Prévention Internet au lycée: l’imposture

Le 4 mars 2011

Un professeur a assisté à une formation assurée par la société Calysto dans un lycée. Si, sur le papier, tout paraissait idyllique, la réalité l'était un peu moins. Récit d'un prof atterré.

Il est des billets que l’on n’aime pas avoir à publier. Celui-ci en fait clairement partie tant il m’irrite au plus haut point ! Il illustre malheureusement une nouvelle fois l’incapacité chronique de l’école à comprendre et former aux nouvelles technologies et aux enjeux de demain.

C’est donc l’histoire d’un lycée qui souhaite organiser une journée de sensibilisation sur le thème « Réseaux sociaux, gérer son identité numérique ». Louable intention s’il en est. Et l’on imagine fort bien que derrière ce titre se cache l’ombre de Facebook, devenu effectivement omniprésent chez les ados avec toutes les questions et conséquences que cela implique.

Soit, les enseignants ne sont pas tous des spécialistes du numérique, mais il doit bien y avoir dans une équipe pédagogique quelques compétences en la matière. Donc logiquement cela devrait pouvoir se préparer en interne. Mais non, on fait appel à une société privée.

Calysto se définit comme « une agence qui concentre son activité dans la maîtrise des enjeux liés aux usages de l’internet et aux Technologies de l’Information et de la Communication ». Et, via son site TousConnectes.fr, elle propose aux établissements scolaires des journées d’information « dans le cadre de son partenariat avec le ministère de l’Education nationale ».

Voici la page de présentation de l’offre pour le lycée, sachant qu’il en coûtera à l’établissement (et donc au contribuable) 376 euros par jour. Elle commence ainsi : « Les lycéens se sont largement appropriés l’univers de l’internet et du téléphone mobile dont les usages sont en constante évolution. S’ils en sont très souvent les prescripteurs, certaines notions leur échappent et nécessitent d’être approfondies ». Calysto propose également des conférences pour les parents et se targue d’avoir déjà organisé plus de 230 conférences ayant touché plus de 22 000 adultes.

Sur le web, grand succès. Dans la réalité, moins

J’ai fait une rapide recherche web et il semblerait que beaucoup établissements scolaires aient déjà fait appel aux services de Calysto, qui, il y a à peine une semaine, a même eu l’honneur d’un article dans le journal Sud Ouest. Extrait : « De nombreux contenus multimédias sont soumis à des droits d’auteur, la récente loi Hadopi a été mise en place pour les protéger (…) On peut retrouver n’importe quel internaute par son adresse IP ». Cet extrait anxiogène n’est qu’un avant-goût de ce qui va suivre.

Calysto est passée tout dernièrement dans un lycée dont nous tairons le nom. C’est le témoignage édifiant d’un enseignant présent ce jour-là que nous vous proposons ci-dessous.

Parents vous pouvez dormir tranquille, la police de la pensée veille sur vos enfants ! Sauf que les enfants ne sont pas dupes, et leurs réactions radicales au sortir de la journée donnent paradoxalement espoir : « On fait quoi ? Il faut tout arrêter ? On ne va pas arrêter de vivre quand-même. Dans ce cas il faut interdire Internet ». Quant à nous (nous Framasoft, mais aussi April, Quadrature, Wikipédia, etc.), il faut absolument que l’on s’organise pour proposer des journées alternatives, bénévoles et gratuites, afin d’opposer à un tel discours notre propre approche et culture du Net.

Histoire édifiante : « La plus belle c’est Calysto ! »

Par un enseignant, quelque part en France

À l’initiative des documentalistes et des CPE dans mon lycée se sont tenus des débats-conférences autour des dangers de l’internet et des réseaux sociaux. Ils ont fait appel à la société privée Calysto qui propose des solutions « clé en main ».

J’y ai assisté avec mes élèves de seconde, et là je dois dire que j’ai été atterré. Le débat n’avait rien de participatif, l’intervenant faisait réagir les élèves avec des images chocs mais ne poussait pas la réflexion. Nous avons eu droit à une succession à un rythme effréné de faits divers et d’anecdotes. Le discours était très culpabilisant, ce qui est contre-productif avec les ados, « c’est interdit, c’est pas bien, vous n’avez pas lu les conditions d’utilisations, et oui, faut lire ».

Voici mon témoignage mais je dois préalablement dire que parmi mes collègues certains trouvaient d’une part que ça avait le mérite de lancer le débat et qu’il fallait donner une suite avec les profs, et d’autre part que tout le monde n’était pas spécialiste du sujet et qu’il fallait passer par des simplifications et des abus de langage. Et qu’un discours policé de spécialiste n’aurait pas eu d’effet sur le public ado.

Lors de la conférence il y a des oppositions franches sur des faits précis. L’intervenant soutenait certains propos que je lui disais être faux. Il a insisté et à aucun moment n’a montré le moindre doute du genre « je ne suis plus sûr du chiffre exact, il faudrait vérifier ». J’ai du prouver mon point de vue sourcé a posteriori à mes collègues pour démontrer qu’il s’était manifestement trompé et qu’il a soutenu le contraire, quitte à me faire passer pour un incompétent.

