Internet, c’est un truc de hippies

Le 12 décembre 2012

Conçu en pleine période Flower Power par des barbus libertaires, Internet n'a jamais perdu – malgré les tentatives de récupération politiques et commerciales – son esprit profondément lié au partage. Cette prise de conscience doit perdurer et produire un acte de résistance face à la tentative forcenée de nivellement du monde par les inconscients qui nous gouvernent.

Je suis souvent présenté comme un dinosaure d’Internet, mais c’est faux : même si je suis trop vieux pour faire partie de la génération “digital-native”, j’étais trop jeune quand Internet est né, trop jeune pour pouvoir vivre une époque à laquelle toutes les utopies étaient encore imaginables. Ça n’a jamais empêché personne de me considérer comme un utopiste libertaire (par exemple, dans ce billet qui aligne un nombre d’idées fausses assez stupéfiant), vous êtes prévenus.

Et je voudrais, pour replacer mon propos dans son contexte historique, revenir quelques instants sur ce monde dans lequel Internet est né. Je crois que c’est important pour mieux comprendre ce qu’il est devenu.

Arpanet est né en 1969. J’avais 5 ans, Jon Postel et Vinton Cerf avaient 25 ans. Steve Crocker (24 ans) publiait la première RFC1. Ils étaient étudiants en Californie, à l’UCLA, en pleine contestation étudiante contre la guerre du Viêt Nam, en pleine lutte pour les droits des femmes et les droits civils sur les campus américains. C’est 2 ans après le “Summer of Love”, c’est l’année de Woodstock. Toute la côte ouest est en plein Flower Power.

Internet par la racine

Internet par la racine

Racine d'Internet par-ci, racine d'Internet par-là : mais c'est quoi ce bulbe magique générateur de réseau ?! Et pourquoi ...

On peut imaginer que — les geeks restant des geeks — nos trois jeunes ingénieurs ne faisaient pas partie des plus activistes, mais on ne peut pas ignorer l’ambiance qui entourait la naissance d’Internet. Et de là à penser qu’il est une invention de hippies, il n’y a qu’un pas. D’où croyez-vous que viennent les barbus ?

On dit souvent qu’Internet a cassé la logique hiérarchique verticale préalable et créé une société plus horizontale. On rappelle en permanence qu’il a permis l’usage de la liberté d’expression pour tous. Je vous engage à lire ou relire la RFC n°3 (publiée elle aussi en avril 69) qui définit la manière dont seront développés et discutés les futurs standards d’Internet, et en particulier la phrase “we hope to promote the exchange and discussion of considerably less than authoritative ideas”2.

Dès le départ, la philosophie d’Internet est basée sur la liberté d’expression, ouverte à tous, sans obligation d’appartenance à telle ou telle communauté. Le débat et la prise de parole sont encouragés, la forme est accessoire, le groupe est ouvert, seules les idées sont importantes, d’où qu’elles viennent.

Sont-ce les usages d’Internet qui ont transformé une société hautement hiérarchisée, ou a-t-il été créé pour produire précisément cet effet, à une époque où toutes les utopies étaient encore envisageables ? Sans doute un peu des deux, mais il est certain que, dès l’origine, les principes qui ont conduit à sa naissance n’étaient pas ceux de la société patriarcale qui prévalait jusque là, et il est au moins probable que l’environnement dans lequel baignaient ses pères a joué un rôle sur ce qu’il est devenu.

La tribu informatique

Comme on me l’a souvent rappelé, depuis que j’ai commencé à développer cette vision des origines, cette ouverture à tous avait — et a toujours — une limite importante : s’agissant de développer des protocoles informatiques, et quelle qu’ait été la volonté de ses fondateurs, l’initiative était cependant réservée à ce que Philippe Breton a décrit bien plus tard comme “la tribu informatique”. Et là aussi il est bon de se replonger un peu dans le passé pour mieux comprendre le présent.

Internet, les origines

Internet, les origines

Mais qui a inventé Internet ? Au cœur de l'été, un débat fait rage de l'autre côté de l'Atlantique pour attribuer la ...

A l’époque des débuts d’Internet, et jusqu’au milieu des années 70, le logiciel n’était pas considéré comme il l’est de nos jours. Ce n’était pas un objet commercialisable. Jusqu’au début des années 70, AT&T distribuait UNIX gratuitement aux universitaires, et la grande majorité des programmes étaient le fruit de travaux académiques et étaient diffusés, sources comprises, selon les principes académiques d’ouverture et de coopération.

Les informaticiens de cette époque avaient souvent besoin de porter tel ou tel outil d’un système d’exploitation à un autre, à une époque où l’hétérogénéité du parc matériel explosait. La notion de partage était fortement représentée dans la culture informatique, et elle a perduré y compris lorsque le marché du logiciel commercial a explosé, en se scindant d’un côté dans la culture du logiciel libre et de l’autre dans celle du piratage.

Avant notre génération “digital native”, les inventeurs d’Internet sont devenus adultes dans les années comprises entre la fin de la seconde guerre mondiale et la 1ère crise pétrolière, à l’époque du “I have a dream” de Martin Luther King, du flower power, de la conquète de la Lune, du boom de l’électroménager et de la liberté sexuelle. Tout semblait possible, et je crois que même des geeks retranchés dans des services informatiques, relégués en sous-sol, n’ont pas pu ignorer cet environnement social. Dans un livre publié en 1984, le journaliste Steven Levy a rapporté l’idéologie des premiers hackers et en a tiré ce qu’il a nommé “the hacker ethic” dont les points-clé semblent venir directement des idées hippies.

Je ne crois pas qu’on puisse comprendre Internet sans prendre en compte ces prémisses culturels. Même s’ils sont largement négligés de nos jours, ils ont imprégné toute la structure fondamentale du réseau et leurs conséquences sont toujours largement présentes aujourd’hui :

- la sécurité des systèmes est un problème de plus en plus important à tous les niveaux de la société, mais si ce problème existe c’est aussi parce que la sécurité des données n’était pas un enjeu important pendant les premiers temps de l’Internet. Les datagrammes ne sont pas chiffrés, les serveurs et les tuyaux sont partagés entre tous, le DNS n’est pas sécurisé, le routage est fait d’annonces que chacun peut corrompre. Jusqu’à une période très récente, les notions de partage et de confiance sont bien plus importantes, sur le réseau, que celles de sécurité et de confidentialité.

- TCP/IP est un langage de pair à pair : les notions de client et serveur sont applicatives, sur Internet, pas structurelles. Il n’y a pas de hiérarchie entre les ordinateurs qui sont reliés par le réseau : chacun peut, à tout instant, passer du récepteur au diffuseur sans avoir à obtenir d’autorisation préalable. Sur Internet, la prise de parole est possible partout, pour tous, tout le temps.

- l’impératif d’intéropérabilité à une époque où le matériel informatique évolue sans cesse dans une hétérogénéité croissante a imposé – si même la question s’était posée – l’usage de standards ouverts et des logiciels libres. Le développement d’Internet et des logiciels libres sont intriqués au point qu’on aurait du mal à imaginer ce que serait le réseau sans eux. Et malgré la toute-puissance des géants du logiciel commercial, ils se sont développés à un point tel qu’au moins la moitié d’entre vous a un téléphone qui fonctionne sous Linux. Si on m’avait dit ça au début des années 90, je me serais moqué.

- le choix de la transmission par paquet, du datagramme et d’un réseau maillé de pair à pair (en lieu et place des technologies de circuits virtuels et des réseaux en étoile) a créé un réseau qui ignore les frontières des États, qui met en relation des ordinateurs et des humains sans considération des législations locales, des tabous culturels et du contrôle policier. Couper totalement l’accès d’une population à Internet, aujourd’hui, implique non seulement la fermeture des accès locaux mais aussi celle de tout le réseau téléphonique cablé, gsm et satellite. C’est pratiquement impossible (et on a pu recevoir des images de Syrie la semaine dernière malgré toute la volonté du gouvernement local).

L’art de la guerre

Quoi qu’ils en disent aujourd’hui, les états ont mis un certain temps à prendre conscience des conséquences d’Internet. Quand nous – techniciens – pressentions vaguement au début des années 90 une révolution trop vaste pour qu’on puisse en envisager toute l’étendue, qu’on essayait de l’expliquer, d’en montrer l’importance, les puissances en place nous riaient au nez.

Et sans doute n’était-ce pas plus mal parce qu’il est difficile de savoir ce que serait le réseau si à l’époque nous avions su montrer au pouvoir ce que signifiait l’arrivée d’Internet chez tout le monde.

