Revenu garanti, travail choisi

Une allocation universelle de 850€ par mois ? Une proposition qui ne date pas d'hier, mais que De Villepin a soudainement remise au goût du jour. Retour sur un dispositif qui changerait en profondeur notre relation au travail.

L’allocation universelle n’a rien d’une idée neuve. En revanche, elle a tout d’une idée marginale : utopique, sociale, portée par des mouvements alters… Les divers écoles de pensées qui tiennent au revenu minimum n’ont jamais réussi à percer le plafond de verre des médias grand publics. Malgré la tentative de Christine Boutin en 2003, ce débat là était resté verrouillé.

C’est pourquoi, en annonçant sur le plateau du JT de France 2, le 24 février 2011, son intention de proposer la mise en place un “revenu citoyen” de 850€, Dominique de Villepin suscite enthousiasme de ceux qui depuis longtemps défendent l’idée. Et si Villepin venait de briser un tabou ?

La remise en cause du travail comme seul mode d’existence sociale

Car, en touchant au lien considéré comme sacré entre rémunération et travail, c’est à un pilier de la société moderne que l’on s’attaque : de l’obtention d’un crédit à la consommation à la location d’un appartement, d’une discussion entre amis à la présentation à la belle famille, l’emploi salarié est une norme sociale d’une puissance terrible. Sociologue du travail, Yolande Bennarosh décrypte ainsi cette « centralité historique du travail » :

[Elle] se résume essentiellement dans les couples droit-devoir, droit-obligation, contribution-rétribution qui impriment une conception du vivre-ensemble où c’est la contribution de chacun à la société qui le légitime à en attendre quelque chose en retour et lui assure la reconnaissance des autres. […] il devient, du même coup, le vecteur principal de l’identité personnelle et sociale.

De cette conception du travail comme seule façon « d’être en société » découle le fameux sentiment de malaise due à l’inutilité des chômeurs. Enfermé dans ce cocon anxiogène où il se répète qu’il ne « contribue pas à l’œuvre collective », le non-salarié est mûr pour les discours culpabilisant de Pôle Emploi et autres instituts de placement qui lui font porter personnellement la responsabilité de son inactivité. Un jugement d’autant plus injuste qu’avec la massification du chômage, il relève de la pirouette intellectuelle de transformer un fait de société en tragédie individuelle (même si l’exercice est devenu un classique du genre, notamment dans la lutte contre la toxicomanie).

Or, dissocier revenu et travail constitue justement une manière de répondre à cette angoisse sociale. Dans le régime actuel, la rémunération ne récompense qu’un seul type de contribution : le travail salarié. Une société qui distribuerait de manière « inconditionnelle » un revenu ne viserait à rien d’autre qu’à l’inclusion (par opposition à l’exclusion) de tous ses membres, laissant à chacun la liberté de choisir la façon dont il souhaite oeuvrer pour la collectivité. Un principe décrit par Alain Caillé (fondateur du Mouvement Anti-utilitariste dans les sciences sociales, ou Mauss) comme une « inconditionnalité conditionnelle ».

Donner aux citoyens le choix de leur contribution à la société

Et les réactions des bénéficiaires d’un revenu universel sont loin de la caricature de paresse que certains critiques agitent en épouvantail. Dans un village de Namibie où fut instauré un revenu minimum garanti, le chercheur Herbet Jauch fut lui-même surpris de l’effet de cette « manne » sur les habitants :

Nous avons pu observer une chose surprenante. Une femme s’est mise à confectionner des petits pains ; une autre achète désormais du tissu et coud des vêtements ; un homme fabrique des briques. On a vu tout d’un coup toute une série d’activités économiques apparaître dans ce petit village.

Assurés de leur subsistance par la puissance public, les citoyens cherchent des moyens de contributions pertinents au projet commun, des « activités chargées de sens aux yeux des individus eux-mêmes ». Un paradoxe plein de promesses : en donnant à chacun des chances égales de survie financière, cette expérience de revenu garanti a permis aux habitants de se ré-approprier le fonctionnement de leur société.

Réconcilier l’Homme et la machine

Mais l’enthousiasme des convaincus de l’allocation universelle se heurte souvent au mêmes doutes : si le travail n’est plus nécessaire pour vivre, qui continuera à occuper les emplois difficiles et mal payés, mais néanmoins nécessaires à la société ? Qui fera le métier de caissière, ira balayer les rues, ramasser les poubelles, et assurer l’entretien dangereux des centrales électriques ?

