Le Web 2.0 est mort (et n’a jamais existé)

Le 14 juillet 2010

Navré de vous apprendre que d'une part le web 2.0 n'a été qu'une utilisation nouvelle de technologies existantes, et que la professionnalisation du web social sonne la fin de son "adolescence".

C’est dans les bacs, les spécialistes le savent… Le web 2.0 est mort ou en passe de l’être… Pour autant, a t-il jamais existé ?

On nous rabâche les oreilles depuis 2005 de ce web 2.0 et il y a toujours autant de gens qui disent n’importe quoi. « Oui, le web 2.0 c’est les nouvelles technologies ! »

Faux ! Les technologies n’ont pas évoluées, c’est juste leur usage qui a changé. Ce qui fait que bien vite des experts se sont posé la question suivante :

Phénomène réel reposant sur un changement technologique et une rupture d’échelle liée la croissance du nombre d’utilisateurs ou récupération marketing de technologies anciennes rafraichies par un nouvel engouement public ?

Or, les premiers à nous en parler, comme Fred Cavazza conclut aujourd’hui :

Oui il y a bien eu des grands tournants mais les fondamentaux de l’internet de 2010 étaient déjà présents en 2000.

Or donc, le web a évolué, oui, et il va continuer à le faire. Mais le web, c’est comme un individu : vous n’êtes pas Raymond 72.0, vous êtes Raymond.  Même si Raymond est né (1.0), qu’il a appris à manger (2.0), à marcher (3.0), à parler (4.0), à lire (5.0)…. et à re-porter des couches à un âge avancé (Raymond 71.0)…. c’est toujours Raymond.

Pour le web, c’est pareil. Les nouveaux usages, le nombre impressionnant d’utilisateurs, les interfaces graphiques de plus en plus riches, toutes ces évolutions ont profondément transformé notre écosystème médiatique et notre rapport à l’information.

Prenons le cas de Facebook ou de Twitter. Techniquement, il n’y a rien de nouveau, il s’agit de page personnalisée accessible par login et mot de passe qui affiche du texte et des liens… Fondamentalement, c’est le web d’il y a vingt ans.

Si on fait le parallèle avec un individu, le web sort de son adolescence. Après s’être cherché pendant des années (les services les plus innovants et à la croissance exponentielle n’ont pas de business model), le web décide enfin de choisir une orientation. A la question « qu’est-ce que tu feras quand tu seras grand ? », le web répond aujourd’hui « je serai social ! » .

C’est pour cela qu’explosent de nouvelles professions comme « community manager », consultant en e-influence, gestionnaire de e-reputation, etc… Les marques l’ont bien compris la e-reputation a intégré toute les stratégies de Risk Management et le crowdsourcing n’est plus un mot dont les cadres recherchent le sens (enfin normalement).

Or donc, je suis ravi d’annoncer que le web 2.0 est mort, fini l’adolescence. Il va enfin devenir adulte. J’espère que son âge de raison lui permettra d’offrir les grands mythes de sa conception à l’humanité :

  • un accès aux savoirs pour tous,
  • des échanges planétaires au delà des langues (le fameux web de Babel),
  • la démos-cratie participative (intelligence collective et plus manipulation de masse).

Ce qui devrait passer par :

  • la refonte complète du réseau Internet qui a plus de 35 ans,
  • la mutation des tag cloud et folksonomy en liens sémantiques,
  • la disparition des agrégateurs au profit de filtres personnalisés et éthiques,
  • la réintroduction de gatekeepers pour éviter, prévenir ou amenuiser les phénomènes de contagion virale et de manipulation des masses,
  • un réinvestissement de l’information (ce qui est important est le message, pas ses métadonnées, méta-informations, tags, modes d’indexation…).

Sources :

__

Billet originellement publié sur le blog de Guillaume-Nicolas Meyer, sous le titre “Le web 2.0 est mort, fini l’adolescence“.

