Sarkozy le Président low tech

Le 5 août 2010

Arnaud Dassier, fondateur de l'agence web "L’Enchanteur des nouveaux médias", a notamment dirigé la campagne électorale numérique de Nicolas Sarkozy en 2007. Depuis, pour lui, le président n'a montré aucun intérêt pour la révolution numérique.

Ou le naufrage numérique de la droite française

6 mai 2007, Nicolas Sarkozy remporte l’élection présidentielle haut la main avec 53 % des voix, en incarnant, entre autres, le dynamisme et la modernité.

En tant que président de l’UMP, il a été pionnier en matière d’utilisation d’Internet et de l’e-marketing depuis 2005 (campagnes d’e-mailing, achat de mots clés Google, mise en place d’un système d’e-crm, pétitions, opérations de mobilisation, explosion des soutiens et adhésions via Internet, e-fund raising, etc.). Il est le premier homme politique à accepter d’être interviewé par un blogueur, Loic Le Meur.

Il mène une campagne ambitieuse et dynamique sur Internet, avec toute une panoplie d’actions : webTV, réseau social militant (supportersdesarkozy.com) précurseur de mybarackobama.com, plateforme de débat en ligne, équipe de community management et de buzz, vidéos virales dépassant le million de vues, rencontres avec les blogueurs, etc. Loic Le Meur lui apporte un soutien actif et remarqué, incarnant le soutien majoritaire des entrepreneurs Internet, en faveur d’un candidat qui affiche une volonté de réformes économiques libérales qu’ils appellent de leurs vœux.

Un sondage du Journal du Net indique que les internautes pensent qu’il a été le candidat le plus dynamique, celui qui a le mieux utiliser l’Internet.

A priori, le Président Sarkozy a toutes les cartes en main pour devenir le premier Président web 2.0 de l’histoire de France.

Trois ans plus tard, parmi ses ex-électeurs, il est difficile de trouver un blogueur, ou un entrepreneur du web, qui défende publiquement son action. Au mieux, ils gardent un silence distancié, ne montant au créneau que face aux attaques les plus excessives (« Sarkozy n’est pas mon Président », No Sarkozy day…). Nul doute qu’un grand nombre d’entre eux seront tentés de voter DSK si ce dernier se présente. La « communauté web » est d’autant plus hystérique dans ses attaques, qu’elle ne trouve quasiment plus aucune opposition sur le net.

Que s’est il passé ?

Première réponse : rien. Il ne s’est rien passé. Nicolas Sarkozy n’a pris aucune initiative d’ampleur marquant son intérêt pour la révolution digitale, et le rôle que cette dernière joue dans la modernisation de la France et qu’elle pourrait jouer dans celle de l’État.

Le secrétariat d’État en charge de la Prospective et du Développement de l’économie numérique a le mérite d’exister, mais c’est un cache misère. De la pure communication - je m’intéresse au numérique puisque j’ai créé un secrétariat d’État – dans la continuité de la gadgétisation de l’Internet par une classe politique de notables âgés et low tech. NKM y a été nommée pour la « punir » de ses excès verbaux lors du vote de la loi issue du Grenelle de l’environnement, ce qui en dit long sur la considération portée au digital.

Dans la réalité, la France n’a placé aucun projet parmi les 50 sélectionnés lors du dernier concours annuel de l’e-gouvernement organisé par l’Union européenne. Les sites web 1.0 du gouvernement ont fleuri ou dépéri dans une joyeuse anarchie, avec en point d’orgue un ex-site de la Présidence française digne d’un dictateur africain (Dieu merci, remplacé début 2010 par une nouvelle version de qualité). La webTV du gouvernement, le portail jeune et France.fr, annoncés en fanfare en 2008 et dotés de 2 millions d’euros de budget, ont fini en eau de boudin deux ans plus tard. Les nouveaux services en ligne créés entre 2007 et 2010 sont anecdotiques et se comptent sur les doigts de la main. Le dossier médical informatisé est embourbé depuis des années, aucun projet de data gov n’a encore été lancé alors qu’ils sont déjà opérationnels dans de nombreux pays d’Europe, etc, etc, etc… On cherche désespérément une réussite ou un projet emblématique dans ce désert 0.0.

