Développeuse… euh, ça existe ?

Le 3 septembre 2010

Romy est développeuse web front, une réalité dont certains mâles interlocuteurs doutent parfois. Ben oui les filles, c'est bien connu, l'informatique n'est pas leur tasse de thé, comme les mathématiques.

— Et toi, tu fais quoi ?

Nous sommes à une soirée networking tech à tendance web, mais pas seulement. Les autres sont webdesigner, consultante indépendante, rédactrice web, directrice de clientèle, chargée de relations, chef de projet, community manager, graphiste freelance, planneuse stratégique digital… Je réponds machinalement, un peu distraite :

— Je suis développeuse web…

Mon interlocuteur s’exclame alors, réellement estomaqué :

— Wôh ! Ça existe !??

Vu la tête qu’il fait, je crains qu’il ne me saute dessus pour me palper et me pincer partout pour s’assurer que je ne suis pas un hologramme. Il m’explique qu’il n’a jamais vu de développeuse de sa vie, laquelle semble pourtant avoir entamé le second tiers. Agacée d’être considérée comme une étrangeté, je me demande vraiment de quelle planète vient cet ahuri pour n’avoir encore jamais vu une femme faire du dev et je repense à toutes celles que j’ai croisé sur les plateaux techniques : sommes-nous invisibles à ce point ? Plus tard, un autre, pareillement surpris, mais rapidement suspicieux, me demandera :

— Ah mais attends ! T’es une vraie ? Ou t’es du genre de ces faux développeurs qui font juste du CSS ?

Lasse, je précise donc :

— Je suis « développeuse web front » et…

Encore une fois je n’ai pas le temps de finir que l’autre reprend la parole pour conclure, non sans une pointe de dégoût — les dev front1 apprécieront :

— Ouais, du CSS quoi. Ce n’est même pas un langage !

Dans la phrase qui suit, il prononce rapidement les noms de certains langages comme C++ et Ruby, avec un ton qui fait comprendre qu’il y a du code vraiment poilu et le reste, hiérarchisant, et ce de façon égocentrique, selon ses propres compétences et affinités, sans penser un instant que ce n’est pas le CSS qui est nul, mais lui : comme beaucoup de developpeurs, ce mec est juste une burne en feuilles de style — ça aurait pu être en macramé binaire, en mécanique quantique ou en cuisine moléculaire, peu importe — mais il préfère reprocher à la chose de n’être pas fichue de façon à être par lui compréhensible plutôt qu’avoir à considérer qu’il échoue à la maîtriser. Puis il me zappe, sans que j’ai pu en placer une. Ce qui répond à ma question : nous ne sommes pas invisibles, non, juste indignes de considération.

Les enquêtes IPSOS qui me catégorisent « master-développeuse » ou l’étalage de mes compétences de « dev front end2 » n’y changeront rien, puisque pour l’accorder à une femme, mieux vaut encore dévaloriser le métier. C’est ainsi que cet autre me répondait, il y a deux jours, occultant complètement la programmation de mon profil : l’intégration est vraiment un truc où les nanas sont plus douées que les hommes. Ça réclame une sensibilité qu’ils n’ont pas, de la patience et de la minutie… Méfiez-vous, c’est un faux compliment, bien sexiste, qui consiste à rabaisser une activité (et la rémunération correspondante) au niveau de l’art d’agrément, voire du torchage de marmots (considéré comme inné donc gratuit).

À trop fréquenter de gens biens, je croyais que le monde avait évolué vers davantage de mixité mais, comme en écho des points de vue masculins précédents, il n’existe pas davantage de « développeuse » pour le célèbre moteur de recherche Google qui me propose de corriger l’orthographe du mot par « développeur » :

La requête « développeuse web front » dans Google

À celles et ceux qui en douteraient, rappelons que, d’après les règles de la langue française, le féminin du mot « développeur » est bien « développeuse » comme le précisent différents guides d’aide à la féminisation des noms de métier à travers la francophonie. C’est d’ailleurs par centaines qu’on trouve des « développeuses » sur le réseau professionnel Viadeo. Mais je découvre que leur nombre va diminuant : alors qu’elle était en constante progression depuis plusieurs décennies la proportion de femmes exerçant dans le secteur de l’informatique décline3.

