Girly porn diaries

Le 19 novembre 2010

Des revues de son adolescence à la banalisation du porno, Agnès Maillard s'est penchée pour OWNI sur le cul côté filles. Entre ses aspirations et la réalité, notre Monolecte est resté sur sa faim.

Quand OWNI m’a demandé d’écrire un papier sur le sexe, enfin un truc girly trash porn, j’ai commencé par beaucoup m’en amuser, un peu comme si le Louvre commandait à Gilbert Montagné une étude sur le rendu de la lumière dans l’œuvre de Rembrandt !

Après m’être longuement creusé la nénette pour savoir ce que j’allais bien pouvoir déballer sur cet épineux sujet, j’ai fini par pondre un truc bien monolectien, sur le cul vu du côté la lutte des classes, jugé un peu trop engagé et qui a donc logiquement atterri chez moi.
Puis, j’ai décidé de réfléchir à la question.

Qu’est-ce que j’y connais au porno, pour commencer ?
Pas grand-chose.

Voilà ce que l'on trouvait autrefois sous le lit d'un ado.

À une époque, c’était des histoires de petits cinémas glauques où de vieux messieurs moches et seuls allaient se palucher pitoyablement sur des sièges de velours rouges tout tâchés. C’était aussi des magazines criards planqués tout en haut des présentoirs des marchands de journaux, là où les petits garçons ne pouvaient s’élever, même à la force du poignet. C’était des photos toutes froissées par un usage intensif que des garçons à peine pubères se refilaient à la récré derrière les chiottes en gloussant comme des dindons mal dégrossis. C’était aussi, pour les plus rusés d’entre mes copains, le cahier central de Vidéo7, le seul magasine qu’ils pouvaient acheter sans passer pour des pervers déliquescents. Bien sûr, il fallait un microscope pour mater les jaquettes bien explicites du cahier central spécial porno, mais comparé aux pages lingeries de La Redoute, ce devait être la plongée directe du club Mickey à Sodome et Gomorrhe.

Et côté filles, me direz-vous ?

À l’heure où nos petits cerveaux malléables baignaient littéralement dans une tempête hormonale, le sujet était forcément de la plus haute importance dans notre pensionnat de jeunes filles bien élevées dont quelqu’un jetait la clé au fond d’un puits tous les lundis matin pour ne la retrouver que le vendredi soir. Et notre curiosité était au moins aussi immense que notre ignorance dans le domaine. L’éducation sexuelle de l’époque était totalement indigente, limitée à une heure de biologie avec une coupe transversale des organes reproducteurs présentée en troisième sous les rires éraillés des garçons et puis c’est tout. Le sexe, c’était dans le courrier des lectrices de Podium et de ce genre de sous-magazines pour gamines pubères, avec des questions vachement importantes comme “faut-il coucher le premier soir” ?
Et bien sûr, les récits instructifs des grandes :

  • “quand une fille marche avec les genoux écartés comme ça, c’est qu’elle a couché”
  • “J’ai fait une pipe à travers un jean, est-ce que je peux tomber enceinte ?”

On ne savait pas de quoi elles parlaient, et manifestement, elles non plus. En fait, s’intéresser au sexe, quand on était une fille, c’était assez limite. Juste des discussions ignares et confuses, le soir après l’extinction des feux. Une fille qui aurait ramené un journal de cul ou maté un porno, ça aurait plutôt été une salope qu’une exploratrice. Vu des adolescentes, le sexe, c’était regarder langoureusement les garçons à travers son mascara grumeauté à grands paquets tout en espérant un palot pas trop baveux à la gare routière, le vendredi soir, avant de rentrer sagement à la maison.

J’avais une amie qui n’avait pas très bien intégré les codes du genre. Un jour, elle ramena un roman porno qu’elle avait dû piquer à son grand frère ou à sa mère, un truc qu’on lisait avec émois sous les couvertures tout en essayant de comprendre un vocabulaire stratosphérique rempli de vît, foutre, con, chatte, pine, gland, etc. Le porno dérobait à notre perception sexuelle ce qu’il étalait à pleines pages pour les garçons. Pendant que les copains se tapaient des concours de branlette après l’extinction des feux, on en était encore à penser que le touche-pipi, c’était sale et dépravé et à se demander si, pendant une pelle, il convenait d’ouvrir la bouche et… mais qu’est-ce qu’on pouvait bien foutre de la langue?

Un jour, la copine au livre expliqua qu’elle s’était masturbée abondamment et avec une belle réussite avec son stylo encre de service, éveillant la curiosité de la plupart d’entre nous et la jalousie d’une autre. Le lendemain matin, elle fut saluée dans la cour de récré par un garçon avec un langoureux “bonjour Stypen”. Ça n’a duré que quelques semaines, mais elle en fut profondément mortifiée et stigmatisée. Elle était la salope, la branleuse, la pute. Les autres nanas l’évitaient soigneusement pour ne pas être contaminées par sa réputation sulfureuse et je suppute que les garçons se sont astiqué le manche bien des fois en pensant à elle secrètement…

Et puis, est arrivé Canal +

Ça n’a l’air de rien, comme ça, mais d’un seul coup d’un seul, le truc un peu poisseux qui se planquait sous le manteau arrivait directement dans le salon de quelques privilégiés respectables. Le porno du samedi soir ! Enfin pas tous les samedis non plus, fallait pas être trop gourmand ! Mais tous les premiers samedis du mois, c’était l’institution : avec une passoire correctement agitée devant les yeux, on pouvait espérer déchiffrer quelque chose dans les bacchanales cryptées. Le vrai sport, pour les ados de mon calibre, c’était donc de se retrouver invités le jour qu’il fallait, dans une maison correctement équipée et jouer finement de l’emploi du temps pour que les parents soient absents pendant le créneau fatidique.
Autant dire que ce n’est pas arrivé souvent !

Des années de curiosité réprimée et insatisfaite qui vont céder devant le tsunami de la banalisation du sexe. Canal+ ouvre la brèche dans laquelle s’engouffre une foultitude de chaînes et de programmes. Le cul devient décomplexé à tel point qu’on finit par savoir ce qui même ne nous intéressait pas. Petit coup de zapping mou et hop, immanquablement, on finit par tomber sur une vulve ouverte à tous les vents. À se demander si le trop n’est pas l’ennemi du bien.