Aujourd’hui encore, je crois qu’il manque toujours au plus haut niveau des États une compréhension, une appropriation réelle des enjeux. Tout semble se passer comme si, malgré un affichage plus ou moins affirmé, ils ne parvenaient pas à appréhender l’existence et l’importance sociale, économique et philosophique d’un réseau global. J’ai récemment écrit qu’ils me donnaient l’impression de ne pas vivre dans le même monde que le reste de la population, tant chacune de leurs décisions concernant de près ou de loin Internet semblait contre-productive et rétrograde quand ce n’est pas inutile ou même risible.

Toujours est-il que, pendant que les grands de ce monde avaient le dos tourné, Internet s’est installé dans nos vies.

Ça a commencé lentement bien sûr. En France, Internet a longtemps été perçu par le grand-public comme un Minitel un peu plus évolué : on y trouvait pas beaucoup plus d’information, c’était plus compliqué à utiliser, ça demandait un investissement financier et personnel plus important.

Seuls quelques activistes en prenaient possession pour s’exprimer, avec bien entendu des dérives faciles à dénoncer qui ont probablement contribué à conforter les idées reçues de ceux auquel il n’apportait rien de nouveau, puisqu’eux avaient déjà accès à la parole publique, à l’information en avant-première, que les portes des musées leur étaient toujours ouvertes et qu’ils dinaient avec ceux dont le public attendait les prochaines oeuvres.

Et puis, petit à petit, le public a appris à utiliser le réseau. Les services se sont mis au niveau pour lui faciliter l’auto-édition, le partage, le débat et la diffusion. Et ce qui était auparavant réservé à quelques élites est devenu accessible à tout le monde au point d’être devenu pour tout un chacun une part importante de la vie quotidienne.

Internet ça change la vie

Internet ça change la vie

"Révolution numérique". C'est l'expression consacrée des verbiages politiciens, mais concrètement ça veut dire quoi ? ...

J’ai écrit aussi que je voyais leur action comme celle d’un antivirus : quand je vois mon ordinateur (celui qui est sous Windows) changer inexplicablement de comportement sans que mes actions n’y soient pour rien, mon premier réflexe est de penser qu’il a été infecté par un logiciel malveillant.

De la même manière, ceux qui se sentent responsables de la société ne peuvent pas accepter qu’elle change en dehors de leur action. C’est vécu comme une intrusion dans leur pré-carré, comme une activité forcément malveillante, puisque l’administrateur du système n’a pas voulu ni souhaité ce qui se produit dans son environnement. Alors il réagit, là où il aurait mieux fait d’agir.

Car il est bien trop tard pour agir : Internet est dans la place. Internet est partout, dans nos ordinateurs, nos téléphones, nos tablettes, nos télévisions et nos consoles de jeu. Bientôt il sera dans nos éclairages, nos clés, nos moyens de paiement. Aujourd’hui, même mon ampli audio se met à jour par Internet.

Quoi que devienne le réseau dans le futur une chose est sûre : nos machines sont toutes connectées entre elles, et nous le sommes tous entre nous, à travers elles. Et là où des humains sont reliés entre eux, il y a échange, partage, débat et transmission de savoir.

Il y a eu une guerre entre Internet et les pouvoirs en place. Et Internet l’a gagnée. L’envahisseur ne se cache plus : il est bien installé et il n’hésite pas à répondre quand, au coup par coup, nos dinosaures qui n’ont pas eu conscience de la chute de la comète tentent de survivre au changement en lui donnant quelques coups de patte bien peu efficaces.

Je ne vais pas refaire ici l’historique de ces pauvres tentatives d’empêcher un changement inéluctable : gouvernance, régulation, taxes diverses, refus des effets fiscaux de la globalisation quand elle concerne les géants du web alors qu’on l’encense quand elle vient de l’industrie du pétrole ou de la culture, tout ça est bien connu. C’est trop peu, trop tard, surtout trop tard.

On achève bien les dinosaures

On achève bien les dinosaures

Copinage, incompréhension, contre-sens. Nos représentants politiques sont les seuls à croire encore que le Web est ...

Les révolutions arabes ont montré que l’usage des réseaux sociaux permettait d’organiser des actions de groupe là où dans le passé il fallait s’appuyer sur des syndicats ou des partis politiques pour mobiliser. Et je crois aussi que le Web, pour des jeunes qui atteignent aujourd’hui l’âge adulte et entrent dans la vie active en ayant eu pendant toute leur enfance sous les yeux l’opulence des pays les plus riches, a eu plus que sa part dans la motivation de révoltes qui, la crise économique aidant, ne feront que s’amplifier dans le futur.

Internet a gagné la guerre, et les populations savent s’en servir bien mieux que leurs gouvernants. Que ce soit pour prendre conscience de la façon dont il est maintenu dans la misère (Wikileaks bien sûr, mais au delà il suffit de voir la façon dont les affaires sortent via Twitter avant même les journaux télévisés pour comprendre que la couleur du Web est la transparence) ou pour organiser les mouvements sociaux, le peuple a désormais un outil qui a été créé pour rester hors de portée des tentatives de contrôle. Hadopi, Loppsi, Taxe Google, Cloud souverain et tentative de surveillance globale ne sont guère que des actions de guerilla de quelques groupes de résistants dépassés.

La guerilla est une tactique du faible au fort, et contre Internet ce sont les États qui la mènent. Je vous laisse conclure.

Les voleurs 2.0

Alors, et après ?

Longtemps, quand je prédisais la victoire d’Internet, j’ai eu en face de moi des amis qui, eux, craignaient que le commerce, les gouvernements, les forces réactionnaires de toutes provenances ne viennent réduire à néant les espoirs d’une société meilleure basée sur les principes de partage et de liberté qui ont été les bonnes fées penchées sur le berceau du réseau.

J’ai toujours fait partie du camp des optimistes. En considérant la vitesse à laquelle le public arrivait sur le réseau, et en calculant au doigt mouillé qu’il fallait en moyenne 5 ans pour passer d’un usage purement clientéliste à une appropriation plus complète des moyens d’expression et de diffusion mis à sa disposition, je faisais le pari – gagné d’avance – que la masse de gens qui auraient pris goût à la liberté serait trop importante pour un retour au statu quo ante bien avant que quiconque ne puisse réagir.

Comme toujours, j’avais raison.

Et comme toujours je me suis trompé.

Le danger n’est pas venu du commerce : ceux qui prédisaient la fin d’un Internet libre comme s’étaient éteintes les radios libres avaient oublié que l’espace numérique, à la différence du nombre des fréquences hertziennes, était infini et que quelle que soit la place prise par le commerce en ligne, il en resterait toujours autant qu’on en voulait pour le simple citoyen.

Il n’est pas venu non plus des politiques, qui n’ont jamais compris ce qui leur arrivait et qui ne le comprendront jamais : par nature, Internet rend inutiles un bon nombre d’intermédiaires, que ce soit entre les auteurs et leur public, entre les fabriquants ou les grossistes et le client final, ou entre les opinions et l’information et la population. Je crois que l’intermédiaire entre le peuple et la démocratie qu’est la représentation politique est vouée elle aussi à disparaître quelles que soient ses gesticulations pour repousser l’échéance.

Non, le danger n’est pas venu du passé, il est venu d’Internet lui-même.

La plus grande force d’Internet est dans sa résilience. Les choix technologiques du passé ont donné un réseau très fortement décentralisé, auto-correctif, quasiment impossible à contrôler – et donc à vaincre – par une entité unique quelle qu’elle soit en dehors de quelques erreurs historiques (la centralisation du DNS et du système d’adressage). Mais, peut-être à cause d’une croissance trop rapide due à la faiblesse de ses ennemis naturel, le réseau a développé une maladie auto-immune.

Peur sur le Web

Peur sur le Web

Propagande, pensée unique, méfiance et peur de l'autre : on n'est jamais responsable du malheur qui nous arrive. Alors ...

Longtemps on a parlé d’Internet comme d’un réseau dont l’intelligence était aux extrémités (end-to-end principle). Et il faut se souvenir que, même s’il y a du progrès depuis l’époque des modems RTC, le principe même du “fournisseur d’accès” est une rustine pour pallier à l’absence d’un vrai réseau informatique reliant tous les foyers entre eux. Internet est un réseau de réseaux, mais le client d’un FAI n’est pas un pair d’internet à égalité avec les serveurs qui le composent. L’asynchronie entre émission et réception, qui découle de l’usage de la paire de cuivre, tend à transformer l’utilisateur final en client simple plutôt qu’en égal qui peut participer aux échanges en tant que membre à part entière du réseau.