Seul rayon de soleil à l’horizon, NKM a réussi, sans doute avec le soutien du pro-tech François Fillon, à obtenir une belle enveloppe de 4 milliards, dont 2 pour les usages et les contenus, dans le cadre du grand emprunt, ce qui devrait permettre de financer de nombreux projets innovants (data gov, e-démocratie, ville numérique, etc…). Les ronchons diront que 4 milliards dans un budget d’Etat de 300 milliards, pour financer un des éléments les plus dynamiques de l’économie mondiale, c’est bien peu, même relativement au montant du grand emprunt (35 milliards), et que ce n’est pas avec ça que la France rattrapera son retard relatif, et deviendra leader dans ce secteur d’avenir.

Une droite anti-internet et caricaturale

Deuxième réponse  : la droite a multiplié les projets et les paroles malheureuses, affichant le gouffre culturel qui la sépare de la génération Internet.

Tag "Small Brother is watching you"Passons rapidement sur les envolées lyriques anti-internet de plusieurs parlementaires qui n’ont fait que caricaturer leurs réflexes conservateurs, leur goût de la fausse polémique politicienne et de la démagogie médiatique et surtout leur ignorance de l’Internet. Il en reste malheureusement une image désastreuse pour la droite aux yeux de la frange de la jeunesse connectée qui suit un peu l’actualité. Loin de moi l’idée de considérer l’Internet comme une divinité intouchable, mais encore faut-il en débattre avec des arguments censés, et pas avec des incantations de café du commerce qui s’apparentent à une chasse aux sorcières.

Le pire a été cette pitoyable équipée de l’Hadopi dont le naufrage annoncé se déroule précisément comme tous les amis web friendly de la majorité l’avaient prévu dès le départ. On a pris le risque de se ringardiser et de se couper d’une partie de la jeunesse pour faire plaisir à une poignée d’artistes millionnaires. Un conseiller ministériel m’avait alors confié qu’il s’agissait seulement de faire passer un message dissuasif et que ce système ne serait jamais réellement appliqué. Au final, les artistes sont furieux face aux atermoiements de la mise en place du système. Brillant.

Quand on compare avec les innovations de l’administration Obama, regroupées sous le programme « Governement 2.0 », sous la houlette d’un Directeur des systèmes d’information installé à la Maison Blanche, on est pris d’un léger sentiment de « honte » qui blesse l’orgueil patriotique. Il n’y avait pourtant aucune fatalité à ce que les États-Unis et la plupart des grands pays européens passent devant la France en la matière.

L’UMP a planté le clou final avec ses initiatives pseudo-branchées : lip dub grotesque qui a ridiculisé la jeunesse de droite auprès d’1 million de jeunes électeurs, bide total de son réseau social à 250.000 euros qui devait révolutionner la politique, multiplication des infractions au droit d’auteur en contradiction totale avec l’esprit d’Hadopi…

Cette séquence de paroles malheureuses et d’échecs successifs, qu’aucun projet emblématique, ni aucun succès opérationnel, n’est venu contredire, n’a fait que conforter l’image d’une droite française qui, en 3 ans de pouvoir, s’est elle-même e-ringardisée et fabriqué de toute pièce une image anti-internet, autant dire anti-modernité, voire anti-jeunes.

La gauche, au moins, est plus discrète

Les leaders de la gauche ne sont pas nécessairement moins ringards que ceux de la droite. Au moins ont-ils la prudence politique de faire semblant de respecter les activités ésotériques de leurs jeunes électeurs et l’intelligence de ne pas prendre le risque d’afficher leur ignorance en la matière. Comme quoi, le discours décomplexé de la droite sarkoziste n’a pas que des avantages.

Les professionnels de l’analyse politique vous expliqueront que tout cela n’a aucune importance et que la France réelle se contrefout de l’Internet, que les vrais enjeux sont ailleurs, que les électeurs de droite sont vieux… C’est en grande partie vrai. Internet ne fera pas l’élection, loin s’en faut.

N’empêche que la droite s’est mis inutilement un caillou supplémentaire dans la chaussure. Cela participe à la construction d’une image générale, excessivement conservatrice et sécuritaire, dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle ne rencontre plus, pour le moment, un grand soutien dans la population.