Selon David Poryngier du Mouvement des Libéraux de Gauche, il faut relativiser ces craintes  :

Au rythme où les caissières sont remplacées par des machines dans les supermarchés, je ne pense pas que ça soit une question critique. Plus sérieusement, on peut attendre un rééquilibrage du rapport de forces entre employeurs et travailleurs, au profit de ces derniers, dans les métiers les plus pénibles et les moins valorisants. Tout le contraire de la situation actuelle, où le chômage endémique tire les salaires vers le bas et prohibe toute négociation sur les conditions et les horaires de travail. Qui s’en plaindra ?

La rémunération inconditionnelle du travail pourrait “revaloriser” les métiers pénibles en leur garantissant un meilleur revenu, renversant le dumping social qui s’impose comme règle des échanges entre pays riches et pays à faibles coûts de main d’oeuvre.

Quant à l’hypothèse d’une substitution de l’homme par la machine pour les tâches ingrates, il permettrait d’inscrire la proposition d’allocation universelle dans la continuité des grandes luttes sociales de l’entre-deux guerres. Une sorte de nouveaux « congés payés » où, aux nouveaux choix de vie donnés par le temps libre, s’ajouteraient celui de l’occupation du temps de travail.

Pour en finir avec la « valeur travail »

Vu sous l’angle du rapport au travail, l’idée de l’allocation universelle s’impose comme une réforme subversive. En renversant le rapport au travail et à sa valorisation dans la société, il met sens dessus-dessous le fondement des débats électoraux des dernières années axés sur le pouvoir d’achat. Car, tandis qu’en 2007, un certain Nicolas Sarkozy était élu sous le slogan du « travailler plus pour gagner plus » et de la fameuse « valeur travail », et qu’à gauche, on nous promettait le retour du plein emploi salarié, l’allocation universelle nous propose un voie alternative vers l’utilité sociale choisie.

Retrouvez notre dossier spécial sur le revenu citoyen :

Crédits photo FlickR CC : dunechaser / Jordan Prestot

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  • WilnocK le 17 mars 2011 - 20:14 Signaler un abus - Permalink

    C’est sympathique de voir revenir un peu plus sur le devant de la scene les problematiques du revenue universel, je me rappel que la premiere fois que j’en avais entendu parler c’etait en 2003 a “Rue des Entrepreneurs”, puis le sujet avait fait des re-apparition surtout apres les evenements de 2008, quand les excuses avancees sur les causes des failles etaient: Des causes systemiques

    Thierry Crouzet avait fait une serie de billets et de conferences sur le sujet, il presente assez bien les choses d’ailleurs, j’aivais bien aimer le lire en Novembre dernier

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  • Why not le 17 mars 2011 - 20:21 Signaler un abus - Permalink

    Initiative intéressante, certes. Mais qui la finance, comment?
    Et pour quelle contrepartie?

    Désolé de contredire David Poryngié du Mouvement des Libéraux de Gauche, mais il existe encore des métiers difficile sur cette terre, et oui ils sont et resteront nécessaires, même si on peut imaginer – espérer – améliorer les conditions de travail des personnes qui les pratiquent. “On peut s’attendre à un changement des rapports de force entre employés et employeurs?” : ça me parait un peu mou, comme argumentaire!

    Donc ce cher Monsieur ira trier ses déchets lui même et se passera des éboueurs, par exemple?

    J’ai l’impression que la viabilité économique d’une telle mesure n’a pas été examinée un quart de seconde par ses défenseurs, et c’est d’ailleurs bien regrettable.

    (PS: bravo à OWNI pour vos excellents articles)

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  • Raquel le 17 mars 2011 - 22:07 Signaler un abus - Permalink

    Bravo à ce très bon dossier.
    On peut se demander pourquoi Villepin n’a pas imaginé le système alors qu’il était au pouvoir…

    Et si on couple le revenu minimum avec un revenu maximum (4 ou 5 fois le smic par personne, ça devrait suffire, non ?), ça donne quoi ? Voir http://sauvonslesriches.fr/

    Vu que ça a été expérimenté dans un village de Namibie, pourrait-on expérimenter sur une petite zone (difficile vu le côté national de la fiscalité) ?

