Braquage de crise : quand l’argent devient une arme anticapitaliste

Le 2 décembre 2010

Face à un système financier défaillant, l'argent est le nerf de la guerre : bank run ou monnaies libres, les initiatives, plus ou moins efficaces, montrent que l'économie n'est pas forcément l'affaire des banques !

Billet publié initialement sur OWNIpolitics sous le titre : La révolution Cantona : une fausse solution à un vrai problème.

Techniquement impossible, le projet de fermeture massive de comptes proposé par Cantona resterait sans effet sur les banques et la désillusion des citoyens.

Des files d’attente de centaines de personnes devant les agences, le site de consultation des comptes en ligne inaccessible suite aux connexions répétées… En septembre 2007, la banque anglaise Northern Rock fut assailli par ses épargnants qui, pris de panique face à son effondrement sous les coups de la crise des subprimes, ont couru retirer leurs économies, de peur que la crise ne les avale: premier « bank run » depuis la crise argentine de 2001, ce mouvement de panique a dépouillé les comptes de Northern Rock d’un milliard de livres sterling en deux jours. Une performance historique que l’ex-attaquant de Manchester Eric Cantona voudrait reproduire le 7 décembre pour punir les banques fauteuses de crise. Et qui, malgré un buzz conséquent, n’effleurera même pas la plaque du siège de la BNP.

Tout commence le 8 octobre 2010, dans un canapé anonyme où, affalé, Eric Cantona disserte face à la caméra de Presse Océan sur les mouvements de grève qui se succèdent dans le pays : selon le footballeur à la retraite, les millions de Français qui sortent dans la rue font fausse route, voire retournent l’idée contre eux-mêmes.

La révolution serait « très simple à faire » : le système tournant autour des banques, « il peut être détruit par les banques » et, pour ce faire, les manifestants n’auraient qu’à « retirer leur argent et les banques s’écroulent ». Un syllogisme assez séduisant pour convaincre 30 000 personnes de rejoindre le groupe Facebook proposant de retirer tout son encours et fermer ses comptes épargnes le 7 décembre :

  • les banques tirent leur pouvoir de l’argent ;
  • les clients détiennent l’argent ;
  • les clients détiennent le pouvoir sur les banques.

Un raisonnement presque aussi simple et limpide qu’il est faux.

Une (impossible) pichenette de moins de 0,3% dans l’édifice bancaire français

Pour commencer, personne ne pourra « clôturer » tous ses comptes le 7 décembre pour des raisons légales : la loi recommande pour commencer d’adresser une lettre en recommandé à la banque pour réaliser l’opération, dont la réception ouvre un délai de préavis de un à trois mois… Et ceci pour chaque compte. Quant aux limites de retraits, elles ne permettraient guère les fuites : pas évident de retirer des dizaines de milliers d’euros avec sa Mastercard à coup de 300€ par semaine. Même au guichet, la limite est fixée pour la BNP à 2 000€ (pouvant être levée à 3 000€). Au delà (et jusqu’à 8 000€), l’avis préalable du guichetier est indispensable.

Beaucoup d’agitation pour pratiquement rien: car, quand bien même les 30 000 personnes retiraient en un même mois tout leur encours (à moins de disposer de sommes considérables sur leurs comptes), les quelques dizaines ou centaines de millions n’affecteraient pas le moins du monde les banques visées, d’autant plus qu’elles s’étaleraient sur plusieurs établissements.

« Une telle initiative ne poserait problème que si les banques étaient limite en réserve, or c’est exactement l’inverse en ce moment, insiste Alexandre Delaigue, professeur d’économie à Saint Cyr et à l’ENSAM, animateur du blog Les Econoclastes. Le crédit est restreint et les banques sont noyées sous les liquidités apportées par les banques centrales. Les banques n’auraient qu’à se contenter de retirer sur leur compte à la banque centrale pour compenser la demande de billet. » On est donc bien loin de l’agonie financière de Northern Rock.

