“Enfermer des gens en prison et les priver de sexe est un acte criminel”

Le 29 mars 2011

Entretien avec Jacques Lesage de La Haye, ancien prisonnier doctorant en psychologie. Il dénonce la négation en France d'un droit fondamental : celui d'avoir une vie sexuelle et affective en prison. Un constat dramatique, qui résulte de choix politiques populistes.

Jacques Lesage de La Haye, 72 ans, ex-taulard et doctorant en psychologie, dénonce depuis plus de quarante ans le caractère destructeur de l’univers carcéral. À commencer par la privation de relations affectives et sexuelles en détention qu’il considère comme “une castration pure et simple de l’être humain”.

Assimilée aux châtiments corporels, dénoncée par la Commission européenne des droits de l’Homme, le comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains et dégradants, la privation de sexe engendre chez les détenus des dégâts considérables, identifiés et connus depuis bien longtemps par les autorités publiques.

Et pourtant, la France, dans ce domaine, fait toujours figure de lanterne rouge. Une actualité toute relative (une entreprise qui voulait offrir mille sextoys à des taulardes pour leur Saint-Valentin) nous a donné envie de remettre le sujet sur la table.

Et pour en parler, on s’est évidemment adressé au grand spécialiste de la question. Rencontre avec l’auteur de La Guillotine du sexe et de L’Homme de métal, et l’animateur de l’émission Ras-les-murs, diffusée chaque mercredi à 20h30 sur Radio-Libertaire.

Zélium : Pour la Saint-Valentin, une entreprise a voulu offrir 1.000 sextoys à des détenues, mais l’administration pénitentiaire a rétorqué “que le recours à cet accessoire relève de la sphère privée” et que “l’administration n’a pas à le proposer elle-même hors cadre de demandes expresses”.
Cette réponse, ça vous inspire quoi ?

Jacques Lesage de La Haye : En l’occurrence, il s’agit d’un coup médiatique d’une entreprise qui a voulu tirer profit de la misère sexuelle en prison pour essayer de récolter un nouveau marché. Déjà ça, c’est crapuleux.

Mais ce qui me scandalise le plus, c’est que l’administration pénitentiaire ose donner une réponse aussi lénifiante, hypocrite et ambiguë, laissant entendre que ce type de commerce était possible dans l’enceinte de la prison.

L’administration n’a donc pas évolué sur la question du sexe en prison ?

J. L. de La H. : Les seuls progrès enregistrés à ce jour sont extrêmement partiels et insuffisants. On est pourtant quelques-uns à harceler l’administration sur cette question depuis quatre décennies, mais la France en est toujours à un point qui est désespérément grotesque et ridicule.

La problématique de la sexualité en prison a été mise sur le tapis en 1971. À cette époque, il y avait déjà 25 où 30 pays qui s’étaient emparés du sujet à bras le corps.

Avec Michel Foucault et d’autres, intellectuels et taulards, on a créé le Groupe Information Prison, qui a posé le problème. Surtout moi, puisque c’était mon sujet de thèse de doctorat de psychologie et que je voulais qu’on en parle pour que ça change.

Je n’étais pas le seul à avoir constaté les dégâts causés par la frustration affective et sexuelle. Déjà, à ce moment-là, il était urgent de trouver des solutions qui permettraient une prévention et une neutralisation de la souffrance pour que les dégâts ne soient pas aussi considérables qu’ils ne l’étaient.

C’était pas trop compliqué de mettre le dossier sur la table ?

J. L. de La H. : La sexualité en prison, ça a toujours été un sujet tabou qui met tout le monde mal à l’aise. J’ai même des copains qui par souci de dignité me disent “moi j’ai fait 18 ans, j’ai pas eu de problèmes”. Je trouve ça idiot, ce n’est parce qu’on est un homme, qu’on a pas de problèmes.

Et celui qui le tait est un imposteur. Ça peut paraître dévalorisant de dire qu’on a souffert, qu’on a été cassé, qu’on a eu du mal à s’en sortir mais ce n’est qu’en disant la vérité qu’on pose le problème et qu’on peut trouver des remèdes.