    Vous parlez d’un revenu différent selon l’âge, commencerait-il avant 18 ans ou non ?
    Dans le système proposé, l’employeur paierait-il au salarié uniquement le supplément au-delà de 850 € ou l’ensemble du salaire ?

    Pour les travaux pénibles, la solution n’est pas évidente : payer 2 à 3000 euros pourrait motiver, mouais…
    Ou bien, pour le côté public, se répartir le boulot (éboueur une fois par mois…) entre ceux qui n’ont pas de boulot à temps plein. Ce qui poserait le problème de la formation, et notamment de la gestion des risques.
    Un peu comme les agriculteurs gèrent une boutique de producteurs par exemple : chacun est commerçant une fois par mois (mais c’est galère à mettre en place et à gérer).

    Par ailleurs, ce que je trouve intéressant est la taxation des biens plutôt que du travail. Le coût de la main-d’oeuvre avec les charges est tel qu’il devient non seulement plus intéressant de délocaliser, mais aussi de remplacer la main-d’oeuvre (MO) par des produits pétrochimiques et de l’énergie fossile, absorbant ainsi les ressources de la planète.
    Ainsi, on pourrait peut-être rendre plus compétitives, donc plus attractives des méthodes riches en MO et écologiques, comme les maisons en paille (qui remplace l’énergie fossile nécessaire pour créer du béton par de l’énergie humaine) ou autres techniques d’écoconstruction, l’agriculture biologique (qui remplace les phytosanitaires par du travail du sol notamment), les objets artisanaux locaux plutôt que l’Ikea made in China.
    En réduisant la taxation sur la MO et en la remplaçant par une forme de TVA (hors biens de première nécessité locaux), ça peut peut-être jouer le rôle de taxe carbone, de relocalisation et de re-valorisation de l’économie locale vivante. On teste quand ?

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  • Gabriel le 18 mars 2011 - 0:09 Signaler un abus - Permalink

    Mes notions en économie sont rudimentaires, mais si tout le monde a un revenu minimum de 850€, cela ne va-t-il pas faire à terme faire monter les prix et ainsi annuler le bénéfice d’une telle mesure ?

    Exemple d’un logement : si tout le monde peut avoir un logement décent, on en trouvera moins facilement. Conséquence, les prix montent.

    En suivant l’archaïque loi de l’offre et de la demande on peut reporter cet exemple.

    En qu’en est-t-il des actionnaires ? Comment réagissent-il fasse à l’arrivée sur le marché de nouveaux consommateurs potentiels ?

    Quand j’ai passé mon bac en 1999, j’ai axé mon devoir d’économie sur la fin de la valeur travail, téméraire. Mais j’avais essayé d’expliquer que pour moi le vrai problème ne venait pas du travail lui même mais de la création de richesse, de l’argent, de sa valeur marchande. Peut être qu’il faudrait lire des ouvrages d’enthnologie sur l’étude des sociétés basée sur le troc et l’échange.

    Dans tous les cas, si fin de valeur travail il y a, il en est tout autre de sa valeur marchande. Et dans une société ou le marché, ou l’argent est le grand roi, je doute que tout se passe si simplement.

    Qu’est-ce que le marché a à gagner d’une telle mesure ? C’est assez grave de voir les choses comme ça, la société déshumanisée. Mais en même temps, c’est notre réalité.

    Je me trompe ?

    Enfin nos régions ont permis ces dernières années de faire tomber le prix du ticket de bus. Il semblerait que le train suive la même voix. L’accès public à Internet se généralise progressivement (avec des inconnues sur la santé certes). Et j’imagine que tout un tas de mesures ont été mises en place et seront mise en place pour abaisser d’une certaine manière le coût “essentiel” de la vie. Peut être que je me trompe.
    Mais ce ne serait pas une solution plutôt de généraliser ce genre de choses et d’aller le plus loin possible ? Plutôt que de subventionner un revenu universel, de subventionner les coûts de base pour vivre normalement ? Transport, logement, alimentation, éducation, etc ?

