Quatre alternatives au Bank Run de Cantona

Le 6 décembre 2010

Plutôt que de courir vider son compte, OWNIpolitics vous propose quelques solutions concrètes pour réduire votre dépendance bancaire.

Mardi 7 octobre, que des centaines ou des milliers de Français aillent clôturer leur compte ou simplement en retirer le maximum de cash autorisé, les banques ne trembleront pas. Si l’initiative lancée par Eric Cantona a donné l’illusion sympathique qu’il suffisait de s’armer de sa carte bleue pour entamer les fondations du système bancaire, elle n’aura aucun effet, sinon, peut-être celui de priver une poignée d’épargnants de leur capacité à recevoir des virements, ainsi qu’un nombre considérable d’autres désagréments qu’avaient énuméré nos collègues de rue89.

Pire : les « bank runners » qui seront amenés à rouvrir un compte généreront des frais bancaires et des commissions qui bénéficieront à ces mêmes établissements auxquels ils voulaient donner une leçon. Même les queues devant les agences (s’il y en a) n’entameront guère leur image : déjà mises en cause d’un bout à l’autre du spectre politique après la crise, les banques ont le système avec elle et, pour percer ce blindage, il faut d’abord comprendre comment il fonctionne. Heureusement, il existe des failles.

Suite à notre article sur la « révolution Cantona », de nombreux conmmentateurs se sont plaints de ce que, ayant critiqué le principe et son inefficacité, nous n’avions rien proposé pour faire avancer le débat. Derrière ces réactions, un constat résumé par Manu avec clarté :

Il faut appeler bien un chat un chat : les banques mettent à genoux les peuples, et elles sont d’autant plus féroces maintenant qu’elles ont vu le couperet de près il y a peu.

La dépendance vis-à-vis du système bancaire n’est pas une abstraction, il s’agit d’un principe bien concret qui se décline en plusieurs aspects :

  • mobilisation des dépôts pour garantir des crédits et des opérations financières (dont la nature est laissée à discrétion) ;
  • rémunération des divers opérations bancaires (retraits, création de compte, versement, etc.) ;
  • contraintes liées aux divers formes de crédit ;
  • conséquences des spéculations sur les matières premières.

De fait, les banques sont des organisations qui, si elles ont pour vocation de « financer l’économie » (comme le répétait à volonté Christine Lagarde pour justifier les plans de relance), restent des entreprises avec des objectifs de rentabilité, des stratégies et des « techniques ». A ce titre, elles ne sont « au service de leurs clients » que dans la mesure où ces derniers restent solvables : en dehors de la Banque de France (qui n’est pas une banque de détail), ni la BNP, ni la Société générale, ni aucune banque commerciale n’a de mission de service public ! Or, pour chacun de ces aspects de la dépendance aux banques, il existe des solutions (plus ou moins faciles) pour ceux qui souhaitent, faute de forcer le système à se réformer, au moins réduire leurs liens avec leur banque.

Contre le mésusage de vos dépôts, choisir une banque éthique

Une récente étude du cabinet Utopies révélait une statistique impressionnante : pour 1000€ déposés dans l’un des grands réseaux français, une tonne de CO² était produite du fait des placements ! A côté de ces « placements toxiques » au sens propre du terme, la crise des subprimes a révélé que la quasi totalité des banques de détail ayant des activités sur les marchés jonglaient avec de la dynamite pour garantir leur rentabilité.

Or, à côté des grands réseaux existe l’alternative des « banques éthiques », comme le soulignait Petit Poisson dans son commentaire : plus modestes, elles ne misent pas sur des valeurs spéculatives soit par engagement (comme le Crédit coopératif ou la Nef qui n’investissent que dans des prêts à des projets écologiques ou liés à l’économie sociale et solidaire), ou du fait de la loi (la Banque postale a ainsi l’interdiction de placer de l’argent dans des entreprises)… Faisant suite à l’appel de Cantona, le collectif Sauvons les Riches a ainsi lancé avec l’eurodéputé Verts Pascal Canfin l’initiative Je Change de Banque qui, accompagnée d’un site, donne les informations nécessaires pour quitter un grand réseau et rejoindre une banque responsable.