Dans l’hypothèse (absurde, donc) d’un retrait individuel de 30 000€ par « bank runner », les 900 millions soustraits aux caisses seraient vite remplacés et ne pèseraient qu’une goutte d’eau dans les 269 milliards d’encours total des comptes et produits d’épargne des ménages (source : banque de France, septembre 2010), qui ne sont eux-même qu’une partie de l’argent des banques.

La seule conséquence réelle de ce « bank run » serait de mettre en grande difficulté de paiement chacun des « révolutionnaires » ayant eu l’idée de suivre Cantona : selon la Fédération des banques françaises, les virements constituent en valeur 83,2% des transactions en valeur opérées en France. Sans compte en banque, plus moyen de percevoir son salaire, de faire son virement EDF, de recevoir les prestations sociales… Dans les faits, l’idée de Cantona mise en œuvre par une poignée de révoltés se retournera bel et bien « contre eux-mêmes ». Encore faudrait-il que les candidats au syphonage ne soient pas trop endettés : difficile de dire à son conseiller Société générale de fermer les yeux sur un emprunt immobilier ou auto pour aller courir après “King Eric”…

Illusion des effluves de « l’argent magique »

Malgré l’évidence de cet échec, la « révolution à la Cantona » agite les médias comme les politiques : Christine Lagarde elle-même s’est sentie de prendre la parole contre le footballeur, bien vite contrecarrée par Cécile Duflot… Même Baudoin Prot, pourtant assuré par les milliards des divers plans de relance de la BNP, s’est fendu d’une critique. Car, en miroir de cet espoir de changer les choses, cette poussée de fièvre révèle surtout l’incapacité d’agir sur le système.

Les tours Société Générale à La Défense

« En dehors des critiques habituelles qui se sont amplifiées, une idée vient de plus en plus souvent à la bouche des clients quand ils sont en agence : que l’augmentation des tarifs en agence de détails servent à payer les bonus des traders, qu’on leur faire « payer », la crise »

Auteure d’une thèse sur la sociologie de la banque et de ses clients, Jeanne Lazarus (doctorante à l’EHESS) a observé l’évolution des rapports tendus dans les locaux même des banques et constate un changement dans la perception de l’économie : « les sociétés occidentales ont le sentiment d’avoir une connaissance de plus en plus aiguë des phénomènes économiques : à force d’entendre parler de la crise, tout le monde se prend pour le gouverneur de la Réserve fédérale américaine, un peu comme chacun s’imagine sélectionneur de l’équipe de France pendant le Mondial, explique la sociologue. L’idée de Cantona est une présentation rapide et simpliste des processus économiques mais chacun à envie d’avoir un avis. »

Dans son association entre un geste simple (retirer son argent) et la résolution d’une injustice pénible (le syphonage de l’économie au profit de banques fautives), la « révolution Cantona » a tout le charme de la « pensée magique » : traversons le passage clouté à cloche-pied sans tomber et tout ira mieux.

Une fois de l’autre côté de la rue, rien n’a changé. Pire : nous y avons cru et devons retourner à notre triste impuissance.

Une solution enfantine à la désillusion des plans proposés par les États

D’autres initiatives se sont proposées de retourner contre le système sa propre force. Parmi elle, l’idée ingénieuse de l’ancien trader de Lehman Brothers Mike Krieger : pour abattre la très puissante banque d’affaires JP Morgan, il propose que chaque Américain (bien qu’une centaine de millions suffise) débourse 25 ou 50$ pour acheter une petite pièce d’argent. Pourquoi ? Afin de faire exploser le prix du métal précieux, sur lequel JP Morgan spécule à la baisse depuis des mois, au point d’attirer l’attention des régulateurs financiers : détenteurs de quantités monstrueuses (1/3 du marché selon certaines estimations), les financiers seraient obligés de « garantir » le prix de leur ressource à coup de milliards… Une manœuvre à même de couler la banque d’un seul mouvement ! Une solution ingénieuse mais bien plus complexe à expliquer au grand public que le simpliste « bank run » de Cantona.