Exemple 1 : les conditions d’utilisation

Lui – Vous avez un compte Facebook par exemple ? Mains levées. Avez-vous lu les conditions d’utilisation ? Mains baissées. Eh oui faut lire !
Moi, me mettant dans la peau d’un élève – Mais encore ? Une fois qu’on l’a lu, on fait quoi s’il y a un truc qui nous gène ? On n’a pas le choix ?
Lui, véhément – Je ne peux vous laisser dire ça, on a toujours le choix, il faut lire les clauses c’est votre responsabilité, blabla…

C’était ma première intervention je ne pensais vraiment pas à mal, au contraire c’était pour lancer le débat.

Moi, dans mon idée faire émerger l’e-citoyen – Bien sûr mais ce que je veux dire c’est, s’il y a parfois des clauses abusives, on fait quoi ? Les CLUF sont rédigés par des armées d’avocats qui se sont blindés ! N’est-ce pas à la loi, à nos députés, aux associations de consommateurs de nous protéger ?

(Et je ne parle même pas de class-action qu’on n’a pas en France.)

Lui, impatient ne voulant pas aller dans cette direction et voulant reprendre le fil de son intervention formatée et bien rodée – Non, vous avez accepté c’est trop tard.

À partir de là il me suggère franchement de me taire, je lui réponds que j’ai été invité avec mes élèves et l’intitulé de l’invitation était Conférence, débat et échanges. Là-dessus, il me mouche en me disant « oui, mais avec les élèves ». Je suis passablement énervé. J’ironise en disant que j’avais bien lu les CLUF pourtant.

Exemple 2 : L’HADOPI

Lui – L’Hadopi a faim, ils veulent rentrer dans leurs frais ça coûte cher, elle a condamné 75 000 internautes depuis le mois d’août.
Moi – Personne n’a été condamné, des mails d’avertissements ont été envoyés mais à ce jour aucun accès internet n’a été coupé !
Lui – Si il y a eu 75 000 condamnations et pas plus tard que …. il y a avait un jeune de 19 ans qui s’est fait couper son accès.
Moi – Il y a eu 75 000 mails envoyés je vous l’accorde mais aucune coupure.
Lui – Nous avons les chiffres, mon collègue de Calysto va à l’ALPA (Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle) tout le temps alors…

Grosso-modo on sait mieux que vous.

À ce moment là, j’abandonne vu la réaction d’un de mes collègues (mais c’est du détail les batailles de chiffres). Au même moment un autre collègue avec son iPhone se connecte sur le site de l’Hadopi et me dit qu’il doit confondre condamnations et recommandations ! Effarant. Là, en se moquant de moi, il me demande si je n’ai pas une pause à aller prendre.

On passe à des copies d’écrans de sites pro-ana, les images choquent et font réagir les élèves. Il demande le silence, les menace de ne plus laisser parler s’ils sont aussi bruyants.

Exemple 3 : La LOPPSI

Un autre prof pose la question suite aux diapos concernant le streaming et le direct download, peut-on (les autorités) aller voir dans mon disque dur ?

Lui – Oui bien sûr !
Moi, me sentant obligé de réagir alors que je ne voulais plus – Non c’est faux, il faut l’avis d’un juge, la police ou la gendarmerie doit avoir une commission rogatoire pour examiner le contenu de votre ordinateur.
Lui – Et non monsieur c’est LOPPSI 2, vous n’avez pas lu dans le journal : les dictateurs en rêvaient Sarkozy l’a fait ?!
Moi, j’ai un doute, j’avoue que je n’avais pas potassé la loi LOPPSI2 – La LOPPSI2 n’est pas encore entrée en vigueur, elle vient juste d’être votée, aucun décret d’application n’a été publié.

Lui poursuit sans tenir compte de ma réponse, alors dans la tête des élèves ça donne ceci : « la police, les gendarmes peuvent se connecter même de l’extérieur comme ils veulent à notre ordinateur et accéder à son contenu ».

Après avoir fait quelques recherches ils se trouve que la LOPPSI 2 est actuellement visée par le Conseil constitutionnel et sur Wikipédia (à vérifier) j’ai pu lire que :

La police, sur autorisation du juge des libertés, pourrait utiliser tout moyen (physiquement ou à distance) pour s’introduire dans des ordinateurs et en extraire des données dans diverses affaires, allant de crimes graves (pédophilie, meurtre, etc.) au trafic d’armes, de stupéfiants, au blanchiment d’argent, mais aussi au délit « d’aide à l’entrée, à la circulation et au séjour irrégulier d’un étranger en France commis en bande organisée », sans le consentement des propriétaires des ordinateurs.

Nos ados téléchargeurs illégaux seraient-ils des terroristes trafiquants de stupéfiants ? Après ça, c’en était trop je suis sorti une dizaine de minutes de la salle, puis je suis revenu m’installer tout au fond pour ne plus rien dire jusqu’à la fin. Pendant ce temps, on assistait à d’autre passes d’armes moins intenses avec un autre collègue.