Pour ne plus financer les banques par les frais, opter pour les monnaies libres

En plus des frais de gestion des comptes, le « stockage », comme le retrait par carte bancaire et autres opérations sont l’occasion de frais qui sont crédités aux résultats des banques et utilisés pour garantir leur solvabilité et donc leur capacité à miser sur les marchés financiers. Pour éviter ces frais, certaines associations et villes ont pris le problème à la base en créant leurs propres monnaies !

Cinq billets de monnaies libres (Abeilles et Chimgauer) et un intrus.

Comme rapporté dans l’enquête de Claire Cousin parue dans Le Monde Magazine en date du 4 décembre, la ville de Villeneuve-sur-Lot a adopté une devise alternative : l’abeille, monnaie convertible, utilisable auprès des commerçants et de certaines entreprises et associations de la région. Pour éviter qu’elle soit stockée comme de vulgaires euros, elle perd régulièrement de sa valeur, encourageant ses usagers à l’utiliser. La conversion elle-même est facturée 2%. A ceci près que les frais de change et les « ponctions sur la valeur » sont réinvestis dans des projets sociaux utiles à la collectivité, plutôt que de servir à alimenter l’économie spéculative. Loin d’être utopique, plus de 4000 de ces systèmes ont vu le jour à travers le monde, s’appuyant notamment sur le principe SEL (système d’échange local), lequel ne nécessite pour structure de départ qu’une association de loi 1901 !

Se priver de crédit… ou recréer la « banque du peuple » !

En 2004, un tiers des Français disposaient selon l’Insee d’un crédit immobilier, et tout autant d’un crédit à la consommation. Sur la tranche des 35-44 ans, le taux monte à 50%. En pratique, la « France des propriétaires » que Nicolas Sarkozy appelait de ses voeux, est une « France d’endettés » auprès des grands réseaux. Or, pour éviter cette dépendance, pas de secret : il faut sortir du système de crédit soit en achetant cash, soit en achetant moins. D’un point de vue strictement financier, l’utilisation des transports en commun (évitant l’achat d’une automobile) et la location (contournant la nécessité d’un prêt immobilier) écartent la majeure partie des besoins de crédit. L’étude de l’endettement des ménages de l’Insee prouve ainsi, que du fait des prix de l’habitat trop élevés à l’achat, les Parisiens contractent deux fois moins de prêts immobiliers que les habitants de communes rurales. Quant au taux d’endettement pour l’achat d’un véhicule, il n’est que de 5% contre près de 24% dans les communes rurales !

Une autre solution s’était fait jour au XIXe siècle sous le nom de « banque du peuple » : fondée par le philosophe Pierre-Joseph Proudhon, elle s’appuyait sur l’idée d’une banque « propriété de tous les citoyens qui en accepterait le service », sans intérêt à percevoir pour ses avances, ni commissions… Ses seuls frais se limitant à la gestion, réalisant une utopie formulée en cinq mots par son fondateur : « le crédit était donc gratuit ! » Parti d’un taux d’intérêt à 2%, le projet était de le ramener sous 0,5% le tout sans user de dépôt métallique mais seulement de « bons de consommation »… Un projet qui sombra malgré le ralliement de 13000 personnes, mais qui, en se montrant précurseur des monnaies libres et du microcrédit, n’en demeure pas moins une base de réflexion pour des projets d’organismes financiers « alternatifs ».

Couler une banque d’affaire avec une pièce d’argent : c’est possible !

Depuis maintenant plusieurs mois, la banque d’affaire JP Morgan spécule sur l’argent comme jamais une banque n’a spéculé : ce géant de la finance a acheté sur les marchés des milliers de tonnes du métal précieux… sans avoir eu besoin de signer un seul chèque ! Sur les marchés, c’est ce qu’on appelle une « opération nue », c’est à dire un achat pour lequel on ne paie rien. Malgré cela, JP Morgan détient « virtuellement » une part non négligeable de l’argent en circulation sur les marchés et espère bien en tirer des bénéfices. A moins que le réel ne vienne lui mettre une gifle historique.

