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Je me souviens d’un temps, que les moins de vingts ans… Une Ă©poque oĂą internet apparu pour la première fois au cĹ“ur de toutes les conversations, oĂą les bourses flambaient, et oĂą les rigolos dans mon genre, qui Ă©taient dĂ©jĂ
cofondateur de Owni.fr, éditeur de ReadWriteWeb France, entrepreneur et consultant en stratégie, activiste apolitique car définitivement du coté des geeks.
Je me souviens d’un temps, que les moins de vingts ans… Une Ă©poque oĂą internet apparu pour la première fois au cĹ“ur de toutes les conversations, oĂą les bourses flambaient, et oĂą les rigolos dans mon genre, qui Ă©taient dĂ©jĂ sur internet depuis des lustres (entendez : moins de dix ans), Ă©taient, pour beaucoup, devenus des geeks millionnaires, courtisĂ©s par la haute finance et prenant le Coste pour cantine.
L’incompréhension profonde par le milieu de la finance de ce qu’était l’internet de l’époque a provoqué une multitude d’anecdotes dont je régale (ou gonfle, c’est selon) mes amis, à travers des récits d’ancien combattant. Accessoirement, et même si le raccourci est (trop) facile, cette incompréhension a provoqué une bulle financière mémorable, qui a tout emporté. Adieu veau, vache, cochon, Mercedes et Rolex, et surtout, bye bye économie numérique à la Française.
S’en est suivi un hiver nuclĂ©aire de quelques annĂ©es, après lequel l’internet est reparti, timidement. La mode Ă©tait passĂ©, – dĂ©finitivement, selon certain – internet Ă©tait presque devenu un havre de paix, une affaire de spĂ©cialistes. Innovations frĂ©nĂ©tiques dans les usages (le fameux web 2.0), financiers de nouveau priapiques (mais dans des proportions bien plus raisonnables), le petit monde de l’internet renaissait de ses cendres, au point de regarder, goguenard, celui de la finance s’immoler par l’argent grâce aux belles modĂ©lisations des quants, qui avaient, entre temps, trouvĂ© le moyen de plomber le système financier tout entier avec autre chose qu’internet.
Mais depuis un peu moins d’un an, le petit monde tranquille de l’internet Franco-Français voit débarquer de nouveaux extraterrestres : les politiques.
Le politique pensait, au début, arriver sur internet à la façon d’un conquistador espagnol lors de ses premiers pas au Pérou. Obama l’a fait, yes we can ! La recette du succès, les mines de Potosi, étaient là , quelque part. Un petit club de spécialistes, fraîchement débarqué sur le territoire d’internet en explorateurs quelques années auparavant, se chargeant de leur faire faire le tour du propriétaire.
Patatras, Hadopi fut pour le politique un brutal rappel Ă l’ordre. L’internet n’est pas une technologie, pas plus qu’un mĂ©dia, encore moins un “formidable moyen d’accès Ă la connaissance“, c’est un corps social mondialisĂ©, techno-mĂ©diologico-machintruc, c’est affreusement compliquĂ©, et manque de bol, ça rĂ©agit quand on l’agresse.
Imaginez une armĂ©e de conquistadors tombant sur une brigade du GIGN surĂ©quipĂ©e, lĂ oĂą ils pensaient trouver des tribus d’indiens barbares, et vous avez un aperçu de la bataille d’Hadopi, du moins, avant que le PS ne s’empare du sujet, que les mĂ©dia ne cessent leur censure, et que certains, par conviction, par rĂ©flexe, ou par opportunisme, ne se rangent aux cotĂ©s des idĂ©es de ceux qui ressemblaient Ă l’avenir (sans les comprendre, la plupart du temps).