Terminée, la griserie de l’interdit, le subtil frisson du voyeur qui découvre ce qui lui est si fermement caché. Du cul, du cul, du cul, partout, tout le temps, à tous les étages. Ça fourre, ça couine, ça gémit en de grands hahanements bien appuyés. C’est comme une grosse bouffe avec une farandole de desserts qui n’en finit pas… totalement indigeste et vaguement écœurante.

Et si, au moins, ça faisait monter la température dans les culottes ! Mais non. Des vulves, des seins, des anus, des doigts et, de temps à autre, une bite qui fourre tout ça comme si elle voulait éclater la taupe au fond du trou. Les films se ressemblent tous : de petites nanas dépoilées et siliconées, avec de petits culs lisses si étroits qu’on se demande comment elles peuvent supporter de se faire désarticuler par des empaleurs en série qui ont tous des gueules de proxo mafieux des pays de l’Est.

C’est de l’érotisation de plombier ou l’art de fourrer les orifices. Avec toujours la même séquence, pratiquement filmée en macro : cuni, pipe, levrette, sodo et éjac’ faciale. Comment penser qu’une femme puisse être bouleversée par une série de petits jets de sperme en pleine poire ?
Juste des variantes. Des Noirs, des Japonaises qui couinent en se tortillant, des gods, des vieux. Et toujours de longs plans-séquences sur des nanas qui se font tringler. La métaphysique du vide, la sexualité du trou. Le porno formaté et répété ad nauseam au service de la branlette hygiéniste de monsieur. C’est tellement fait par des mecs et pour les mecs que même eux ne marchent plus à tous les coups. J’ai cherché le salut du côté du porno amateur sur Internet. Exploration sans fin (faim?) des mots clés qui égrènent tous les fantasmes, mais qui débouchent toujours, plus ou moins, sur le même manque de mise en scène d’un coït standardisé et sans âme.

Aussi, quand j’ai entendu parler du porno pour les femmes, je me suis jetée dessus comme le naufragé du Titanic sur une bouée autochauffante ! Dirty Diaries se donne carrément l’ambition de repenser la pornographie, que dis-je de la révolutionner en laissant la caméra le téléphone portable à douze réalisatrices d’obédience féministe. J’y crois, j’ai vachement envie d’y croire, comme on a envie de croire au shampoing qui te donne une crinière de lionne qui brille au soleil ou à la lessive qui lave toujours plus blanc et qui atomise les tâches qui te ruinent le linge et le moral ! Je reluque un extrait de Skin, le court le plus prometteur du lot, en fantasmant sur la recréation du genre. Et je me prends en pleine poire un manifeste pour une sexualité sans hommes. Ben oui, pour moi, le sexe au féminin, ce n’est pas quelque chose qui exclut l’homme, le ridiculise, le transforme en simple godemichet.

J’aime les hommes, de préférence dotés d’un léger pelage qui ombre leurs cuisses, leurs fesses, leur ventre, j’aime les hommes bien faits et pas forcément body-buildés, j’aime les hommes avec leurs sourires ravageurs, leurs petites pudeurs déplacées, leur fragilité soigneusement dissimulée, j’aime les hommes qui aiment les femmes qui aiment les hommes. Et donc, forcément, pour moi, Dirty Diaries retombe comme un vieux soufflet et n’apaise en rien mon envie d’être émue par une belle et éclatante sensualité masculine.

Y-a-t-il vraiment du porno pour les femmes?

Quand je cherche du “nu masculin” sur Google images, je récupère toute une iconographie glaçante de jeunes imberbes musculeux à destination des homos. De (jeunes) hommes vus par et pour des hommes. Et ça ne me bouleverse pas.
Finalement, ils ont eu raison les petits gars (fille en fait, ndlr) d’OWNI, de me demander de me pencher sur la question du porno vu par les filles. Ce n’est pas mon univers, pas ma came, pas ma zone de combat… a priori.
Je suis arrivée sur ce sujet avec l’exaltation gourmande d’une jeune ouvrière qui vient d’être embauchée à l’usine de chocolat du coin, dans l’idée de me vautrer dans le stupre et la luxure sans culpabilité aucune : “ben, c’est pour le boulot, quoi”!
Et me voilà avec le cœur au bord des lèvres, submergée par l’abondance de chairs exposées, malaxées, par une déferlante de foutre et de vulgarité.

Oui, on veut du sexe. Mais pas de la viande.
Oui, on veut des mecs. Mais pas des sexe-machines.
Oui, on veut du porno, mais du porno qui saurait mettre en scène l’alchimie subtile du désir et de la jouissance, un hymne à la sensualité et au plaisir partagé !

Ce n’est pas gagné !

Image CC Flickr darkwood67, flickroli666, Paolo C. et Courbet retaillé par Elsa Secco

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  • Hatg le 19 novembre 2010 - 23:12 Signaler un abus - Permalink

    Tout ça pour finir sur les vieux stéréotypes à la con : les hommes sont des gros dégueulasses qui veulent que du cul bouhpabien et les fâmmes ne sont excitées que par l’amour/la sensualité/l’hypocrisie du moment.

    En tant que femme, dans un porno je cherche la même chose que les hommes : des gens qui baisent. Mais apparemment la fâmme ne baise pas, elle s’abandonne à “l’alchimie subtile du désir et de la jouissance, un hymne à la sensualité et au plaisir partagé”.

    Un bon gros tas de mots qui ne veulent rien dire et ne mangent pas de pain. Parce que concrètement, comment on insère “un hymne à la sensualité et au plaisir partagé” dans un plan où une bite rentre dans un vagin ? Un scénario pour introduire le gang bang ? Des bougies au premier plan ? Une BO avec des violons en synchro avec l’éjac ?

    J’ai l’impression que le problème réside plutôt dans le fait que les femmes ressentent toujours le besoin impérieux de se détacher de ce porno “sale”, d’étouffer leur libido sous des cris d’effroi, de l’emballer de jolis mots et sentiments pour la rendre acceptable, non seulement pour les autres mais, pire, pour elles-mêmes.

    Que celle qui n’a jamais pris son pied (ou fantasmé) à se faire prendre violemment contre un mur comme une grosse cochonne me jette la première pierre.

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    • Agnès Maillard le 20 novembre 2010 - 1:33 Signaler un abus - Permalink

      La question est : est-ce que voir des gens qui baisent suffit à alimenter mon excitation? Question subsidiaire : de quelle manière filmer des gens qui baisent pour alimenter mon excitation?
      Et aussi : en quoi le désir serait-il l’ennemi du porno? On peut aimer les bonnes saillies vigoureuses, les chevauchées paillardes et rester dubitatif devant un exercice de marteau pilon interminable ou une éjac faciale. ne serait-ce que parce que c’est singulièrement peu évocateur.

