dommage que l’offre ne suive pas.

      Encore une fois, ces atermoiements ne frustrent que les clients potentiels. Au lieu d’avoir peur d’être piratés, donnez plutôt de bonnes habitudes en permettant aux lecteurs d’acheter facilement leurs livres… on n’est pas si stupides après tout.

      PS. En français la négation se fait par le NE, on peut omettre le “pas”. J’ai relevé cette faute 2 fois, dommage :
      On fait des livres alors qu’on N’a pas de rentabilité
      on N’a pas de problème avec

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      • Ludo le 23 septembre 2012 - 19:30 Signaler un abus - Permalink

        * J’ai déjà tenté de poster cette réponse plusieurs fois, désolé si cela fait doublon. *

        Gef, si je comprends bien, avant vous n’arriviez pas à lire parce que c’était trop compliqué ?
        Des livres intolérablement gros, trop compliqués à tenir, avec des mots incompréhensibles qui nécessitaient que vous emportiez un dictionnaire tout le temps avec vous, des livres la plupart du temps introuvables – d’ailleurs c’est bien simple, vous ne lisez que ceux impossibles à commander chez le libraire et de toute façon vous les voulez tout de suite. Mais maintenant que c’est aussi facile d’allumer le livre que la télé, ouf, la lecture est à nouveau possible.

        Ah, et puis la joie d’aller dénicher de petits ebooks d’occasion chez les sympathiques sites de téléchargement. Moi j’aime bien celui-là, manybook(point)net, l’atmosphère y est tellement agréable, avec sa mise en page qui n’a pas bougé depuis 2010, ses fichiers empilés jusqu’au plafond (on arrive à peine à faufiler sa souris !), son vieil algorithme toujours de bon conseil, son odeur de plastique et de silicium, sa clientèle originale (plusieurs centaines d’internautes connectés en même temps)…

        Vous ne vous moquez pas un peu du monde ?

        Ah oui au fait, pour le prix : vous ne payez pas cher parce que l’existence de votre gadget et des fichiers y afférents est le résultat de l’exploitation de gens vivant à l’autre bout du monde sous des régimes pas trop démocratiques, avec un droit du travail allégé et des normes environnementales pas trop contraignantes ; et que le coût de recyclage n’est pas pris en compte ou alors scandaleusement sous-évalué.

        Il n’y a franchement pas de quoi se réjouir.

        Quant aux nuisances écologiques, justement, je n’ai pas trop entendu votre avis de consommateur ravi là-dessus. Dites-moi que vous vous êtes soucié de la fin de “vie” de votre objet, avant de l’acheter ? Parce que vous le savez bien, il ne durera pas autant qu’un livre. Il y a bien un jour où vous renverserez du café dessus, où il prendra la pluie ou le sable, puisque vous aimez voyager, ou alors vous le laisserez tomber, ou pire : il se démodera. Vous en ferez quoi ce jour-là ?

        Oh, puis c’est vrai, j’avais vraiment raconté n’importe quoi, sur la pollution des contenus : je viens d’apprendre que Yahoo a récemment breveté la publicité dans les livres électroniques. Mais c’est pas grave, si ça arrive vous aurez toujours la possibilité de payer un tout petit peu plus cher pour lire sans pub.

        En effet, vous l’avez compris, cela ne me convient pas, mais c’est toujours mieux que de s’en moquer.

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        • Wosven le 23 septembre 2012 - 20:24 Signaler un abus - Permalink

          Par curiosité, regarde où sont imprimés tous ces livres pour enfants de style “pop-up” — avec découpages et collages, tirettes, etc. — je te défie d’en trouver qui ne soient pas imprimés en Chine et façonnés par de délicates mains plus habiles que nos grosses pattes d’adulte.
          Le monde du papier n’est pas obligatoirement plus noble (ou moins polluant… le marché allant souvent au couple impression-livraison à bas coût).

          Ensuite, on n’est pas obligé de changer de matériel constamment, tant que ça fonctionne… Pour les dégâts subis, c’est comme les catastrophes naturelles sur les bouquins, ça arrive parfois, hélas. L’avantage de l’epub reste de pouvoir être re-téléchargé sans trop de complication chez certains éditeurs.