Il n’en reste pas moins qu’à droite comme Ă gauche, en haut comme en bas, la plupart n’y comprennent rien. En moins d’un an, j’ai pu croiser Ă peu près tout ce que la sphère politique abrite comme animal dans son Ă©cosystème : militants, maires, dĂ©putĂ©s, ministres… Un sur cinq tout au plus comprend qu’il ne comprend pas – première Ă©tape indispensable pour aller plus loin. Les autres se contentent d’effleurer le sujet, de mettre des ronds dans des carrĂ©s : après tout, cela a fonctionnĂ© pour tant de choses.
VoilĂ comment je me suis retrouvĂ© Ă tenir rĂ©gulièrement le rĂ´le de Candide – d’autres diraient de poil Ă gratter – du geek face au politique. Quarante ans bientĂ´t, dix sept a faire du multimĂ©dia sous toutes ses formes, serial entrepreneur (pas très valorisant en France, mais les politiques semblent apprĂ©cier cela), et surtout “évangĂ©liste” (ou bonimenteur, question de point de vue) d’idĂ©es neuves, telles l’open source, les creative commons, les nouveaux modèles collaboratifs, le partage (numĂ©rique), l’économie hybride, la Culture Libre, la rĂ©forme du droit d’auteur, et j’en passe.
En prenant ces choses Ă la lĂ©gère, on pourrait y voir une idĂ©ologie de gauche. Il n’en est rien, et ma sensibilitĂ© personnelle n’a rien fait pour clarifier ce point. Tout cela n’est ni de gauche ni de droite, vouloir faire entrer ces valeurs dans les cases du passĂ© est le premier signe d’un syndrome très rĂ©pandu, celui de la poule et du couteau (sauf dans le cas des joutes entre Kevin Kelly de Wired et Lawrence Lessig de Creative Commons, sur ce mĂŞme sujet, oĂą l’on est dans un jeu bien plus sophistiquĂ© de prise d’assaut du politique par les geeks, mais les amĂ©ricains ont toujours un train d’avance, que voulez-vous).
La confrontation de ce corpus idĂ©ologique que je dĂ©fends, Ă celui que portent les politiques que je croise est – de façon quasi systĂ©matique – l’objet de chocs culturels qui ravissent certains dans mon entourage, qu’ils soient politoloques, journalistes, communiquants, patron de presse ou autre. Pour les politiques qui m’invitent Ă leur table, c’est l’occasion, pour les plus malins (si, si, la plupart le sont), de rĂ©aliser que tout cela ne relève pas du superficiel et qu’il leur manque des clĂ©s de lecture, qu’un simple dĂ®ner, mĂŞme dans un bon restaurant, ne suffira jamais Ă combler.
Le jeu s’est affinĂ©, avec le temps, au bout d’un moment, je me suis mis – par rĂ©action, si ce n’est par provocation – Ă faire entrer Ă mon tour des carrĂ©s dans des ronds. Une dĂ©monstration du fossĂ© par l’absurde, en quelque sorte ; il y a peu, en montrant Ă HervĂ© Morin Ă quel point ses ‘droits fondamentaux numĂ©riques‘ Ă©taient un enfer pavĂ© de bonnes intentions pour quiconque possĂ©dait les bonnes clĂ©s de lecture, plus rĂ©cemment, face Ă un Julien Dray virulent sur sa volontĂ© d’exclure ceux qui avait trahi son camp, Ă qui j’opposais les modèles d’organisation souples et dynamiques, orientĂ©s projet. Un grand classique dans l’open source, les standards ouverts et dans les startups de toutes tailles, qui jugeraient ce type de comportement absurde et radicalement contre productif.
L’ouverture de Sarkozy comme innovation organisationnelle face Ă au système d’appareil pyramidal et dĂ©finitivement calcifiĂ© du PS, incapable de produire quoi que ce soit, et l’Ă©pistĂ©mologie du web 2.0 pour dĂ©montrer Ă quel point la bataille Ă©tait perdue d’avance.
