Leroy-Merlin se paye les labos citoyens

Le 23 septembre 2011

Leroy-Merlin se passionne pour le phénomène des fab labs, ces lieux citoyens dédiés au partage d'outils de fabrication et de production. Par pur amour du client et de son développement (financier) durable.

Imaginons : il s’appelle Jean, il pousse les portes de son Leroy-Merlin avec en tête un plan de bibliothèque spéciale bandes dessinées. Direction le fab lab (pour fabrication laboratory, c’est-à-dire un lieu citoyen ou universitaire, non lucratif, dédié aux fabrications d’objets). Dans cette mini-usine, une équipe dédiée l’accueille et met à sa disposition des machines-outils assistées par ordinateur. Dimension, matériau, elle l’aide à modéliser le meuble de ses rêves grâce à un logiciel de Conception assistée par ordinateur (CAO). Puis fraiseuse à commande numérique (CNC dans le jargon pour computer numerically controlled), tournevis et autre marteau entrent en action. À la fin de la journée, Jean ressort tout fier avec son meuble.

Pour l’heure, Leroy-Merlin ne dispose pas encore de fab lab, l’idée intéresse de plus en plus le groupe Adeo, dont la chaîne de magasins de bricolage fait partie. « Nous avons mis un petit groupe de travail dessus », explique Michel Fargeon, directeur métier en charge des Produits et Achats et de la Supply Chain de ce groupe fort de 80.000 salariés dans 24 entreprises, présents dans onze pays.

Le comité de direction emmené en visite

Le manager a découvert ce concept à l’occasion d’une discussion avec Jean-Michel Cornu, directeur scientifique de la Fing (Fondation Internet Nouvelle génération) : « cela m’avait intéressé, je m’étais fait une petite recherche à titre personnel, j’avais compris ce qu’il y avait derrière. Puis Jean-Michel Cornu, avec qui j’avais continué la discussion, m’avait invité à une réunion à la Cité des Sciences en décembre dernier pour promouvoir en France les fab labs, le projet Fab Lab Squared de la Fing1, et d’autres personnes. »

En juin dernier, son comité de direction s’est rendu en Hollande, pour visiter le FabLab d’Amsterdam, le Protospace d’Utrecht et le FabLab truck qui, comme son nom l’indique, transporte dans un camion tout le matériel nécessaire.

Puis en septembre, Fab Lab Squared et la Fing ont longuement présenté les fab labs aux cadres du groupe, raconte Michel Fargeon, pour qu’ils « sachent ce que c’est, soit pour s’y intéresser à titre personnel, soit pour voir ce qu’on pourrait en faire à titre marketing, et pas uniquement marketing, à titre professionnel dans le groupe. »

Une explosion des messages sur le sujet dans leurs réseaux sociaux d’entreprise

Une présentation qui a fait son effet et pourrait se concrétiser vite, même si Michel Fargeon prend sans cesse des pincettes quant au timing et à la mise en œuvre : « Nous sommes au milieu du gué, ceci dit nous sommes un groupe très décentralisé, avec plutôt une culture d’entreprise qui laisse l’initiative sur l’ensemble des cadres et pas sur les cadres du groupe, on présente les idées pour voir si quelques-uns ont envie de les prendre. Si c’est le cas, et cela semble l’être, dans nos réseaux sociaux d’entreprises, cela commence à se cristalliser puisqu’on a une explosion des messages, cela ira peut-être très vite, on ne va pas mettre non plus des millions d’euros, ça pourrait se faire en une semaine. Si vraiment on la volonté, et ça a l’air, cela pourrait s’accélérer, on peut imaginer dans les 6 à 8 mois. [...] Je vois dans le Nord, parce qu’on réfléchit quand même à en créer un, et puis si ça marche pas on le ferme… »

Si les cadres sont enthousiastes, c’est que l’intérêt est évident, furieusement tendance en cette période de remise en question du modèle de société basé sur la consommation et d’intérêt porté à l’environnement.

Cela correspond un peu à notre clientèle qui aime s’exprimer personnellement, et à une de nos stratégies-clés de fond, le développement durable, l’idée que l’on peut réparer plutôt que jeter, c’est pour offrir un choix à nos clients.