          Le livre papier devra de toute façon subir une mutation, ainsi que ceux qui le produisent et le vendent. Ce sera j’espère l’occasion de se réapproprier un lectorat qui aujourd’hui fuit les librairies pour des raisons obscures (de mon point de vue).
          Il en sortira certainement plus de qualité, dans le contenu et dans la forme.

          Le monde de l’édition a bien changé ces dernières années. Je ne me vois pas revenir un siècle en arrière pour faire mes mises en page. Vive les logiciels, les formats numériques et internet.
          De la même manière, le numérique va certainement apporter un plus dans nos librairies, mais pour ce faire il faudra de nouveaux concepts, et ça passera par la transformation des métiers actuels.

          Est-ce qu’on ne verra pas plus de librairies-club de lecture, des sortes de happening, ou je-ne-sais-quoi qui redonneront un peu de vigueur au livre ?

          La dernière chose que l’on veut c’est de voir les libraires phagocytés comme les disquaires l’ont été par les supermarchés de la cultures. Mais pour cela il faut avancer, pas fermer les yeux.

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        • gef le 23 septembre 2012 - 20:27 Signaler un abus - Permalink

          @Ludo

          > Gef, si je comprends bien, avant vous n’arriviez pas à lire
          > parce que c’était trop compliqué ?

          Allez, un petit effort, et vous aurez presque compris !
          Avant je lisais moins parce que c’était bien moins pratique.
          Tenir d’une main un gros pavé dans le métro, tout en m’accrochant à la barre, et manquer de tomber à chaque fois que je devais tourner une page, j’avais simplement abandonné.

          Du coup, rentré chez moi le soir, je n’avais pas lu dans la journée, ne m’étais pas plongé dans le récit, et je n’avais pas le réflexe de rouvrir mon bouquin.

          Contrairement à vous, je ne prétends pas détenir la vérité absolue, j’exprime juste mon cas particulier. Reconnaissez au moins que j’ai la connaissance de ma propre expérience.

          Et oui, quand je lis dans une langue étrangère (pas facile à commander chez mon libraire habituel !!) j’ai occasionnellement besoin d’un dictionnaire. Je le reconnais humblement.

          > Vous ne vous moquez pas un peu du monde ?

          Non, vraiment pas.

          > Ah oui au fait, pour le prix : vous ne payez pas cher parce
          > que l’existence de votre gadget et des fichiers y afférents
          > est le résultat de l’exploitation de gens vivant à l’autre bout
          > du monde sous des régimes pas trop démocratiques, avec
          > un droit du travail allégé et des normes environnementales
          > pas trop contraignantes ; et que le coût de recyclage n’est
          > pas pris en compte ou alors scandaleusement sous-évalué.

          Pfiou ! Et j’imagine que vous tapez votre commentaire sur un ordinateur fabriqué en France, pas des salariés bien protégés ? Qui c’est qui se moque du monde ??

          > Quant aux nuisances écologiques, justement, je n’ai pas trop entendu
          > votre avis de consommateur ravi là-dessus. Dites-moi que vous vous
          > êtes soucié de la fin de “vie” de votre objet, avant de l’acheter ? Parce
          > que vous le savez bien, il ne durera pas autant qu’un livre.

          Certes. J’avoue ne pas m’être soucié de sa fin de vie. Mais puisque vous m’incitez à cet exercice vain et fastidieux, allons-y. En 3 ans (mon précédent m’en a fait 4), j’aurais lu sur cet objet 150 à 200 ouvrages. Autant d’objets qui n’auront pas nécessité du papier, de l’encre, de l’énergie pour l’impression, de l’emballage, de l’étiquetage, du transport vers l’entrepôt, de la manutention, du transport vers la librairie, un ticket, un sac, du transport vers chez moi, du transport partout où je les emmène. Je ne suis pas expert, mais j’ai la sensation que le bilan écologique n’est pas si déséquilibré. Et quand j’en changerais, je n’ai pas prévu de le jeter au milieu d’un clairière, mais de la garder au cas où. Au pire, je le donnerai à quelqu’un, ce qui fait un bon recyclage.

          > je viens d’apprendre que Yahoo a récemment breveté la publicité
          > dans les livres électroniques.

          Ce modèle existe depuis bien longtemps dans l’univers papier, ça s’appelle la presse, et notamment les magazines. Beurk.

