Drogues: le succès du modèle portugais

Le 15 juin 2011

Dépénalisée depuis 2000, la consommation de drogue est au Portugal largement encadrée au niveau sanitaire et médical. Un choix politique qui s'est traduit par un effondrement des décès par overdose et du nombre d'héroïnomanes.

A gauche le périphérique, à droite des immeubles flambants neufs. Entre les deux un immense terrain vague où subsistent les murs délabrés d’une usine désaffectée. Ce décor banal de banlieue se trouve à Lumiar, une ville champignon de la périphérie de Lisbonne.

L’endroit s’appelle “croix rouge”, et à mieux y regarder, il est moins paisible qu’il n’y parait: le sol est jonché de plastiques et de-ci de-là, des seringues et des bouts de papier aluminium. Au loin, près des ruines d’anciens baraquements, des silhouettes occupées à se shooter.

Une camionnette à la rencontre des usagers en banlieue de Lisbonne

Les cris des enfants de l’école toute proche renforcent cette étrange impression de malaise. C’est ici, tous les jours de la semaine que s’installe la camionnette de l’association “Crescer na Maior”, quelque chose comme “Grandir le mieux possible”).

Un véhicule très spécial d’où sortent deux jeunes femmes, Alexandra et Elisabeth, qui sans tarder ouvrent le coffre rempli d’un matériel hétéroclite: boites en plastique au couvercle percé, caisses en carton remplies de kits de drogue, et tout un matériel fait de bric et de broc.

Notre rôle est d’établir le contact avec les drogués. Grâce à notre présence régulière la confiance s’est établie, ils viennent nous voir en cas de problème. Mais notre premier objectif est de distribuer des kits de drogue: un kit propre contre une seringue usagée. Cela contribue grandement à la protection sanitaire des consommateurs par injection.

Lumiar, banlieue champignon en périphérie de Lisbonne.

Moins de deux minutes après l’installation du véhicule utilitaire, un homme s’approche. Dans sa main, une grosse poignée de seringues. Il les introduit une à une dans une boite au couvercle percé. Emilio compte à voix haute: une, deux, trois, … trente seringues, sous le regard attentif d’Elisabeth et d’Alexandra. Avec un large sourire il explique:

Non, ce n’est pas moi qui ai tout utilisé. Je récolte les seringues, et je ramène des kits propres aux autres drogués. Et pour me remercier, ils me fournissent en doses.

L’homme détaille le contenu d’un kit: une seringue, un minuscule récipient en métal, des doses d’eau distillée, des préservatifs… A 54 ans, Emilio bénéficie, comme près de 21 000 personnes, d’un programme de substitution de méthadone (ou Subutex). Mais il laisse entendre qu’il est loin d’avoir décroché. “Ce sera comme ça jusqu’à ma mort. Mais ça va beaucoup mieux, grâce au programme, grâce aux filles”, confie-t-il en montrant les deux intervenantes du programme de prévention, avant de repartir avec son chargement de kits propres.

Pour l’association, l’essentiel est d’établir puis de maintenir le contact. Apparemment le petit trafic instauré par Emilio n’est pas un problème.

Nous savons qui il approvisionne. Il sert d’agent de liaison avec l’accord des drogués. Et il signale les problèmes qui apparaissent. Mais nous ne donnons jamais plus que le nombre de seringues rendues.

“C’est la règle”, explique Elisabeth. L’association “Crescer na Maior” a été constituée par un groupe de psychologues et travailleurs sociaux. Leur projet de prévention et d’accompagnement de la consommation de drogue , un travail de proximité intitulé “Diminution des risques associés”, a été retenu par l’IDT, l’Institut de la drogue et de la toxicomanie.

Envoyer les consommateurs devant une commission de dissuasion plutôt qu’au tribunal

Depuis dix ans, l’Institut, qui dépend directement du ministère de la Santé, a mis en place un programme opérationnel de réponses intégrées (PORI) reposant sur un postulat : le consommateur de drogue n’est plus un criminel mais un malade.

Le modèle portugais de lutte contre la drogue passe d’abord par une décision politique importante : la loi votée en novembre 2000 a mis fin aux politiques répressives en dépénalisant l’acquisition et l’usage de tous les stupéfiants. Objectif : réduire la demande par la prévention et la multiplication des offres de traitement, et endiguer la progression du VIH parmi les toxicomanes.