Mais un fab lab, par nature, de ce que j’ai compris et de ce qui nous plaît, ne sera pas forcément un outil marketing, mais plutôt un outil pour nos clients. Je ne veux pas être diminutif pour les fab labs mais on offre le café le matin parce qu’on a une relation-client, pour leur donner des ouvertures, nous leur faisons des écoles de formation, on les invite une journée, ils peuvent fabriquer un nichoir ou apprendre à carreler.

De la même façon, dans cette phase marketing, il nous paraît intéressant d’ouvrir des fab labs dans des magasins. C’est sûr qu’en laissant libre cours à l’imagination de nos clients, il y aura probablement des idées qu’ils voudront développer et on pourra les aider.

Ces « cadeaux » qui donnent une image sympathique de l’enseigne sont un moyen d’attirer le chaland dans les rayons, et en particulier leurs fidèles, ceux qui apportent l’essentiel du chiffre d’affaires. Les fab labs pourraient être utilisés de la même façon. Notre Jean du début pourrait tout à fait acheter au passage du vernis, des cales-livres et des lingettes à dépoussiérer pour son étagère. Voire payer l’heure d’utilisation, en sachant que si tout le groupe s’y met, ils pourront bénéficier de tarifs inférieurs, grâce aux économies d’échelle sur l’achat groupé de machines. Et puis acheter aussi les matériaux à l’enseigne.

De fait, la charte des fab labs n’interdit pas formellement un usage commercial : « Business : des activités commerciales peuvent être incubées dans les fab labs, mais elles ne doivent pas faire obstacle à l’accès ouvert. Elles doivent se développer au-delà du lab plutôt qu’en son sein et de bénéficier à leur tour aux inventeurs, aux labs et aux réseaux qui ont contribué à leur succès. »

Permettre aux chefs de produit de mettre la main à la pâte facilement

Le second intérêt est interne. Les chefs de produits pourraient avoir là un outil pour avancer en mode agile sur les projets : « Il m’a paru intéressant, éventuellement en complément de tech shops2 [en], que des chefs de produit passionnés par leur produit puissent avancer dans des idées, avant de les fabriquer et de rentrer dans une phase professionnelle, au sens brevet, etc, ce qui n’est pas le cas des fab labs. Créer de l’imagination et avoir un contact physique avec la création de produits et de design pour la décoration. Nous pourrions les mettre par exemple à notre siège social, où beaucoup de chefs de produit du monde entier viennent. »

Autre possibilité que nous ajoutons, Adeo pourrait servir d’incubateur de projet. Le groupe accompagnerait les créateurs là où ils sont compétents, la commercialisation, le marketing, ce serait gagnant-gagnant. L’idée : multiplier les success story à la DODOcase, une pochette pour iPad conçue dans un tech shop, devenue un best-seller. Et sans aller jusque-là, les fab labs pourraient aussi servir d’observatoire pour sentir les nouvelles tendances, à moindre frais. Le lieu permettrait de recréer du lien entre l’amateur et l’ingénieur.

Le flou de la charte permet au groupe d’envisager ce large éventail d’usages, même si Michel Fargeon s’en défend : « nous n’allons pas l’utiliser comme un labo de recherche-développement, ça nous savons faire, nous avons des fournisseurs avec des machines à prototyper. Je ne sais même pas ce que l’on gagnerait à faire de la recherche avec un fab lab. Si nous nous y mettons, nous ne détournerons pas les valeurs, mais dans le cadre de ces valeurs. Ce qui nous plaît, c’est l’idée que l’on puisse s’exprimer personnellement, par rapport à d’autres façons, dans un monde où on est tout le temps devant un écran, créer un produit, en étant un peu lyrique, de créer la planète. » EDP, l’équivalent portugais d’EDF, a ainsi ouvert l’année dernière un fab lab ouvert [en], à titre expérimental, pour voir ce qui pourrait en sortir. Une démarche qui rappelle les pratiques d’un Google par exemple : l’entreprise laisse du temps libre à ses équipes pour développer des projets. Gratuite sur le papier, la démarche peut aussi avoir un aboutissement lucratif.

En revanche, « la communauté pourrait faire défaut », estime Nicolas Lassabe, du fab lab Artilect à Toulouse, alors qu’elle doit être le noyau central où se passe l’échange, l’entraide : « je pense que l’accent serait mis sur l’aspect service, en proposant par exemple un catalogue de produits à fabriquer. Ils ne toucheront pas les mêmes publics. » A contrario, on peut avancer que les clients hyperfidèles constituent déjà une communauté.