Je vous laisse imaginer le regard inquiet que portait sur moi la foule de bloggeurs (de gauche) qui participait Ă la rencontre, me pensant (Ă juste titre) de gauche, tout comme eux, me voyant dĂ©montrer en quoi l’organisation de l’UMP (et accessoirement d’Europe Ecologie) dĂ©cimerait Ă coup sĂ»r un PS qui n’a rien Ă envier Ă la General Motors, et en quoi la modernitĂ© et le progrès se trouvaient dans le camp d’en face.
Cette inquiétude, peut être partagée par Julien Dray (allez savoir, au delà d’un certain niveau, les politiques sont aussi difficiles à lire que les joueurs de poker professionnels), me laisse penser que derrière les discours consistant à prôner la disparition du PS, se cache une envie de réforme et de prise de pouvoir plus qu’autre chose.
Tout cela ne m’empĂŞchera pas de continuer Ă scruter ce que l’internet offre Ă la dĂ©mocratie (ou aux dictatures) en terme de nouveaux horizons, mais j’ai de plus en plus la conviction que ce n’est pas demain la veille que nos politiques en feront autre chose qu’un gadget.
Plus j’avance dans ce monde curieux, plus je me dis qu’il est temps d’aller cultiver mon jardin.
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Je prĂ©fère que tu continues Ă Ă©crire ce genre d’articles plutĂ´t que tu te mettes au jardinage ou j’ai des sĂ©rieux doutes sur tes compĂ©tences… I need more!!
J’espère que sur votre conclusion vous avez tort, et que rapidement les politiques comprennent qu’ils faillent Ă©voluer droite gauche Ă©colo centre et autres.
Sous peine de devenir inutile et totalement obsolète…
Internet dans le futur (et dĂ©jĂ pour certains) un outil central & indispensable, c’est et se sera le carrefour de la majoritĂ© des Ă©changes et des interactions de la vie des citoyens !!! si les politiques sont incapables de le comprendre alors ils sont obsolètes … C’est Ă dire qu’il faut qu’ils changent leur grille de lecture sur le net comme vous le recommander.
Il faut aussi qu’ils comprennent Ă minima la technique !!!! Qu’ils arrĂŞtent absolument de vouloir faire des lois penser pour la vie “in real life” car c’est inapplicable, inopĂ©rante dans le monde dĂ©matĂ©rialisĂ©.
Que les politique aussi oublie leur façon dĂ©magogique de lĂ©gifĂ©rer sur tout et rien surtout n’importe comment …
Le net Ă©tant multiforme, changeant, adaptable, universel, la loi telle que la font les politiques en ce moment ne sert strictement Ă rien sauf Ă gaspiller l’argent public !!!!! et Ă perdre du temps …
Ma vision utopique du net pour le Futur : un internet NEUTRE et LIBRE pour des internautes responsables ( pas de filtrage, pas de censure imposĂ© par quiconque, l’internaute est responsable des actes et des risques. Il a Ă disposition des outils pour “s’auto-censurer”, il sait les risques qu’il encourt, s’il contrevient Ă la lĂ©gislation de son pays …). Des internautes connectĂ©s, partout, tout le temps (si il le veut bien sĂ»r), avec tout (personnes et objets) rapidement, et ainsi ĂŞtre partout en mĂŞme temps et en mĂŞme temps nulle part pour aller encore plus loin ….”
Un très bon article il faut en convenir. J’avais l’intention d’Ă©crire Ă©galement sur ce qu’Hadopi nous apprend de la fracture qu’il peut exister entre les valeurs que vĂ©hiculent le surf en ligne, et qui s’inventent chaque jour, lors de l’usage d’internet.
En effet, si internet compte quelques militants, force est de constater leur “incompĂ©tence politique” bien souvent manifestent; peu de geek – mais tu es une exception, d’oĂą tes invitations je prĂ©sume,Ă de bien belle table – maitrisant, et dĂ©veloppant un discours politique aboutit sur leurs pratiques. A l’inverse, le monde politique/mĂ©diatique/partisan s’avère toujours au mieux dĂ©sespĂ©rĂ©ment dĂ©munie fasse au phĂ©nomène, au pire complètement rĂ©trograde.