          Je ne vous parle pas d’un scenario futur éventuel, mais de mon présent : les livres que je lis n’ont pas de pub, merci de vous en soucier, ils sont souvent gratuits car libres de droits, je passe du temps à les chercher et ça fait partie du plaisir.

          Restez donc avec vos bouquins papier, je ne risque pas de vous jeter la pierre, j’ai grandi dedans ! Mais essayez d’y puiser un peu de sagesse, qui vous conduirait à cesser de juger ceux qui ne vivent pas comme vous !

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          • Ludo le 24 septembre 2012 - 5:55 Signaler un abus - Permalink

            J’ai bien compris que votre avis est celui d’un consommateur satisfait et que vous ne placiez le débat que sur cette base strictement individuelle. Si je suis bien, le fait que vous utilisiez votre joujou de manière “responsable” justifie ipso facto son existence. Si l’on devait pousser votre raisonnement, on n’aurait pas le droit de critiquer les voitures qui consomment 15 litres au cent sous prétexte que certains sont bien assis dedans.

            Ce que je vous reproche, ce n’est pas personnel, je pense surtout à tous les thuriféraires du livre électronique et les prophètes du tout numérique, c’est de faire peu de cas des nuisances générées par votre gadget, au regard du peu de bénéfice que vous en retirez. Désolé, mais votre histoire de métro et de livres trop gros me fait toujours rire. Quelle justification dérisoire. À la mesure des 500 g que vous économisez quand vous voyagez.

            Résultat, comme vous vous placez sur un plan personnel, vous prenez mes critiques comme une attaque personnelle et vous vous retrouvez à avancer n’importe quoi sur le bilan écologique pour vous justifier, bilan auquel vous n’aviez sans doute jamais réfléchi avant que je n’en parle. Tout de même… vous devez le sentir confusément, qu’il faut un peu plus que 2 camions, 3 arbres et un bidon de produits chimiques pour produire votre truc et l’entretenir, alors je ne vous énumère pas la liste des produits non renouvelables qui se trouvent à l’intérieur, le coût énergétique de leur extraction, la quantité d’eau nécessaire pour faire tourner une unité de production microélectronique, la longueur du chemin parcouru par les matières premières, puis par les composants, la pollution publicitaire etc. Et comme tout ça se passe en Afrique et en Chine principalement : vos gueules les travailleurs, vos devriez être déjà bien contents de bosser pour que certains puissent lire dans le métro ou au Népal.

            Certes mon ordinateur ne vaut pas mieux, mais d’une part, il ne remplace rien de ce que je connais déjà, et d’autre part je suis obligé de vivre avec, sous peine d’exclusion sociale : pas d’internet, pas de mail, pas de boulot. Mais moi, au moins, je le reconnais et je ne suis pas là pour lui faire de la pub. Je ne fais pas non plus semblant de croire qu’internet est écolo.

            “Exercice vain et fastidieux”, voilà qui résume bien un certain je-m’en-foutisme consumériste. Tiens, en parlant de vérité absolue, n’hésitez pas à commenter celle de votre collègue :
            “Le livre papier devra de toute façon subir une mutation, ainsi que ceux qui le produisent et le vendent.”
            Faire muter les libraires ? Quel sort bien peu charitable.
            Ah mais c’est vrai, “on n’arrête pas le progrès”.
            Ni les poncifs.

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            • gef le 24 septembre 2012 - 8:16 Signaler un abus - Permalink

              @Ludo

              Allez, une dernière réponse et je vous laisse à vos effets de manche.

              Si ce n’est pas un exercice vain et fastidieux, faites-le donc, ce bilan, et prouvez ce que vous avancez !

              Puisque vous ne faites que qualifier mes arguments de “dérisoire” sans rien y répondre, je ne me fatigue pas.

              J’imagine que vous ne mangez pas de viande, que tous vos vêtements sont faits dans l’économie sociale et solidaire, que tous vos bouquins sont tous PEFC, que vous avez vérifié que votre libraire n’exploite pas un petit stagiaire…

              Bravo à vous.

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  • Bastian le 22 septembre 2012 - 9:36 Signaler un abus - Permalink

    David Meulemans n’a rien dit ?