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  • sev2000 le 18 mars 2011 - 1:15 Signaler un abus - Permalink

    et pourquoi pas un revenu fraternel?
    synonyme d’amour et union, financé aussi bien par les associations, que les pauvres, les riches, les eglises…
    inspiré par la voix du peuple

    cette voix a besoin de vos rêves pour survivre, elle a besoin de vous amuser aussi

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  • tetatutelle le 18 mars 2011 - 4:37 Signaler un abus - Permalink

    @ Gabriel :

    “Qu’est-ce que le marché a à gagner d’une telle mesure ?”

    Et bien “des clients supplémentaires”, tout simplement ! Société déshumanisée ou pas,”des pauvres en plus sont autant de clients en moins”, c’est à dire des gens non rentables pour l’économie. si le marché ne peut pas comprendre ça, alors c’est qu’il lui manque la base de la logique !….

    @ Raquel :

    Je n’ai personnellement aucune envie de “tester” le genre de société que vous proposez qui s’apparente clairement à une marche vers la sacro-sainte “décroissance économique” !…..Personnellement favorable à l’Allocation Universelle, c’est la seule chose que je regrette dans ce débat : le fait que les partisans de ce retour en arrière se saisisse de cette proposition comme une aubaine à leur autoritarisme ! Désolée mais si ce revenu de l’Allocation Universelle est annoncé comme “inconditionnel” il doit l’être “réellement” c’est à dire conduire vers “davantage de possibilités de choix individuels”. or désolée par vos propositions vous “imposez un mode de vie collectif” (si un individu préfère les meubles Ikéa aux fabrications mobilières de sa localité, vous voulez donc lui imposer ces dernières ?), ceci n’est pas acceptable et “certainement pas l’incontournable à la mise en place de cette allocation” !

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  • skunked le 18 mars 2011 - 8:51 Signaler un abus - Permalink

    Je me demande ce qu’en pense le grand humaniste serge dassault. Faudrait lui poser la question, avec un peu de chance il ferait une attaque.

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  • Stanislas Jourdan le 18 mars 2011 - 10:42 Signaler un abus - Permalink

    @Gabriel : bonne question sur l’inflation.

    D’une manière générale, j’ai tendance à me méfier des discours alarmants sur l’inflation. L’inflation n’est bien souvent qu’un signe d’une économie dynamique.

    De fait, si l’on cherche à diminuer l’inflation à tout prix, alors il ne faut surtout pas enrichir les pauvres !

    Ceci dit, 2 éléments de réponse :
    - avec le revenu universel, l’inflation sera effectivement un peu plus pénalisante qu’aujourd’hui pour les épargnants.
    - mais pour les petits revenus, cela ne change pas grand chose puisque le revenu universel devrait être indexé sur la croissance du PIB.

    Alors bien sur que l’élite capitaliste à beaucoup à perdre dans cette histoire. Ils ne pourront plus exploiter aussi facilement la main d’oeuvre non-occupée par des emplois précaires et mal-payée. Et c’est une raison de plus pour mettre tout cela en oeuvre, et vite ! ;-)

    Pourtant, le revenu universel est une mesure très libérale. Car pour qu’un marché soit efficient, il faut que les individus soient réellement libres de leurs choix, et non contraints. Le revenu universel permet cela.

    Contrairement à ce que l’on croit souvent, les libéraux ne sont pas contre une forme d’état providence, mais ils refusent que cela se fasse au détriment de l’égalité des individus, par la création de régimes spéciaux et autres privilèges. C’est pourquoi le revenu universel est acceptable dans la philosophie libérale : il met tout le monde sur la même ligne de départ.

    Certains proposent aussi de compléter l’allocation universelle par des “tickets de rationnement” en énergie. C’est une autre voie de financement, mais assez peu discuté en vérité dans les débats, à ce que je sache.

    Enfin, personne ne veut tuer la valeur travail. On demande juste à ce que celle-ci ne soit pas l’unique moyen d’être intégré économiquement et socialement à la société. D’autres formes d’activités sont tout autant utiles voir plus pour la société, nous demandons simplement que ces activités là soient pleinement reconnues comme créatrices de valeur.