Quand il s’agit parler des Creatives Commons : incompétence flagrante

Et le libre dans tout ça ? Et bien surprise ! Il y en avait un peu. C’était pas le top mais quand même. On a eu droit à une diapo sur les contenus Creative Commons, mais sans rentrer dans les détails. « Il existe des contenus libres de droits comme le portail Jamendo pour la musique. »

Lui – Jamendo où ce sont des artistes pas connus qui partagent le contenu, c’est financé par la pub.
Moi – On peut aussi donner pour soutenir un artiste qu’on aime… aller à ses concerts.
Lui – Oui c’est comme Grégoire, vous misez sur un artiste en espérant que…

J’ai voulu dire que MyMajorCompany et Jamendo ce n’était pas la même chose, mais je n’ai pu le confier qu’à mon voisin car il était déjà reparti sur un autre sujet. On a vu aussi un slide sur le P2P avec trois contenus Batman_origin.avi, Firefox, Adobe Reader et il a demandé si c’était du piratage ? Oui pour Batman mais non pour Firefox et Acrobat Reader qui sont gratuits mais nous ne sommes pas rentrés dans les différences entre ces deux contenus « gratuits ».

Lui qui disait qu’il fallait absolument lire les CLUF pour savoir à quoi s’en tenir apparemment ne le savait pas. Et préalablement il a bien dit que l’outil P2P avait été conçu pour partager des fichiers et que ce sont certains utilisateurs qui s’en servent pour partager des contenus qui ne respectent pas le droit d’auteur.

Je pense  vraiment que l’intervenant était un animateur commercial formé sur le sujet à la va-vite, utilisant des techniques de communication éprouvées : frapper les esprits, faire réagir (rires) puis engueuler méchamment, culpabiliser, provoquer un sentiment de honte (en invoquant par exemple la sexualité hésitante des ados), affirmer sa connaissance sans faille en invoquant des sources bétons mais invérifiables, et abuser des arguments d’autorité sans justifier leur raison d’être.

Le thème que nous voulions traiter était « Réseaux sociaux, gérer son identité numérique ». J’ai eu l’occasion de parler avec quelques élèves par la suite, ils sont sortis de là en ce disant « On fait quoi ? Il faut tout arrêter ? On ne va pas arrêter de vivre quand-même. Dans ce cas il faut interdire Internet ».

Peut-être que c’est ce qui nous attend si ce genre d’idées simplistes continue à se diffuser. Bientôt on aura le droit un avertissement du type : « Internet tue, provoque la dépendance, l’isolement ». Et nous rajouterons : « et libère des peuples ».

- -

Article publié initialement sur Framablog sous le titre Quand Calysto passe au lycée, les élèves se demandent s’il ne faut pas arrêter Internet
Vous pouvez soutenir Framasoft.

Illustration CC Ed Yourdon, Guillaumus62 et Antonin Moulard

Retrouvez la suite de notre dossier :

Éducation numérique, ménage des salles, même combat privé

Internet et sida, même prescription scolaire ?

Téléchargez la une de Loguy /-)

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  • Sophie le 4 mars 2011 - 10:56 Signaler un abus - Permalink

    C’est affligeant… mais en effet c’est un problème d’intervenant, les sociétés privées n’ont pas les compétences pour s’adresser correctement à des jeunes dans un contexte éducatif ! Du moins pas celle-ci en tout cas.
    Étant moi-même professeur d’anglais, je fais avec mes Secondes, depuis l’an dernier, un chapitre intitulé “Internet Safety” et les gamin-e-s sont très au courant de beaucoup de choses ! Et lorsque je leur demande quels sont les risques que l’on peut rencontrer sur le Net, il y a en toujours un-e pour dire “se faire choper quand on télécharge” ;-) mais ils connaissent bien les autres problèmes (en particulier piratage des comptes de réseaux sociaux). En revanche, il est vrai que c’est moi qui suis obligée d’introduire le thème de la vie privée car ça ne leur vient pas à l’esprit en général…
    Demander aux associations de participer à un tel projet, je retiens l’idée ! Et je vais essayer de monter quelque chose dans mon lycée. Si ça se fait j’en mettrai un article ici bien sûr.

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  • J.t le 4 mars 2011 - 10:58 Signaler un abus - Permalink

    Merci de ce point de vue sur Calysto qui tourne dans beaucoup d’établissements scolaires.
    Je travaille actuellement sur un projet de création d’exposition ” le web expliqué aux parents par les jeunes” nous avons une approche positive visant à développer les jeunes dans le domaine afin qu’ils maitrisent les outils et qu’ils puissent réfléchir ! Nous échangeons sur la question du lien social sur le web, du respect de la vie privée, de l’identité numérique et autres…
    Nous assistons à une poussée de boite privée qui cherche à faire des parts de marchés en rentrant dans la niche de l’éducation à internet. Il est donc important de dénoncer les usurpateurs qui n’ont aucune compétence : ni dans le domaine, ni en pédagogie.

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  • sylvie laurens le 4 mars 2011 - 11:43 Signaler un abus - Permalink

    Au collège (idf 93) avons eu aussi ce genre de discourt sans échange en 2009 avec :
    Dignité et intégrité des enfants sur Internet | Action Innocence France – FR http://www.actioninnocence.org

    cette intervention a couté 500 € à l’association des parents d’élèves car le collège lui ne pouvait pas s’offrir ce luxe… l’établissement scolaire n’a pas redemandé cette intervention en 2010 car 1/ discourt non approprié pour des 6ème et 2/ trop cher.