Une pièce d'argent pour se payer la faillite du géant JP Morgan.

Combien cela coute-t-il de couler JP Morgan ? Une pièce d’argent, pas plus. La solution, c’est un ancien de Lehmann Brothers, Mike Krieger, qui l’a trouvée : pour forcer la banque d’affaire à payer en dollars sonnants et trébuchants l’argent qu’elle mobilise sans en avoir les moyens, il suffit à un certain nombre de clients (10 millions d’Américains suffiraient, selon les calculs de Krieger) d’acheter une vraie pièce d’argent (un investissement de moins de 50$) pour en faire exploser le cours, obligeant JP Morgan à payer en vrais dollars ses montagnes de titres de propriété ! En sortant ainsi de leur rôle de « mouton de marché » (surnom donné aux actionnaires qui achètent ce qu’on leur dit d’acheter), chaque client dispose ainsi du moyen de retourner le système en forçant la finance virtuelle à payer… pour la finance réelle !

Ce ne sont ici qu’une poignée de solutions pour se saisir individuellement de son petit levier dans la finance. Dans les semaines à venir, OWNIpolitics explorera les idées neuves ou idées perdues qui montrent d’autres façons d’envisager l’argent, le crédit et la valeur en général dans nos sociétés. La suite du débat, c’est à vous de l’écrire.

Photo FlickR CC T.O.M.F. ; Nan’R ; xtof ; mksavage.

Laisser un commentaire

  • PIERRE le 6 décembre 2010 - 21:09 Signaler un abus - Permalink

    Par rapport au premier article (http://owni.fr/2010/12/02/bankrun-cantona-crise-quand-argent-devient-une-arme-anticapitaliste/), celui-là à le mérite de proposer des solutions… Que je partage !

    C’est malheureux à dire, mais ces solutions ne seront jamais connues de tous si il n’y a pas de mouvement fort !

    C’est pas à la télé et rarement dans les journaux qu’on en entend parlé.

    Cantonna à le mérite de soulever la question auprès d’un public plus large. Dans les différents forum de Bankrun, de nombreuses personnes ont été sensibilisées sur l’existence même et l’”intérêt” (pas financier) des banques éthiques.

    Prenez simplement votre article ? Combien de personnes l’aurait lu si Cantonna n’avait pas parlé ?

    Les plus révolutionnaires (pas forcement d’extrême gauche) pensent aussi qu’il n’y aura pas de changement sans explosion totale du système. Il y a peut-être du vrai là dedans.

    N’est-il pas vrai que la finance est tellement inter-connectée qu’aucun état ne peut décréter seul la suppression totale des paradis fiscaux (où sont implantées toutes les banques françaises), la mise en place de barrières douanières contre le dumping social et écologique (OMC), et la maîtrise des monnaies par les peuples (BCE) ?

    • Vous aimez
    • Vous n'aimez pas
    • 0
    Lui répondre
  • Stan le 6 décembre 2010 - 21:09 Signaler un abus - Permalink

    Bonjour, et tout d’abord merci de remettre le couvert sur ce sujet ;-)

    Quelques questions me viennent à l’esprit :
    - Est-ce que les banques “éthiques” utilisent l’effet de levier bancaire (ou autrement dit font des crédits en créant de la monnaie ?). Si oui, alors le problème n’est pas résolu car, il y aura toujours surendettement de l’économie… et des intérêts impayables.
    - Par ailleurs, le fait de ne prêter qu’aux projets écolos ou liées à l’ESS, ou, comme la banque postale de ne pas prêter aux entreprises (très bizarre d’ailleurs) condamnent ces banques à la marginalité, non ?

    - A propos des monnaies alternatives : si on dévalue constamment la monnaie, les liquidités finissent par s’assécher, non ? Comment est renouvelée la quantité globale de monnaie ? Seulement par l’apport de nouveaux participants ?