Le succès de la proposition tombe en fait au meilleur moment pour parler à tout un chacun : frappés par la crise un premier coup, les Français et leurs voisins européens voient désormais arriver la rigueur comme une lame de fond, à laquelle s’ajoutent les torrents de dettes grecques et irlandaises… Dans un élan commun, des millions ont arpentés les rues, sacrifiant leur temps et leurs congés pour abattre la réforme des retraites. En vain.

Un peu à la manière des promesses vides concernant l’environnement, une « urgence » systématiquement remisée depuis plus de 10 ans, le besoin de communiquer sur la « résolution » de la crise à chaque nouveau sommet a fini par s’user : le G20 de Londres promettait de l’emploi, de la sécurité… Et voilà que l’augmentation du Smic sera limitée au minimum légal. Les seuls sauvés sont les établissements financiers.

Les clients répètent souvent ce genre d’accusation : « vous êtes dur avec moi mais vous prenez des risques inconsidérés sur les marchés » est une attaque courante des clients contre leur conseiller qui leur refuse un crédit, rapporte Jeanne Lazarus. En fait, la financiarisation de l’économie a eu des effets très importants sur la vie quotidienne des gens.

Désorientés, livrés seuls face à leur injustice, certains en viennent à écouter Éric Cantona pour savoir comment résoudre la crise par un moyen magique. Une solution qui, en plus d’être inefficace, délaisse le problème fondamental d’une dépendance aiguë au système financier qui tient à sa merci chaque épargnant de la naissance à la tombe, de son prêt étudiant à son emprunt immobilier.

Le lendemain de la sortie de la vidéo mourrait Maurice Allais, seul prix Nobel d’économie français : moins médiatisé que le footballeur, il avait eu le tort de critiquer un peu trop tôt les traders, les banques qui misaient avec de l’argent qui ne leur appartenait pas sur des marchés dont elles entretenaient l’instabilité. Republiée par Marianne, sa dernière analyse de l’effondrement du système bancaire clamait sans détour que crise et mondialisation étaient liées et soulignait que des « tabous indiscutés » depuis des années nous avaient tous menés dans ce même bateau avec les économies occidentales et les banques (même si ces dernières ont su en tirer de nouveaux bénéfices).

Avant que la prochaine crise ne nous prenne de cours, il est encore temps de délaisser les vidéos de Cantona pour lire les thèses bien vivantes de ceux qui se sont inquiétés avant lui et ont préconisés de vraies solutions.

Photo FlickR CC : William Grootonk ; Thinkpanama ; Alpha du Centaure.

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  • jonsnow le 3 décembre 2010 - 14:36 Signaler un abus - Permalink

    “Avant que la prochaine crise ne nous prenne de cours, il est encore temps de délaisser les vidéos de Cantona pour lire les thèses bien vivantes de ceux qui se sont inquiétés avant lui et ont préconisés de vraies solutions.”

    Que vous allez publiez j’espère. Car les solutions autres que celles des banquiers n’ont pas de visibilité sur la scène publique.

    En tout cas les propos de Cantona ne sont pas stupides. Le rasoir d’Occam vous connaissez?
    Il est temps qu’en haut de l’Etat on sente aussi la pression du peuple.

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  • Bobow le 3 décembre 2010 - 15:34 Signaler un abus - Permalink

    Le simple fait de désigner les institutions financières comme coupables (en partie) de la situation actuelle, et ceci auprès d’une majorité de personne, a déjà un fort impact politique dans la mesure ou les parties politiques ont tendance à s’attarder sur des sujets populaires quand ce ne sont pas eux qui les médiatise pour les instrumentaliser (sécurité …).

    Analyser, expliquer et rendre visible de vraies solutions est impératif, mais nécessite qui le problème soit identifié par l’opinion publique comme une priorité afin qu’elle soit réellement sensible et à l’écoute de ces solutions. D’où l’utilité, dans une certaine mesure, des propos de Cantona.

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  • Manu le 3 décembre 2010 - 15:45 Signaler un abus - Permalink

    Il est intéressant de noter que pour une idée « ridicule », tant de gens se démène pour qu’elle n’aboutisse justement pas.

