Comment expliquer l’économie de la gratuité aux enfants ?
A l’heure de l’apéro, en attendant le BBQ et après la plage, les discussions vont bon train avec les potes venus à la maison. Autour de nous tournent entre un à dix enfants – fonction du nombre de parents. Hier soir, nous avons discuté gratuité, notamment des jeux vidéos. Les enfants ont commencé à tendre l’oreille quand [...]

A l’heure de l’apéro, en attendant le BBQ et après la plage, les discussions vont bon train avec les potes venus à la maison.
Autour de nous tournent entre un à dix enfants – fonction du nombre de parents.
Hier soir, nous avons discuté gratuité, notamment des jeux vidéos. Les enfants ont commencé à tendre l’oreille quand ils ont compris qu’on pouvait récupérer des dizaines de jeux pour alimenter en continu leur Nintendo DS.
Ils ont alors posé une question cruciale : “Pourquoi certaines choses peuvent être gratuites ?”
Une question bouleversante qui se rapporte évidemment aux produits insaisissables, à savoir, en gros, tous les produits culturels numériques. Mais qui, à terme, peut se poser pour de nombreux autres produits plus “réels”. Ils sont par exemple encore attachés au livre en tant qu’objet, mais jusqu’à quel âge ?
Comment expliquer à nos enfants qu’il n’est pas question de gratuité, mais d’un système compliqué d’offre et de demande perverti ?
Comment expliquer “l’industrie” des produits culturels ? Là où eux ne voient que guitaristes, chanteurs, acteurs et personnages de jeux vidéos, nous savons bien que le nombre de participants à la réalisation d’une oeuvre culturelle est considérable…
Comment leur faire comprendre qu’ils doivent trouver une voie entre l’économie traditionnelle, où un nombre d’heures effectuées correspond grosso modo à un salaire, et l’économie de la gratuité qui est une économie de survivants, où seule l’excellent a une valeur ?
Comment leur expliquer que “faire carrière” dans l’économie de la gratuité est plus proche d’une carrière de sportif ou chanteur que de celle d’un comptable, directeur financier voir d’un journaliste ?
Enfin, comment expliquer que tout travail mérite salaire ? Qu’il n’y a pas de gratuité absolue. Voir, que le désir de posséder un objet rend son obtention d’autant plus jouissive ?
N’hésitez pas, dans les (éventuels) commentaires, à signaler votre situation : avec ou sans enfant ? Pour ma part, j’en compte deux impatients de vos réponses !
A lire :
- sur le site de la Wu Ming Fondation, un article de 2004 “Le copyleft expliqué aux enfants”
- sur Parole Citoyenne, un livre blanc qui explique l’Open Source, réalisé par Smile.
- sur aaaliens, les tags Open Source et gratuit

je parlerais d’économie du lien, de la recommandation, de la réputation. pas “d’économie de la gratuité” qui est un leurre aussi manifeste que “l’objectivité journalistique” :)
et donc pour lui expliquer celle-ci, je tenterais le coup du resto mal situé mais qui a une réputation de ouf. avec la crise, il s’en sort mieux que celui qui est juste hyper bien placé sur l’artère principale.
ton resto est un média, une oeuvre de l’esprit, un “contenu” (il est marrant, quand on creuse un peu, ce mot ;) et il a le choix entre de la SEO façon googleadds et promo façon Hadopi à chercher la rareté ou recommandation sociale à l’heure de l’abondance, construction d’une réputation et retombées, bien réelles, dans les “dérivés”…
Une économie à rebond, où l’on fait “pour plus tard”, aussi ;)
cf : http://owni.fr/2009/05/08/leconomie-reputationnelle-expliquee-a-kevin/