Entre Hadopi, qui réduit internet à un média de contenu, et les geeks, pourtant très au fait, mais qui ne formalisent pas leurs discours, mobilisant liberté, démocratie, ou même république, il y a un monde que tu combles avantageusement.
Maintenant, je ne partage absolument pas ton postulat concernant l’obsolescence des formations partisanes, et plus loin des clivages, droite/gauche au premier chef. Que les partis se montrent incapable, jusqu’Ă maintenant, de penser de manière pertinente internet et son devenir, ne veux pas dire absence de clivages. (les partis pirates commençant Ă ce sujet Ă enregistrer de belles victoire en Allemagne et en Suède, en France les deux formations concurrente ayant fusionnĂ© et tenant meeting cette après midi. Pour ceux que ça intĂ©ressent: http://partipiratefrancais.unblog.fr/).
Les valeurs se recomposent, et internet n’est ici que la face Ă©mergĂ© de l’iceberg. Internet n’est pas nĂ© de rien. Si ces usages contestent et contribuent Ă redĂ©finir la sociĂ©tĂ© ( entre sphère privĂ©/public = facebook, pour faire court), ces mutations s’inscrivent dans un passĂ© bien plus long, entamĂ© je pense depuis 68.
Les formes d’organisations souples, disons managĂ©riales, open space, autour du projet,que tu sembles particulièrement aprĂ©cier, rompant avec une organisation hiĂ©rarchique, s’imposent dans les annĂ©es 80’s, et internet est aussi le produit de cette Ă©poque. Si de rĂ©volution on peut parler, internet n’est de mon point de vue, qu’une nouvelle manifestation des mouvements de fond qui traversent nos sociĂ©tĂ©s. Il n’en est en aucun cas l’initiateur ni l’unique manifestation (action publique contractuelle, remise en cause des politiques redistributives d’Etat), mais fort est par contre Ă parier qu’il en sera un moyen des plus opĂ©rant et manifeste.
PS: tu remarqueras que d’une idĂ©e de “gauche”, mai 68, et sa remise alors en cause frontal de l’autoritĂ©, abouti Ă nourrir 10 ans plus tard la critique de “droite” nĂ©olibĂ©rale (Luc Boltanski dans “nouvelle age du capitalisme” est stimulant sur ce point).
Les idĂ©ologies en sont bouleversĂ©es, c’est indĂ©niable, pour autant je m’offusque qu’on puissent en dĂ©crĂ©ter la disparition.
Franck.
Juste un dĂ©tail, les deux formations du Parti Pirate qui ont fusionnĂ© n’ont rien a voir avec la troisième que tu cite qui n’est qu’un truc opportuniste fait par des gens qui sont dans le cas prĂ©cis que je dĂ©nonce, ils ne comprennent rien a internet, c’est du pur opportunisme politique.
Par ailleurs, tu ne comprends rien aux formes d’organisation que je dĂ©fends, tu mets des ronds dans des carrĂ©s, dĂ©solĂ©.
Jettes un oeil a cela avant d’aborder cela avec des prĂ©jugĂ©s
http://fr.readwriteweb.com/2009/04/30/a-la-une/comment-le-monde-du-libre-gagne-bataille-oauth/
Cela n’a aucun rapport avec les open spaces, le management, le management des annĂ©es 80, vraiment aucun rapport.
Si tu penses vraiment que l’internet n’est que “une nouvelle manifestation des mouvements de fond qui traversent nos sociĂ©tĂ©s”, c’est que quelque chose t’as Ă©chappĂ©, dĂ©solĂ©.
Par ailleurs, je ne vois pas oĂą j’ai pu dĂ©crĂ©ter la disparition des idĂ©ologies… juste des modèles organisationnels qui les dĂ©fendent.
“Par ailleurs, tu ne comprends rien aux formes d’organisation que je dĂ©fends, tu mets des ronds dans des carrĂ©s, dĂ©solĂ©”.