    Je suis bien conscient qu’à moins d’un mouvement extrêmement massif, l’impact sera faible. L’intéressant arrivera après : renouveler l’opération de temps en temps chaque mois, chaque trimestre ? Je sera curieux de voir les réactions en cas d’augmentation du nombre participants.

    Éric Cantona, n’a pas parlé de solution, mais de menace… Détail qui a son importance.

    Finalement, le plus important est peut être que cela amènera les citoyens à mieux connaitre le système bancaire.

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  • sylvainlapoix le 3 décembre 2010 - 21:03 Signaler un abus - Permalink

    @jonsnow : nous en présenterons, c’est toute l’idée d’OWNIpolitics de creuser là où sont les outils pour faire avancer le débat. Dans le cas qui nous concerne, le rasoir d’Ockham ne s’applique justement pas : nous ne pouvons pas vider les caisses des banques en tirant simplement au distributeur… ne serait-ce que parce que les banques elles-mêmes contrôlent les distributeurs et n’ont aucun intérêt à ce que ça se passe ! Or, la loi elle-même vise à la stabilité des banques et impose donc les mêmes limitations. Difficile d’appliquer le rasoir d’Ockham dans cet enchevêtrement de législations… Quant à faire pression sur le haut de l’Etat, c’est essentiel mais il faut trouver un moyen qui fonctionne.

    @Bobow : depuis la crise, c’est devenu une ficelle plutôt grossière de critiquer les banques, que ce soit à gauche ou à droite. Je crains que ce soit plutôt l’inverse : c’est uniquement parce que Eric Cantona en parle que c’est relayé. Frédéric Lordon, Paul Jorion et mille autres économistes critiques, bien plus solides dans leurs références que l’ex attaquant de Manchester, dénoncent le rôle du système bancaire et monétaire depuis bien plus longtemps que Cantona.

    @Manu : il ne s’agit pas d’empêcher que l’initiative de Cantona advienne… simplement de prouver qu’elle est impossible, voire nuisible pour ceux qui auraient l’idée de la suivre ! Je ne suis pas d’accord quand vous dîtes qu’il ne disait pas proposer de solution : il parle bien de “changer les choses”, autrement dit d’influer sur le cours de l’économie. Quant au fait de “mieux connaître le système bancaire”, je rejoins les propos de Jeanne Lazarus : il “fait croire” aux gens qu’ils connaissent mieux les banques. Mais, en pratique, ils n’ont aucune idée de la façon dont elles fabriquent la monnaie, alors que c’est bien le fond du problème, celui du système et celui de ses usagers.

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  • Jean-Pascal le 3 décembre 2010 - 21:14 Signaler un abus - Permalink

    Qu’il est aisé de juger un mouvement pour la solution qu’il ne prétend pas apporter.
    Le Bankrun2010 réclame la possibilité de choisir une banque publique et éthique, et l’action du 7 décembre vise à réveiller les consciences, mais il est tellement plus facile de prendre le discours de Cantona au pied du chiffre pour en sourire de suffisance.
    Vous terminez votre “analyse” sur les mots “vraies solutions”, mais je ne vois pas l’ombre d’une proposition dans votre article, alors que le site bankrun2010 propose de la documentation sur le système d’argent dette donc la faillite est inscrite dans le principe même, ce que vous n’envisagez même pas d’évoquer.
    Je vous ai lu, et n’ai rien appris, perte de temps…

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  • manu le 3 décembre 2010 - 23:48 Signaler un abus - Permalink

    @ l’auteur :
    Quel est donc le risque ? Si ce que vous avancez est vrai, il est pratiquement nul (ou alors c’est que vous n’êtes pas sûr de vous…).

    Je rappelle que nous en sommes au point où, pour contenter les « marchés financiers », ceux-là même que les états ont sauvé, nous devrions subir une rigueur sans précédent !

    Qu’y a-t-il à perdre (c’est un salarié d’une banque qui écrit) ?

