Les CRS encerclent la place Bouazizi

Le 2 juillet 2011

La mairie de Paris a rendu hommage au martyr de la révolution du Jasmin. Mais les Tunisiens venus saluer la mémoire de leur compatriote ont été accueillis par six cars de CRS.


Ce jeudi 30 juin, la ville de Paris rendait hommage au Tunisien Mohamed Bouazizi, en inaugurant une place à son nom dans le XIV° arrondissement. Mohammed Bouazizi est mort le 4 janvier 2011 suite à son immolation par le feu le 17 décembre 2010, elle-même à l’origine des manifestations qui ont conduit à la chute de la dictature Ben Ali.

Pour la circonstance, Bertrand Delanoë, maire de Paris, était accompagné du maire du 14e arrondissement, Pascal Cherki, et de Mokhtar Trifi, président de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme. Mais pas seulement. Six cars de CRS s’étaient joints à la cérémonie.

La nouvelle place Mohamed Bouazizi est située au bord du parc Montsouris, à l’angle de l’avenue Reille et de l’avenue Sibelle. Pour l’occasion chaque entrée du parc s’était donc vue dotée d’un substantiel dispositif policier. Les habitants du quartier pouvaient ainsi passer les grilles d’entrée sous le regard bienveillant de cinq ou six grands gaillards en armure républicaine. Mais tout le monde n’était pas le bienvenu.

Un petit groupe de jeunes migrants tunisiens sort du RER, s’approche de l’entrée et se voit interdire l’accès au parc. Le passants eux entrent et sortent sans que l’on se préoccupe de leurs allées-venues.

Ces Tunisiens voulant se rendre à la commémoration de leur compatriote ont donc été forcés par la police française d’attendre plus de deux heures devant les grilles du parc, le temps que le maire et ses invités finissent leurs discours. Un peu de chahut provoqué par leur immobilisation fera passer le temps sous le regard impavide des représentants de l’ordre.

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Mannoubia, la mère de Mohamed Bouazizi, le martyr tunisien, le maire de Paris Bertrand Delanoë et Mokhtar Trifi, Président de la Ligue Tunisienne des droits de l'Homme.

La sécurité du G8 pour une placette

La rue qui mène à la place est totalement bloquée dans les deux sens par des barrières : les CRS surveillent les quelques rares personnes qui demandent à passer le dispositif, carton d’invitation, carte de presse, vérifications… c’est une organisation de la sécurité digne d’un G8 qui attend ceux qui veulent se rendre à la commémoration-inauguration.

En un instant les représentants de la force publique s’en vont, il est de nouveau possible pour les migrants tunisiens de se rendre dans le parc. Sur la nouvelle place Mohamed Bouazzizi, sa mère est restée : elle accepte de répondre à une question, quel message aimerait-elle passer aux Tunisiens, en Tunisie comme en France :

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S’il est important pour la mairie de Paris de rendre hommage à un mort, les vivants, eux n’ont pas l’air d’être les bienvenus. L’existence des migrants tunisiens gène. Une épine dans le pied des politiques. Lorsqu’un membre de l’équipe municipale se voit demander des comptes sur l’abandon des migrants délogés du 36, rue Botzaris, celui-ci tente désespérément de justifier l’action ou l’inaction de la mairie. Et le malaise est sensible :

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Depuis leur arrivée en France, les migrants tunisiens subissent «une maltraitance institutionnelle», comme l’a nommée le directeur de France Terre D’Asile, joint au téléphone il y a quelques jours. 300 d’entre eux ont été pris en charge par des associations, mais des centaines d’autres survivent dans Paris, entre arrestations arbitraires (pour être relâchés sous quelques heures), errance et recherche d’aide de première nécessité. Le double jeu de Bertrand Delanoë est vivement dénoncé par des mouvements franco-tunisiens, comme celui du Front du 14 janvier :

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Le gouvernement nie l’existence des migrants à la rue, la mairie de Paris estime avoir fait son possible, l’ambassade tunisienne ne répond pas. Et les migrants sont condamnés à voir de loin la France honorer leur propre héros mort pour la révolution tunisienne.

Bertrand Delanoë a été interpellé hier à ce sujet :

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Les migrants et leurs soutiens espèrent que les discours de solidarité seront suivis d’actes concrets. Sans trop, désormais, se bercer d’illusions.