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  • focalix le 4 mars 2011 - 12:25 Signaler un abus - Permalink

    Cela préfigure l’Education Nationale du futur:
    - De moins en moins d’enseignants statuaires (Tous des feignasses).
    - De moins en moins de formation pédagogique pour les enseignants.
    - Des boîtes de soutien scolaire qui paient des queues de cerise des gens sans formation adaptée.
    - Des entreprises qui viennent viennent vendre leur soupe dans les écoles*.
    - Des boîtes comme Calysto qui apprennent leur métier aux enseignants et donnent des cours d’Internet civilisé.
    ———————————————————
    * Ah oui, Steve Ballmer, le tonitruant président de Microsoft, vient d’être décoré par Sarkozy.
    Ca n’a rien à voir, c’était juste pour troller!

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  • Pierre le 4 mars 2011 - 13:56 Signaler un abus - Permalink

    C’est effectivement cher pour aussi peu d’informations valables. Je ne pense pas que nous disposions d’un tel organisme en Belgique.

    Dans mon école, l’année passée, ma prof d’Anglais et sa meilleure amie, experte de l’utilisation d’Internet en Europe et de ses dangers, ont organisé une séance d’une heure avec les rhétos (l’équivalent des terminales) pour discuter des risque d’Internet, et tout ça bénévolement!

    La première partie de cette intervention était tenue par cette experte qui, grâce à son statut, a fait forte impression, tandis que j’ai moi-même, étudiant de rhéto à ce moment là, disposé de la deuxième partie de l’heure pour décrire les risques d’une présence sur Facebook, proposer des solutions et surtout, exposer des statistiques sur l’utilisation de Facebook réalisées à partir des comptes des élèves en face de nous!

    Le fait d’utiliser des experts bénévolement ainsi qu’un pair a permis à notre intervention d’avoir un poids bien plus important que si l’école avait fait appel à un organisme comme Calysto.

    J’estime que chaque école/lycée dispose bien d’au moins une ou l’autre personne capable d’intervenir comme nous. Ça ne coute rien, ne demande qu’une préparation minime et l’organisation est significativement plus facile.

    La preuve: l’opération a été réitérée cette année avec des étudiants de 4ème (l’équivalent de la seconde en France) et, comme Sophie, ma prof d’Anglais réserve désormais une partie de son cours à la sécurité sur Internet.

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  • Sof le 4 mars 2011 - 23:58 Signaler un abus - Permalink

    Je suis enseignante en collège et dans notre académie, pour l’instant, nous parvenons à organiser ces formations en interne. Ce sont des enseignants, formés préalablement, qui se rendent dans les établissements pour proposer des interventions-débats aux élèves. Pourvu qu’on arrive à faire durer ce système!

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  • lulu le 5 mars 2011 - 14:57 Signaler un abus - Permalink

    Dans le collège de mon fils, la FCPE nous proposé cette année une conférence intitulée :
    Téléphones portables, blogs, technologies du XXIème siècle, ATTENTION DANGER

    Ce n’est pas moi qui ai mis les majuscules, le “Attention Danger” était même surligné !!!

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  • Jean-no le 5 mars 2011 - 15:44 Signaler un abus - Permalink

    Quant à nous (nous Framasoft, mais aussi April, Quadrature, Wikipédia, etc.), il faut absolument que l’on s’organise pour proposer des journées alternatives, bénévoles et gratuites, afin d’opposer à un tel discours notre propre approche et culture du Net

    Et pourquoi gratuites ? Au contraire, même si c’est douloureux de l’admettre, ce qui est gratuit n’est pas pris au sérieux. Il faut organiser des journées alternatives, oui, et il faut que les écoles paient pour, qu’elles défraient les conférenciers un minimum.

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  • Alexandre le 7 mars 2011 - 22:35 Signaler un abus - Permalink

    Cet article commençant à faire le tour du web, je suis donc finalement tombé dessus.

    Après une lecture minutieuse, j’en suis sorti effaré ! Qu’un mec comme celui décrit dans l’article puisse faire une conférence à des ados dans le cadre scolaire, et être payé en plus, je trouve ça scandaleux !
    Le principe est louable car il y a effectivement des dangers potentiels sur la toile, surtout pour les jeunes inexpérimentés. Mais de là à dépeindre le net de façon si grossière et caricaturale, voire même fausse, il y un fossé qui ne devrait jamais être franchis..

    Quitte à jouer le blasé de service, c’est quand même triste de voir ce que devient la société aujourd’hui (“bien” aidée par un gouvernement incompétent en matière de nouvelles technologies il faut bien dire).

    Si cela continue comme ça, comme l’auteur le décrit très bien dans l’article, internet passera bientôt du statut de lieu de création, d’échange, de source de savoir et de divertissement, à un lieu triste, morne, dangereux et fliqué de bout en bout. C’est bien dommage..

    J’espère sincèrement que les acteurs du web au quotidien tels que blogueurs, journalistes et autres vont pouvoir trouver un moyen de véhiculer une autre image du web à la nouvelle génération.

    A bon entendeur.

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  • Alebundy le 8 mars 2011 - 18:54 Signaler un abus - Permalink

    Même chose pas plus tard qu’hier dans le collège ou je travaille avec la même présentation !