    Il faut appeler bien un chat un chat : les banques mettent à genoux les peuples, et elles sont d’autant plus féroces maintenant qu’elles ont vu le couperet de près il y a peu.

    S’il existe un autre mode d’action concrète qui puisse avoir l’honneur d’une remarque de la ministre des finances, faites-le savoir d’urgence !

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  • Stanislas Jourdan le 4 décembre 2010 - 0:36 Signaler un abus - Permalink

    Je cross-poste mon premier commentaire sur ownipolitics….

    Je pense qu’il y a un malentendu sur la “révolution cantona”.

    il ne s’agit pas tant de créer une panique bancaire que de montrer de manière symbolique que l’argent avec lequel les banques font joujou appartiennent aux particuliers.

    c’est également l’occasion d’expliquer aux gens les rouages de la création monétaire dont dépend l’ensemble du système. A savoir un système qui place les banques en situation de monopole qui met toute l’économie à genoux devant elles.

    le site du mouvement bankrun 2010 explique tout cela très bien : http://www.bankrun2010.com/

    Bref, moi j’irai retirer mon argent, pas tout, juste le retrait maximal autorisé. Si tout le monde fait pareil l’impact sera bien sur nul pour la stabilité des liquidités, mais cela montrera que les citoyens ne sont pas dupes de la pyramide de Ponzi à laquelle ils sont soumis depuis trop longtemps.

    La “révolution Cantona” s’il en est une, il ne s’agit pas tant d’une révolution économique que d’un coup médiatique destiné à informer les gens. Est-ce si inutile ?

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  • fauché de dumas Calixte le 4 décembre 2010 - 1:02 Signaler un abus - Permalink

    j’avais entendu parler d’owni.fr et le découvre ce soir:
    ” Ownien!
    … Et comme ça nous fait du bien de lire ce qui s’écrit ici!
    Merci
    PS –
    A quand les prochaines thèses intéressantes comme celle du Sylverdoll… Frédéric Lordon n’aurait-il pas une idée?
    Et la taxe Tobyn?
    Pourquoi ne pas faire un vrai dossier journalistique sur la façon qu’on a de l’enterrer, la brandir de temps en temps, et ne jamais l’appliquer… Alors qu’il faudrait la faire grimper à un taux presque égal à celui de la TVA et l’appliquer systématiquement à toutes les martingales financières aux algorithmes aléatoires.
    Et un bon vrai dossier sur la Titrisation…
    klxt

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  • Le Yéti le 4 décembre 2010 - 9:38 Signaler un abus - Permalink

    “Une solution enfantine”

    Mouais, j’attends de voir vos “solutions adultes”. Voici sur ce sujet copie d’un commentaire laissé par moi-même sur le site de Frédéric Lordon. Il vaut, je pense pour cet article.

    LA SEULE ARME DU PEUPLE

    « C’est l’État qui s’en charge en déclarant souverainement le défaut sur sa dette publique » (F. Lordon)

    Votre proposition, Frédéric Lordon, est effectivement meilleure que la solution Cantona. Et Paul Jorion disait aussi ce soir chez Taddéi (France 3) que la proposition Cantona n’était probablement pas la plus appropriée. Il proposait, lui, l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix.

    Mais Paul Jorion (comme moi-même) reconnaissait que la solution Cantona était la seule dont disposait le peuple souverain pour « punir les banques » responsables de la crise.

    Parce que votre solution à vous (cf. citation ci-dessus) et celle de Paul Jorion, ont l’immense inconvénient de dépendre d’une décision d’État.

    Or depuis trois ans qu’a éclaté cette Grande Crise, AUCUN ÉTAT n’a pris la moindre décision concernant la fameuse régulation du système bancaire.

    AUCUN ÉTAT n’a entrepris de nettoyer les écuries d’Augias de la finance internationale.

    Quand l’État est non seulement défaillant, mais souvent complice des escrocs des places financières, ne reste plus au peuple qu’à prendre ses affaires en main.

    Dites-moi donc, professeur, de quelle autre arme dispose le peuple contre le système bancaire qui le dépouille, sinon celle indiquée par notre footballeur ?