Cet autre interlocuteur, qui se veut bienveillant, explique aux femmes alentour que c’est parce qu’elles ont pris trop de retard, dès l’enfance… sans avoir la présence d’esprit d’incriminer le sexisme de l’éducation, s’imaginant sans doute que les fillettes que nous étions préféraient réellement jouer à la poupée plutôt qu’avec un MéchaBlox, incapable d’entendre celles qui, parmi mes voisines, s’offusquent d’avoir au contraire été mises à l’index, quand ce n’est pas carrément à l’écart, pour leur goût précoce de l’informatique jugé si anormal pour une fille, tandis que l’ado qu’il était passait tranquillement son temps à démonter et remonter son micro-ordinateur… La boucle est bouclée. Il ne voit pas le problème. Et je doute qu’il veuille bien comprendre : il n’est pas méchant, mais ça ne l’intéresse sincèrement pas.

Ce n’est pas par manque d’audace ou de visibilité que les femmes sont si peu nombreuses dans les NTIC, mais parce qu’on leur coupe : la parole, l’accès, la considération, l’envie. Et j’avoue avoir quelque appréhension, en redécouvrant le sexisme qui y sévit encore, à l’idée de retourner travailler en entreprise…

PS

Cet article rend compte d’échanges qui ont eu lieu la semaine autour de la Night des Tech Women, rencontre de réseaux de femmes professionnelles du web et des nouvelles technos, organisée ce 29 juin à la Cantine.

Billet initialement publiée sur le blog Romy têtue

Crédit photo CC Flickr inthesitymad

  1. L’appellation est récente et reflète l’évolution du métier d’intégrateur. On parle désormais de « développement front office » ou « développement front-end » pour désigner la production des gabarits générant les pages d’un site web. Cela comprend l’intégration en XHTML/CSS ET la programmation, généralement de comportements en JavaScript ou, dans mon cas, de la structure dynamique du site (en squelettes SPIP). Si les « web dev front » sont intégrateurs, cela n’est pas bijectif : tous les intégrateurs ne sont pas développeurs, d’où la suspicion de mon interlocuteur. Pour en savoir plus, lire : What is front-end development ? et Les intégrateurs sont-ils des développeurs ou des webdesigners ? []
  2. L’appellation est récente et reflète l’évolution du métier d’intégrateur. On parle désormais de « développement front office » ou « développement front-end » pour désigner la production des gabarits générant les pages d’un site web. Cela comprend l’intégration en XHTML/CSS ET la programmation, généralement de comportements en JavaScript ou, dans mon cas, de la structure dynamique du site (en squelettes SPIP). Si les « web dev front » sont intégrateurs, cela n’est pas bijectif : tous les intégrateurs ne sont pas développeurs, d’où la suspicion de mon interlocuteur. Pour en savoir plus, lire : What is front-end development ? et Les intégrateurs sont-ils des développeurs ou des webdesigners ?. []
  3. Sur la place des femmes dans le web et les nouvelles technologies, voir cette étude publiée par le National Center for Women & Information Technology : Le rôle des femmes dans les NTIC en déclin, juin 2010 et Les femmes ingénieurs ne sont que 13% dans le secteur des TIC, octobre 2009. []

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  • hal le 3 septembre 2010 - 11:56 Signaler un abus - Permalink

    Je crois assez peu au sexisme de l’éducation. C’est juste une question d’intérêts divergents.