Il est facile de dire que cet état de fait répond aux usages et qu’un simple utilisateur n’est pas forcément quelqu’un qui participe autant qu’il consomme. Mais c’est une idée fausse, je crois : s’il n’était que récepteur, les médias broadcastés lui suffiraient. En réalité ce qu’on constate souvent c’est qu’il participe plus ou moins à hauteur de ce que sa bande passante montante lui permet et que ses usages dépendent de l’infrastructure qui lui est proposée bien plus que l’inverse.

En parallèle, et parce que la technologie transforme l’utilisateur en simple client, les services se centralisent. Ils deviennent ce qu’on appelle “des géants du Web” alors même que par principe dans un réseau de pair à pair ces termes devraient être antinomiques.

Et comme un cancer, le corps du patient devient son propre ennemi. J’ai raconté en conférence comment, par exemple, Facebook avait volé 4 fois ses utilisateurs (et en tant qu’ancien voleur je m’y connais). D’abord en transformant ses utilisateurs en ouvriers non-salariés – c’est le modèle du Web 2.0 qui consiste à vendre à ses clients, les régies publicitaires, un espace de contenus produits par des gens qui ne sont pas rémunérés mais qui attirent l’audience), puis en vendant à ces régies les informations privées – qui vous appartiennent mais que vous lui aviez confiées – pour qu’elles puissent mieux vous cibler, puis en vous vendant en bourse des parts de l’entreprise qui n’aurait aucune valeur sans votre participation, et enfin en vous proposant de payer pour promouvoir vos propres contenus auprès de vos amis, en un complet renversement du modèle normal qui veut qu’un auteur soit rémunéré en fonction de l’argent qu’il rapporte à son éditeur.

Difficile de faire mieux. Ou pire, c’est selon. Et pourtant, Facebook (et Google et iTunes et Amazon et tous les autres) y arrivent quand même : en devenant les géants qu’ils sont, en centralisant tous les services et les contenus comme ils le font, ces acteurs concentrent l’intelligence au centre du réseau et transforment les équipements tiers (smartphones, tablettes – de moins en moins interfaces d’interaction et de plus en plus interfaces de simple réception) en simples terminaux, qui de plus en plus peuvent – et sont – contrôlées à distance.

[1/2]La neutralité du réseau pour les nuls

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On a tout entendu sur la notion de neutralité d'Internet. L'ingénieur Stéphane Bortzmeyer tente d'y voir plus clair. En ...

Et c’est un mouvement général : alors même que jamais le prix du stockage local n’a été aussi bas, la mode est au cloud. On ne conserve plus ses données chez soi, là où elles sont le plus en sécurité, mais chez un tiers, qui centralise toutes les données du monde. On voudrait créer un point central de totale insécurité et de contrôle total qu’on agirait pas autrement.

Et alors même que les gouvernements ne voyaient pas comment attaquer un réseau décentralisé pour reprendre le contrôle de l’évolution de nos sociétés, voilà que son plus grand ennemi lui offre sa reddition sur un plateau: s’il y a bien une chose à laquelle les États sont habitués, c’est de traiter avec les multinationales. Dans un jeu dont on vient de voir, avec Florange, comme il se joue, l’État français joue de la menace fiscale et légale contre Google, Amazon et tous les autres pour obtenir d’eux quelque prébende en échange d’une totale liberté dans l’exploitation de leur main-d’oeuvre.

Quant au contrôle des populations, c’est en cours, avec la possibilité de couper telle ou telle fonctionnalité d’un iPhone à distance chez Apple, pourquoi pas pendant une manifestation populaire dont un gouvernement ne voudrait pas qu’elle fasse trop parler d’elle, ou avec la volonté pour le CSA en France de contrôler les contenus sur le Web comme il le fait pour la télévision, ou enfin avec l’ITU qui veut redonner le pouvoir au politique plutôt qu’au citoyen en permettant des législations nationales applicables à tous les acteurs du Net.

Conclusion

Je reste l’éternel optimiste, je ne crois pas qu’Internet puisse être transformé au point de revenir à un monde dans lequel il faut avoir des amis, du pouvoir ou de l’argent pour avoir la possibilité d’exercer son droit à la liberté de parole “sans considération de frontières”.
Je veux croire que Facebook n’est qu’une mode passagère et que le public saura se détourner d’un Apple qui le prive de toute liberté d’utiliser comme il le souhaite le terminal qu’il possède.
Je veux croire qu’avec un peu de bouteille, les gens se détourneront des services gratuits d’un Google qu’il échange avec la confidentialité de ses données, de ses mails et de sa vie entière pour revenir à des services locaux, pourquoi pas à en réinstallant chez eux des serveurs de mail, pour commencer.

Pour un Internet polisson !

Pour un Internet polisson !

Contre un Internet policé, choisissons l'Internet polisson ! C'est en gros le message de Pas sage en Seine, festival de ...

Dans mon monde idéal, les gouvernements se souviennent de leur rôle de prévision. Ils font d’Internet un service universel, en donnant aux intermédiaires une mission de service public en attendant qu’un plan fibre ambitieux permette à chacun d’organiser selon sa volonté sa connectivité, en devenant son propre FAI s’il le souhaite ou en déléguant à une association ou une entreprise, s’il le préfère. Sans filtrage, sans asymétrie des débits montants et descendants, sans services associés obligatoires.

À chacun de choisir s’il préfère un package où tout est géré par un tiers ou s’il veut être opérateur de son propre réseau tout en déléguant tel ou tel service. Un modèle comme celui-ci serait sans doute bien plus productif pour le redressement d’une économie tant locale que nationale que toutes les taxes Google du monde.

Il faudra sans doute se battre pour en arriver là, alors même que la bataille semblait gagnée d’avance. C’est dommage, mais Jefferson et La Fontaine le disaient déjà en leur temps:

Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre.

En laissant faire, après que les États ont senti le vent du boulet à ce point, je ne crois pas qu’on ait avant longtemps une nouvelle chance de garantir les libertés publiques si nous ne nous battons pas pour conserver celles que nous ont offertes de vieux soixante-huitards utopistes. Sinon nous aurons un réseau reterritorialisé, sous le contrôle de pouvoirs qui préfèrent la pérennité de leur main-mise au bonheur de leur peuple. Et parce qu’Internet n’est pas contrôlable par des démocraties, nous aurons des dictatures à la place.

Internet doit rester un truc de hippies.


Illustration par Alvaro Tapia Hidalgo (ccbyncnd)
Consulter sa présentation ici.
Tous les articles de Laurent Chemla sur Owni /-)
Nos dossiers à consulter : Un internet pas si neutre et Hacker la société.

  1. Request for comments []
  2. “Nous espérons promouvoir l’échange et l’expression d’idées considérablement moins autoritaires”, nde []

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  • dish le 12 décembre 2012 - 13:46 Signaler un abus - Permalink

    ‘tin, c’est pas bientôt fini les articles fleuves. Le titre me donne envie de lire, mais pas spécialement envie de me lancer dans 50 pages de lectures…

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    • shid le 12 décembre 2012 - 14:31 Signaler un abus - Permalink

      @DISH : taggle ?

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      • Efef le 13 décembre 2012 - 11:48 Signaler un abus - Permalink

        Non mais je viens de le lire et je suis d’accord avec DISH. Autant de pavés pour en arriver à une conclusion anticloud vue et revue chez les libres penseurs….

        D’autant plus le “Ta gueule” était-il nécessaire ?

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        • Aitor le 12 avril 2014 - 0:11 Signaler un abus - Permalink

          c’est pas très important de juger la forme de cet article et n’oubliez pas qu’il y a tjrs des gens qui ne savent pas et qui ont besoin d’être informé.
          Il ne faut pas hésiter à se répéter sous différentes formes pr que tous le monde comprennent bien ce qu’il se passe et ce qu’il se joue. Faire une critique de style est mal venu, il y a d’autres choses plus importantes à faire il me semble.

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  • U.H.M. le 12 décembre 2012 - 14:07 Signaler un abus - Permalink

    Lumineux, encore une fois. Et c’est pas faute de ressasser tous ces concepts, tous ces faits, depuis des années… Mais les forces que nous affrontons, qu’elles s’abreuvent aux théories mortifères de l’Ecole de Chicago ou des fantasmes orwelliens des sociétés de contrôle, sont particulièrement puissantes. Les industries qui ont bâti leur fortune sur l’économie de la rareté sont des empires qui veulent clairement coloniser le domaine public, arraisonner les biens communs, généraliser les enclosures technologiques, tuer le libre arbitre et contrôler l’inconscient. Le capitalisme cognitif et l’économie libidinale, le marketing pulsionnel, ces horreurs néolibérales sont les plus grandes menaces aujourd’hui, parce qu’elles prolétarisent tout un chacun, parce qu’elles privatisent toutes les ressources, parce qu’elles ravagent l’environnement, parce qu’elles détruisent les liens sociaux, parce qu’elles formatent les esprits et les relations interindividuelles.