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  • Raquel le 18 mars 2011 - 12:04 Signaler un abus - Permalink

    @tetatutelle :
    Je ne me sens ni partisane d’un retour en arrière, ni d’autoritarisme. Il se trouve de fait que malgré toute notre technologie, la nature impose sa loi, on ne le voit que trop en ce moment au Japon. Et notamment sur les ressources naturelles qui sont limitées, et dont on a largement besoin (même si on s’en rend moins compte vu qu’on est déconnecté du vivant, du sol, etc.)
    Autrement dit, mathématiquement, c’est impossible de poursuivre une croissance indéfinie dans un monde fini.
    Je trouve qu’au nom de l’emploi et de la croissance, on paye souvent quelqu’un pour faire un trou et une autre personne pour le reboucher (symboliquement), on crée des aménagements qui détruisent les territoires et la santé des gens.
    Je trouve donc que le revenu universel permet d’éviter ce chantage à l’emploi + permet aux gens qui choisissent (et non sont obligés) d’exercer une activité plus artisanale ou artistique à la fois d’avoir de quoi vivre et de proposer le produit de leur travail à un tarif moins prohibitif, ce qui est difficile aujourd’hui.
    Je prenais l’exemple d’Ikea car j’ai rencontré nombre de créateurs de meubles en carton (solides et créatifs) qui ont plus que du mal à vendre leurs meubles car si les matériaux sont très peu chers, la main-d’oeuvre est lourde (2 jours à 3 semaines pour faire un meuble), donc rend les prix prohibitifs. Idem pour des gens qui font des tuiles en bois (nul besoin d’énergie de cuisson, mais du temps), ou qui créent des vêtements à partir de récup’. Toutes ces personnes seraient LIBRES d’exercer leur activité et les consommateurs auraient plus de LIBERTE de choisir ces produits artisanaux ou bien des produits industriels (avec la limite précédente des ressources qui finira par s’imposer, il n’en relève aucunement d’une envie autoritariste !).
    Aujourd’hui, comme le décrit Jean-Marc Jancovici, l’énergie peu chère en abondance revient à utiliser chacun l’équivalent en énergie de 100 esclaves.
    http://www.manicore.com/documentation/esclaves.html

    Et l’idée d’interdépendance libre entre les gens décrite dans l’article me convient mieux que l’autonomie maximale souvent prônée par les partisans de la décroissance puisque justement, je n’ai pas forcément l’envie ni les compétences de tous les jours cultiver mes patates, faire mon pain, etc.

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  • xsde le 18 mars 2011 - 13:38 Signaler un abus - Permalink

    concrétement qui propose ce programe que je vote pour cette personne !

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  • Stanislas Jourdan le 18 mars 2011 - 14:10 Signaler un abus - Permalink

    @xsde : voici les partis qui proposent officiellement une forme de revenu universel :
    - Alternative libérale
    - Le parti chrétien démocrate
    - Villepin et son mouvement République Solidaire
    - Europe Ecologie devrait prochainement dévoiler son “revenu de vie”

    J’en oublie probablement d’autres. Complétez moi :)

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  • Philippe le 18 mars 2011 - 14:45 Signaler un abus - Permalink

    Je n’ai pas tout compris, je pense : avec ce système, je conserve mon emploi au même salaire, je continue à payer le même montant d’impôts, de cotisations, de TVA, ma femme aussi, mais mon couple touche € 1700 de plus par mois?

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  • Stanislas Jourdan le 18 mars 2011 - 15:00 Signaler un abus - Permalink

    @Philippe : cela dépend du mode de financement et du montant alloué… il y a différentes écoles à ce sujet.

    cf : http://owni.fr/2011/03/17/financement-revenu-universel/

    Mais en tout cas, le revenu universel est INCONDITIONNEL + CUMULABLE avec tout autre revenu.

    Donc si votre salaire est de 2000 euros et le revenu universel fixé à 800 euros, vous toucherez alors bel et bien 2800 euros (brut).

    Le net devant être calculé en fonction des méthodes de financement.

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  • Philippe le 18 mars 2011 - 15:22 Signaler un abus - Permalink

    @ STANISLAS JOURDAN
    Merci pour ces précisions. Je reste toutefois un peu perplexe :
    - s’il s’agit d’une utilisation plus rationnelle des recettes de l’état pour distribuer du pouvoir d’achat supplémentaire à tout le monde, je ne vois pas comment on pourrait éviter une forte inflation qui limiterait sévèrement l’utilité de la mesure
    - s’il s’agit de donner le choix à tout citoyen entre travail et utilité sociale, cette somme me parait bien faible

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  • tetatutelle le 19 mars 2011 - 3:35 Signaler un abus - Permalink

    @ Stanislas Jourdain :

    Ah oui certainement, vous en oubliez un (qui a pour l’instant un statut associatif mais dont l’intitulé sonne comme celui d’un parti) qui est de loin la cheville ouvrière de cette mesure : le Mouvement des Libéraux de Gauche !