Pour 2012, rien n’est joué bien sur. Nicolas Sarkozy garde toutes ses chances, et l’Internet, comme outil et comme attribut socio-culturel, jouera un rôle sans doute marginal dans le résultat de l’élection présidentielle. Mais dans un combat serré, un élément marginal peut jouer un rôle décisif. Il est plus difficile de battre un candidat soutenu par la grande majorité de la jeunesse au sens large - les générations X et Y qui biberonnent à l’Internet - même quand on a le soutien des vieux…  Quand on voit le rôle que la génération Internet a joué dans la campagne Obama, on peut légitimement s’inquiéter. Que se passera-il si elle se met très majoritairement au service du candidat de la gauche (risque renforcé si cette dernière a l’intelligence de choisir un candidat web friendly comme DSK) ?

Il reste 2 ans à la droite pour se « réconcilier » avec la génération Internet. Vu le passif, il faudra des mots et des actes forts.

Article initialement publié sur le blog adassier.wordpress.com

Photo CC Flickr PhotoKraft et Nicolas Nova

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  • Mediactoeur le 5 août 2010 - 21:14 Signaler un abus - Permalink

    Cher ami, votre analyse de qualité laisse percevoir une grande candeur quant aux volontarisme, l’hyper-activisme, affichés par le candidat Sarkozy : cet individu (pour qui je n’ai pas voté vous l’aurez compris) sait s’entourer et s’organiser pour conquérir me pouvoir. Autrement dit, il sait cultiver son image à travers l’affichage et l’annonce. Avez-vous remarqué sa façon de faire avec la sécurité et la délinquance ? Il parle beaucoup, il gesticule, enfin bref il fait un max de bruit pour être sûr que les électeurs conservateurs (les vieux notamment) vont l’entendre. Mais dans les faits, sa politique tape-à-l’oeil a-t-elle permis une évolution significative de la situation depuis huit ans qu’il a la main-mise sur ces dossiers ? Il fallait vraiment être candide pour voter pour pareil candidat qui proclamait à l’envie que “tout était possible!” et croire à ce que racontait cet illusioniste.

    Quant à DSK, vous avez bien sûr le droit de l’apprécier : mais de grâce, ne lui collez pas une étiquette de gauche car là encore vous faites preuve d’une grande naïveté ! Qu’y a-t-il de gauche chez cet homme politique mis à part sa qualité de membre du Parti socialiste ?

    Désolé de franchement m’inscrire dans le champ de la politique politicienne pour répondre à votre billet, mais tout est lié. Et comme citoyen je ne peux m’empêcher d’effectuer un rapprochement entre les revendications libérales d’une certaines catégorie d’adeptes du web et la naïveté et l’éthnocentrisme dont il font preuve dans la détermination de leur préférence politique ! Il faut être relativement privilégié, s’estimer en mesure de surfer sur la vague escomptée, et bien ignorant des conditions d’existence d’un grand nombre de ses concitoyens pour appeler de ses voeux des réformes libérales conduites par Nicolas Sarkozy ! Cela semble témoigner d’un enthousiasme à courte vue pour la modernité qui, que je sache, ne constitue pas à elle seule un projet de société ! Assimilable en 2010 à un modèle libéral, ce type d’organisation sociale convient on va dire à un bon quart de la population grand maximum ! Les autres subissent sans trop comprendre ce qui leur arrive et se rendre compte de ce qui nous arrive collectivement ! Dès lors qu’on se désintéresse des conséquences de ses choix sur les laisser-pour-compte du libéralisme ou, pire, si l’on considère que chacun est responsable de son sort, c’est plus facile ensuite de n’y voir que des avantages !

    Quant à la guerre économique qui fait rage mondialement, argument traditionnel et incontournable, si ce n’est indépassable, des indécrottables va-t-en-guerre (qui en ce moment nous font entendre un couplet sur le tragique de l’Histoire !), eh bien je m’étonne d’observer que d’aucuns trépignent pour se jeter dans la bataille, et le pays avec eux bien sûr, plutôt que d’Å“uvrer à y mettre un terme pour faire évoluer la vie économique vers des formes coopératives et pacifiées. Il m’avait toujours semblé qu’une guerre n’était pas faite pour durer et que les protagonistes les plus raisonnables et responsables manifestaient toujours l’intention d’en sortir dans les meilleurs délais !! A chacun sa naïveté … :)

    Je suis bien sûr disponible pour faire suite aux éventuelles objections que vous pourriez juger utile de m’opposer … )

    Contradictoirement vôtre …

    Pascal Busnot (Héloup – 61)

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  • On refait l'histoire du Web sarkozyste le 5 août 2010 - 21:15 Signaler un abus - Permalink

    “campagnes d’e-mailing, achat de mots clés Google”

    Arnaud Dassier, vous oubliez un peu vite que ces deux campagnes, dont vous êtes à l’origine, ont eu un impact désastreux!