    - la solution des banques populaires reviendrait en fait à nationaliser les banques et à créer un service public bancaire, non ? Remarque, pourquoi pas car l’erreur qui nous a conduit ici est d’avoir considéré que l’argent était un bien comme les autres… Mais le problème est que comme tout secteur public non soumis à la concurrence, ces banques seront probablement vouées à se reposer sur leurs acquis et à ne améliorer leurs services à long terme.

    - Enfin, concernant la 4eme proposition, elle rejoint finalement l’idée de Cantona : tout faire péter ! Pas très constructive comme idée (même si l’anecdote est amusante…).

    En tout cas, je suis ravi que ownipolitics soulève toutes ces questions : elles sont primordiales !! (la preuve : aucun politique officiel n’en parle^^)

    • Vous aimez
    • Vous n'aimez pas
    • 0
    Lui répondre
  • sylvainlapoix le 6 décembre 2010 - 21:22 Signaler un abus - Permalink

    @Stan

    Merci à toi d’entretenir le débat :

    -pour ce qui est des banques éthiques, j’avoue ne pas connaître leur procédé de financement.

    -pour ce qui est de leur “marginalité”, elle est au contraire très dynamisante pour les circuits courts : l’économie sociale et solidaire, ce sont des milliers d’initiatives dans les territoires, au niveau local. Pour ce qui est de la Banque postale, il me semble que c’était pour la cantonner à une activité de banque de détail, lui conserver une sorte de “mission”.

    -ce n’est pas la monnaie elle-même qui est dévaluée, mais les billets : datés, ils se voient apposé à période régulière (3 mois pour les abeilles) un “timbre” de dévaluation. Le but est qu’ils circulent, qu’ils s’échangent s’ils restent entre les mêmes mains.

    -ce n’est pas la “banque populaire” mais la “banque du peuple”, la nuance est importante : sur le principe, il pourrait s’agir d’une simple association à but non lucratif. Non lucratif car elle ne générerait pas de profit, se cantonnant au prêt à ses membres.

    -cela rejoint l’idée de faire péter une grande banque mais d’y arriver (contrairement à Cantona). En l’occurrence, c’est une “claque” justifiée : JP Morgan s’amuse avec le marché de l’argent aux dépends des industries qui en ont besoin.

    Pour ce qui est du débat, il ne fait que commencer ! Je te promet d’ores et déjà que certaines pistes ici effleurées feront l’objet de futurs articles : les idées sont là, il n’y a plus qu’à les creuser.

    • Vous aimez
    • Vous n'aimez pas
    • 0
    Lui répondre
  • Stan le 6 décembre 2010 - 22:06 Signaler un abus - Permalink

    @Sylvain : merci pour ces réponses

    Ce que je voulais dire par “marginal” est le fait que tant que ces banques là ne seront pas en mesure de financer l’ensemble de l’économie, le modèle ne se généralisera pas (car il y aura toujours des opportunistes qui iront financer le reste de l’économie pour se faire des pépètes). Les banques “éthiques” sont donc intéressantes bien sur, mais ne présentent pas de solution à l’échelle globale.

    Concernant les monnaies alternatives, là où je veux en venir, en fait, est sur le problème lié à la dévaluation de la monnaie en général (quelle soit inflationniste ou stimulée volontairement par le système comme tu l’expliques). Puisque qu’une monnaie se dévalue, comment s’assurer que les nouveaux participants obtiennent une monnaie de même valeur que les précédents ? En fait, la seule solution, c’est de créer en permanence de la monnaie supplémentaire. mais comment créer cette monnaie ? et surtout : comment la distribuer ? Par quels canaux, selon quelles règles ?

    pardon pour le terme “banque popuaire” qui etait bien sur un laspus (non révélateur… ;-) )

    Creusons, creusons… ;-)

    • Vous aimez
    • Vous n'aimez pas
    • 0
    Lui répondre
  • Takkar le 6 décembre 2010 - 23:57 Signaler un abus - Permalink

    Je reste un marginal à ce jour:
    - pas de crédit pour payer ma bagnole
    - locataire par choix.
    Je suis libre de parler à mon banquier et j’ai pris rendez vous avec lui demain.

