La presse entre révolution et vacuité

Le 12 novembre 2012

Le quasi-monopole de la parole publique, c'est terminé. La presse doit cesser de s'accrocher au vieux modèle fuyant et dégoulinant de numérique. Se régénérer en urgence ou mourir dans un vieux fossé. C'est le parti-pris de la chronique de Laurent Chemla cette semaine.

Il n’est jamais facile de traiter d’un sujet comme la Presse, ni même de son évolution vers le numérique, quand on ne fait pas partie du sérail : un simple mot de travers, et c’est toute une profession (dont la parole publique est le métier) qui peut faire bloc contre le novice qui s’y risquerait.

Aussi dois-je, je crois, afficher ici quelque affidavit avant d’oser aborder le thème de ma chronique. Donc : je suis actionnaire de Politis (et de Médiapart dans une moindre mesure), j’ai – dans le passé – lancé l’aventure de Transfert.net avec Valentin Lacambre, j’ai tenu une chronique pour Planète Internet et je suis l’hébergeur du site du Monde diplomatique depuis 1998. Ah, et mon tout premier programme a été publié dans Hebdogiciel n°3, ça compte ? Voilà. Bon. Je ne sais pas si ça me donne le droit de parler, mais au moins vous savez d’où je parle.

Bref. C’est une litote de dire que la Presse fait face à une révolution. Plus que toute autre profession, celle du journaliste subit – face à Internet – une concurrence totale. Lui qui disposait, dans le passé, d’un quasi-monopole de la parole publique affronte désormais la possibilité, pour chacun, d’en disposer. Le live-tweet fait pièce au direct dans l’actualité, Instagram transforme tout le monde en photojournaliste, l’éditorialisation est le quotidien de tous ceux qui paufinent leur personal branding et tout utilisateur d’Internet apprend très vite à apposer son propre filtre éditorial sur ses lectures (ne serait-ce qu’en choisissant sa timeline Twitter, ses amis sur Facebook, ou en sachant interroger Google), à croiser ses sources d’information et, même, à enquêter lui-même. Une actualité vous semble mal traitée ? Allez donc interviewer vous-même ses protagonistes – ils sont, comme vous, sur Facebook et Twitter – et publiez.

La mort de l’amateurisme

On peut, bien sûr, considérer que l’amateurisme du simple particulier ne pèse guère face à une vraie carte de presse, mais ce serait faire peu de cas du niveau stupéfiant de bien des blogueurs : on se tromperait à confondre la qualité d’un texte avec celle de son auteur. L’apprentissage du style, de la phrase-choc et de la titraille, sont des quasi-obligations pour qui veut avoir plus d’une dizaine de followers sur Twitter. Et on se tromperait aussi à ne considérer que le rapport de force actuel, sans voir à quelle vitesse la concurrence forcenée pour sortir de la masse conduit à une qualité de plus en plus grande de la production “amateur”.

La définition même du mot “journaliste” pourrait s’appliquer sans rien y changer au blogueur (ou au simple chroniqueur que je suis). Quoi d’étonnant, alors, si disposant d’un certain talent et d’un média ouvert, beaucoup s’imaginent pouvoir faire carrière dans cette filière pourtant sinistrée et créer des “pure players” ? J’ai peur qu’ils ne se trompent, hélas.

Les algorithmes prédictifs sont-ils un risque pour notre libre-arbitre?

Les algorithmes prédictifs sont-ils un risque pour notre libre-arbitre?

L’informavore caractérise l’organisme qui consomme de l’information pour vivre, explique Frank Schirrmacher, ...

Car là où le titre de presse centralisait l’information, fédérait sur son titre, son engagement et ses choix éditoriaux, Internet joue son rôle décentralisateur à plein. On va de moins en moins lire un article parce qu’il est paru dans tel ou tel journal auquel on s’identifie, mais parce que son thème nous intéresse. On picore, ici ou là, en fonction de l’actualité choisie par nous plutôt qu’en fonction des choix du jour d’une conf’ de rédac matinale. Même les marques, plutôt que de risquer de cotoyer leurs concurrents dans les pages glacées d’un magazine (ou un gros-titre vulgaire en première page), jouent la carte de la désintermédiation en créant leur propre média ou en se payant des blogueurs influents.