Qu’est-ce que vous avez entrepris ?

J. L. de La H. : J’ai continué à m’occuper et à débattre de cette question-là, j’ai publié la première édition de La Guillotine du sexe en 1978 qui reprenait l’essentiel de ma thèse. Il y a eu ensuite la commission architecture prison, où Badinter m’avait chargé en 1984-85 d’interviewer des prisonniers pour savoir s’ils souhaitaient l’équivalent des parloirs intimes. Autant dire qu’on enfonçait une porte ouverte, mais c’était une étape de plus qui amenait cette fois-ci le problème au niveau gouvernemental.

Je me souviens notamment du directeur du centre pénitentiaire de Mauzac en Dordogne qui avait appliqué nos recommandations. Il avait demandé de son propre chef aux gardiens de regarder par terre ou en l’air mais surtout pas à l’intérieur lorsqu’ils surveillaient les parloirs. Derrière cette consigne, il y avait le respect de l’intimité des gens. Sachant qu’il n’y avait pas de regards inquisiteurs, les gens ont pu faire l’amour. Je le sais parce que de septembre 86 à juin 89, il y eu la naissance de huit “bébés parloirs”.

Ça s’est ensuite arrêté avec l’arrivée d’une nouvelle directrice ultra-conservatrice qui s’est empressée de suivre les directives de la droite. De nouveau et comme partout ailleurs, s’ils étaient surpris, les prisonniers risquaient d’être privés de parloir ou d’être mis au quartier disciplinaire.

Pourtant, depuis, il y a bien eu la mise en place des parloirs intimes, les unités de vie familiale ?

J. L. de La H. : La première unité de vie familiale a été mise en route pour la première fois en 2003. Pour l’occasion, j’ai été invité sur un plateau télé où on m’a demandé si j’étais content.

À ce moment là il y avait 187 prisons et une seule équipée. On lance le combat en 1971. C’est déjà urgent et ça devrait être fait depuis longtemps. On commence seulement à les mettre en place en 2003 et on ose me demander si je suis content ? Non, je ne suis pas content, je suis indigné, je suis révolté, je suis scandalisé. Et aujourd’hui, on est en 2011, et les choses ont très peu avancé.

C’est une très belle vitrine, mais ce n’est pas la panacée dont on parle. Soyons clairs, les unités de vie familiale ne concernent que très peu d’établissements et elles ne bénéficient qu’à un pourcentage infime de détenus. La majorité n’en profite pas et la France continue de faire figure de lanterne rouge.

Vous comparez la privation affective et sexuelle à la castration pure et simple de l’être humain ?

J. L. de La H. : Enfermer des hommes et des femmes dans les prisons et les priver officiellement et matériellement de relations affectives et sexuelles est un acte criminel. C’est quelque chose qui les castre, qui les détruit et qui en fait, pour une partie d’entre eux, des obsédés sexuels et affectifs.

Quand j’ai réalisé mon enquête à Caen, la privation engendrait des conséquences incroyables. Un détenu sur trois avait eu une ou plusieurs relations homosexuelles. Évidemment, l’homosexualité me semble être une des choses les plus naturelles, par contre je reste très réservé sur une homosexualité de “circonstance” et donc forcée.

Quand on ne peut pas aller vers le sexe qui nous est habituellement complémentaire, il est bien légitime de retrouver ses partenaires sexuels chez des personnes du même sexe. Il y en a qui y trouvent leur bonheur, mais pour beaucoup, ça se fait dans un climat de honte, de colère, avec une culpabilité prégnante et massive et, à l’intérieur de soi, une haine, une rage et un réel désir de vengeance qui ne présagent pas de lendemains qui chantent à la libération.

Quelles sont les autres conséquences ?

J. L. de La H. : J’ai relevé qu’il y avait aussi 97 % des détenus qui recourraient de manière systématique à l’onanisme. J’ai des témoignages de détenus qui se masturbent huit, dix fois en une journée, pendant des mois et des années. Il faut voir à la longue dans quel état ils se retrouvent.