    Ce qui me gène c’est qu’ils cherchent à sensibiliser les jeunes que sur des “images” choc, de même que la responsabilité des parents n’a pas été abordé, notamment quand elle à parlé des normes P.E.G.I des jeux.

    Bref je suis parfaitement d’accord avec l’article, cela dit l’idée d’une prévention dans le milieu scolaire sur les danger du web est bonne mais encore une fois l’action est réalisé de manière baclée pour plus de rentabilité !!

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  • Dodot le 9 mars 2011 - 17:17 Signaler un abus - Permalink

    C’est triste. Il faudrait simplement informer les jeunes, et non pas leur faire peur, les avertir, leur interdire, ou leur faire la morale…

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  • Kathy le 9 mars 2011 - 18:32 Signaler un abus - Permalink

    Bonjour, je trouve cet article aberrant et non fondé. Cela fait deux ans que nous faisons appel à cet organisme et ce qui est dit dans l’article ne reflète absolument pas la réalité. Le discours des animateurs était clair, précis et non diabolisant incitant plus à le réflexion et à la prise de responsabilité de chacun. La délicate question des droits d’auteur était abordée de manière simple en incitant les jeunes à participer au débat de société et à participer aux forums sur. Les enfants n’en sont pas ressortis en demandant si il fallait arrêter Internet mais comment mieux l’utiliser en se respectant et en respectant les autres. Je ne vois pas de quelles images choquantes certains parlent ceci est tout simplement faux. A ce moment là que penser des démarches de la prévention routière et celles faites pour la lutte contre la toxicomanie !! Il faut arrêter de prendre nos enfants pour des moutons, ils savent parfaitement faire la part des choses !!! Quant au fait que la démarche ait un coût que dire de certaines associations citées plus haut qui demandent 500 euros et qui ont un bureau à Genève et à Monaco !! En tant qu’enseignante j’apprends aux élèves à croiser les informations il est certain que l’auteur de cet article a oublié de le faire avant de publier son article et c’est fort dommage

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  • Xavier C. le 14 mars 2011 - 21:08 Signaler un abus - Permalink

    Mmm… je ne peux m’empêcher de tiquer face à ce dernier message (Kathy, le 09/03/2011).
    Selon cette internaute, tout cet article serait “aberrant et non fondé”. Elle se base sur une expérience de deux ans avec cette “organisation” (pour ne pas dire entreprise ?) 100% positive. Alors peut être que le témoignage cité est mal tombé, après tout, c’est possible. Idem pour Albundy qui a posté le 08/03. Ou alors peut être que Kathy est très bien tombé.

    Mais en aucun cas son argumentation n’invalide cet article. Pour cela il faudrait savoir où a eut lieu la conférence décrite, y avoir été et affirmer / prouver que ça s’est passé autrement.

    Kathy aurait donc nuancé son propos par un étonnement, une surprise, sa critique aurait été plus pertinente. Elle aurait pu juste établir par comparaison que la faible qualité de l’intervention décrite par cet article n’est pas représentative de l’offre de Calypso. Voir elle aurait put citer d’autre expériences positives pour affirmer que dans l’ensemble Calypso fait du bon travail. Eut-elle été animée d’une réelle envie de débattre qu’elle aurait pu pousser jusqu’à chercher dans cet article des éléments défendables / critiquer sa propre expérience qui, comme toute pratique éducative ne peut être un succès parfait.

    Mais non, elle choisit de dire que “ce qui est dit dans l’article ne reflète absolument pas la réalité.” Et elle “argumente” avec une prose couvrant d’éloge l’action de Calypso, cet “organisme”. Se faisant elle s’applique à dire l’inverse de ce que dit l’article : la question des droits d’auteurs est abordée “simplement” (ce qui est balaise pour une question polémique et complexe), les images ne sont pas choquantes (exemple ?), …
    Ensuite on a droit a deux petite perles de rhétorique malhonnête:
    - l’analogie de cette conférence à “la prévention routière et celles faites pour la lutte contre la toxicomanie !!” On retrouve là les formulations du site de Calypso, genre “À la une : Internet : ados accros, parents largués” (titre d’un article extrait du sérieux et prestigieux “Metro”). De mon point de vue aborder internet sous l’angle de la drogue, c’est diaboliser, au moins un peu.
    - “Quant au fait que la démarche ait un coût que dire de certaines associations citées plus haut qui demandent 500 euros et qui ont un bureau à Genève et à Monaco !! En tant qu’enseignante j’apprends aux élèves à croiser les informations il est certain que l’auteur de cet article a oublié de le faire avant de publier son article et c’est fort dommage”. Là c’est tout simplement magique. Aucune source ne vient étayer la première affirmation, faisant ainsi preuve d’une absence de croisement de donnée qu’elle reproche ensuite à un auteur qui, lui, a pris soins de donner des sources à ses propos.
    Sans parler du fait que l’association (il n’y en a qu’une de citée, avec ce titre évocateur : http://www.actioninnocence.org/) est critiquée au même titre que Calypso. Du coup affirmer sans prouver qu’elle a son siège à Monaco ne sert pas à grand chose.

