Comment expliquer l’économie de la gratuité aux enfants ?

Le 21 août 2009

A l’heure de l’apéro, en attendant le BBQ et après la plage, les discussions vont bon train avec les potes venus à la maison. Autour de nous tournent entre un à dix enfants – fonction du nombre de parents. Hier soir, nous avons discuté gratuité, notamment des jeux vidéos. Les enfants ont commencé à tendre l’oreille quand [...]

A l’heure de l’apéro, en attendant le BBQ et après la plage, les discussions vont bon train avec les potes venus à la maison.
Autour de nous tournent entre un à dix enfants – fonction du nombre de parents.

Hier soir, nous avons discuté gratuité, notamment des jeux vidéos. Les enfants ont commencé à tendre l’oreille quand ils ont compris qu’on pouvait récupérer des dizaines de jeux pour alimenter en continu leur Nintendo DS.

Ils ont alors posé une question cruciale : “Pourquoi certaines choses peuvent être gratuites ?”

Une question bouleversante qui se rapporte évidemment aux produits insaisissables, à savoir, en gros, tous les produits culturels numériques. Mais qui, à terme, peut se poser pour de nombreux autres produits plus “réels”. Ils sont par exemple encore attachés au livre en tant qu’objet, mais jusqu’à quel âge ?

Comment expliquer à nos enfants qu’il n’est pas question de gratuité, mais d’un système compliqué d’offre et de demande perverti ?

Comment expliquer “l’industrie” des produits culturels ? Là où eux ne voient que guitaristes, chanteurs, acteurs et personnages de jeux vidéos, nous savons bien que le nombre de participants à la réalisation d’une oeuvre culturelle est considérable…

Comment leur faire comprendre qu’ils doivent trouver une voie entre l’économie traditionnelle, où un nombre d’heures effectuées correspond grosso modo à un salaire, et l’économie de la gratuité qui est une économie de survivants, où seule l’excellent a une valeur ?

Comment leur expliquer que “faire carrière” dans l’économie de la gratuité est plus proche d’une carrière de sportif ou chanteur que de celle d’un comptable, directeur financier voir d’un journaliste ?

Enfin, comment expliquer que tout travail mérite salaire ? Qu’il n’y a pas de gratuité absolue. Voir, que le désir de posséder un objet rend son obtention d’autant plus jouissive ?

N’hésitez pas, dans les (éventuels) commentaires, à signaler votre situation : avec ou sans enfant ? Pour ma part, j’en compte deux impatients de vos réponses !

A lire :
- sur le site de la Wu Ming Fondation, un article de 2004 “Le copyleft expliqué aux enfants
- sur Parole Citoyenne, un livre blanc qui explique l’Open Source, réalisé par Smile.
- sur aaaliens, les tags Open Source et gratuit

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  • Nicolas Voisin le 22 août 2009 - 1:24 Signaler un abus - Permalink

    je parlerais d’économie du lien, de la recommandation, de la réputation. pas “d’économie de la gratuité” qui est un leurre aussi manifeste que “l’objectivité journalistique” :)

    et donc pour lui expliquer celle-ci, je tenterais le coup du resto mal situé mais qui a une réputation de ouf. avec la crise, il s’en sort mieux que celui qui est juste hyper bien placé sur l’artère principale.

    ton resto est un média, une oeuvre de l’esprit, un “contenu” (il est marrant, quand on creuse un peu, ce mot ;) et il a le choix entre de la SEO façon googleadds et promo façon Hadopi à chercher la rareté ou recommandation sociale à l’heure de l’abondance, construction d’une réputation et retombées, bien réelles, dans les “dérivés”…

    Une économie à rebond, où l’on fait “pour plus tard”, aussi ;)
    cf : http://owni.fr/2009/05/08/leconomie-reputationnelle-expliquee-a-kevin/

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  • Cedric le 22 août 2009 - 2:07 Signaler un abus - Permalink

    Salut Nicolas. Plusieurs remarques (sinon, ce serait trop simple).

    D’une part, pour une bonne partie des enfants, la logique de marché est binaire : j’ai besoin / je souhaite un produit = je l’achète. A la rigueur, si je n’ai pas besoin de l’acheter, je peux le louer. Et là, maintenant, alors que pendant des années à Noël et aux anniv j’entends parrains, grands-parents et autres bienfaiteurs ponctuels râler sur le prix des jeux vidéos, on découvre qu’il est possible de les acquérir gratuitement.

    Nous sommes très très loin de la notion de réputation. Il n’y a même aucune relation. Il y a “juste” une simplicité extrême dans l’échange puisque que du coup on passe à l’équation : j’ai besoin / je souhaite un produit = je l’obtiens gratuitement.

    D’autre part, l’économie de la réputation ne me parait pas forcément saine.
    D’abord, parce qu’on peut construire et détruire une réputation en quelques actions bien menées.
    Ensuite, parce que l’économie de la réputation est élitiste et non sociale. Elle oblige les candidats à rentrer dans une compétition qui n’est absolument pas adaptée à la majorité des caractères. Tout le monde n’a pas l’envie d’être entrepreneur, loin de là. Tout le monde n’a pas envie d’être réputé, d’essayer de bâtir une image de soi en terme marketing.

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  • Nicolas Voisin le 22 août 2009 - 2:10 Signaler un abus - Permalink

    t’as pas tort ! et il est bien tard… Pour éviter de dire trop de conneries je poursuivrais demain /-)

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  • Riad le 29 novembre 2010 - 17:03 Signaler un abus - Permalink

    oui c’est claire

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