La loi, audacieuse, ne rend pas légale la consommation de drogue, mais elle évite d’envoyer devant le tribunal un consommateur occasionnel qui n’a pas l’objectif de devenir trafiquant. A condition toutefois de ne pas être en possession de plus de 5 grammes de haschisch , d’1 gramme d’héroïne et de 2 grammes de cocaïne. Cela correspond à dix jours de consommation moyenne “personnelle”.

Au-delà, en cas de contrôle policier, c’est le pénal. En deçà, la prise en charge sociale, psychologique et éventuellement médicale du patient.

Jaime a accepté de parler à condition qu’on respecte son anonymat. Il se présente devant la “commission de dissuasion” de la rue José Estevão, dans le centre de Lisbonne. Cette commission a pour but de conseiller le consommateur occasionnel et de lui proposer l’arsenal de moyens destinés à l’empêcher de plonger dans la consommation dure et de dériver vers la délinquance. Mais rien de coercitif : la commission n’est pas un tribunal.

Jaime, qui s’est fait arrêter par la police, s’est rendu volontairement au centre de dissuasion. Il est entendu par une psychologue et un travailleur social, puis passe devant la commission. Pas de discours moralisateur, une information claire et précise sur sa situation, les étapes qu’il risque de franchir sans même sans apercevoir, l’illusion de la drogue douce, et le dérapage. Le mot “prévenu”reprend tout son sens. “J’ai un enfant maintenant. Je travaille. Je dois faire attention. Cette fois encore, je m’en sors bien”, confie rapidement Jaime.

Pour Nuno Capataz, coordinateur de l’un des 18 centres de dissuasion du pays, il s’agit d’empêcher la récidive, d’éviter au patient qu’il ne mette le doigt dans l’engrenage.

La suite dépend entièrement de Jaime. Nous lui proposons un encadrement. A lui de s’emparer des moyens qui sont mis à sa disposition. Il est dans la situation limite. Une prochaine interpellation, et il sera sanctionné”.

Des structures d’aide médicales adaptées dans les hôpitaux

Le système prévoit en effet des sanctions qui s’apparentent à ce qui est en application dans le code de la route. Une comparaison très utile pour faire comprendre aux consommateurs qu’une récidive sera punie d’amendes ou de travaux d’intérêt général.

Les toxicomanes sont pour leur part dirigés vers les hôpitaux où des structures d’aide médicale ont été mises en place pour permettre les cures de désintoxication, les thérapies comportementales ou psychomotrices, et le traitement par la méthadone ou autre substitut.

Nous sommes à la fin d’un cycle, celui des grands dépendants, qui ont commencé à se droguer il y a 20 ou 30 ans. Il s’agit pour nous d’éviter qu’une nouvelle génération ne fasse le grand saut. La dépénalisation de la consommation est un élément qui rend le système de lutte plus cohérent, basé sur une approche sanitaire du problème.

explique João Goulão, le directeur de l’IDT, et l’un des mentors du système intégré de lutte contre la toxicomanie.

Le succès du modèle portugais est incontestable: le nombre d’héroïnomanes a baissé de 60% en une décennie. D’après le rapport 2009 de l’IDT, le Portugal est le pays où la consommation de canabis des 15-64 ans est la plus faible d’Europe (moins de 8% contre 23% environ en France plus de 30% au Royaume-Uni). Pareil pour la consommation de cocaïne – même si elle est en augmentation – avec moins d’1% contre 2,2% en France, 4,6% en Italie ou encore 6,1% au Royaume-Uni.

João Goulão, président de l'IDT.

Au plan sanitaire, le dispositif est également une réussite. Le nombre de décès liés à l’usage de drogue a été divisé par plus de six, passant de 131 en 2000 à 20 en 2008. Le nombre de contaminations au VIH imputables aux injections de drogue a été divisé par quatre : de 1 430 à 352 sur la même période.

Pourtant, ces chiffres n’ont pas donné la folie des grandeurs à João Goulão, qui lance un avertissement: toute tentative de dépénaliser la drogue est vouée à l’échec si la décision ne repose pas sur une structure solide des services de santé. En clair l’aventure ne peut être tentée que s’il y a un réel choix de société et un véritable engagement politique pour encadrer les décisions.