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    • dave feng le 26 septembre 2012 - 7:58 Signaler un abus - Permalink

      Ce n’est pas quelqu’un de connu. Je ne suis pas sur que reproduire ses propos ait un intérêt.

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      • Claire Berthelemy le 26 septembre 2012 - 12:39 Signaler un abus - Permalink

        Je vous rassure tout de suite, le fait qu’il soit le “moins connu” de la conférence n’est pas la raison pour laquelle ses propos ne figurent pas dans le papier !
        Et heureusement !

        Son propos – court compte tenu du temps de paroles des autres intervenants – était pertinent bien sûr. Mais il ne faisait pas partie de l’angle adopté pour le papier…

        Ce qui explique qu’il n’y figure pas.

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        • Dave Feng le 26 septembre 2012 - 12:45 Signaler un abus - Permalink

          Ce n’était pas une critique de votre travail – simplement une remarque sur le fait que, quand Albin Michel dit que le livre numérique coûte cher, c’est une observation directe, qui a du poids – et notamment plus de poids que les remarques, abstraitement sans doute intéressantes, mais moins ancrées dans le concret, de “petits” acteurs. C’est un peu triste que la position d’Albin Michel ait été raillée par certains tweets, alors qu’elle avait le mérite d’émaner de quelqu’un qui fait effectivement des livres et qui rappelait qu’il ne suffisait pas de bâcler un ePub et de le mettre sur une page web pour avoir “édité” un texte…

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          • Claire Berthelemy le 26 septembre 2012 - 12:53 Signaler un abus - Permalink

            Ah d’accord ! Je ne l’avais pas pris comme critique mais me suis posé la question au moment de la rédaction de l’article : rendre compte d’une conférence avec un angle précis ne permet pas toujours d’y mettre tous les acteurs.

            Sur le Storify du Labo de l’édition que vous pouvez retrouver à cette adresse http://storify.com/labodeledition/le-livre-numerique-en-france-enfin-pret-au-decolla les tweets sot peut-être un peu différents de ce que vous avez pu lire…

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            • Dave Feng le 26 septembre 2012 - 13:00 Signaler un abus - Permalink

              Merci du lien! En fait, je me dis qu’il y aurait peut-être des articles à créer sur le fossé culturel qu’il y a entre les éditeurs et les NTIC, en soulignant les biais des deux côtés: les éditeurs comprennent mal les NTIC – et les technophiles ont une vision parfois naïve de l’édition… Ou sous forme d’un entretien? A voir.

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  • Colibry le 22 septembre 2012 - 13:41 Signaler un abus - Permalink

    Serait-il absurde d’espérer des bibliothèques numériques qui comme deezer nous permettrai de lire des livres grâce à un abonnement ? Cela me semble la meilleure alternative au téléchargement. Le principe de la bibliothèque municipale classique où, avec un petit abonnement, on pouvait lire ce que l’on voulait et cela ne faisait pas peur aux libraires.

    Pour défendre un peu l’ebook, je trouve qu’il est beaucoup plus confortable de lire sur ebook que sur écran. Avant j’imprimai des rapports de travail pour les lire. Maintenant je les lis sur mon ebook. Je trouve que même si je dois la recharger de temps en temps, l’économie de papier et d’encre est intéressante.

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  • Thomas Piettre Leclair le 23 septembre 2012 - 12:48 Signaler un abus - Permalink

    Merci pour cet article. Pour apporter un éclairage factuel sur l’impact environnemental du livre numérique / papier :

    - Les émissions de CO2 générées par une tablette numérique sont estimées à 168.5 kgéqCO2 (fourchette basse. Le cabinet Carbone4 les estime à 250kgéqCO2… mais l’étude avait été menée pour le compte d’Hachette, donc je préfère retenir celle de Cleantech, voir sources ci-dessous)
    - Celles d’un livre papier sont estimées à 1kgéqCO2
    - Un Français lit en moyenne 16 livres par an

    Donc, pour qu’une tablette numérique soit plus intéressante qu’un livre papier du simple point de vue de ses émissions de CO2, il faut que son utilisateur lise plus de 168 livres. Si l’on prend la moyenne de lecture d’un Français, cela nous donne… 10.5 années de lecture. Seul hic : la tablette sera caduque bien avant. Je ne connais pas d’étude sur le sujet, mais il me semble déjà optimiste de tabler sur une durée de vie de 5 ans.