    Le web, et au-delà internet lui-même, est le pharmakon ultime : un vecteur d’émancipation individuelle et collective sans précédent, basée sur les promesses initiales et universelles de l’internet de pair à pair… mais aussi l’instrument d’un totalitarisme high-tech, fondé sur le consumérisme, le sécuritarisme, le contrôle panoptique, la transparence de tous aux yeux de quelques points nodaux centralisés.

    Pour reprendre la comparaison de Benjamin Bayart, l’humanité a inventé un formidable vecteur d’émancipation, d’expression, de création avec l’imprimerie. En même temps qu’elle a créé les moyens de son asservissement, par l’endoctrinement imprimé. Avec internet, l’humanité a inventé un moyen d’émancipation surpuissant, bien plus encore que l’imprimerie, mais elle a aussi posé les bases d’une servitude cybernétique totale. Qu’elle soit aux mains des marchands ou des flics – et le monde actuel montre qu’ils se réunissent au sein de quelques oligarchies cyniques qui n’ont strictement, mais alors strictement aucune intention de laisser le reste de l’humanité s’émanciper.

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    • K. le 12 décembre 2012 - 17:15 Signaler un abus - Permalink

      Tout est dans tout et réciproquement… mais c’est pas grave du moment que ce sont les gentils qui gagnent à la fin.

      Stiegler est vraiment une des plus pitoyables impostures de son temps

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  • BenBox le 12 décembre 2012 - 14:25 Signaler un abus - Permalink

    Merci pour le partage.
    Je parle autour de moi pour faire comprendre qu’un monde sans Google est possible. Mais c’est dur, par ce que moi même je n’ai pas de serveur mail autre que celui-là.
    Malgré tout, on est là.
    La génération « Digital Native » est là.

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    • Delqvs le 17 décembre 2012 - 13:02 Signaler un abus - Permalink

      Digital Native ? J’ai parfois plus l’impression d’avoir à faire à la génération Digital Naive

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  • Pierre Chapuis le 12 décembre 2012 - 14:50 Signaler un abus - Permalink

    Intéressant comme d’habitude. Je me demande ce que tu penses du crypto-anarchisme qui est en train de se développer en réaction à tout ça.

    Historiquement, tout chiffrer, j’étais pas trop pour, justement parce qu’Internet est fait pour le partage et qu’on devrait le faire à visage découvert. Maintenant quand je vois la bêtise des gouvernements et que je lis des idées comme celle de Cypherpunks (le bouquin d’Assange avec du Zimmermann dedans), je me pose des questions.

    Bref, faut-il lutter ouvertement contre la prohibition ou cacher nos bouteilles dans des sacs en papier ?

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  • le 12 décembre 2012 - 15:21 Signaler un abus - Permalink

    sous les claviers, la plage

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  • paolaneitse le 12 décembre 2012 - 15:34 Signaler un abus - Permalink

    Je suis ahuri de voir qu’après cet éloge de l’auto-hébergement l’auteur utilise google docs pour héberger sa présentation. La paille et la poutre ?? Sinon, un article sur comment on en est arrivé là : http://politiquedunetz.sploing.fr/2012/11/se-fier-aux-fournisseurs-dacces-pour-ameliorer-internet-cest-se-fier-a-des-renards-dans-un-poulailler/

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    • Laurent Chemla le 13 décembre 2012 - 6:00 Signaler un abus - Permalink

      Euh, enfin, moi j’ai juste proposé à Owni de publier le texte et les slides de ma conférence à Lille la semaine dernière: les choix d’hébergement de la rédaction lui appartiennent, hein.

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      • Paola le 13 décembre 2012 - 16:00 Signaler un abus - Permalink

        Ah, vous me rassurez ;)

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        • Amicalement le 13 décembre 2012 - 20:54 Signaler un abus - Permalink

          Et moi ça m’inquiète un peu au contraire.
          Car c’est très intégriste et absolutiste comme point de vue que le vôtre.

          Il y a des combats en cours et très importants dans lesquels Google défend plus les intérêts des internautes que ceux qui seraient censés le faire car élus d’une part, et que d’autres “firmes” d’autre part.
          Je pense à la presse, notamment, mais pas que.

          Il faut “relativiser” un peu les forces en jeu dans cette histoire au long court, internet l’esprit est loin d’être une aventure encore aboutie, et beaucoup de malsains veulent déjà y mettre fin et brutalement.

          Ils n’y arriverons pas, c’est trop profond comme bouleversement, mais porter des jugements absolus pareils les aide à faire des dégâts, les pires malsains.

          A bonne entendeuse.

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    • Hervé CRUCHANT le 14 décembre 2012 - 10:54 Signaler un abus - Permalink

      Internet n’est peut-être pas tout à fait mature? Comme toutes les bonnes choses, il lui faut du temps pour bien vieillir, il me semble….

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  • jck le 12 décembre 2012 - 16:21 Signaler un abus - Permalink

    Steve jobs a longtemps été un hippie, les fondateurs de google se targuent d’avoir fait Burning Man. Avez vous une théorie qui expliquerait pourquoi ces gens deviennent systématiquement des enculés?

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    • K. le 12 décembre 2012 - 17:02 Signaler un abus - Permalink

      Lu ici : http://www.les-lettres-francaises.fr/2011/02/cinema-et-cybernetique/

      “La lecture fascinée et sans regard critique des « classiques » de la cybernétique – tels que Marshall McLuhan ou Norbert Wiener – conduit une certaine avant-garde à se reconnaitre dans un mot d’ordre de la cybernétique – la réalité n’est pas un objet figé – sans apercevoir que les postulats sur lesquels s’appuient les cybernéticiens conduisent à la négation de toute transformation émancipatrice, puisque la réalité n’est pour eux que déploiement mécanique du calcul.”

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      • Hervé CRUCHANT le 14 décembre 2012 - 10:59 Signaler un abus - Permalink

        Wouaip ! Ce qui sous-entend qu’il peut y avoir aussi une lecture défascinée. Que la lecture puisse être l’un et l’autre à la fois est bien réconfortant. Faudrait-il encore qu’on le dise !

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    • chris le 13 décembre 2012 - 9:53 Signaler un abus - Permalink

      dollarz !

      PS : ils ont du au mieux aller à Burning Man au début… so what ?
      Jobs a pris de l’acide… so what ? Moi j’étais à l’enterrement de Bill Gates à Hip … so what ?

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  • Gédéon le 12 décembre 2012 - 16:38 Signaler un abus - Permalink

    Heu, les plus gros contributeurs au noyau Linux sont IBM, Broadcom, Novell. Soit de parfaites entreprises philanthropiques bien sûr, rétives aux brevets *cymbales” et aux usages mercantailes *rire en boite* Vous ferez quoi le jour ou IBM décide de retirer son propre travail ?

    Mais je ne désespère pas : bientôt on trouvera un glandu anarchao-capitaliste du parti Pirate pour aplaudir Matra-Hacette, par ce qu’ils ont mit le code source de leur missile air-sol en source-ouverte. C’est quand même mieux de se faire bombarder en mode GNU vous trouvez pas ?

    Dans le même registre “les cons consuméristes lisent NUmérama”, Samsung empoisonne ses employés au cancer, persécute leurs familles qui osent demander des comptes, interdisent les syndicats sur le sol juridique et sont un état dans l’état coréen.

    Mais c’est des gentils sinon : ils ont mit une batterie amovible et un port micro-SD, pas comme ces vilains californiens qui n’a veulent nous contrôler le cerveau avec des puces RFID pour nous obliger à manger des pommes. Hi hi hi *rire de blonde à lunette*

    Les libristes et les geeks vous prenez un outil pour un but, comme certains ont du s’extasier sur les chemins de fer ou la dynamite. Internet ne fait que se greffer sur la reproduction sociale et la bêtise de l’opinion, 90% des gens y vont pour lire ce qu’on trouve déjà en kiosque et au poste.

    Tout les hackers sont libertaires jusqu’à 21 ans et après vont faire les putes pour les grosses boites du secteurs.

    En plus, qui nettoie les câbles transatlantique ? Richard Stallamn avec un balais brosse en poil de gnou bio et commerce équitable ? Le capital lui il est terrestre et il vous tient par les couilles qu’il peut vous palper à l’aéroport et n’en a rien à cirer que vous piratiez sa hompeage.

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    • Pierre Chapuis le 12 décembre 2012 - 17:09 Signaler un abus - Permalink

      Tiens, j’ai envie de répondre à un troll aujourd’hui…

      > Heu, les plus gros contributeurs au noyau Linux sont IBM, Broadcom, Novell.