D’autres avaient développé à l’intérieur de la prison un comportement déviant que l’on va retrouver ensuite à l’extérieur. Il y en avait qui faisaient de l’exhibitionnisme à travers les barreaux en se persuadant qu’on les observait, d’autres qui espionnaient des femmes avec des lunettes optiques.

Je me suis aperçu qu’il existait des tas de moyens de compensation et de substitution pour faire face à cette frustration. Il y avait notamment un jardinier qui était devenu le proxénète d’une truie et qui la louait aux détenus. Il y avait aussi l’histoire d’un jeune qui avait attrapé une chatte et qui avait agrandi son vagin avec un canif pour pouvoir la violer, sans parler de celui qui avait éduqué un serpent pour qu’il lui fasse des fellations…

Quand la relation qu’il peut y avoir entre deux êtres humains prend la forme d’une simple éjaculation dans la gueule d’un serpent, c’est bien que la personne en est réduite psychologiquement, affectivement et émotionnellement à quelque chose de l’ordre d’une désorganisation totale de son psychisme.

En gros, au lieu de réinsérer les détenus dans la société, on crée des monstres ?

J. L. de La H. : C’est sûr que si on veut décapiter symboliquement les être humains, les décérébrer et les détruire émotionnellement et affectivement, il suffit de les enfermer et de les priver de sexualité pendant des années. C’est comme ça qu’on produit des robots et des espèces de monstres détraqués.

Quand ils sortent, les détenus ne sont plus dans le désir, mais dans le besoin. Le désir, c’est la rencontre de l’autre, le besoin, c’est un manque viscéral qui détruit le corps humain, qui écartèle le psychisme et qui rend la relation pathologique.

Si on regarde les sujets “normaux”, c’est-à-dire ceux qui ne sont pas des criminels sexuels, donc la grande majorité des détenus, cette espèce de destruction psychologique va créer un état permanent de surexcitation et de frustration, que moi j’ai appelé le “syndrome de sursollicitation”.

En fait, ils sont tellement sous-sollicités sur le plan affectif, émotionnel et donc sexuel, qu’une fois sortis du contexte de l’isolement carcéral et remis en circulation dans la société, ils ont l’impression d’être sursollicités : une fille qui passe dans la rue, une publicité avec un corps dénudé, un film avec une scène érotique, ça les perturbe énormément, parce que ça les renvoie à leur frustration.

Et pour les criminels sexuels alors ?

J. L. de La H. : Si le sujet est de surcroît perturbé au départ, parce que c’est un psychopathe, un paranoïaque ou un pervers, non seulement il ne sera pas guéri en sortant, parce que quoi qu’on raconte dans les médias, il ne sera pas suivi, mais en plus, cela va aggraver ces désirs de vengeance et de haine.

Il faut d’ailleurs s’étonner qu’il y en ait si peu qui récidivent. Bien souvent, ils sont dans l’incapacité de recommencer, non pas parce qu’ils sont guéris, mais parce qu’ils sont bien trop traumatisés, dans un état grave d’angoisse, de désespoir, voire d’implosion psychologique.

Il y en a néanmoins qui récidivent et on ne cite que ceux-là, pour nous faire croire que les prisons en sont peuplées. Mais si on regarde la moyenne des peines, en France, c’est huit mois et quelques jours, ce qui prouve bien que ce ne sont pas eux qui sont les plus nombreux en prison.

Tout ce que vous racontez, les politiques le savent très bien. Pourquoi les choses n’avancent pas ?

J. L. de La H. : Pour considérer les choses au point de vue politique, il faut s’intéresser au sens politicien et non pas au sens de gestion de la cité, qui serait une prise de conscience qui nous amène à réfléchir collectivement sur la façon dont on va s’organiser socialement.