Que reste-t-il à nos journaux, alors ? Pas grand chose. L’argumentaire classique, ici, parlerait d’infobésité et du besoin de plus en plus important de disposer d’experts pour faire un tri parmi les sources d’information. Mais c’est là un discours de journaliste désespéré qui tente de se rassurer, et je ne suis pas journaliste (ni désespéré).

L’avènement du “robot-journaliste”

Par définition, l’informatique est l’art (ou la science ?) de traiter des grandes quantités de données pour en tirer du sens. Là où un humain, fut-il le meilleur journaliste du monde, ne peut qu’effleurer la couche superficielle de l’énorme masse d’informations disponible sur un sujet donné, un logiciel pourra, lui, plonger dedans et s’en repaître. Le datajournalisme est encore, pour le moment, entre les mains des auteurs et des graphistes, mais le logiciel évolue beaucoup plus vite que l’humain. Sa mémoire et sa capacité de traitement sont quasi-illimitées et augmentent chaque jour. Je ne donne que quelques années aux hommes avant d’être totalement dépassés par le logiciel, dans ce domaine. Et le robot-journalisme1 remplacera le journalisme dans bien des domaines longtemps avant que Laurent Joffrin ne comprenne ce qui lui arrive.

Alors, quoi ? La presse d’opinion ? N’importe quel billet de blog me semble plus intelligent et mieux écrit qu’un édito de Lolo de l’Obs. Le reportage de guerre ? Je préfère les tweets des gens qui vivent sur place aux reportages des envoyés spéciaux enfermés dans leurs hôtels ou “embedded” dans une troupe qui veut surtout les désinformer. L’enquête financière ? Des robots écrivent déjà pour Forbes et – là plus qu’ailleurs – le logiciel sera roi. La presse régionale ? Monputeaux.com a montré la voie de l’information citoyenne au niveau local. Le portrait ? Il est déjà sur Wikipédia. La chronique judiciaire ? Maitre Eolas a plus de lecteurs que bien des journaux. Le people ? Les paparazzi modernes sont des passants équipés d’un smartphone. Le dessin du jour ? La recette de cuisine ? Le fait divers ? La veille juridique ? Le scoop ? Je les ai tous les matins dans ma timeline.

Pendant que les dinosaures des rotatives s’interrogent sur la façon de réamorcer la pompe à finance, la finance, elle, a très bien compris où se situaient les nouveaux accès à l’information. Quoi d’étonnant si Google raffle la mise, puisque c’est Google qui est devenu le meilleur médiateur entre le public et l’actualité, à l’instar des journaux du passé ?

Un journaliste ne crée pas l’actualité

Il serait temps, en effet, de battre en brèche l’idée défendue par les tenants de la Lex Google : non, les journalistes n’ont jamais créé l’actualité. Ils n’en étaient que les porteurs, non les acteurs. Ils la racontaient, en lieu et place des personnages principaux, mais ne la faisaient pas. Ils se comportaient comme Google, en somme, sans jamais payer de taxe (tiens donc) ni aux acteurs de l’histoire qu’ils nous contaient, ni aux témoins dont ils rapportaient les propos. Ils ne produisaient que des mots, et ces mots là, aujourd’hui, sont en concurrence directe avec nos mots à nous, tous, simples citoyens.

“Nous ne voulons pas payer pour un contenu que nous n’hébergeons pas”

“Nous ne voulons pas payer pour un contenu que nous n’hébergeons pas”

Le patron de Google persiste et signe. Eric Schmidt a réaffirmé au New York Times que sa firme ne paierait pas ...

Et, oui, Internet – là comme ailleurs – tend à faire disparaître le besoin des intermédiaires. Tout comme on achète désormais sa copie d’iPhone directement au grossiste chinois, on s’informe directement à la source, et ce ne sont pas les journaux qui ont publié la première phrase du nouveau président américain mais Obama lui-même qui l’a twittée. Et les derniers médiateurs du monde seront soit le moteur de recherche, soit le réseau social. À eux l’argent, ce n’est que justice.