    Toute la France d’Internet a pris en grippe Sarkozy, en recevant ces millions de SPAM à votre initiative.

    Par la suite Vincent Ducrey a eu votre peau, sans faire pire.

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  • arnaud dassier le 5 août 2010 - 21:33 Signaler un abus - Permalink

    Bonsoir
    Ces opérations ont eu un impact extraordinaire.
    Les taux de clics et de conversion ont battu tous les records.
    Des dizaines de milliers de français se sont inscrits et ont adhéré.
    Le fichier d’e-mails de l’UMP est passé de 40 à 320.000
    Seuls les blogers et internautes de gauches se sont plaints, ce qui est de bonne guerre.
    Quelques années plus tard, le PS s’est mis lui aussi a acheter des mots clés sur google.

    Vincent Ducrey n’a pas “eu ma peau”. il a été embauché à l’UMP, comme permanent, alors que j’étais prestataire, pour compléter une équipe web dont une partie avait rejoint les cabinets ministériels.

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  • Sarkostory le 5 août 2010 - 21:47 Signaler un abus - Permalink

    Ok pour l’augmentation des adhésions, mais c’était auprès des convaincus.

    L’image de Sarkozy auprès des non convaincus a été dégradée par cette campagne intrusive. Après on ramait pour défendre Sarkozy en ligne. Sans arrêt l’image de spammeur était renvoyée.

    On a été loin d’un effet sympathie en ligne, type Obama.

    Et c’était un secret de polichinelle connu de tous à l’UMP, que Ducrey avait décidé de vous mettre dehors, dès que possible. Concurrence générationnelle et divergence méthodique.

    Or Ducrey c’était la puissance de Guéant. Du lourd. Même pour un enchanteur.

    Cordialement.

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  • idoric le 5 août 2010 - 22:10 Signaler un abus - Permalink

    > « Cela participe à la construction d’une image générale, excessivement conservatrice et sécuritaire, dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle ne rencontre plus, pour le moment, un grand soutien dans la population. »

    Malheureusement rien n’est moins sûr :
    http://www.lefigaro.fr/politique/2010/08/05/01002-20100805ARTFIG00506-securite-les-annonces-de-la-majorite-plebiscitees.php

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  • Stratégie sarkozyste en ligne le 5 août 2010 - 22:41 Signaler un abus - Permalink

    Pour parler un peu stratégie politique en ligne, le coup de génie de la communication sarkozyste, ça a été de gonfler artificiellement Bayrou pour diviser la dynamique de la gauche.
    Il fallait que Nicolas soit en tête, largement, au premier tour.
    La gonflette Bayrou a été méthodiquement activée en ligne par les sarkozystes pendant huit mois.
    Le PS est apparu plus faible, et a été incapable de rassembler la gauche au deuxième tour.
    Royal, forcée de draguer Bayrou entre les deux tours, a achevé d’énerver une partie de la gauche, qui n’a pas voté pour elle.

    Voilà de la stratégie politique en ligne, c’est autre chose que de balancer des SPAM à des millions d’Internautes.

    Et pour le coup, ce n’était pas une stratégie pensée par l’Enchanteur.

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  • arnaud dassier le 6 août 2010 - 0:10 Signaler un abus - Permalink

    Cher Sarkostory

    Je ne suis pas du tout d’accord.
    Votre argument se retourne facilement.
    Indetifier et rassembler les sympathisants, c’est justement l’objectif de la communication. Avec l’espoir, ensuite, avec l’animation, d’en faire des ambassadeurs.
    C’était aussi l’objectif de la campagne Obama : faire rentrer les gens dans le système de mobilisation, en facilitant l’entrée au maximum.