    Grâce à http://www.banksecrets.eu je lui ai préparé un pdf qui montre les choix de placements crado que fait son employeur, je lui dirai que j’en ai simplement assez “d’être complice”.

    Je suis déjà impatient de lui poser des questions:
    - Comment il explique à ces enfants ce que fait sont employeur avec l’argent de ces clients?
    - Qu’est ce qui le motive dans son travail quotidien?
    - Est ce que ce n’est pas plus dur avec ces clients depuis “La Crise”?
    - etc.

    Je vais vraiment passer un bon moment, j’ai l’impression de revivre ma dernière cigarettes, celle que j’ai fumé en me disant “c’est la dernière”. :)

    Ensuite, mettre mes billets sous mon matelas pendant 2 semaines pour les ramener à mon banquier me semble plutôt absurde, je vais confier ma trésorerie à “La Nef” http://www.lanef.com . Tout simplement.

    Alors, non, en participant à http://www.bankrun2010.com, je n’espères pas de révolution, de renversement des institutions bancaires, de crack ou autres cataclysme financier.

    Je dis simplement que le système bancaire d’aujourd’hui ne me conviens pas et que je les laissent bricoler sans moi.

    • Vous aimez
    • Vous n'aimez pas
    • 0
    Lui répondre
  • grindaizer le 7 décembre 2010 - 2:25 Signaler un abus - Permalink

    Ce n’est pas très clair dans la dernière partie, mais il faut que plusieurs personnes (mais alors vraiment plusieurs), achètent chacune une pièce de monnaie, dans laps de temps très court, ce qui n’est pas aussi facile que ça en a l’air, sinon je doute qu’ils se seraient permis de prendre un tel risque!

    D’ailleurs dans le lien sur Max Keiser, il dit bien chaque américain achète une pièce…

    • Vous aimez
    • Vous n'aimez pas
    • 0
    Lui répondre
  • Admin le 7 décembre 2010 - 7:50 Signaler un abus - Permalink

    @Grindaizer : très juste : je l’avais précisé dans le premier article mais ai oublié de le dire ici, Keiser évalue à 10 millions le nombre de participants nécessaires à ce petit coup de force. J’ai corrigé le papier, merci de votre vigilence.

    @Stan : il ne s’agit pas de l’ensemble de la monnaie mais de chaque coupure : c’est chaque billet qui se dévalue par période de temps. L’avantage de ces “monnaies fondantes” est d’éviter une trop forte thésaurisation.

    Quant au caractère marginal, je ne te suis pas forcément : dans l’optique d’une économie mondialisée, extensive, ce n’est évidemment pas viable. Mais en adoptant un mode de développement relocalisé, plus resserré sur les territoires, ça devient une “autre finance” en accord avec un “autre développement.

    @Takkar : votre projet est, il me semble, plus ambitieux et plus profond en terme de choix que le simple Bank Run car c’est un projet en accord une vision de l’économie. Nous serions ravi de lire votre récit, voire de le publier sur notre site au titre de témoignage.

    @Pierre : pour un mouvement d’ampleur, il faut une prise de conscience plus grande encore : il y a loin de la coupe aux lèvres entre la connaissance d’un fait et l’action.

    • Vous aimez
    • Vous n'aimez pas
    • 0
    Lui répondre
  • Gaël le 7 décembre 2010 - 10:18 Signaler un abus - Permalink

    Je suis au crédit coopératif après m’être fait dépouillé par Les banques populaires/natixis. Je refuse les crédits. Je n’ai pas de voiture (il aurai fallut que je puisse avoir un crédit pour passer le permis). Et pour être au top, il faudrait que je stoppe mes prélèvements automatiques de Médiapart et de ma carte ciné. Un jour j’aurais ce courage. Une des raisons de la difficulté d’une mobilisation citoyenne ce n’est pas que les gens ne croient plus au pouvoir des manifestations de masse, c’est qu’ils sont bien souvent prisonniers de leurs vie a crédit. La greve est d’autant plus difficile.
    Encore un tres bon article.