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  • le journal des tueursnet le 4 décembre 2010 - 11:31 Signaler un abus - Permalink

    Balle du postier

    Vous rendez-vous compte ? Qu’il existe quelque part en Europe, toute une population active qui travaille dans une coopérative agricole : Et où chacun reçoit le même salaire, soit 47 euros par jour. Ce salaire quotidien ferait rêver plus d’un parce qu’il est librement consenti par des gens qui ne demandent pas mieux que de vivre en paix en s’inspirant d’un seul principe, simple comme un bonjour : le libre communisme. Ah ! ah ! ah ! Je vous vois revenir : que ce n’est que l’arbre qui cache la forêt, que l’inégalité des traitements est plus stimulante, la compétitivité plus enrichissante. Pas mieux que le capitalisme n’est-ce pas ? Pour nous garantir la prospérité. Et alors ? Ça ne nous empêche pas de tendre l’oreille à ces Andalous qui viennent de je ne sais où et qui se sont donnés les moyens de partager le pain et le levain comme pour nous indiquer le chemin : qu’il y a une autre politique possible … laquelle ? hi hi hi !!!! Pardi… Celle qui nous laisserait le temps de faire autre chose que de la politique… Quand j’étais petite, je rêvais de révolution… poétique… d’un poème pour résoudre tous les problèmes… je vous demande pardon… d’avoir été si petite.
    http://www.tueursnet.com/index.php?journal=Balle%20du%20postier

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  • Alfred le 4 décembre 2010 - 12:38 Signaler un abus - Permalink

    Je ne crois pas que Cantona ai dit de suspendre son compte mais seulement de retirer son argent tout les mois Il faut savoir qu’un salarié peut exiger de son employeur s’il gagne moins de 1524 euros net par mois d’être payé en espèce fiduciaire ( c’est à dire en espèce sonnante et trébuchante) loi du 18 juin 1940- décret du 11 juillet 1987. Nous sommes, malheuresement, nombreux à gagner moins de 1524 euros

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  • Petit Poisson le 5 décembre 2010 - 13:08 Signaler un abus - Permalink

    Merci pour cet article. La prise de conscience globale est intéressante, espérons qu’elle profite à l’alternative que représentent les banques éthiques.

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  • PIERRE le 6 décembre 2010 - 18:23 Signaler un abus - Permalink

    Ce journaliste n’as strictement rien compris au mouvement :

    1) Ce n’est pas un mouvement anti-capitaliste : il prône simplement la fin du système “argent-dette”, la fin des paradis fiscaux, et plaide pour une finance responsable : il n’y aura pas de perspectives à long terme pour les peuples sans cette réforme que Sarko nous a promis (Moralisation du capitalisme : foutaise ou réalité ?) http://www.dailymotion.com/video/xbqww7_l-argent-dette-2-promesses-chimeriq_news#from=embed

    2)Quand vous regarderez cette vidéo, vous verrez que ce n’est pas du simplisme économique, mais la base même des études monétaires réalisées par de très grands économistes :
    Cantonna n’est que le porte parole du mouvement !

    3) 30 000 motivés à 2 semaines de l’événement, c’est peut-être 3 millions grâce à la médiatisation de dernière minutes.

    4) Même si le mouvement ne fait pas tomber le système, il aura eu le mérite de faire réfléchir les gens sur la question.

    5) L’auteur de cet article ne propose rien pour remédier à un système qui va dans le mur (économique, social, écologique).

    6) Sans révolution, on serait encore en monarchie de droit divin. La révolution, c’est notre histoire, c’est notre hymne, c’est notre démon. Celle là ne fera pas de sang, c’est l’essentiel.

    7) Il y a aussi la solution d’aller mettre son argent dans des banques coopératives.

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  • WilnocK le 7 mars 2011 - 11:45 Signaler un abus - Permalink

    C’est l’annee du lapin dans le calendrier chinois…

    Si le Bank run n’a pas particulierement fonctionner en France, il semble qu’il soit en cours en ce moment en coree-du-sud…

    En Coree

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