Crédits Photo CC Flickr : Inju.

Laisser un commentaire

  • Cyroul le 14 juillet 2010 - 15:37 Signaler un abus - Permalink

    Bravo pour cet article très juste.

    Hélas, ces évolutions utopiques se transforment en rêve de plus en plus éloigné. L’”accès aux savoirs pour tous”, est devenu aujourd’hui “le contrôle de l’information” par les plus gros acteurs économiques du réseau.

    Mais j’aime beaucoup voir que ces idées anciennes (issues de l’époque où l’on a commencé sur Internet) continuent à être propagées. Peut-être que grâce à ça, on évitera le cynisme désabusé de certains.
    Merci donc.

    • Vous aimez
    • Vous n'aimez pas
    • 0
    Lui répondre
  • Alexandre Cabanis le 14 juillet 2010 - 16:22 Signaler un abus - Permalink

    Cet article est indigne d’Owni.

    Il tente de noyer sous une soupe de concepts connus des “”experts”" une gêne de ces mêmes “”experts”" à manipuler en même temps que la plèbe les mêmes concepts pendant 5 ans, aussi justes soient-ils.

    Car oui, le terme de 2.0 est juste. Il indique la prise de conscience puis la maturation d’un Web social. Cette étape n’est pas finie. Et pire est-ce de rebaptiser cette étape Social Media, alors que le Web n’est pas un media, encore une fois pour se distinguer du tout un chacun.

    “La mutation des tag cloud et folksonomy en liens sémantiques” n’est pas pour la fin du mois. Que la prochaine étape soit l’automatisation universelle des liens (Web Sémantique) ou autre chose, il n’y a pas encore eu de basculement dans la manière de créer sur le Web.

    Et personne n’a jamais prétendu que le Web 2.0 était lié à des changements technologiques. Je renvoie à l’article fondateur d’O'Reilly sur le Web as a platform sur ce sujet. Par ailleurs, AJAX n’est pas une technologie à proprement parler.

    Je vous laisse, je repars dans le Web 2.0.

    Un non-expert.

    • Vous aimez
    • Vous n'aimez pas
    • 0
    Lui répondre
    • Guillaume-Nicolas Meyer le 16 juillet 2010 - 17:36 Signaler un abus - Permalink

      @Alexandre
      Bonjour Alexandre,

      “Il” va tenter de répondre, même s’il n’y a pas grand chose à dire. Je pense toujours que le terme 2.0 n’est qu’une étiquette. Notez que je ne condamne pas les étiquettes en soi, on en utilise tous. J’avais juste envie de donner ma vision du web.
      “Indigne”, le mot est un peu fort. Si les gens ne peuvent pas avoir d’opinions différentes, où va le web ;)
      Juste pour préciser, beaucoup de gens pensent que la notion de web 2.0 est lié à des changements technologiques, c’est le cas par exemple de François-Bernard Huygues, qui est quelqu’un de particulièrement intelligent. J’avais mis son article dans mes sources. Je ne suis simplement pas d’accord avec ça.
      Là ou je ne suis pas du tout d’accord c’est quand vous dites qu’il n’y a pas eu de basculement dans la manière de créer sur le web. Je crois que c’est particulièrement faux sauf si vous parlez d’un point de vue technologique ;)

      • Vous aimez
      • Vous n'aimez pas
      • 0
      Lui répondre
  • Cyroul le 14 juillet 2010 - 16:31 Signaler un abus - Permalink

    @Alexandre Je pense que tu as mal compris l’objet de cet article. Je ne veux pas prendre la place de l’auteur (il se défendra lui-même), mais je ne pense pas que cet article soit une condamnation de la justesse du terme 2.0.
    Non, il indique que cette époque – l’époque du 2.0- est révolue. On passe à autre chose.
    Et là, experts ou pas, on ne peut qu’être d’accord avec lui.

    C’est en cela que cet article est très intéressant.