    • Vous aimez
    • Vous n'aimez pas
    • 0
    Lui répondre
  • Igor Coha le 7 décembre 2010 - 12:23 Signaler un abus - Permalink

    Le Bank Run c’est l’avenir de la contestation. Organisons les suivant à des dates précises avec des revendications. Organisons un comité Bank Run, pourquoi pas une caisse syndicaliste pour déposer les sommes d’argent de ceux qui possèdent de grosse sommes. Cette caisse syndicaliste ne travaillerais pas en bourse, ne servirait que de dépôt. Nous sommes ici anciennement syndiqué et nous allons rallier d’autres personnes à cette cause et allons monter localement un comité Bank Run pour que cela devienne local, cela n’est plus qu’une question de temps pour que cela devienne national et international.

    Vive le Bank Run

    • Vous aimez
    • Vous n'aimez pas
    • 0
    Lui répondre
  • alfred le 7 décembre 2010 - 16:52 Signaler un abus - Permalink

    Des quatre séduisantes propositions qui nous sont faites, deux ont l’inconvénient d’être la solution du mal : d’être des banques, éthiques ou populaires restent néanmoins des banques. Que la leçon du passé nous serve aujourd’hui : combien de mutualistes ou de coopérateurs ne sont pas dépassés par la politique de leur coopérative ou mutuel ?
    Le problème est plutôt de savoir jusqu’à quelle taille un individu a pouvoir réel sur le groupe, l’association ou la coopérative. Certains pays, la Suisse par exemple, organisent des référendums très souvent, quatre fois par an pour la Suisse, sur des sujets de société et respecte le vote de leurs citoyens.
    On peut se poser la question, pourquoi en France où l’on entend le mot démocratie si souvent, il y en a si peu dans les 36000 communes, nombreuses pourraient réunir leurs citoyens et les faire voter pour les questions importantes de leur commune.
    L’entreprise, qui n’a pas de statut juridique, qui agrège une société de propriétaires, de statut juridique elle, et des salariés dans un lieu l’usine est loin de la démocratie et de la participation. Une proposition : faisons de l’entreprise une entité juridique qui rassemble les propriétaires et les salariés.
    La proposition de Colona montre par les réactions de l’ensemble des puissants : la peur qu’ils ont de cette hypothétique menace : c’est que le géant a des pieds d’argile, et que la personne a un pouvoir immense. Car ce système, les banques, qui reposait sur la confiance, l’a perdue par sa faute : les banquiers ne sont plus vertueux.
    Alors que proposer ? Si ce système, les banques, ont participées tant bien que mal à l’amélioration des conditions de vie, à une compréhension du monde et de la nature, on voit qu’aujourd’hui il arrive à ses limites. Oh ! il a encore de belles années devant lui.
    On voit bien que ce système, inventé par l’homme n’est que son reflet, c’est-à-dire la visualisation des rapports humains de dominances et de subordinations.
    Depuis quelques années des éthologues et des primatologues tentent de comprendre l’humain, les mécanismes qui nous poussent a être égoïstes ou altruistes. D’eux viendra une connaissance de ce que nous tissons avec l’autre et nous permettra, peut être d’inventer un nouveau système d’échange et de relations.

    • Vous aimez
    • Vous n'aimez pas
    • 0
    Lui répondre
  • Antoine Zas le 7 décembre 2010 - 20:46 Signaler un abus - Permalink

    Mais quel crime à commis Cantonna pour être devenu l’ennemi public n°1 ?