    A l’inverse, ceux qui ont mal réagi sur les e-mails, une infime minorité (comparaison des e-mails de plaintes par rapport aux ouvertures, clics et inscriptions) sont des gens qui étaient au départ hostiles (c’est pour ca qu’ils ont mal réagi). Quel intérêt d’essayer de convaincre des adversaires ?

    Abandonner l’e-marketing -et les dizaines de milliers de sympathisants qu’il vous permet de recruter- pour essayer de séduire quelques centaines de blogueurs ou internautes qui vont hostiles au départ, sont des “imbéciles” (excusez moi de l’expression), qui confondent la réalité avec la surface des choses.

    Nous avons recruté la France réelle, et délaisser la blogosphère. Et on a gagné.

    L’UMP a opté pour le soft marketing et l’influence. Ou sont les résultats ? Les fichiers des sympathisants et d’adhérents ont fondu. Et aujourd’hui, l’UMP et NS sont la risée de l’internet alors qu’ils n’ont plus fait un seul e-mail ni acheté de mots clés google depuis 2007.

    Au bout d’un moment, il faut regarder les résultats.

    Je vous signale par ailleurs que l’idole de la blogosphère -Barack Obama – a utilisé massivement la publicité sur le web (e-mailing, bases de données comprtementales qualifiées, achats de mots clés, bannières…).

    Même le PS s’est mis à acheter des mots clés…

    Sinon, cher Sarkozstory, c’est très intéressant ce que vous racontez. On apprend des choses. ;-) Vous pouvez développer ?

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  • bertrand le 6 août 2010 - 0:22 Signaler un abus - Permalink

    sur le constat, il n’y a effectivement pas de débat.

    Par contre mettre ses espoirs en DSK, me semble pour le moins manquer de clairvoyance : c’est encore un dinosaure libéral échappé du dernier millénaire.

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  • Sarkostory le 6 août 2010 - 0:39 Signaler un abus - Permalink

    “c’est encore un dinosaure libéral”

    Arnaud Dassier est un libéral de la première heure :-)
    Ce qu’on appelle un “ultra-libéral” en France.
    Depuis le soutien à Alain Madelin jusqu’à la fréquentation des fondateurs du groupuscule Alternative Libérale ;-)
    Sarkozy et DSK doivent être un peu trop étatistes à son goût.

    Sinon, l’analyse quantitative des effets des campagnes intrusives n’est pas fausse, mais c’est l’éternel débat entre l’efficacité musclée et l’image.

    Obama partait d’une image différente, son intrusion sur Internet a été mieux perçue.

    Sarkozy trainait l’image du “flic”.

    L’UMP était très embarrassée au moment des protestations contre les SPAM, et c’est à ce moment que “le sort” de Arnaud a été décidé, même si tout ne s’est pas fait en un jour, les projets en cours ont continué.

    (Ou disons que cela a servi de déclencheur pour commencer l’éviction d’un concurrent sur un marché étroit).

    Merci en tout cas pour la franchise au sujet des blogueurs “imbéciles”. Vous négligez néanmoins la possibilité de les utiliser pour d’autres stratégies que celle de les convaincre. Un adversaire “imbécile” peut être utilisé contre un adversaire plus dangereux. C’est ce que faisait le KGB avec les “idiots utiles”. C’est ce qui fut fait en 2007 avec les blogueurs pro-Bayrou pour affaiblir le PS.

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  • arnaud dassier le 6 août 2010 - 10:37 Signaler un abus - Permalink

    Bonjour Sarkostory,

    Précision. Ma phrase n’est pas bien rédigée, mais il est tout de meme clair que ce sont pas les blogueurs qui sont des “imbéciles” (j’ai moi même un blog) mais ceux qui opposent influence et e-marketing. L’influence est utile mais elle ne permet pas de remplacer l’e-marketing, indispensable pour toucher massivement vos sympathisants. Il est stupide d’opposer les 2.
    Grace a nos actions d’e-marketing, l’UMP a abordé la présidentielle avec une armée de plus 300.000 sympathisants qui ont assuré le succès de nos actions tout au long de la campagne.
    Les remarques des opposants sur le soi-disant “spam” sur les forums pèsent peu de chose face à cette réalité militante. Le “sarko-spam” a juste représenté une opportunité d’argument supplémentaire pour exprimer leur opposition à Nicolas Sarkozy.