    Et à ce propos justement attention un petit bémol quand vous dites que cette mesure est “libérale” : seule une “minorité de libéraux” (et surtout ceux de “gauche”) la défend, les autres y étant fortement voire férocement opposés (allez par exemple jeter un coup d’oeil sur le site liberaux.org et vous verrez de quelle manière est accueillie l’Allocation Universelle !….) ! A mon grand désespoir car je fais partie personnellement des libéraux et c’est pour moi un combat de tous les jours que celui de leur faire comprendre simplement que les personnes dépendantes (c’est à dire dans l’incapacité de travailler) ne peuvent se passer du secours de la collectivité (si vous voulez m’aider dans cette tâche, vous êtes le bienvenu) !

    @ Raquel :

    Sur la question de rendre les travaux artistiques et artisanaux plus rentables, je suis entièrement d’accord ! Pour la même cause que celle que je viens de citer : permettre aux personnes dans l’incapacité “partielle” de travailler ou ne pouvant fournir le rendement nécessaire de pouvoir quand même gagner leur vie en exerçant une activité “à leur mesure” et complétée justement par l’Allocation Universelle. Mais je maintiens qu’on ne pourra jamais se contenter “exclusivement de ce type d’activité” à moins, une fois encore, d’un grand retour en arrière : cent ans après la naissance de l’ère industrielle il est normal et légitime que la “norme” reste le produit industriel ! Et que ceux qui sont capables de travailler dans l’industrie accepte de le faire. Mais de toute manière ils y consentent car sachant pertinamment que leur travail soit-disant “d’esclave” comme vous le qualifiez est “la seule et unique manière de satisfaire leurs désirs au degré où ils se situent ! Que vous le vouliez ou non et que la planète le veuille ou non la nature “animale” de l’humain prend le dessus de la nature “raisonnable” ! C’est ce que vous et les partisans de la décroissance économique n’avez pas réalisé : vous vous mentez à vous-même en vous croyant “naturellement” capable de privation ! Or ça ne peut être vrai, vous êtes “bâtis comme les autres”, le jour où vous consentirez à des sacrifices ça ne se fera pas sans une “souffrance psychologique” (d’intensité plus ou moins forte selon les personnes bien sûr, certaines étant plus faibles que d’autres) puisqu’il faudra alors “inverser le rapport intérieur en faisant cette fois bel et bien dominer la tête sur le reste” ! ça ne se fera pas tout seul à moins que vous ne soyez des surhommes ! Et moi personnellement je ne me sens “ni l’envie ni la force de devoir en passer par là” !…..

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  • 8119 le 19 mars 2011 - 14:47 Signaler un abus - Permalink

    Bonjour
    peut-être serez-vous intéressés par la lecture d’un article-fleuve sur la question, où notamment il est question de concevoir la machine qui permettrait la distribution de biens numériques (après avoir clairement dissocié “travail” et “emploi”) :
    4. http://philum.info/50863 : ici le revenu de vie est présenté comme hautement insuffisant pour résoudre les problèmes de ce monde quoi que cela soit la voie à suivre ;
    5. http://philum.info/50947 : ici est proposé une conception paradigmatique d’un système économique : l’argent, c’est le droit, or le droit prime. En fin de compte ça consiste à intercaler entre le législateur et l’utilisateur une mécanique d’attribution des droits qui soit adaptative. Le résultat est qu’on confisque des libertés inutiles (celles de se ruiner) au profit de libertés utiles (celles de choisir son métier).

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  • DEMEZ le 19 mars 2011 - 16:46 Signaler un abus - Permalink

    Je pense également que l’application d’un revenu de base ou d’existence/allocation universelle serait une très bonne chose qui rejoint des projets pour détrôner la valeur travail rémunéré très ancré encore dans les mentalités actuelles.
    Ces mentalités précitées n’ont pas pris conscience des révolutions informatiques, de la robotique, de la singularité, des machines pour libérer l’humain qui arriveront de toute façon dans nos pays d’Europe occidentale ( crainte du transhumanisme chez certains décroissants)…

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  • Emmanuel Gadenne le 20 mars 2011 - 0:02 Signaler un abus - Permalink

    Merci pour cet article intéressant.
    Je trouve que le revenu citoyen est une grande avancée qui a tout-à-fait sa place sur le programme d’un(e) candidat(e) à l’élection présidentielle de 2012.
    L’article parle du passage de Dominique de Villepin sur le plateau du JT de TF1, selon la vidéo, il apparaît que c’est France 2, non ?

