7 études de cas en datajournalism et visualisation de données

Le 22 février 2010

Depuis un an que je piste les exemples de data journalism, je constate que les initiatives françaises sont bien rachitiques et que j’atterris le plus souvent sur des sites anglo-saxons. [...] Les études de cas ci-dessous illustrent assez bien l’état du journalisme de données français par rapport à ce qui se fait aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou même en Espagne.

Depuis un an que  je piste les exemples de data journalism, je constate que les initiatives françaises sont bien rachitiques et que j’atterris le plus souvent sur des sites anglo-saxons. Avec le nytimes.com, le washingtonpost.com et le guardian.co.uk en pionniers du genre. Les études de cas ci-dessous illustrent assez bien l’état du journalisme de données français par rapport à ce qui se fait aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou même en Espagne.

Plusieurs facteurs se combinent pour expliquer ce décalage français : un rapport différent aux données, une histoire journalistique divergente, une culture de la transparence publique antagonique, un appareil législatif singulier et surtout des rédactions appauvries tant en moyens financiers qu’en compétences humaines. Je détaillerai ces explications dans un prochain post, en attendant, je vous renvoie à l’article d’Elodie Castelli sur journ@lismes.info « Le Data-journalisme peine à se développer en France » et aux quelques compilations ci-dessous.

Le New York Times : leader américain en matière de data journalism. Ses infographies sont les plus innovantes et les plus esthétiques. Son partenariat avec IBM (logiciel ManyEyes) lui permet de proposer un « visualization lab » interactif et participatif.


Le Guardian : le titre a joué un rôle important dans le mouvement d’ouverture des données publiques au Royaume-Unis avec son manifeste Give us back our crown jewels. Avec son Datablog et son Datastore, il milite activement pour la libération des données, l’appropriation et le partage par le plus grand nombre de ses bases de données. Il réalise régulièrement des visualisations de données très réussies et joue un rôle d’exemplarité en lançant, par exemple, un concours de visualisations l’an dernier.


El Pais : son site dédie une rubrique au journalisme visuel. Au début des années 2000, elle accueillait surtout des infographies traditionnelles, illustratives et non-interactives. Désormais, cette section accueille de très belles visualisations, qui racontent des histoires.


En France, les initiatives en matière de journalisme de données proviennent surtout des pure-players : Mediapart et Rue 89 ont lancé des cartes participatives ; LePost.fr mène l’expérimentation un peu plus loin avec un traitement « data journalist » du cumul des mandats (cela fera sans doute l’objet d’un prochain post sur ce blog).


Un petit mot sur Gapminder. Ce n’est pas vraiment du data journalism, puisqu’il n’y a pas d’éditorialisation ni de volonté de couvrir l’actualité, même si le site met en avant certaines comparaisons de données. Gapminder reste pour autant un site très puissant de visualisation de données mondiales, ludique et didactique.


ManyEyes et Socrata : ces plateformes sociales de manipulation de données fournissent à tous un outil, un espace de stockage et un réseau pour y mettre en valeur bases de données et visualisations. Pas d’éditorialisation, uniquement du crowdsourcing, et une démarche d’ouverture et de partage. Le Sarkomètre du Nouvel Obs a été réalisé et hébergé sur Socrata. Ces plateformes ne sont donc pas si éloignées du journalisme de données qu’elles pourraient le laisser penser à première vue.

Article initialement publié sur Database journalism, traduit en italien sur lsdi

Photo d’illustration pdinnen sur Flickr

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