    Je suis impressionné par la façon dont toute la France bien pensante est tombée à bras raccourci sur cette réaction de Cantonna, motivée par le refus du pouvoir d’écouter la société. Interdiction de toucher aux temples de la religion capitaliste.
    Le terme le plus communément entendu étant “irresponsable”. Venant après l’extraordinaire (au sens propre) catastrophe bancaire que nous avons connue du fait de la voracité des banques, cela a un côté pathétique (cf.Slama ce matin sur France culture face à Paul Jorion).
    Il serait presque comique d’entendre le choeur virginal des adorateurs du Dieu Fric, expliquer que cela provoquerait l’écroulement du système et que ce serait encore les plus pauvres qui en subiraient les conséquences. Les grecs et les irlandais ne contrariront pas ces doctes propos. Il y a un point systématiquement auculté, si cela est fait pour lutter contre le système et non par panique comme pour la Nothern Rock, la détermination consciente en sera le moteur. La réponse ne pourra pas être renflouer le système en versant des larmes de crocodile sur l’amoralité de quelques escrocs.
    Cantonna a raison retrouvons la maîtrise de notre argent. Même si ce qu’il a dit, paroles jetées au vent et non comme il est souvent prétendu un mot d’ordre, ne peut être réalisé spontanément. Cela ne peut pas être le cumul d’actes individuels mais le résultat d’une action collective donc réfléchie, organisée.
    Le pouvoir, le capitalisme n’existe que par notre complicité (je dis bien notre donc y compris la mienne) si nous le refusons, si nous résistons au sens de Stéphane Hessel, un autre devenir pour notre société planétaire est possible.
    Tout d’abord reprenons le pouvoir dans les banques mutualistes où les clients sont en fait des sociétaires. Dans celles-ci il n’est pas possible d’incriminer les actionnaires pourtant leur politique financière est la même (l’achat de l’Est Républicain par le Crédit Mutuel en est la dernière illustration). Luttons pour la renationalisation de la Poste et de la banque Postale, le référedum n’a pas empêché le gouvernement d’aller au bout de son entreprise.
    Cantonna nous pose une question ne laissons pas les tenants du système y répondre prenons la à bras le corps et trouvons lui une réponse. Surtout ne nous laissons pas enfermer dans un débat gestionnaire.

    • Vous aimez
    • Vous n'aimez pas
    • 0
    Lui répondre
  • stef le 8 décembre 2010 - 13:52 Signaler un abus - Permalink

    The Pirate Bay et Wikileaks soutiennent le bankrun. Vous etes comme les media mainstream, avec un plus bel emballage.

    • Vous aimez
    • Vous n'aimez pas
    • 0
    Lui répondre
  • jonsnow le 11 décembre 2010 - 22:25 Signaler un abus - Permalink

    J’espere voir d’autres articles de ce genre. Je m’emploierai à les diffuser.

    En parallèle de la recherche de solutions, pourquoi pas écrire sur:
    -les personnes qui utilisent déjà ces monnaies locales (aspects positifs/negatifs)).
    Des lecteurs pourraient spontanément envoyer dans un espace dédié (ou par mail) leurs impressions de la vie de tous les jours au contact de ces nouveaux moyens d’échange. S’en suivrait des améliorations pt etre.

    -Interviewer les élus de ces villes qui ont franchi le pas.

    -Interviewer les élus autour de ces villes. (Jaloux pas jaloux :)

    Ca fait du boulot! Pt-etre de futures embauches chez OWNI? ;)

    En ce qui concerne les banques éthiques je ne ne comprend pas que la banque postale soit vue comme telle. Elle n’a pt etre pas le droit de jouer sur les marchés mais ça doit sérieusement démanger ses dirigeants. Pour preuve tous les courriers de credit à la conso que je reçois.
    Le credit coopératif fait partie de la banque populaire et la NEF rattachée au crédit coopératif…parce qu’elle ne reçoit pas les autorisations nécessaires pour etre indépendante apparemment.

    Mais quitte à en changer, c’est évidemment la NEF que je prendrais. En espérant que l’état va lui lâcher la grappe.

    En tout cas, continuez sur votre lancée!
    Merci.

    • Vous aimez
    • Vous n'aimez pas
    • 0
    Lui répondre
  • jonsnow le 11 décembre 2010 - 22:33 Signaler un abus - Permalink

    Cependant pour stopper net la spéculation à outrance et arreter de payer ces foutus intérets sur la dette qui étranglent tout le monde, la solution radicale c’est de permettre à l’état de rebattre monnaie!
    Ces solutions alternatives ne sont pour l’instant que de jolis cataplasmes … que l’on développera qd on sera sûr de pas finir définitivement esclaves du privé.