      Ce sont des stimulants typiquement androcentrés. Il suffit de voir les tags qui permettent de trier les films pornos : des dizaines et des dizaines pour trier les nanas sur leur physique et rien pour trier les mecs. Parce que ce qui est donné à voir, c’est ce que cherchent les hommes, pas les femmes. Donc, des gros plans sur les visages des filles et pas grand chose autour de l’orgasme de l’homme (éjac n’est pas orgasme), pas de plans de ce que les femmes pourraient avoir envie de voir pour alimenter leurs propres fantasmes.

      Après, heureusement, c’est comme pour tout, il y a aussi des expérimentations plus heureuses dans le porno et des productions d’assez bonne qualité.

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  • Marie le 20 novembre 2010 - 1:07 Signaler un abus - Permalink

    Perso, quand je fantasme (ou même passe à l’acte) de me faire prendre voilement contre un mur, ce ne sont pas les images de 20 minutes de va-et-vient d’une verge dans un vagin qui me viennent à l’esprit en premier…

    Mais je suppose que je suis une incorrigible romantique, doublée d’une pauvre jeune fille qui n’assume pas le “vrai” sexe…

    Bon, je retourne jouer aux barbies, hein ^^

    (merci pour ce très bon texte !)

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    • Agnès Maillard le 20 novembre 2010 - 1:36 Signaler un abus - Permalink

      Merci, Marie ;-)
      On peut aimer le cul et avoir une sexualité légèrement plus complexe que celle du chèvre.
      Et encore, c’est peut-être pas sympa pour les chèvres, comme comparaison!
      :-D

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  • sceptos le 20 novembre 2010 - 11:55 Signaler un abus - Permalink

    Sur Monolecte ou sur Owni, qu’importe ? Agnès Maillard atterrit de nouveau, pour la 300ème fois peut-être, à la une de Rezo.net. Quoi de plus normal, elle fait partie des administrateurs du site :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Rezo.net

    Mais ne devrait-on pas avoir un peu d’éthique dans le web “alternatif” avant de donner des leçons d’éthique aux autres ?

    Pour paraphraser Bertrand Russell, le vrai courage devrait être de dénoncer son propre camp. Mais nous sommes loin de tout ça ici…

    Risible.

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  • cyclomal le 20 novembre 2010 - 12:20 Signaler un abus - Permalink

    Pour résumer, typiquement masculin donc potentiellement abject et très éloigné de la Parité qui voudrait que des fâmes molestent à leur tour, quelle jouissance, des hommes solidement dominés, enfin utiles. Vivement qu’une loi orchestre tout ce pré-légal-bien-pensant d’omnisciente, avec Morano et Lefebvre en rapporteurs…et repoussoirs!

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  • Totoze le 20 novembre 2010 - 12:20 Signaler un abus - Permalink

    Un film porno n’a aucun intérêt en soit. Il n’y a pas d’histoire, ce n’est ni sensuel ni érotique, ça ne marche que grâce à la mécanique qui fait qu’on (au moins les mecs) est excité quand on voit des sexes en train de fonctionner en gros plan.

    Il ne me serait jamais venu à l’idée de regarder un film porno pour passer une bonne soirée ou me détendre après le boulot, ça sert juste lorsque les hormones travaillent un peu trop.

    Dans le lien que tu donne, l’auteur écris : «on a toujours cette vague impression qu’ils ne prennent pas de plaisir et que tout se déroule sans sensualité»

    Mais c’est exactement ça : les acteurs ne prennent pas de plaisir, c’est leur boulot c’est tout. C’est des acteurs, pas des amants filmés subrepticement. Comment prendre du plaisir quand il n’y a pas de désir pour le/la/les partenaires ? Quand tu dois le faire quand même parce qu’il faut bien tourner même s’il fait froid/chaud/humide, si tu est fatigué ou enrhumé, avec des gens qui te tournent autour en vacant à leurs occupation, avec une ou plusieurs caméra en permanence sur toi ? Je sais même pas comment fond les mecs pour bander. Et les filles parfaitement capable de simuler le plaisir et l’orgasme, ainsi que d’avoir une vrai rôle d’actrice, bah, elle font pas actrice X.

    C’est pas tellement une question d’être fait par les mecs pour les mecs, c’est que porno et sensualité sont antinomique.

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  • jee le 20 novembre 2010 - 12:41 Signaler un abus - Permalink

    alors que vous savez très bien employer le “je” pour évoquer votre mission (sacrifice ?) et votre expérience du porno, l’emploi de ce “on” général à la fin me laisse perplexe. c’est qui “on” ? les femmes ?

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  • Zlotzky le 20 novembre 2010 - 14:00 Signaler un abus - Permalink

    Finalement, lorsqu’on y regarde de plus prés (si j’ose dire), le cinéma porno est à l’image du libéralisme économique : il fonctionne sur une logique productiviste de performance dans laquelle les acteurs-salariès sont tenus d’atteindre des objectifs répétitifs en réprimant leurs états d’âme et de leur dignité ; soumission, humiliation, négation de l’individu, robotisation de la gestuelle et répétition infinie de scènes identiques pour satisfaire des quotas de productions comme des machines qui débitent en série des objets manufacturés, chaque cycle productif se concluant par une éjaculation censée achever le produit.
    Godard avait déjà illustré ce phénomène dés 1980 dans une scène assez comique de « sauve qui peut (la vie) » dans laquelle des clients mâles style cadres sups se payaient 2 putes avec qui ils entreprenaient de recréer une chaîne sexuelle reproduisant une ligne de montage mécanisée.
    Par ailleurs, cette surenchère dans la mécanisation productiviste de scènes sexuelles est étroitement couplée à un hygiénisme d’origine puritaine (particulièrement dans les productions américaines qui dominent le marché) : le poil y est désormais proscrit, les mâles sont body-buildés et lisses, les femelles calibrées et standardisées, tous sont jeunes (même si le marché a pris soin d’occuper des niches spécifiques pour clients gérontophiles, entre autres) et si le sperme jaillit à flots comme liquide symbolique de la plus-value productive, les actrices sont contraintes, préalablement au tournage, à des lavements du rectum pour éviter tout effet collatéral inesthétique d’une sodomie achevée (l’effet « biscuit Finger »). En économie on parlerait d’une anticipation de l’évitement des externalités négatives.