Au Portugal, aucun triomphalisme exacerbé. Ni angélisme ingénu. Si le nombre de morts par overdose continuent de diminuer, le nombre de décès liés à la drogue augmente en raison de l’apparition de nouveaux produits. Les professionnels associés au dispositif le reconnaissent volontiers: le problème de la drogue est un tonneau des Danaïdes, un puit sans fond.

Mais ce sont aujourd’hui les spécialistes qui sont chargés d’en colmater les brèches. C’est long et difficile. Mais les résultats sont encourageants : 38 875 personnes sont actuellement suivies par le service public de santé.


Article publié initialement sur MyEurop sous le titre Drogues: le succès du modèle portugais. A litre également sur le même sujet :

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  • Pascal Avot le 15 juin 2011 - 14:58 Signaler un abus - Permalink

    Je ne comprends absolument pas le raisonnement. Si on dépénalise, c’est pour que les gens soient libres de se foutre en l’air, comme avec l’alcool, pas pour les faire passer d’une culpabilité policière à une culpabilité médicale. Cet article propose de remplacer la surveillance policière par la surveillance hospitalière, et la prévention par la dissuasion. Moralité : les toxicos passeront toujours pour des dangers, la blouse blanche remplacera l’uniforme, et l’administration restera maître du jeu. Bref, on continuera à vouloir notre bien contre notre gré. Je ne vois pas bien où sera le gain de liberté dans tout ça. Je ne reconnais pas plus aux médecins qu’aux flics le droit de me dire ce que je dois ou non consommer.

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    • benoit le 11 juillet 2012 - 12:26 Signaler un abus - Permalink

      Ba il n’y a qu’a voir les résultats. Même si les chiffres sont peut-être à prendre avec des pincettes, ils semblent clairement signifier que cette méthode entraîne une diminution de la consommation. Bref, que ça marche, contrairement à la méthode répressive. Quant au droit de se foutre en l’air, très bien, mais il me semble qu’une partie si ce n’est une majorité des toxicos ont en fait besoin d’aide, et qu’ils ont choisi de se foutre en l’air ! Quelle blague !

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  • Gautier le 15 juin 2011 - 16:18 Signaler un abus - Permalink

    @Pascal Avot: De ce que j’en comprends, c’est que la consommation personnelle est “libre”, et accompagnée d’un plan de protection contre les risques associés (diffusion du VIH par les seringues, entre autres).

    En ce sens, le discours est, à mon sens, nouveau. Surtout comparé au “tout répressif” dont les dirigeants hexagonaux se font une spécialité.

    Et simple remarque: la diffusion des drogues enrichit d’abord les Maffias.. et renforcent leurs pouvoirs. Si c’est la loi du plus fort qu’on cherche, soyons négatifs face à l’exemple portugais.

    Pour le reste, merci à OWNI (et Mary-Line) pour le reportage. C’est toujours un plaisir à lire

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  • Pascal Avot le 15 juin 2011 - 16:53 Signaler un abus - Permalink

    Ok, le discours est neuf, mais je ne vois rien de rationnel dans tout ça, Gautier. Du coup, la “nouveauté” du discours me semble être une nouvelle langue de bois, rien de plus.

    Le “tout répressif” n’a jamais existé : les flics savent parfaitement où ça deale en banlieue parisienne, et ils n’ont tout simplement ni les moyens – ni probablement l’envie – de passer leurs journées à courser le revendeur entre les barres des cités. Croire à l’existence du “tout répressif”, c’est un peu comme de croire DSK quand il dit que l’économie tunisienne est “saine”.

    Le discours répressif est une hypocrisie : il s’agit essentiellement de laisser faire le marché parallèle en le taxant via les amendes, et de publiciser une grosse prise toutes les deux ou trois semaines pour rassurer l’électorat anti-jeunes. Au risque de surprendre, en tant que consommateur prudent, je préfère largement une répression franche à une médicalisation de ma toxicomanie. Je préfère être perçu comme un délinquant que comme un malade. Je ne veux pas qu’on m’aide, je ne veux pas être présenté comme une victime de la drogue, je ne veux pas de leur commisération vicelarde, ni de leur voyeurisme déguisé en aide sociale.

    Je ne crois pas un mot du bavardage condescendant de l’État portugais. Ils disent que ça va mieux, mais leur job est de passer pour des gentils. Que le toxico soit libre de se foutre en l’air, ça ne leur effleure même pas l’esprit. Et ils préféreraient se pendre que de médicaliser à ce point l’alcoolisme.