      Nope. Après “personne” (18 %) le plus gros sponsor entreprise est (depuis longtemps) Red Hat (12 %). Derrière on trouve Novell, Intel et IBM à 6 %. Qualcomm est négligeable. Source : http://go.linuxfoundation.org/who-writes-linux-2012

      > Vous ferez quoi le jour ou IBM décide de retirer son propre travail ?

      Ils peuvent pas, ça s’appelle une licence libre…

      > Samsung empoisonne ses employés au cancer

      1) “Empoisonne au cancer” (…) 2) Personne n’a dit que Samsung était une boite éthique. 3) Mangez des pommes donc ? Heu… http://www.guardian.co.uk/world/2011/feb/22/chinese-workers-apple-nhexane-poisoning

      > Les libristes et les geeks vous prenez un outil pour un but.

      Ça c’est pas complètement faux. On dit Internet parce que c’est plus simple à expliquer, ça parle aux gens et ça a pas l’air trop dangereux. Mais si tu veux la vérité (chut, c’est un secret…) derrière on met des concepts plus abstraits comme la liberté d’expression, la hackabilité, etc.

      > 90% des gens y vont pour lire ce qu’on trouve déjà en kiosque et au poste.

      Non, 90 % des gens y vont en cherchant de l’info sans se soucier de sa qualité. Mais ce ne sont pas les mêmes qui contrôlent sur quoi ils tombent.

      > Tout les hackers sont libertaires jusqu’à 21 ans et après vont faire les putes
      > pour les grosses boites du secteurs.

      Certains oui (ça me désole un peu), d’autres non.

      > En plus, qui nettoie les câbles transatlantique ?

      C’est bien pour ça qu’on se bat pour que le métier ces gens-là se borne à transporter des paquets sans regarder ce qu’il y a dedans. Mais bon, une boite comme Google commence à en avoir un peu de capital, à déployer de la fibre, à créer des lobbies… Sans parler d’OVH. Les “hippies” du siècle dernier ont grandi et compris que l’argent est le nerf de la guerre, sans renoncer à tous leurs idéaux.

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      • Ludo le 13 décembre 2012 - 20:11 Signaler un abus - Permalink

        Pierre Chapuis, vous avez sans doute l’impression de donner une leçon à un troll, mais il me semble que vous passez pas mal à côté de la réflexion finale de Gédéon. Si je ne me trompe pas, il cherchait surtout à remettre en évidence le fait qu’internet, c’est avant tout un tas de câbles, de disques durs, de plastique, de terres rares… qui fonctionne grâce à des quantités considérables d’énergie.

        Votre rêve de liberté et d’émancipation est à ce prix. Le capital est terrestre, voire très bassement matériel. Vos câbles transatlantiques, tout libertaires que vous êtes, vous n’allez pas les autogérer : ça demande forcément un pouvoir centralisé, étatique et/ou privé pour fabriquer, mettre en place et maintenir ces trucs-là. Pas plus que vous ne pourrez autogérer les nuisances causées par les mines et unités de production de silicium, gallium, indium, les centrales nucléaires etc. ; toutes choses nécessaires à l’existence d’internet.

        Parlez-moi de ça, les geeks, avant de jouer du pipeau sur l’air d’”internet qui a gagné la guerre”.
        En passant, les rebelles tunisiens ont aussi utilisé des stylos. Pourquoi on ne parle pas de révolution des stylos ? Ça manque de glamour ?
        Ah, et au fait, un détail historique à l’adresse de l’auteur : des révoltes populaires, sans parti ni syndicat, ça a existé avant internet.
        Bien à vous,

        Ludo

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        • Amicalement le 13 décembre 2012 - 20:58 Signaler un abus - Permalink

          Traiter indirectement Laurent Chemla de geek façon “internet a gagné la guerre”,
          mon pauvre Ludo,
          il fallait oser le niveau de connerie dans l’attaque
          et d’incompréhension générale de la question internet.

          Un double exploit, bravo!

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          • Ludo le 13 décembre 2012 - 23:02 Signaler un abus - Permalink

            1 – Geek n’est pas une insulte, beaucoup de gens s’en revendiquent et je n’ai rien contre cela.
            2 – “Internet a gagné la guerre”, aussi simpliste que cela peut paraître, est une citation du texte de Laurent Chemla.

            Si vous voulez faire une contribution constructive, abordez les questions que je pose au lieu de parler de connerie et d’incompréhension.

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            • Amicalement le 13 décembre 2012 - 23:13 Signaler un abus - Permalink

              Vous ne posez de mon point de vue aucune question qui mérite de l’intérêt concernant “internet” ou Chemla ou les geeks ou mille choses qui vous échappent et vous effraient donc.

              Ma réaction précédente était un point final.

              Le temps des échanges polis et espérants est révolu, c’est devenu frontal et guerrier à présent, hélas mais c’est ainsi.
              Et “internet” (???) a d’ores et déjà gagné la guerre qui lui a été déclarée :)

              Bye…

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              • Ludo le 13 décembre 2012 - 23:59 Signaler un abus - Permalink

                “Le temps des échanges polis et espérants est révolu, c’est devenu frontal et guerrier à présent, hélas mais c’est ainsi.”

                Eh, oh, ça a pas l’air de te déranger tant que ça, je me trompe ? Ça te permet à bon compte de me traiter de con, d’ignorant et de peureux en l’espace de 2 messages, chose que tu ne ferais pas, par simple politesse j’espère, si on discutait au café. Tu t’es torché avec ta netiquette ?
                Peut-être même, si on en discutait en vrai, que tu cesserais de faire comme l’imbécile qui regarde le doigt au lieu de regarder la lune, et que j’arriverais, non à te convaincre, mais au moins à te faire réfléchir au fait que le développement d’internet a des conséquences environnementales pas très reluisantes, et que son existence matérielle repose sur des modes de production qui sont loin d’être libertaires.

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                • Amicalement le 14 décembre 2012 - 0:12 Signaler un abus - Permalink

                  La nétiquette, c’est bon pour mon chocolat chez Angelina de temps à autre.

                  En tant de “guerre”, je me la colle où tu devines la nétiquette, le temps de la procrastination est révolu, redite ;)

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        • Anonyme le 22 décembre 2012 - 2:59 Signaler un abus - Permalink

          La fermes.

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  • K. le 12 décembre 2012 - 16:43 Signaler un abus - Permalink

    Internet, un truc de hippie libertaire ?!?!

    C’est vraiment le “ministère de la vérité” à la barre !

    Le profil des “inventeurs” d’Internet, c’est plutôt ça : http://en.wikipedia.org/wiki/Robert_Taylor_%28computer_scientist%29

    Visionnez donc “Das Netz” au lieu de faire tourner en boucle la légende dorée

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    • Hervé CRUCHANT le 14 décembre 2012 - 11:10 Signaler un abus - Permalink

      Petite question de sociologie comparée : “pourquoi a-t-on besoin de désigner un individu comme géniteur d’une idée devenue outil culturel majeur de la société?” corollaire : “pourquoi une idée devenue outil culturel majeur de la société n’est que rarement reconnue comme fruit commun d’une pensée culturelle, c’est-à-dire commune?”

      vous avez deux heures ;-)

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  • Sioc le 12 décembre 2012 - 17:04 Signaler un abus - Permalink

    J’aime beaucoup la dénonciation de Google avec le GoogleDoc à la fin :)

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  • krycek le 12 décembre 2012 - 17:11 Signaler un abus - Permalink

    Ce n’est pas de Jefferson mais de B. Franklin la citation finale.
    http://en.wikiquote.org/wiki/Benjamin_Franklin

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  • Cyp Luraghi le 12 décembre 2012 - 19:20 Signaler un abus - Permalink

    26 octobre 1991
    Sujet : N’est-ce pas curieux

    De l’Infirmière Jones :

    Jadis, avant d’avoir lu Saltgirl, je pensais être une perverse solitaire isolée. Puis j’ai lu ASB et découvert qu’en fin de compte je n’étais pas si malsaine que ça. En fait j’ai même été choquée et (si j’ose) : débectée par certains commentaires.

    N’est-ce pas curieux que désormais je sois devenue désireuse de tolérer − voire de comprendre − les perversions des autres, de manière à trouver un foyer pour mes propres perversions. Pensez-vous qu’il soit possible que l’idée sous-tendant les discussions du type de celles d’ASB ou genre, soient les prémisses de quelque chose de gigantesque ? D’une thérapie de la tolérance pour le monde entier ? Si une pedzouille prude/perverse du Midwest telle que moi est devenue capable d’apprendre la tolérance, alors peut-être qu’un jour des milliers d’autres personnes, apprendront à leur tour qu’elles ont leur place dans le monde en parlant − sous anonymat pour certaines − au reste du vaste monde, ainsi.
    Quelqu’un devrait se soucier de sauvegarder tout ce qui se dit ici.