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  • plop le 20 novembre 2010 - 14:15 Signaler un abus - Permalink

    Le porno c’est comme le catch, c’est faux, c’est bidon mais ça excite, ça fait marrer, ça laisse de marbre, ou ça dégoûte. C’est du spectacle, point. Parfois, ça donne envie de réfléchir, -”Mais qu’est ce je viens de regarder ? sur quoi j’viens de me branler ?” et c’est pas si mal, ça désacralise pas mal, ça déculpabilise aussi. -”Ah ouais alors j’suis pas le seul à toujours vouloir leur faire faire le coup de la grenouille”…

    Le porno, c’est pas la réalité les filles, les gars, c’est du fantasme, du faux semblant. Tout le monde le sait et tout le monde s’en fout. Des sentiments ? Tout ça c’est question de transfères. Faut faire marcher la cervelle un peu c’est tout, rentrer dans le jeu du spectacle parce que lui il s’en fout de toi, il t’attends pas et il continus de jouer à faire sans nous.

    Et au final c’est comme tout, on est jamais mieux servis que par soi-même. Regarder des conneries, c’est bien gentil, mais les faire en vrai c’est quand même bien mieux.
    Alors évidemment, après, si t’aime pas le catch parce que “c’est rien que des conneries”, ben effectivement, c’est inutile de le regarder.

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  • Isabelle le 20 novembre 2010 - 14:33 Signaler un abus - Permalink

    Il en va du porno comme de l’économie, du sport, de la politique ou de l’Histoire : c’est toujours le regard des hommes (avec un petit h)qui s’impose. A tel point que les femmes ont beaucoup de mal à imposer leur vision du monde et même à la formuler. A force de voir la vie à travers des lunettes en peau de zob (dixit Alonso)dans les médias, on ne sait plus la voir à travers d’autres lunettes…

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  • Michaël Tartar le 20 novembre 2010 - 14:47 Signaler un abus - Permalink

    Merci Agnès pour cet article : c’est tellement rare qu’une femme s’exprime clairement sur le sujet. D’ailleurs, quels pourraient être les points de vue, angles, scènes, situations, qu’une femme aimerait trouver dans un porno ?

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  • Elodie le 20 novembre 2010 - 15:51 Signaler un abus - Permalink

    mon dieu tant de stéreotype chez une femme soit disant “non” dans la norme ..

    le porno ne se resume pas à une bite dans un vagin en va et vient pendant 30 minutes et se moquer des filles qui aime le porno, le sexe pour le sexe et non le besoin d’y mettre un quelconque romantisme à la con ..

    Il y a une difference entre avoir envie de se faire prendre sans retenu et avoir envie de calins, d’une relation unique ..

    cet article est vraiment un stéréotype de ce que l’on trouve dans les magazines pour ados.. c’est triste, d’habitude j’aime beaucoup votre reflection sur la question.

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  • Hatg le 20 novembre 2010 - 16:09 Signaler un abus - Permalink

    En lisant les commentaires, j’ai l’impression qu’il y a une confusion.
    Personnellement, ce n’est pas de dénoncer les limites du porno qui me dérange mais d’en faire une problématique exclusivement féminine. Et franchement, je vois pas ce que ça vient faire là. Je pense que c’est insultant pour les deux genres que de faire de la sensualité l’apanage des femmes.
    Chaque personne, qu’elle soit homme ou femme, a des goûts, des attentes et des désirs différents, et de séparer la sexualité en deux “camps” bien distincts me parait jouer le jeu d’une idéologie qui a assez duré.

    Oui, il y a des choses qui me gênent dans le porno, qui font que je ne me sens pas concernée, pas en tant que femme mais en tant qu’individu avec ses fantasmes et ses désirs propres, qui peuvent parfois rejoidre ceux qui sont désignés comme masculins, mais qui ne sont en aucun cas les mêmes que ceux d’un genre tout entier.

    Un autre petit pinaillage pour finir : la plupart des critiques décrivent le porno mainstream ; or avec Internet et notamment la montée des sex workers indépendants, on en trouve VRAIMENT pour tous les goûts.
    Dire que le porno en général est à chier après avoir visité YouPorn, c’est comme dire que la musique contemporaine c’est de la merde quand on ne regarde que TF1 ;)

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    • Agnès Maillard le 20 novembre 2010 - 20:43 Signaler un abus - Permalink

      Internet contourne le porno mainstream avec les tags, censés permettre de trouver son bonheur dans l’offre pléthorique. Et déjà, rien que là, des tas de tags pour qualifier le physique des nanas que tu veux voir et que dalle pour qualifier le physique des mecs que tu veux voir. Ensuite, rappelons que 50% de l’humanité est composé de femmes, je ne trouve pas extravagant que les goûts des femmes soient pris en considération.

      Enfin, oui, il y a quand même du porno différend, mais il est effectivement marginal, un peu comme la brasserie du coin est marginale face aux chaînes de fast-food. L’essentiel de l’offre pornographique est de l’ordre du fast-foutre. Je trouve ça très bien qu’il y ai du gonzo ou des fist-fucking anals pour ceux que cela met en émoi, mais ce serait bien qu’il y ait aussi… autre chose. Ça renvoie à un autre commentaire qui parlait de l’industrialisation-formatage du porno… comme de l’ensemble de nos vies. Tout est standardisé : bouffe, fringues, loisirs, même le cul.

      Je me souviens des Contes de Canterbury, film de cul bien paillard, délicieusement drôle et explicite… bon d’accord, avec un Pasolini, je mets peut-être la barre un peu haut. Mais cela ne devrait-il pas être l’objectif de toute production pornographique, que de mettre la barre bien haute? ;-)

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  • unespritouvert le 20 novembre 2010 - 17:39 Signaler un abus - Permalink

    Petite réaction rapide après avoir survolé les commentaires, et aussi pour répondre aux questions posés à la fin de l’article, il existe effectivement une pornographie alternative qui véhicule une image différente de celle de la pornographie mainstream. Je ne sais pas si ces sites répondent exactement à la demande “féminine” formulé dans l’article mais je recommande le visionnage de film réalisé par Andrew Blake ou par les studios de Burning angel. Sur ce dernier j’y trouve des personnes qui prennent manifestement plus de plaisir durant leurs scènes que dans les centaines de scènes gonzos que l’on peut trouver sur des sites qui reproduisent l’esthétique Vivid des années 90 avec le tout silicone et font passer l’exercice physique avant le plaisir.

