Le crowdmapping au secours des Pakistanais

Le 18 août 2010

Suite aux terribles crues qui ont touchées le Pakistan, Faisal Chohan a monté une plate-forme permettant aux personnes sinistrées de faire remonter l'information via SMS. Info qui s'affiche ensuite sur une crowdMap. Il fait le point avec nous, depuis Islamabad.

Faisal Chohan est un entrepreneur Pakistanais spécialisé dans les questions technologiques et sociales. Il est co-fondateur de Coligent Solutions et de BrightSpyre.com.

Comment en êtes vous venu à mettre en place cette plate-forme de SMS reporting ?

En fait, c’est une longue histoire. J’avais déjà essayé de mettre ce principe en place l’an dernier, lors des terribles déplacements de population dans le Nord-Ouest du pays mais ça n’avait pas abouti car les opérateurs locaux ne nous avait pas fourni de soutien et l’un des outils que nous voulions mettre en place sur le site internet n’était pas finalisé à temps. C’est donc un souhait de longue date.

Ces derniers temps, je travaillais justement sur les données SMS pour un projet de l’une de mes sociétés, j’ai donc pu rapidement obtenir un numéro d’envoi. Par ailleurs, via TED, les membres d’Ushahidi sont devenus mes collègues donc je connaissais leur plate-forme de crowdmap.

Comment avez-vous mis en place  le projet techniquement ?

Dans les 3 premiers jours j’ai rapidement obtenu le numéro d’envoi des SMS et la prise en main de la crowdmap s’est faite simplement. J’ai ensuite travaillé une journée supplémentaire pour intégrer l’ensemble au plus vite. Une fois que la crowdmap était en place tout a été assez rapide.

Quelle est la prochaine étape pour vous maintenant ?

Désormais, l’enjeu est tout autre : 18 millions de personnes sont touchées et c’est l’une des plus grosse implantation de la plateforme de crowdsourcing Ushahidi. Il faut donc que je monte une équipe rapidement. Dès que le site a été en ligne, des personnes du monde entier m’ont contactées et je suis maintenant en mesure de mettre sur pied une équipe de plus de 10 personnes venant de nombreuses universités (Harvard, Yale, Brown, Fletcher).

Et ici, au Pakistan, est-ce que vous avez reçu du soutien, notamment de la part des autorités ?

C’est l’un des enjeux important. Nous avons pris contact avec les autorités le 13 août. Nous leur avons envoyé un résumé du projet. Ca risque de leur prendre un peu de temps pour nous répondre et nous comptons les relancer dès que nous aurons un nombre significatif de données à leur montrer. Notre objectif est surtout de diffuser l’information dans les zones touchées à propos du numéro d’envoi des SMS.

Finalement notre info est simple pour les personnes qui sont sur place : “envoyez un message avec vos observations / besoins et votre localisation.  Il suffit de taper “FL”+espace+”votre message” et de l’envoyer au 3441.
Les autorités locales, les médias, les organisations, les opérateurs mobiles, les chaînes de télévision, tout le monde peut contribuer à faire passer cette info.

Des personnes de Ushahidi qui ont travaillé sur le tremblement de terre en Haïti nous ont d’ailleurs rejoint et nous cherchons sans cesse le meilleur moyen pour informer les personnes sur place.

Pour l’instant nous n’avons lancé notre message qu’hier et notre équipe se concentre surtout sur la coordination des efforts pour qu’il soit diffusé auprès du plus grand nombre.

Êtes vous aussi en contact avec des équipes de secours sur place qui pourraient avoir besoin de ces infos ?

Pour l’instant notre prochaine étape est de monter une équipe de personnes qui sera à même de vérifier les informations que nous recevons en temps réel. Ainsi les équipes de secours et les organisations humanitaires pourront répondre à ces besoins.

Un dernier point : ce type de plate-forme est nécessairement limité par les infrastructures techniques, les zones d’où vont provenir les reportings ne seront jamais celles les plus touchées ?

C’est juste et c’est l’une des contraintes de ces solutions d’urgence. Mais toute personne ou organisation qui se rendrait dans ces zones les plus sinistrées avec des moyens de communications qui le permettent peut malgré tout envoyer un message en décrivant la situation sur place.

C’est vrai que ce type de plate-forme arrive dans un second temps et avant tout dans les zones où les réseaux mobiles étaient déployés avant la catastrophe.

Nous sommes malgré tout convaincus que les téléphones mobiles sont le meilleur moyen de communiquer avec les personnes dans les pays en développement, que l’on soit en période normale ou en temps de crise.

Ces sont souvent les dernières choses à être touchées et souvent les premières à fonctionner de nouveau après la catastrophe.
Nous avons voulu mettre sur pied une plate-forme basée sur les téléphones mobile qui rende possible la remontée d’informations depuis les zones sinistrées et surtout le partage de cette information avec le plus grand nombre. C’est ainsi que cela peut être utile aux personnes touchées par la catastrophe et aux équipes qui travaillent sur place lors des crises humanitaires.

En savoir plus:

http://pakrelief.crowdmap.com
http://pakrelief.crowdmap.com/page/index/1
Crédit photo FlickR CC par Oxfam International

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