    Quoi qu’on en dise, les hommes et les femmes diffèrent à beaucoup de points de vue, et comme les garçons préfèrent jouer aux petites voitures et les filles à la Barbie, il y a beaucoup plus de développeurs hommes et beaucoup plus d’ortophonistes femmes (pour ne prendre que ces exemples…).

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  • Pierre le 3 septembre 2010 - 12:02 Signaler un abus - Permalink

    Ca me rappelle un graphe de la hiérarchie des programmeurs en fonction du langage utilisé :
    http://www.deimeke.net/dirk/blog/index.php?/archives/2310-guid.html

    Et effectivement la réaction des personnes que tu as rencontré confirme cette perception que les développeurs “front” sont tout en bas.

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  • Jean-no le 3 septembre 2010 - 12:13 Signaler un abus - Permalink

    Je ne sais jamais trop quoi faire du mot “développeur” qui ne veut pas dire grand chose en France (enfin si, il existait un accessoire de sex-shops nommé “développeur” autrefois…).
    Pour le reste, les gens ne voient que ce qu’ils ont sous le nez et en déduisent des lois avant d’inventer des raisons… Pas très rationnel. en école d’ingénieur info, il y a une fille pour trente gars. La proportion est jugée “naturelle” par cette population (qui ignore que dans certains pays comme, je crois, la Malaisie, la proportion est strictement inverse) et cette fille est souvent traitée comme mascotte, on lui confie les tâches subalternes des projets communs, etc., ce qui fait que le préjugé sexiste est performatif, il entretient sa réalité.
    Dans ce contexte sexiste idiot, je trouve admirable que des filles parviennent à se faire respecter professionnellement – et ça n’est pas si rare.
    Au fait, existe-t-il une spécificité féminine dans l’approche de l’ordinateur ? Les figures les plus célèbres de l’histoire de l’informatique le laisseraient penser : Ada Byron a œuvré à rendre l’ordinateur de Babbage compréhensible aux mortels ; Grace Hopper a inventé le compilateur – elle a ouvert la porte à la communication homme machine en permettant la naissance de langages de programmation lisibles ; Susan Kare a quand à elle intensément travaillé à l’interface homme-machine en designant le système d’icônes et de menus du Macintosh ; … Une propension à aimer la lisibilité, la communication, la conversation ?
    Mais bon en même temps, c’est peut-être juste un préjugé sexiste de plus de ma part :-)

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  • Jean-no le 3 septembre 2010 - 12:23 Signaler un abus - Permalink

    @Hal : Vous prenez les effets pour les causes. Il existe des différences entre hommes et femmes, mais elles ne se trouvent pas dans les métiers, les passions, les petites voitures ou les poupées. Les différences, qui s’étudient en éthologie, portent plutôt sur les stratégies de pouvoir ou de séduction, et dans la propension (en moyenne) à communiquer – 9 autistes sur 10 sont des hommes, ce qui semble avoir une raison d’être.
    Si toute la société crie aux filles qu’il est séduisant pour elles d’être programmeur en assembleur et hurle aux garçons qu’il est viril de porter des robes à fleur, les garçons porteront des robes à fleur et les filles programmeront en assembleur.
    On a très bien pu le voir avec l’évolution des carrières informatiques : elles se sont progressivement dé-féminisées (à la fin des années 1970, la proportion était quasiment 50/50)… Ce ne sont pas les filles qui ont changé, c’est le jugement social général qui considère que ce n’est pas un métier de filles.

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  • RastaPopoulos le 3 septembre 2010 - 12:36 Signaler un abus - Permalink

    Une petite conférence amusante de Catherine Vidal pour HAL : “Le cerveau a-t-il un sexe ?”.

    http://feeds.univ-lyon2.fr/~r/2007_2008-GrandesConferences/~5/8DuixAF7Sd8/181143-High.mov

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  • Karen le 3 septembre 2010 - 13:50 Signaler un abus - Permalink

    Ahahaha ça m’a fait rire (jaune certes) mais si tu savais le nombre incroyable de fois ou j’ai été confronté à ce problème ! Je te passe les :”les filles ne savent pas coder” aussi. J’ai vu des CV de développeuse mis de côté sans autre forme de procès !