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  • MAUCONDUIT le 20 mars 2011 - 9:46 Signaler un abus - Permalink

    Ce revenu est financé comment et par qui?

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  • Fenrir le 21 mars 2011 - 13:30 Signaler un abus - Permalink

    @MAUCONDUIT : financé par l’État, à partir de fonds obtenus via l’impôt. Après, la nature exacte de cet ou ces impôts, leur répartition, il doit y avoir plusieurs solutions proposées.

    Vu qu’effectivement cet argent doit bien provenir de quelque part et qu’une imposition de la production (ponction sur le PIB) est fort probable, on peut imaginer que l’exemple “je touche actuellement 2000€, avec ce revenu je toucherais 2850€” est plutôt faux. L’employeur paierait plus d’impôt, et le revenu citoyen compenserait le manque à gagner pour le travailleur.

    De toute manière, la mise en place d’un revenu citoyen a un tel impact économique et sociologique qu’il importe avant de le mettre en place de bien l’étudier. Les partis cités plus tôt dans les commentaires y travaillent — pour la plupart — depuis plusieurs années. J’imagine que l’on peut leur faire confiance pour ce qui est de la perception des changements du point de vue macro. Pour ce qui est de ce qui changera pour vous ou moi, en l’absence d’une description détaillée du système à mettre en place, l’incertitude reste grande.

    Je vois néanmoins le revenu garanti comme une réforme positive. Et serais curieux de voir les justifications des uns et des autres si ce sujet devait être mis en avant au cours des débats précédant les prochaines élections présidentielles.

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  • Stanislas Jourdan le 21 mars 2011 - 14:20 Signaler un abus - Permalink

    Voilà une présentation slideshare qui pose quelques bonnes questions/remarques :

    Débat – Le revenu de base

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  • Nicolas le 21 mars 2011 - 17:34 Signaler un abus - Permalink

    Cela ressemble beaucoup à une généralisation du RSA, des aides familials, de la cmu, mais sans effet de seuil. Cela limite donc de beaucoup l’argent à trouver pour financer les ~50MM€.

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  • poutine le 24 mars 2011 - 0:09 Signaler un abus - Permalink

    Je ne suis pas convaincu par ce que dit Dominique de Villepin: l’esprit et le principe du revenu universel, c’est qu’on le propose à tous les citoyens, pas juste aux plus défavorisés, comme il l’a dit sur ce plateau de télévision. Corrigez-moi si j’ai mal compris ses propos.

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  • delesque gerard le 26 mars 2011 - 20:41 Signaler un abus - Permalink

    merci pòur vos articles
    il nous faut de l aide pour faire decoller ce nouveau monde
    qui traine encore ses habitudes …ringardes et mortiferes

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  • romi le 26 mars 2011 - 23:51 Signaler un abus - Permalink

    le revenu de base semble être une très bonne solution pour redistribuer la valeur créée par les machines

    l’idée selon laquelle les machines, l’industrialisation, l’automatisation à tous les niveaux devrait libérer les hommes et profiter à tous peut paraitre bien lointaine de nos jours…

    il est grand temps de la remettre sur la table, sinon nous finirons tous en esclavage!

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  • card le 31 mars 2011 - 3:48 Signaler un abus - Permalink

    je suis pour cette idée qui est la meilleure chose qu’on pourrait faire en ce début de siecle, mais, il faudrait que ce soit inconditionnel, sans contre parti et pour tous, meme les + riches, oui je dis bien pour tous, car les riches nous snobes depuis toujours, alors ne faisons pas comme eux, reconnaissons nous aussi leur droit a la vie, et enfin, il faut que ce soit cumulable avec le salaire pas de plafond a 1500euros. il faut pour cela changer notre fiscalité etc

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  • miaou le 10 avril 2011 - 18:59 Signaler un abus - Permalink

    Mais l’enthousiasme des convaincus de l’allocation universelle se heurte souvent au mêmes doutes : si le travail n’est plus nécessaire pour vivre, qui continuera à occuper les emplois difficiles et mal payés, mais néanmoins nécessaires à la société ? Qui fera le métier de caissière, ira balayer les rues, ramasser les poubelles, et assurer l’entretien dangereux des centrales électriques ?