La politique, c’est un désir de pouvoir, d’argent, de notoriété et de reconnaissance. C’est quelque chose qui monte à la tête, qui donne du prestige et un quotidien sans le moindre souci matériel. Pour se faire élire et garder le pouvoir, les politiciens savent qu’ils ont intérêt à caresser dans le sens du poil une humanité peureuse, conservatrice et moralisante. En gros, leur discours c’est : “Vous avez peur ? J’en ai conscience, mais ne vous inquiétez pas, je vais vous protéger. Avec moi, vous serez en sécurité et d’ailleurs ce qui crée l’insécurité, ce sont les jeunes, les étrangers, les drogués, les homosexuels”, et tout un tas de gens qui sont des boucs émissaires désignés.

Donc diviser pour mieux régner, mettre de la discorde et ensuite apparaître comme le sauveur. Ces stratégies font que sont élus successivement des droites très réactionnaires et des gauches conservatrices obligées de s’aligner sur le moule sécuritaire pour s’attirer les faveurs des électeurs.

C’est pas ça qui va aider à faire baisser le taux de récidive…

J. L. de La H. : Si au lieu d’augmenter les effectifs de surveillants dans les prisons pour faire plaisir à l’opinion publique, on se disait, il faut multiplier les alternatives à la prison, prévoir davantage d’éducateurs, de psychologues et de travailleurs sociaux pour les aider à surmonter leurs problèmes psychologiques, à acquérir de la culture, à préparer des professions, c’est sûr qu’il y aurait beaucoup moins de récidive.

On a des exemples d’expériences menées dans d’autres pays, où les taux de récidives ont dégringolé. Manque de chance, ce sont des solutions humanistes, progressistes et futuristes, donc on va les décréter “utopistes”. Peut-être qu’elles le sont aujourd’hui, mais comme toujours avec l’utopie, c’est ce qui est impossible aujourd’hui et possible demain.

À partir de là, ceux qui sont élus sont représentatifs d’une opinion publique caressée dans le sens de sa propre peur. C’est pour ça qu’on se retrouve avec des gens très agressifs, rigides et autoritaires comme Hortefeux, Sarkozy, MAM, Rachida Dati… Des gens qui n’ont aucune réflexion, aucune prospective, aucune espérance en l’être humain, aucun sens de l’entraide et de la solidarité. L’inconvénient, c’est que ces politiques à courte vue sont celles qui fabriquent de la récidive.

Et c’est mal parti pour s’arranger…

J. L. de La H. : Effectivement. Les États-Unis, qui détiennent le record du monde, avec plus de 2 millions de détenus, nous proposent un modèle qu’on est en train d’enfourcher comme un dada : les prisons privées, un formidable système pour permettre que les prisons soient rentables.

En gros, on laisse la construction, la gestion, la logistique et l’intendance à des entreprises type Bouygues, La Lyonnaise des eaux ou la Sodexo et il n’y a au fond plus que la surveillance qui reste la propriété de l’administration pénitentiaire.

Autant dire que si les prisons sont confortées par des idées capitalistes de rentabilité, c’est évident que la logique moralisante et sécuritaire ne va pas s’arrêter comme ça. Au contraire. Alors c’est sûr que les centres privés apportent un confort incontestable par rapport aux prisons classiques. Mais, c’est encore moins la prise en compte de l’intérêt des individus, parce que c’est de la recherche de rentabilité.

On a l’impression d’avoir des conditions plus favorables parce qu’il y a un frigo et une douche dans la chambre ou parce qu’il y a une carte d’identité interne bidon, mais pour moi, cet enfermement, c’est le même, sauf qu’il est plus pervers, parce qu’il est moins brutal et moins frontal.

En vérité, l’incarcération devient totalement inhumaine, puisque tout est informatisé et électronique, et à la fin les types ne s’en sortiront pas mieux que ceux qui sont passé par les prisons d’État, parce que ce n’est qu’une espèce de soumission à l’autorité par le biais d’un confort économique.

Propos recueillis par Linda Maziz

Billet initialement publié sur le blog du journal satirique Zélium

Image CC Flickr Colourless Rainbow, lucborell et Gueorgui Tcherednitchenko, etgeek (Eric)

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  • Etoui06 le 29 mars 2011 - 12:06 Signaler un abus - Permalink

    je veux bien comprendre que la vie en prison n’est pas au top, mais tout de même ! ils s’y sont (pour la grande majorité) mit tout seul ! Il y en a qui ont commis l’irréparable alors j’ai du mal a compatir.