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  • Knit Spirit le 3 septembre 2010 - 13:55 Signaler un abus - Permalink

    Mais oui ça existe les développeuses ! Moi aussi j’en suis une (bon par contre, je développe en dotnet et je suis nulle en CSS mais je suis développeuse ^^).
    Mais j’avoue qu’étant la seule nana à mon boulot, je me sens parfois un peu seule !

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  • Serafina le 3 septembre 2010 - 13:58 Signaler un abus - Permalink

    Je pense que la remarque n’est pas “que” sexiste. Dans l’informatique, les dev C++/Java/Whatever ont tendance a considerer comme sous-dev les dev front-end, meme quand se sont des mecs. Ca fait partie de la hierarchie de l’informatique (probablement a tort, mais surtout due a une incompréhension et une méconnaissance du metier de l’autre).
    Sinon, malheureusement, la plupart des filles que j’ai croisées ne savais pas coder, et je ne sais pas trop ce qu’elles foutaient en info. Ce sont des personnes comme elles qui donnent une mauvaise image des filles en info.

    Sinon, je suis ingé dev’, et je fais du java, et je suis je crois la seule fille de mon equipe…

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  • T3kr0m le 3 septembre 2010 - 14:00 Signaler un abus - Permalink

    En fait, en parlant de CSS ca décridibilise les développeurs web ( hommes ou femmes, osef ).
    Je ne pense pas qu’il y ait de hiérarchie réelle de développement ( plutôt des compétences ou pas ^^) mais écrire des CSS je n’arrive pas à voir le côté développeur de la chose ? Plutôt graphiste à mon avis.
    Après je suppose que le boulot de dev web front entretiens plus de relation avec du JS qui se rapproche déjà nettement plus de ce que l’on pourrait appeler développement ( en fait, c’est un langage super bizarre mais très performant ).

    Pour cloturer, je n’ai que très rarement vu de femmes développeuses … Ce n’est pas du sexisme mais la réalité.
    Dans une société qui privilégie les congés à tout, on a du mal à voir une femme ( qui élévera des enfants, toussa toussa ) développer … Ce qui inclut des heures sup à gogo et des heures perso pour se mettre à jour.

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  • RastaPopoulos le 3 septembre 2010 - 14:26 Signaler un abus - Permalink

    Une femme va forcément éduquer des enfants ?

    Et pour info, quand bien même je suis développeur, je ne fais ni heures supp, ni — encore pire — heures persos bénévoles pour me mettre à jour. La veille, ça fait partie des heures de travail.

    Mais bon, c’est vrai qu’il y a un paquet de Winners…

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  • baroug le 3 septembre 2010 - 15:33 Signaler un abus - Permalink

    Ben non les femmes n’éduquent pas les enfants voyons Rastapolpoulos, comme T3kr0m le dit elles les élèvent (toussa toussa ça veut dire qu’elles nettoient le caca aussi). C’est les hommes qui les éduquent.

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  • Stéphane Bortzmeyer le 3 septembre 2010 - 16:20 Signaler un abus - Permalink

    Hhhhhm, il me semble que cet article mélange deux choses, le fait que les compétences des femmes (en CSS, en ethnologie ou en paléontologie) soient niées et le fait d’être « développeuse » ce qui ne peut effectivement pas se dire de quelqu’un (homme ou femme) qui ne programme pas dans un langage de Turing. Donc, lorsque j’écris du CSS ou du HTML, je ne développe certainement pas. Et ajouter du langage marketing comme « Web front » n’arrange pas les choses.