    La médicalisation de la lutte contre la drogue, c’est un non-sens, puisque la drogue est là, omniprésente, et qu’ils n’y peuvent rien. Avouer leur impuissance… leur ferait perdre les élections. Tout est là.

    Quand on lutte contre la propagande, il faut lutter contre TOUTE la propagande, y compris celle qui nous conforte dans nos fantasmes d’ingénierie sociale et de solutions-miracles.

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  • tairusu le 15 juin 2011 - 20:32 Signaler un abus - Permalink

    1 gramme d’héroine = 10 jour d’utilisation personnelle ?
    C’est une blague ? Quand j’étais accro je bouffais près de 1 gramme par jour, et j’étais un très petit consommateur …

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  • h63 le 17 juin 2011 - 0:07 Signaler un abus - Permalink

    Ce que j’en connais vues les histoires familiales du “modèle portugais”, c’est partout des structures de prises en charge quasi disciplinaires par des sectes protestantes brésiliennes et autres joyeusetés, à côté desquelles le patriarche c’est de la rigolade côté lavage de cerveau. Et des gamins envoyés en espagne pour y être enfermés ds d’autres structures du même acabit.

    Donc, juste comme ça à vue de nez, j’ai de sérieux doutes sur cet article.

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  • Eric K. le 17 juin 2011 - 1:15 Signaler un abus - Permalink

    Oui , c’est a qui se droguera le plus : pour endormir lui meme et tout le monde on dirait, un meilleur des mondes ?

    ….

    Travail, travail, travail, travail, travail, et travail

    ( cela s’appelle de la folie )

    Et si il n’y avait plus de travail : plus AUCUN

    A.U.C.U.N : Z.E.R.O : N.U.L.L : NADA

    Et si : la seule chance pour l’humanité est de prendre conscience : de stopper de fuir dans , le travail, le tertiaire, l’intellectualisation du faux

    Le travail est mort

    La science, l’innovation, la créativité a une FIN : on touche l’infinie

    La véritable révolution de la destruction du travail se fera : ou non dans la société humaine : mais elle est inéluctable … c’est cela la “singularité” qui sinon est une supercherie technologique : le seul pont pour l’homme est lui meme ( comme si l’élévation pouvait être matérielle )

    Il n’est plus l’heure parler de travail

    il faut aller plus loin : Accepter l’inutilité : pas la futilité ou la connerie

    Ne plus penser au travail, mais repenser le droit de la vie : la liberté, le partage , la conscience

    Ni la position du fort, ni la position du faible n’est la solution : ni la droite, ni la gauche ( meme pas le centre )

    Le nazisme avait essayé dans le paraitre de faire l’alliance de tout : mais n’était au final qu’oligarchique, hyper phallique et pyramidale …. et contraire a la nature de la vie : la vraie nature , pas celle décrite par darwin et des fachos, et des nazi

    La culture n’est qu’une construction de l’esprit : et le peuple n’a jamais d’intelligence collective :

    si on ne leur en donne pas individuellement

    La société du tertiaire, du spectacle , de la fourberie intellectuelle et la bien pensance politique de classe ( à deux sous ) A UNE FIN et c’est MAINTENANT : on touche à l’infinie et on c’est personne

    La société de la connoissance ( à deux sous ) : L’innovation, la créativité, la recherche scientifique , l’ingénierie : A UNE FIN et c’est MAINTENANT : on touche à l’infinie et on c’est personne

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  • Pascal Avot le 17 juin 2011 - 17:42 Signaler un abus - Permalink

    En tout cas, la drogue que prend Erick est hyper-forte. J’en veux !