    Après le trolling “ma définition du 2.0″, c’est pour faire parler dans les commentaires…

    • Vous aimez
    • Vous n'aimez pas
    • 0
    Lui répondre
  • Tiffany Assouline le 14 juillet 2010 - 20:35 Signaler un abus - Permalink

    > le web 2.0 est né de l’habitude trop humaine de coller des étiquettes sur tout… et surtout d’un souci “marketing” pour annoncer que la “machine web” redémarrait (après l’éclatement de la bulle)…

    Il est important d’appuyer sur le fait que l’évolution que nous connaissons depuis 5 ans maintenant est bien celle des usages : une rencontre plus large du “grand-public” avec les outils – qui effectivement technologiquement parlant n’ont pas grand-chose de nouveau, si ce n’est l’avantage de bénéficier d’un coût moindre et d’un débit plus puissant que ce que nous avons connu il y a plus de 10 ans.

    Certains aujourd’hui parlent de web 2.1, de web 3.0 ou de web², recoupant certaines réalités et certains fantasmes des prochains stades que nous pourrions atteindre – même si le web sémantique reste a priori encore hors d’atteinte pour les puristes ;)

    Il est toujours bon de voir des experts fleurir et apporter leurs conseils dans un environnement en constante mutation, nous avons la chance de vivre et partager dans un gigantesque “work in progress” qui me passionne et oblige à créer de nouveaux modes d’interaction de plus en plus… humaine paradoxalement : owni est l’un de ces exemples et avait été précédé d’aaaliens, un système de “flux RSS filtré par l’humain” pour faire remonter les signaux faibles qui sont souvent les plus pertinents au milieu de l’infobésité dont nous souffrons de plus en plus.

    L’information a toujours été un pouvoir, et je reste du côté des “idéalistes” qui pensent que son partage, l’apprentissage de sa recherche et de l’esprit critique, sont nécessaires et participent à l’élévation du niveau de conscience général…

    En plus des experts, le monde a toujours eu besoin de visionnaires aussi… même incompris ;)

    • Vous aimez
    • Vous n'aimez pas
    • 0
    Lui répondre
    • Guillaume-Nicolas Meyer le 16 juillet 2010 - 17:27 Signaler un abus - Permalink

      @Tiffany Assouline
      Idem que les étiquettes précédentes ;)
      Du coup, comme je ne me défini pas comme un expert, je crois que je suis un visionnaire incompris… j’aime bien ;)
      Merci.

      • Vous aimez
      • Vous n'aimez pas
      • 0
      Lui répondre
  • Antoine Dupin le 14 juillet 2010 - 21:12 Signaler un abus - Permalink

    En fait, le principal problème vient également de l’engouement des gens à coller des étiquettes partout sans en donner de définition. Aujourd’hui il est quasiment impossible de définir ce qu’est le web 2.0, les médias sociaux, et bon nombre de néologismes de ce type. Pour en revenir à Raymond, on parle quand même d’enfance, d’adolescence, d’adulte, de vieillesse et de mort pour définir les grandes étapes de sa vie. Devra ont dire un internet adolescent alors ?

    Fred Cavazza a raison, mais on peut aller plus loin que 2000. Le premier reseau social était classmates au milieu des années 90, le premier réseau social pro aux environs de fin 90, le premier wiki en 95 … le web a toujours été potentiellement sociale car il est basé sur l’échange de donnée, leur transfert, dès ses origines on pouvait échanger des images a condition de savoir le faire.

    • Vous aimez
    • Vous n'aimez pas
    • 0
    Lui répondre
    • Guillaume-Nicolas Meyer le 16 juillet 2010 - 17:26 Signaler un abus - Permalink

      @Antoine Dupin
      Encore plus synthétique que moi… les étiquettes… excellent. Merci.
      Si on pousse plus loin, la simple idée de réseau est forcément social… il relie les gens entre eux. Même Arpanet, c’est du social si on pense. J’avoue que dans mon article, j’ai utilisé le terme de “web social” comme une… étiquette… et oui. Je pensais plus aux usages du moment.
      Merci de votre réaction.