Une “révolution” qui conserve le business model

Là où le public des fab labs, makerspaces, hackerspaces et autres lieux hantés par les adeptes du Do It Yourself, (DIY pour “fais-le toi-même”) et de la bidouille se passerait volontiers des zones commerciales, Michel Fargeon adopte un discours beaucoup plus mesuré. Entrer dans une nouvelle ère, vivre une véritable révolution induite par cette technologie disruptive, il ne faut pas pousser :

Je pense que c’est une révolution mais pas disruptive, dans le sens où on arrêterait d’acheter des produits chez les fabricants, où on aurait un fab lab et un jardin ou bien un fab lab de quartier pour faire nos produits industriels et nos légumes, ce n’est pas aussi simple que ça. Même dans dix ans, la spécialisation du travail, une rupture que l’on a connue depuis le néolithique, perdurera, un expert est plus fort qu’un amateur. Elle est disruptive dans une autre façon de voir la vie, les loisirs, le rapport aux objets, cela fait quelques années que les gens prennent leur distance avec le modèle de la consommation.

Il ne faudrait quand même pas scier la branche sur laquelle le groupe est assis d’un coup de découpeuse laser.

Image CC Flickr Pas d'utilisation commercialePartage selon les Conditions Initiales Letsevo et PaternitéPas d'utilisation commercialePas de modification Tom Herbert Ravioli

À lire aussi : Imprimer le réel à portée de main ; Les fab labs capitalisent

Rendez-vous : FabLab Toulouse Conference du 20 au 23 octobre prochain.

  1. prototype qui a pour objet de créer la “matrice” technique, servicielle et organisationnelle des futurs Fab Labs qui pourront s’installer dans des universités, des campus d’entreprises ou incubateurs, des lieux associatifs et culturels []
  2. l’équivalent marchand des fab labs, où les clients viennent pour louer du temps de machine disponible []

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  • cent le 23 septembre 2011 - 14:43 Signaler un abus - Permalink

    +1
    si ils ouvrent un fab lab à Limoges, j’y passe un jour par semaine !

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  • Vincent le 23 septembre 2011 - 21:46 Signaler un abus - Permalink

    Franchement je trouve honteux qu’on récupère le principe des fablabs pour se faire du fric…

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  • Vincent le 23 septembre 2011 - 23:23 Signaler un abus - Permalink

    Leroy Merlin fait des FabLabs, Leclerc fera des amaps et Mac Do fera des restos du coeur…

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  • galunto le 24 septembre 2011 - 12:44 Signaler un abus - Permalink

    Dans le dernier paragraphe, Michel Fargeon touche du doigt un des enjeux fondamental des années à venir : le glissement de l’expertise de “l’expert” au sens traditionnel du terme, vers l’amateur.
    Dans la société contributive, telle que décrite par Bernard Stiegler, la frontière entre les deux explose, de même que celle entre le producteur et le consommateur. Il apparaît évident que les grands groupes industriels tels que Leroy-Merlin peuvent s’attendre à de sérieux changements de comportements de la part de leurs clients. Il semblerait que certains l’ait déjà compris, et tente de récupérer/intégrer les nouveaux modes de production et de consommation.
    Alors, réelle prise en compte des aspirations où simple récupération commerciale ? A lire, l’une des dernières phrases (“un expert est plus fort qu’un amateur”), il semble que ce soit clair…

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  • Laurent le 25 septembre 2011 - 11:21 Signaler un abus - Permalink

    “Je ne sais même pas ce que l’on gagnerait à faire de la recherche avec un fab lab. Si nous nous y mettons, nous ne détournerons pas les valeurs, mais dans le cadre de ces valeurs”.

    S’ils ne savent même pas ce qu’il gagnerait à faire de la recherche avec un fablab, c’est bien la preuve qu’ils n’ont rien compris aux fablabs. Dans Fab Lab, il y a le mot laboratoire et la majorité font de la recherche. D’ailleurs il y a aussi bien des experts et des chercheurs dans les fablabs que des amateurs.

    Pour ce qui est des valeurs, celle d’un supermarché ne sont pas celles d’un fablab. Je rajouterais que Leroy merlin et compagnie ne sont pas des magasins de bricolage… ils servent juste à l’aménagement des maisons. Il n’y a que des matières premières de bases. Il y a rien qui puisse servir à un fab lab ou à du bricolage. Tout ca c’est du racolage !