    TOC TOC l’ami !!!! tu n’as jamais entendu parler de : si je trouve pas de personnel pour ces emploi au smic , et bien je monte le salaire pour motiver les gens? non ?( a moins que ces gros salopards fassent comme dans les années 60 appel a l’immigration massive ) ça permettrait enfin de payer le juste prix des travailleurs pour ces sales boulots !!! cela renflouerait les caisses de la sécu combien coute a la sociéte la souffrance au travail? arret maladie , anxiolytique , anti depresseurs…. cela repeuplerait les campagnes et beaucoup d’associations trouverait des bénévoles qui auraient enfin l’impression que leurs vies ont un sens .

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    • Awal le 5 mai 2014 - 14:23 Signaler un abus - Permalink

      Coucou les filles moi j ai pas fais la mtomrtae mais personne ne me demande de faire des fleurs donc en ce moment je fais rien ma nie9ce va bientf4t avoir sa petite fille peut-eatre que je vais lui faire un petit cadeau florale en attendant de gros bisous les filles et sans oublier Monjira et Se9bastien .

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    • Della le 2 mars 2015 - 7:57 Signaler un abus - Permalink

      Which came first, the problem or the sotiulon? Luckily it doesn’t matter.

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    • Hendri le 12 avril 2015 - 3:55 Signaler un abus - Permalink

      Continuer cette se9rie est ge9nial! Celui qui supprime cette se9rie il va m enerndte !!!I ♥ terra nova !!! ♥♥♥♥Pour Maddy, Josh, Jim, Elizabeth et Zoe9 Shannon, Taylor, Washington!!!

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  • delesque gerard le 11 avril 2011 - 23:57 Signaler un abus - Permalink

    peut etre vaut il mieux avancer ,avec des risques ,que de stagner dans un modele qui a prouve son incapacite a nous rendre heureux et creer une veritable motivation
    les francais sont facilement mefiants et pinailleurs mais
    la ce n est plus possible de continuer a cette allure
    le monde du travail a besoin de nouveau paradigmes d un nouvel elan et dans la vision d une societe moins canibale
    plus sociale et innovante
    un revenu sans chantage est porteur d espoir celui d un monde ou la confiance peut reprendre sa place et l autodetermination une realite

    gerard

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  • Camille le 13 avril 2011 - 8:47 Signaler un abus - Permalink

    Attention,

    dans la proposition de Dominique de Villepin il s’agit d’un revenu “pour les personnes en difficulté”, celles “qui vivent en dessous du seuil de pauvreté”. Ce n’est donc pas, par définition, une allocation UNIVERSELLE.
    Et la question reste: s’agit-il d’une allocation inconditionnelle (en allemand: Bedingungsloses Grundeinkommen) ? Monsieur de Villepin n’évoque pas l’inconditionnalité dans sa proposition. Il utilise l’expression “revenu citoyen” (en allemand: Bürgergeld). Ces deux propositions (revenu citoyen et allocation universelle inconditionnelle) sont clairement différentes et il est politiquement important de le comprendre.

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  • Hervé Torchet le 13 avril 2011 - 9:10 Signaler un abus - Permalink

    40 millions d’adultes à 850 Euros pas mois, cela fait 40 millions x 10000 Euros pas an = 400 milliards d’Euros, soit près de 15 % du PIB. C’est un attrape-nigaud et je ne comprends pas que des gens qui se disent libres comme les fondateurs d’Owni tombent dans un système aussi soviétique. On flaire l’arnaque politique.

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  • Stanislas Jourdan le 13 avril 2011 - 10:48 Signaler un abus - Permalink

    @Hervé : Cet article ne parle pas de la proposition de Villepin, qui, comme de nombreux commentateurs l’ont noté, n’est pas tout à fait conforme à l’idée du revenu universel.

    Néanmoins, avec son revenu citoyen, Villepin pose le cadre d’un débat et déclenche les mêmes thématiques que le revenu universel.

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