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  • Jean-no le 3 septembre 2010 - 16:28 Signaler un abus - Permalink

    Je pense que quelqu’un qui se dirait “programmeur css” ferait un peu rire, mais “développeur” a un autre sens, non ? Ceci dit il me semble qu’on parle souvent d’ “intégrateur” pour le CSS et l’HTML. Enfin on s’en fiche.

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  • Stéphane Bortzmeyer le 3 septembre 2010 - 16:33 Signaler un abus - Permalink

    @Jean-no J’avais répondu en supposant que, pour l’auteur initiale, « développeuse » == « programmeuse ». Si ce n’est pas le cas, alors, « développeuse » est un nouveau concept ? C’est quelqu’un qui fait de la technique mais ne programme pas ?

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  • baroug le 3 septembre 2010 - 16:41 Signaler un abus - Permalink

    Il faut lire les notes les gars.

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  • Jean-no le 3 septembre 2010 - 17:08 Signaler un abus - Permalink

    @baroug : effectivement. Ceci dit pour moi tout ça est très factice. Je me rappelle du temps où les métiers du web n’avaient pas de nom (on les exerçait pourtant déjà) et j’ai été “flasheur” dix ans avant la création de Flash – à mon époque, le “flasheur” était la personne qui réalisait les films d’imprimerie.
    Plus que les noms de métiers, ce que je trouve important c’est le constat que, effectivement, beaucoup de gens pensent que les femmes ne sont pas faites pour coder.

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  • Dr Maboul le 3 septembre 2010 - 17:14 Signaler un abus - Permalink

    Dans mon ancienne boite y’a une DBA/programmeuse SQL et une dev C++/SQL.
    De “vraie développeuse” donc. ;)

    Par contre, pour l’histoire de savoir ce qui est un langage ou pas, on peut se baser sur les définitions “officielles” qui disent qu’à peu près tout ce qui est formalisé et va être interprété par un ordi est un langage de programmation.

    Ou sur le ressenti des dev qui vont trouver tout un tas de raison pour classer les langages : en mettant au-dessus de la pile ceux qu’ils ont appris en dernier ou comprennent le moins bien. Et comme en général tout le monde a fait du HTML/CSS depuis longtemps, “on” s’accorde pour le mettre en dessous de la pile en prétextant qu’on peut pas faire suffisamment d’opérations mathématiques (au sens de Turing) avec.

    Genre le SQL avant les “boucles for” (1999 d’après wikipedia) n’était pas un langage de “turing complet”, mais on n’a jamais entendu personne dire que le SQL n’était pas un “langage de programmation” pour autant.
    (Me trompe-je M. stephanebortzmeyer, vous qui avez l’air au taquet là-dessus ?)

    Mais je suis assez d’accord (avec le spécialiste de turing) pour dire que t’attaquer en disant “faire du CSS ce n’est pas développer” n’est pas une remarque sexiste mais juste déplacée, les autres remarques (les filles gnagna, elles préfèrent jouer à la poupée gnagna, et puis les filles elles font des trucs plus jolis blabla…), elles, sont bel et bien sexistes!
    Te laisse pas faire!

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  • Stéphane Bortzmeyer le 3 septembre 2010 - 17:16 Signaler un abus - Permalink

    @Jean-no Les gens qui pensent que les femmes ne peuvent pas programmer se trompent clairement (les contre-exemples récents ne manquent pas, ) mais l’article original était lui-même plein de confusion (notamment en laissant entendre que CSS, qui n’est pas un langage de Turing, pouvait se comparer avec Java ou C++).