    Je finirai en remarquant que les “enfants” qui ont assisté à la fameuse conférence idéale sont eux-même idéaux, “savent parfaitement faire la part des choses !!!” J’aime beaucoup les enfants, je veux être prof plus tard, je les pense plus intelligents qu’on ne le pense souvent, mais je sais qu’ils sont loin d’être parfaits. Pas plus que les adultes qu’ils deviendront en fait…

    Bref de deux choses l’une : ou bien ce message est écrit par une enseignante qui a eut une expérience 100% positive avec Calypso et de manière générale avec ses élèves ; ou bien il s’agit d’un message écrit, à la va-vite et sans finesse, par quelqu’un de chez Calypso.
    Peut être que je suis parano, mais clairement je penche pour la deuxième solution, en présentant par avance mes excuses à Kathy si ce n’est pas le cas (mais quelques preuves pour étayer ses propos seraient les bienvenus pour convaincre).

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  • Vouze le 16 mars 2011 - 14:04 Signaler un abus - Permalink

    Et Internet permet aussi de dialoguer avec sa famille à l’autre bout de la planète… C’est clair que ça isole.

    Donc une présentation sur “l’identité numérique” est en fait une présentation déguisée de la HADOPI… Du bien pensant UMP en boîte. A quand une présentation des avantages d’Internet ?

    En passant ce n’est pas “en ce disant” mais “en se disant”.

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  • Altshift le 17 mars 2011 - 12:05 Signaler un abus - Permalink

    Il semble en effet y avoir dans le contenu explicite autant que dans le contenu implicite de cet article, de nombreuses raisons de s’agacer parmi lesquelles la multiplication des prestations commerciales externes au système éducatif n’est pas des moindres.
    1° Si elle est justifiée en haut lieu par l’incompétence technique (réelle ou non) des enseignants (auxquels on ne dispense pas de formation spécifique ou si peu); par la nécessité, “au plus grand profit des élèves”, d’ouvrir l’École au monde réel (ou virtuel) et de ne pas rater la « révolution » numérique, cette propension à confier à des sociétés privées ce genre d’opération de propagande moralisatrice (il me semble que action-innocence cité dans un commentaire est une émanation certains de groupes religieux) est en premier lieu destinée à accompagner la liquidation du système éducatif public.

    Or, sur la forme, que ces interventions soient confiées à des sociétés privées ou à des associations, la méthode et l’intention sont les mêmes.

    2° Vis à vis du contenu que déplore l’enseignant qui a jugé bon de rédiger cet article, ses propos semblent montrer qu’il eut été beaucoup plus compétent que le prestataire de service décrit, pour animer ce type de réunion et initier un réel débat. Toutefois, le manque de fermeté et d’assurance dont il se fait lui même le reproche face à l’intervenant extérieur montre qu’il ne souhaitait pas tellement lui même instituer un débat contradictoire… lequel même si les élèves en avaient été exclus, leur aurait bien évidemment été plus profitable qu’un discours uniquement moralisateur pour envisager les différents points de vue et différents enjeux relatifs à internet et donc pour porter un regard critique sur l’univers du numérique (et celui des adultes).

    On peut toutefois percevoir que ce reproche, AKA, le rédacteur de ce billet, à l’intervenant extérieur, est non seulement d’intervenir sur un ton moralisateur avec des informations faussées ou approximatives, mais encore, de ne pas promouvoir les intérêts de la culture dite LIBRE qu’il défend en tant que NOUS – membre de framasoft- (wikipédia-média?-, quadrature du net etc).
    Dès lors, la solution de faire intervenir, bénévolement ou pas, des membres de ces groupes dans le but de « concurrencer » les sociétés privées et leurs discours dans le but d’inoculer la culture libre aux lycéens et collégiens est tout autant que le discours qu’il déplore un mode de propagande qui n’est pas tellement apte non plus à instituer point de vue critique et débat au sein des communautés d’élèves.
    On sait que l’association wikimédia-france, par exemple, fait du lobbying auprès des institutions éducatives, dans le but d’imposer les projets qu’elle soutient, dont wikipédia, comme alternative aux carences éducatives et culturelles dont peuvent souffrir certains élèves en butte à une institution scolaire monolithique ou dépassée.
    Or on sait aussi, par expérience que wikipédia, si elle est peu ou prou issue de la culture du logiciel libre n’est en rien un logiciel et transmet un message généralement anti-intellectuels et anti-culturel. On sait aussi que les débats qui peuvent avoir lieu sur wikipédia sont autorisés et ne peuvent dépasser la stricte condition que celui qui y prend part adhère aveuglément aux principes variables imposés par les gardiens de ce projet.

    S’il semble évidemment nécessaire d’amener les élèves à réfléchir aux principes qui régissent les nouvelles relations interpersonnelles liées aux usages d’internet, nécessaire de leur enseigner l’usage des logiciels, nécessaire de les amener à comprendre les différences qui existent entre les logiciels libres et propriétaires, il me semble qu’un enseignant responsable devrait tout autant amener les élèves à réfléchir au statut de consommateur / acteur qu’il acquiert dès lors qu’il se connecte, en faisant usage ou pas de logiciels libres que, le cas échéant, les mettre en garde sur la nature des informations qu’il reçoit, quelle que soit l’idéologie qui préside à leur fabrication et à leur transmission.