Pascal Hérard : son/texte
Dragan Lekic : photos

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  • Laffreux le 2 juillet 2011 - 12:29 Signaler un abus - Permalink

    Michèle Alliot-Marie doit être contente.
    On a réussi à les caser nos flics pour aller casser du révolutionnaire tunisien.

    Liberté (mais pas trop), Egalité (sélective), Fraternité (mais pas avec n’importe qui. Faut pas deconner non plus).

    Quelle mascarade.

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  • pacem le 2 juillet 2011 - 13:47 Signaler un abus - Permalink

    vous rendez-vous seulement compte du conformisme de vos propos?

    Cela ne vous effleure pas l’esprit que si un vent de liberté souffle en Tunisie depuis les événements, il serait logique voire souhaitable pour ce pays, que sa jeunesse le respire, plutôt que les voir être exploité en France.

    De 2 choses l’une, soit vous avez quelque intérêt (financier ou idéologique) à ce que de pauvres émigrés se fassent exploiter au fond d’une cuisine d’un restaurant, ou sur un chantier, soit votre empathie est christique, et il n’y a pas assez de misère au monde pour soigner le masochisme qui vous ronge.

    Mais bizarrement, derrière les revendications de chacun, se cache toujours une demande d’argent, de subventions, d’aides…
    Vous avez d’ailleurs été largement arrosé ces dernières heures, et je peux comprendre, qu’en retour, vous quittiez vos lunettes d’analystes, pour prendre celles de béhachélistes.

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  • C’est en fait un peu plus grave que ce que décrit cet article. Delanoë a été directement responsable de l’arrestation d’une centaine de Harragas (brûleurs de frontières) Tunisiens en faisant évacuer par la police un immeuble qu’ils occupaient avenue Simon Bolivar (vous trouverez les détails dans la chrono affiché ici et clicable).

    De plus, ces arrestations ne sont pas sans conséquences, il y a des moments ou le tiers des enfermés en centre de rétention de la région parisienne sont des Tunisiens…

    Delanoë était bénaliste, comme l’ensemble des dirigeants politiques français ; ancien patron d’un boite de com’, c’est un champion du double discours ; d’un coté, “je suis le premier des tunisiens de France, je les aime, la Ville les aide” de l’autre : arrestations causées par lui, hébergement dans des foyers (visites interdites, caméras, fermeture la journée, ce qui oblige à errer quotidiennement avant de revenir…

    Quant à ceux qui font la morale aux Tunisiens qui sont venus ici (“vous devez rester chez vous pour construire la démocratie”), il se fichent évidemment de savoir que ces même sTunisiens lorsqu’ils ont manifesté ici le 1er mai portaient des panneaux “nous avons fait la révolution démocratique, nous sommes venus vous aider à la faire ici”

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  • Michèle Martini Moigno le 2 juillet 2011 - 17:16 Signaler un abus - Permalink

    quelle hypocrisie!
    Liberté,égalité, fraternité, des mots galvaudés et malheureusement qui entrent dans le souvenir..
    Quel dommage…

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  • Bahia le 2 juillet 2011 - 18:43 Signaler un abus - Permalink

    Autre temps autre société …. Il faut s’immoler pour être reconnu. Mais lorsque les bébés sont brûlés au phosphore blanc dans leur propre pays par des voleurs-violeurs criminels ……. La France reste excusable, n’est-elle pas sous protectorat?

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  • Didier Kala le 3 juillet 2011 - 6:39 Signaler un abus - Permalink

    C’est un article de merde ou bien ? (Et oui, j’ai écouté tous les documents sonores.)

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  • René de Sévérac le 3 juillet 2011 - 10:00 Signaler un abus - Permalink

    Si vous voulez une place à votre nom, ne faites pas une quelconque action glorieuse (prix Nobel, Médaille Field, …); non, la gloire s’obtient par l’immolation (la Star’Ac, c’est pas mal non plus) et peut-être faut-il ajouter un zeste d’étrangeté (bi-national c’est pas mal non plus).

    Ceci dit, tous les non-immolés tunisiens devrait comprendre le langage de l”Homo-festivus” et ne pas s’imaginer de tout un chacun peut participer à la fête.
    Bref tout ce cinéma nous a coûté le déplacement de 6 cars de CRS. Quoique toute ces dépenses sont inscrites dans les dettes de la Nation que les enfants de l’immigration sont censés payer.

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  • salova le 3 juillet 2011 - 22:44 Signaler un abus - Permalink

    les tunisiens sont bien quand ils sont morts; les vivants, out, dehors, on n’a pas de place, rentrez chez vous

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