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  • capt le 25 septembre 2011 - 18:44 Signaler un abus - Permalink

    La grande distribution a tuée les petits commerçants… elle peut bien tuer le peu d’humanité qu’il reste !

    “Le flou de la charte permet au groupe d’envisager ce large éventail d’usages”

    Heureusement que le flou de la charte le permet. Cela montre bien qu’ils savent que ce qu’ils font n’est pas moral. C’est sans commentaire.

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  • Hélène le 25 septembre 2011 - 19:02 Signaler un abus - Permalink

    “Fab Lab Squared et la Fing ont longuement présenté les fab labs aux cadres du groupe, raconte Michel Fargeon, pour qu’ils « sachent ce que c’est, soit pour s’y intéresser à titre personnel, soit pour voir ce qu’on pourrait en faire à titre marketing, et pas uniquement marketing, à titre professionnel dans le groupe”

    Il semble que la Fing ne soit pas étrangère à tout cela… Leroy Merlin se paye les FabLabs mais c’est la fing qui les vend. :-/

    J’espère tout de même que c’est qu’un effet d’annonce, les fablabs valent mieux que ça.

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  • Charles le 25 septembre 2011 - 21:42 Signaler un abus - Permalink

    +1 à Lille ou Villeneuve d’ascq

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  • Roger le 25 septembre 2011 - 22:59 Signaler un abus - Permalink

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    Comme Charles et le 1er post de cent, moi s’ils en ouvrent 1 à Dunkerque, j’y vais sans hésiter !
    Les autres commentaires me paraissent un peu “langue de bois” de bobos parisiens qui n’ont pas souvent mis les pieds dans un FabLab.
    Quand on voit les difficultés d’avoir des FabLabs en France, on les compte maxi sur nos dix doigts et leurs difficultés pour vivre, on ne peut que se réjouir s’ils en ouvrent !
    D’autant que s’ils le font, ils vont plutôt perdre du chiffre d’affaires si leurs clients construisent ou réparent leurs objets. Et comme le dit Laurent, dans leurs magasins, à part “quelques matières premières de base, il y a rien qui puisse servir à un fab lab”, ils ne vont donc pas vendre beaucoup.
    Quand aux créations et aux recherches, ils sont de toute façon obligatoirement sous licence libre COMMONS et pas commerciales pour avoir le droit à être homologué FABLAB.
    Moi, je trouve plutôt sympa cette idée de ce gars chez Leroy-Merlin car toute la France n’est pas à Paris !!!

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  • wilnock le 26 septembre 2011 - 7:07 Signaler un abus - Permalink

    C’est une bonne idee de la part d’Adeo
    Ils devraient proposer un studio a Babozor, il appreciera.
    Cela dit, ce n’est pas non-plus une revolution, cela fait bien des annees deja que les clubs de pationnes ce retrouves dans les arrieres boutiques des magasins (c’etait le cas chez Decathlon a une epoque).
    Il semble donc normal qu’Adeo ou tout autre chaines mettent en place la meme vision. Il reste a esperer que les FabLab seront au milieu, et non pas en simple support pour la vente.

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  • Mgr le 27 septembre 2011 - 8:22 Signaler un abus - Permalink

    Bonjour,
    je ne comprends pas bien en quoi c’est un problème que Leroy Merlin ait l’idée d’ouvrir des fablab… Les adeptes du DIY ne vont pas soudainement succomber à la consommation impulsive en magasin de bricolage pour autant (ou alors il me faut revoir l’indépendance intellectuel que je leur accorde).. Par contre cela ferait rentrer le concept de ces Lab chez Mr&Mme Michue qui n’aurait certainement pas entendu parler de ça autrement (ou dans la presse généraliste qui commence déjà dire que ce sont encore ces sales hackers qui ont inventés ça pour hijack le monde, et le boulot de Mr Michue). Bref, c’est tant mieux si cela se démocratise, sous toutes les formes et pour tous les publics ! Quick et les bobo de la Croix rousse ont beau nous vendre du Bio frelaté, le vers est dans la pomme : le concept est désormais connu de Mme Michue ! Même si elle baigne dans la désinformation consumériste, elle trouvera quand même que son petit fils qui veut faire agriculteur bio, il a bien raison ! (et non pas que c’est un sale hacker de jeune ou l’inverse :)
    Et c’est encore pareil pour David Guetta et la techno…

    Pour une fois la communauté du libre a une longueur d’avance, c’est à elle de bien s’organiser pour se pérenniser. Allez, tout est à faire!