      • Vous aimez
      • Vous n'aimez pas
      • 0
      Lui répondre
  • Tiffany Assouline le 14 juillet 2010 - 22:35 Signaler un abus - Permalink

    Vu que Tim O’Reilly est à l’origine du label web 2.0 et qu’il est aussi à celle de web², vous pouvez aussi lire ça sur l’évolution du web : http://www.websquaredjournal.com/evolution-du-web-du-web-1-0-au-web-squared/2010/01/30/

    • Vous aimez
    • Vous n'aimez pas
    • 0
    Lui répondre
  • Jean le 15 juillet 2010 - 8:43 Signaler un abus - Permalink

    Je trouve dommage que l’article n’évoque pas les navigateurs. Car si les améliorations du Web ont été rendues possibles c’est bien grâce aux avancées technologiques des navigateurs.

    En 2000, tous les navigateurs ne supportaient les standards du web de la même manière. Oui le Javascript existait, oui XML existait mais certains composants comme XMLHttpRequest n’existait pas. Facebook ou Twitter n’auraient pas eu autant de succès.

    Les changements à venir passeront donc pas un respect, par les navigateurs, des standards définis par le W3C.

    “..Ce qui devrait passer par :… un réinvestissement de l’information (ce qui est important est le message, pas ses métadonnées, méta-informations, tags, modes d’indexation…).” –> Je suis 100% d’accord!!

    • Vous aimez
    • Vous n'aimez pas
    • 0
    Lui répondre
    • Guillaume-Nicolas Meyer le 16 juillet 2010 - 17:23 Signaler un abus - Permalink

      @Jean
      Bonjour, je rentre de vacances, je vais essayer de répondre à tous dans l’ordre.
      Effectivement, les navigateurs sont les grands absents de l’article. Je voulais justement évité de parler de techniques, pour insister sur les usages. Je ne vous suis pas quand vous dites que les améliorations ont été rendues possibles grâce aux avancées technologiques… je m’interroge plus (l’oeuf ou la poule) pour savoir si ce ne sont pas les mutations d’usage qui n’auraient pas provoqué ces améliorations. Du coup, oui, non, je m’interroge.
      Par contre j’espère que le réinvestissement de l’information dont je parlais passera par le respect des navigateurs que vous évoquez.
      Au plaisir de vous lire.

      • Vous aimez
      • Vous n'aimez pas
      • 0
      Lui répondre
  • Guillaume-Nicolas Meyer le 2 septembre 2010 - 13:14 Signaler un abus - Permalink

    Une réponse de M. Robert CAILLIAU, le co-fondateur du WWW avec Tim Berners-Lee, dans le guide pratique de l’e-réputation à l’usage des individus à la réponse : “Qu’est-ce que le web 2.0 ?″

    C’est ce qu’en anglais on appelle un « misnomer », une mauvaise désignation, un terme mal approprié. En effet, 2.0 sous-entend que c’est la suite, plus perfectionnée, de la version 1.0. Mais il y a une différence totale: « www 1.0″ est la technologie du web: les serveurs, les logiciels, les protocoles, le « langage » html, etc. Le vrai « web 2.0″ serait XML, CSS, SVG. Mais dans la presse « web 2.0″ n’est rien d’autre que la façon d’utiliser web 1.0 par le commun des mortels pour sa communication avec d’autres êtres humains. C’est en fait la découverte par l’industrie et l’utilisateur des buts que nous nous étions fixés dès le début: la collaboration entre gens.

    http://www.scribd.com/doc/36785915/Guide-pratique-de-l-e-reputation-a-l-usage-des-individus

    • Vous aimez
    • Vous n'aimez pas
    • 0
    Lui répondre
2 pings

Derniers articles publiés