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  • Romy Têtue le 3 septembre 2010 - 17:30 Signaler un abus - Permalink

    @stephanebortzmeyer et @Jean-no : cet article parle bien de deux choses, qui ont en commun d’être déconsidérées, mais sans pour autant « mélanger ». L’intégration n’est pas du développement car Le CSS n’est pas un langage complet au sens de Turing. La note de bas de page précise bien que « Si les “web dev front” sont intégrateurs, cela n’est pas bijectif : tous les intégrateurs ne sont pas développeurs, d’où la suspicion de mon interlocuteur. »

    Par contre les différentes réactions, en commentaires ici et ailleurs, en disent long sur la difficulté qu’on beaucoup à accorder la moindre capacité en dev à qui touche au CSS, comme si c’était là une tare qui multipliait toute autre compétence par zéro. Pourquoi un(e) « dev front », qui fait nécessairement du CSS, ne saurait-il(elle) faire que ça ? Pourquoi la seule mention de ce non-langage occulte-t-elle tout le reste ?

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  • Jean-no le 3 septembre 2010 - 18:42 Signaler un abus - Permalink

    Personnellement, je suis super admiratif des gens qui ont la patience de s’occuper des CSS.

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  • NoirHir le 3 septembre 2010 - 19:33 Signaler un abus - Permalink

    Je suis développeuse depuis 2 ans, et bien d’accord avec ta vision des choses.

    Quand je dis aux gens que je développe, je me surprends à rajouter systématique d’un ton gêné “et oui.. ca existe” au vu de la tête de mes interlocuteurs.

    Petite j’ai eu la chance d’avoir un père gamer absolu qui avait uniquement deux filles. Donc bien obligé (!) de jouer avec nous à l’ordi et aux consoles.

    On m’a toujours offert des tonnes de barbies que je détestais et toujours caractérisé comme “garçon manqué”. Et oui une nana, même féminine, est en fait un faux garçon car fan de films d’horreurs, de jeux vidéos, etc.

    Ainsi beaucoup de nanas de nos entourages ont succombé petites à la loi des barbies pour ne pas perdre la face à 10 ans. Si je n’avais pas eu une mère féministe et un père voulant nous apprendre tout de la vie, moi et ma soeur, je ne sais pas si j’aurais choisi cette filière …

    En tout cas, j’y suis, j’y reste !

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  • Bobalamer le 4 septembre 2010 - 10:34 Signaler un abus - Permalink

    Merde je fais un métier de femme et je ne le savais pas !

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  • Lucile Reynard le 4 septembre 2010 - 11:01 Signaler un abus - Permalink

    Comme quoi cette soirée co-organisée par La Cantine et nos différents networks a une réelle utilité pour le moment…Vivement qu’on ait plus besoin de nous, mais je ne pense pas que ce sera demain la veille. Comme nous en discutions hier avec Xavier Moisant, le monde web bien qu’étant considéré comme un environnement innovant, reproduit les mêmes conneries sexistes que les autres corporations. Je pense cependant qu’étant plus récent il a plus de chances d’évoluer rapidement dans le bon sens. Bon courage à toutes les Girlz in Web, in tech et co qui ont le courage de continuer à bousculer les idées reçues, démontent leur PC, font du montage vidéo, ou encore du code Java et des applications iPhone :) Rejoignez-nous nombreuses sur la page Facebook de GirlzInWeb et prenez la parole sur notre portail (il ouvrira très bientôt).

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  • cfalguiere le 5 septembre 2010 - 15:11 Signaler un abus - Permalink

    Bonjour,

    Je suis un autre exemple d’extraterrestre, une “développeuse” sénior Java/JEE. Il reste encore pas mal de stéréotypes, en particulier lorsque les gens ne peuvent pas évaluer nos compétences. C’est vrai qu’ils ont tendance à considérer qu’on usurpe le titre.

    Rapproche toi des communautés techniques (http://groups.google.com/group/webdevfr?hl=fr par exemple pour le Web) et ignore les ahuris. Même s’il y a très peu de femmes dans les communautés techniques et que parfois au début ils foncent droit dans leurs préjugés ça ne dure pas lorsqu’ils ont évalué les compétences.

    Avec quelques autres, nous avons crée un Java User Group féminin, http://jduchess.org/duchess-france, pour que les quelques filles de ce secteur puissent d’identifier les unes les autres et s’appuyer.