    Je crois que le vrai travail devrait être fait en amont, surtout pour les peines de petites délinquances.

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  • Nico le 29 mars 2011 - 12:44 Signaler un abus - Permalink

    Oui, ils y sont bien allés “comme des grands”. Mais le but de la réinsertion c’est bien de faire en sorte que la personne n’y retourne pas. Que ce soit pour lui certes mais surtout pour Nous (en théorie si quelqu’un va en prison c’est qu’il a causé un tort à quelqu’un).

    Le corps de l’article n’est pas de chercher à avoir de l’empathie, de la condescendance voire de la sympathie pour les prisonniers, mais bien de comprendre une problématique et de faire en sorte que la France se donne les moyens d’une vraie politique de réinsertion.

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  • Set' le 29 mars 2011 - 12:44 Signaler un abus - Permalink

    @Etoui06

    Dire que la vie en prison n’est “pas au top” est à mon avis un euphémisme mais passons.

    Si je comprends bien ton commentaire, tu dis que s’ils sont dans cette situation c’est de leur faute, ils n’avaient qu’à pas faire de connerie et se retrouver en prison.
    Je ne parlerai pas des inégalités face à la justice etc., je ne pense pas que ce soit là le coeur du sujet.

    Ce qui me gêne avec ton commentaire c’est qu’il semble avaliser la destruction, plus ou moins partielle, de l’humain que l’on a en prison.
    Je sais, ça peut paraître exagéré mais c’est le terme qui me semblait le mieux correspondre. L’article l’explique bien : la sexualité fait partie intégrante de la vie humaine et on en prive les détenus (c’est un des aspects).
    Si on a supprimé la peine de mort ce n’est pas pour la remplacer par un déni de l’humain.
    Bien sûr qu’il faut des prisons, bien sûr qu’on ne peut pas laisser ceux qui sont dangereux pour les autres se promener dans la nature comme si de rien n’était.
    Mais ce qu’on peut essayer de faire c’est de soigner ceux qui en ont besoin, et surtout de réinsérer cette population.
    Or je pense que tout le monde s’accordera pour dire que la prison fait pire que mieux à ce niveau là.

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  • ugo le 29 mars 2011 - 12:52 Signaler un abus - Permalink

    Excellent Papier ! Merci à Linda Maziz et Zélium pour cette entrevue de grande qualité, on regrette même de ne pouvoir en lire plus.

    @ Etoui06 et aux autres : Nos sociétés ont trouvés des solutions progressistes à des tas de problèmes que l’humanité a connu. La prison dans son états actuel est l’unique solution que nos sociétés ont trouvées et quand on lit Foucault on comprend bien toute la bétise de ce modèle. Quand Etoui06 tu parle de choses “irréparables” je tiens à rappeler que la plupart des gens en prison n’ont pas commis l’irréparable mais des délits et des crimes qui n’impliquent pas de sang. De plus ces gens payent leurs fautes en purgeant des peines où l’isolement est la clé de voute de nos politiques. Je suis tout à fait d’accord que pour l’instant la privation de certains droits citoyens soit “normal” en revanche priver ces hommes et femmes, sans distinction, de leurs droits d’Humain c’est à dire de pouvoir jouir de certaines libertés inaliénables, je trouve ca honteux. Dans une société qui visent à empêcher toute récidive, on saisi bien tous le cratère paradoxale et hypocrite de nos politiques d’enfermement. La question est, souhaitons nous vraiment diminué la récidive ou seulement l’énoncé et rien faire dans ce sens… Il est bien plus simple d’ignorer, de laisser faire, et de rejeter la fautes sur ceux qui en ont déjà commises, et c’est ce que les politiques et nous citoyens nous nous attachons à pérenniser.

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  • Rhalph le 29 mars 2011 - 12:58 Signaler un abus - Permalink

    Qu’ils s’y soient mis tout seul c’est une chose et je ne rentrerai pas dans le concept de “punition”/”mérite”/”loi du Talion”.
    Qu’on les laisse sciemment pourrir et se détruire mentalement, c’en est une autre.