    Imaginez : vous pourriez avoir été ici alors que Freud, Darwin ou Einstein étaient en train de faire des expériences et d’être à l’origine d’une IDÉE GÉNIALE. Le concept de thérapie planétaire est fabuleux. Si ça devait arriver un jour, quelqu’un écrirait un bouquin sur comment tout ça avait démarré, à tous les coups…

    Désolé, c’est vendredi soir et il est bien tard, et comme toutes les fins de semaine j’ai tendance à faire de la philosophie à trois balles.

    Nurse Jones

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    • Hervé CRUCHANT le 14 décembre 2012 - 11:17 Signaler un abus - Permalink

      Bémol : la “tolérance” suppose une relation qualitative de dépendance. Celui qui tolère est désigné comme étant le détenteur de la vérité qui octroie noblement sa grâce et “tolère” (“çà me gratte mais ce n’est pas grave -voire, je m’en fous!)

      Relire Jacquard. Et Deleuze et Foucault, tiens.

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  • Hervé Le Crosnier le 13 décembre 2012 - 8:09 Signaler un abus - Permalink

    Hello Laurent,

    Belle bafouille comme d’hab.

    Sur le basculement Internet/Cloud,je partage totalement ton avis. C’est bien un basculement des “métaphores” de l’internet (ne croyons pas que tous ces messages se réalisent, ils ont la possibilité de se réaliser, mais les mots qui sont mis en place guident les acteurs, en l’occurence les programmeurs. Code is law, mais le code est écrit sous influence philosophique).
    J’ai fait mon cours de la semaine passée sur ce thème (il sera bientôt en ligne sur canal-u.tv)

    Sinon “We owe it all to the hippies”,c’est le titre d’un article classique de Steward Brand dans Time. Cent fois cité, tout comme les autres phrases classiques de Brand (“Information wants to be free”, “Stay hungry, stay foolish”,…).

    La biographie de l’internet en suivant le parcours de Steward Brand a été écrite par Fred Turner (From counter-culture to cyberculture)… et vient d’être traduite en français : “Aux sources de l’utopie numérique”.
    http://cfeditions.com/Turner

    Je dis pas seulement ça parce que j’ai fait la supervision éditoriale de cette traduction, mais parce que c’est en plein dans ton sujet du jour.

    Amitiés

    Hervé Le Crosnier

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    • Laurent Chemla le 13 décembre 2012 - 9:58 Signaler un abus - Permalink

      Oui Hervé, un article (http://members.aye.net/~hippie/hippie/special_.htm) que j’ai redécouvert en rédigeant cette conférence – probable réminiscence de l’époque où j’avais rédigé un chapitre du livre “Les télécommunications, entre bien public et marchandise” ou je racontais un peu de cette contre-histoire.

      J’espère avoir développé l’idée un peu différemment, même si j’ai repris des exemples issus de l’article de Brand. Et j’ai été ravi de ton annonce de la sortie du livre de Turner en français.

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  • Efef le 13 décembre 2012 - 11:42 Signaler un abus - Permalink

    Et encore une tête bien pleine qui croit qu’elle a une tête bien faîte….

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  • Claire le 13 décembre 2012 - 12:36 Signaler un abus - Permalink

    Mwahaha, la présentation hébergée sous Gdocs, c’est vraiment la contradiction pure…
    @JCK : enculé, c’est pas une insulte, et si tu l’utilises comme une insulte, ça sous-entend que les personnes qui aiment se faire enculer sont “moins bien” que les autres, not cool.

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  • Metasky le 13 décembre 2012 - 13:14 Signaler un abus - Permalink

    Internet, un truc de hippie.. mais pas que! C’est loin d’être exhaustif, faudrait pas refaire l’histoire non plus. http://vimeo.com/2696386

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  • auth le 13 décembre 2012 - 13:20 Signaler un abus - Permalink

    Excellent article, un peu long (j’ai décroché à un moment mais y suit revenu plus tard), qui serait à diffusé auprès des GENS comme disent les barbus de GCU… Seulement j’ai l’impression qu’une fois le doigt pris dans l’engrenage il est difficile d’en sortir ! Ma boite mail principale est chez Gmail depuis ses débuts, je ne vois pas trop d’alternatives (= qui ne risquent pas de disparaitre après 6 mois faute de moyens) qui ne dépendent d’un des monstres cités… gmail, hotmail, yahoo même combat, à peu de choses près.

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  • Ylian Estevez le 13 décembre 2012 - 13:49 Signaler un abus - Permalink

    Il est bon de rappeler la genèse de la bible d’aujourd’hui. Je ne peux qu’adhérer à l’esprit de Laurent. Internet était et fut longtemps une grande idée qui tirait l’humanité vers le haut, c’est aujourd’hui un gigantesque supermarché qu’il faut manipuler, contrôler, surveiller et débarrasser des gêneurs de tout bois.
    Comme l’art est un merveilleux moyen de véhiculer les idées, c’est l’esprit qui habite Ylian Estevez, personnage de mes romans et je me félicite de voir chaque jour de nouveaux lecteurs qui adhèrent à cet esprit, souvent très jeunes, preuve s’il en est que cet idéal hippie du Net n’est pas complètement mort. Mais je sais que les marchands du temple qui ont envahi la place travaillent à l’anéantir.
    Je suis moi aussi un vieux de la veille, j’ai connu le temps des bbs qu’on attendait fébrilement sur nos modems 1200 bauds, les premiers temps de Teaser et consorts, le temps de ces héros qui ont bâti le net sans qu’aucune statue ne leur soit accordée, même pas un article dans wikipédia. J’ai connu l’esprit du libre partage, la connaissance avant tout, l’échange plus que tout.
    Mais que reste t-il de cet internet là ?
    Fidèle à cet esprit, j’ai lancé un concept basé sur le partage il y a quelques semaines (sharitybook). Jadis, ils auraient été des milliers à y adhérer. Aujourd’hui, il est invisible, et les rares volontaires sont bien courageux.
    Je ne peux que comprendre cette vague amère qui touche Laurent Chemla, je suis l’auteur du “journal d’un hacker” et je défends l’idée suivant laquelle tout système tend vers l’équilibre, et que chaque abus entraîne sa contrepartie. L’internet que nous souhaitons, Laurent, des milliers d’internautes et moi même ne plait pas aux marchands et aux autorités, mais il existera, sous une forme ou sous une autre, car comme le disait quelqu’un, on n’arrête les hommes, on arrête pas les idées.
    Ylian Estevez
    Net is a free nation

    PS : Pour M. ou Mme DISH. Un article, c’est une idée, il faut le temps nécessaire pour l’exposer clairement. Mais c’est certain que lorsqu’on considère comme premier vecteur d’information un site qui limite les message à 140 caractères, on a résumé le système : superficiel, futile, et commercial.

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    • pi le 13 décembre 2012 - 14:41 Signaler un abus - Permalink

      “… on n’arrête les hommes, on arrête pas les idées.”
      deux négations, qui signifient que l’on n’arrêtent ni les uns ni les autres !
      vous êtes très très optimiste, c’est bien ;-)

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  • Amicalement le 13 décembre 2012 - 15:08 Signaler un abus - Permalink

    Nos enfants et la “culture numérique” sont entre de très mauvaises mains :

    http://fr.scribd.com/doc/115659094/Projet-de-loi-Prerose

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    • Amicalement le 13 décembre 2012 - 18:21 Signaler un abus - Permalink

      N’en déplaise à l’ami Guillaume Champeau, qui comme à son habitude quand si s’agit de porter un jugement sur les projets réels derrière les opés com’ de nos politiciens (Filipetti, Pellerin, d’autres, Peillon là)
      se fait rouler dans la farine comme un bisounours :)

      Le pdf de Peillon pointé là dans “l’article”, il est joli à regarder, ça plait aux bisounours, c’est fait pour même… :
      numerama.com/magazine/24517-le-plan-peillon-pour-l-ecole-numerique-deploye-des-2013.html

      mais le projet de “refondation” de l’école dans le lien au dessus, moins zoli avec moins de couleurs zet de graphiques so sexy, est bien plus intéressant et SIGNIFICATIF pour bien saisir que ces gens là sont au degré zéro de la compréhension de ce qu’est internet, le vrai pilier du “numérique”, et de ce qu’il porte de structurant pour l’éducation, et pour les corps zacadémiques zinstitués cela va de soit.

