Industrie musicale : longue vie aux hackers !

Le 30 janvier 2011

À l'heure où l'industrie musicale continue à voir sa croissance baisser, presque inexorablement, elle prend peu à peu conscience de ce qui la relèvera : les hackers et les API's.

Cet article a d’abord été publié sur OWNImusic.
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J’ai assisté au @Midem les douze dernières années, et il y a un aspect qui ne change pas, Cannes dégage de super vibrations pour le divertissement et la musique et passer deux ou trois jours là-bas, c’est toujours cool. Le soleil aide et j’aime courir sur la Croisette tôt le matin.

Les vibrations de cette édition 2011 étaient particulièrement étonnantes. Je vais essayer d’expliquer pourquoi.

J’ai assisté à très peu de panels. Ils avaient tendance à n’être que des redites ennuyeuses de choses que nous savons déjà. À la place, j’ai passé la plupart de mon temps à parler aux gens, nouer des liens, donner des conseils, assister à des événements et faire des rencontres avec mon équipe. Et vous savez quoi ?

La partie la plus intéressante du Midem maintenant, c’est MidemNet. Aucun doute.

Bien sûr, j’étais vraiment content d’avoir été invité à participer à la session intitulée “Comment exporter votre business musical dans le monde entier”. C’était particulièrement bien pour moi car cela m’a donné l’opportunité de partager mon expérience et mes connaissances avec toutes sortes de gens qui étaient demandeurs de conseils pour que leur service s’étende du local à l’international.

Mais le moment le plus cool de tout le Midem, haut la main, ce fut le MusicHackDay [en]. Laissez-moi présenter la scène. Imaginez une salle envahie par la foule, remplie non seulement de hackers, mais aussi de gens de labels de musique (majors et indépendants), des éditeurs, des artistes, des journalistes et des analystes de l’industrie musicale. Il y avait de l’électricité dans l’air et pendant longtemps les initiés de l’industrie ont été soufflés par les mashups que les développeurs étaient capables de concevoir en seulement 24 heures.

Des sociétés telles que Soundcloud, Last.fm, The Echonest, Bmat, Extension.fm, 7 Digital, SongKick, Musescore and musiXmatch ont participé à cette nuit blanche et ont proposé un étonnant showcase d’apps. Ci-dessous deux exemples, vous pouvez tous les voir ici [en].

Démo “I’m A Big Fan mobile app”, pour Windows Phone 7, présentée par musiXmatch. Cette app pour mobile vous donne pleins de renseignements sur un artiste : bio, concerts à venir aux alentours de chez vous et la setlist la plus probable de leur prochaine prestation. Pour chaque titre de la setlist, l’app vous indique la probabilité qu’il soit joué, les paroles et la piste audio. “Tout pour que vous soyez prêt et deveniez un vrai fan en moins de deux !”

Démo “Six Clicks to Imogen”, de Paul Lamere (Music Machinery, [en]). Cette app ludique vous propose de trouver un chemin musical d’un artiste à Imogen Heap [en].

Après tout ce qui fut dit et fait, je n’avais rien entendu ou vu de nouveau ou d’excitant du show principal du Midem, mais il était clair pour moi et les autres que la nouvelle promesse de l’industrie musicale est apportée par la communauté des développeurs.

La prochaine vague de croissance dans l’économie de la musique numérique sera propulsée par les hackers !

Vous ne me croyez pas ? Demandez à Martyn Davies [en], un hacker de chez hacker, pourquoi il a été embauché par Universal Music. Oui. Universal Music.

L’industrie comprend enfin qu’être ouvert signifie être ouvert d’esprit, ouvert à l’expérimentation et ouvert aux hackers et au développeurs pour mixer les services. Ouvert, ce n’est pas qu’un slogan, c’est l’ingrédient essentiel pour avoir du succès dans un paysage qui évolue très vite.

De leur côté, les développeurs et les hackers, qui dans le passé ont peut-être ignoré les questions de copyright, sont en train de comprendre l’intérêt de travailler avec du contenu sous licence pour propulser leurs apps et leurs services.

Les artistes et les auteurs méritent d’être payés pour leur génie.

Les hackers méritent leur part des revenus s’ils peuvent accroitre la distribution et suivre l’usage grâce aux API’s.

C’est donc mon rêve et l’équation gagnante :

Détenteur de droits + hackers + API’s = industrie de la musique en bonne santé

Longue vie à la musique ! Longue vie aux hackers !

Billet initialement publié sur musiXmatch, traduit et enrichi par OWNI (vidéos) ; image Flickr CC nhussein et thomasbonte

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  • Jeff Zima le 1 février 2011 - 15:25 Signaler un abus - Permalink

    Etonnant article. Partons d’un premier constat : la Terre est ronde. Si nous pouvons donner une forme à quelque chose, cette chose n’est pas infinie, elle est forcément limitée. Deuxième constat : sur cette Terre, les richesses en générale (et l’argent en particulier) sont concentrées dans les mains d’une minorité; s’ensuit logiquement le partage inéquitable. Dans un monde limité, leur richesse est notre pauvreté. Troisième constat : les riches de ce monde ne partagent pas de leur plein gré l’argent dont ils disposent– il va falloir aller le chercher nous-mêmes. Quatrième constat : les vastes quantités d’argent qui se trouvent sur les comptes bancaires des vedettes de la musique, les producteurs et tous les autres profiteurs qui tournent autour sont presque exclusivement dues à la vente des disques; les méga-tournées dans les stades rapportent relativement peu, vu le coût exorbitant de leur production. La suite est on ne peut plus logique : afin de réajuster le déséquilibre existant dans le milieu musical, il nous incombe de mettre à terre le système tel qu’il existe. Plusieurs réponses se présentent à nous, notamment le boycott des disques produits par et pour les majeurs, mais aussi le piratage. Le travail d’un musicien, depuis des millénaires, consiste à faire de la musique DEVANT UN PUBLIC, et pas des cds ou du fric; croyez-moi, je parle en connaissance de cause. Celles et ceux qui aiment faire de la musique le feront– le font– pour des cacahuètes ou presque, du moment qu’ils peuvent rencontrer un public qui sait écouter ce qu’ils ont à dire. Et permettez-moi, s’il vous plaît, de souligner cette dernière conséquence de la vente massive de cds et de la mondialisation de la culture de masse, à savoir, l’abrutissement inéluctable du public. M’enfin, ça, c’est une autre histoire. Autrement, bravo pour la très bonne qualité du site, et merci de me laisser m’exprimer sur ce sujet, JZima

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