Que la presse, face à la crise systémique à laquelle elle fait face, cherche à réduire ses coûts en passant au tout numérique, quel qu’en soit le modèle économique, c’est bien normal : à l’heure du mail, de l’ebook, du smartphone et des tablettes, il faudrait être un peu fou pour continuer à dépenser de l’argent dans une imprimerie, du routage, des marges versées au kiosquier et des frais de retour et de pilon. Et je préfère voir la filière de la distribution de papier s’effondrer plutôt que de voir les effectifs des rédactions fondre.

Mais, ce faisant, elle ne fait qu’accentuer encore son exposition à la concurrence directe de la liberté d’expression de tous. Et c’est inévitable.

La messe est dite

À lire tout ce qui précède, on pourrait croire que je me réjouis du simple constat que je fais. Loin s’en faut (et pas seulement parce que je tiens à mes petits investissements).

Parce que, oui, bien sûr, il est bon de pouvoir disposer du témoignage direct du président à peine élu (ou de son équipe de campagne). Il est bon de pouvoir multiplier ses sources d’information et d’apprendre à discriminer les bonnes données des mauvaises sans avoir forcément besoin de faire confiance à un tiers. Il est bon de pouvoir publier ses opinions et de développer ses aptitudes au débat public et même de vivre de sa plume, si la chance nous sourit. Tout cela est excellent.

Mais quel citoyen, quel pure player désargenté, publiera demain le nouveau scandale du Watergate ? Qui osera affronter les pouvoirs en place, puissants et riches, face aux menaces de procès et aux tribunaux ? Vous ? Moi ? Et vos sources, qui les protègera de l’enquête d’une quelconque Hadopi même pas mandatée par un juge ? Que deviendra l’équilibre d’une démocratie sans le contre-pouvoir d’une presse puissante – sinon riche ? Serez-vous plus optimiste que moi en imaginant que la seule pression citoyenne, que le seul pseudonymat ou quelque autre Wikileaks y suffira, quand le journalisme sera devenu un métier disparu ?

Et si, plutôt que de s’abaisser toujours davantage dans l’acrimonie et la bêtise, nos chers vieux médias essayaient plutôt de démontrer – à l’instar, oui, d’un Médiapart qui enquête sur les petites affaires privées de nos ministres en place – leur utilité ? Et si l’avenir – y compris financier – de la Presse passait bien davantage par la reconquête d’une légitimité depuis longtemps noyée dans la compromission et la recherche effrénée de subsides d’argent public que par la tentation facile d’aller chercher toujours plus d’argent dans les poches des tiers pour payer des contenus toujours plus faciles et démagogiques ?

Et si le futur du journalisme était à rechercher du côté des journalistes ?


Illustration par Soosay [CC-by]

  1. Lire : Des articles de Forbes écrits par un robot, sur lefigaro.fr []

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  • Ze courlis le 12 novembre 2012 - 17:40 Signaler un abus - Permalink

    Même combat pour les photographes …

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  • darklinux le 12 novembre 2012 - 17:49 Signaler un abus - Permalink

    Bravo ..

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  • GbrlMrn le 12 novembre 2012 - 18:02 Signaler un abus - Permalink

    Bonjour,
    Effectivement, éviter la perte de ce contre-pouvoir historique qu’est la presse est un enjeu fort qu’il ne faut pas négliger dans les réflexions actuelles…

    Cependant, quel est son poids réel (du moins en France) ? Les infos et enquêtes de Médiapart, que vous citez, ou encore de Reflets.info, owni… ne sont quasiment jamais reprises par les médias “historiques”, “traditionnels” (rayer la mention inutile), et encore moins par la justice (reflets s’en plaignait presque ce matin même). Seul le Canard sort du lot…

    Parce qu’aujourd’hui, en caricaturant un peu, on a des journaux “danseuses” appartenant à des grands groupes industriels proches du pouvoir, subventionnés fortement pour certains titres par le même pouvoir… qui ressucent à tout va les mêmes dépêches :’(
    ça part de très bas !