    À moins qu’on les laisse en prison à vie, ils ressortiront un jour et c’est pour cela qu’il FAUT qu’ils en ressortent meilleurs plutôt que pire.

    Mais comme c’est si bien expliqué, politiquement ce n’est pas le meilleur choix.

    Quel monde de merde.

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  • Julien Joly le 29 mars 2011 - 15:13 Signaler un abus - Permalink

    Un serpent, un chat dans une cellule? En France?!

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  • fgk le 29 mars 2011 - 16:13 Signaler un abus - Permalink

    N’oublions pas non plus que beaucoup sont en prison en attente de leur jugement, et que des gens qui seront finalement jugés innocents y seront passés un bon moment, et auront été détruits par la même occasion.
    “oups !”

    D’un autre côté, si la sexualité est un droit humain, je devrais peut-être porter plainte contre la gent féminine dans son ensemble, qui s’acharne avec un certain plaisir à me “priver officiellement et matériellement de relations affectives et sexuelles” depuis toujours.

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  • Journaliste le 30 mars 2011 - 9:10 Signaler un abus - Permalink

    Sujet racoleur mais intéressant.
    Dommage que l’article et l’interview soient truffés de fautes et rédigés avec aussi peu de rigueur journalistique. Par exemple : aucune question contradictoire, aucune remise en cause du propos. Caresser dans le sens du poil c’est bien, enquêter c’est mieux. Même quand on est d’accord a priori.

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  • Jean-no le 30 mars 2011 - 9:36 Signaler un abus - Permalink

    Foucault explique bien qu’il y a l’idée de punition physique dans la prison, pas seulement d’enfermement, et que tout le monde le sait, dans toute la société, ça n’évoluera donc sans doute que très lentement. Si ça évolue.

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  • Npgaz le 30 mars 2011 - 9:40 Signaler un abus - Permalink

    Peine moyenne = 8 mois .
    combien de mec passe plus de huit mois sans aucun contact feminin et se pose des question sur leur identité sexuelle ? Hors prison bin

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  • Jérôme-de-Zélium le 30 mars 2011 - 12:20 Signaler un abus - Permalink

    Ravi de voir ce papier sur un beau site comme le vôtre… et l’icono est juste sublime.
    Je comprends la critique émise dans un commentaire – et le lecteur a toujours raison -, mais j’imagine difficilement quelle contradiction nous aurions pu apporter à ces propos. Les prisons françaises sont un scandale, nous sommes parmi les pires du monde occidental à cet égard. Et cela provient en grande partie d’une opinion, chez nous, pour qui les prisonniers n’en bavent jamais assez, assortie de phantasmes de prisons 4 étoiles “que c’est nous qu’on la paye”. C’est sur ce socle que les démagogues de tous poils bâtissent a des fins électoralistes leurs politiques ultra-répressives, dont tous les exemples, États-Unis en tête, démontrent pourtant l’échec patent.
    N’y voyez aucun angélisme : il est évident qu’il faut que les criminels paient leur dette à la société (mais il n’est pas forcément idiot non plus de s’attaquer au mal – pauvreté, inégalité sociale, j’en passe et des meilleures – tout en traitant ses symptômes). Mais il faut songer aussi qu’un jour ou l’autre, le prisonnier va retrouver la liberté. A appliquer sans discernement la loi du Talion, on en fait tout simplement un fauve enragé. Où est la notion de protection de la société dans ce système ?
    Zélium est -aussi- un journal d’opinion, qui ne s’interdit pas de prendre position sur des sujets qui le révoltent, quitte à s’éloigner de la sacro-sainte neutralité journalistique évoquée par “journaliste”. Qui a évidemment parfaitement le droit de na pas partager notre point de vue.
    Jérôme

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  • ERNEST le 30 mars 2011 - 13:42 Signaler un abus - Permalink

    Et comment peut-on priver des enfants à tout jamais de leurs parents…

    Et comment peut-on imaginer q’un voleur de voiture se comportera mieux après avoir été violé en prison ?