    On ne fait d’omelettes sans casser d’oeufs. Quand on navigue au centre de la rivière (là ou on l’on bénéficie du courant le plus fort), il y a des secousses et de l’écume mais on va beaucoup plus vite. Ce sont ceux qui ne regardent que l’écume en disant “mon dieu, il y a de l’écume, quittons immédiatement le centre de la rivière” qui sont des “imbéciles”. Quand le sage montre la Lune, l’imbécile regarde le doigt.

    Finalement vous n’etes pas si bien informé finalement. Votre explication ne tient pas la route. J’avais été au contraire favorablement impressionné en 2005 du soutien public de l’UMP sur les e-mailings. D’ailleurs quelques mois plus tard, on a commencé les google adwords. Et ce n’est que 2 ans plus tard, après la présidentielle, que l’UMP a arreté toutes ses actions internet jusqu’en 2008, pour des raisons financières notamment.

    Dans un parti politique, on a toujours des opposants et des concurrents. Les raisons qui sont invoquées pour écarter tel ou tel ne sont que des prétextes qui ont généralement un lointain rapport avec la réalité.

    Vincent Ducrey a pu appliquer a l’UMP en 2007 / 2008 ses techniques softs d’influence et faire travailler ses amis. Résultat ?
    - Le pseudo réseau social UMP-Net n’a jamais fonctionné.
    - Le fichier de sympathisants et le nombre d’adhérents a diminué année après année, sans être renouvelé
    - Le trafic du site web de l’UMP s’est effondré
    - L’image de l’UMP sur le Net, si tant est qu’elle était mauvaise auprès de la majorité des internautes (à ne pas confondre avec une minorité bruyante)- ce dont je doute – ne s’est pas particulièrement améliorée, me semble t il.

    L’influence est utile et nécessaire mais n’est pas une formule magique. Au moins l’e-marketing vous permet il d’identifier et de fédérer vos soutiens, ce qui est tout de même un des roles fondamentaux des partis politiques.

    Cordialement,

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  • Sarkostory le 6 août 2010 - 11:30 Signaler un abus - Permalink

    “soutien public de l’UMP sur les e-mailings”

    Il y a UMP et UMP.
    Vous avez mal identifié qui avaient les vraies cartes en main à l’UMP, non pas statiquement mais dynamiquement.
    C’est la raison pour laquelle, malgré les succès que vous retenez, vous n’avez pas conservé votre position (dans l’UMP et au sein des équipes Web gouvernementales après 2007).

    Il y avait à l’UMP le “clan sarkozyste”, encore faible au début dans ce grand parti chiraquien, et vous n’avez pas réussi à lui inspirer confiance, ou à surmonter l’effet concurrence générationnelle.

    Comme l’UMP est malgré tout un vaste mouvement, il n’a pas été possible de vous débarquer en un jour. Vous aviez des compétences, les sarkozystes n’étaient pas tous prêts.
    Mais ceux qui avaient les vraies cartes en main avaient pris la décision de le faire, dès que possible.
    Et plusieurs opérations importantes de la campagne de 2007 se sont déjà faites dans un autre environnement, plus “secure”.

    Cordialement.

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  • Sarkostory le 6 août 2010 - 11:49 Signaler un abus - Permalink

    Sinon, pour l’influence, il y a encore beaucoup de techniques qui sont expérimentales.

    Si l’on considère que le Web ne fait pas encore une élection, qu’il y a une marge de 5 à 10 ans pour travailler différentes techniques, cela laisse du temps pour explorer, et rechercher d’autres approches que le marketing de masse.

    La façon dont, en influant en un endroit avec peu de moyens, on obtient par contagion un effet plus large, demande encore beaucoup d’études et d’expériences dans le domaine politique.

    Certains ont clairement surestimé l’influence des blogueurs politiques. Et surtout leur influence positive. Il est parfois plus efficace d’utiliser leur influence négative. (Les utiliser contre un adversaire, pour la division par exemple, plutôt que pour défendre une position, ce qu’ils font maladroitement).

    Terres d’expériences… Ne pas tout juger aux résultats immédiats.