Cette remarque,en sus d’ĂŞtre assez condescendante, donc de nature peu “participative”, je ne vois pas ce qui te fais dire cela; je suis loin d’ĂŞtre entrĂ© dans le dĂ©tail des ronds et des carrĂ©s, rond&carrĂ© que tu n’Ă©voques pas non plus avec richesses d’explication.
Ceci dit ton lien est intĂ©ressant. Mais plutĂ´t que de parler de prĂ©jugĂ©, j’aimerai que tu situe davantage ce que j’ai Ă©crit. je n’est pas dit qu’internet n’implique rien de nouveau, seulement qu’il est le fruit d’un mouvement plus profond. C’est en effet toujours rĂ©ducteur d’oublier les filiations historiques; on peut se rĂ©jouir, Ă raison je pense, du dĂ©veloppement de forme d’organisation souple, coopĂ©rative et ouverte, mais cela ne signifie pas qu’un nouveau stylo est fait son apparition, dessinant Ă loisir de nouveaux carrĂ©, ou rond c’est selon.
Je le rĂ©pète, internet est un MOYEN nouveau qui contribue Ă travailler un mouvement entamĂ© il y a belle lurette (processus d’individuation, non sans lien avec les valeurs libertaires, s’opposant Ă tous monstre froid trop peu dynamique ou directif, Microsoft ou l’État, prioritairement et en fonction des circonstances).
ArrĂŞte donc toi un instant sur les aspirations qu’internet mobilise, si elles s’expriment aujourd’hui de manière aussi virulente c’est que les promesses dans la capacitĂ© de cette technologie Ă les accomplir sont forte, mais elles ne sont pas fondamentalement nouvelles, je regrette. Projet (de toute nature), dĂ©centralisation (architecture dĂ©centralisĂ©e) ne sont pas des termes nĂ©s au milieu des annĂ©es 90, mais dix ans plus tĂ´t.
Au dĂ©faut de cultiver ton jardin, c’est dans un rĂ´le d’expert prophète, mais ex nihilo dans lequel tu risques de t’installer.
DĂ©solĂ© pour le ton un peu hardcore, mais je le rĂ©pète, vous faites entrer des ronds dans des carrĂ©s. Les mouvements de fond qui dĂ©bordent aujourd’hui d’internet sont nĂ©s dans les annĂ©es 70 dans le milieu de l’open source et nulle part ailleurs, si vous regardez l’article liĂ© de mon prĂ©cĂ©dent commentaire, je vous met au dĂ©fi de me trouver une quelconque trace d’un tel mode organisationnel ailleurs.
RĂ©duire ce mouvement Ă de la dĂ©centralisation, c’est – dĂ©solĂ© encore – voir cela par le petit bout de la lorgnette. Vous passez Ă cotĂ©s de concepts clĂ© comme le fait qu’il n’y ai pas de hiĂ©rarchie, pas de responsabilitĂ© attribuĂ©e, pas de timeline, etc.
Je ne vois aucune autre filiation historique, désolé.
Internet n’est pas un moyen, en tout cas, pas pour pas mal de gens. Ceci dit, j’ai commis une erreur en postant ce billet ailleurs que dans RWW, trop complexe, trop geek, pas le bon endroit pour le faire. Mea culpa.
Salut Fabrice
IntĂ©ressant tĂ©moignage, manifestement sincère. j’y ai tout de mĂŞme dĂ©nichĂ© un petit filon pour aller te porter un peu de contradiction (je sais que tu adores ça). ;-)
Tu sembles partager avec ces politiques, comme avec beaucoup de gens, une vision de la droite et de la gauche assez peu “souple” et “open source”, comme tu dis. ;-)
Ce concept est pourtant d’une remarquable plasticitĂ© depuis l’origine, ce qui fait son intĂ©rĂŞt et ce qui explique pourquoi il survit depuis deux siècles en France et s’est propagĂ© (de manière virale ?) Ă toute la planète ou Ă peu près…
Ce concept droite/gauche (comme son nom l’indique, d’ailleurs) n’est pas avant tout idĂ©ologique, mais spatial, et en dĂ©finitive… pragmatique : dans une assemblĂ©e, il y a ceux qui siègent… Ă gauche, et ceux qui siègent… Ă droite.