    C’est hors sujet, mais cela mérite quand même d’être dit : cet éclairage ne prend en compte ni les effets sur l’environnement et la santé des produits que les tablettes contiennent (retardateurs de flamme bromés, acide de perfluorooctane, plomb, mercure, PVC, cadmium, baryum, etc.), ni de la pollution électro-magnétique à laquelle elles contribuent. Quant aux métaux qui les composent (or, argent, platine, cuivre), leur extraction est une source notoire de pollution (au mercure ou au cyanure selon les procédés d’extraction) et leur exploitation est souvent associée à des pratiques sociales peu reluisantes.

    Bref, la tablette est certainement pratique, peut-être “chic”, mais elle n’a rien d’écolo.

    Petite promo : c’est précisément pour lutter contre ce type d’a priori (le tout numérique, un bon point pour la planète) que nous éditons un Agenda pour le Climat, qui, au-delà de sa fonction d’agenda, propose chaque semaine un geste permettant d’économiser des émissions de CO2 quantifiées en kgéqCO2. Pour en savoir plus et découvrir les 51 autres conseils qu’il contient : http://bit.ly/RB0Hxl+

    Quelques sources :
    http://www.carbone4.com/fr/actualites/news/livreshebdo
    http://cleantech.com/news/4867/cleantech-group-finds-positive-envi
    Terra Eco déc 2009
    http://www.pratiquesculturelles.culture.gouv.fr

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  • William le 24 septembre 2012 - 11:05 Signaler un abus - Permalink

    Je lis sur tablette ou même téléphone portable. Mais j’ai aussi des livres papiers. J’apprécie effectivement la “compacité” du format numérique. Personnellement, je ne compte pas acheter quoique ce soit sous ce format, vu la direction prise par les professionnels.
    Je suis très heureux de pouvoir consulter des oeuvres épuisées ou physiquement indisponibles, de cette manière. Lorsque vous voulez consulter des écrits anciens ou disponibles dans des musées uniquement et qu’ils sont disponibles gratuitement sur le net, c’est très intéressant.

    Par contre, la filière commerciale numérique n’a pas compris ce qui freine l’achat. Elle écoute, mais n’entend pas.. Elle ferme les yeux sur une réalité : les gens honnêtes, qui veulent rémunérer le travail de l’auteur et de l’éditeur, veulent aussi qu’on soit honnête avec eux. Donc, ils veulent payer “correctement”, au juste prix, l’auteur, et l’éditeur. pas l’engraisser avec des marges honteuses. Lorsque je paye un livre numérique 10% de moins qu’un livre papier, il y a tromperie, il y a abus.
    Dans un cas, je paye de la matière grise (l’auteur, et les promotions, classements, relecture de l’éditeur), et de la matière première (bois->papier, encre…), et de la main d’oeuvre et du transport, des revendeurs… Dans l’autre cas, je paye de la bande passante, et la matière grise. Il y a un rapport 10 au moins entre les différents coûts.

    D’autre part, lorsque je paye ce livre pour ne pas “posséder” le droit de lire pour toujours (puisqu’il y a des DRMs) , il y a abus, si je n’ai pas une grosse ristourne. Un livre numérique avec drm , devrait coûter moins de 5% du prix du livre papier. Puisque je n’achète que le droit de le lire sur un support, qui va devenir obsolète et disparaitre. Un livre sans DRM devrait coûter moins de 10% du prix du livre papier, pour correspondre aux réductions des coûts associés au format numérique. Je trouve normal de rémunérer des gens qui impriment, fabriquent du papier, transportent, revendent… Mais pas qu’on me vole avec une marge “marketing” = le prix maximal qu’on va accepter de payer.

    Par ailleurs, lorsque j’achète quelque chose, je veux être sûr de “l’avoir” encore dans 20 ans, 30 ans ou 100 ans, pour mes héritiers…
    L’éphémère se marie mal avec la dépense, dès lors qu’elle est un peu conséquente. Et les DRMs me gâchent le plaisir.