    “Ils s’y sont mis tout seul” c’est très injuste ! Ils n’ont pas inventé les prisons !

    ET si on emprisonnait tous les alcooliques qui roulent en voiture, et ceux qui se garent mal, pour “mise en danger de la vie d’autrui”…

    Accepteriez-vous alors que des gens de votre famille (alcooliques et imprudents) soient déshumanisés, privés d’intimité, de sexualité, de TOUS plaisirs et soient aussi violés, battus, qu’ils soient obligés de manger du riz pour pouvoir gérer le moment de chier pour le faire quand les autre sont en promenade… et qu’ils travaillent pour un salaire inférieur au smic et qu’ils achètent tout pour un prix exorbitant et qu’il ne retrouvent pas de travail en sortant ?

    La prison est une ineptie ! une aberration !

    Nous devons trouver d’autre moyen éducatifs !

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  • Journaliste le 30 mars 2011 - 14:00 Signaler un abus - Permalink

    Cher Zélium,
    Je partage globalement votre point de vue, qui est tout simplement celui de J-L de la H. Mais on apprend toujours plus d’une discussion contradictoire que d’un passage de plat pur et simple. Y compris dans le domaine de l’opinion. Exemple de question qui m’aurait semblé indispensable : Comment serait-il possible très concrètement de permettre une vie affective et sexuelle à des criminels détenus, pour éviter les graves dégâts liés à la privation ? J’aurais aimé y trouver des pistes, des idées, des solutions potentielles, plutôt qu’une simple dénonciation des “idées capitalistes de rentabilité”…

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  • Guillaume le 30 mars 2011 - 14:27 Signaler un abus - Permalink

    Je trouve votre commentaire assez réducteur Etoui06. Je ne pense pas que la majorité des personnes incarcérés commettent des délits par plaisir. Certaines sont dans des situations délicates, extrêmes et cela les poussent à enfreindre la loi et parfois malheureusement à commettre l’irréparable. Il ne faut pas mettre tout le monde dans le même panier.
    Pour une autre approche de la prison je vous propose un extrait du documentaire Sicko de Michael Moore (dans les bonus) sur le modèle carcéral norvégien. C’est assez incroyable: http://www.youtube.com/watch?v=C4beUC3-ckw

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  • Delblan le 8 avril 2011 - 18:53 Signaler un abus - Permalink

    Le problème de la sexualité est à prendre en compte. Ayant été visiteuse j’ai pu constater les dégâts chez un homme qui en est devenu obsédé. Par contre un jeune détenu m’a confié avoir été violé !
    D’où l’importance de se pencher sur le problème. L’Espagne a prévu des lieux où les époux peuvent se “retrouver”.

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  • Josepha le 1 août 2011 - 22:53 Signaler un abus - Permalink

    Il est inadmissible que l’on fasse de la prison pour de petits délits, comme par exemple le non paiement de pensions alimentaires considérés comme un délit d’abandon de famille….certaines femmes se vengent en envoyant le père de leurs enfants en prison..quelle honte! ces hommes une fois en prison pour 3, voir 6 mois, sont considérés comme des criminels. Trouvez vous ça humain? Je suis en instance de divorce et je sais qu’une simple dénonciation de ma part pourrait envoyer le père de mes enfants en prison, pourtant homme très respecté et respectable due a sa position sociale. Mais cet homme est et restera a jamais le père de mes enfants et jamais je ne pourrais faire comme beaucoup de femmes ont pu faire. Alors ne faudrait -il pas surtout renseigner ces personnes sur les conséquences de leurs actes, il y aurait moins d’ homme en prison pour des “histoires de fric” et d’intérêts.

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  • joan le 17 octobre 2011 - 17:24 Signaler un abus - Permalink

    L’idéal serait que des prostituées puissent travailler en centre pénitentiaire. Cela dit nombreux sont les hommes qui ne sont pas en prison et qui vivent à peu près la même souffrance. Le problème est donc bien plus large. C’est la société qui en réalité est une prison.

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