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  • Alain le 20 novembre 2010 - 18:19 Signaler un abus - Permalink

    Pour la version féminine, arrêtons l’ethnocentrisme :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Yaoi

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  • Gastlag le 20 novembre 2010 - 19:43 Signaler un abus - Permalink

    “blanc et qui atomise les tâches”

    attention contrepèterie

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  • Gastlag le 20 novembre 2010 - 19:46 Signaler un abus - Permalink

    Sinon il y a secondsexe, j’aime beaucoup “Le livreur de pizzas” d’Erika Lust.

    http://www.cinemasecondsexe.com/le-livreur-de-pizzas.html

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  • Alain le 20 novembre 2010 - 20:59 Signaler un abus - Permalink

    Je ne suis pas sur que le porno puisse se “décréter”, aller, produisons un porno “autre”, et donc, s’il n’y a pas d’offre, c’est qu’il n’y a peut-être pas de demande. Ou du moins de demande de masse, comme il y a une demande de masse, semble t-il, même si ça m’étonne toujours, pour le porno basique.

    Mais je crois qu’il ne faut jamais confondre ce qui dépend d’un phénomène de consommation de masse avec la volonté d’expression d’auteur. Je suis plutôt amateur des productions grotesques, marginales, bizarres, etc. d’un certains nombres de gens, mais j’ai besoin que ce soit la production d’un auteur, et non la réponse pavlovienne à une pulsion de masse…

    En gros (sic !) une scène de sexe par exemple, peut apparaitre dans un produit, ou dans une œuvre, et pour moi c’est pas la même chose…

    Donc en effet, Pasolini, c’est pas la même chose, et pas à cause de catégorie arbitraire, snob ou je ne sais quoi, mais à cause de la finalité même de l’objet, je dirais même de la motivation première qui influera toujours sur la nature finale de l’objet.

    Enfin ce que j’en dit…

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    • Agnès Maillard le 20 novembre 2010 - 21:15 Signaler un abus - Permalink

      En fait, je cherchais à me rappeler d’un bon trip de cul au ciné et je me suis souvenu des Contes… et comme c’était il y a longtemps, j’ai vérifié sur Wikipédia, pour être sûre de ne pas écrire de conneries… et là, je découvre l’auteur et je me dis : “ah ouais, quand même!”

      Donc, ce n’était pas une évocation snob, mais plutôt une sacré surprise.

      Maintenant, vous allez me dire qu’Indécence 1930 est un Godard, c’est ça?

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  • Alain le 20 novembre 2010 - 22:16 Signaler un abus - Permalink

    Pas Godart…

    Ha, avec Brigitte, y-a les films de Jean Rolin, pour rester dans les parages du nanar réjouissant…

    En gros, oui, quand il y a quelque chose a racheter, c’est en général, sauf miracle, qu’il y a une subjectivité derrière… Mais après, on peut gouter le genre pour le genre, et gouter tout autant les subtiles nuances des répétitions des genres codés… Aussi…

    Sur ce genre de sujet, voir Umberto Ecco “De superman au surhomme”, et ce qu’en pense André Gunthert sur Culture Visuelle… mais on s’égare loin du porno. Encore que peut-être pas, parce que j’aurais tendance à considérer que le problème du porno, c’est le problème général du genre (codé) contre l’auteur (qui croit être libre)… une vieille querelle. Et alors, ce que vous demandez au porno, le porno ne peut pas le donner, car on ne donne que ce qu’on a…

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    • Agnès Maillard le 21 novembre 2010 - 0:52 Signaler un abus - Permalink

      @Alain : si tu pars du principe que le porno est un cinéma qui excite sexuellement ceux qui le regardent, alors je pense que le porno peut beaucoup mieux faire, ne serait-ce qu’en n’oubliant pas qu’il est aussi du cinéma et qu’il a donc à sa disposition toute la grammaire cinématographique, qu’il peut même culbuter le genre sauvagement pour mieux le sublimer. Le cul n’a pas être uniquement performance et pistonnage intensif. Notre principal organe sexuel est tout de même notre cerveau et nous savons très bien créer des cinémas intérieurs hautement évocateurs!

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  • le Brad le 21 novembre 2010 - 0:28 Signaler un abus - Permalink

    Agnes, je vous aime ;-)

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  • Mat le 21 novembre 2010 - 21:24 Signaler un abus - Permalink

    Je partage totalement votre sentiment, Agnès. Même si j’ai fini par m’habituer au porno bas de gamme, à la viande et aux sex-machines, je ne désespère pas de finir par trouver du porno qui joue avec mes fantasmes avec plus de subtilité qu’un tracto-pelle.
    Question : cela existe-t-il déjà ? Pourrait-on recenser les films ou les scènes de film qui s’approchent de ce que l’on recherche ?

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    • Agnès Maillard le 22 novembre 2010 - 0:40 Signaler un abus - Permalink

      @ Mat : oui, ce serait une bonne idée de recenser le porno subtil. On pourrait même commencer ici, en attendant que quelqu’un se dévoue et monte un blog spécialisé :-)

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  • Alain le 21 novembre 2010 - 21:49 Signaler un abus - Permalink

    En fait “si tu pars du principe que le porno est un cinéma qui excite sexuellement ceux qui le regardent, alors je pense que le porno peut beaucoup mieux faire”

    Cette chose là, la chose qui excite, n’a vraiment rien d’universel… et donc, le porno n’est pas universel. Mais il semble répondre à l’excitation du plus grand nombre. Ou plutôt, je pense qu’il espère, comme industrie, répondre au plus grand nombre… Quand à moi, vu que ça marche pas, j’espère pour eux, pour leur économie, que je suis marginal…

    mais attendre un porno “universel” qui exciterait tout le monde est utopique, et je ne suis pas sur que ce soit souhaitable. Et il y a des pornos marginaux, ou plutôt un monde de l’érotisme plus ou moins intello qui répond à d’autre sphère d’excitation, d’autre gamme de libido…
    En fait, si ça ne vous satisfait pas, c’est que vous êtes minoritaire, soit “vraiment minoritaire”, soit parce qu’il n’y a pas de demande des femmes en général. (J’ai pas d’avis, pas d’info, pas de chiffre. Mais peut-être y-a-t-il des recherches sur le sujet).