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  • Altshift le 17 mars 2011 - 12:18 Signaler un abus - Permalink

    Pour finir, l’intitulé « prévention internet au lycée » en soi, en ce qu’elle assimile internet à une drogue ou à une maladie sexuellement transmissible, indique bien la couleur et montre en quoi cette opération est essentiellement une imposture moralisatrice.
    On pourrait certainement, au nom de la liberté, remettre en cause les opérations de prévention contre l’alcoolisme ou le sida qui sont des fléaux, lesquelles sont autant motivées par une politique de santé publique que par la morale, mais comparer ou assimiler « internet », qui pour être multi-usage et complexe, n’en est pas moins un outil à des problèmes impliquant la santé physique montre à quel point c’est bien la « santé morale », donc une certaine morale que les intervenants veulent inculquer.
    A-t-on jamais vu des séances de « prévention marteau », prévention couteau-suisse, prévention P&T, prévention roman policier, dispensées ailleurs qu’au séminaire ?

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  • Étienne le 17 mars 2011 - 16:12 Signaler un abus - Permalink

    @J.t: ”le web expliqué aux parents par les jeunes”. Pour ceux qui comme moi considèrent que chercher à expliquer quelque chose est la meilleure façon de vérifier qu’on l’a bien comprise, l’idée est géniale ! Ce serait bien que ça ne s’arrête pas au Web, mais que ça inclue le reste d’Internet, ceci dit.

    @Xavier. C.: C’est “Calysto”. Pas confondre avec le bateau de Cousteau. :-)

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  • Sylvain le 24 mars 2011 - 22:42 Signaler un abus - Permalink

    Bonjour, étant intervenant en prévention des conduites addictives dans une association, je viens de tomber sur cette article et j’ai la même impression que vous. En effet, ce 24 mars au soir, j’ai assisté à une conférence de Calysto et l’intervention s’est passée dans l’ensemble à peu près comme vous l’avez décrite, j’en suis assez déçu, une intervenante qui ne maîtrisait pas sa présentation, enfin sa présentation, ça se voyait que ce n’était pas elle qui l’avait faite. Et puis vraiment des choses pour frapper l’esprit et des techniques de communication fortes mais basique, bref une grosse déception pour ma part.

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  • Odile Chenevez le 29 mars 2011 - 12:52 Signaler un abus - Permalink

    Loin de moi l’idée de défendre la démarche vaccinatoire de Calysto et je l’ai dit dans un article publié aujourd’hui-même sur OWNI. Cependant, vis à vis des élèves, cette manière pour un enseignant d’intervenir pour affronter un intervenant extérieur est tout aussi calamiteuse. Si on fait venir un intervenant (ni le lycée ni l’association de parents n’était obligé de la faire), on l’écoute même s’il dit des bêtises. Ensuite, si besoin – et il y a toujours besoin, en fait -, on travaille sur le contenu de son exposé avec les élèves et on argumente, preuves à l’appui, sur la remise en cause des propos. La guerre des arguments d’autorité entre adultes n’a aucune valeur pédagogique !

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  • Vince le 30 mars 2011 - 1:42 Signaler un abus - Permalink

    Comme la plupart des commentateurs, je suis assez déçu de ce genre d’intervenant. Je suis toutefois agréablement surpris car il semblait connaitre (relativement, certes) la LOPPSI 2, ou d’autres choses, c’est déjà fort bien il me semble (quand je vois mes parents qui croient qu’un virus peut détruire un ordi …).

    Ce qui me gêne avant tout c’est le fait de prendre parti (“Jamendo c’est des artistes pas connus”, pour un collégien ça sonne sans doute comme “ça sert à rien de retenir ce nom”; “la LOPPSI 2 c’est pour tous vous fliquer”, ça reste un avis, certains défendent l’argument de la protection des individus, d’autres voient cette loi comme un moyen de surveillance).

    Le Web a été créé, comme l’a rappelé récemment Tim Berners-Lee (http://www.scientificamerican.com/article.cfm?id=long-live-the-web) comme NEUTRE. Ce qui signifie que le filtrage de son contenu ne doit être fait qu’à un bout de l’Internet, c’est-à-dire dans la tête de chaque internaute. C’est le must en démocratie, tout de même, de pouvoir décider soi-même ce qui est bien ou pas bien. Et sans différence d’âge en plus.

    Bref, ce que ça implique c’est que chacun a une façon différente de voir le Web et de l’utiliser. On peut aisément affirmer que les lycéens/collégiens ne sont pas encore citoyens (<18 ans) et je pense en effet que contrairement à ce que certains commentaires affirment, les collégiens/lycéens (comme tout le monde en fait) ne sont jamais assez critiques, ne sont pas toujours capables de faire la part des choses, et à mes yeux le travail des professeurs est justement de permettre aux élèves d'acquérir un esprit critique.

    Et ce n'est pas en donnant son point de vue en le qualifiant de vérité qu'on aide les élèves a se créer son opinion. Surtout sur un tel sujet, sur lequel des lois ne sont même pas encore appliquées (ce qui signifie que même au sein du Parlement l'utilisation d'Internet fait débat). Je pense que tout le monde est encore en train de forger son opinion, et apprendre à se servir d'Internet c'est comme apprendre à être citoyen, il n'y a pas de manuel.

