Mon député collé sur l’open data

Le 25 février 2012

Nous sommes allés faire un micro-trottoir à l'Assemblée nationale. Pas brillant. Le travail de pédagogie doit se poursuivre. OWNI et Regards citoyens adressent leurs doléances : politiques, donnez vos données ! Notre liste de courses est à compléter par qui le souhaite.

L’Open Data est une course de fond et à OWNI, nous y pensons au quotidien. À ce titre, nous avons décidé d’aller prendre la température des politiques, en effectuant un micro-trottoir à l’Assemblée nationale. Résultat : un zéro pointé, à l’exception de Lionel Tardy. Et pour cause : ce parlementaire UMP est spécialiste des questions numériques, “spécialiste intergroupe”, comme a dit en riant Bruno Le Roux (PS).

Pourtant les enjeux de l’open data dépassent largement le numérique, ce dernier n’est que le support qui le rend possible. Avec des champs d’application qui vont de la politique à l’économie en passant par la vie quotidienne et le journalisme bien sûr. Le travail de pédagogie entamé en particulier par la société civile, avec des associations comme LiberTIC à Nantes, ou Regards citoyens sur les données politiques, les collectifs Open Data Rennes ou Open Data 37 (lire cette lettre ouverte aux élus d’Indre-et-Loire), etc.,  doit donc se poursuivre.

OWNI, en partenariat avec Regards citoyens et la Cantine à Paris, s’active sur ce terrain. Mercredi dernier, des participants de la battle de datajournalisme Hack The Press 2 (HTP2) de janvier dernier se sont réunis à nouveau pour envisager les suites à donner à l’événement et réfléchir à de nouveaux projets. Lors de HTP2, les participants avaient planché sur les données parlementaires de Regards citoyens. Les projets avaient fusé, en vain parfois faute d’accès à certains sets de données. À l’issu de cette journée, nous avions donc lancé un appel sur Candidata.fr, avec une ébauche de liste de “shopping” de données :

À l’approche des échéances électorales de 2012, le data-journalisme pourrait être un outil essentiel pour informer et éclairer les choix des électeurs. Mais cette promesse peine à se concrétiser faute de données accessibles et réutilisables sur les candidats aux législatives et à la présidentielle. [...]

Nous lançons donc un appel à l’ensemble des candidats, des pouvoirs publics et de la société civile, pour qu’ils unissent leurs effort et mettent à disposition, librement et gratuitement, les données essentielles pour alimenter le débat démocratique :

  • résultats détaillés des votes individuels des parlementaires (députés comme sénateurs) faisant mention de l’usage des délégations de vote
  • déclarations d’intérêts, cumul d’indemnités et notes de frais des élus
  • budget des assemblées et utilisation des dépenses par les différents députés (logements ou voitures de fonction, chambres d’hôtel, nombre d’assistants, …)
  • discours politiques
  • cartographie et coordonnées des nouvelles circonscriptions (post redécoupage électoral)
  • géolocalisation des bureaux de vote
  • comptes Twitter ou Facebook de chaque élu
  • toutes les données relatives au travail parlementaire reprises par NosDeputes.fr et NosSenateurs.fr
  • projets et textes de lois avec résultats des votes associés
  • CV des élus présences en hémicycle
  • agendas professionnels
  • financement et frais de campagne

N’hésitez pas à compléter la liste sur ce pad ouvert ! Nous réfléchissons aussi à la façon de sensibiliser les élus : rencontres, ateliers…

Histoire de ne pas lâcher le morceau, une rencontre avec les équipes de campagne des différents partis en charge du numérique aura lieu toujours à la Cantine le 29 février. Au menu, l’Open Data, de l’Open Content et de l’Open Gouv, à l’initiative de Regards citoyens, Wikimedia France, Open Street Map et Silicon Sentier, en partenariat avec OWNI.

Laisser un commentaire

  • Ferentes le 25 février 2012 - 12:23 Signaler un abus - Permalink

    Bonjour!
    Je suis partisan des élections vérifiables et anonymes, et insiste pour que tous nos électeurs puissent en bénéficier.
    Nos machines à voter, inadaptées, sont les mêmes que celles que nos voisins Irlandais, Néerlandais, Allemands, Belges (Wallons) ont osé interdire chez eux.
    Je ne comprends pas pourquoi nous devrions tolérer des élections si évidemment douteuses au yeux de nos voisins et de certains pays à qui nous donnons des leçons de démocratie.
    Pouvez vous me répondre ?

    • Vous aimez
    • Vous n'aimez pas
    • 0
    Lui répondre
  • Bzibzou le 27 février 2012 - 14:45 Signaler un abus - Permalink

    D’accord avec votre proposition.
    Je suis favorable à l’ultra transparence, les politiques doivent sentir le souffle des électeurs leur balayer la nuque à chaque prise de décision, à chaque euro dépensé. Comme ils sont des professionnels de la politique, ils doivent être constamment mis sous pression. S’ils étaient, ce que je souhaite, des citoyens qui au cours de leur carrière faisaient une parenthèse au service de l’intérêt général, alors je n’éprouverais pas autant ce besoin de transparence. Les sites Sénat et Assemblée Nationale regorgent de paperasse inexploitable, mais quand simplement on veut savoir s’ils sont présent ou absent, pour ou contre, c’est impossible. Pour que le système change, il faudrait que les parlementaires se contraignent eux mêmes, c’est impensable. D’où le rôle de la presse. Go OWNI !

    • Vous aimez
    • Vous n'aimez pas
    • 0
    Lui répondre
    • Ferentes le 27 février 2012 - 18:00 Signaler un abus - Permalink

      Puisque nous sommes d’accord pour l’ultra transparence de nos élections,
      je propose que nous maintenions scrupuleusement nos principes rappelés
      justement dans le “Règlement technique des machines à voter”, ou que
      nous rétablissions le mode manuel par votes papier, isoloirs et urnes
      transparentes toujours agréé et plus vérifiable par les électeurs.
      Les présidents de bureaux de votes ou membres de conseils municipaux
      utilisent nos machines électroniques en liaison abusivement avec
      l’extérieur pendant le scrutin.
      Ils se déclarent obligés d’utiliser et de déclarer infaillibles et
      inviolables ces machines agréées par notre ministère de l’intérieur et
      qui coûtent si cher.
      Ils considèrent comme insultant tout électeur demandant des précisions
      sur la possibilité de vérifier le vote au moment de la proclamation du
      résultat officiel du bureau :
      http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_votre_service/elections/comment_voter/machines-voter
      Pages 2 et 3.
      Je souhaite qu’un moratoire frappe ces machines suspectes le temps des
      élections présidentielles, et tout le temps nécessaire, car nul ne
      sait notamment comment appliquer strictement le règlement sans que ces
      machines ne soient reliées au secteur électrique, par radio, ou tout
      autre moyen de transmission.

      • Vous aimez
      • Vous n'aimez pas
      • 0
      Lui répondre
  • kind of accident le 11 juin 2013 - 10:36 Signaler un abus - Permalink

    des responsables qui non seulement connaissent la définition de l’open data – ce n’était pas gagné

    • Vous aimez
    • Vous n'aimez pas
    • 0
    Lui répondre
  • tech schools le 25 juin 2013 - 10:18 Signaler un abus - Permalink

    des responsables qui non seulement connaissent la définition de l’open data – ce n’était pas gagné

    • Vous aimez
    • Vous n'aimez pas
    • 0
    Lui répondre
10 pings

Derniers articles publiés