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  • Paul Tantale le 12 novembre 2012 - 18:20 Signaler un abus - Permalink

    Vos éléments de diagnostic sont effectivement excellents.
    Oui, la production de bien des bloggers est supérieure à celle des journalistes professionnels. Et de fait, étant donné le nombre de pigiste dans les rédactions, la différence est difficile à faire entre les indépendants, qu’ils publient sur leur site ou dans la presse.
    Oui, aussi, remplacer les journaux de papa par des pure players ne solutionne rien et ne correspond pas à l’évolution décisive que doit in fine connaître le secteur avec les révolutions de l’information en cours.
    Oui, le blogging ne remplacera pas l’autodétermination, les défenses, la légitimité d’une rédaction.
    Écrire, ça prend du temps. On peut rêver que si un nombre suffisant de personnes en font leur loisir, l’information nécessaire sera produite. On peut aussi soupçonner qu’un tel mode de production sera incapable de générer les productions les plus approfondies.
    En outre, dans la réalité, on ne peut écrire à mi-temps que sur le milieu qu’on fréquente naturellement, parce qu’on est né dedans ou qu’on travaille dedans. Donc, fini le regard extérieur, critique et distancié du journaliste.
    Prenez un livre comme La République des Malettes de Péan. Au trois quart, il dépend de l’existence d’une vingtaine de journalistes qui ont eu les yeux rivés sur Alexandre Djouhri pendant dix ans.
    Le vrai problème, c’est qu’une société démocratique a besoin d’un pourcentage d’individus qui l’étudient, qui forment sa mémoire immédiate, qui l’analysent, pour qu’elle se comprenne, qu’elle s’adapte et qu’elle fasse les choix décisifs qui orienteront sa marche. Il y a les chercheurs en sciences humaines, en sciences sociales et en sciences politiques, et il y a le monde médiatique et journalistique, qui remplissent cette tâche dans la société moderne occidentale.
    Je ne sais pas ce à quoi ressemblera la “conscience” de notre société dans dix ans. Les robots-journalistes y auront une place centrale – ils auront, espérons-le, remplacé entièrement les légions de stagiaire qui font du copier-coller dans les rédactions.

    Ce qui me gène dans votre propos : la seule conclusion que vous tirez, c’est qu’il faille faire du Mediapart. Mediapart, c’est très bien. Un business-model unique – mais justement trop unique pour être généralisable : de l’investigation et de l’analyse, pour des abonnés – pour la plupart journalistes ou dans des métiers à haute valeur ajoutée culturelle – de gauche, qui ont besoin et envie d’une information de qualité. En gros, 1, peut-être 2 % des citoyens d’un pays. Pour le reste : la télévision, Le Point et les robots de Google ?

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    • Laurent Chemla le 13 novembre 2012 - 10:25 Signaler un abus - Permalink

      Comme partout sur Internet, vouloir retrouver une solution unique pour remplacer un modèle simpl(ist)e du passé ne peut pas fonctionner. Il faut ici démultiplier les modèles, les adapter à la décentralisation qui est la base même du réseau.

      Mediapart est l’un de ces modèles – sans doute le plus simple (quoique) – mais pas le seul. L’hyperspécialisation en est un autre, qui cherche encore ses marques mais produira des marchés de niche viables assez rapidement. Le freemium en est encore à ses balbutiements et il reste là aussi beaucoup à inventer. Le gratuit publicitaire, tant qu’il dépendra du nombre de clics, ne pourra guère produire que du populaire et populiste, mais ça aussi ça n’aura qu’un temps.

      Ici (la Presse) comme ailleurs, on pourra s’appuyer sur le précurseur du logiciel libre et de ses multiples solutions de financement et de développement. Sans forcément le copier, mais on peut toujours s’inspirer d’un marché mature qui – lui – a sû s’adapter (économies d’échelle par la mise en commun des outils de production, services à valeur ajoutée…).

      L’erreur est toujours la même, pour le journalisme comme pour la musique ou ailleurs: à force de vouloir maintenir un modèle dépassé et qui n’est définitivement plus viable, on néglige de se projeter dans l’avenir pour remplacer ce modèle par une multiplicité d’autres. Et quand on y va, contraint et forcé par le principe de réalité, il est souvent trop tard et les fonds nécessaires à la mise en place du changement ne sont plus disponibles depuis longtemps (y compris en termes humain: quand on a dégraissé la rédaction au point de n’avoir plus que des pigistes copieurs de dépèches, il devient difficile de redevenir attractif sur un nouveau support).