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  • Pak le 27 septembre 2011 - 16:02 Signaler un abus - Permalink

    @Galuntu : Tiens c’est marrant que vous citiez Bernard Stiegler, je l’ai eu en tant que professeur il y a deux ans et c’est lui qui m’a ouvert les yeux sur la nécessité de changer de modèle, et ce pas seulement pour des raisons environnementales.

    Je pense en effet que les fablab peuvent être l’un des lieux de la reconstruction du lien social, en même temps qu’un vecteur de changement du mode de production mais rien n’est fait…

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  • Cyrille le 27 septembre 2011 - 17:12 Signaler un abus - Permalink

    Vous auriez pu mentionner le rachat de Instructables par Autodesk.
    Autodesk, c’est la plus grosse boite d’editions de progiciel 2D/3D, qui a petit à petit racheté tout ses concurrents (Maya, softimage etc…).
    Le fait que ce mastodonte qui possède une situation de quasi monopole soit intéressé par une communauté de DIYers en dit long sur la vision à long terme qu’ils ont de l’utilisation de leur produits.

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  • lauraneb le 22 novembre 2011 - 15:33 Signaler un abus - Permalink

    tout expert a commencé comme amateur… ce qui demontre l’ignorance de Mr Fargeon

    Tout systeme tend a se désagréger plus sa spécialisation est importante…en d’autres termes, plus il se spécialise plus il perd sa capacité à s’adapter….plus il est sensible à son environnement….

    la vie est issue de la diversité…pas de la specialisation.

    La spécialisation des regions a entrainé des pollutions et la pauvreté des populations (cf: Nord, cf:agriculture) L’hyperspecialisation des professions a engendré le chomage de masse….et la privatisation des moyens de production…

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  • Bruno du NavLab le 14 avril 2014 - 19:13 Signaler un abus - Permalink

    Je suis un peu surpris du nombre de réactions négatives des gens concernant cet événement…

    Je suis moi-même porteur d’un projet de création d’un FabLab à Antibes : le NavLab et j’ai été contacté pour participer à cet événement, que j’ai accueilli à bras ouverts.

    Communiquer sur un FabLab en création n’est pas chose facile. 95% de la population n’ont seulement jamais entendu parler des FabLabs, et la presque totalité des 5% qui restent pensent qu’il s’agit d’un magasin d’imprimantes 3d. Je travaille à temps plein sans salaire depuis Septembre dernier sur le projet, et ce n’est que maintenant que j’ai réussi à fédérer un début de communauté et à récolter une partie du financement nécessaire au projet. Je suis confiant cependant, mais c’est un travail de longue haleine.

    Un FabLab, c’est un potentiel énorme, et vous qui avez lu cet article en êtes peut-être persuadé, mais quid du reste de la population ? Les FabLabs sont-ils condamnés à rester obscurs et méconnus du grand public ? Comment pourront-ils dans ce cas se pérenniser, s’ils ne sont l’apanage que d’un groupuscule d’initiés ?

    Je pense justement que c’est là l’occasion pour les FabLabs de communiquer, de se démocratiser (car c’est le but premier d’un FabLab, démocratiser les technologies numériques pour encourager l’innovation en rendant le grand public acteur plutôt que simple consommateur).

    Pour ma part, je participerais à cet événement au Leroy Merlin de Nice, et j’ai proposé à tous les projets locaux avec qui je suis en contact de participer à cet événement, afin de présenter une vision de FabLabs en réseau, capables de se faire entendre d’une voix, plutôt que d’initiatives isolées.

    Pour avoir un impact, les FabLabs devront s’intégrer dans l’écosystème actuel, dans les mœurs et Leroy-Merlin, par le biais de cet événement, certes commercial, nous donne l’occasion de toucher le grand public.

    Je vous invite donc à encourager cette initiative, à vous rendre dans les Leroy-Merlin proches de chez vous et à rencontrer les porteurs de projets de vos FabLabs locaux. L’organisation d’un tel événement demande beaucoup d’énergie et quelques encouragements ne leur feront pas de mal !

    Sur ce… à bientôt au NavLab !!! ;)

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