    Quand nous ne sommes pas dans un monde d’auteur (automotivé), alors est produit ce qui répond à une demande suffisante. J’ai donc bien peur que vous attendiez longtemps le “porno de vos vœux” ! J’aime bien la formule… ça devrait plutôt être “le porno de vos désirs”

    Cordialement,

    Al

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    • Agnès Maillard le 22 novembre 2010 - 0:47 Signaler un abus - Permalink

      Tu as plutôt bien résumé la question, Alain. D’un autre côté, on est typiquement dans une figure de la poule et de l’œuf : est-ce la demande du public qui crée le porno actuel ou est-ce que le public doit se contenter de ce que les “pros” pensent qu’il lui convient? Y a t-il une paresse consumériste dans le porno, comme il y a un paresse gustative dans le fast-food?
      À moins, que, plus simplement, le porno ne soit pas le support idéal pour projeter les fantasmes des gens un peu comme moi. Je me dis que, quelque part, un texte pornographique bien écrit devrait plus faire chauffer mes neurones (et quelques autres organes plus spécifiquement dédiés) que la métaphysique du piston en HD.
      Et ça, en plus, je crois bien que c’est à ma portée ;-)

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  • paul le 22 novembre 2010 - 10:00 Signaler un abus - Permalink

    Bonjour Agnes
    Ben…
    Moi je suis de ces gens qui sont radicalement dégoûtés par les images pornos en général…
    Et qui s’écrasent honteusement tellement c’est deviendu obligatoire d’aimer le sexe, le porno etc…
    d’être considéré comme un taré dès son enfance parce que garçon, je n’avais aucun élan commun avec les autres à l’égard de ce que vous indiquez des moeurs des garçons, ça s’est poursuviendu par la suite…
    Et j’ai pas l’intention de “m’adapter” hein…

    je rejoins l’intervention de la camarade qui dit que quand elle fantasme, c’est pas franchement en pensant à ce qu’on présente dans ces trucs…

    je rejoins le camarade dans son analyse marxiste de la représentation du sexe
    etc…

    moi

    depuis toujours

    j’ai besoin de tendresse, d’affection

    j’ai jamais rencontré ça chez un humain de mon âge…

    alors oui je me masturbe, sans scène de copulation, juste avec des scènes de corps inventés dans leur rôle de séduction… et c’est du fantasme… opposé à la réalité qui est celle de l’épouvantable sensation d’être ensorcelé par un pouvoir de manipulation séductrice de l’autre et qui pour le garder le maintient à distance et jouit de la douleur de cette affection ou tendresse que j’espère et qui ne viendra jamais…

    pour les filles, je suis pas assez mâle
    pour les garçons, ils ne sont pas pédés et je suis un enculé.

    donc c’est simple hein : on s’adapte en apprenant à n’avoir plus aucun élan, ou en regardant, comme dans une méditation bouddhiste, son désir passer sans regret.

    le porno dans tout ça : ben c’est une histoire de représentation de l’enfer des corps dé-affectisés, de gens n’ayant plus de liens d’empathie les uns avec les autres… et comme je n’aime pas la viande en plus, ben ça me donne des remontés d’estomacs…

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  • Bruno le 22 novembre 2010 - 10:30 Signaler un abus - Permalink

    Bonjour heureux oisif et néanmoins lecteur,

    Puis-je te rappeler que ton comportement inné est fortement orienté par l’objectif de reproduction de ton espèce ?

    Ainsi, l’homme cherche à ensemencer le maximum de femmes possibles et la femme, en plus de l’étalon, se doit de trouver le/les hommes les plus aptes à survivre pendant la période de dépendance pouvant survenir entre 8 et 10 mois après un ensemencement.

    “Un peu court jeune homme” me dira-t-on avec justesse.

    Pour autant, cela me semble éclairer un peu la petitesse des fantasmes masculins.

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  • isadis le 22 novembre 2010 - 10:36 Signaler un abus - Permalink

    je suis d’accord avec cet article, si j’avais les moyens , je realiserais un film porno-érotique très sensuel qui serait plus porté sur le suggéré et monter comme un clip avec des effets et des fondu. deja un truc bizare dans les films porno, on entend jamais les mecs jouir, c toujours des machos meme pas beaux avec des grosses bites, ce qui compte c’est le brakmar ! ah ah!…on se demande vraiment comment ça peut rentrer, ça fait penser penser à de la torture; je me dit “aie, la pauvre avec ce qu’elle prend dans le cul, elle doit souffrir, ça doit etre insuportable, je comprend qu’elle hurle!” et , ya aucunne émotion, aucun plan de séduction, que du brut. ce sont trop des films fait par des hommes pour les hommes finalement . Je trouve qu’il ya des scénes d’amour bien plus torride et excitantes qui invitent au fantasme dans les films normaux qui ne sont classé “pornos”.Donc, les films pornos, c’est meme pas exitant, c nul ! et quand on dit que les femmes devraient faire les films X et que ce serait différend , on vous répond “oh, mais, ça ne marcherait pas, y aurait pas la clientele !”
    en attendant, si les ados regardent les films pornos , par curiosité, ils auront une très mauvaise approche faussée du sexe . tiens il y un film que je trouvé génial qui traite entre autre du désir et du sexe à travers une histoire d’amour entre 2 ados “GIRL NEXT DOOR” fait en 2005 avec Emile Hirsh, je n’en dit pas plus , j’attend vos commentaires …

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    • Agnès Maillard le 22 novembre 2010 - 11:49 Signaler un abus - Permalink

      @ Isadis : bon, pour les moyens, c’est surtout de ressources humaines dont on a besoin. Il est plutôt facile de produire du film HD pour pas cher, le plus chiant étant surtout d’avoir quelques compétences en cadrage et éclairage.
      Après, comme toi, je trouve que la grammaire pornographique habituelle manque sérieusement d’orgasmes masculins. Parce que l’éjaculation n’est ni l’orgasme ni la jouissance et qu’un homme qui s’abandonne, ça peut être très beau à voir… sauf qu’il n’y en a pas dans les films pornos qui sont essentiellement axés autour de la domination masculine, ce qui me gêne profondément. Donc l’homme prend la femme et décharge sur elle (très rarement en elle), mais il ne s’abandonne surtout pas au plaisir.

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  • ceriselibertine le 22 novembre 2010 - 10:53 Signaler un abus - Permalink

    Je me demande si le site du cunnilingus par Nicocerise arrive à éditer du porno pour les filles?