Ça a un sens idĂ©ologique ? A un moment donnĂ©, oui. Sur le long terme ? Ça devient du coup beaucoup plus compliquĂ©… Les nationalistes et les militaristes n’ont-ils pas siĂ©gĂ© Ă gauche au 19e siècle et Ă droite au 20e siècle ?
Droite/gauche, c’est un clivage beaucoup moins structurĂ© idĂ©ologiquement que les propagandes des politiques ne le disent lorsqu’ils sont en campagne Ă©lectorale (car, quoi, il faut bien avoir un message simplifiĂ© et percutant !).
Aujourd’hui, les lignes sont en train de bouger en profondeur et chacun est amenĂ© plus ou moins Ă se repositionner. Il y a du reclassement dans l’air pour tout le monde. Je n’ai aucun doute sur le fait que cette recomposition aboutira Ă un reclassement droite/gauche, mais je suis plus circonspect pour imaginer comment les concepts idĂ©ologiques, eux, seront redistribuĂ©s autour de ce clivage, qui, lui, reste immuable…
D’oĂą le trouble de bien des citoyens, qui n’y comprennent pas grand chose aujourd’hui… et la grande prudence de bien des politiciens, qui n’ont pas encore pressenti dans quel sens le vent Ă©tait en train de tourner. ;-)
Comment faire, alors ?
La question n’est pas tant de savoir actuellement si on est de gauche ou de droite, ni mĂŞme de savoir si telle valeur, telle projet ou telle proposition sont de droite ou bien de gauche. La question est pour chacun de savoir Ă quelles valeurs on adhère, quelles projets ou propositions on soutient. Et de chercher dans le paysage qui partage ces positions…
A partir de lĂ , la rĂ©agrĂ©gation se fera “naturellement”, et la restructuration droite/gauche rĂ©apparaitra “spontanĂ©ment”…
Pour ma part, aujourd’hui, par exemple, je trouve des gens qui partagent certaines des positions qui me semblent importantes aussi bien Ă gauche qu’Ă droite (Hadopi est un très bon exemple). Et je trouve Ă gauche des gens qui ne partagent pas du tout mes positions, et qui, Ă mon avis, trouvent plutĂ´t leur alliĂ©s Ă droite que dans mes parages…
C’est très vrai, et Hadopi a effectivement fait ressortir des clivages qui transcendent complètement le schĂ©ma habituel droite/gauche… De lĂ a espĂ©rer une recomposition, mon Dieu… aurais-je trouvĂ© plus Candide que moi ? Allez, let’s hope… En tout cas, ça ne viendra pas de Julien Dray, ça c’est certain, c’est un homme d’appareil, un pro, totalement ancrĂ© la dedans.
Europe Ecologie ? J’attends de voir la transformation aux rĂ©gionales…
Au final, tout cela donne envie de faire pĂ©ter ce système, d’autant que lorsque l’on s’approche de ceux qui semblent dire la mĂŞme chose, on tombe systĂ©matiquement sur ceux qui ne souhaitent en rĂ©alitĂ© qu’en prendre le contrĂ´le.
DĂ©cidĂ©ment, c’est Quiterie Delmas qui a tout bon… Mais il va falloir ĂŞtre patient…
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Sur #owni : Candide chez les politiques http://bit.ly/kZKh5
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Quand @epelboin s’en va cultiver son jardin… http://bit.ly/f9jvA http://ff.im/5G23G
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@epelboin Bon ok tu la joues un peu #moijemoije mais c’est malheureusement vrai http://bit.ly/kZKh5, ils ne comprennent rien
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http://bit.ly/mGA7f [/bis] Plus j’avance dans ce monde curieux, plus je me dis qu’il est temps d’aller cultiver mon jardin by @epelboin
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