      Champeau, tssss tssss, vilain petit bisounours qui aide ainsi les grands méchants loups fossilisés… :/

      ————

      Ah, juste pour le plaisir car ce n’est pas lié koakeukoakeu, “Peillon le sublime”, nu comme un ver, là :
      http://www.rue89.com/2012/12/05/vexe-peillon-numero-trois-du-gouvernement-plante-une-conference-237565

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  • Bertrand le 13 décembre 2012 - 23:57 Signaler un abus - Permalink

    “Internet doit rester un truc de hippies”

    Caramba, ça fait déjà un certain temps que c’est raté!

    Sur quelle planète vivez-vous?

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    • Amicalement le 14 décembre 2012 - 0:08 Signaler un abus - Permalink

      J’ai été à 2 doigts d’écrire un billet ailleurs, en réponse à Laurent Chemla, car si j’acquiesce sur le fond du fond tout au fond, le “Internet doit rester un truc de hippies” me perturbe ; ce billet non écrit, car écrire des longs machins m’est pénible, aurait remplacé le mot hippie par un autre mot, plus ouvert disons, et je crois plus fédérateur et pertinent.

      Mais bon, les mots, hein ;)

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  • aslan le 14 décembre 2012 - 0:54 Signaler un abus - Permalink

    Internet s’est imposé et le terrain des conflits avec les oligarques, les ploutocrates et les hommes d’appareil est plus favorable.

    Néanmoins, tout en restant optimiste à terme, on ne peut que constater que les porte-avions nationaux dominent encore la mer du réseau et que les hacktivistes sont invités à naviguer au périscope.

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  • Hervé CRUCHANT le 14 décembre 2012 - 10:41 Signaler un abus - Permalink

    Bonjour. “Un dino parle à un autre dino”. Je croyais qu’internet avait été inventé par un chercheur du cern qui voulait communiquer des paquets d’infos avec des collègues anglais; puis noraméricains, d’où la main mise de l’armée sur le truc.
    Il se peut aussi que cette idée d’intercom ait jailli simultanément aux zussas. Fumées …
    Bonne journée. HC

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  • kerva le 14 décembre 2012 - 10:54 Signaler un abus - Permalink

    Internet un truc qui contourne les pouvoirs en place? Heu, sauf quand un gars pas hyper cool comme Bachar El Assad coupe le robinet. Et là, plus rien, nada, que chique! D’un seul coup internet n’existait plus en Syrie. Fini les rêves libertaires! Restait des journaux à la botte du pouvoir et des teléphones mobiles dont on peut tout surveiller et couper. Donc, ouais internet est un fabuleux outil de partage d’informations, mais en liberté surveillée.

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    • Anonyme le 22 décembre 2012 - 2:48 Signaler un abus - Permalink

      Toi t’as rien compris.

      Ce que tu dis est faux du début a la fin.

      Tu n’as d’ailleurs même pas lu l’article.

      Bref, tais toi.

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  • geneghys le 14 décembre 2012 - 11:08 Signaler un abus - Permalink

    Superbe article.

    Je fais partie de ta génération et ai travaillé sur UNIX et…MS_DOS (pour lancer UNIX). J’ai suivi le développement et la commercialisation de l’informatique…Je ne pouvais mieux vulgariser, bien que je ne cesse de mettre en garde les billions de lecteurs qui viennent lire notre blog.

    Je me permets donc de reprendre quelques passages de cet article, les plus importants à mes yeux, et vais en faire un condensé sur un billet de blog que je vais publier tout prochainement. En y mettant la rélérence, cela va de soit. Mais je crois qu’il y a des éléments trop importants qui doivent être relayés sur d’autres sites, pour essayer de toucher encore plus de monde.

    Amicalement
    Gene

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  • AGy le 14 décembre 2012 - 12:02 Signaler un abus - Permalink

    Là où facebook, Google, ect … ont fait une bourde, c’est que la maladie auto-immune est aussi autodestructive.
    Etant de la generation ‘digital-native’, j’ai vu à quel point ces geants du web ont repoussé la democratisation de l’utilisation d’internet.

    Prennez vos parents, à moins qu’ils n’aient été informaticiens, quand internet est arrivé chez vous, comment s’en servaient ils ?
    un e-mail de temps en temps, un surf sur sncf.fr, c’etait a peu pres tout. Qu’en était il de nous ? Une heure de ‘tchatte’, un peu de spam, eventuellement un blog, une page web… Mais qu’en est ils depuis facebook ? depuis Youtube ? depuis Twitter ? depuis lors, ces vendeurs (voleurs) de services, ont permis de simplifier l’edition, le partage, ci bien que maintenant, nos parents se servent d’e-mail plus souvent que d’un papier et d’un stylo.
    Qui appelle encore le numero de la sncf pour avoir l’heure de depart d’un train ? Nos parents et meme peut etre nos grands parents (c’est mon cas) ont un compte facebook, ils communiquent, ils postent, ils twittent, ils skypent … ils ont compris l’interet et la liberté qu’ils y trouvent. Sans ces geants l’auraient ils compris ? Je fais parti des gens qu’il ne croit pas.

    Je suis sure que vous avez essayé de leur faire comprendre, le temps que vous passiez a surfer. Maintenant ils savent.

    Et là où les geants du web ont fais une erreur c’est qu’ils ont commencé a parler de securité, de confidientialité. Qui parmis vos amis, vos parents n’a pas conscience qu’internet presente des dangers. Pas pour les droits d’auteurs, pas a cause de terroristes ou de pedophiles, non les dangers que ton boss tombe sur un e-mail qui ne lui etait pas destiné, que ta mere tombe sur des photos de toi que tu voulais garder privées. Ces dangers là, celui de ne pas controler sa vie virtuelle, son apparence 2.0. Maintenant, tout ce qu’il reste a faire, c’est de leur montrer que le seul moyen de continuer l’aventure, en controlant ses données, c’est stoppé le clientelisme, devennez acteurs ! devenez serveur !

    Crée un dossier, SHARE ou INTERNET sur votre ordi., un dossier ou tout est accessible partout. Ca c’est de l’internet ! Mais si l’on veut que mami, ou la petite soeur se mette a faire ce pas en avant, il faut lui garantir le controle de ses données, de sa responsabilité. Et pour ça, il va falloir en alligné du code et du code, crée des soft free. Demandez a votre distribution GNU/Linux préférée de distribuer un system qui possede déja un serveur apache installé, où la configuration sécurisé est facile et rapide, ou tout les ordinateurs possedent par default un firewall, un anti-virus, un scaneur de port, un soft anti-intrusion, et un logiciel de back-up efficace local et a distance. Un peu de cryptage de données et pourquoi pas avoir des back-up sur l’ordinateur de quelqu’un pris au hazard ? Là où les acteurs du web nous ont ouvert la porte, ce n’est pas en democratisant internet, mais en democratisant son utilisation ! Alors merci facebook, merci google, vous nous avez bien servi. Maintenant ciao ! on prend le relais.

    sous-coupe
    AGy

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  • Amicalement le 14 décembre 2012 - 15:18 Signaler un abus - Permalink

    Hollaaaaaa
    https://www.youtube.com/watch?v=21zgWLYzAis

    En plus des hippies, quelques blousons noir en plus, et quelques un peu bourgeois malins aussi, pour internet pour internet pour internet, je suis assez pour quand même.

    Allez sur ce… ;)

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  • David Latapie le 18 décembre 2012 - 9:43 Signaler un abus - Permalink

    Tout ce que je lis s’applique tout autant au transhumanisme : né dans la mouvance hippie, ses promoteurs sentent bien qu’ils n’arrivent pas à embrasser la tiotalité de son potentiel, tout comme Internet les techno H+ ont le potentiel pour faire sauter les intermédiaires…

    De manière plus anecdotique, la présentation anti-Google est rédigée sur Google Documents :-)

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  • lliseil le 24 décembre 2012 - 14:20 Signaler un abus - Permalink

    @ ceux que la longueur de l’article de Laurent Chemla impressionne, la version très abrégée est là :
    http://www.mb.0×2501.org/?euAqCg&utm_medium=referral&utm_source=pulsenews

    Pouting la quantité d’infos rappelées et contextualisées est génialissime. C’est comme un négatif des articles de presse française classique (genre ceux qui présentent un petit fait d’Internet et titrent “L’Internet ceci ou celà” bref généralisent à outrance sans rien comprendre ou presque, vous connaissez ?)
    @Laurent d’ailleurs le rôle des institutionnels, dont l’Éducation Nationale et les médias centraux/tv/papier/Dassault –LA source d’infos de la majorité des consommateurs passés au Net depuis 2000) aurait ptet mérité quelques mots ;)

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  • Sandy Nixon le 29 juillet 2013 - 18:49 Signaler un abus - Permalink

    • Pourquoi les difficultés dans les organisations persistent, malgré toutes les approches développées ces trente dernières années• Comment rendre les organisations plus agiles et rapides• Un système qui permet de centrer l’énergie sur la mission de l’organisation• Un nouveau management pour une délégation automatique, restructuration dynamique et gestion des tensions des hommes• Comment avoir des autorités claires et des espaces de créativité pour entreprendre• Et bien d’autres choses encore !