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  • Laud Inc. le 19 juin 2011 - 14:20 Signaler un abus - Permalink

    Je suis assez d’accord avec Pascal. C’est juste une hypocrisie de plus.
    Je veux juste qu’on me foute la paix, qu’on me laisse me camer comme bon me semble, avec la substance de mon choix. La seule et unique issue, c’est d’accepter le fait que l’être humain aime consommer des drogues, depuis la nuit des temps. C’est comme ça, et ça ne changera pas.
    Il y a une chose que je trouve curieuse : le pavot (et l’opium) est connu depuis des milliers d’années. On en trouve la mention depuis les sumériens. Dans tout l’histoire de l’humanité, il n’a jamais été la cause de troubles sociaux. Il a commencé à être un problème à partir du moment où l’occident a mis la main dessus, et a voulu en faire commerce… L’histoire de cette plante est très révélatrice.
    Le problème reste et restera l’hypocrisie vis-à-vis de l’utilisation de substances qui “altèrent” la perception.
    Que ce soit la culpabilisation pénale ou médicale, le problème reste le même. C’est une déresponsabilisation.
    Les “toxicomanes” ne sont pas toxicomanes. Ce sont des usagers régulier d’une substance. Point. Ils ne deviennent des malades que quand ils chopent une saloperie.

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  • Pascal Avot le 19 juin 2011 - 14:58 Signaler un abus - Permalink

    Et quand bien même ils deviendraient malades, l’accès aux soins reste un droit, pas une obligation. La logique “Tu es toxico, donc on va te soigner malgré toi” est abominable. Juste abominable.

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  • Pascal Avot le 19 juin 2011 - 15:15 Signaler un abus - Permalink

    Au lieu de servir la soupe aux hauts fonctionnaires portugais, intéressez-nous plutôt aux initiatives vraiment alternatives, débarrassées de toutes les hypocrisies étatiques. Comme ceci, par exemple : http://www.facebook.com/TeapotParty

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  • falbalos le 11 juillet 2012 - 10:56 Signaler un abus - Permalink

    J’ai 32 piges, je fume de l herbe depuis mes 17 ans et ça m’a fait stopper net l’alcool suite aux binge drinking débile qui ponctuaient nos soirée d’ados (d’autres amis malhereusement se sont fait violamment piégés par l’alcool).
    Tout ça pour dire que si je ne fume pas pendant un mois ou deux je vais pas en chier une pendule. J’ai fait des études, je bosse 40 h / semaine, je suis marié et je suis très sportif. (j’ai commencé les arts martiaux et la musculation en même temps que je me suis mis à fumer)
    Maintenant je n’ai plus le temps pour les arts martiaux mais je fais de la muscu et de la course à pied pour m’entretenir.
    Aujourd hui je suis considéré comme un toxicomane si on s’en tient à la loi.
    Est ce normal ? La moitié de mes collègues prennent de temps à autre une cuite ou un lexomil pour dormir ou pour lutter contre l’angoisse du boulot ou je ne sais quoi.
    Je connais bien les produits pharmaceutiques et je suis convaincu que mes habitudes sont bien moins néfastes pour ma santé que de prendre du lexomil qui favorise l’apparition de maladie neurologiques comme alzheimer ou parkinson.
    Devant la loi je suis un délinquant toxicomane trouvez vous ça normal ? De plus je connais un paquet de personnes qui ont réussi à supporter des traitements de chimiothérapies très aggressifs grâce à l’herbe. Donc Que se passe t il avec cette plante ? Est elle diabolisée à ce point pour permettre de conserver un business florissant de drogues médicaments chimiques bien plus néfastes mais très très rentables ?

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2 pings

  • [...] La grande scène de Lisbonne avec ses dealers et ses consommateurs a été dispersée, mais la revente dans la rue est tolérée dans de petits espaces publics à condition de ne pas gêner l’environnement. La rue a été pacifiée, la police se consacre aux conséquences négatives du trafic. Associée à un accès large aux traitements, cette politique de santé axée sur la réduction des risques a permis de réduire les consommations problématiques, l’injection, les overdoses et les maladies infectieuses, résultats également observés en France jusqu’en 2001. Mais, tandis qu’en France, le nombre des consommateurs a augmenté d’un million depuis cinq ans (soit 13 millions au total), il a régressé au Portugal chez les 15-24 ans. Les usagers interpellés sont renvoyés aux commissions de dissuasion avec pour mission la prévention des consommations problématiques des plus jeunes et l’accès aux soins selon les besoins. En dix ans, le Portugal a surmonté une situation aussi catastrophique pour la sécurité que pour la santé. Cette politique fait désormais consensus. [...]

  • [...] au Portugal, corrélativement à un encadrement sanitaire et médicale, parlent d’eux-mêmes : baisse de la consommation et du nombre d’overdoses. Il n’est pas ici question d’angélisme, mais de pragmatisme. La fin de la pénalisation [...]

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