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  • plop le 22 novembre 2010 - 12:39 Signaler un abus - Permalink

    Y’a un moment à lire les commentaires on a vraiment envie de dire “bande de pisse froid” (je me demande bien comment on accorde pisse froid au pluriel) pratiquant là une bonne vieille branlette intellectuelle sur la branlette en général, faute de mieux.

    C’est triste aussi.

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  • plop le 22 novembre 2010 - 12:43 Signaler un abus - Permalink

    Je parle pas de TOUT les commentaires bien sûr, mais d’une bonne majorité quand même.

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  • Sarah le 22 novembre 2010 - 13:20 Signaler un abus - Permalink

    Il faut voir les nouveaux pornos féministes prosexe, très intéressants! Le film Mutantes en parle. J’ai été déçue par Dirty Diaries, mais des films se font, du côté des féministes, bon souvent lesbiennes, mais certaines, non!

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  • Kyp le 26 novembre 2010 - 12:29 Signaler un abus - Permalink

    Il y a encore des hommes qui aiment le porno classique ? Non parce que moi, ça fait longtemps que je réagis comme l’auteur de cet article…

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  • Agnès Maillard le 29 novembre 2010 - 0:04 Signaler un abus - Permalink

    En fait, en y pensant bien, ce qui nous manque le plus, ce serait quelque chose comme les “Cahiers du Cinéma” du porno, sans le côté péteux, mais quelque chose pour trouver les perles rares dans la jungle des corps enlacés ;-)

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  • pierrequiroule le 29 novembre 2010 - 0:23 Signaler un abus - Permalink

    bravo, madame ou mademoiselle… je suis un sexagénaire et votre article raconte bien l’adolescence et ses craintes et ses espoirs,il ne manque rien … tout y est dit… et votre conclusion s’appelle l’amour, celui qui se vit à deux, deux sexes opposés destinés à n’être qu’un et dont les coïts sont des échanges accomplis inventent ce que certains ont créé comme produit commercial, la pornographie. Si l’amour est exaltation, sérénité, ressourçant, la porno est froide, sans âme, permissive.

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  • Honi-soit le 29 novembre 2010 - 11:07 Signaler un abus - Permalink

    Le problème à mon avis avec le porno en général ou “un” porno plus spécifiquement féminin c’est l’impossibilité de filmer l’essence du désir et le néctar de la vraie sensualité.
    Voilà pourquoi on ne peut trouver que des productions plus ou moins réussies construites selon nos modéles économiques et de société(comme déjà expliqué dans certains commentaires).
    Certes on tombera souvent sur le H&M du porno;parfois même sur du hermès ou un excellent P.A.B.( prêt à bander)mais le sur mesure est impossible à produire en images.Le mieux est de le vivre “en live” à travers nos neurones et nos sens.
    Le sexe est comme la vie. Une part du mystère reste insaisissable. Sinon comment éxpliquer que l’on puisse avoir parfois des orgasmes plus intenses après dix minutes en position du missionaire plutôt qu’après Une heure de kamasutra ?

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  • Agnès Maillard le 29 novembre 2010 - 16:55 Signaler un abus - Permalink

    Je vais sûrement me répéter, mais selon moi, le plus gros organe sexuel, c’est le cerveau. Du coup, je pense qu’il en est du porno comme du reste du cinéma : c’est quand il s’acharne à parler aux gonades qu’il se trompe lourdement. Je ne suis pas certaine qu’il faille nécessaire montrer une bite ou une foufoune pour créer chez le spectateur une émotion pré-orgasmique.
    Voilà, c’est dit!

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  • Laurent le 30 novembre 2010 - 10:34 Signaler un abus - Permalink

    Bonjour, en temps que garçon et branleur je me contente du pilonnage et n’ai jamais vraiment cherché mieux que des images crues comme fond d’écran (les couinements et les fuck fuck me déroutent et je coupe le son), faisant tourner mon cerveau pour imaginer des variantes. À vrai dire je ne regarde plus les films mais ne m’intéresse plus qu’aux magas qui, pour ce que j’en connais, bousculent bien plus les clichés en intégrant les Lolitas, il faut relire la définition pour ne pas confondre avec les teens qui sont légions, l’inceste ou la domination. J’expose ceci parce que je n’en ai pas vu mention dans l’article ou les commentaires.
    Ma compagne quant à elle adore regarder des scènes de gang bang pendant que ma langue et ma bouche s’affairent sur son clitoris et que je me concentre sur ma tâche parce que c’est bien plus rigolo de s’envoyer en l’air, une fois cet orgasme “réglé”, les autres appellent souvent le mien. Mais pour en revenir au fait que le porno soit essentiellement masculin, je voudrais parler de mon expérience professionnelle de traducteur qui me fait être celui d’un site américain mettant en ligne des webcams. Nous travaillons vers le français et l’hébreu, si le “you” passe facilement en vous en ne perdant qu’en convivialité, à c’qu’on dit, pour l’hébreu c’est bien qu’au pluriel que l’on s’adresse en utilisant “atem”, et donc ma compagne qui gère la paire (En>He), en prévient le client arguant que l’emploi du seul “ata” (tu masculin) fermerait la porte aux “at” (tu féminin), la réponse fut définitive et pourrait se traduire par, aucune importance 80 % de notre clientèle est masculine. Pas de risque donc ! La norme veut que les hommes seuls s’intéressent au porno, et la normalité fait loi.

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  • isadis le 30 novembre 2010 - 14:05 Signaler un abus - Permalink

    super ! tout le monde a l’air de dire que on y peut rien que c comme ça, ça n’interresse que les mecs pour se branler, alors continuons à niveler vers le bas, ça ne montera jamais plus haut que la ceinture. Or si ça n’interresse pas les filles en général sauf exception, pas besoin de leur fabriquer des films porno à l’eau de rose puisque les garçons trouvent ça nul et inutile…
    dommage j’avais quelques idées…
    mais puisque les femmes regardent des films porno en compagnie de leur partenaire qui auraient besoin de plus de stimulis sexuels tout azimut pour pouvoir bander alors on pourrait faire du porno pour les couples qui stimulerait madame et monsieur en meme temps…
    on me dit aussi “mais si les couples ont besoin de regarder du porno, c’est parcqu’ils ont des problèmes sexuels”, et alors !?! je crois que s’ils en regardent ensemble c justement parce qu’ils essayent se soigner ensemble et de sauver leur couple , du moment que ça fait du bien et de mal à personne

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  • Agnès Maillard le 30 novembre 2010 - 16:02 Signaler un abus - Permalink

    Je ne pense pas que le fait de regarder des films de cul soit le signe d’un dérèglement sexuel.
    Ou alors, on est vraiment dans la merde ;-)

    Après, oui, l’excuse du manque de demande pour justifier la médiocrité est actuellement employée un peu partout pour expliquer la restriction des offres décidée par d’autres. Exemple simple : mon café a disparu des rayons. Cela fait plus de 10 ans qu’il existe. Mais depuis quelques temps, les capsules et dosettes (la plus grosse arnaque qui soit dans ce domaine = plus d’emballage, plus cher et moins de produit!!!) prennent du terrain et donc producteurs et distributeurs réduisent doucement la place du café moulu sur les rayonnages pour améliorer la profitabilité du mètre de rayonnage.
    Personne n’a demandé l’arrivée des dosettes. Et forcément, quand mon café disparaît du rayon, la demande diminue!