    La seule chose pour moi que l'on devrait apprendre aux élèves, c'est justement ce que Berners-Lee dit, que chaque internaute est responsable. Que comme on dit, "un grand pouvoir implique de grandes responsabilités". Ils peuvent y faire ce qu'ils veulent, sur Internet, mais attention à ce que ça implique. Donner son identité, par exemple, implique que toutes les informations associées à son nom peuvent être connues par tout le monde. Et comme le fait plus ou moins comprendre l'intervenant, c'est pas parce que c'est interdit d'exploiter des données personnelles sans autorisation que personne ne le fait (l'article de Manach comparant CNIL et HADOPI, celui sur l'enquête d'étudiants sur les informations détenues par des entreprises le montrent [articles dispos sur OWNI).

    Pour préciser ce qui peut être fait à l'école, je dirais que Wikipedia est un bon exemple. J'ai été étudiant et lycéen avec des documentalistes qui répétaient que Wikipedia "c'est le mal", ou du moins que "ce n'est pas fiable", sans bien évidemment de justifications, en considérant que citer Wikipedia c'est comme ne rien citer. Alors je me suis livré à un test, créer un article Wikipedia. J'ai tant appris. Les codes, règles pour faire partie de la communauté Wiki. La (très dure) tâche d'affirmer des choses sur une page que les gens consultent. La difficulté de trouver des sources relativement fiables et si possible multiples pour être plus confiant dans mon écriture. Et aussi pour que les bandeaux en haut de la page, ou les notifications de références manquantes disparaissent. C'est lent, ça prend du temps, mais j'ai appris comment juger de la fiabilité d'un article. Et rien qu'en regardant la page des contributions (qui, combien, comment) d'un article, on peut en déduire sa fiabilité.

    Aujourd'hui, il me semble qu'écrire un article Wikipedia (c'est-à-dire devenir contributeur du Web) est un excellent exemple de pédagogie Internet. Faire comprendre qu'Internet on le consomme mais on peut le produire. Nous les internautes de tous âges disposons d'un grand pouvoir. Et un grand pouvoir implique de grandes responsabilités.

    A propos de la communauté Wikipedia, une suite d'article d'Ecrans.fr assez intéressants : http://www.ecrans.fr/Inside-Wikipedia-1-Wikilove,4601.html

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    • dalloways le 9 janvier 2012 - 22:39 Signaler un abus - Permalink

      Bonjour
      je sors d’une réunion dans mon établissement (lycée) où l’infimière a proposé une intervention non pas de calypso mais de l’intervenant qui oeuvrait jusqu’à l’an passé chez calypso et qui maintenant a créé sa propre association formatrice…avec les mêmes tarifs.
      L’intervenant est a t elle dit très charismatique : il tient en haleine deux classes de 35 élèves réunies (!) pendant deux heures(!), aucun ne mouffle car sinon il ne les rate pas (!) et… il parle vite pour qu’ils écoutent bien (!) et il se propose de voir 8 classes en une journée (deux sessions de 2 h le matin, idem l’après midi). rentable non ? Aussi je suis rentrée vite fait et je tombe sur cet article. il y a eu des évolutions je vois depuis l’an passé !

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  • Elodie le 23 mai 2012 - 12:56 Signaler un abus - Permalink

    Bonjour, j’avais lu votre article il y a déjà quelques mois, et il est important pour moi de réagir. Je suis salariée de la société que vous décriez assez violemment! Uniquement les professeurs savent s’adresser aux jeunes à vous lire, c’est bien connu. Je ne suis pas là pour critiquer vos manières de faire, sachant que dans mes interventions certains professeurs ont des manières d’agir fort critiquable également. Ce que je lis est tout de même assez énervant dans l’article tout comme dans les commentaires.
    Que vous ayez été déçu par l’intervention, par les méthodes de l’intervenant je le conçois, mais avec votre article vous taper sur le dos de tous les intervenants et pour ma part j’estime faire très bien mon travail, avoir un vrai échange avec les jeunes, sachant que quand nous rencontrons les jeunes par groupe de 60, il est très compliqué de mettre un vrai débat en place, et sachant que nous devons leur expliquer également les notions abordées, car il existe une énorme confusion avec toutes ces notions (merci les médias) et non nous ne sommes pas des animateurs commerciaux, sinon il est clair que je travaillerai dans le secteur commercial, et que au passage je gagnerai certainement mieux ma vie! Et oui c’est une boite privée, oui l’éducation nationale se désengage, oui c’est problématique à certains niveaux, mais comme si on avait la possibilité d’être tous fonctionnaire, et alors ça veut dire qu’on est incompétent et non pédagogue, il n’y a pas que le boulot de professeur qui demande une connaissance du public jeune… Et je trouve toujours cela scandaleux et improductif quand les différents intervenants du milieu éducatif au sens large se tirent dans les pattes pour savoir qui travaille le mieux (professeur, animateur, éducateur etc…), je pense que nous allons tous vers un objectif commun, lié à l’avenir des jeunes, et ce serait bien quand même d’arrêter de se tirer dans les pattes sans arrêt!
    Bref je peux comprendre votre déception, mais n’oubliez pas non plus que chez les professeurs aussi il y a des personnes qui sont très loin d’être pédagogue, et pour info nos conditions de travail et notre salaire sont très loin d’égaler les vôtres.

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