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  • Nicolas Quint le 12 novembre 2012 - 18:29 Signaler un abus - Permalink

    Le modèle de la PQN classique est, je le crains, un astre mort : http://toumenerve-quint.blogspot.fr/2012/11/lavenir-de-la-presse-le-20-lipad-non-le.html
    Reste le mécénat ou la nationalisation.
    Et les pure players.
    Surtout que la PQN croit savoir gérer le 2.0 mais en fait non : http://toumenerve-quint.blogspot.fr/2012/11/quand-un-grand-quotidien-francais.html
    “Fun facts” :
    - les aides à la presse sont de 1,2 Mds€/an. C’est plus que le financement des jeunes entreprises innovantes par les acteurs privés. C’est 30 fois la contribution de l’Etat au Restos du Coeur
    - à l’heure d’Internet, un quart de cette somme passe dans l’aide à la distribution des journaux par courrier (loi du 4 thermidor an IV)
    - les médias pure players (Rue 89, Mediapart) ne reçoivent que 1,5% de l’aide globale
    - Si on devait intégrer les aides à la presse à la redevance, elle augmenterait de 47€. Pour comparaison, Radio France (et toutes les antennes qui y sont liées) n’absorbe que 21€ de redevance. France 5 : 6€, les services infos de France Tele (F2, F3, ..) moins de 10€
    - il existe pas moins de 19 dispositifs de subventions, niches fiscales et sociales à destination de la presse

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  • deuzeffe le 12 novembre 2012 - 19:31 Signaler un abus - Permalink

    Laurent, tu sais bien qu’avant que toute la presse papier ne disparaisse, il faudra que tous les papys, mamys, piliers de bistrots du matin, client(e)s des salons de coiffure, des salles d’attente chez les professionnels de santé, etc. soient équipés de smartphones ou tablettes. Et je crois qu’on aura de nouveaux vrais journalistes avant que cela ne se produise.

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  • madmax le 13 novembre 2012 - 11:18 Signaler un abus - Permalink

    Les journalistes (dans leur grande majorité) ne font que reprendre les ragots de l’AFP. Il suffit de voir que beaucoup de politiques copulent avec des gens des médias pour comprendre que l’ont vit dans une république bannière.
    Voyons, pensez vous que les mensonges repris par la presse lors du passage du nuage radioactif de Tchernobyl sont du passé ?
    Black-out total des médias sur l’aéroport de #NDDL.

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  • Fil le 13 novembre 2012 - 11:52 Signaler un abus - Permalink

    du côté des journalistes… mais des lecteurs aussi ! Il faut inventer de l’écriture participative et du financement collectif (crowdfunding et sociétés de lecteurs).

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  • Vincent Verschoore le 13 novembre 2012 - 15:50 Signaler un abus - Permalink

    Globalement d’accord, mais je doute que la presse structurée et multiple soit une condition d’une bonne santé institutionnelle et démocratique, elle en est plutôt le symptôme.

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  • Clément le 13 novembre 2012 - 16:26 Signaler un abus - Permalink

    Merci pour cet article très pertinent.

    Entièrement d’accord pour les journalistes-robots. Il serait drôle d’ailleurs d’imaginer un test de turing du journaliste pour savoir si il connait le sujet dont il parle où si il est juste un robot nourri à la dépêche et au communiqué de presse. Pas mal y perderaient leur carte de presse je pense!

    Bien sûr, l’enjeu du business model et de la survie de “la Presse” en tant qu’entité vouée à l’investigation et à la préservation d’une “conscience sociale” est le véritable enjeu. Papier, papyrus ou écran, la (sur)vie du média me semble liée à une question centrale : les lecteurs des journaux quotidiens payaient pour lire, mais qu’est devenu la lecture? On lit une timeline, on lit cursivement, pas seulement au comptoir le matin mais aussi dans la queue à la boulangerie. On lit différement, mais on lit c’est sûr.

    Derrière cela apparaît le vrai défi de tout journaliste, éditeur, auteur, etc : l’écriture ! Comme disait Picasso : “L’acte essentiel du peintre est d’enduire”, et bien l’acte essentiel du journaliste est sûrement d’écrire.