    Accessoirement, la révolution “livre numérique” n’est pas exactement comparable à celle de la musique numérique : Les “enregistrements” musicaux nécessitent un équipement technique et de l’énergie pour être “entendus”, depuis le début. Vous coupez l’accès à l’énergie pour une raison x ou y , vous n’avez plus de musique. D’où l’intérêt de savoir jouer d’un instrument “classique”.
    Pour les livres papiers, il y a cette capacité à être utilisable avec de la lumière naturelle (ou pas), et point barre. Cette capacité là, le numérique ne la fournit pas, il n’y a pas équivalence d’usage. Je sais qu’avec un livre, même dans des situations extrêmes, il sera possible de lire. Avec ma tablette liée à un “store”, je sais que si le réseau tombe, si je n’ai pas accès à une prise électrique, si ma batterie s’épuise et que je ne peux la changer, si une catastrophe x ou y survient, je ne pourrai pas lire, chose que je considère comme absolument indispensable dans une vie d’homme qui réfléchit, comme manger, boire et dormir…

    Bref, j’aurai, autant que possible, toujours quelques livres-papier essentiels près de moi, et je refuse de payer des sommes indues à des gens qui ne font que s’engraisser avec moins d’efforts, moins de risques, aux dépends d’un client trompé, sans fournir du travail à d’autres.

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  • Philippe le 14 octobre 2012 - 20:26 Signaler un abus - Permalink

    Il existe un éditeur qui monte qui monte… C’est un peu le “mouton à cinq pattes” que plusieurs commentateurs espèrent. Simple d’utilisation, numérique multi-formats, pas de DRM, prix modique (3,99 €), rémunération des auteurs de 50 %, coopération librairies-site pour impression à l’unité et retrait le lendemain, formules papier+ numérique, systèmes d’abonnement à l’année, beaucoup de réflexions de fond sur les nouveaux usages et les pratiques (versant lecteurs, versant éditeurs).
    Bref, la fabrique d’un futur : publie.net, créé par F. Bon

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  • Ylian Estevez le 15 novembre 2012 - 20:00 Signaler un abus - Permalink

    “Nous allons passer toute une collection – Géronimo Stilton – de 60 titres au format Kindle. Ça va nous coûter à peu près 25 000 euros. Les ventes chez Apple c’est 400 exemplaires. 25 000 euros divisés par 400, chacun vendu 5 euros, combien faut-il que j’en vende pour le rentabiliser ?”

    Cette petite phrase contient des erreurs et des invraisemblances :

    Pour commencer, passer une collection au format Kindle ne sert à rien sur Apple, qui utilise le format Epub.

    Ensuite : j’ai publié plusieurs livres sur Apple et sur Kindle. Il faut dans les dix minutes, tout compris, pour transformer un manuscrit en Kindle, 5 à peine pour un format Epub. En considérant les deux, disons donc 15 minutes, multipliées par 60, cela revient à 15 heures de travail.
    Que va-t-on me rétorquer ? La mise en page ? Elle existe, il a bien fallu utiliser un fichier numérique pour imprimer le bouquin. Et quand bien même, une numérisation de 300 pages avec Ocr ne revient qu’à quelques centaines d’euros, j’ai des adresses sures si cela intéresse quelqu’un.

    Les couvertures ? même chose ! Alors si on considère, au plus large, le coût de l’intégration d’un fond de 60 livres à 60 heures de travail, ça fait quand même plus de 400 € de l’heure. Si ça intéresse Albin Michel, je leur transforme tout leur fond documentaire pour la moitié de çà.

    Quand aux ventes, soyons là aussi honnêtes.

    Avec un livre, un seul, “Journal d’un hacker”, j’ai vendu près de 1000 exemplaires rien que sur Apple Store, et un peu plus encore chez Amazon.

    Alors il serait étonnant que le rusé petit rongeur ne dépasse pas les 400 exemplaires sur ses 63 albums disponibles sur plus de 20 pages de résultats Google. C’est une légende, ce rat !

    Je crois que si tout le monde, à commencer par les grands éditeurs comme Albin Michel, – pour qui j’ai le plus grand respect, d’ailleurs j’ai un ami de mon fils qui à un livre d’eux, c’est pour dire ! – jouait la carte de l’honnêteté et de la transparence, tout le monde y gagnerait.

    Enfin, moi, je dis çà, ce n’est que mon opinion, après tout, je ne suis qu’un personnage de fiction.
    Ylian Estevez
    Net is a free Nation

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