    Donc oui, un porno de qualité est tout à fait envisageable, mais ça demanderait plus de moyens, plus de temps, plus de travail, de références cinématographiques. Donc, on en reste au plan-séquence du tringlage, à pas cher et facile à faire!

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  • isadis le 30 novembre 2010 - 16:13 Signaler un abus - Permalink

    je ne pense que ce soit seulement un manque de moyen mais aussi un manque d’imagination , Je suis persuadée qu’avec les moyens actuels, les logiciels de montage sont maintenant presque à la portée de tout amateur. c surtout qu’il y a refus de mélanger l’artistique et le cul. bien sur avec plus de moyen , c’est mieux.
    Il existe des amateurs qui se filment et qui se montrent donc c possible d’etre amateur et de faire juste un clip avec du sexe tres chaud avec des idées et une bonne lumiere et un bon montage sans avoir montés les marches. meme si ce n’est pas à la portée de tt le monde , ça n’est impossible à faire

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  • unespritouvert le 30 novembre 2010 - 16:18 Signaler un abus - Permalink

    La question du mélange de la pornographie et de l’art étant mis sur le tapis, j’en profite pour soumettre aux personnes intéressés l’article que j’ai écris sur cette question et donc sur des films plus subtiles et variés.
    http://unespritouvert.tumblr.com/post/1388881358/je-me-souviens-dun-sketch-de-bill-hicks-a-propos#disqus_thread

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  • isadis le 30 novembre 2010 - 16:45 Signaler un abus - Permalink

    regardez ce site

    http://www.laurentbenaim.com/spip.php?article2

    es-ce de l’art ou du lard ?

    personnellement , je trouve trés interessant sa façon de sublimer le porno qui la, devient artiStique.
    je ressens un certain detachement ainsi qu’un certain concept de liberté dans le sens de l’affranchissement de tout stéréotype .
    ce sont de belles photos de cul !
    alors peut-etre ce n’est pas du porno
    si le porno se veut délibérément cru,sale, vulgaire, macho alors dans ce cas, …
    VIVE LE SEXE ET MORT AU PORNO !!!!!!

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  • papa à rome le 2 décembre 2010 - 16:39 Signaler un abus - Permalink

    J’aime les hommes, de préférence dotés d’un léger pelage qui ombre leurs cuisses, leurs fesses, leur ventre.

    >>>>>>>hihi

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  • Agnès Maillard le 2 décembre 2010 - 16:41 Signaler un abus - Permalink

    En fait, faut-il décloisonner le porno de l’ensemble du cinéma? Juste en faire un genre comme les autres, un peu comme il y a les films de SF, les films guimauves, d’aventure, de zombies, hop! On rajoute le film de boules. Du coup, des cinéastes qui ont le goût du travail bien léché pourraient y aller de leur film de cul. J’imagine bien un porno nouvelle vague ou un porno SF, carrément!
    Je pense que c’est l’avenir du porno : sortir du ghetto et devenir un genre à part entière. D’ailleurs, certains cinéastes “classiques” s’y essaient de temps à autre.

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  • Agnès Maillard le 2 décembre 2010 - 16:43 Signaler un abus - Permalink

    À “papa à Rome” : pourquoi “hihihii”?
    La mode des hommes épilés me fait chier!
    Et c’est tout!
    http://blog.monolecte.fr/post/2009/07/21/La-guerre-du-poil-aura-bien-lieu

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  • Agnès Maillard le 3 décembre 2010 - 17:40 Signaler un abus - Permalink

    Pour continuer à creuser autour de la question de la représentation du sexe au cinéma, un intéressant papier de Second Sexe : http://www.secondsexe.com/magazine/Marcela-Iacub.html

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  • jsb01 le 3 décembre 2010 - 23:08 Signaler un abus - Permalink

    http://www.homepagedaily.com/Pages/article3919-preaching-to-the-perverted.aspx

    Bon j’ai testé les 3 sites indiqués sont vraiment bien… pas encore les cahiers du cinéma du porno mais ça tranche sur ce qui est fustigé ici. mention spéciale à celui qui diffuse les vidéos de petites morts, les belles agonies… toutes ces filles “having a crisis” me rendent fou !!!

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  • jsb01 le 3 décembre 2010 - 23:22 Signaler un abus - Permalink

    oui Marcela Iacub excellente, lisez tout ce qu’elle a écrit mais pour rester dans le sujet son Anti manuel d’éducation sexuel. Brillant.

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  • maurice Kuntz le 5 décembre 2010 - 23:19 Signaler un abus - Permalink

    Si j’ai bien tout lu, Mme Maillard…

    La question est: pourquoi le porno orienté femme est-il si pauvre, voire inexistant?

    De manière générale, je pense que le porno est majoritairement un “outil hygiéniste”. Il y a peut être des tentatives de le mâtiner d’une volonté artistique mais cela reste marginal.

    Je vous le demande, Mme Maillard: Pourquoi n’y a-t-il pas de perceuses roses? parce que les ventes seraient faibles.

    Je pense qu’il y a des biais non pris en compte dans votre analyse. Du porno “hors norme” il doit bien y en avoir. Savez vous ou le trouver?

    La disponibilité, la représentativité du porno orienté femme ( ou animal, ou tout autre minorité de clients) est proportionnelle à la demande.

    La réponse est simple. Peu de porno pour les femmes car pas de blé à faire. Comme des perceuses roses. Donc peu de production, distribution floue… etc…

    Au demeurant, j’ai pris du plaisir à lire votre texte et vous en remercie.

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  • Jsb01 le 12 décembre 2010 - 18:46 Signaler un abus - Permalink
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