    • Vous aimez
    • Vous n'aimez pas
    • 0
    Lui répondre
  • Didier Vetillard le 17 décembre 2010 - 0:41 Signaler un abus - Permalink

    La nef fait maintenant parti du crédit coopératif qui lui même fait parti du groupe Natixis à hauteur d’un pour cent.
    Donc quand vous donnez de l’argent à ces banques vous participez au salaire exorbitant de François Pérol…
    Et le Crédit Coopératif c’est la banque qui finance l’entrepreneuriat social; mot qui signifie la privatisation des services sociaux…

    • Vous aimez
    • Vous n'aimez pas
    • 0
    Lui répondre
  • Jean le 19 décembre 2010 - 14:48 Signaler un abus - Permalink

    Une petite visite à la page suivante vous proposera deux autres solutions :
    http://www.2477news.com/Punir-les-banques-en-faisant-evoluer-l-idee-d-Eric-Cantona-en-raz-de-maree-europeen_a644.html

    • Vous aimez
    • Vous n'aimez pas
    • 0
    Lui répondre
  • sylvainlapoix le 9 décembre 2010 - 16:45 Signaler un abus - Permalink

    @Stef : je vous trouve d’une mauvaise foi étonnante : les médias ont couvert le Bank Run comme si il allait déstabiliser le système bancaire, sans se poser les questions que nous nous sommes permis de poser. Par ailleurs, je ne sais pas où vous avez lu que Wikileaks et Pirate Bay “soutenaient” le Bank Run : Pirate Bay a parodié le Bank Run en appelant les internautes à “punir” Paypal pour avoir bloqué le compte de Wikileaks, votre raccourci est un peu grossier.

    Nous ne sommes pas “contre” le Bank Run, nous avons simplement prouvé qu’il serait inefficace sans une participation ultramassive et que, du fait de la législation et de la façon dont la société est conçue, il mettrait les gens qui le suivrait en difficulté ou les obligerait à rouvrir un compte, réduisant l’effet du Bank Run à 0. Mais nous comprenons les préoccupations de nos lecteurs qui n’ont cru au Bank Run que dans la mesure où il semblait une alternative : c’est tout le sens de cet article qui vise à proposer des solutions efficaces et qui ne nuisent pas à ceux qui les mettent en oeuvre, bien au contraire.

    • Vous aimez
    • Vous n'aimez pas
    • 0
    Lui répondre
  • sylvainlapoix le 9 décembre 2010 - 16:50 Signaler un abus - Permalink

    @Antoine : nous n’avons absolument pas désigné Cantona comme ennemi public numéro 1 et, si vous relisez l’article, vous verrez que nous avons souligné l’intérêt des banques éthiques. La meilleure façon de ne pas subir le système, c’est d’utiliser les mécanismes qui permettre de ne pas utiliser des outils par lesquels les mauvaises personnes s’enrichissent, comme les monnaies libres évoqués dans ce papier qui contournent les frais de gestion bancaire pour utiliser l’argent au pot commun pour des projets de solidarité.

    • Vous aimez
    • Vous n'aimez pas
    • 0
    Lui répondre
2 pings

  • [...] OwniPolitics – Mardi 7 octobre, que des centaines ou des milliers de Français aillent clôturer leur compte ou simplement en retirer le maximum de cash autorisé, les banques ne trembleront pas. Si l’initiative lancée par Eric Cantona a donné l’illusion sympathique qu’il suffisait de s’armer de sa carte bleue pour entamer les fondations du système bancaire, elle n’aura aucun effet, sinon, peut-être celui de priver une poignée d’épargnants de leur capacité à recevoir des virements, ainsi qu’un nombre considérable d’autres désagréments qu’avaient énuméré nos collègues de rue89. [...]

  • [...] Article publié initialement sur le site OWNIpolitics sous le titre : Quatre alternatives au Bank run de Cantona. [...]

Derniers articles publiés