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  • mr chaine lahsen le 3 août 2013 - 14:20 Signaler un abus - Permalink

    l’internet est basé sur la libérté du maouvment du travail , logement ecole , emploi, il peu pronencer tout seul , le conteste de liberté , mondiale future , concue comme la vie des hippies avec le fric , emploi , nouvelles des familles ou vous allez , pour ceux qui sont fada de la libérté l’internet est le moyen le plus super pour l’exprimer , c’est pour cela qu’il le support de la future globalisation “et mondialisation , tout en y joignant la vie des hippies et des religions , des rebelles de tout genre ,
    l’internet favorise une vie pas chere , donc support des familles dans le monde

    salut

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  • syll le 31 décembre 2013 - 14:35 Signaler un abus - Permalink

    Un article fort intéressant, malgré sa densité, qui je le souhaite ouvrira un peu les yeux et la conscience de ceux qui auront le courage d’aller jusqu’au bout. Il ne tient qu’à nous de construire et surtout de maintenir notre liberté.
    Néanmoins, un petit heurt orthographique :
    PRÉMICES, subst. fém. plur.
    “Je ne crois pas qu’on puisse comprendre Internet sans prendre … conséquences sont toujours largement présentes aujourd’hui ”
    un dico et pas le moindre à promouvoir http://atilf.atilf.fr/tlf.htm

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  • Michael Kors le 27 mars 2014 - 17:26 Signaler un abus - Permalink

    He said to him.De Blasio wants to put a moratorium on the growth of charters.

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  • New Balance 576 le 12 août 2014 - 20:03 Signaler un abus - Permalink

    Ismail termengah-mengah. Dia memandang sekeliling sehingga ternampak kelibat Norzela dan Melor berpelukan. Alangkah terperanjatnya dia setelah bertahun lamanya tidak berjumpa. “Jika Melor anaknya..maka??” Ismail makin terperanjat.

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  • Nike Air Max 90 VT le 12 août 2014 - 20:04 Signaler un abus - Permalink

    Oleh : shuklin ‘ailinAku menunggu dan terus menunggu si dia di tempat yang telah kami berjanji ingin berjumpa. Sesekali aku melihat jam tangan menandakan sejam telah pun berlalu.“Ish, mana dia ni. Janji melayu betul. Janji pukul berapa mari…

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  • Mujer le 12 août 2014 - 20:04 Signaler un abus - Permalink

    Dia buka matanya perlahan-lahan, tapi tiada reaksi gembira dari wajahnya bila melihat rantai yang tergantung di lehernya itu.

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  • Nike Free Run 2 le 12 août 2014 - 20:04 Signaler un abus - Permalink

    Oleh : Ezza Johari15 Julai 1991 – Kampung Tanah Merah Jaya, MelakaNor bangun awal pagi itu. Hari ini dia ada temujanji di klinik kesihatan berhampiran. Kandungan sulungnya kini sudah menjangkau usia tujuh bulan. Suaminya, Joe, seorang pemandu…

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  • Nike Air Max 95 360 le 12 août 2014 - 20:05 Signaler un abus - Permalink

    Disitu dia berkenalan dengan dua pemuda yang kemudian menjadi rakannya. Mereka ialah Daniel dan Firdaus. Daniel dan Firdaus ialah anak kelahiran Kuala Lumpur. Shafik ditugaskan pada shif siang. Tiada sebarang masalah dihadapinya. Shafik mula lupa cerita-cerita yang pernah didengar sebelum ini. Shafil mula selesa bekerja di syarikat percetakan tersebut.

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  • Nike Air Max 97 HYP le 12 août 2014 - 20:05 Signaler un abus - Permalink

    Dia masih terbayang-bayang muka Saiful yang merah padam kerana marah. Pada malam itu, Shafik terpaksa meronda seorang diri. Malam itu cukup indah sekali. Bulan mengambang dan bintang berseri-seri menjadi teman Shafik. Shafik seperti biasa melakukan rondaan. Dia akan meronda sekitar kilang dan gudang syarikat tersebut. Malam itu terasa sunyi sekali. Lambat sekali waktu berlalu. Sesekali terdengar bunyi lolongan anjing liar.

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  • Nike Shox le 12 août 2014 - 20:05 Signaler un abus - Permalink

    13 tahun kemudian??????

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  • Air Jordan 7 (VII) le 12 août 2014 - 20:06 Signaler un abus - Permalink

    Oleh : Anjell Homosapien“Wei?? tunggulah!” sekali lagi Kak Long memanggilku. Termengah-mengah dia. Aku panas hati. Sejak tadi asyik berhenti je. Selalu je buat transit tengah-tengah jalan. Bila nak sampai rumah kalau macam ni? Sengal betul….

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  • “Dhia,jom lunch i belanja,”pelawa Azran.

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  • Free 5.0 V4 Nike le 12 août 2014 - 20:06 Signaler un abus - Permalink

    Hari terakhir sekolah..

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  • Nike Roshe Run Suede le 12 août 2014 - 20:07 Signaler un abus - Permalink

    “Please my lovely, handsome, gentleman brother..huhuhu” aku melutut di hadapan abangku.

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  • Air Jordan 4 (IV) le 12 août 2014 - 20:07 Signaler un abus - Permalink

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  • Nike Free Run 2 Mujer le 12 août 2014 - 20:08 Signaler un abus - Permalink

    seorang budak baru.suasana kelas yang begitu bising tadi menjadi senyap.

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  • Nike Air Max le 12 août 2014 - 20:08 Signaler un abus - Permalink

    Itulah yang bermain-main difikirannya. Pakcik itu begitu merendah diri. Walhal dia cukup yakin ada sesuatu yang ada pada pakcik tua ini yang mampu meleraikan masalah yang dihadapinya sejak dua tiga minggu yang lepas.

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  • Jordan Fusion le 12 août 2014 - 20:08 Signaler un abus - Permalink

    Oleh : Siti HumaizonRuang tamu di teratak Encik Shamsul dan Puan Fatimah itu, dipenuhi dengan barang-barang perkahwinan seperti bunga telur dan kotak-kotak barangan souvenir untuk persiapan majlis perkahwinan anak bongsu mereka iaitu Ardini Humaira….

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  • Oleh : Sirrun AbdullahMalam tadi hujan membasahi bumi. Mengharapkan hari ini akan menjadi seperti hari-hari sebelumnya, Nadira melangkahkan kaki kanannya melepasi pintu pagar sekolah baru. Hatinya berdetak-detak. Kata orang, sekolah ni keras bukan sebab…Oleh : FAIZAH FYN18 tahun yang lalu,Dapat dirasakan dadanya berdetak laju. Mana taknya hari ini adalah hari pertama dia akan mengajar di tadika itu. Mampukah dia yang tidak mempunyai kelulusan dalam bidang pendidikan awal kanak-kanak itu untuk mengajar…

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  • Nike Air Max 1 Femme le 12 août 2014 - 20:09 Signaler un abus - Permalink

    ” Umur 27? Adui, Lisa. Sudah tua sangat itu. Nanti, susah hendak dapat anak. Mama bukan apa, keturunan kita bukannya keturunan yang ramai anak. Mama ini pun, adik-beradik tiga orang. Itu, Papa kamu anak tunggal. Datuk kamu punya adik-beradik pun tidak ramai,”

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  • Air Jordan 11 Retro le 12 août 2014 - 20:09 Signaler un abus - Permalink

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  • Nike Free 4.0 V2 Hombre le 12 août 2014 - 20:10 Signaler un abus - Permalink

    sITI aISYAH bT Abdul Ghonisitiaisyah1995@yahoo.com.my” Alin! Azam! Jangan bergaduh! Takkan pasal television itu pun hendak bergaduh! Alin ni, kamu dah besar, bagi sahajalah Azam itu. Dia adik kamu!” marah mama. Aku terdiam.. Aku pandang…

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  • Nama Pena : anak malaysia

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  • Nike Free Run 3 le 12 août 2014 - 20:10 Signaler un abus - Permalink

    Oleh : Noor MunirahSedang aku asyik melayan lagu Jaclyn victor sebelah jiwaku, teringat aku kisah 10 tahun yang telah banyak merubah hidupku… Inilah dinamakan kehidupan, jika kisah 10 tahun dulu tidak terjadi, maka aku tidak akan menjadi seperti…

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  • Nike Zvezdochka II Homme le 12 août 2014 - 20:11 Signaler un abus - Permalink

    “Tak nak kahwin ke?”

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