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  • Sarkostory le 6 août 2010 - 12:21 Signaler un abus - Permalink

    “Le pseudo réseau social UMP-Net n’a jamais fonctionné”

    Le réseau social du Nouveau Centre, sur lequel vous avez travaillé, n’a pas brillé non plus.
    Vous aviez promis d’attirer les Français vers le Nouveau Centre. On cherche encore.
    Les démocrates n’ont pas fait mieux.
    Tous les réseaux sociaux politiques ont été des échecs, surtout quand ils cherchaient à attirer dans un lieu nouveau.
    C’est plus facile de travailler sur des réseaux existants, comme Facebook.

    Là encore, c’est un terrain neuf, expérimental.

    Certains se sont imaginés reproduire le succès d’Obama, en copiant quelques techniques, dans un environnement très différent, avec surtout une personnalité très différente à défendre.

    Hervé Morin n’est pas une matière qui se travaille comme Barack Obama, pour séduire les foules en ligne.
    “Think Centre” et “Epicentre” n’ont pas fait rêver.

    Les Supporters de Sarkozy, qui postaient des centaines de commentaires idiots ou de propagande plate sur tous les forums et blogs, ce n’était pas non plus très efficace.

    Il y a aussi des projets qui ne sont pas destinés à fonctionner, mais qui font tourner les agences ou les amis. C’est aussi la réalité économique de la communication politique.

    Les Gaulois sont plus faciles à diviser qu’à rassembler. D’où l’importance des techniques négatives, dont on ne peut pas bien parler publiquement car elles choquent.

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  • arnaud dassier le 6 août 2010 - 13:43 Signaler un abus - Permalink

    Mr Sarkostory

    Vous avez de l’info mais votre analyse ne recoupe pas très bien avec mon vécu et mes infos. Ce serait intéressant d’en parler à l’occasion en tete a tete ;-) . Mon e-mail est arnauddassier at gmail.com

    J’approuve les autre commentaires, sauf celui qui critique un peu toutes les méthodes sans en recommander aucune. Si on écoute ce genre de raisonnement, on ne fait rien.

    Je préfère nettement l’approche consistant à dire que tout cela est nouveau et expérimental, et très dépendant de facteurs extérieurs (attractivité du leader ou du parti politique, animation…). il y a donc une majorité d’échecs, et grace a ces tentatives, il y a parfois des grands succès (que les sceptiques professionnels peuvent toujours relativiser, le succès parfait n’existe pas). Là ou ca devient inquiétant, c’est quand on enregistre AUCUN succès, ce qui est le constat de mon billet.

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  • Tomate le 7 août 2010 - 12:48 Signaler un abus - Permalink

    @sarkostory

    La faute des échecs des réseaux sociaux ne viendrait elle pas plutôt d’ un problème plus profond qui est celui du militantisme. Nous savons tous que hors période d élection les français ne sont pas intereses par la politique et donc peu mobilises (encore moins pour faire du phoning et du porte a porte). Mais ces rseaux sociaux prouveront leur utilité en 2012 et 2011 au moment de la préparation de la présidentielle.
    Quand au nouveau centre le réseau social et le débat participatif marchent plutôt bien au vu du nombre et a l activité du mouvement. Certes Hervé Morin n’est ni Nicolas Sarkozy (heureusement) ni Barack Obama mais sa stratégie internet est audacieuse et son attrait sur lesreseaux sociaux de plus en plus grandissant.

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  • Charlattend le 8 août 2010 - 19:45 Signaler un abus - Permalink

    ¨Prière de corriger : “commentaires sensés” et non censés…C’est insensé !

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  • vieuxdunet le 16 août 2010 - 1:34 Signaler un abus - Permalink

    Vous avez l’air sincère dans votre argumentation, mais j’ai plutôt souvenir d’une campagne efficace sur le Net chez Segolene Royal, avec une war room très organisée, tandis que le sujet à droite était complètement négligé.
    Il faut dire que la blogosphère est majoritairement anti-sarkozyste
    L’histoire a bien montré que ce n’était pas internet qui faisait les elections presidentielles en france en 2007

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  • David CABAS le 27 août 2010 - 2:41 Signaler un abus - Permalink

    SarkoGate : Raccompagnons Nicolas Sarkozy à la frontière … de l’Elysée : http://www.facebook.com/group.php?gid=142284815808171

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