    Notre but n’est pas de nous isoler mais d’aider d’autres femmes à intégrer la communauté Java, participer aux JUG et aux conférences près de chez elles, montrer qu’il y a des femmes dans ce métier et qu’elles peuvent écrire de très bons articles techniques.

    L’accueil a été bon auprès des JUG et nous avons un bon support. Et en définitive, il y a aussi des hommes dans le groupe, parce qu’ils veulent agir ou participer aux actions d’autoformation que nous mettons en place.

    C’est sur ces personnes qu’il faut s’appuyer pour faire avancer les choses.

    Et salut à Lucile que j’ai croisée dans une Night des Tech Girls à la Cantine, avec les Girlz in Web, WoMoz et Girls in Tech.

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  • jpBaroin le 1 novembre 2010 - 12:22 Signaler un abus - Permalink

    J’ai beaucoup apprécié votre article et en tant que “Male”, je dis que cette dévalorisation des “Nanas” est insupportable. J’ai bientôt 59 ans et je pense avoir eu la malchance de naître trot tôt dans un monde trop jeune, je bredouille en logiciel et si le “hard” n’est pas un problème pour moi, la programmation m’est vraiment un casse-tête; alors bravo pour votre parcourt j’aurais aimé pouvoir faire la même chose, mais je ne suis qu’un dilettante passionné.
    Bonne continuation et battez-vous encore mieux contre cette discrimination!!!

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  • Eleonore le 31 décembre 2010 - 13:48 Signaler un abus - Permalink

    @Stephane et les autres :
    Un(e) développeur/se front, c’est tout simplement un(e) integrateur/trice qui programme en javascript. Ben oui, la javascript, c’est front. Et entre les animation, l’ajax…, j’attends de pied ferme le premier qui me dit que ce n’est pas de la programmation/du développement.

    Pour ceux qui pensent que les CSS c’est pas compliqué, franchement un graphiste sait faire… ben c’est juste la preuve que vous n’en avez jamais fait. Sérieusement, j’entends. Mettre du texte en rouge et rajouter une image de fond, c’est pas faire des CSS… Tout comme prendre un template wordpress et y changer deux images c’est pas faire de l’integration. Pour changer de domaine, il ne me viendrait pas à l’idée de me prétendre “peintre en bâtiment” (ni de dire “la peinture, c’est facile, n’importe qui peut faire”) parce que j’ai réussi à repeindre la chambre des gosses à peu près correctement.

    Ensuite, pour HAL : bien sur, l’éducation n’est pas sexiste. Le découpage de Toys’r'Us et autres Joué Club en “jeux pour filles” (poupées, dinette, TOUS LES appareils managers en réduction, y compris aspirateur, machine à laver…) et “jeux pour garcons” (pistolets, jeux de construction, voitures…) n’est pas du tout sexiste.
    Car c’est bien connu, les filles aiment des la naissance tenir un aspirateur et les garcons un marteau. Garcons à qui on ne pensera jamais à demander de débarrasser la table…
    Y’a pas a demander si tu as deja vu les fesses de tes enfants et si tu sais à quoi sert une serpillère.

    Il y a moins de développeuses, parce qu’il faut pour faire ces études et ce métier quand on est une fille des compétences plus qu’en programmation :
    - gout de la solitude, parce qu’on sera la seule fille du service
    - savoir supporter les blagues de cul, parce qu’on va en bouffer pendant toutes ses études, et souvent aussi à la machine à café
    - sureté de soi et opiniatreté, pour résister à l’influence de l’entourage (profs, parents, amis) pour qui une fille, c’est secrétaire ou instit, point
    - et une grosse dose d’humour pour recevoir, toute leur vie durant, ce genre de commentaires ahuris…

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  • tetue le 31 décembre 2010 - 17:11 Signaler un abus - Permalink

    Tiens, un commentaire lucide !
    Merci Eleonore et meilleurs vœux :-)

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