    Et même si l’académie française va mettre encore un peu de temps à le reconnaître : écrire du code, c’est aussi écrire. Utilisant des formes obscures qu’on imprimerai sous aucun prétexte, l’écriture a de nouveaux languages : html, ruby, mongo… Des millions de gens les pratiquent déjà quotidiennement et les plus grands médias du monde ont été écrits avec (Google, Twitter, etc.)

    Alors voilà un défi à la hauteur pour la profession de journalistes : écrire et apprivoiser les robots-journalistes de demain plutôt que d’en devenir les sous-traitants. Quand on voit la difficulté des concours pour entrer dans une des “grandes” écoles de journalisme françaises, il serait sûrement beaucoup plus simple d’apprendre un langage comme Python ou Javascript.

    Comme disait l’autre : be the media !

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  • chris le 14 novembre 2012 - 13:12 Signaler un abus - Permalink

    Deux commentaires d’une journaliste à qui on a souvent reproché d’avoir “toujours quelque chose à dire” et (presque) sortie des rangs parce que marre que les red’ chefs lui disent qu’il faut “raconter une histoire”, ou trouvent ses sujets trop …

    Un gars (iss saura son nom) a lancé en 2002 (hé oui ça ne nous rajeunit pas) un mouvement “everyone is an expert”.
    http://www.nettime.org/Lists-Archives/nettime-fr-0206/msg00002.html

    Ca s’appliquait à l’époque à la contre-expertise nécessaire sur de grands sujets sécuritaro-techno-politiks (immigration, contrôle aux frontières etc etc) et visait à intervenir dans les choix désastreux de la forteresse Europe ou des instances supra-nationales types OMC (morte) ou OMPI (toujours là mais passablement infiltrée par les contre-experts). Ca s’applique aussi, comme tu l’expliques fort bien, aux médias et à la presse. Mais ça ne tient vraiment que si ça se fonde sur du crowdsourcing et du crowdthinking, et du crowdlearning pas uniquement sur les fulgurances des ego en quête de gloire de quelque blogueur aussi bon soit-il.

    Second point tu dis “quel pure player désargenté, publiera demain le nouveau scandale du Watergate ? Qui osera affronter les pouvoirs en place, puissants et riches, face aux menaces de procès et aux tribunaux ?”
    Une réponse est Reflets.info (et Owni qui a suivi et ajouté) avec la grosse enquête Amesys and Co.

    Et puis il y l’ovni Canard, toujours pas en ligne….

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  • moke le 16 novembre 2012 - 11:16 Signaler un abus - Permalink

    Mr Chemla ça vous direz de faire des formations pour nos politiques :) Tellement vrai..

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  • placebo le 16 novembre 2012 - 20:37 Signaler un abus - Permalink

    En fait la question pour le citoyen lambda est “comment atteindre l’information qui m’intéresse ?”
    Aujourd’hui et pour moi, ce type d’information est :
    1/ peu nombreux 2/ analysé 3/ bien écrit 4/ sourcé de manière à pouvoir me donner confiance (et je ne parle pas de l’AFP). Je lis Owni, Courrier et la recherche, de temps en temps lemonde.fr ou rue89, quelques liens twitter. Je croise sincèrement les doigts pour qu’émergent progressivement des modèles pérennes même si le plus fort est que je ne participe pas au financement… Je n’ai pas de solution, et c’est fort dommage.

    L’argument scoop/juridique se tient, mais combien de grands reporters dans des rédactions menacées par les coupes suite à la baisse des tirages ?

    Ah, si, juste un truc : je ne dirai pas du mal d’instagram parce que ce qui est important dans un outil c’est la façon de l’utiliser, mais j’ai rarement vu de photos aussi mal cadrées / floues pour illustrer que depuis que ces filtres colorés sont apparus.

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  • Floss le 29 novembre 2012 - 2:17 Signaler un abus - Permalink

    De fortes ressemblances avec le secteur musical.

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  • Kevin le 20 novembre 2014 - 2:38 Signaler un abus - Permalink

    l’éditorialisation est le quotidien de tous ceux qui paufinent leur personal branding et tout utilisateur d’Internet apprend très vite à apposer son propre filtre éditorial sur ses lectures.

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