Parlons boulot, pas politique!

Le 16 juillet 2011

Le 6 juillet, Barack Obama est entré dans l'histoire en devenant le premier gouvernant à live-tweeter. C'est lui qui le dit. Sa tweet-interview a donné lieu à de nombreux comptes-rendu, en images.

Déjà en campagne pour sa réélection en novembre 2012, et à l’occasion du lancement à la Maison-Blanche, par Twitter, de la plate-forme Town Hall, Barack Obama s’est prêté à une interview en moins de 140 caractères. Grâce au hashtag #AskObama, près de 65 000 questions, selon Twitsprout, ont pu lui être posées avant le 6 juillet.

Avant de commencer l’analyse de ces 65 000 tweets, on peut noter tout d’abord qu’encore une fois, Barack Obama s’est inspiré de Ségolène Royal, puisque la veille, elle répondait aux tweets utilisant le hashtag #QASR. Sans d’ailleurs se départir de son flegme face à des questions lui demandant si elle avait “le seum contre Martineen disant :

C’est contre le chômage, les injustices, les précarités, les discriminations, etc, que “j’ai le seum”.

Retournons à la Maison-Blanche. Parmi ses 65 000 questions, un utilisateur de Buzz Feed a repéré les questions les plus “stupides”, souvent posées à Barack Obama par des membres des Tea Parties, lui demandant de produire à nouveau son acte de naissance.

"Où est le vrai certificat de naissance ?"

En temps réel, l’équipe de Twitter à la Maison-Blanche ne posait que les questions les plus partagées, celles ayant été le plus retweetées. Et pour les départager, Mass Relevance fournissait des outils de visualisations et de curation pour éviter les tweets déplacés, notamment.

La questions la plus retweetée concernait la marijuana (4911 retweets) rappelant l’activisme dont avait fait preuve ses soutiens lors de la création du Citizen Briefing’s Book pendant la période de transition du Président-élu. Activisme inutile, puisque le Président n’a pas répondu à cette question. En 2008, il avait signalé qu’il n’était pas en faveur d’une légalisation.

Ce que n’ont pas manqué de remarquer les analystes, c’est la teneur des tweets. Parlant principalement d’économie et de travail, les tweets ne jouent pas du tout dans la même cour que les questions habituelles des journalistes.

Les journalistes parlent-ils trop de politique alors que les citoyens s’intéressent eux des questions plus pragmatiques ?


Article initialement publié sur la datablog d’OWNI

Crédits Photo FlickR CC by-sa Geoff Livingston

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  • Le zonard le 16 juillet 2011 - 20:00 Signaler un abus - Permalink

    [i]Les journalistes parlent-ils trop de politique alors que les citoyens s’intéressent eux des questions plus pragmatiques ?[/i]

    Naaaaan…

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  • Jérémy Fentaume le 16 juillet 2011 - 20:33 Signaler un abus - Permalink

    Les journalistes parlent certes beaucoup des tractations politiques et des réactions aux “buzz” médiatiques.
    Mais leur travail ne consiste pas non plus seulement à refléter les préoccupations et le vécu de la population : 1) ce vécu est une représentation subjective, que les journalistes peuvent décider arbitrairement – journal de 13 heures de J.-P. P. – et qui peut au contraire constituer une illusion des personnes sur elles-mêmes – le sentiment largement répandu que l’on vit mal en France, alors que c’est faux, et ou le lien fait par beaucoup entre immigration et insécurité.
    2) si l’on ne fait que refléter les préoccupations du peuple, il est aisé pour un pouvoir de détourner les travailleurs des vrais problèmes.
    La question est plus de savoir si les journalistes font bien leur boulot. Parce qu’il y a un certain enthousiasme à participer à la communication politique (“Pierre, tu peux t’occuper des réactions de Martine sur la sortie de Fillon ?”, “J’ai appelé Solférino, ils m’ont sorti une petite phrase en off, CROU-STIL-LANT”), mais ce n’est pas le travail de journaliste ça, c’est la satisfaction illusoire de participer à l’élite et à la réalité politique de la société.
    Un journaliste politique qui réussirait à monter un article déterminant si la sortie d’Éva Joly est une stratégie maîtrisée, ou si les Républicains ont perdu le contrôle de leur aile droite, ce qui pourrait mener à la pire catastrophe économique de l’histoire, voilà ce qu’on attend.
    Et pas qu’on nous sorte un micro-trottoir minable sur ce que ça fait d’être au chômage ou d’être mal payé (au fond, le journalisme social, c’est ce qu’il y a de plus dur…).

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  • Kurozato le 22 juillet 2011 - 16:56 Signaler un abus - Permalink

    @Jérémy
    Merci. J’ai toujours besoin de belles histoires pour me faire comprendre combien politiciens et journalistes (enfin, ceux qui ne sont pas des populisssss !) touchent à la divine Objectivité.
    Aller, je m’en retourne au brouillard gras de l’émotion et de l’irrationnel populaire.

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